Retour du Synode par la Conférence des Évêques de France de Lourdes !

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Suite au Synode sur la famille d’octobre dernier au Vatican, s’est tenue pendant 4 jours (du 3 au 8 novembre 2015) l’Assemblée plénière de la CEF (Conférence des évêques de France) à Lourdes. Elle s’achevait pas plus tard qu’hier.
 

Rassurez-vous. Si vous aviez zappé l’événement, vous n’avez pas loupé grand-chose. Seul KTO, peut-être un peu Famille Chrétienne, les Cahiers Libres, et Radio Notre-Drame – se risqueront à recenser que « ça a eu lieu » et « ça s’est bien passé ». Parce que ce sont des lèche-culs de première. Parce qu’ils n’ont aucune hauteur de vue sur les événements. Et surtout parce qu’ils sont trop préoccupés à nous vendre leur camelote d’émissions et de livres sur la préparation au mariage et aux fiançailles, sur la famille, sur l’écologie, sur les Chrétiens d’Orient, sur la solidarité, pour oser critiquer quoi que ce soit. Quelques râleurs chez les progressistes ou chez les conservateurs s’élèveront timidement, mais sans véritable analyse de fond sur le problème de l’immobilisme ecclésial actuel (ils se contentent de le constater, sans en distinguer les causes : cf. l’article de La Croix ainsi que l’article de Famille Chrétienne). Les rares qui verront que derrière le dossier de la famille, du mariage et même des divorcés remariés, se cache une forêt (la forêt de l’Eucharistie, du célibat consacré continent) et un incendie menaçant celle-ci et qui s’appelle hétérosexualité, homosexualité et désaffection pour le célibat consacré continent/pour la prêtrise, là, on ne les compte même pas sur les doigts d’une main… car on voit mal les curés avouer qu’ils ne croient plus en eux-mêmes ni en leur vocation de célibataires. À moins de céder leur place d’évêques… ce que ne risquera pas d’arriver ! Et après le Synode, après la CEF, fatalement, chaque cardinal, chaque évêque, revient chez lui, retourne à ses occupations, avec les « nouveaux » dossiers « Miséricorde » et « Pastorales d’accompagnement » sous le bras, ne sachant pas trop comment ça va se traduire sur le terrain. Bref. Rien n’a changé, et dans la vie réelle, c’est de plus en plus la merde concrète à gérer.
 
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Quand j’ai annoncé sur Facebook que j’avais envie de faire une étude de texte détaillée du discours de clôture de Mgr Georges Pontier (http://www.eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/textes-et-declarations/409220-discours-de-cloture-de-lassemblee-pleniere-dautomne-2015/), archevêque de Marseille et Président de la Conférence des Évêques de France, prononcé le dernier jour de l’assemblée plénière de Lourdes le 8 novembre, et publié fièrement par des bons curés amis à moi sur leur page (comme s’il s’agissait d’une superbe synthèse et d’un super programme : mama mia…), j’ai été étonné de l’énergie de beaucoup de catholiques qui se rendent compte de la situation et de la pertinence de leur diagnostique (je pense que dans leur for intérieur, quelques évêques comme Mgr Brouwet, Mgr Castet, Mgr Aillet, Mgr Macaire, Mgr Camiade, se retrouvent dans le même cas) : « Il n’y a rien à dire tellement ce texte ne dit rien ! Ou plutôt essaye de tout dire mais sans choquer surtout. À croire que nos évêques se présentent aux élections régionales ! » ; « Ce pourrait être le texte d’un candidat du Modem pour une élection municipale partielle dans une toute petite ville. Mais il y aura des bigots et des bigotes pour tomber en pâmoison. ‘Il a parlé de Dieu quand même… C’est formidable…’ car on en est là. Quand un évêque évoque le Christ on crie au génie spirituel… » ; « Depuis que Pontier est à la tête de la CEF tout est délayé dans une lénifiante xyloglossie ecclésiologique sortie des années 70 comme si Saint Jean-Paul II et Benoît XVI n’avaient jamais existé. Catholiques français, soyons lucides : avons-nous entendu Pontier condamner avec la vigueur qui devrait être nécessaire ce gouvernement foncièrement christianophobe : hier la dénaturation du mariage, demain la PMA, la GPA, l’euthanasie ! » ; etc.
 

Alors plutôt que de grommeler dans mon coin, sans argumenter, je vais vous expliquer pourquoi, à mon sens, le discours de clôture de Mgr Pontier (et plus globalement l’orientation de l’Église catholique actuelle, pendant et après le Synode d’octobre dernier, car je ne voudrais pas laisser croire que je m’acharne sur la personne de Pontier : le souci est plus global) pose problème et est de très mauvais augure pour l’Église et les catholiques.
 

Le gros du nœud se situe dans le désamour généralisé de la VÉRITÉ. Car oui, derrière tout le blabla de Mgr Pontier, se cache une tentative d’occultation de la Vérité. Alors bien sûr, il ne s’agit pas de tomber dans l’excès inverse de ne se focaliser que sur Elle, comme le font les Civitas, FN, ex-FN, Riposte Catholique, anars de droite et compagnie, catholiques sédévacantistes dits « intégristes », qui se drapent de « lucidité », de « réalité », de « factuel », d’« anti-relativisme », de « Vérité », de « fidélité à la doctrine », pour finalement vider la Vérité de Charité. Mais il est assez significatif que, sur une allocution de cette longueur, Mgr Pontier n’ait pas utilisé une seule fois le mot Vérité… et qui plus est, le mot « Charité », qu’il a subtilement remplacé par le jargon (soixante-huitard et transhumaniste) de la « solidarité », de l’« humanité », du « bonheur ». Vous voyez, chers amis, comme la Nouvelle Religion Mondiale, que je décris avec précisément dans mon article sur l’Antéchrist, et qui annonce l’imminence du schisme dans l’Église catholique, a déjà un nid douillet bien installé par nos évêques, nos cardinaux, nos prêtres, et malheureusement, j’ose le dire, notre Pape (ça va changer pour le Pape François, j’ai l’Espérance et la confiance en l’Esprit Saint).
 
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Alors bien sûr, on m’opposera l’argument suivant : « Tu es trop dur : Mgr Pontier cite la Bible, parle de vrais problèmes, dit des vérités, soulève de vrais enjeux pastoraux, propose des missions de solidarité concrètes et adaptées. » Je suis désolé de dire que Mgr Pontier ne soulève rien du tout. Certes, il lit tout haut les mots marqués en titre des dossiers à traiter, des thématiques dont l’échelle de gravité est en général dictée par les mass médias… et un peu les médias cathos (ça sent l’antifascisme moralisant à plein nez : « Avec le pape François nous avancerons sur le chemin du bonheur en accueillant et en vivant la miséricorde sur une terre marquée voici 70 ans par l’horreur de la Shoah, puis par le joug communiste. »).
 

Mais concrètement, il ne traite rien, n’analyse rien, ne nomme rien, et ne traduit pas les problèmes en des termes concrets et utilisés par les gens réels. « Nous invitons les catholiques et tous les hommes de bonne volonté à choisir l’accueil, la fraternité et la confiance. Nous les invitons à faire entendre leur voix auprès des responsables politiques pour que des décisions courageuses, humaines et solidaires soient prises dans notre pays et en Europe. Nous les invitons encore à leur rappeler le nécessaire soutien au développement des pays les plus pauvres comme à la recherche de solutions justes et durables aux nombreux conflits. » Surtout, il se lamente sur les conséquences (l’individualisme, la pauvreté, la désespérance, les guerres, etc.) dont il chérit (ou n’identifie pas) les causes : « Nous avons nommé les obstacles que trop de familles rencontrent dans leur vie pour le trouver : celui des guerres actuelles, des grandes pauvretés qui jettent sur les routes trop de familles ; celui des séparations qui sont toujours porteuses de souffrances et de graves conséquences pour les enfants; celui de ceux qui connaissent l’épreuve de la stérilité, du handicap, du veuvage précoce, d’une affectivité blessée ; celui de ceux qui, remariés, cherchent à trouver leur place dans leur environnement comme dans l’Église ; celui des familles monoparentales. » Par exemple, l’hypocrisie et l’absence d’analyse du phénomène migratoire (car la compassion n’est absolument pas analytique) démontrent chez Mgr Pontier une soumission totale aux discours médiatiques occidentaux et font froid dans le dos.
 

Vous n’entendrez pas Monseigneur se mouiller sur des problèmes beaucoup moins médiatiques et moins catholiquement corrects : l’Union Civile, l’Islam, le Front National, l’hétérosexualité, l’homosexualité, l’absence de foi et de continence dans le Clergé, la PMA, la GPA, le clonage, l’avortement, l’euthanasie, le Gouvernement Mondial, les fins dernières, l’Apocalypse, etc. Tout son propos est noyé dans la métaphore biblique (de la lumière : « Seigneur, que s’illumine sur nous ton visage. », du chemin, du visage, du cœur), dans l’optimisme « Qui a envie d’être heureux et d’être aimé ? » (d’ailleurs, le terme « miséricorde » est spectaculairement réduit à une affaire d’accueil inconditionnel de la personne qui échapperait à la Vérité et à l’exigence de la Croix), dans l’euphémisme pudibond et spiritualiste (il nous parle d’« espaces de parole » et « de vie » – « vie » apparaît 12 fois – ; autre exemple de langue de bois : il ne faut pas parler d’homosexualité, voyons, mais plutôt faire comme dans les mauvaises prières universelles : uniquement évoquer les « affectivités blessées »), dans l’humanisme (6 fois le mot « humanité » revient, deux fois le mot « solidarité », 3 fois le mot « homme » : défendre cet humanisme met à l’abri de toutes les critiques, car qui peut rétorquer que « c’est pas bien d’aider son prochain » ?), dans le volontarisme « solidaire » (il est question d’« actions », de « nouveaux défis », de « chantiers missionnaires », de « projets », de « gestes », de faire et d’agir : on se croirait à la JOC. Dans le jargon de la télé-réalité, ils auraient parlé de « challenge ». Moi, j’entends à longueur de temps ce discours lénifiant et angéliste obsessionnellement centré sur la solidarité, sur l’action sociale, dans ma paroisse de naissance à Cholet, distillé à chaque homélie par tous les prêtres-ouvriers typés Théologie de la Libération qui n’ont que mépris pour la Vérité et l’Église-Institution, et qui sont pro-mariage-pour-tous), dans l’excuse familialiste et nataliste (pour laisser de côté les problématiques de l’identité, de la sexualité, de la personnalité, du comportement, de la violence), dans le jargon combatif et politicien à la François-Xavier Bellamy ou Pierre-Hervé Grosjean (« C’est important de s’engager en politique, c’est important pour nos valeurs et le bien commun »), dans l’utilisation du jargon ecclésiastique à la mode (on nous a dit que pendant un an on allait parler de « miséricorde » : eh bien Mgr Pontier, scolairement, utilise le mot 12 fois ; je suis d’ailleurs très étonné qu’il n’ait pas employé le mot « transhumanisme »… déception).
 

Le discours pharisien de cet évêque président de la Conférence des Évêques de France tombait d’ailleurs pile poil avec le texte du même jour – 8 novembre – à propos de la dénonciation par Jésus du pharisianisme des scribes, qui s’auto-congratulent du lancement et de l’avancée de leurs bonnes actions, mais qui concrètement, ne se donnent pas entièrement ni en Vérité. Marc 12, 38 : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques, les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners. Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. » Si je devais résumer, tout l’argumentaire de Mgr Pontier est centré sur l’intention (même spirituelle), plutôt que sur le Vrai. « Nous souhaitons que les paroisses et les pastorales familiales ne cessent d’approfondir leur présence et leurs propositions auprès des familles aux divers âges de la vie, qu’elles apportent soutien et réconfort et qu’elles demeurent vigilantes sur les politiques familiales de notre pays. C’est un chantier missionnaire essentiel. » Tout ça avec un fond de « réalisme/christianisme social », comme dans les mauvaises homélies soixante-huitardes « Josette a aidé Sylvie à faire son tricot : merci Seigneur. Apprends-nous à partager. » : « Le Cardinal Montenegro, à Lampedusa, nous a parlé de ces moments de bonheur vécus dans ces gestes humains dont les pauvres ont le secret quand ils accueillent des pauvres : un sourire, de la nourriture partagée, un vêtement lavé, une douche proposée, une maison ouverte. Autour de Calais la même expérience se vit. La présence persévérante et fraternelle de tant et tant de bénévoles est un rayon de bonheur dans ce qui est souvent qualifié d’enfer. » Rengagez-vous, qu’il disait (le mot « engagement » revient 7 fois, d’ailleurs). Concrètement, ça se traduit comment, pour Mgr Pontier, cet engagement et cet accompagnement ? On n’aura jamais la réponse. Il n’y a aucune solution concrète de proposée. Il n’y a pas une once de morale. AUCUNE. Elle est bannie du discours de beaucoup de clercs, alors que c’est quand même la base, quand on y pense : c’est la morale qui nous tient debout et nous bouscule. Le curé qui gère 53 clochers, le voilà bien avancé avec un discours de fermeture comme celui de Mgr Pontier ! Et ne me dites pas que cette élision viendrait du fait qu’un bilan de clôture ne peut pas rentrer dans le détail et se doit d’être concis. Même en une phrase, on peut être vrai et bon.
 

Là, en écoutant le discours de Pontier, on dirait la langue de bois Sens Commun (= Sens Comique), mais version ecclésiastique. « Demain, nous serons à nouveau sur le terrain de nos diocèses et nous allons retrouver l’agitation politicienne à l’approche des élections régionales. Nous portons de l’estime à l’engagement politique quand il est vécu dans la recherche du bien commun. Avons-nous autre chose à dire à nos fidèles que d’aller voter ? Sûrement. Nous voulons ajouter : pensez au sort des petits et des humbles ; pensez à l’accueil, pensez au respect de la vie et de la dignité de la personne humaine ; pensez aux politiques sociales et familiales, à l’éducation des jeunes ; pensez au dialogue entre les religions et avec tous les courants de pensée. N’oubliez pas le bien profond de votre région ni son développement. Fuyez la violence sous toutes ses formes, la violence verbale n’étant pas la moindre. Pensez encore à la paix chez nous, en Europe ; regardez de près les programmes. Développez un langage d’ouverture et d’engagement ! » On dirait aussi, sans rire, les mots formulés par un automate, coincé dans sa salle paroissiale provinciale qui pue le moisi ou le flambant neuf, ou par un témoin dans un atelier Diaconia : « À la suite des forums de novembre 2014 sur la mission en rural vécus au sein de notre conférence, nous continuons le partage de nos initiatives, de nos questions, sur la présence missionnaire de l’Église dans les espaces ruraux et hyper-ruraux. Face à ces nouveaux défis, nous voulons poursuivre un travail de réflexion et de discernement, avec des actions communes que ce soit en inter-diocèses, en province et en conférence épiscopale. L’Église est attendue pour susciter des espaces de paroles et de vie spirituelle, avec une attention particulière pour les agriculteurs et tous les acteurs du rural en souffrance. » Pire. On dirait le discours frelaté et anthropocentré de la Franc-Maçonnerie gauchiste, car si l’on fait le décompte, les mots « bonheur », « fraternité » et « humanité » sont cités respectivement 19, 5 et 3 fois (alors que, comme je vous le disais au début, les mots « Vérité » et « Charité » n’apparaissent pas du tout ; et le mot « Espérance » n’apparaît qu’une seule fois).
 

On a déjà eu l’occasion de voir, à travers le vide béant incarné par des associations comme Écologie Humaine ou Sens Commun ou La Manif Pour Tous, l’émergence et la perversion de l’HUMANISME INTÉGRAL (que j’appelle personnellement boboïsme) : « Les structures de péché nous donnent l’illusion de vouloir un humanisme intégral : c’est cela leur projet affiché. Or l’humanisme intégral ne sera effectif que dans la gloire ! En attendant, sur la terre, l’humanisme n’est pas intégral puisqu’il va falloir souffrir et mourir ! » (le frère Samuel, dans les Attaques du démon contre l’Église, Actes du colloque de Banneux, Éd. Bénédictines, Paris, 2009, p. 80) Le drame ecclésial que nous vivons actuellement, c’est que cet humanisme intégral s’impose sous couvert de mettre l’Homme au centre de l’Incarnation christique, sous couvert de la nécessité de l’ouverture concrète et urgente de l’Église catholique aux « périphéries ». Le danger d’y succomber est donc immense, y compris et surtout parmi les catholiques qui veulent redorer leur blason et se donner une image décomplexée de « tradis cools et révolutionnaires à la fois ». L’anthropocentrisme de Mgr Pontier (mais il n’est pas le seul : on l’a tellement entendu à Écologie humaine par exemple) est clair et net. « Nous le voyons, en ces domaines de la vie comme dans bien d’autres, la réponse à la question : ‘qui nous fera voir le bonheur ?’ se laisse percevoir lorsque l’homme est mis au centre des choix individuels et collectifs. » Mettre l’humain au centre de tout, et le saupoudrer ensuite vaguement de « Dieu », « pour son bonheur », c’est extrêmement antéchristique (en plus de gauchiste et de communiste : au passage, c’est un comble que Mgr Pontier nous mette en garde contre le « communisme », alors même que tout son discours est teinté de néo-communisme !).
 

Dans l’idéologie de l’humanisme intégral (mâtinée d’un christianisme évangélique à peine catho), la solidarité remplace peu à peu la Charité. On clame « Seigneur » partout, mais concrètement la compassion et le bonheur remplacent La Vérité. C’est exactement la « nouvelle éthique mondiale » décrite magistralement par Marguerite Peeters. Et si l’on regarde bien, le vibrant plaidoyer final de Mgr Pontier en faveur du « respect de la dignité », du « souci du petit et du pauvre », du « choix du dialogue et du respect entre personnes et peuples aux convictions et aux religions diverses », de « l’amitié et de l’estime entre les peuples, du « respect de la création », du « souci de la maison commune dans le choix de modes de vie respectueux des besoins d’aujourd’hui et de ceux de demain », de « l’ouverture spirituelle à la connaissance et à l’amour de Dieu qui nous rend libres et nous tient en confiance », de la « justice » (mise à la place de la Vérité), c’est tout à fait un discours que tiennent un Bernard Cazeneuve, un Mgr Santier, un Tugdual Derville, un Koz Toujours, et que tiendra l’Antéchrist (lui aussi très branché sur l’Humain, le respect des plus pauvres, la création, le bien-être, le partage, l’engagement, sur Dieu en tant qu’Architecte Mondial de la « spiritualité naturelle et solidaire »). L’Antéchrist, parfaitement portraituré par Robert-Arthur Benson dans son roman Le Maître de la Terre en 1905, emploie précisément le même jargon humaniste usé par Mgr Pontier pour conclure son discours : « Puisse notre monde entrer dans une ère de miséricorde, de tendresse, de fraternité, d’humanité. » termine Pontier. Ça se passe sous nos yeux. Face à des prélats très intelligents. Et pourtant très peu voient.

 

La positive et humanist attitude du Clergé français fout donc bien les boules, car ce ne sont que des mots appris, qui plaisent à la majorité endormie, et qui à un moment donné se passeront bien du vrai Christ. Méfiez-vous de ceux qui ne vous parlent que de bonheur, d’humanité, de solidarité, d’engagement, et même de prière et de Dieu, sans rien exiger de vous et d’eux-mêmes ! Sans vous parler de Marie et de la Vérité. Sans vous parler des vrais tabous de notre société réelle. Méfiez-vous de ces curés tièdes, mondains, installés et carriéristes, qui citent encore un peu le Pape François, avant de se retourner violemment et prochainement contre lui et contre le Jésus concret qui va nous proposer sa Croix concrète. Contrairement à ce que prétend Mgr Pontier, Jésus n’est pas venu seulement pour apporter la Paix, ni faire du Bien ( = « le bien commun et le Vivre ensemble »… la tisane des néo-scribes !), ni nous dire que « l’argent et l’or ne font pas le bonheur » : (je cite à nouveau Pontier) « Sa vie extérieure a été résumée en peu de mots : ‘Il est passé en faisant le bien’. Avoir le souci des autres, celui du bien commun, celui du vivre ensemble, celui d’une écologie intégrale, celui d’une humilité confiante, celui de la bonté et de la fraternité, voilà bien le chemin du bonheur ! Oui, Seigneur : ‘Que sur nous s’illumine ton visage et nous serons sauvés !’ Et en plagiant ce que disaient Pierre et Jean au mendiant de la Belle porte : l’argent et l’or ne peuvent apporter le bonheur, et ce n’est pas cela que nous voulons donner, mais Jésus-Christ que nous voulons annoncer. Choisissez-le, marchez à sa suite et à sa manière. » Non. Désolé Monseigneur Pontier et vos suiveurs. Jésus est venu apporter le glaive de la Vérité-Charité. Que cela vous plaise ou non. Que vous fassiez des courbettes au Christ et à la Bible ou non !
 
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N.B. : Par ailleurs, au même moment où je m’apprête à publier cet article, je reçois un mail m’annonçant une énième annulation de ma participation à une conférence à Tours, initialement prévue pour la fin du mois. À la base, j’étais invité à parler d’homosexualité à des formateurs de préparation mariage. Et ça ne se fera pas. « Vous avez été sollicité par nos amis pour participer à un temps d’atelier à Tours lors de la rencontre annuelle des animateurs en préparation au mariage. Nous animerons cet atelier. Après discussion, il nous semble prématuré de vous faire venir pour cet atelier. En effet, nous visons avant tout à informer les équipes de la démarche de dialogue que nous avons engagée dans le diocèse sur le sujet de l’homosexualité. Il nous paraît qu’il est trop tôt, et le créneau un peu court, pour engager un débat sur les suites du récent synode sur la famille. » Récemment, on m’avait fait le même coup deux fois aux États Généraux du Christianisme, ainsi qu’à un Forum Zachée auprès des jeunes (forum reporté au moins d’un an, si ce n’est plus). Le premier élan de beaucoup de cathos pressentant l’enjeu du traitement ecclésial de l’homosexualité est celui de m’inviter, puis le second mouvement celui de me congédier poliment, en me donnant toujours des faux prétextes (« Le format a changé… », « Il n’y a plus le temps », « le calendrier est plein… », « J’ai un sanglier sur le feu… ») ou en m’argumentant que « C’est trop tôt et qu’ils attendent d’être prêts et mieux formés avant de me faire venir ». Alors, à vous qui m’écoutez, je vous le dis tout de suite : arrive dans un futur très proche pour moi le temps où je ne répondrai plus du tout aux invitations (je vais plutôt aller sur les routes et vers les gens qui ne m’invitent pas, et qui ainsi seront du coup beaucoup plus vrais et attentifs). Je me tâte même à fermer définitivement les écoutilles. Car non seulement il n’est jamais « trop tôt » pour parler d’homosexualité, non seulement il n’y a pas de public spécifique (à part pour les moins de 12 ans) pour entendre parler du sujet, mais en plus, il est depuis plusieurs années déjà TROP TARD (croyez-vous que les athées et les militants pro-LGBT qui font la promotion de l’homosexualité partout et à tout-va aujourd’hui aient attendu pour forcer la porte des établissements scolaires, de la télévision, du cinéma et de la politique ? Ils ont eu moins d’états d’âme !). Vu le retard colossal des catholiques sur les questions de sexualité, et en particulier de l’hétérosexualité, ils auront beau se former qu’ils ne seront de toute façon jamais assez prêts à temps et jamais assez formés pour entendre mes conférences. Il va falloir se familiariser avec le fonctionnement des araignées du Seigneur : moins vous les identifiez et les accueillez, plus elles se rendent inaccessibles et se nichent dans des interstices muraux introuvables. Je vous aurai prévenus ! Je n’ai pas de temps à perdre avec la Vérité.

Pot avec Christine

 

Je viens de prendre un pot en tête à tête avec Christine Boutin. On a bien rigolé, on a parlé du Ciel et de Jésus tout le temps. Des « homophobes » comme ça dans mes amis, j’en veux plus souvent ! 🙂

Morgan Priest : la caution prophétique du messianisme biblico-militant à la Dieudo

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Je sais bien. C’est extrêmement difficile de s’imaginer que le discours christo-centré ou biblico-centré du protestantisme sera celui de la Nouvelle Religion mondiale de l’Antéchrist. Cela a de quoi nous désorienter fortement, ébranler notre foi. Mais c’est fascinant aussi. Nous devons nous y faire et nous entraîner à dépister ce paradoxe de l’Antéchrist. Il est probable que l’Antéchrist et ses prophètes – se présentant volontiers comme des anti-Antéchrist, des hors-Système, et des pourfendeurs du Gouvernement Mondial – défendent ouvertement la Bible et le Christ comme leur seul Sauveur, afin de s’acheter auprès des gens une sécurité et une légitimité imparables. En revanche, comme par hasard, ils envoient balader l’humanité divine de la Vierge, les sacrements, l’Église-Institution catholique, le Pape, le pardon, l’Espérance, le purgatoire, la Croix, l’Eucharistie, la communauté des cathos, etc. C’est à ces « détails » près qu’on peut tout de suite voir qu’ils se servent de Dieu pour ne pas L’écouter.

 

Ce travail extrêmement subtil de travestissement, je l’observe actuellement chez les « chrétiens » complotistes de la bande à Dieudo et Soral par exemple (« Le Christ contre le CRIF ! » déclare le second) : ces chrétiens alternatifs ex-protestants, ces agents anti-antichrist de l’Antéchrist, qui feignent de louer le Seigneur pour finalement s’attaquer à Lui, qui feignent de s’en prendre à l’Antéchrist pour le soutenir inconsciemment, ces représentants de ce « catholicisme identitaire » dont la foi se résume à « la fin justifie les moyens » (cf. les dernières secondes de l’interview de Soral)
 
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Concernant ce surprenant et paradoxal christianisme antéchristique, je voudrais faire un petit encart sur une personnalité hors du commun que j’ai découverte il n’y a pas longtemps : Morgan Priest. La caution prophétique du messianisme bibliste à la Dieudo, justement. Né en 1979 (il a un an de plus que moi), il dit avoir rencontré Dieu en 2012. Il a un look marginal (gothique) qui peut effrayer autant que séduire, car ça le sort du cliché propret du « catho coincé langue-de-bois ». Plus c’est gros, plus ça passe ! Morgan Priest est un homme qui s’habille comme un prêtre, avec la soutane, les boucles d’oreilles, la croix du Christ autour du cou, et qui parle beaucoup des fins dernières dans ses vidéos Youtube. Intellectuel bibliste tout à fait pertinent dans ses dires, ne manquant pas d’humour de surcroît, il développe un discours subtil et souvent vrai, mais très dangereux. Je vous invite à voir le génie diabolique qu’il déploie à travers une de ses allocutions que j’ai regardée en entier et qui m’a bluffé tellement elle pourrait séduire bien des catholiques et prend l’apparence du bien.
 

 

Force est de reconnaître que ce Morgan Priest est très fort. C’est un bon orateur, très nuancé et super sympa, pas du tout caricatural (en apparences) dans ses propos. Il sait détendre l’atmosphère par des petites blagounettes « djeunes » bien placées. Il tutoie son auditoire et on peut le tutoyer. Il sait instaurer une camaraderie collective, un vrai climat de confiance. En plus, il rassure tous ceux qui croient vaguement « en Dieu », en ne s’imposant pas comme le prosélyte religieux mandaté par une religion instituée. Non. C’est un « libre croyant ». Il se définit d’ailleurs comme « chrétien » ni protestant ni catholique, « un chrétien biblique » (je ne connaissais pas cette dénomination : ça vient de sortir). Il a déjà instauré avec ses nouveaux disciples born again plein de petits rituels empruntés aux grandes religions traditionnelles, en proposant une forme de synthèse sincrétique et œcuménique du protestantisme, adaptable à tous : par exemple, pendant sa conférence, il échange « la Paix du Christ » avec certains frères croyants. Et quelques « amen » d’approbation convaincue s’élèvent de temps en temps jusqu’à lui, comme chez les Évangéliques. Morgane Priest est fin connaisseur de la Bible : il la cite abondamment et la connaît sur le bout des doigts. Il assure « prier » souvent. Il chante les louanges de Dieu. Il Le reconnaît même comme « le Seigneur » : « Dieu fait des miracles. Dieu est vivant. Il fait des choses insoupçonnées. Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de la prière » Il défend la prévalence de la liberté dans la pratique religieuse, et donne une image de la foi très accessible et peu contraignante. Il possède un bon bagage théologique, philosophique et même télévisuel. Alors évidemment, c’est très sécurisant pour tout le monde, y compris les incroyants. Il passe d’une émotion à une autre, souvent contraires (joie, tristesse, peur, conviction, rire, etc.), captant ainsi l’attention du spectateur lambda et créant de la sensation forte comme si c’était accidentel.
 

Dans le discours de Morgan Priest, il y a énormément d’optimisme mystique matiné d’humour… mais absolument pas d’Espérance, en fait. Il insiste beaucoup trop sur les faits (on reconnaît là la patte paranoïaque de Soral et des ex-votants FN, dont le pilier idéologique et discursif est « la RÉALITÉ», « la dénonciation des faits », « l’importance d’avoir raison avant d’aimer », « la lucidité », le pragmatisme spiritualiste) et sur la méchanceté du Gouvernement Mondial pour ne pas les appuyer inconsciemment. Car la lucidité n’est pas la Vérité. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Morgan Priest passe davantage son temps à dire que tout n’est qu’apparences dont il ne faudrait pas se fier qu’à défendre les vérités incarnées. Son fond de commerce est la mise en garde. Il joue beaucoup sur l’impression et les effets d’annonce du genre « Attention, ce que je vais vous dire est impressionnant, inédit et secret » (« Là, je vais vraiment vous choquer. » ; « J’espère qu’il n’y a pas d’enfants dans la salle… »). Il s’appuie sur une quantité colossale de chiffres et d’images censées être des documents hyper compromettants et cachés du grand public. « Ce qui m’intéresse, ce sont les faits massifs. » dit-il. Tout cela dans le but de flatter mais aussi d’impressionner son public.
 
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Si j’ai un conseil à donner : ce n’est certainement pas sur son look qu’il faut le contrer, ni même sur les faits qu’il relève. Car tout est mêlé dans son discours : le très vrai et inédit, et puis le très faux. En effet, il prévient de choses que moi-même j’ai étudiées et qui tiennent parfois la route (la puce RFID, les documents biométriques, les Illuminati, le Gouvernement Mondial, les réseaux pédo-satanistes, le Projet Bluebeam, les Guidestones, le Projet HAARP, les chemtrails, la faillite des États, la mutation de la crise économique en Guerre Mondiale, les illusions holographiques, les camps de la FEMA aux États-Unis, etc.). Il a le nez creux pour annoncer énormément de prophéties eschatologiques qui m’ont aussi été rapportées par d’autres canaux plus doctrinaux. Par exemple, il a raison quand il prévient contre les travers laïcistes et individualistes de l’Humanisme intégral (« L’athéisme, c’est l’Homme au centre de tout »). Il définit le Gouvernance atlantiste mondiale avec des mots très précis et justes : « Ère de coopération internationale » C’est tout à fait le nom que j’aurais donné à la Nouvelle Religion mondiale, par exemple. Il semble aussi s’approcher du vrai quand il décrit la manœuvre du Nouvel Ordre Mondial de faire en sorte que l’islam et le sionisme politique se neutralisent entre eux. Il évoque plein de scoops qui ont l’air scientifiquement crédibles et que peu de gens connaissent, alors bien évidemment ça fascine les néophytes et l’effet de surprise est garanti dans la salle. Il en fout plein la vue. Et le zapping audiovisuel achève de convaincre les quelques sceptiques.
 

En y regardant de plus près, Morgane Priest n’est pas si scientifique et érudit qu’il le prétend. Car il insiste énormément sur la notion – très satanique, en réalité – de sincérité (notion qui se substitue à la Vérité) et sur celle – non moins satanique – d’autonomie (concept dissident qui se substitue à la liberté dans l’obéissance au Christ et son Église). Et avec un peu de sentimentalisme individualiste et spiritualiste par-dessus tout cela, ça se boit très bien ! : « Dieu, c’est toujours une histoire de cœur. Vraiment. L’important, c’est ce que tu penses dans ton cœur. Si tu as été sincère, c’est ça qui compte. » « Si ton cœur a été sincère », tu seras sauvé !

 

Pour rejoindre le même ordre d’idées, ce qui marque quand on visite le blog de Morgan Priest, c’est que les demandes de fric clignotent de partout. Car oui, la sincérité a un prix (plus élevé que ce que le sincère nous propose sincèrement) ! Cela montre que la gratuité et l’humilité ne sont pas là, et que notre prêtre dissident n’est pas autant au service de son message qu’il le prétend. Car si on l’écoute, on a pourtant l’impression qu’il est complètement désintéressé. Il passe son temps à prévenir contre le Dieu Mammon (Argent), en plus ! Il critique les catholiques et leurs indulgences médiévales, en vantant la gratuité du Salut (« C’est la foi qui sauve. Pas les œuvres, malheureusement. »)… mais dans les faits, il empoche volontiers l’argent sur lequel il crache !

 
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Mais au-delà des considérations matérielles et formelles, c’est vraiment sur son désamour de la Vierge Marie et de l’Église catholique que Morgane Priest finit par se décrédibiliser et par faire tomber son masque. Le masque de l’orchestration misanthrope de l’opposition entre l’Homme et Dieu, entre le Fils (Jésus)/la Fille (Marie) et le Père (Dieu), entre l’Église et Jésus : « Je ne prêche pas l’Homme : je prêche Jésus-Christ Seigneur et Sauveur » affirme-t-il dans une autre de ses vidéos. « Tout le pouvoir est en Dieu et non plus en les hommes » (idem) Sur la fin de sa conférence à la Main d’or, dans les dernières minutes, notre orateur est hallucinant de mauvaise foi, une mauvaise foi s’annonçant comme la vraie foi. Il se met comme par hasard à dévaluer la Vierge Marie, le sacrement du pardon, les neuvaines, le purgatoire, le Pape, tout ça en continuant à chanter les louanges de Jésus et de la Bible : « Je crois personnellement que l’Antéchrist viendra de l’Église catholique. Je pense même que c’est le Pape François. » (2h34) Il qualifie Rome comme « Babylone la Grande » d’où émergera l’Antéchrist. Il est facile de voir que ce touche-à-tout religieux cache un orgueil de ne pas tout contrôler et de vouloir tout savoir (à travers une gnose bibliste pseudo exégétique). « Au départ, avant d’être vraiment et totalement en Christ, j’étais dans le catholicisme. Je priais Marie, je priais le Rosaire. Je faisais plein de choses comme ça. Je comprenais pas tout. Loin de là. C’est bien d’ailleurs parce que je ne comprenais pas tout que j’étais dedans. Et puis après, j’ai connu… Dieu m’a renvoyé vers les protestants : donc j’ai connu les églises évangéliques, pentecôtistes, adventistes, etc. J’ai tâtonné à droite à gauche. Et le Seigneur m’en a sorti aussi, pour devenir juste biblique, tu vois. Parce que j’ai vu qu’il y avait certaines hérésies. Alors c’est important d’être entouré de chrétiens, mais parfois c’est dur de se concentrer et d’être entouré de certaines hérésies. » Fait qui n’est absolument pas anodin : Morgan Priest remet en cause, à la fin de son topo, l’humanité divine de Marie, en prétendant qu’elle n’est que la mère humaine de Jésus, mais pas la mère de Dieu : « Marie n’est pas la mère de la partie divine du Christ. » (2h36) Il invalide les neuvaines à la Vierge devant un auditeur catholique qui lui assurait qu’il avait arrêté le tabac grâce aux neuvaines qu’ils avaient récitées. Il essaie de le décourager : « Les neuvaines, c’est pas biblique. Lis la Bible et tu verras. ». Comme par hasard, il récuse aussi l’existence du purgatoire (so protestant…). « C’est toujours un instrument de pouvoir, le catholicisme. Je ne dis pas qu’ils n’ont fait que des mauvaises choses, loin de là. Ils ont fait de très bonnes choses. Mais ils ont fait croire aussi qu’on pouvait avoir le Salut par les œuvres. » En somme, il ne croit pas en la responsabilité, en la liberté et en la collaboration active des Hommes dans l’œuvre de Salut divin donné par Dieu, ni aux actes de pénitence (qu’il confond avec les indulgences), ni même au sacrement de réconciliation : « Tu ne peux pas racheter tes péchés. Soit tu demandes pardon, et tu essaies de ne plus recommencer… mais c’est pas tes œuvres qui te sauvent. »

 

Son hypocrisie et son apostasie ne s’arrêtent pas là. Morgan Priest balance toutes ces contre-vérités pour, juste après, faire genre qu’il ne les a pas dites avec présomption, et en soutenant qu’il n’est pas sûr de ce qu’il vient de dire. Il habille ses propos d’un vernis d’incertitude et d’humilité : « Tu sais, avec l’eschatologie, il faut être très très humble. Je me suis basé sur du factuel, avec des vidéos. Mais l’eschatologie, c’est très très délicat. C’est mon humble étude, encore une fois. Ne prends pas tout ce que je te dis pour argent comptant. Une seule chose est sûre : c’est que Jésus est notre seul Sauveur, il est le seul à pouvoir nous sauver. » Comme je l’ai déjà dit, « Je suis toujours mal à l’aise avec les grands hommes qui parlent trop d’humilité… » (Billy Stangby dans le roman Le Père Élijah (1996) de Jonathan O’Brien) Morgan Priest a la finesse de simuler qu’il ne prend pas la Bible au pied de la lettre, en proposant le second degré interprétatif de la métaphore et du symbolisme. Il a la prudence de ne pas s’annoncer comme le dépositaire d’une révélation divine privée qu’il possèderait à lui tout seul et magiquement. Monsieur le Curé dissident se fait généreux et discret : « Je ne suis pas prophète. Je ne suis pas gourou. » Même s’il annonce pleins d’événements du futur, il éteint sa présomption de visionnaire par un semblant d’humilité. Par exemple, concernant la date de la Parousie, il déclare : « Je n’ai pas la date. » C’est presque beau. Et on y croirait quasiment…

 

Ce qui est discrètement choquant chez Morgan Priest, c’est la contradiction entre son discours et les actes. Il dit que Dieu l’a sauvé et qu’il est un ancien sataniste… mais pourtant, il en conserve toutes les caractéristiques. Pendant le temps de conférence, il est saisissant de voir que parallèlement à la jovialité, le prêtre gothique a énormément de mal à écouter. Dans sa manière de s’exprimer, il adopte parfois un ton injonctif (quand il se dirige à son lecteur de la Bible, notamment) très surprenant, qui contraste avec sa douceur d’apparat. Pendant le temps des questions, on peut constater qu’il n’a pas de patience. Il coupe la parole à son auditoire. Mais personne ne semble s’en rendre compte.
 

De plus, il cite la Bible et le Christ, mais sa démarche n’est pas une démarche d’humilité et d’obéissance (à part d’obéissance littérale à la Bible). Il a l’air d’être centré sur le Christ qu’il annonce clairement comme Fils de Dieu et comme Dieu d’Amour. Mais il fait comme les protestants : il nie le corps ecclésial de Jésus qu’est l’Église catholique pour ne réduire Dieu qu’à sa tête (= Jésus).

 

Il met en garde contre les dangers du satanisme, du magnétisme, de la franc-maçonnerie, de la voyance. Du coup, il s’assure une solide couverture. Qui ira suspecter un type passant son temps à dire que le diable est suprêmement intelligent, de se laisser tromper par lui et de le servir ? Qui peut soupçonner un type prévenant les autres contre lui-même de s’attaquer lui-même ? Qui peut soupçonner un type affable et sympa, parlant super bien, s’annonçant comme un ex-sataniste et un ex-franc-maçon, de retomber dans ses anciens travers ésotériques et satanistes ? Personne. Et pourtant, lui-même finit par se comparer au diable. « Satan, il se déplaçait avec ses grandes ailes. Il était majestueux… comme moi ! Non, j’plaisante. » (2h01’30) Il déclare qu’il faut se méfier des faux prophètes et des gens qui se prennent pour Dieu (« C’est énervant de voir que certains se font prophètes. »)… mais c’est pourtant ce qu’il fait en s’habillant comme un prêtre, et en s’autoproclamant prélat par le choix de son pseudonyme ! Bref. Prudence, mes enfants, prudence. Les faux prophètes sont tellement rusés qu’ils sont capables de mettre les autres en garde contre eux-mêmes pour s’innocenter à leurs yeux.
 

« Je crois en toi Seigneur » : mon cul, oui !

La religion-philosophie de l’Antéchrist sera même prête à rendre hommage à Dieu, à Jésus, en le nommant « Seigneur », ou même en citant la Bible (comme satan au désert) et les grands saints. « Ma seule paix, mon seul bonheur, mon seul amour, c’est toi Seigneur » (cf. la chanson « Ma Seule Paix » de Grégory Turpin et Natasha St-Pier). Elle rendra même, dans un premier temps, hommage au Pape en tant que personnage important pour le monde. Le problème, c’est qu’elle n’accepte pas que Jésus-Dieu se soit incarné en tout être humain et pleinement dans l’Église-Institution catholique. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il est tout à fait possible (même si ce n’est pas souhaitable) de croire en Dieu et en Jésus et aux anges et même au Pape, tout en méprisant l’Humain. C’est subtil. Mais la contrefaçon de la misanthropie panthéiste (= individualisme protestant) nous pend au nez, d’autant plus si nous sommes croyants.
 
Il est possible de croire en Jésus et en Dieu et ne pas croire en eux
 

Retrouvez l’intégralité de mes recherches sur le Nouveau Culte Mondial dans mon article sur l’Antéchrist.

« Cher Journal intime… »

 

Parce que je refuse de vous prendre pour des cons et par les sentiments.
 
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Sans jalousie aucune de ma part (car je préfère largement l’isolement à cause de la Vérité que les applaudissements pour un narcissisme émotionnel bon marché), j’observe le relatif succès des articles “Je prie pour toi parce que nous devons nous aimer, nous unir et obéir à notre Église et parce que je te comprends” de Clément Borioli (1 et 2). Maintenant je comprends mieux la raison du désintérêt des médias cathos français à mon égard : je ne pleure pas assez quand je parle d’homosexualité! lol

 

Bon, Clément Borioli ne raconte pas que des salades : il mélange à celles-ci des phrases évangéliques, des évidences de bon sens, des aphorismes bien intentionnés qui ne choquent pas (c’est pourquoi c’est difficile de tout rejeter en bloc et d’identifier de prime abord l’arnaque). Le problème de ses articles, c’est qu’ils n’ont pas de contenu, qu’ils ne parlent pas d’homosexualité (le ressenti biographique ne remplace pas l’analyse), de la réalité, de la Vérité, de la Croix. Ce sont des pleurs ‘compassionnels’, sentimentalistes, doloristes et spiritualistes. Je reconnais une dérive sensibleriste similaire dans les articles écrits par des internautes homosexuels chrétiens, qui confondent le Pape avec leur ours en peluche, ou pour scandaliser dans les chaumières LMPT (Bobby Oscar Lopez, Jean-Pier Delaume-Myard). Ils proposent une fraternité spirituelle avec des étoiles dans les yeux. Guimauve adolescente sucrée qui fait plaisir aux sentimentalistes « chrétiens ». Ils se réduisent à des lettres de journal intime pleines de bonnes intentions (« Il ne faut pas être homophobe »; « Je te comprends », « Je suis comme toi », « Je prie pour toi, mon frère homosexuel que j’aime tant »; « Dieu te pardonne. Nous allons prier ensemble. Ça va être très fort. » ; “Serre-moi dans tes bras (chastement)”; etc.). Euh… ok. Et après avoir parlé du triptyque spiritualiste “amitié/chasteté/sainteté”, c’est quoi le message de l’Église ? la parole de Vérité sur l’homosexualité? l’exigence et le chemin concret pour les personnes durablement homosexuelles ? Que dalle. L’apostolat Courage propose un accompagnement : non une vocation. Parce qu’il n’ose pas exiger le célibat continent et l’évangélisation à la grande majorité de ses membres qui n’est pas appelée au mariage. C’est ça la vérité. Alors que les choses soient claires : je n’aime pas du tout cette camaraderie mystico-gélatineuse. Courage n’a pas vocation à être une usine à hugs spirituels. Et le pire, c’est qu’on va nous bassiner avec une mauvaise compréhension du mot « miséricorde » pendant une année entière à partir du mois prochain !

 

S’il vous plaît : moins d’effusion sentimentale, et plus de Vérité ! Nous n’avons pas éternellement quatorze ans et nous n’avons pas vocation à nous exprimer comme des Pascal Obispo cathos. Nous pouvons mieux faire !
 
 
 

N.B. : Un autre article pour poursuivre la réflexion. Et la traduction espagnole de cet article se trouve sur le lien suivant.

“Querido diario íntimo…”

 

Porque me niego a tomaros por memos o por los sentimientos…
 
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Sin ningún celos de mi parte (porque prefiero el aislamiento a causa de la Verdad que los aplausos por un narcisismo emocional barato), estoy observando el relativo éxito de los artículos “Rezo por ti porque tenemos que amarnos, unirnos y obedecer a nuestra Iglesia y porque te comprendo” de Clément Borioli. Ahora entiendo mejor el por qué de la distancia de los Hispanos para con mis libros, mis artículos y entrevistas. ¡Será porque no lloro bastante cuando hablo de homosexualidad! lol

 

Bueno, Clément Borioli no cuento sólo bobadas : mezcla éstas con frases evangélicas, con evidencias de sentido común, con aforismos bien intencionados que no chocan (por eso es tan difícil rechazarlo todo o ver la estafa a primera vista). El problema de sus artículos, es que no tienen contenido, no hablan de la homosexualidad (el testimonio biográfico no reemplaza el análisis), de la realidad, de la Verdad, de la Cruz. Son sollozos ‘compasionales’, sentimentalistas, doloristas y espiritualistas. Reconozco esta desviación sensiblerista también en otros artículos escritos por internautas homosexuales cristianos, que confunden al Papa con su osito de pelo. Proponen una fraternidad espiritual con estrellas en los ojos. Blandenguería adolescente azucarada que da gusto a los sentimentalistas “cristianos”. Se reducen a unas cartas de diario íntimo que expresan buenas intenciones (« No hay que ser homófobos »; « Te comprendo », « Rezo por ti mi hermano homosexual que amo tanto »; « Dios te perdona. Vamos a rezar juntos. » ; “Abrázame (castamente)”; etc.). Bueno… Y ahora bien, después de haber hablado del tríptico espiritualista “amistad/castidad/santidad”, ¿qué es del mensaje de la Iglesia? ¿de la palabra de Verdad sobre la homosexualidad? ¿de la exigencia y del camino concreto para las personas duraderamente homosexuales ? Na de na. El apostolado Courage propone un acompañamiento : no una vocación. Porque no se atreve a exigir el celibato continente y la evangelización a la gran mayoría de sus miembros. Ésa es la verdad. Pues que quede claro : a mí no me gusta nada el compañerismo mistico-gelatinoso. Courage no es una fábrica de hugs espirituales. Y lo que faltaba, ¡ es el argumento de la “misericordia” con el que nos van a acosar aún más durante un año a partir del mes que viene !

 

Por favor : ¡ menos derrame sentimental, y más Verdad ! No tenemos eternamente catorce años.
 
 
 

N.B. : Otro artículo para seguir la reflexión. Y la traducción francesa de éste se encuentra en el link siguiente.

Entrevista ZENIT BRASIL en español

« Nuestro gran enemigo, es la heterosexualidad. Jamás la Iglesia católica la ha defendido. El problema, es que tampoco jamás la ha denunciado. »

 

Este texto proviene del sitio ZENIT BRASIL y de la entrevista del periodista Thácio Siqueira. También existe la traducción en francés.
 
ZENIT
 

Philippe Ariño es un intelectual católico de 35 años. Cantante y ensayista (véase su blog La Araña del Desierto y también su blog CUCH – Católicos Unidos Contra la Heterosexualidad). De manera casi accesoria, también homosexual. Reside en París. Ha elegido vivir su atracción sexual en la continencia (abstinencia por Cristo) y se opone a las Uniones Civiles tanto como al « matrimonio homo ». Ha escrito varios libros sobre la homosexualidad, la homofobia, un Dicionnario de los Símbolos homosexuales. Y ahora, prepara un tercer libro sobre los frikis bohemios y el Fin de los tiempos.
 

1 – Philippe, en los últimos años ya has dado varias entrevistas para los medios, incluso católicos. En tu opinión, ¿por qué, en un primer momento, tu testimonio ha llamado la atención del mundo, especialmente del mundo católico?

Porque la gente siente que hay un desafío de santidad y de Salvación detrás de la homosexualidad, pero no sabrían decir por qué. Ya sienten que las personas homosexuales son individualmente a veces personas adorables, que no han elegido su atracción por las personas del mismo sexo… y por lo tanto ellos no entienden por qué esa falta de libertad sería marcada por el pecado y las privaría de la Salvación, o ya simplemente del « amor ». También están muy desorientados por los mitos sociales de la identidad homosexual (la « salida del armario ») y de la creencia social en el « amor » homosexual (la « pareja » homosexual), cada vez más idealizados y banalizados por los medios de comunicación y los políticos, ya que son testigos sobre el terreno que estos dos mitos ocultan mucho sufrimiento, insatisfacción y violencias. Ellos tienen ganas de entender este misterioso abismo entre intención y práctica, entre deseo y realidad, entre amistad hacia las personas homosexuales y cotidiano íntimo y amoroso de aquellas. Hay una fascinación social en torno a la homosexualidad, dado que la gente siente intuitivamente una violencia (mis libros tratan además de los nexos no-causales entre el deseo homosexual y la violación), pero que ésta es maquillada de amor. El otro dilema interior que se plantea para los católicos y que se convierte en fascinación, es el hecho de ver reunidos en una persona viva de carne y hueso como yo dos aspectos (la fe y la homosexualidad) que su razón y la sociedad por lo general suelen oponer. Se dicen : tal milagro de unidad alegre sólo resulta posible por la santidad.
 

2 – ¿Y ahora? ¿Qué ha pasado? ¿Sientes que sigues siendo comprendido entre los católicos? ¿Por qué?

Mi discurso sobre la homosexualidad nunca ha sido mejor acogido como por los católicos. Así que no escupo en su mano. La gente de Iglesia, aunque acusan retraso en cuanto al conocimiento y al análisis de la homosexualidad, sin embargo tienen menos retraso que los ateos gays friendly. Dicho esto, me doy cuenta de que las tres cuartas partes de los católicos creen en la existencia del « amor » homosexual. Y la cuarta parte que queda y que se opone a ello no sabe por qué hacerlo, y no se opone a éste por razones correctas ni con la Caridad-Verdad apropiada. Ellos suelen despreciar las palabras « homosexualidad », « heterosexualidad » y « homofobia », considerándolas como irrealidades de las que es importante no hablar. Como entenderán, no me ayudan ni los pro-gays, ni los anti-gays, ni los indiferentes. Y estas tres categorías, en general, sólo componen una. Depende de los momentos, de las modas y de la dirección del viento.
 

3 – Tu primer libro ha tenido más de 10 mil copias vendidas en Francia. ¿Y tu segundo libro sobre la homofobia? En tu opinión, ¿a qué se debe esta falta de interés?

A los católicos les complace la persona homosexual (incluida católica) mientras que pueden utilizarla como pantalla de humo a la acusación de homofobia. Pero no les gusta que esa persona entre en detalles o hable de homofobia y de heterosexualidad. A la mayoría de ellos le resulta « demasiado complicado ». Mientas que su testimonio sigue siendo personal, emocional, ejemplar, y que no se universaliza demasiado, todo va bien. Una vez que pone en tela de juicio la relación dolorosa que ellos mantienen con la diferencia de sexos y con la Iglesia, entonces, el testigo homosexual se vuelve más fastidioso y menos « divertido ». La homosexualidad es el signo social que los hombres y las mujeres ya no se encuentran, y que los católicos ya no obedecen a la Iglesia. Al descubrir esta cara problemática oculta de la homosexualidad, este espejo de sí mismos, los católicos no exaltan mucho tiempo a su testigo incómodo. Nosotros, las personas homosexuales, somos espejos vivos de la fragilidad de su matrimonio, de su familia, de su fe.
 

4 – Se ha terminado en Roma el Sínodo sobre la familia. Con relación a la homosexualidad, ¿ves que los padres han discutido lo esencial?

No. No se dijo nada. La homosexualidad se transformó en un tema inexistente. Todo esto – ¡eso es lo peor! – en nombre de un sano humanismo espiritual (« No sois sólo eso. Sois hombre o mujer, e Hijos de Dios. ») y del enfoque sobre la Caridad (« Nosotros no os juzgamos, os acogemos y os ofrecemos un acompañamiento específico. »). En realidad, con este Sínodo, hemos tenido derecho al mensaje de Caridad sin la Verdad, al Pan sin la Copa, al llamamiento a la Castidad sin la forma concreta del celibato continente y de la Cruz, al acompañamiento sin la vocación y sin el marco del don entero de su persona al mundo y a Dios. O bien la homosexualidad fue barrida en nombre de su caricatura militante. Incluso algunos obispos africanos han occidentalizado la homosexualidad y la han convertido en símbolo de la prostitución eclesial al liberalismo y al progresismo contemporáneo. Lo que las personas duraderamente homosexuales necesitaban, no era un ACOMPAÑAMIENTO (psicológico, espiritual, fraterno, « casto », « amistoso », « santo », todo lo que queráis), sino una VOCACIÓN (que encuadra sea con el matrimonio de amor hombre-mujer sea con el celibato consagrado y la evangelización a escala universal)… Este silencio sinodal es muy preocupante, ya que no conozco un tema más conflictivo en la Iglesia y más explosivo socialmente como la homosexualidad cuando ésta no es tratada, y más santificador en la Iglesia cuando la homosexualidad es entregada y vivida en verdad. Yo iría aún más lejos. La homofobia (= el miedo al mismo, y luego el miedo a la homosexualidad) eclesial esconde un miedo aún más inquietante : el del celibato continente. Mientras que el celibato tendría que ser el corazón del clero. Si incluso aquellos que se supone vivirlo temen ofrecerlo, significa que ¡la casa está realmente en llamas !
 

5 – Sabemos que el documento final del Sínodo no es más que sugerencias para el Papa, que ya ha anunciado que escribirá una exortación apostólica. ¿Qué te gustarías que el Papa pusiera en esta exortación?

Idealmente, me hubiera gustado que el Papa defendiera estas 3 grandes verdades sobre la homosexualidad :
 

a) Poner la homosexualidad al primer plano (del Sínodo, de la política internacional, de la Iglesia, del mundo).

¿Cómo? Diciendo que no es ni una identidad ni amor, pero que sin embargo sigue siendo un tema crucial porque constituye la principal coartada mundial a favor de la eliminación de la diferencia sexual y a favor de la banalización/destrucción de la familia/del matrimonio/del celibato consagrado/de la Iglesia.

¿Por qué esta primera verdad corre el riesgo de ser silenciada? Debido a que los cardenales suelen colocar la homosexualidad al último plano. Este ya fue el caso durante las conferencias pre-sinodales de octubre 2015. Ellos se centran en el no-juicio de las personas homosexuales, en la acogida benévola, en la devaluación de la homosexualidad, en nombre de un humanismo anti-comunitarista y anti-esencialista, en nombre de un rechazo de conformarse a la ideología libertaria, sentimentalista y relativista del Occidente, en nombre de una sacralización cómoda del matrimonio/de la familia/de la diferencia de sexos (¡las estatuas de los esposos Martin, chapadas en oro!).
 

b) Denunciar pública y explícitamente la heterosexualidad como el diablo disfrazado de diferencia de sexos.

¿Cómo? Diciendo que la heterosexualidad es una diferencia de sexos forzada y bisexual/asexual/libertina, que no respecta en absoluto a la diferencias de sexos amante. Explicando y dando su génesis en lugar de hacer de ella una « falsa cuestión » o un « tema al margen ».

¿Por qué esta segunda verdad corre el riesgo de ser silenciada? Debido a que el análisis de la heterosexualidad es tanto despreciado y banalizado como el de la homosexualidad, en nombre de un universalismo espiritual/antropológico y de la ideología del humanismo integral (humanismo que defiende en ese caso un desprecio de la sexualidad, confundida y reducida a la genitalidad).
 

c) Poner a las personas homosexuales continentes en el primer plano, atreviéndose a anunciarles concretamente el color de su Cruz y sobre todo de su Misión/Vocación específica y universal de Iglesia.

¿Cómo? Más que proponer a las personas duraderamente homosexuales un simple acompañamiento o una restauración de sí mismas, ofrecerles algo GRANDE : un sitio entero en la Iglesia, una vocación, un diácono, (¿una consagración oblativa especial, una orden religiosa?), una ofrenda de ellas mismas a la santidad, al mundo, a través del celibato continente y de la obediencia a la Iglesia.

¿Por qué esta tercera verdad corre el riesgo de ser ignorada? Porque en el mejor de los casos, se ofrece a las personas homosexuales la castidad (sin la forma concreta de la continencia… por miedo a nombrar su Cruz específica, a dirigir a las personas hacia el camino estrecho del celibato sacerdotal… además sin el sacramento del orden que conlleva), en el peor se deja a las personas homosexuales de lado, ofreciéndoles un acompañamiento discreto, una pastoral tímida (Courage), un concepto turbio de « amor de amistad » (traducción ambigua del philia griego).
 

6 – Con frecuencia dices que los católicos de hoy se esconden detrás de ciertas palabras, pero que no se enfrentan el problema principal. Hable un poco de eso.

Sí. Para asustar o asustarse y movilizar al mundo de su alrededor, se esconden detrás de conceptos teóricos que incluso quienes los aplican los desprecian o no saben lo que son : el Gender, el lobby LGBT (oído como el lobby homosexual), la Procreación con Ayuda Médica (PMA), los vientres de alquiler. Ellos están acostumbrados a demonizar las consecuencias cuyas causas valoran. Por ejemplo, nunca se han percatado de que los pro-Gender eran anti-Gender, de que el Gender era la heterosexualidad, de que el lobby LGBT era el lobby heterosexual, y de que la Unión Civil era el « matrimonio para todos ». Por lo tanto son capaces de estar a favor de la Unión Civil y al mismo tiempo de oponerse al « matrimonio gay », o de definirse a sí mismos como heterosexuales mientras que demonizan al « lobby LGBT » y al Gender. ¡Hastan van a argumentar que « la sexualidad no es únicamente sexual » ! Para ellos, ¡no hay contradicción alguna!
 

7 – Y el “amor homosexual”, existe?

No. El amor es la acogida de la diferencia. Lo vemos en cada momento de nuestra vida. Cada vez que no queremos es cuando rechazamos la diferencia, y sobre todo la diferencia que nos funda, la que nos permite existir y entregarnos plenamente, es decir la diferencia de sexos. El amor es la acogida de la diferencia de sexos. Esto también es tanto válido para los solteros y amigos, como para las parejas. Al decir esto, de ninguna manera hago la apología del matrimonio y de la procreación. Tampoco idealizo a todas las parejas hombre-mujer. No basta con integrar la diferencia de sexos en su pareja para que aquella sea acogida y honorificada. La diferencia sexual, por sí sola, no es una garantía de amor. Pero cuando ella es realmente respetada y coronada por el amor, se convierte en lo mejor para existir y para amar. Esto se averigua tanto en el matrimonio como en el celibato consagrado.
 

8 – ¿Eres un homosexual o te sientes un homosexual?

Ni lo uno ni lo otro. Soy un hombre y un Hijo de Dios. Siento en mí una atracción homosexual profundamente arraigada, que no me define pero que condiciona seriamente mi existencia. Como un miedo persistente, una minusvalía objetivamente… descapacitante, una realidad duradera de mi vida y que (por ahora) ni la oración ni los sacramentos han logrado erradicar. Pero si Dios permite mi homosexualidad, será por una misión mayor que si Él me la hubiera quitado.
 

9 – ¿Por qué vives en continencia? ¿Cuál es la diferencia entre continencia, castidad y celibato ?

Vivo la continencia ya que ella me permite entregarme a mí mismo por completo, en todas las dimensiones de mi ser, a la Iglesia y al mundo. Incluso me permite dar mi homosexualidad sin la vergüenza que conllevaría su práctica. Así, con la continencia, tengo todos los beneficios del deseo homosexual sin los inconvenientes (aunque no tengo que servirme de la continencia para instalarme en la homosexualidad, ni utilizarla para escapar a las dos únicas vocaciones propuestas por la Iglesia : el matrimonio de amor hombre-mujer o el celibato consagrado. ¿La diferencia entre la continencia, la castidad y el celibato/la abstinencia, cuál es ? Es muy sencillo : 1) la castidad es la virtud universal a la que todos están llamados en sus relaciones, cualquiera que sea su estado de vida (soltero o casado). Es la distancia justa que permite la relación y escapar de la fusión mortífera (incesto). 2) la abstinencia es algo neutro (igual que la tolerancia). Todo depende de lo que uno se abstiene y por qué motivo. La abstinencia no siempre está vinculada a una elección, por lo que no tiene que ser abogada como un camino de vida y de don entero de su persona. El celibato en sí no tiene sentido : recupera sentido una vez que se integra en un proceso de don completo de su persona al Amor único que es Cristo. 3) la continencia es una abstinencia elegida y vivida únicamente por los célibes consagrados, es una abstinencia no-frustrante porque es ofrecida a Dios y a los demás. Las parejas hombre-mujer casadas no son llamadas a la continencia : las formas de su castidad no les hace renunciar a su afectividad, al sentimentalidad, a la genitalidad, a la procreación … a diferencia de la continencia de los solteros consagrados (en el sacerdocio o por votos no sacramentales). Queda claro, ¿no?
 

10 – ¿Hay dolor en la práctica de la homosexualidad?

Sí. Porque cuando se excluye la diferencia de sexos, tanto en la amistad como en el amor, se excluye al otro y uno se excluye a sí mismo… aunque, al principio, la práctica homosexual proporcione algún placer y las satisfacciones de la amistad. En realidad, la homosexualidad practicada resulta ser una masacre de la amistad – ya que se vive una amistad amorosa pues complicada – y una masacre del amor – porque se vive una sexualidad sin sexualidad, sin la diferencia de sexos. Una realidad imposible, en parte. Incluso Cuando pasa bien, no es lo mejor. La unión homosexual a veces puede satisfacer, pero no colma.
 

11 – ¿Cómo dialogar con la ideología? ¿Es posible?

Sí. Es posible. Porque a menudo, las personas se hacen gays friendly por ignorancia y a causa de una mala experiencia de sexualidad o de Iglesia que las ha herido. Así que nos queda mucho por hacer. Pero podemos alcanzarlas por nuestro testimonio personal, mucho más elocuente que todos los discursos teóricos. Y en cuanto al contenido y las condiciones de un diálogo logrado sobre la homosexualidad, he experimentado que la escucha, el humor y la alegría son los mejores argumentos. Dado que a nuestros detractores no les importa saber si estamos en lo cierto o no : sólo quieren comprobar si somos capaces de amarles antes de tratar de tener razón, precisamente. También creo que sólo derrotaremos a la ideología dominante si le reconocemos su sinceridad y sus buenas intenciones. Sin rechazar su jerga – que se limita en la utilización de tres palabras « heterosexualidad/homosexualidad/homofobia » – sino al contrario usarla y hablar de las realidades a las que se refiere. Y cuando se enfrenten con las realidades dolorosas y violentas que estas palabras esconden, las personas que las utilizan ¡ no serán tentadas de volver a usarlas! Es especialmente urgente de atajar el concepto de heterosexualidad, el pilar inconsciente de la ideología libertina y sentimentalista que rige nuestro mundo. La heterosexualidad es la maestra : cada ley pro-gays pasa en su nombre. Reconociendo la ideología LGBT (Lesbiana, Gay, Bisexual, Transsexual) como heterosexualidad, es decir todas las alteridades a nivel de la sexualidad (la heterosexualidad es el verdadero nombre del Gender, en la cabeza y el corazón de la gente), saldremos de nuestras argumentaciones natalistas demasiado centradas en el niño, la familia y el matrimonio, y hablaremos a todos. Y además, obedecemos realmente a la Iglesia que nunca ha defendido la heterosexualidad.
 

Téléchargeable

 

Voilà le paradoxe que j’essaie d’expliquer depuis le début me concernant, et qui se trouve synthétisé par cet exemple contextuel qui arrive à l’instant : je reçois plein de textos d’amis qui m’annoncent à la fois qu’ils ne peuvent pas être présents à ma conférence de ce soir sur l’Antéchrist aux Cours Wojtyla et en même temps qu’ils veulent bien une trace enregistrée. « Je ne te soutiens pas mais j’adore ce que tu fais, continue! » ; « Je ne peux pas t’aider mais je veux bien profiter de toi : si t’étais téléchargeable, ce serait cool! » ; « Je te matte mais je ne peux pas t’assumer ouvertement : c’est trop risqué pour moi. » ; « C’est pas le fond de ce que tu dis qui pose problème : c’est la forme. » ; « Je suis sincèrement très intéressé… mais non… » ; etc. L’éternel paradoxe d’être très suivi mais aussi très peu soutenu. Je fais l’objet d’un pompage, copiage, plagiat, qui rend malgré tout service, mais qui globalement m’isole, me marginalise, me donne l’impression que l’amitié n’est plus là (peut-être parce qu’elle n’est plus là, effectivement).

 

Ce paradoxe – qui confine à la schizophrénie, et qui indique malgré tout une différence réelle entre peur et méchanceté – ne me blesse plus. Dans l’ordre de la Grâce et du surnaturel, il est complètement logique et peu révoltant. Il serait limite drôle et devrait me réjouir (car Jésus et ses disciples ont été encore plus mal assumés que moi, assurément!). Il me dépasse. Peut-être même est-il juste. Il est justifié par Jésus, par l’impopularité légendaire de la Vérité. En tout cas, je ne peux pas faire comme s’il n’existait pas. Et je ne traînerai pas pour autant mes amis en procès de trahison ou de lâcheté. D’une certaine manière, je suis même capable de les comprendre. Ils ont tous de très bonnes excuses. Juste, je ne les justifie pas. Et j’observe un gâchis, une ingratitude, une véritable incohérence. Car je ne dis rien qui justifie un tel désaveu ou abandon. Bien au contraire.

Un chaton rose là-bas

 

J’ai tellement de choses à vous dire (sur la prose indigente de Borioli, sur la probable future grosse gaffe du Pape, sur la fausse diversion autour des « divorcés remariés » au Synode, sur le climat anormalement chaud de notre atmosphère et de notre société, sur la phase de repli « solidaire » des médias « cathos » bobos…), que je vais me la fermer, tiens. 🙂 Oh! Regardez!!! Un chaton rose là-bas!
 
chaton

Critique de la pièce Les Faux British

faux british

 

Je reviens d’aller voir au théâtre Les Faux British (je savais qu’il y avait un des personnages qui est homo ; et j’ai miaulé auprès de la guichetière pour rentrer à prix cassé ^^). Vraiment, une pièce exceptionnelle. Une véritable prouesse scénique, humoristique, d’interprétation et de scénario. C’est « L’Hôpital Velpo » (Maîtresses et Patients) des Inconnus mais non-stop. Et pour jouer le théâtre amateur aussi bien, le raté aussi bien, c’est du grand art ! Si vous passez à Paris ou voulez faire un cadeau à quelqu’un, allez la voir.
 

Seul petit regret : pourquoi ce savoir-faire et cette qualité se trouvent à présent aux mains des gens qui n’ont pas de grandes et belles vérités à défendre? Pourquoi la prouesse technique est-elle au service d’un message moral aussi pauvre ? Il ne manquait que la touche « catho ». Les Faux British reste excellente. Cela dit, je ne peux que faire un constat d’époque (c’est la même chose pour les chansons, les émissions de télé, les concerts): la débauche de technicité pour masquer et pallier l’absence de fond. C’est ça, le boboïsme.