L’homosexualité, c’est cool, engagé, branché (et surtout vendeur et pas cher)

lesbien
 

Rien qu’en constatant comment l’homosexualité est un prétexte publicitaire, un alibi pour imposer tout et n’importe quoi au niveau législatif et amoureux (euthanasie, libertinage, trafic d’enfants, prostitution, contraception, etc.), une fausse révolution, un pur produit du porno et de la société matérialisme consumériste, le cache-misère mondial de tous les égoïstes je-m’en-foutistes et des gouvernants hypocrites qui nous accueillent avec un grand sourire (pour nier les souffrances réelles des gens), toute personne homosexuelle finit forcément par se rendre compte à un moment ou l’autre qu’elle est le dindon de la farce, le couillon utile (et utilisé), l’alibi des marchands et des despotes les plus répugnants, le consommateur bassement flatté, et peut aisément comprendre la vacuité et la superficialité de sa propre tendance sexuelle.
 
Mango Balmain
 
Mango Kate moss
 

La fausse gentille

Regardez comme elle nous aime…


 

Cyniquement, les plus anars et les plus lucides des personnes homosexuelles (c’est-à-dire quasiment toutes les personnes homos), s’inventent une originalité dans la marginalité et une posture d’outsiders anti-system bohèmes, pour sauver la face, noyer leur vexation d’être des moutons de panurge, et pour se prouver que l’amour homosexuel est quand même authentique et n’est pas un produit. Mais c’est faux. Fétichisme et Homosexualité ont toujours été, y compris au temps de Jésus, des faux frères liés par les pieds et les poings.
 
Cool
 

Échange avec François Ier

 

Le 22 juillet 2015, en me rendant à l’attraction « Renaissance du Château » du Puy du Fou, dans l’allée du Roi François Ier et de la Reine Éléonore, je me suis permis de crier un chaleureux « Vive le Roy ! » pour rentrer dans le jeu des figurants et mettre mon grain de convivialité à leur tableau reconstitutif. Mais j’ai ajouté à mon exclamation une remarque légèrement intéressée (et érudite quand même puisque fidèlement historique !), histoire de tâter le terrain et surtout de partager le Seigneur… ou d’évangéliser (je ne savais pas trop). « Vive le Roy !… et surtout, vive Dieu ! » Gentiment, le figurant qui jouait le Roi, pour ne pas contredire le client que j’étais, m’a fait poliment comprendre qu’il ne croyait pas, en affichant un relativisme bon ton : « Chacun sa croix… » J’ai répondu, pas si en boutade que ça : « La Croix, elle est à tout le monde. » Je ne sais pas quel effet ça aura eu. Mais j’étais content de l’échange.

Le problème avec l’homosexualité, c’est qu’il ne suffit pas d’« en parler », justement!

EN PARLER dans le diocèse de Lyon

EN PARLER dans le diocèse de Lyon


 

En ce moment fleurissent, dans l’Église catholique et dans les mouvements protestants, des groupes de parole et d’accompagnement autour de l’homosexualité. Ils sont très centrés sur le témoignage personnel, la parole, l’expression (« Faut que ça sorte, ça fait de toute façon du bien après les Manifs Pour Tous… »), l’oralité en tant que bien en soi. Comme s’il suffisait de prononcer le mot « homosexualité » pour que magiquement les problèmes se résolvent. Comme si on en parlait forcément bien parce qu’on en parle. Ces groupes, aussi bien intentionnés soient-ils, risquent, si la parole n’a pas d’horizon précis (la continence), de faire du moyen le but, autrement dit de faire de la parole le but. Et là, bonjour la parlote émotionnelle, l’épanchement complaisant, l’infantilisation, l’exploitation des souffrances des personnes homosexuelles, l’introspection nombriliste (« ma petite souffrance, mon petit couple, ma petite homosexualité, ma douloureuse appartenance à ma pratique homo et à ma pratique catho », etc.) le narcissisme déguisé (qui guette parfois même les réunions Courage où on « se raconte », sans fruits et sans avancées vers la Vérité), la psychologie spirituelle de bazar, le sur-place !
 

Association Oser en parler de Philippe Auzenet (protestant)

Association Oser en parler de Philippe Auzenet (protestant)


 

Rien ne sert de s’illusionner, y compris dans l’Église. Concernant l’homosexualité, il ne suffit pas d’« en parler ». Il faut la condamner – en tant que fausse identité, faux amour et pratique violente/insatisfaisante – sans pour autant condamner les personnes.
 

Le mouvement SE PARLER du diocèse de Créteil

Le mouvement SE PARLER du diocèse de Créteil

Voilà, ça a le mérite d’être clair

 

Journée merveilleuse à Paris grâce aux retrouvailles avec des amis… même si je ne peux m’empêcher de constater, par certains comportements collectifs (consumérisme, matérialisme massif, individualisme, incivilité croissante, misogynie – j’ai même vu dans la rue aux côtés de son mari une jeune femme en burka complète, ne manquait plus que le grillage… -, recrudescence des violences urbaines, gaspillage) que l’état de notre société française se dégrade sérieusement.

 

Par ailleurs, je me suis rendu, grâce à une amie, au havre de recueillement qu’est l’église saint Louis d’Antin, où la piété est palpable, pour assister à la messe. C’était une belle messe. Le prêtre qui l’a célébrée était « un peu carrément » spé… mais bon, depuis que je lis en ce moment les homélies du curé d’Ars (saint Jean-Marie Vianney), je me surveille et sais que je dois traiter les prêtres comme des rois. Tiens, je ne résiste pas à l’envie de vous recopier ce passage du père Vianney : « Sur certains points, il faut même affirmer que le prêtre a reçu des pouvoirs qui n’ont même pas été donnés à la Sainte Vierge, et pas davantage aux saints anges. Allez-vous confesser à la sainte Vierge ou à un ange : vous absoudront-ils ? Non, la Sainte Vierge ne peut pas faire descendre son divin Fils dans l’hostie. Vous auriez deux cents anges, là, qu’ils ne pourraient vous absoudre. Un prêtre, tout simple soit-il, le peut. Oh, que le prêtre est quelque chose de grand ! […] Si je rencontrais un prêtre et un ange, je saluerais le prêtre avant de saluer l’ange. Celui-ci est l’ami de Dieu, mais le prêtre tient sa place. » Voilà. Ça a le mérite d’être clair 😉

« Le Petit Prince » transformé en bouillie bobo par les enfants du divorce

 

On se réveille !

 
Petit Prince Bovarysme
 
 
 

Tout film – si ce n’est pas en lui-même ça le devient au moins par l’interprétation qui peut en être faite – est un trésor !
 

Avec mon grand frère dominicain et mon papa, je suis allé voir avant-hier soir (jeudi 30 juillet 2015) au cinéma à Cholet le film d’animation « Le Petit Prince » de Mark Osborne. J’ai hésité entre « Les Minions » (la seule expression artistique par onomatopées que notre monde de plus en plus inculte, tolère, comprend et utilise pour développer une pensée et rire de lui-même… : misère) et l’adaptation de Saint-Exupéry, car pour la seconde j’avais peur de réentendre un texte que je connais par cœur, et donc de ne rien apprendre de nouveau sur notre époque. Finalement, sur l’avis d’un ami journaliste (bobo) qui a aimé l’adaptation du Petit Prince, j’ai quand même risqué la redite. Mon frère et mon père étaient d’accord. Et je n’ai absolument pas regretté le déplacement ! Non seulement je n’ai pas perdu mon temps en allant voir « Le Petit Prince » (ce qui ne m’a pas empêché de trouver le film mauvais), mais j’ai retrouvé d’une manière troublante quasiment tous les codes de mon prochain livre sur les bobos (livre qu’une certaine maison d’édition catho a refusé… alors qu’il y a quasiment toutes les clés de lecture de notre monde actuel) !

 

Pendant la projection, je prenais continuellement des notes sur mon téléphone portable tout en essayant de suivre l’intrigue, ce qui agaçait suprêmement mon grand frère, et interrogeait mon père qui se demandait ce que je pouvais bien fabriquer au lieu de savourer innocemment les images, « comme tout le monde ». À un moment donné, entendant trop de clins d’œil inconscients à mon futur livre, je me disais en moi-même, avant la fin du film, que le pompon serait la promotion, par l’un des personnages, de l’ESPOIR (en effet, dans l’idéologie bourgeoise-bohème, la positivité passe par l’éloge de l’espoir et de l’optimisme… à défaut de l’Espérance…). Et ça n’a pas loupé ! Le Petit Prince adulte du « Petit Prince » d’Osborne nous déclare en conclusion de l’intrigue que ce qui compte le plus pour lui, c’est l’« Espoir ». Je suis ressorti du cinéma excité intérieurement comme une puce, comme après une grande confirmation, avec une immense envie de coucher sur le papier tout ce qu’à l’évidence je ne pouvais pas partager avec mon père et mon grand frère qui disaient (alors que ce ne sont pourtant pas les derniers des cons) qu’ils ont trouvé ce film super voire magnifique. Comme ils ont assez vite joué de méfiance face à mon silence suspect (moi, quand je ne parle pas après un film, c’est mauvais signe !), j’ai bien été obligé assez vite de cracher le morceau, de refroidir leur enthousiasme en leur avouant pourquoi je n’avais pas aimé, en veillant malgré tout à ne pas les vexer, ni les traîner à mon insu en péché de naïveté, d’aveuglement ou de bêtise, et à ne pas passer pour le visionnaire qui se la pète d’avoir identifié des évidences que personne n’aurait été capable de déceler sauf lui. L’entreprise d’explicitation s’avérait de prime abord si périlleuse que, pour amuser mon grand frère et pour parodier ma solitude extrême, je simulais d’être le fuyard fou, en camisole, excité, intimidé d’avoir à parler, courant comme un dératé dans les rues choletaises des Arcades Rougé en hurlant « De toute façon, personne ne me comprend ! C’est horriiiible! Je suis un OVNI !!! », et fatigué d’avance d’avoir à rentrer dans des explications et des illustrations vaines pour justifier ses intuitions confirmées ! Il aura pourtant suffi que je donne l’exemple de l’espoir pour que mes proches parents se dévexent et me prennent un peu au sérieux, en se disant, mi-froissés mi-émerveillés : « Celui-là, il est spécial quand même… Il voit des trucs que personne de normalement constitué n’identifie. Et le pire, c’est qu’il n’a pas tort. Et il fait à son insu injure à notre intelligence à déceler les pièges médiatiques que notre époque nous tend. Allons-nous lui pardonner ? Allez… Oui. »
 

Hier matin, suite à l’expression rapide de mon avis sur « Le Petit Prince », un gars de La Manif Pour Tous – un hystéro de la dénonciation de la GPA et de l’Enfant-Roi – m’a conseillé sur Twitter de « positiver » et de « ne pas tout voir en noir », tout simplement parce que je décryptais la violence et la vacuité de l’optimisme, très bien illustrées par le film d’Osborne : peu, très peu, verront le mal, le mensonge et le simplisme des messages dans cette adaptation ; et celui qui les voit passera aisément pour un rabat-joie « qui a perdu son âme d’enfant ». Ferme ta gueule et ne pense pas ! nous disent les censeurs Bisounours bobos, en citant le Petit Prince en prime : « On ne voit bien qu’avec le cœur : l’essentiel est invisible pour les yeux. » = connards, oui !

 

À l’inverse, une jeune mère de famille, consciente des problématiques que je soulevais (notamment sur le transhumanisme, la propagande LGBT hétérosexuelle, l’homosexualité, le boboïsme, etc.), m’a exprimé un avis auquel je souscris complètement : « Je suis toujours sidérée de voir à quel point les gens, même ‘conscientisés’, sont aveugles sur le sens des films et des dessins animés en général. Et on commence souvent par me prendre pour un OVNI quand j’en parle. Ils sont persuadés que ceux qui réalisent ces films ont pour seul but de les émerveiller… et n’ont aucune autre intention, ni n’ont subi aucune influence idéologique ! Personne ne comprend pourquoi je montre les anciens Star Wars à mes enfants alors que je refuse de leur montrer le Petit Prince ou la Reine des Neiges… Et ensuite, ce sont les mêmes qui sont persuadés que Dora a des vertus éducatives… Parfois, je m’imagine en train de les secouer physiquement et de crier : ‘Hoho ! On se réveille !’. Toute œuvre est EN PREMIER LIEU, le véhicule d’idées ! Punaise, on le sait quand même depuis Voltaire ! » Oui, les films de propagande ont toujours eu pour génie de passer pour innocents, de se draper de leurs intentions (ou de leur soi-disant absence d’intentions), et de faire oublier qu’ils sont précisément des films de propagande.
 
 

L’écho parfait du « Petit Prince » avec mon futur livre sur les bobos

 

Concernant les échos aux 59 codes bobos de mon livre présents dans le film « Le Petit Prince », voici mon relevé rapide :
 

– L’hybridité bobo du film est déjà visible rien que dans forme, c’est-à-dire dans le mélange des techniques d’animation : une qui fait très moderne, l’autre qui fait artisanale, désuète, minimaliste, avec l’emploi du stop-motion, en papier mâché, comme dans les années 1970. À certains moments, la rêverie éthérée du « Petit Prince » d’Osborne cède la place à la noirceur des dessins animés bobos sans Espérance, à la façon de « L’Étrange Noël de Mister Jack » de Tim Burton, dépeignant un monde déshumanisé, monstrueux, dit « réaliste » et over-subversif parce qu’il s’autorise à dénoncer le nihilisme du libéralisme économique contemporain (Cf. Code n°46 – Monde enfantin désenchanté).
 
Petit Prince Stop motion
 

– L’inversion et l’effacement des générations sont récurrents dans l’idéologie bobo (Cf. Code n°58 – L’enfant : mon projet et mon pote). En général, dans les productions bobos, cette inversion va dans les deux sens : de l’adulte vers l’enfant (par démagogie, et surtout par projection incestuelle et pédophile, ce sont les vieux qui jouent et imitent les jeunes générations tel qu’ils imaginent qu’elles seraient) ; et de l’enfant vers l’adulte (c’est la parodie d’enfance des bobos qui transforme les ados en êtres sans sexe et sans âge, qui sortent des phrases qui ne sont pas de leur âge, qui font des « blagues » d’adultes). Le temps est aboli en même temps qu’idéalisé à l’extrême. D’ailleurs, dans « Le Petit Prince », quand on demande à l’héroïne son âge, elle refuse de le donner. Elle s’exprime comme une adulte. Par exemple, elle avance qu’elle « a une intolérance à la mortadelle » pour dire qu’elle n’aime pas un plat : une gamine ne s’exprimerait jamais de cette manière. Elle se voit même proposer le volant de la deux-chevaux par son ami aviateur : « T’as un permis de conduire ? » Et elle est déjà traitée comme une adulte et une working-woman par sa propre mère. Quant au personnage du Petit Prince adulte trentenaire, il est dépeint comme un enfant qui n’a pas grandi. C’est le déni de la différence des générations qui se fait passer pour de la beauté et universalité.
 
Petit Prince Matricide
 

– On retrouve souvent dans les productions bobos la figure de l’adolescente pré-pubère effrontée (une Hérodiade en herbe), couplée à celle de sa mère despotique et incestueuse (Cf. Code n°32 – La folie pour le blanc ; d’ailleurs, dans le film « Le Petit Prince », tout l’univers du bobo est gris et blanc). Comme je le signalais déjà dans d’autres films d’animation (« Raiponce », « Rebelle », « Vice-Versa », etc.), on voit apparaître en ce moment de plus en plus ce que je qualifierais de « films des enfants du divorce qui se vengent – en se mettant de préférence dans la peau d’une gamine rebelle – de la relation fusionnelle et incestuelle avec leur mère célibataire qui les élève seule et qui est présentée comme tyrannique ». Et les bobos prônent, pour contrebalancer ce déséquilibre affectif et éducatif matriarcal, nostalgiquement les désordres exotiques de leurs pères lointains de substitution, en général des amis ou des référents masculins avec qui il n’y aura jamais d’ambiguïté sexuelle (« Là-Haut », « Les Nouveaux Héros », etc.). Se dégage de ces films gynocentrés une misogynie matricide très marquée et un mépris malsain des enfants. Car le mariage n’est toujours pas défendu. La relation d’amour entre les deux parents biologiques reste non-traitée. On sent l’exposition de conflits, des reflux inconscients de manques familiaux. Mais pas de conscientisation ni de résolution des problèmes. La haine des adultes (à quelques exceptions près) est véhiculée. La haine des jeunes aussi. Et plus largement celle des parents, de la famille et du mariage.
 
Petit Prince Matricide 2
 

– La technique de la mise en abyme, illustrant la croyance bobovaryste que la vie ne serait qu’apparence, que la fiction serait plus vraie que la réalité, que l’onirique serait plus concret que l’Humain, est particulièrement présente dans le film « Le Petit Prince » (cf. Code n°44 – Promenade chorégraphique). Ça pue le narcissisme : le réalisateur se filme en train de s’émouvoir (par personnage interposé) d’une œuvre littéraire qu’il a idéalisée et dont il se sert pour pleurer sur lui-même.
 

– Le vieux sage fantasque et incorrect, qui passe pour un fou mais qui dans sa « folie » aurait tout compris (Cf. Code n°17 – Le vieux marin breton), est un leitmotiv des créations bobos. Le vieil aviateur du « Petit Prince », ami de la fillette, rentre tout à fait dans ce cadre.
 
Petit Prince Vive le vieux
 

– L’idéologie bobo remplace souvent l’amour ou la famille par l’amitié. Pour le bobo, l’amitié et le lien sentimental se substituent ou équivaut au lien du sang : l’amitié occupe une place démesurée (Cf. Code n°57 – Famille, tu me saoules ! ; et Code n°55 – Trio bisexuel… en plein déménagement ). Et dans le film « Le Petit Prince », toute la paternité du texte original du Petit Prince est affadie par la relation intergénérationnelle – certes touchante, mais pas de sang – entre l’héroïne et son papy aviateur.
 
Petit Prince Inversion des générations que dans un sen
 

– Dans la pensée bobo, la Nature est personnifiée, et ravit son humanité à l’Homme, confondu avec les machines qu’il a créées (Cf. Code n°23 – « La Nature me domine et prouve ma méchanceté d’être humain. »). On observe ce phénomène dans le film « Le Petit Prince », surtout sur la chanson du générique final : « Parle au ciel et aux étoiles. »
 

– On retrouve dans le boboïsme le mépris de la raison, caricaturée en rationnalisme desséchant, un intellectualisme mortifère (Cf. Code n°7 – Jargon vulgos-pédant ). Dans le film « Le Petit Prince », le monde universitaire est montré comme corrompu et déshumanisé.
 

– Avec l’idéologie bobo, nous sommes face à un matérialisme conservateur masqué, c’est-à-dire à la fois faussement distant des objets (le bobo se la joue détaché du matériel, brocanteur roots), et obsédé par eux (Cf. Code n°3 – Haine de la matière et des richesses ; et Code n°4 – Le consommateur masqué ). On le voit à travers le personnage du vieil aviateur dans « Le Petit Prince », qui avoue à la jeune héroïne : « Je suis comme ça : j’amasse. » Mais également dans la superstition entourant les objets : dans le film, les objets sont considérés vivants (ex : le renard en peluche vit) et collectionnés en tant que témoins réels d’un passé « éternel », à l’instar de la boîte à souvenirs du cycliste d’« Amélie Poulain » : l’avion, la rose, le renard, etc. Les objets s’animent tellement dans l’esprit du bobo qu’une fois confrontés au Réel, ils en deviennent décevants, méchants, monstrueux. Dans « Le Petit Prince », les machines sont des ogres métalliques, avec une gueule mécanique qui engloutit l’Homme qui les manipule.
 

– Le bobo a une relation ambivalente avec l’urbanité : à la fois il ne veut pas se détacher de la ville – en particulier du charme désuet et exotique de la ville européenne mythique – et en même temps il prétend vouloir s’en extraire pour fuir son artificialité (Cf. Code n°21 – Ville… européenne ). On retrouve ce double mouvement idolâtre d’attraction-répulsion par rapport à la ville dans le film « Le Petit Prince », avec l’image d’Épinal du Paris de la Belle Époque, mais également la diabolisation de l’urbanité, montrée comme un enfer carcéral impersonnel.
 

– Les roof-tops (buildings surplombant la ville) sont des incontournables de l’iconographie bobo (Cf. Code n°31 – Super-Zéro haut perché). Dans le film « Le Petit Prince », la conclusion « Regarde le Ciel » et le monde vu de haut, surtout par avion, ne dérogent pas à la règle.
 
Petit Prince Regarde le Ciel
 

– Dans le boboïsme, c’est souvent l’éloge de la Nature… y compris de la nature insulaire en ville (cf. Code n°22 – La Passion pour la Nature, le vent et la mer). Dans « Le Petit Prince », la maison de l’aviateur joue ce rôle du havre de paix printanier au milieu de la forêt de béton.
 

– Le bobo se met souvent aux médecines douces et aux séances de sport/yoga (cf. Code n°27 – New Age et psychologie). C’est ce que fait la fillette du « Petit Prince ».
 

– Dans l’idéologique bobo, la souffrance, le péché et la mort n’ont pas leur place (cf. Code n°11 – Je ne souffre pas !). C’est ce qui se passe dans l’adaptation cinématographique du Petit Prince. La mort et la souffrance, même si elles sont esquissées (l’héroïne se coupant le doigt, le vieil aviateur séjournant à l’hôpital et au seuil de la mort), ne sont jamais expliquées ni justifiées autrement que par un stoïcisme résigné (« C’est comme ça. Il faut consentir. »). Et la mort du Petit Prince par le serpent est interprétée comme la mort symbolique de l’enfance en lui… alors que dans la version originale du Petit Prince, sa mort n’est pas que symbolique : elle est aussi physique.
 

– L’éloge de la petitesse est un cliché récurrent du boboïsme (cf. Code n°10 – Petit ). On le retrouve dans « Le Petit Prince », avec le titre bien sûr, mais aussi la passion pour les petits objets miniatures, pour les choses vues d’avion, mais aussi le goût du microcosmique… allongé dans le jardin de papy.
 
Petit Prince Le vert chanté par le virtuel Écologie
 

– Dans l’iconographie bobo, le canapé (en général usé et qui a vécu) tient lieu d’autel sacré que l’on retrouve partout (Cf. Code n°13 – Canapé). On retrouve les vieux canapés et vieux fauteuils chez l’aviateur du film « Le Petit Prince. »
 

– Comme je le signalais en début d’article, toute l’idéologie bobo se fonde sur la croyance en l’espoir… au détriment de l’Espérance (Cf. Code n°9 – Optimisme et Espoir). Celle-ci est exprimée à la fin du film « Le Petit Prince », d’une manière déterminée (et avec les violons !), par le personnage du Petit Prince devenu adulte : « Je ne suis pas désespéré. Je suis plein d’espoir. Ça, oui ! Plein d’espoir. »
 

– L’esthétique bobo idéalise la figure littéraire de l’électron libre, de l’éternel voyageur, du fugueur errant (Cf. Code n°12 – Globe-trotter), en l’occurrence dans le film « Le Petit Prince » de l’aviateur sans attache. « L’aviateur a besoin de toi. » répète-t-on à l’héroïne.
 

– L’idéologie bourgeoise-bohème voit l’Humanité sous forme de grand patchwork compartimenté en personnages-clichés, en token comme on dit aux States (Cf. Code n°15 – Mosaïque multiculturelle). Tous les personnages du conte de Saint-Exupéry, repris dans le film « Le Petit Prince », font l’objet de ce saucissonnage et de cette redistribution mondialisée, apparaissent comme autant de « facettes d’humanité ». Ils perdent toute la tendresse et la drôlerie du texte original.
 

– Dans la fantasmagorie bobo, les vieilles chansons jazzy et les violons tsiganes occupent une grande place (Cf. Code n°16 – Fanfare jazzy ). On les retrouve dans « Le Petit Prince ».
 

– L’idéologie bobo porte aux nues les goûts et les sensations individuelles (cf. Code n°49 – « Je suis vivant » ou « J’ai aimé » ; et le Code n°43 – « J’aime / J’aime pas »). C’est ce qui se passe dans le film « Le Petit Prince », notamment lorsque le Petit Prince adulte recouvre la mémoire, ou que la petite fille (double du réalisateur) s’émeut devant tous les petits détails, petits objets, petits gestes, petits personnages en plastique qui ont habité son enfance et qui sont reliés à l’œuvre du Petit Prince.
 

– Dans la pensée bobo, c’est l’éloge du style « vieux » : brocante, culture rétro, vieux vinyles, vieil avion, vieille baraque, esthétique du souvenir, vieille deux-chevaux, etc. (Cf. Code n°18 – Vive le vieux !) Et on le constate dans le film « Le Petit Prince » : la mémoire émotionnelle, sensitive et onirique (les rêves, l’imaginaire, les souvenirs) est mise sur un piédestal. « Grandir, c’est pas tellement ça le problème. Le problème, c’est d’oublier » déclare le sage-aviateur, sorte de Maître Dong de l’hédonisme nostalgique. Et à la fin du film, la promesse de la gamine au Petit Prince adulte se veut un vibrant serment d’amour : « Je n’oublierai jamais rien. »… Promesse humainement fausse et intenable. C’est comme assurer « J’aurai toujours des sentiments pour toi ». On oubliera toujours quelque chose. Et nos sentiments ne seront jamais les mêmes à l’égard de la personne aimée. À l’instar du film d’animation « Vice-Versa » des studios Pixar, le thème de l’usine à neurones ou du réservoir à rêves (rêves matérialisés par les étoiles ou les boules de bowling) est très présent dans « Le Petit Prince », et plus généralement dans les dessins animés actuels gangrénés par l’idéologie transhumaniste. La Mémoire est prise pour une énergie qui va remplir le cortex cérébral (individuel ou mondial), le faire « travailler », faire que l’Humain-objet se sente « vivant » et puisse « jouir de vivre », « jouir de lui-même ». La mémoire et les souvenirs, en d’autres termes, sont envisagés comme des biens de consommation, comme un archivage et une accumulation quantitative. Ils sont d’ailleurs souvent entreposés dans une chambre énergétique. Ils se réduisent à une batterie d’intensités transportant l’être humain vers le passé. Finalement, le boboïsme met en place une autre forme de capitalisme, cette fois affectif et émotionnel… même si, en intentions, le bobo le veut anti-matérialiste et anti-capitaliste. Bienvenue dans le transhumanisme peint en vert et rose !
 

– Dans la fantasmagorie bobo, on a souvent droit à la ballade chorégraphique urbaine au ralenti (Cf. Code n°44 – Promenade chorégraphique). Dans le film « Le Petit Prince », elle est aussi présente – avec la ballade en dodoche, avec le ralenti et le papillon – même si elle est encore suffisamment parodiée pour échapper à l’habituel pathos mélancolique du bobo.
 

– Le barbu est un leitmotiv de l’iconographie bobo (Cf. Code n°33 – Barbu). Et dans « Le Petit Prince », il est représenté par le vieil aviateur, bien sûr.

 

– Dans le œuvres bobos, la photographie vintage occupe une place prédominante. Le photographe est le dieu des bobos (Cf. Code n°42 – Photolâtrie ). On le retrouve dans le film.
 
Petit Prince Photographe
 

– L’idéologie bobo a coutume d’éjecter la différence des sexes, donc le mariage (Cf. Code n°56 – Le mariage (ou pas) ; et Code n°48 – « L’Amour n’existe pas. Les amours (éphémères) oui. »). C’est ce qui arrive dans le film « Le Petit Prince » (et pas du tout dans la version originale du Petit Prince !) : la rose est morte ; l’héroïne n’est pas entourée de ses deux parents biologiques, divorcés (le père est absent) ; le Petit Prince est un vieux gars célibataire, tout comme le vieil aviateur. La différence des sexes n’est pas honorée. Son absence est certes pleurée, mais non réparée. La différence des sexes est ici hors-sujet.
 

– Dans le boboïsme, ça psychologise à mort, mais pour éloigner du Réel (Cf. Code n°47 – Le divertissement jeunesse confié au bobo ; et Code n°27 – New Age et psychologie). Dans le film « Le Petit Prince », j’ai été frappé par l’irréalité des situations, les caricatures à prétention pourtant réaliste, l’accumulation de poncifs idéologiques creux se servant de l’esthétique de l’enfance pour maquiller leur vanité. Finalement, le bobo donne à bouffer aux enfants de la merde ou de la pensée sucrée. Ce film essaie de faire entrer les enfants dans la nostalgie mais non dans le passé, dans la sentimentalité mais non dans l’Amour incarné, dans l’immortalité mais non dans l’éternité, dans la déprime mais non dans la joie, dans l’hédonisme Carpe Diem et non dans le mystère de la Croix.
 

– Dans la propagande bobo, l’intertextualité (= la citation) d’une œuvre dite « simple et profonde » est omniprésente (Cf. Code n°35 – La voix-off insupportable). Cette récupération des grands classiques de la poésie philosophique mondiale est malhonnête car elle les vide de toute leur essence, de leurs belles contradictions et aspérités. Dans le film « Le Petit Prince », le fil conducteur est bien sûr le conte philosophique de Saint-Exupéry, conte instrumentalisé sous forme de berceuse, avec la voix-off enfantine du Petit Prince, avec des phrases poétiques anesthésiantes entrecoupant l’intrigue principale et bien connues de tous… tout ça pour tenir un discours moraliste appris et insipide. L’adaptation cinématographique prend la forme du pamphlet anti-modernité et pro-naïveté-enfantine, de la leçon de vie par les sens : être soi-même, savoir savourer la vie, Carpe Diem, cultiver les rires d’enfants intergénérationnels, fermer les yeux et se souvenir, etc. Endormir la pensée, surtout !
 

– Dans l’idéologie bobo, s’il y a souvent la promotion d’une spiritualité voire d’une transcendance, elle s’identifie uniquement à la conscience et à la perception de l’individu, et n’est surtout pas ramenée à Jésus et encore moins à l’Église-Institution (Cf. Code n° 24 – Je ne crois pas en Dieu mais je fais comme si ). C’est ce qui se passe dans le film « Le Petit Prince ». On y entend plein de mentions à l’éternité, mais celle-ci n’est pas nommée ni reliée à Jésus et à sa Résurrection. C’est juste un gentil doigt pointant le Ciel, mais n’indiquant que les Étoiles, pas du tout le Christ. C’est le conte philosophique, pas catho et qui se substitue à la Bible. Par exemple, on n’entend dans l’intrigue aucune démarche de pardon après la fugue de la gamine. Exactement comme la résolution de la fugue de la fillette du film « Vice-Versa », où aucun pardon entre parents et enfant n’est formulé.
 

– L’emphase sur le vent et sur les silences est un classique des œuvres artistiques bobos (Cf. Code n°34 – Silence et Pudeur sacrés ; et Code n°22 – La Passion pour la Nature, le vent et la mer ). Et dans « Le Petit Prince », on voit des fleurs (en papier crépon) partout, le soleil, le ciel étoilé, le vent, les petits oiseaux, etc. Et comme par hasard, notre jeune héroïne bobo aspire, pour son travail, à intégrer au début du film l’« Academy Verte » super écolo…
 

La Nature vers Nature et Découvertes

La Nature version Nature et Découvertes


 

– Dans la musique bobo, c’est toujours la même recette : sifflotements, chansons pas assumées comme telles et chantonnées comme si elles étaient spontanées et improvisées, xylophones infantilisants à la « Amélie Poulain », banjo et piano sautillants, musique conceptuelle avec une originalité artisanale (la machine à sous marquant le rythme, par exemple), voix androgynes et fluettes, etc. (Cf. Code n° 45 – Sifflotements, xylophones, banjo et piano ). C’est exactement le cas des chansonnettes du « Petit Prince », qui ne veulent rien dire (à part la décontraction), qui sont chantonnées l’air de rien, par la chanteuse la plus bobo que la France ait connue (Camille… Ne manque plus que Pauline Croze ou Jeanne Cherhal ou Rose ou Lorène Devienne), qui appellent à l’abandon au bien-être… et surtout à l’abandon de la Vérité : « Suis-moi », « E = MC2 », etc.
 

 

 

– Dans l’idéologie bobo, ce qui prime, c’est l’individualisme collectif, c’est le déni de l’individualité à travers paradoxalement la promotion des modèles relationnels fusionnels et l’idolâtrie pour l’originalité (Cf. Code n°2 – Je suis original !). « Et si moi c’était toi ? » fredonne la chanson du générique final. Et le film « Le Petit Prince » se veut un hommage à l’originalité et à l’excentricité EN SOI. Encore une absurdité et un poncif idéologiques.
 

– Le propre de l’idéologie bobo, c’est la fuite du désir, de la volonté. Il faudrait que tout arrive sans qu’on le cherche, sans qu’on s’y attende, sans programme et sans liberté. Cool Attitude. C’est la soi-disant « liberté » de ne pas être libre. C’est la soumission au désir non-orienté et instantané. Il ne faudrait pas rechercher de Sens à l’existence. Le Sens, c’est l’absence de Sens. Le sens, c’est l’instinct, l’émotion, l’envie, l’inconscient, l’imaginaire, les sens, et basta ! (Cf. Code n°51 – « J’aime là où je ne désire pas/ne m’engage pas »). « C’est si bon, sans savoir où on va. » ; « C’est si beau quand on s’perd. » entend-on toujours dans le générique final.
 

– Le boboïsme prône la désobéissance (Cf. Code n°1 – Petit-fils de 1968). Et dans le film « Le Petit Prince », c’est tout à fait ça : l’héroïne en culotte courte brise les interdits, s’échappe chez son voisin atypique, circule en voiture avec lui sans permis, répond à sa mère, fugue, vole un vélo, pilote un avion sans permis, rentre dans les immeubles et les hôpitaux sans autorisation, contourne les agents de l’ordre, etc. Ça, c’est vraiment une « liberté » tout à fait étrangère à l’esprit du véritable Petit Prince. Jamais, dans l’histoire de Saint-Exupéry, le Petit Prince ne désobéit. Pas même à sa rose capricieuse ! Le vrai Petit Prince est un modèle d’obéissance et de service. Quasiment l’inverse de l’héroïne du « Petit Prince » ! Le film d’Osborne, au contraire, encourage à la désobéissance en faisant passer celle-ci pour du respect, du génie et de la liberté ; il oppose de manière manichéenne le désordre à l’ordre (aussi irréels l’un que l’autre !). Contrairement au Petit Prince qui est une ode à la paternité (à toutes les paternités), là, dans le film, la paternité de sang est complètement zappée : l’héroïne ne verra jamais son vrai père. C’est vraiment un film qui ne défend ni le mariage ni les pères, garants du Réel. C’est l’auto-construction – par soi-même, par ses souvenirs et son ressenti – qui prévaudrait !
 
Petit Prince Effrontée
 

– Dans l’idéologie bobo est promu le goût de l’incorrect (Cf. Code n°6 – Plus bourgeois que bourgeois : l’élite du bon « mauvais goût » ; Code n°7 – Jargon vulgos-pédant ; Code n°28 – Ni remords ni péché ). Et dans le film « Le Petit Prince », idem : manger de la mal-bouffe (la gamine et le grand-père s’en vont acheter des pancakes en cachette en ville), fuguer, rouler sans permis, mépriser la morale, les règles, l’ordre, contourner l’institutionnel et l’organisationnel, c’est montré comme le summum du bon goût et de la liberté.
 

– La marotte du boboïsme, c’est la lutte contre les images, les préjugés, les « clichés », c’est le discours iconoclaste de la haine des apparences (comme si elles étaient toutes trompeuses, ce qui est faux) (Cf. Code n°30 – Croisade iconoclaste contre les « clichés »). Dans le film « Le Petit Prince », on tombe sur la même censure et le même mépris (superstitieux et fétichiste) du corps et des images. La belle phrase du Petit Prince « On ne voit bien qu’avec le cœur : l’essentiel est invisible pour le yeux. » est spectaculairement transformée en « Le plus important, c’est ce qui est invisible. ». Et le détournement interprétatif de la maxime exupérienne est encore plus spectaculaire : implicitement, celle-ci est comprise par les bobos comme le mépris de toute image et matérialité et la haine des apparences. Ils n’ont rien capté.
 

– Dans le quotidien du bobo, le thé occupe une grande place (Cf. Code n°20 – Clope ). Le Papy Mougeot du film a bien entendu sa théière !
 

– Le vélo et le scooter sont les moyens de locomotion de prédilection du bobo (Cf. Code n°14 – Scooter ). Ils ont une large place dans le « Petit Prince ».
 
Petit Prince étoiles luminaires
 

– Dans le boboïsme, la bougie et les guirlandes lumineuses sont considérées comme le paroxysme de la beauté sobre et spirituelle (Cf. Code n°36 – Bougies ). Dans les films bobos tels que « Shortbus » de John Cameron Mitchell, ou encore « Raiponce », on s’en rend particulièrement compte : les étoiles deviennent des luminaires réifiés, des lampions de fêtes foraines. Et dans « Le Petit Prince », la guirlande étoilée symbolise les rêves humanistes et les idéaux humains à portée de main. La Voie Royale du décollage bobo vers le « Rêve », c’est le chemin de guirlandes colorées, bien entendu !
 
Petit Prince Guirlande
 

Conclusion : L’Enfant-Roi Jésus remplacé par le mythe capricieux, planant et individualiste de l’Enfant-Roi angélique

 

Conclusion : Dans l’adaptation cinématographique du Petit Prince, la royauté n’est pas assignée à Dieu, ni à un héritage paternel, ni au mariage… mais au dieu « Enfance » ou au dieu « Souvenir ». Et on voit ce que ça donne : un défilé narcissique de jolies pensées nostalgiques. Un monde sans foi au mariage ni en la Résurrection : quelle guimauve plate ! Pauvre Saint-Exupéry. Je crois qu’il doit être dépité de la récupération esthético-senti-menthe-à-l’eau qui est faite du message délivré par son petit blondinet ! Surtout que l’écrivain, lui, croyait en la Transcendance divine. C’est très clair dans Citadelle. Il doit se retourner dans sa tombe d’entendre son chef-d’œuvre littéraire traduit en insipide « Carpe Diem » ou en rouleau-compresseur d’infantilisation planétaire « Adultes et jeunes, redevenons l’enfant que nous avons tous été ». Je pense que Saint-Exupéry n’aurait jamais cautionné le moralisme anti-fasciste bien-pensant de ces faux naïfs qui veulent se racheter une innocence par l’esthétique. Il n’aurait pas eu le snobisme des bobos qui se gargarisent de dépeindre le non-sens « kafkaïen » (adjectif qu’ils adorent) d’un monde moderne courant à sa perte. Le message de Saint-Exupéry, ce n’est absolument pas ça. Il n’a jamais, dans Le Petit Prince, sombré dans la désespérance. Jamais il n’a infantilisé, même quand il a parlé de l’enfance et fait parler l’enfance. Pour lui, notre royauté ne repose pas sur le mythe capricieux de « l’Enfant-Roi » mais uniquement sur notre fraternité avec l’enfant Jésus et sur notre filiation avec Dieu le Père.
 

Le pire, c’est que la trahison cinématographique de Mark Osborne, qui se veut un hommage vibrant et fidèle à l’œuvre originale, ne sera identifiée de quasiment aucun spectateur. Je suis étonné que l’instrumentalisation bobo de l’œuvre de Saint-Exupéry n’ait pas encore été dénoncée, alors qu’elle est pourtant criante. Actuellement, la construction (sincère) de mausolées et de mémoriaux en l’honneur d’auteurs qu’on croit aimer et dont on dénature la pensée ne fait que commencer. L’entreprise bobo de déconstruction de la Vérité et de dénaturation du Réel a de beaux jours devant elle ! Déjà, on érige des temples aux résistants, aux artistes torturés ou soi-disant « naïfs » et « optimistes » (de préférence homosexuels, athées et juifs : Yves Saint-Laurent, Egon Schiele, Gustav Klimt, Allen Ginsberg, Harvey Milk, etc.). J’attends avec impatience l’adaptation musicale du Journal d’Anne Franck par les Fréros Delavega en duo avec Yaël Naïm…
 

Saint-Exupéry (oui, je sais, ce n’est pas officiellement un saint), priez pour nous et ayez pitié de nous. Et les pleurnicheurs bobos, s’il vous plaît, arrêter de rendre hommage. Car vous ne servez pas ceux que vous chérissez.

L’intérêt bien avant le goût

 

La plupart des gens vont au cinéma, aux concerts ou au théâtre en égoïstes. Ils recherchent leur satisfaction personnelle. Ils ne regardent dans les œuvres artistiques que la surface, que ce qui leur permettra de s’émouvoir et de faire leurs intéressants en société. Mais ils n’en retirent pas la quintessence. Ils veulent « aimer » ce qu’ils voient, sans même s’intéresser aux idées diffusées, à la manière dont elles sont diffusées, et à aller au-delà de leurs petits goûts. Personnellement, je vais au cinéma voir des films pour comprendre quels en sont les messages. Qu’ils me plaisent ou pas, c’est secondaire. Ma démarche est tout sauf narcissique et gustative. Même si le film que je suis allé voir ne me plait pas, je sais que ce que ma recherche du « pourquoi je n’ai pas aimé ? » rattrapera mon déception et mon impression d’ennui, rééquilibrera l’intérêt que je finis par lui trouver. Je fréquente le monde de l’art dans une perspective collective, universelle, analytique, ce qui m’assure une perpétuelle surprise et distance.

Le terrorisme satisfait de LMPT

Albéric Dumont : magistral

Albéric Dumont : magistral


 

J’ai remarqué, en Italie comme en France, que presque tous les leaders des Manifs Pour Tous et des mouvements pro-Life, s’amusaient, plus ou moins consciemment, et surtout par arrivisme et soif de pouvoir, à jouer avec les peurs de leurs militants, tout cela pour asseoir leur autorité d’« experts » et de sauveurs venus terrasser la « bête » qu’ils pointent du doigt sans jamais la nommer (l’hétérosexualité), et continuer à capter médiatiquement les foules en Passionarias familialistes de la veuve et de l’orphelin. Leur activisme terroriste consiste à placarder des affiches partout (pour revivre la dangerosité des agents doubles urbains), à organiser des opérations coup-de-poing médiatiques, et bien entendu à scander des mots nouveaux (ça a commencé avec « IVG » ; en 2013, on a eu droit au « Gender » ; ça a continué avec « abrogation », puis « transhumanisme » puis « euthanasie » ; et ça atteint son paroxysme avec le monstre « GPA » !) qu’ils agitent comme des épouvantails à moineaux. Et toujours avec ce petit sourire satisfait d’avoir fait son devoir de « justice », d’avoir réussi à être visibles médiatiquement, et surtout d’avoir réussi à foutre les boules à ses propres militants. Quelle malhonnêteté. Quelle prétention. Quel aveuglement. Quelle lâcheté. Quelle mondanité. Quelle homophobie, surtout (au sens strict comme au sens secondaire).

« La Femme au tableau » (« Woman In Gold ») de Simon Curtis, l’archétype du film fasciste (… qui nous prépare une sacrée Troisième Guerre mondiale !)

Maria affiche
 

Vendredi 24 juillet 2015. Je viens d’aller voir à Cholet avec mon père le film « La Femme au tableau » (« Woman In Gold ») de Simon Curtis, tout juste sorti au cinéma. Un film nord-américain sur le nazisme.
 

Le synopsis : en Californie, une vieille dame juive autrichienne naturalisée américaine, Maria Altmann, héritière des tableaux de famille réalisés par Gustav Klimt qui ont été volés à sa famille juive lors de la guerre 39-45, se bat, aux côtés de Randy un jeune avocat père de famille, pour récupérer ses biens et obtenir gain de cause auprès de la justice autrichienne.
 

La malhonnêteté de ce film m’a tellement sidéré que j’en laisse une petite critique maintenant. Comment les réalisateurs d’aujourd’hui peuvent-ils nous/se tromper à ce point sur la Seconde Guerre mondiale ? Comment notre monde va faire pour ne pas reproduire un nouveau conflit international avec des productions « biographiques » mensongères pareilles ? Je me pose sérieusement la question. On aurait pu croire qu’avec les avancées de la science et des études scientifiques, les êtres humains allaient mieux se regarder en face et retenir les leçons de l’Histoire. Pas du tout. Ils se servent du cinéma pour La travestir et Lui faire dire ce qu’ils veulent.
 

Sans exagérer, « La Femme au tableau » de Simon Curtis nous dresse le portrait des méchants nazis (et de leurs petits-fils autrichiens d’aujourd’hui, tout aussi « nazis » et fermés) vaincus par les gentils Américains. Ça ne va pas chercher plus loin. L’Autriche est présentée comme l’enfer, et les USA le paradis de la justice et de la mémoire. « Les Autrichiens ne lâcheront jamais, et je ne les laisserai pas m’humilier à nouveau. » (Maria, dans un moment de découragement) ; « On n’est pas aux États-Unis, ici… » se plaint Hubertus, l’Autrichien regrettant le système judiciaire à deux vitesses de son pays. Ce film n’a quasiment aucune valeur historique, mais le drame, c’est qu’il en a la prétention et la forme : biopic, légende chronologique attestant en générique final de la véracité des faits relatés, costumes d’époque, reconstitution partant d’une vie fantasmée autour du tableau de Klimt La Femme en or, volonté de rejuger l’Histoire et les crimes impunis, etc.

 

Comble du mensonge : la non-restitution des œuvres d’art volées par les nazis aux Juifs est mise sur le même plan que la Shoah. Et une telle analogie ne semble choquer personne ! alors qu’on ne parle pourtant pas des mêmes réalités (les êtres humains ne sont pas des objets, que je sache, pas même si ces derniers leur ont appartenus et renvoient à leur mémoire). Elle prouve une chose : la folie idolâtre et fétichiste des bobos (bourgeois-bohème), qui réécrivent l’Histoire à leurs étendards (pro-vieux, pro-féministes, pro-esthétique, pro-droits, pro-désobéissance… mais surtout pas pro-hommes, pro-pères, pro-réel, pro-nation, pro-devoirs, pro-ordre, évidemment) et considèrent leurs sentiments comme des lingots d’or, des droits à réclamer et à collectionner, des reliques sacrées. Et le pire, c’est que cette réécriture se veut commémorative, réparatrice et justicière. « Ce que tu fais est juste. » assure Maria, la grand-mère « héroïque », à son jeune ami avocat Randy ; « Les œuvres d’art volées par les nazis sont les deuxièmes prisonniers de la Seconde Guerre mondiale. » déclare, dans un aveu vibrant, Monsieur Loder à Maria. Le spectateur entend fuser les déclarations d’amour passionnées à l’art, comme tout les bobos qui portent aux nues des artistes soi-disant géniaux/sulfureux qui ne sont en réalité que les « épate-petits-bourgeois » de la pensée unique libérale : Salvador Dalí, Klimt – qui serait l’auteur de « la Joconde autrichienne » (il ne manque plus qu’Egon Schiele, Bernard-Marie Koltès, Lorca et Jean-Luc Lagarce pour que le tableau soit complet…). Pendant toute l’intrigue, les héros se battent plus pour des tableaux et l’application à la lettre d’un testament que pour des personnes concrètes ou pour comprendre les faits réels de la Seconde Guerre mondiale. C’est de l’entêtement matérialiste qui se fait passer pour gratuit et désintéressé. On rêve !
 
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Par ailleurs, tout le film suinte le mauvais féminisme, la déférente galanterie asexuée, inter-générationnelle, misandre, « à l’américaine ». Je dis « mauvais », car il existe un bon féminisme, qui défend les femmes sans le faire au détriment de hommes. Mais dans le cas du film de Simon Curtis, le féminisme idolâtre (la femme est mise sur un piédestal, recouverte d’or : cf. le titre « Woman In Gold ») auréole de gloire une femme inflexible, de fer, vieillissante, acariâtre (quoique touchante), capricieuse, matriarche, blessée, totalitaire, conquérante, n’ayant que le mot « égalité des droits » en bouche, demandant à prendre la place des hommes et de la Justice. Ce n’est ni la femme réelle fragile ni la femme souhaitable. Le matriarcat défendu dans « La Femme au tableau » entend faire plier le soi-disant « patriarcat » fasciste (inexistant dans les faits, car sous la véritable Allemagne nazie, le féminisme battait son plein) : « J’ai toujours pensé qu’il fallait plus de femmes juges. » conclut en a parte Maria au tribunal américain, toute contente de gagner son procès et d’avoir rallié la juge-femme à sa cause.

 
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Je n’ai pas honte de le dire. Ce film est une pourriture de bien-pensance nord-américaine, d’antifascisme moralisant qui ment sincèrement et inconsciemment sur la Seconde Guerre mondiale, et qui ne rend même pas justice aux Juifs.

 

Depuis si longtemps on nous ment sur la véritable identité de la Seconde Guerre mondiale, sur la véritable identité des « Alliés ».

 
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Le grand secret caché par tous ces pères-la-morale anti-fascistes actuels, ces chantres du progressisme libéral et « démocratiques », c’est que :
 

1) les « nazis », ce sont eux (d’ailleurs, dans le film, Maria tout comme Randy, avant d’être naturalisés américains, sont d’origine autrichienne). Et historiquement, l’Allemagne et les États-Unis étaient jumeaux en tous points (artistiquement, sexuellement, économiquement, spirituellement) et se disputaient la place de Première Puissance mondiale.
 

2) la Seconde Guerre mondiale est de la faute des Alliés (autant que des Allemands) et a été orchestrée par eux : pendant la Première Guerre mondiale, ils ont humilié l’Allemagne qui n’avait jamais voulu la guerre, alimentant ainsi le sentiment d’injustice et la soif de revanche de la Seconde Guerre mondiale dans l’esprit des Allemands. Et les pays voisins de l’Allemagne (l’Angleterre – dont la flotte se voyait menacée par la flotte allemande –, la France et la Prusse), par peur de voir cette Première Puissance mondiale empiéter sur leurs territoires et les bouffer tout cru, ont pactisé ensemble (et avec les États-Unis) pour le mettre hors d’état de nuire et l’anéantir.
 

3) Les antisémites, ce sont eux. Par la Déclaration de Balfour (1917), les Anglais ont décidé arbitrairement que le centre mondial du judaïsme ne serait pas Berlin mais Israël, pour à nouveau réduire l’influence de l’Allemagne – alors que Berlin était le nombril juif de la Planète – et se mettre en avant. Les Alliés ont donc, à l’instar des Allemands, tout autant délogé les Juifs d’Europe ! L’Angleterre a voulu faire mordre la poussière à l’Allemagne par jalousie et cupidité parce que les Allemands devenaient Première Puissance mondiale. Comme par hasard, dans le film « La Femme au tableau », la vieille Maria, l’Américaine Juive Donneuse de Leçons universelle des bobos, ressemble trait pour trait à la Reine Elisabeth II d’Angleterre ! Ça alors… quelle coïncidence…

 

La Reine Elizabeth II, toute petite, apprenant à faire le salut nazi

La Reine Elizabeth II, toute petite, apprenant à faire le salut nazi


 

Fascinant retournement des brebis « victimes » en agnelles carnivores et louves despotiques ! Pendant combien de temps va-t-on nous mentir sur la Seconde Guerre mondiale ? Quand est-ce que nos biographes vont se décider à faire leur travail et à sortir de leur vision manichéenne « les gentils Alliés » contre « les méchants nazis » qui les déresponsabilise tout en diabolisant les Allemands, les Russes, les Autrichiens, bref, « les Blonds de l’Est » ?

 
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(J'ai eu un mal fou à trouver des images du "méchant" trio d'Autrichiens "nazis". Aucune trace sur le net et dans la liste du casting...)

(J’ai eu un mal fou à trouver des images du « méchant » trio d’Autrichiens « nazis ». Aucune trace sur le net et dans la liste du casting…)


 

La recherche historique (hystérique, je dirais) de la « Récupération » de la Justice ne justifie ni les mensonges vraisemblables ni les représailles vengeresses. Nos moralisateurs nord-américains (pas tous les États-Uniens, heureusement) feignent de pleurer sur eux-mêmes, s’endorment sur un lit de culpabilité mondiale dont le nazisme est la forme historique paroxystique, et surtout qu’ils utilisent comme matraque discursive pour empêcher le Peuple de penser et de se rebeller contre eux. Ce genre de films, par leur manichéisme puant réécrivant l’Histoire en distribuant les bons et les mauvais points, non seulement ne font pas un travail de mémoire, mais reproduisent les conflits mondiaux qu’ils prétendent sincèrement dépeindre et dénoncer. C’est à cause d’eux que notre Humanité se prépare à revivre une autre Guerre mondiale.
 

HOMOPHOBIE, LE TRÉSOR NÉGLIGÉ (Article publié sur le site suisse CLV)

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Ce texte se trouve initialement sur CLV Magazine, et est une commande de Choisir la Vie en Suisse, pays où la loi contre l’homophobie est à l’ordre du jour.

 

Je n’ai jamais vu personne invoquer l’homophobie sans avoir un viol ou une souffrance inconsciente à dévoiler, un cri à pousser. C’est la raison pour laquelle elle ne mérite ni notre dérision ni notre déni. Si nous savions combien le mot « homophobie » est juste, jamais les opposants aux droits pro-gays ne le mépriseraient autant, et jamais les défenseurs gays friendly ne lui donneraient tant d’importance et projetteraient d’en faire une loi spécifique ! En prenant conscience de la réalité à laquelle il se réfère (le rejet de la différence des sexes), nous l’appréhenderions comme une cause universelle qui devrait tous nous mobiliser, comme une occasion unique de rencontrer vraiment les personnes homosexuelles et de les libérer d’une identité et d’une pratique amoureuse qui les déshumanisent, les violentent et ne les satisfont pas.

 

Fait autant preuve d’homophobie celui qui croit que l’homophobie existe en tant que personnes (en niant qu’elle n’est qu’une peur, qu’un désir non-systématiquement acté, et parfois un acte grave qui ne résume personne, pas même l’individu qui le commet ni celui qui en est victime) que celui qui croit qu’elle n’existe pas du tout (au moins en tant que peur ou violence universelle n’appartenant pas spécifiquement aux personnes homosexuelles).

 

La première homophobie, c’est de censurer la réflexion sur l’homophobie et de mépriser le mot « homophobie »… ce qui est malheureusement le cas de la plupart des gens qui l’emploient aujourd’hui. C’est l’aveuglement généralisé sur l’homophobie, ou l’instrumentalisation émotionnelle dont elle fait l’objet, qui rend le terme si impopulaire, aussi bien du côté de ceux qui y croient de manière magique et jugent dangereuse même sa verbalisation (pour eux, le mot « homophobie » est monstrueux, ignoble et diabolique, s’incarne en des personnes – « les homophobes » – qu’il faut éradiquer et qui sont bien entendu « les autres » et jamais eux-mêmes) que du côté des complotistes paranoïaques qui n’y croient pas du tout (selon eux, le mot est une ruse absurde, un instrument malhonnête de la novlangue qui ferait partie de la rhétorique de la pensée politico-médiatique totalitaire actuelle).
 
 

1) Le sens étymologique d’« homophobie » :

Pourtant, si on s’arrête un tant soit peu sur le mot qui soulève tant de passions, on se rend très vite compte qu’il est tout simplement parfait ! Rien qu’en suivant son étymologie, nous pourrions mener à bien le combat universel et juste contre l’homophobie.
 

a) Le terme « homophobie » est l’alliance de deux mots grecs, « homo » qui signifie « même » et « phobie » qui signifie « peur » voire « haine ». Et en effet, l’homophobie, c’est tout à fait ça : la haine de soi ou du semblable, la peur du même. Je ne connais pas d’agresseur des personnes homosexuelles qui ne soit pas homosexuel lui-même. L’homophobie est une tentation universelle qui atteint tout un chacun : quand ça ne va pas, nous pouvons tous être homophobes.
 

b) Avec le temps, le mot « homophobie » est devenu, dans le langage populaire et pénal, la phobie/haine d’une personne homo (donc attaque/viol à l’encontre d’une personne homosexuelle) et la peur de l’homosexualité en général. Ce sens fonctionne aussi et complète le premier.
 

Les deux définitions, toutes différentes qu’elles soient, sont pertinentes et nous les garderons ensemble. Nous allons voir, au point n°3, les formes et modalités concrètes que prennent ces deux acceptions du mot « homophobie », et qui ont été complètement galvaudées, transformées voire niées par notre monde.
 
 

2) Ce que les mass medias et nos contemporains comprennent de l’homophobie :

Le sens réel et étymologique de l’homophobie, qui renvoie les personnes homosexuelles et leur société à leur responsabilité, les journalistes et nos politiques n’en ont que faire. Il est hallucinant de voir le réductionnisme caricatural qu’opèrent les médias sur l’homophobie (y compris les associations qui s’en disent spécialistes !) puisqu’ils court-circuitent toute enquête sérieuse sur l’homosexualité, et interdisent de parler de souffrance et de viol… alors que l’homophobie n’est pas autre chose que le viol ! Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les anti-homophobie actuels sont les pires censeurs de la lutte contre l’homophobie.

 
 

De l’homophobie, nos contemporains s’imaginent deux mensonges :
 

a) Ils croient qu’elle se réduit à tout lien entre homosexualité et violence/souffrance, c’est-à-dire à tout ce qui donne une image négative, malheureuse, péjorative à l’homosexualité, tout ce qui renvoie à la violence concrète de l’homophobie. Autrement dit, ils pensent que l’homophobie, c’est la dénonciation de la réelle homophobie (la dénonciation de la peur de soi et des attaques contre les personnes homos). Inversion et détournement spectaculaire du sens du concept ! Ils font de l’homophobie une affaire de réputation, de paraître, de regards, de rumeurs, de subjectivité, d’intentions, de « clichés », de mal extérieur, et non de réalité, d’humanité, de personnes, de faits concrets, de relations externes et internes aux liens homosexuels. Ils la vident de substance. Ils censurent spectaculairement la violence des actes homophobes (soi-disant parce qu’« elle donnerait une mauvaise image de l’homosexualité »), simplifient leur mécanisme, et couvrent l’identité/le passé des agresseurs et des victimes.
 

b) Ils considèrent (à tort) que l’homophobie est toute résistance à un désir, un droit, une loi, portés par une personne homo ou qu’on fait porter à une personne homo. Or, l’homosexualité n’a jamais été un gage de vérité et d’amour, ni même un ordre. Ce n’est pas parce qu’une personne homosexuelle, seule ou en « couple », exprime un désir ou demande un droit « par amour », que sa législation nationale doit tout lui céder et qu’elle doit se voir offrir toutes les lois qu’elle veut, d’autant plus celles qui ne correspondent pas à sa réalité.

 

c) Comme je l’ai expliqué au départ, conjointement à ces deux croyances erronées dénaturant l’étymologie pourtant extrêmement signifiante du mot « homophobie », on trouve également – parce que ce sont les mêmes personnes, au final – des gens qui pensent que l’homophobie est une simple insulte, un procès infondé, une irréalité, une stratégie de censure, un bout de scotch qu’on met sur la bouche de tout opposant qu’on essaie de faire taire… tout comme l’accusation de « racisme », de « machisme », d’« intégrisme », de « fascisme », d’« antisémitisme », d’« islamophobie », j’en passe et des meilleures.
 

Si vous préférez, c’est un peu l’hystérie des indifférents et des démagos de l’homosexualité. Une certaine homophobie, très courue même chez les catholiques et dans la pensée boboïsante libertaire qui relativise tout et tout le monde au nom de l’amour et d’un universalisme de bon aloi, consiste à nier l’existence du désir homosexuel et de l’hétérosexualité (hétérosexualité en tant qu’idéologie libertine bisexuelle/asexuelle). On entend souvent ce discours relativisant de la part de ceux-là même qui croient en l’équivalence de l’amour dans la différence des sexes et de l’amour n’incluant pas la différence des sexes : « Homo, hétéro, bi, tout ça, ce sont des étiquettes marchandes qui catégorisent les êtres humains de manière caricaturale (… donc la tendance homosexuelle et l’homophobie, selon eux, n’existeraient pas). Seul compte l’Humain, l’amour universel, la dignité humaine, la différence des sexes. Point ! » Ce syllogisme iconoclaste, apparemment ouvert, est pernicieux car dans ce cas là, l’homophobie (qui ne reconnaît pas l’homosexualité ni la réalité des actes homos) s’habille de très belles intentions (parfois même spirituelles) et se veut anti-étiquettes, lutterait contre le réductionnisme d’une certaine conception de l’homophobie, de l’homosexualité, de l’hétérosexualité et plus globalement de la sexualité (résumée actuellement à la génitalité ou à la sentimentalité). Or l’attraction homosexuelle existe. Et les attaques qu’elle génère aussi !

 

Avec ces trois acceptions incorrectes, vous voyez qu’on est encore bien loin d’une réelle compréhension et résolution de ce qu’est l’homophobie !
 
 

3) Ce que l’homophobie est vraiment :

Fort de l’apport de l’étymologie du mot, mais également de mon expérience personnelle et de mes nombreuses études sur les cas d’homophobie (Je vous renvoie au code « Homosexuel homophobe » dans mon Dictionnaire des Codes homosexuels, consultable sur le blog L’Araignée du Désert, ainsi qu’à mon essai L’homophobie en vérité, Éd. Frédéric Aimard, Paris, 2013), c’est-à-dire des attaques opérées sur des personnes homosexuelles au nom de leur homosexualité, je peux vous assurer deux constats (particulièrement en porte-à-faux avec la mentalité générale précédemment décrite) :

 
 

a) L’homophobie est d’une part l’« identité » homosexuelle et d’autre part la pratique homosexuelle :

 

– Le coming out est le premier acte homophobe : la personne homosexuelle qui se réduit à son attirance sexuelle, à ses sentiments ou à ses pulsions, se caricature elle-même, se considère comme un animal, un ange ou un sexe anatomique sur pattes, et s’impose son chantage aux sentiments à elle-même.
 

– Et la pratique homosexuelle (le « couple » homo, si vous voulez) est le second acte homophobe, plus grave encore que le coming out. En effet, tous les actes homophobes connus ont lieu dans des cadres de pratique homo, c’est-à-dire les sphères amoureuses homo-bisexuelles (qui parfois surjouent l’hétérosexualité) ou les sphères prostitutives. Je ne connais pas d’exception. « J’ai travaillé pendant 4 ans avec une ‘bande de loubards’, tels qu’ils se définissaient eux-mêmes, dans le XVIIe arrondissement de Paris. Fréquemment, ils allaient ‘casser du pédé’ au square des Batignolles. En repensant à eux, à leurs discours, aux descriptions qu’ils aimaient faire, s’intégrant à leur mode de provocation par rapport à l’adulte, à l’éduc, je reconnais volontiers ma cécité. La bande : une cinquantaine de jeunes de 14 à 30 ans, bardés de chaînes, de croix gammées pour certains, de blousons de cuir, vivaient une homosexualité latente. […] Sans vouloir en rien énoncer que ces hommes provoquaient le viol parce que homosexuels, le viol d’hommes est peut-être localisé autour des sphères homosexuelles. » (Daniel Welzer-Lang, Le Viol au masculin (1988), pp. 183-184) Et ceci est bien logique : à chaque fois que l’acte homo se pose, le rejet de la différence des sexes se rejoue, et donc le rejet des deux membres du « couple », issus chacun de la différence des sexes. En expulsant, dans sa génitalité, la différence des sexes, la personne homosexuelle rejette son partenaire et se rejette elle-même, à plus ou moins long terme. Et concrètement, en couple homo, l’homophobie se traduit en général par l’ennui, l’incompréhension, le rapport de forces, puis la possession, l’exploitation mutuelle, l’infidélité, le mépris, la violence intraconjugale, parfois même le crime passionnel.
 

b) Au fond, l’acte homophobe est le résultat d’un désir homo refoulé ou excessivement assumé (sous forme d’« identité » ou de pratique homosexuelle, justement) :
 

Il n’est donc pratiqué que par des personnes homosexuelles, avant et surtout après leur coming out, ou bien par des personnes très mal avec la différence des sexes. Par exemple, je ne compte plus le nombre de personnes homosexuelles se disant « hors-milieu », ne supportant pas les hommes trop efféminés ni les femmes trop masculines à leur goût, refusant toute réflexion sur leur homosexualité, maltraitant leurs amis et leurs amants homos, critiquant voire menaçant les uniques personnalités médiatiques qui osent se présenter comme homosexuelles en public (d’ailleurs, ces dernières me rapportent que les seules lettres d’insultes qu’elles reçoivent ne viennent que de leurs pairs homos !). Malheureusement, cette homophobie de l’« identité » et de la pratique homo n’est pas du tout identifiée ni dénoncée socialement. Les rares fois où les gens gays friendly, s’annonçant comme les chantres de la lutte contre l’homophobie et de la défense des « droits des homos », osent reconnaître que l’homophobie puisse venir des personnes homos elles-mêmes, ils la relèguent uniquement du côté du refoulement de l’« identité » et de l’acte homosexuels. Ils n’ont pas totalement tort : nombreux sont les cas d’actes homophobes venus d’un refoulement du désir homosexuel. Dans la réalité, on rencontre beaucoup de personnes homosexuelles qui avouent cet hallucinant paradoxe : « À 16 ans, je cassais du pédé dans les parcs ; à 20 ans, je couchais avec ! » témoigne par exemple Jacques Nolot dans son film « La Chatte à deux têtes ». Mais il ne suffit pas de dire à tous – et même en actes amoureux et sentimentaux – qu’on est « pour » le désir homosexuel pour le reconnaître tel qu’il est, l’accepter, et pour ne pas le refouler. Surtout quand l’alibi majeur de l’homophobie actuel prend la forme du masque rose du coming out, de l’amitié génitalisée, du « mariage » avec paillettes à la mairie et de la paternité adoptive.

 

Je n’ai jamais vu, à ce jour, une personne, bien dans ses baskets et sa sexualité, attaquer une personne homosexuelle ou se sentir mise en danger par elle. L’agresseur homophobe ne s’en prend à une personne homosexuelle que s’il reconnaît en elle sa propre blessure de sexualité, son miroir de désir et d’acte sexuels. Il arrive même que le violeur homo joue les hétéros pour camoufler sa bisexualité latente.
 
 

4) La Loi contre l’homophobie = une loi homophobe

 

C’est la raison pour laquelle les législations nationales qui se basent sur l’orientation sexuelle des personnes (l’Union Civile, le mariage pour tous, la loi contre l’homophobie, les législations sur l’égalité des droits « entre homos et hétéros », etc.) et non plus sur la sexuation et l’humanité des personnes (les Droits de l’Homme), et qui souhaitent justifier socialement la banalité et la beauté de la pseudo « identité homo » et du pseudo « amour (homo) universel » pour en faire les fondements d’une société, sont extrêmement homophobes à leur insu. C’est aussi pourquoi on observe dans tous les pays adoptant une législation contre l’homophobie – sans comprendre ce qu’est la véritable homophobie – et se croyant en voie d’« ouverture » et de « progrès », voient les actes homophobes augmenter sur leur territoire, et cherchent à imputer la responsabilité de leurs propres méfaits homophobes à l’égard des personnes homosexuelles sur les pays orientaux soi-disant « en retard » en matière de « solidarité » et de « droits LGBTQI » (Lesbiens, Gays, Bisexuels, Transsexuels, Queer et Intersexes).
 

Faire une loi sur l’homophobie, c’est toujours faire une loi sur autre chose que l’homophobie : cela revient concrètement à réécrire une loi sur le viol, à rajouter un pansement noir et victimisant sur une plaie ouverte non-identifiée. L’homophobie n’est qu’un procès d’intention, un rajout ou une circonstance aggravante apposée à un crime qui, sans elle, mériterait déjà sanction. À elle seule, elle ne vaut presque rien. Elle est fragile puisqu’elle repose sur la croyance en l’homosexualité. Dans les procès pour homophobie, une présomption d’homophobie ou une intention homophobe doit toujours être soutenue et concrétisée par une agression physique ou une insulte ou un assassinat ou une bagarre ou un vol ou un viol censé(e) l’avoir précédée.
 

Mais le plus malhonnête dans l’histoire de la création d’une loi nationale contre l’homophobie, c’est que ses promoteurs ne s’intéressent même pas à l’homophobie en pratique, et cache leur réelle intention : la justification du supposé « amour » homosexuel en tant qu’amour universel, autrement dit leur idéologie sentimentale asexuée. Je pense notamment aux associations-bidon S.O.S. Homophobie, ou encore Le Refuge, qui alimentent l’homophobie qu’elles prétendent combattre en se faisant de l’argent et une réputation sur le malheur des personnes homosexuelles. Oui. Une loi nationale contre l’homophobie, qui n’identifie pas l’homophobie telle qu’elle est vraiment – à savoir l’« identité » homo et le « couple » homo – non seulement ne luttent pas contre la véritable homophobie, mais construit celle-ci. Il est de notre devoir de la dénoncer, en comprenant que ce refus sera notre plus bel acte de résistance anti-homophobie.