Interview ZENIT BRÉSIL en français

« Notre grand ennemi, c’est l’hétérosexualité. Jamais l’Église catholique ne l’a défendue. Le problème, c’est qu’Elle ne l’a jamais dénoncée non plus. »

 
ZENIT
 

Ce texte est la traduction intégrale de l’interview en portugais que m’a accordée le site catholique ZENIT BRASIL (la traduction en espagnol se trouve ici). Grâce à une discussion Skype à bâtons rompus, le journaliste Thácio Siqueira, aussi sagace que drôle, m’a donné carte blanche pour m’exprimer (une liberté absente actuellement de beaucoup de médias « cathos » français, il faut le dire) sur le Synode, l’homosexualité, les faits de société épineux. Merci à lui.
 
ZENIT
 
 

Philippe Ariño est un intellectuel catholique de 35 ans. Chanteur et essayiste (cf. son blog). Presque accessoirement, aussi homosexuel. Il réside à Paris. Il a choisi de vivre son attraction sexuelle dans la continence (abstinence pour Jésus). Il a écrit plusieurs livres sur l’homosexualité, l’homophobie, un Dictionnaire des Codes homosexuels. Et à présent, il prépare un troisième livre sur les bourgeois-bohème et la fin des temps.
 

1 – Philippe, ces dernières années tu as accordé plusieurs interviews dans les médias, y compris catholiques. À ton avis, pourquoi, dans un premier temps, ton témoignage a attiré l’attention du monde, et plus particulièrement du monde catholique ?

Parce que les gens sentent qu’il y a un enjeu de sainteté et de Salut derrière l’homosexualité, mais ils ne sauraient pas dire pourquoi. Ils sentent bien que les personnes homosexuelles sont parfois individuellement des personnes adorables, qui n’ont pas choisi leur attraction pour les personnes du même sexe… et donc ils ne comprennent pas pourquoi leur non-choix serait entaché de péché et les priverait du Salut, ou déjà tout simplement de l’« amour ». Ils sont aussi assez désorientés par les mythes sociaux de l’identité homo (le « coming out ») et de la croyance sociale en l’« amour » homosexuel (le « couple » homosexuel), de plus en plus idéalisés et banalisés par les médias et les hommes politiques, alors qu’ils voient sur le terrain que ces deux mythes cachent beaucoup de souffrances, d’insatisfaction et de violences. Ils ont envie de comprendre ce mystérieux fossé entre intention et pratique, entre désir et réalité, entre amitié envers les personnes homos et le quotidien intime et amoureux de celles-ci. Il y a une fascination sociale autour de l’homosexualité, du fait que les gens sentent intuitivement une violence (mes livres parlent d’ailleurs des liens non-causaux entre désir homosexuel et viol) mais que celle-ci est maquillée en amour. L’autre dilemme intérieur qui se pose pour les catholiques et qui se transforme en fascination, c’est de voir réunis en une personne vivante de chair et d’os comme moi deux aspects (la foi et l’homosexualité) que leur raison et la société opposent habituellement. Ils se disent : un tel miracle d’unité joyeuse ne peut être rendu possible que par la sainteté.
 

2 – Et maintenant, qu’en est-il ? Sens-tu que tu continues d’être compris par les catholiques ? Si non, pourquoi ?

Mon discours sur l’homosexualité n’a jamais été mieux accueilli que par les catholiques. Donc je ne crache pas dans la soupe. Les gens d’Église, même s’ils sont en retard concernant la connaissance et l’analyse de l’homosexualité, sont pourtant moins en retard que les athées gays friendly. Une fois dit cela, je me rends compte que les ¾ des catholiques croient en l’existence de l’« amour » homo. Et le quart qui reste et qui s’y oppose ne sait pas pourquoi s’y opposer, et ne s’y oppose pas pour les bonnes raisons ni avec la Charité-Vérité qui convient. Ils ont tendance à mépriser les mots « homosexualité », « hétérosexualité » et « homophobie », en les prenant pour des irréalités dont il ne faut surtout pas parler. Vous l’aurez compris. Je ne suis aidé ni par les pro-gays, ni par les anti-gays, ni par les indifférents. Et ces trois catégories, en général, n’en forment qu’une. Cela dépend des moments, des modes et du sens du vent.
 

3 – Ton premier livre s’est vendu à plus de 10 000 exemplaires en France. Et ton deuxième livre traitant de l’homophobie ? Selon toi, à quoi est due cette baisse d’intérêt?

Les catholiques aiment bien la personne homosexuelle (y compris catholique) tant qu’ils peuvent l’utiliser comme paravent à l’accusation d’homophobie. Mais ils n’aiment pas que cette personne rentre dans les détails ou parle d’homophobie et d’hétérosexualité. La majorité d’entre eux trouve ça « trop compliqué ». Tant que son témoignage reste individuel, émotionnel, exemplaire, et qu’il ne s’universalise pas trop, ça va. Une fois qu’il remet en cause leur propre rapport souffrant à la différence des sexes et à l’Église, là, le témoin homosexuel devient plus gênant et moins « fun ». L’homosexualité est le signe social que les hommes et les femmes ne se rencontrent plus, et que les fidèles catholiques n’obéissent plus à l’Église. Les catholiques, en découvrant cette face cachée gênante de l’homosexualité, ce miroir d’eux-mêmes, ne portent pas longtemps aux nues leur témoin gênant. Nous, personnes homosexuelles, sommes les miroirs vivants de la fragilité de leur mariage, de leur famille, de leur foi.
 

4 – Le Synode sur la famille vient de se terminer à Rome. En lien avec l’homosexualité. Tu trouves que les Pères synodaux ont débattu de l’essentiel?

Non. Rien n’a été dit. L’homosexualité a été transformée en non-sujet. Tout cela – c’est ça le pire ! – au nom d’un humanisme spiritualiste de bon aloi (« Vous n’êtes pas que ça. Vous êtes homme ou femme, et Enfants de Dieu. ») et de la focalisation sur la Charité (« Nous ne vous jugeons pas, nous vous accueillons et nous vous proposons un accompagnement spécifique. »). En réalité, avec ce Synode, nous avons eu droit au message de Charité sans la Vérité, au Pain sans la Coupe, à l’appel à la Chasteté sans la forme concrète du célibat continent et de la Croix, à l’accompagnement sans la vocation et le cadre du don entier de sa personne au monde et à Dieu. Ou bien l’homosexualité a été balayée au nom de sa caricature militante. Certains évêques africains ont même occidentalisé l’homosexualité et en ont fait le symbole de la prostitution ecclésiale au libéralisme et au progressisme contemporain. Ce dont les personnes durablement homosexuelles avaient besoin, ce n’était pas d’un ACCOMPAGNEMENT (psy, spi, fraternel, « chaste », « amical », « saint », tout ce que vous voulez), mais d’une VOCATION (qui rentre soit dans le cadre du mariage d’amour femme-homme, soit dans le cadre du célibat consacré et de l’évangélisation grande échelle)… Ce silence synodal est très inquiétant, car je ne connais pas de sujet plus clivant dans l’Église et plus explosif socialement que l’homosexualité quand celle-ci n’est pas traitée, et de plus sanctifiant dans l’Église quand l’homosexualité est donnée et vécue en vérité. J’irai même plus loin. L’homophobie (= peur du même, puis peur de l’homosexualité) ecclésiale cache une peur encore plus préoccupante : celle du célibat continent. Alors que le célibat devrait être le cœur du clergé. Si même ceux qui sont censés le vivre ont peur de le proposer, c’est qu’il y a vraiment le feu à la baraque !
 

5 – Nous savons que le document final du Synode est voulu par le Pape comme des suggestions, et qu’il a déjà annoncé qu’il écrira une exhortation apostolique. Qu’est-ce que tu aimerais que le Pape mette dans cette exhortation ?

Dans l’idéal, j’aurais aimé que le Pape écrive ces 3 grandes vérités sur l’homosexualité :
 

a) Mettre l’homosexualité au premier plan (du Synode, de la politique internationale, de l’Église, du monde).

Comment ? En disant qu’elle n’est ni une identité ni de l’amour, mais que néanmoins elle reste un sujet crucial car elle est le premier alibi mondial en faveur de l’effacement de la différence des sexes et en faveur de la banalisation/destruction de la famille/du mariage/du célibat consacré/de l’Église.

Pourquoi cette première vérité risque d’être passée sous silence ? Parce que les cardinaux ont tendance à mettre l’homosexualité au dernier plan. Ce fut le cas lors des conférences pré-synodales. Ils s’axent sur le non-jugement des personnes homos, sur l’accueil charitable, sur la dévaluation de l’homosexualité, au nom d’un humanisme anti-communautariste et anti-essentialiste, au nom d’un refus de se conformer à la pensée libertaire, sentimentaliste et relativiste de l’Occident, au nom d’une sacralisation confortable du mariage/famille/différence des sexes (statues des époux Martin, plaquées or!).
 

b) Dénoncer publiquement et explicitement l’hétérosexualité en tant que diable déguisé en différence des sexes.

Comment ? En disant que l’hétérosexualité est une différence des sexes forcée et bisexuelle/asexuelle/libertine, absolument pas respectueuse de la différence des sexes aimante. En explicitant et en donnant sa genèse plutôt qu’en en faisant un “non sujet”.
Pourquoi cette deuxième vérité risque d’être passée sous silence ? Parce que l’analyse de hétérosexualité est tout autant minorée et banalisée que celle de l’homosexualité, au nom d’un universalisme spirituel/anthropologique et de l’idéologie de l’humanisme intégral (humanisme défendant pour le coup un mépris de la sexualité, confondue et réduite à la génitalité).
 

c) Mettre les personnes homosexuelles continentes au premier plan, en osant leur annoncer concrètement la couleur de leur Croix et surtout de leur Mission/Vocation spécifique et universelle d’Église.

Comment ? Plus que de proposer aux personnes durablement homosexuelles un simple accompagnement ou une restauration d’elles-mêmes, leur proposer GRAND : une place entière dans l’Église, une vocation, un diaconat (une consécration spécifique, un ordre religieux?), une offrande d’elles-mêmes à la sainteté, au monde, par le célibat continent et par une obéissance à l’Église.
 

Pourquoi cette troisième vérité risque d’être passée sous silence ? Parce qu’au mieux, on propose aux personnes homos la chasteté (sans la forme concrète de la continence… par peur de nommer leur Croix spécifique, de renvoyer les personnes vers la voie étroite du célibat sacerdotal… sans même le sacrement de l’ordre qui va avec), au pire on met les personnes homos de côté, en leur proposant un accompagnement discret, une pastorale timide (Courage), un concept vaseux d’« amour d’amitié ».
 

Tableau-recap Synode
 

6 – À maintes reprises tu dis que les catholiques d’aujourd’hui se cachent derrière certains mots, mais qu’ils n’affrontent pas le problème principal. Peux-tu développer ?

Oui. Pour se faire peur ou pour faire peur et mobiliser un maximum de monde autour d’eux, ils se cachent derrière certains concepts théoriques que même ceux qui les appliquent méprisent ou ne connaissent pas : le Gender, le lobby LGBT (entendu en tant que lobby homosexuel), la PMA, la GPA. Ils ont coutume de diaboliser les conséquences dont ils chérissent les causes. Par exemple, ils n’ont jamais compris que les pro-Gender étaient anti-Gender, que le Gender était l’hétérosexualité, que le lobby LGBT était le lobby hétérosexuel, et que l’Union Civile était le « mariage pour tous ». Ils sont donc capables d’être en faveur de l’Union Civile tout en s’opposant au « mariage gay », ou bien de se définir comme hétéros tout en diabolisant le « lobby LGBT » et le Gender, voire même de soutenir que « la sexualité ce n’est pas que sexuel » ! Pas de contradictions à leurs yeux !
 

7 – Et l’« amour » homosexuel, existe-t-il ?

Non. L’amour, c’est l’accueil de la différence. Nous le voyons à tous les instants de notre vie. Chaque fois que nous n’aimons pas, c’est que nous rejetons la différence, et surtout la différence qui nous fonde, qui nous permet d’exister et de nous donner entièrement, à savoir la différence des sexes. L’amour, c’est l’accueil de la différence des sexes. C’est aussi vrai pour les célibataires et les amis, que pour les couples. Je ne fais aucunement l’apologie du mariage et de la procréation en disant cela. Et je n’idéalise pas non plus tous les couples femme-homme. Il ne suffit pas d’intégrer la différence des sexes dans son couple pour qu’elle soit accueillie et honorée. La différence des sexes, à elle seule, n’est pas une garantie d’amour. Mais quand elle est vraiment accueillie et couronnée par l’amour, elle devient le meilleur pour exister et pour aimer. Cela se vérifie aussi bien dans le mariage que dans le célibat consacré.
 

8 – Tu es un homosexuel ou tu te sens un homosexuel ?

Ni l’un ni l’autre. Je suis un homme et un Enfant de Dieu. Je ressens une attraction homosexuelle profondément enracinée, qui ne me définit pas mais qui conditionne sérieusement mon existence. Comme une peur persistante, un handicap objectivement… handicapant, une réalité durable de ma vie et que (pour l’instant) ni la prière ni les sacrements n’ont réussi à faire disparaître. Mais si Dieu permet mon homosexualité, c’est pour une plus grande mission que s’Il me l’avait retirée.
 

9 – Pourquoi vis-tu la continence ? Quelle est la différence entre la continence, la chasteté et le célibat ?

Je vis la continence parce qu’elle me permet de me donner entièrement, dans toutes les dimensions de mon être, à l’Église et au monde. Elle me permet même de donner mon homosexualité sans la honte qui irait avec sa pratique. Avec la continence, j’ai donc tous les avantages du désir homosexuel sans les inconvénients (même si je ne dois pas me servir de la continence pour m’installer dans l’homosexualité, ni me servir d’elle pour échapper aux deux seuls vocations proposées par l’Église : le mariage femme-homme aimant ou le célibat consacré. La différence entre la continence, la chasteté et le célibat/l’abstinence ? C’est assez simple : 1) la chasteté, c’est la vertu universelle à laquelle tout le monde est appelé dans ses relations, quel que soit l’état de vie (célibataire ou marié). C’est la juste distance qui permet la relation et d’échapper à la fusion mortifère (inceste). 2) l’abstinence, c’est neutre (comme la tolérance). Tout dépend de quoi tu t’abstiens et pour quelle raison. L’abstinence n’est pas toujours liée à un choix, donc elle n’est pas à prôner comme un chemin de vie et de don entier de sa personne épanouissant. Le célibat en soi n’a pas de sens : il n’en trouve que s’il s’intègre dans un processus de don entier de sa personne à l’Amour unique qu’est le Christ. 3) la continence, c’est une abstinence choisie et vécue uniquement par les célibataires consacrés, c’est une abstinence non-frustrante car donnée à Dieu et aux autres. Les couples femme-homme mariés ne sont pas appelés à la continence : les formes de leur chasteté ne leur font pas renoncer à l’affectivité, la sentimentalité, la génitalité, la procréation… contrairement à la continence des célibataires consacrés (dans le sacerdoce ou par des vœux non-sacramentaux). C’est clair, non ?
 

10 – Il y a de la souffrance dans la pratique homosexuelle ?

Oui. Car quand on exclut la différence des sexes, aussi bien en amitié qu’en amour, on exclut l’autre et on s’exclut soi-même… même si, dans un premier temps, la pratique homosexuelle procure un certain plaisir et les satisfactions de l’amitié. En fait, l’homosexualité pratiquée est un massacre de l’amitié – car on vit une amitié amoureuse donc compliquée – et un massacre de l’amour – car on vit une sexualité sans sexualité, sans la différence des sexes. Quand ça se passe bien, ce n’est pas le meilleur. L’union homosexuelle peut satisfaire parfois, mais elle ne comble pas.
 

11 – Comment dialoguer avec l’idéologie LGBT dominante ? Est-ce possible ?

Oui. C’est possible. Car souvent, les gens deviennent gays friendly par ignorance et à cause d’une mauvaise expérience de sexualité ou d’Église qui les a blessés. Nous avons donc beaucoup de travail à faire. Mais nous pouvons les toucher par notre témoignage personnel, bien plus parlant que tous les beaux discours théoriques. Et concernant le contenu et les conditions d’un dialogue réussi sur l’homosexualité, j’ai compris, d’expérience, que l’écoute, l’humour et la joie sont les meilleurs arguments. Car nos détracteurs se moquent de voir si nous avons raison ou pas : ils ne veulent vérifier que si nous sommes capables de les aimer avant de chercher à avoir raison, justement. Je crois aussi que nous n’aurons le dessus avec l’idéologie dominante qu’en ne lui retirant pas sa sincérité et ses bonnes intentions. En ne refusant pas son jargon – qui se limite à l’emploi de trois mots « hétérosexualité/homosexualité/homophobie » – mais au contraire en l’utilisant et en parlant des réalités auxquelles il se réfère. Et une fois confrontés aux réalités souffrantes et violentes que ces mots cachent, les gens qui les utilisent ne seront plus tentés de les utiliser ! Il est urgent surtout de s’attaquer à la notion d’hétérosexualité, le pilier inconscient de l’idéologie libertine et sentimentaliste qui régit notre monde. L’hétérosexualité est la maîtresse : chaque loi pro-gay passe en son nom. En reconnaissant l’idéologie LGBT en tant qu’hétérosexualité, c’est-à-dire toutes les altérités au niveau de la sexualité (l’hétérosexualité est le vrai nom du Gender, dans la tête et dans le cœur des gens), nous sortirons de nos argumentaires natalistes trop centrés sur l’enfant, la famille et le mariage, et nous parlerons à tout le monde. Et en plus, nous obéirons vraiment à l’Église qui n’a jamais défendu l’hétérosexualité.
 

Les Vidéos de l’Araignée sur Youtube (de 17 à 24)

Vidéo n°17 – « Heterosexualidad, el Escondite del diablo »
 

 

Vidéo n°18 – « L’Antéchrist »
 

 

Vidéo n°19 – « Mes chers élèves »
 

 

Vidéo n°20 – « Les Bobos cathos »
 

Vidéo n°21 – « La Puce électronique »
 

Vidéo n°22 – « Ne sois pas triste »
 

 

Vidéo n°23 – « Suggestions à Radio Notre-Dame »
 

Vidéo n°24 – « Mon Dico des Codes homos, ma fierté »
 

Différence entre chasteté / abstinence / continence

 

Certains parmi vous me demandent que je les aide à mettre de l’ordre dans les définitions des mots « chasteté », « continence », « abstinence », « sexualité ». Alors voici, à mon avis, ce qui peut être dit :
 

1) la chasteté, c’est la vertu universelle à laquelle tout le monde est appelé dans ses relations, quel que soit l’état de vie (célibataire ou marié). C’est la juste distance qui permet la relation et d’échapper à la fusion mortifère (inceste).

 

2) l’abstinence, c’est neutre (comme la tolérance). Tout dépend de quoi tu t’abstiens et pour quelle raison. L’abstinence n’est pas toujours liée à un choix, donc elle n’est pas à prôner comme un chemin de vie et de don entier de sa personne épanouissant (elle peut même être une maladie : avarice, lâcheté, collaboration, censure, anorexie, goût du paraître, peur).

 

3) la continence, c’est une abstinence choisie et vécue uniquement par les célibataires consacrés, c’est une abstinence non-frustrante car donnée à Dieu et aux autres. Les couples femme-homme mariés ne sont pas appelés à la continence : les formes de leur chasteté ne leur font pas renoncer à l’affectivité, la sentimentalité, la génitalité, la procréation… contrairement à la continence des célibataires consacrés (dans le sacerdoce ou par des vœux non-sacramentaux). La continence est donc en effet l’état transitoire de toute personne qui vit hors mariage. Elle n’est pas un étouffement de la sexualité (sexualité qui est aussi la sexuation, aussi le rapport au monde en tant qu’être sexué, aussi toutes les dimensions de notre vie, y compris celles qui ne sont ni génitales ni sentimentales ni tactiles) mais au contraire un don entier de toute notre personne unique.

Les sacrements, c’est du concret !

 

À ceux qui doutent de la puissance des sacrements de l’Église catholique : un épisode qui m’est arrivé pas plus loin qu’hier soir ! J’étais couché dans mon lit, avec un mal de ventre assez désagréable qui me tordait les boyaux, et qui ne passait pas depuis une heure. Je me suis mis sur le dos, et ai sollicité l’Esprit Saint, en Lui demandant, s’Il le voulait bien, et au nom du Christ, de laisser agir par ma main le Sacrement de Baptême que j’ai reçu quand je n’avais qu’un mois. Pour ce faire, je me suis mis sur le dos, ai placé ma main droite sur mon ventre sans le toucher, et ai prononcé la prière de délivrance pour couper les mauvais liens. Je ne le fais jamais. Mais là, ça m’a pris, car je sais qu’on peut prier sur soi-même autant que sur les autres. Eh bien vous me croyez ou pas : je me suis recouché sur le ventre, et à la seconde d’après, le mal avait totalement disparu, et j’ai dormi comme un bébé ! haha ! L’Esprit Saint agit. Les Sacrements que nous avons reçus (baptême, confirmation, confession, Eucharistie…) agissent concrètement et ont une autorité spirituelle sur les démons. Trop rigolo. Nos mains se transforment parfois en gun du Seigneur. Et, comme Lucky Luke, il n’y a plus qu’à souffler dessus après pour refroidir le tir, et ranger dans l’étui !

Koz si peu

 

J’ai fait l’effort d’écouter ce matin « Le Grand Témoin » de Louis Daufresne, avec l’invité Koz Toujours, sur Radio Notre-Drame. Vous allez peut-être trouver que je m’acharne, que j’en fais une attaque de personne, et sans goûter le plat que je critique. Mais pas du tout. J’essaie de comprendre l’« engouement ». Je goûte au plat. Mais je le trouve toujours sans saveur. Y’a toujours très peu de gras. Pas de convictions fortes défendues (même sur l’immigration ; juste une belle indignation par rapport à l’euthanasie et l’avortement, tout au plus). Pas de foi ni de Jésus défendu. Seulement un relativisme sous couvert de « nuances », de prudence intellectuelle, de pondération, de non-caricature de la « complexité » des situations. « Ce ne sont que mes opinions ». « La foi n’est pas un roc ». « Toute situation est complexe et on ne peut pas avoir d’avis tranché. » Super, pour quelqu’un qui se prévaut de la « quête de Vérité »…
 

Au passage, je me demande comment, tout en défendant l’Union Civile (ou, au moins, en ne la récusant pas), Koz peut dire « On sera là ! » contre le projet de Taubira de lutter en faveur de la PMA des « couples » lesbiens. Encore des mots vides et des vœux pieux sans consistance.

Ma réponse « Synode et homosexualité » sur Boulevard Voltaire (Bonus ici : article en intégralité)

Vous pouvez lire ma tribune sur l’homosexualité (cliquez sur le rouge) dans Boulevard Voltaire, en réponse à l’article de la militante féministe Élise Elisseievna « Église et homosexualité : la Tentation Lyssenko ».
 
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Par ailleurs, voilà, ci-dessous, la version intégrale et non-tronquée de l’article :
 

L’intérêt pour ce que dit vraiment l’Église sur l’homosexualité… plutôt que pour la « tentation Lyssenko »

 

Dans son récent article, la militante féministe Élise Elisseievna nous parlait de la tentation Lyssenko à laquelle l’Église catholique aurait succombé pendant cette deuxième partie du Synode romain sur la famille, traitant ces jours-ci de l’homosexualité. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, la tentation Lyssenko (à ne pas confondre avec l’agence de crédits Sofinco, attention…), c’est de faire de la science une idéologie voire une religion, et, dans le cas de l’Église catholique, de « naturaliser la Bible ». J’aurai envie de demander à Élise : quel est le rapport entre la théorie de Lyssenko et l’Église catholique ? Personnellement, je n’en vois aucun… à moins d’un détournement caricatural du « Croissez et multipliez » de la Genèse. Car en aucun cas l’Église ne dit que l’homosexualité est une essence biologique, et ne la condamne du simple fait qu’elle ne serait pas conforme à la « loi naturelle » ni « procréative ». Le postulat de l’auteure part déjà d’un fantasme personnel. Elle n’a pas compris ce que dit l’Église sur le lien entre mariage et fécondité.

 

Le catholicisme « obnubilé par la procréation » est majoritairement une légende noire créée de toutes pièces par les libertins sentimentalistes qui n’accueillent paisiblement ni le mariage, ni la différence des sexes, ni la maternité, ni la beauté du célibat, une pure projection de fantasmes personnels, comme le montrent les propos de l’actuel Pape Benoît XVI (encore Cardinal Joseph Ratzinger à l’époque) dans sa Lettre aux évêques de l’Église catholique sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Église et dans le monde (2004) : « Même si la maternité est un élément fondamental de l’identité féminine, cela n’autorise absolument pas à ne considérer la femme que sous l’angle de la procréation biologique. Il peut y avoir en ce sens de graves exagérations, qui exaltent une fécondité biologique en des termes vitalistes et qui s’accompagnent souvent d’un redoutable mépris de la femme. […] Ce n’est pas en se contentant de donner la vie physique que l’on enfante véritablement l’autre. La maternité peut trouver des formes d’accomplissement plénier même là où il n’y a pas d’engendrement physique. »

 

Ensuite, dans le titre racoleur choisi par la journaliste, il est facile d’identifier ce besoin très bobo de sortir le nom d’un scientifique – aussi peu connu que la théorie qui lui est attribuée – pour en foutre plein la vue et se donner l’air de psychologiser le débat de manière profonde et érudite, à l’instar de ceux qui se réfugient derrière les adjectifs « kafkaïen », « pavlovien », « dantesque », ou derrière leur « Point Godwin », leur « Complexe œdipien » et leur « Syndrome de Stockholm », pour se justifier de tomber dedans mais « pas comme les autres »… car bien sûr, au passage, ils vouent Freud et son école psychanalytique à la géhenne ! La tentation de Lyssenko (faire de la science une vérité totalitaire et un alibi dogmatique pour ne pas penser), ce n’est pas l’Église catholique qui y succomberait, mais précisément l’auteure du précédent article.

 

Mais venons-en au sujet de l’homosexualité. Contrairement à ce que dit Élise Elisseievna, l’Église catholique ne considère pas les actes homosexuels comme une abomination du fait qu’ils s’opposeraient au schéma de couple et de famille de l’hétérosexualité. D’ailleurs, l’Église n’a jamais défendu l’hétérosexualité : Elle ne défend que la différence des sexes couronnée par l’amour, que celle-ci soit vécue dans le mariage ou dans le célibat. Et la Curie s’oppose encore moins aux actes homos du fait qu’ils sont stériles biologiquement parlant. Trouvez-moi un prêtre qui condamnerait les coïts homos au nom de l’absence d’enfants et en brandissant l’argument de la « loi naturelle » : vous aurez du mal ! Non. L’Église s’oppose aux actes (sentimentaux compris) homosexuels parce que ceux-ci rejettent, plus ou moins consciemment, la différence des sexes. Et que sans l’accueil de cette différence fondatrice de notre existence et de notre personne, il n’y a pas d’amour possible. Il n’y a même pas d’amitié vraie possible. L’amour, c’est l’accueil de la différence des sexes. Cela n’a rien à voir avec une obligation à se marier ou à procréer, ni avec une idéalisation de tous les couples intégrant la différence des sexes : il existe des couples femme-homme qui incorporent celle-ci, mais qui ne l’honorent pas. On le voit suffisamment autour de nous, et même dans l’Église ! Cette vérité inconditionnelle de l’accueil de la différence des sexes pour qu’il y ait de l’Amour concerne déjà tout rapport humain (amitié, existence, célibat) et toute amitié.

 

Ce qui est très énervant avec des articles tels que « l’Église catholique et la Tentation Lyssenko » qui, comble du comble, se donnent la forme de la « parole d’expert », c’est qu’ils font dire à l’Église ce qu’Elle n’a jamais dit, mais en plus, ils se servent d’une part de vérité pour ensuite lui prêter des gros mensonges. Certes, à propos de l’homosexualité, les textes de l’Église catholique ne sont pas encore suffisamment étayés. Mais pas dans le sens que l’auteure le prétend. En effet, l’article d’Élise Elisseievna sous-entend que l’essentialisme spiritualiste (ou le présupposé nataliste sacralisé) qu’adopterait l’Église la conduirait, au bout du compte, vers une homophobie, malgré sa distinction – jugée implicitement hypocrite et inefficace – entre la personne homo et l’acte génital, entre la personne homo et sa tendance, et malgré son appel scolaire à la « charité » et au « non-jugement » : « Les textes de l’Église catholique sur l’homosexualité ne sont pas suffisamment clairs pour éviter la répulsion envers les homosexuels. »

 

Si les textes de l’Église catholique ne sont pas suffisamment clairs, ce que j’admets volontiers (je m’époumone suffisamment en ce moment pour me faire entendre de la Curie !), c’est principalement sur deux points qu’Élise Elisseievna n’identifie pas du tout, soit parce que cette auteure justifie l’hétérosexualité – en la confondant avec la différence des sexes – soit parce qu’elle méprise le célibat. À mon avis, c’est les deux. Dans les débats sur l’homosexualité, le premier point sur lequel l’Église manque de clarté, c’est effectivement l’hétérosexualité, qui n’est pour l’instant pas encore condamnée clairement en tant que diable déguisé en différence des sexes. Le deuxième point, c’est au sujet de la forme concrète que prend la « chasteté » demandée aux personnes durablement homosexuelles, à savoir le célibat continent. La Curie romaine est tétanisée à l’idée d’avoir à renvoyer toutes les personnes à l’orientation sexuelle profondément enracinée à la joie et à l’exigence de leur propre célibat sacerdotal (mais, en plus, sans le sacrement de l’ordre !), tétanisée de proposer un célibat que bien des célibataires consacrés n’expérimentent pas et auquel ils croient de moins en moins. En effet, c’est bien beau de dire « On vous accueille et on ne vous juge pas »… mais ensuite, quel chemin vocationnel concret de Vérité et de Sainteté est proposé aux personnes homos, à part les concepts flous d’« amitié » et de « chasteté » ? L’Église n’a pas encore trouvé sa précision et son audace pour annoncer la couleur de la Croix spécifique offerte aux personnes durablement homosexuelles. Mais ça, l’article d’Élise Elisseievna ne le signale pas du tout. Au contraire, il se contente de traîner insidieusement l’Église en procès d’homophobie inconsciente et bien-intentionnée, tout en cultivant l’amalgame entre chasteté et virginité (or la chasteté des couples mariés n’est pas la continence) ou entre amitié et amour. Désolé, mais c’est malhonnête. J’aurais préféré l’expression d’une prière à l’Esprit Saint pour inspirer les cœurs des participants d’un Synode qui n’est pas terminé.
 

Philippe Ariño, essayiste

 
Bd Voltaire photo Église

Et ça parle de courage ?

 

C’est précisément le mot « célibat » qui est tabou à Courage, et qu’on remplace par le mot fourre-tout « chasteté » ou « amitié » ! (bientôt « sainteté »…)
 
 

Sur les réseaux sociaux, un ami de Courage a réagi en me disant : « La chasteté à la même forme pour les personnes célibataires, homos ou non. Le risque de parler de célibat est justement de faire de l’homosexualité un particularisme qui deviendrait plus déterminant que l’identité d’homme ou de femme ou que l’état de vie. Un ghetto gay. » Ce à quoi je lui ai répondu :
 
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Pour l’instant, à mon avis, il n’y a pas encore de structure pastorale solide pour les personnes homosexuelles. Sans l’énonciation explicite de la proposition de la continence (et donc du célibat) pour les personnes durablement homosexuelles (sans pour autant écarter la proposition du mariage, ni opposer célibat et mariage), le groupe Courage se retrouve, comme DUEC (Devenir Un En Christ), coincé dans le triptyque « amitié/chasteté/sainteté », et délaisse la Vérité et l’Universalité de la Sainteté dans l’apostolat mondial par l’homosexualité. Courage se transforme donc en DUEC, c’est-à-dire en en groupe « convivialité-prière ». Ce n’est pas le but ni la vocation d’une pastorale d’Église pour les personnes homosexuelles, je regrette.

Le problème des places de parking autour de l’église : toujours pas résolu

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Alors là, je me gausse : article « Julien et Bruno cherchent encore leur place dans l’Eglise » du journal protestant… euh, pardon, catholique… La Croix (et au passage, je remercie tous les journalistes « cathos », responsables LMPT, prêtres, KTO, responsables d’aumônerie, qui se sont méfiés de moi, m’ont marginalisé, voire qui m’ont pourri… parce que là… comment vous dire… c’est le début de la me’r noi’e lol)
 
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Je propose à Radio Notre Dame, RCF, KTO TV, La Vie, Famille Chrétienne, et bien sûr à La Croix (le journal de Christian) de fusionner autour d’un nouveau collectif qui s’appellerait Espérance Chrétienne. À vous de voter ! lol. Et bien entendu, n’oubliez pas d’éjecter de la liste des collaborateurs l’OVNI méritant (« J’aime beaucoup ce que vous faites… mais il ne faut pas l’imposer à tous, et puis vous êtes minoritaire ») et fondamentaliste que je serais, hein ? C’est important. Enfin, je finirai par vous conseiller de ne jamais perdre de vue que la sexualité, ce n’est pas sexuel !^^ (c’est Lorie… ou peut-être Alizée… qui me l’ont soufflé).
 
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N.B. : Juste pour les masos qui ne s’aiment pas et qui aiment « se prendre la tête », cet article.

Tableau-Récap pour le traitement synodal de l’homosexualité

 

Voici un tableau récapitulatif de mes conseils et surtout des prévisions que je donne pour les 2 jours du Synode qui vont concerner spécifiquement l’homosexualité (20 et 21 octobre 2015). Puisse-il parvenir d’une manière ou d’une autre à sa Sainteté le Pape… (car je n’ai pas de contacts directs, et je ne compte pas trop sur l’entourage franc-mac des cardinaux francophones pour m’y aider…).
 
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Je vous renvoie par ailleurs à mon article « Qu’est-ce que vous voulez de plus ? » et à mon article sur la chute de Radio Notre-Dame (mais de tout le monde médiatique « catho » actuel : on peut mettre RCF, la chaîne télé KTO et l’univers de la chanson « chrétienne », dans la boucle). Enfin, pour comprendre la mini-polémique qui se passe à Courage, voici ce court résumé.