Qu’est-ce que je suis content de ne pas raconter de la merde ! Le contraire me serait insupportable (même si autrement plus confortable et populaire). La position du simple commentateur ou du perroquet « chrétien », quel ennui !
Qu’est-ce que je suis content de ne pas raconter de la merde ! Le contraire me serait insupportable (même si autrement plus confortable et populaire). La position du simple commentateur ou du perroquet « chrétien », quel ennui !
Le Pape a un ennemi que ses prédécesseurs enduraient un peu moins : le narcissisme de ses propres « fidèles », autrement dit la trahison interne souriante. Cette déferlante d’écrans arrivistes – qui est le lot de toute star mondiale assaillie par les paparazzis – reste encore drôle quand on en a conscience, qu’on la parodie et que surtout on n’y cède pas… mais là, le drame, c’est que le Pape François doit forcément la vivre comme un phénomène pictural qui le rend lui-même haïssable, superficiel, niais, passif, qui décrédibilise son image et fige son message (autrement moins superficiel), et auquel il est obligé de se plier un minimum car sa communication évangélisatrice passe aussi par là.

Il doit sentir encore plus son isolement parce qu’il est utilisé comme pantin encadré, statue de cire du Musée Grévin, faire-valoir pictural, par ceux-là mêmes qui se prétendent ses disciples.
Qu’on le veuille ou non, la nécessité impérieuse de la photo-souvenir fausse la gratuité de la rencontre, pulvérise en partie le caractère unique et la temporalité du dialogue. Quand la machine s’interpose, l’échange humain profond et la convoitise se télescopent, pour laisser comme un goût amer : les preuves picturales de la joie sont apparemment là, dans les regards, les sourires, les étreintes, les mots gentils. Et pourtant, la mise en scène a pris le pas sur la scène, le paraître sur les idées.

Seul le Christ a dû vivre un isolement pire que notre Pape actuel car à son époque, il n’y avait pas uniquement d’écran plasma entre lui et ses contemporains : ces derniers demandaient à le voir agressivement, voulaient carrément le toucher, lui arracher ses vêtements, le voler, l’écarteler, le tuer ; et ses amis n’assumaient même pas d’apparaître en sa présence.
Ceci dit, en voyant la débauche de médiatisation qui entoure notre souverain pontife actuel et qui le déforme au point de déclencher les foudres et les incompréhensions des membres de sa propre famille confessionnelle (qui le voient comme la « pute du Système »), je ne peux m’empêcher de compatir et de prier encore plus pour lui. Je ne peux m’empêcher de demander au Seigneur de m’aider à ne pas confondre le pape François avec son image catastrophiquement lisse, avec le personnage numérisé qui déblatère des phrases fades et coupées au montage. Et je me dis en moi-même : Comme il doit se sentir exploité en permanence ! Qui plus est, par des gens qui lui veulent du bien (et pas uniquement par les journalistes qui lui veulent du mal)… ce qui multiplie les faux amis, les quiproquos ! Ça rend cette exploitation iconographique encore plus amère, encore plus générale, encore plus invisible. Cette sollicitude encore plus assommante. Et la solitude du berger encore plus béante. Ça me donne aussi encore plus envie de prier pour lui… et de me cacher de lui, au cas où il demanderait, par miracle, à voir l’araignée.

C’est con et triste à dire, mais cette agression d’images que vit le pape me coupe l’envie de le rencontrer en face à face. Ou alors, si j’ai la chance un jour de lui parler en vrai, il faudra que ce soit dans un tunnel, sans appareil photo, sans caméra, et surtout uniquement pour discuter à bâtons rompus plusieurs heures et bosser dur le dossier de l’hétérosexualité ! Sinon, rien. Alors autant dire qu’il y a peu de chance que ça se produise et que toutes ces conditions soient réunies. Moi, je préfère lui donner rendez-vous au Ciel. Moins stressant et moins pourri, comme ambiance.
Ça va vous étonner. Mais un très large nombre de cathos sont devenus des obsédés sexuels. Je m’en rends particulièrement compte concernant leur manière d’appréhender l’homosexualité : ils n’envisagent mon discours sur ce thème que sous l’angle soit de la continence (alors que, dans mes témoignages, je n’ai même pas le temps d’en parler !), soit du ressenti érotique/corporel (comme si je ne m’adressais ou ne devais m’adresser exclusivement qu’aux personnes avec attraction homo), soit de la pratique génitale (comme si j’incitais ceux qui ne se sentent pas homos à le devenir, comme si je ne me plaçais que sur le terrain du bas-ventre). N’importe quoi. Même si je crois que l’homosexualité concerne tout le monde (parce que la différence des sexes est universelle, et l’éjection de celle-ci par l’homosexualité également !), j’ai tout-à-fait conscience que peu de personnes ressentent le désir homosexuel (de manière durable). J’ai tout à fait conscience de la petite importance du désir homosexuel quand il n’est pas pratiqué ni cru vrai. Mais s’il est évident que la grande majorité des croyants catholiques est éloignée du ressenti homosexuel, en revanche ils sont très nombreux à croire en l’« amour » homo. Par ignorance, par influence médiatique, et par mépris de la sexualité (d’ailleurs, ils soutiennent souvent que « la sexualité est de l’ordre du privé », qu’« une personne ne se réduit pas à sa sexualité », qu’on ne devrait pas parler d’hétérosexualité ni d’homosexualité). Et cette croyance généralisée/mondialisée, qui est une banalisation progressive de la différence des sexes, est bien implantée dans le monde des catholiques pratiquants d’aujourd’hui. Elle prépare à plus ou moins long terme leur acceptation de l’homosexualité et des pratiques homo-bisexuelles, consolide la remise en doute de la sexuation homme et de la sexuation femme ainsi que de l’Église et de Dieu. Oui : si le ressenti de l’homosexualité est certes minoritaire, la croyance en l’« amour » homo est majoritaire, est communément admise chez les « bons cathos », et annonce qu’une bisexualité massive – et pour le coup, une homophobie massive aussi – sont en marche. Beaucoup de catholiques, tour à tour obsédés sexuels puis promoteurs d’une sexualité acorporelle/ascétique/platonique/spirituelle pour ne pas regarder leur érotomanie en face, devraient, plutôt que de s’intéresser aux petits oiseaux et aux arbres des forêts, se pencher sur la première et la plus fondamentale des écologies, qui est la sexualité !
« Pourquoi es-tu venu nous parler d’homosexualité ? Es-tu là pour fouiller la merde ? Pour inciter ? Pour culpabiliser ? Pour donner de mauvaises idées ? Pour fragiliser ? Es-tu venu pour nous perdre ? N’est-ce pas l’Humain qui est primordial et non sa sexualité ? » Voilà le perpétuel disque qui vient me bâillonner et éteindre la joie réelle qui a été vécue collectivement après chacune de mes conférences sur l’homosexualité.
Même quand mes témoignages se passent super bien, il y a toujours chez mon auditoire un doute, un soupçon, une jalousie, une méchanceté, une incompréhension, une deuxième étape ambivalente et amère, qui viennent s’infiltrer après coup, et qui même peuvent avec le temps lui faire regretter de m’avoir invité, ou bien me décourager à jamais de m’exposer publiquement. Ce désaveu lancinant, cette vengeance inattendue, cette perte de confiance, cette trahison, ce retournement de veste, ce passage des Rameaux à la Crucifixion, cette peur insidieuse, cette réclamation du service après-vente, me fait penser au ressentiment qu’un patient, après avoir été opéré pour une intervention chirurgicale qui s’est révélée moins bénigne que prévu, après avoir vécu la douleur du vaccin ou de l’arrachage de dent, après avoir été vexé d’avoir été pris en flagrant délit d’accoutumance au mal ou d’ignorance d’un mal ou de complicité avec le mal (= la croyance en l’« amour » homo, par exemple), exprime contre le médecin qui l’a pourtant prémuni, guéri, averti.
L’avertissement contre l’homosexualité rompt l’euphorie, annonce la Résurrection mais aussi le passage par la Croix pour la connaître. Il pèsera donc toujours sur celui qui annonce la rédemption divine dans le cadre homosexuel l’accusation de promouvoir ce contre quoi il met en garde, la confusion populaire entre risque et péché, entre vaccin et poison mortel. Le connard : il m’a réveillé, il m’a mis en garde, il m’a responsabilisé en même temps qu’il m’a sorti de mon ignorance et de mon esclavage ! Il m’apprend que la liberté dans la Vérité n’est pas confortable. Il va le payer, cet évangélisateur de merde, cette pédale vertueuse !
Avec l’homosexualité, la Bonne Nouvelle prend tout le temps la forme de l’avertissement, de la petite souffrance pour éviter la grande, du mal pour un bien, de la douleur du réveil ou des douleurs post-natales et post-opératoires. Ce ne sera jamais simple. C’est grand, très grand, si c’est donné et vécu dans le Seigneur. Mais pour le confort et l’euphorie, pour la popularité et l’unanimité, il faudra repasser.
Je vous livre un échange de mails très courtois et respectueux que je viens d’avoir avec une internaute évangélique à propos de l’homosexualité et de sa guérison. Je le publie (en effaçant le nom de mon interlocutrice), pas du tout pour humilier mon interlocutrice, mais au contraire pour rendre hommage à sa bonne volonté, et parce que ses propos, sincères mais peu vrais je crois, illustrent tout à fait la manière (désincarnée, superstitieuse, involontairement anthropocentrée et individualiste) d’aborder l’homosexualité que j’ai observée de manière quasi-systématique chez les protestants (évangéliques comme réformés).
Bonjour Philippe,
C’est une très bonne chose d’être abstinent mais, n’aimeriez-vous pas être plutôt délivré de l’homosexualité afin de glorifier Jésus? Savez-vous que Jésus est mort à la croix pour chacun d’entre nous et à porter nos pêchés, il est ressuscité, il est donc vivant et tout pouvoir lui a été donné par son Père pour nous rendre la liberté. La vérité nous affranchit, il est venu pour vous délivrer, croyez simplement, si votre cœur est désireux de rendre gloire à Dieu, alors vous verrez ce miracle se produire dans votre vie.
Amicalement
C.
Bien sûr, C. Et je continue de demander la délivrance. Mais si cette délivrance ne vient pas encore, ni de la façon dont on l’imagine, la continence est une bonne préparation et la meilleure manière pour « vivre avec » cette tendance homosexuelle. La continence ne signifie pas que Dieu ne guérit pas ni que la personne qui la vit a renoncé à une libération totale. Dieu n’est pas un magicien, et il ne faut pas plaquer sur Lui nos conceptions de la guérison.
Bien fraternellement.
Philippe
Dieu n’est en effet pas un magicien, il est le Tout Puissant, rien n’est impossible à Dieu et tout est possible à celui qui croit.
J’ai lu ce témoignage et voyez ce que Dieu peut faire.
Merci de m’avoir répondu si rapidement.
C.
Vous êtes évangélique (et non catholique), visiblement ?
Philippe
En effet je m’attache à la vérité de la Parole de Dieu, je peux donc dire que je suis devenue évangélique, à la suite de ma conversion à Jésus-Christ.
C.
D’accord. Je crois qu’il est très important de ne pas imposer à Dieu la manière dont de toute façon Il nous guérit. Et c’est d’autant plus vrai avec une blessure parfois coriace comme l’attraction homo. Cette délivrance peut passer par la disparition complète de l’attraction, ou bien elle sera progressive et le guéri part quand même avec son brancard. 🙂 Dieu, s’il permet que la blessure soit toujours là, c’est pour une bonne raison.
Merci de m’avoir contacté.
Philippe
Dieu ne permet pas que la blessure reste, il veut au contraire guérir, il est vrai de la façon qui sera la meilleure et ne pas lui imposer, je suis d’accord aussi avec cela. Mais si la blessure reste c’est bien la personne qui la porte qui veut la garder (N.B. : C’est moi qui surligne en italique). Car Dieu ne force personne. Trouver pourquoi y a t-il cette blessure, à quoi est-elle dû? Dieu vous aime il vous a crée homme pour aimer et être aimé d’une femme. Quelque soit le problème ou la blessure, Dieu est plus grand.
On décide d’aimer, ou non, on décide de… on peut aussi décider de vouloir.
J’ai été blessé dans ma vie également, j’ai décidé de pardonner, j’ai décidé d’être guérie, certes ce n’est pas de l’homosexualité mais aux yeux de Dieu c’est pareil, le pêché reste le pêché.
Ce fut un plaisir de vous parler et je prie vraiment que vous trouviez la guérison de tout votre être par Jésus notre rédempteur qui vit.
Bien à vous.
C.
Mettre la blessure ou la maladie ou le signe de péché sur le dos de la volonté ou de la décision des personnes, c’est une attitude bien pharisienne, et c’est ne pas comprendre la parabole du bon grain et de l’ivraie (qui invite dans certains cas à ne pas arracher trop brutalement le péché ou signe de péché, car c’est le Seigneur qui fera le tri, et il ne faut pas entraîner le bon grain dans notre désir d’éradication du mal). Allez-vous dire à tous ceux qui ne sont pas guéris ni délivrés qu’ils ne croient pas assez, ne prient pas assez, et ne laissent pas assez la grâce divine agir en eux? Auriez-vous dit à ma maman, qui est morte d’un cancer, qu’elle n’était pas une bonne chrétienne? Moi, je ne me permettrai jamais cette foi superstitieuse et rigide, quand bien même elle soit jusque-boutiste et absolutiste. Dieu libère comme Il le souhaite, avec l’aide et la liberté et la volonté des Hommes bien sûr, mais cette libération ne juge personne et ne nous permet pas de juger/sonder les cœurs à Sa place. Nous, catholiques, croyons aux grandes comme aux progressives et incarnées guérisons.
Philippe
Mon intention n’était absolument pas de vous blesser ou de vous juger, loin de là. Excusez-moi pour ma maladresse.
C.
Ce n’est rien. C’est pour vous que je dis ça, et pour tous les gens en souffrance (et notamment homos) que vous allez rencontrer. Réduire la Vérité à la foi de la personne en Dieu (en faisant une lecture littérale de saint Paul, ou des nombreux « Va, ta foi t’a sauvé »), c’est en réalité faire parler Dieu à sa place, juger les autres et leur foi, les culpabiliser ou les sur-responsabiliser, et s’éloigner de l’Incarnation et de TOUTES les manières qu’a choisies Jésus pour nous guérir.
Merci cependant C., non pour votre Vérité, mais votre sincérité, demande de pardon, respect et contact.
Philippe
La pire des choses est d’attrister, de blesser une personne et je ne voulais pas le faire. Je suis contente que vous ayez accepté mes sincères excuses.
C.
Vous êtes bonne, C., et très délicate, malgré votre maladresse. C’est tout ce que je retiens. 🙂
Bonne soirée.
Philippe
* « Que ta foi en Dieu te sauve toi-même !* » = l’idolâtrie évangélique pour la Bible et la foi individuelle. Autrement dit la croyance protestante que la foi/l’individu (tous les deux confondus) feraient Dieu parce que Dieu l’aurait dit… Formidable mirage ou jeu inversant de miroir, à la gloire de l’égocentrisme humain. Si je suis aussi exigeant avec les protestants (évangéliques et réformés mélangés), surtout en ce moment, c’est que je veux les secouer avant le Déluge, car certains sont très prêts de comprendre leur idolâtrie pour 1) la Bible, 2) la foi individuelle, 3) la transcendance divine.
Je reviens d’aller voir avec une amie le film « Un Français » de Diastème, particulièrement décrié dès sa sortie française mercredi dernier. Et pour cause : il mérite objectivement notre indignation. C’est un scandale qu’un film donneur de leçons aussi fausses et mensonger pareil existe. Nous ne devons pas nous habituer ni nous résigner à cette propagande, ni la mépriser, mais au contraire essayer d’expliquer comment elle fonctionne pour mieux l’enrayer. Notre indifférence et notre offuscation muette lui feraient trop d’honneurs !
« Un Français », racontant en gros le parcours d’un gros beauf néo-nazi du Front National (déjà, on se marre du raccourci) qui se convertit à la « tolérance black-blanc-beur », est frappant de naïveté et, à l’extrême inverse, de prétention (c’est d’ailleurs ce mélange qui le rend si inintéressant et si insupportable…) :
1 – Je dis « naïveté » car le réalisateur semble croire au soi-disant « réalisme » des situations pourtant la plupart du temps fantasmées et irréalistes qu’il dépeint. J’en sais quelque chose : les gens FN ou néo-nazis que j’ai eu l’occasion de rencontrer ne réagissent absolument pas comme ça, ni aussi bêtement, bien que je ne leur donne pas raison. Ce film est une pure projection haineuse de fantasmes personnels. Les personnages du film passent d’ailleurs leur temps devant la télé, et n’appréhendent le Réel qu’à travers cette petite lorgnette médiatique. On comprend pourquoi ils soient si déconnectés de ce qu’ils dénoncent. Les dialogues voulus « beaux » sont d’une pauvreté sidérante : « Ils sont gentils, les gens, tu sais. » (le pharmacien bobo = le « Sage » du film) La conversion du héros à « l’Esprit Charlie » n’a ni queue ni tête : elle est réduite à l’ingestion d’un médicament (sainte Science, priez pour nous : sans déconner) et à l’écoute d’une chanson « Fais-moi une place » (saint Julien Clerc, priez aussi pour nous). Diastème fait croire au spectateur qu’il suffit pour un « méchant intégriste » de mettre de la beauté, de la musique classique, de la Nature, du divertissement, du sport (la Coupe du Monde 98), de la diversité multiculturelle, et de la science dans sa vie, pour guérir, aimer correctement la France, donner du prix à sa Marseillaise, et « devenir gentil ». Sérieusement, qui sont les adolescents attardés révoltés qui nous dressent, là ?
2 – Je dis « prétention puante » car le film est bourré de jugements moralistes complètement manichéens, de clichés, d’amalgames (ex : La Manif Pour Tous = FN) et de caricatures qui ne renvoient pas à des situations crédibles ni réelles. La scène du bus, le meeting politique, la scène du bar, l’entrevue et le discours de Grand-Guy au parloir, l’histoire d’amour entre Marc et Corinne, etc. : tout est parfaitement invraisemblable.

Ce mélange de sincérité et de fantasmes est inquiétant. Car il alimente des conflits (imaginaires) bien plus qu’il n’apaise les tensions sociales. C’est un vrai film de propagande, de la guerre civile en barres si on peut dire (le contraire du but affiché de son réalisateur et du titre « patriotique » qu’il s’est choisi, en fait !) Ce film est dangereux pour cela : il défend mal les victimes et couvre les vrais bourreaux par la caricature. En effet, on ne règle les problèmes qu’en étant capable déjà de les représenter humblement et avec réalisme, sans bêtifier ni diaboliser l’Ennemi. Ce n’est pas du tout le cas d’« Un Français », qui rajoute aux vrais problèmes nationaux beaucoup de confusions, de quiproquos, d’amalgames réducteurs qui reposent sur des situations totalement fantasmées (mais crues vraies par le réalisateur) et risquent d’encore plus radicaliser les groupes culturels infidèlement dépeints. Ce film n’aime même pas la France et n’en dégage pas du tout la quintessence, le sens : c’est un ramassis de violence et de clichés sur des gens qui précisément n’aiment pas notre pays. « Un Français » est une daube qui ne se contente pas d’être irréaliste et inoffensive : elle est arrogante et condamnante, donc elle est en plus dangereuse. Les comédiens bobos Canal + qui jouent aux « racistes » et aux « fascistes », en croyant en la vérité de leurs mimes ratés, alors que dans les faits les groupes néo-nazis sont bien moins bourrins, idiots et illogiques qu’ils ne l’imaginent, et les opposants au « mariage pour tous » bien moins inhumains et homophobes qu’eux, prouvent à la face du monde que les véritables « fachos » idéologisés, se sont d’abord eux. Si vous voulez, c’est un peu la caricature grossière et inconsciente d’elle-même qui, par son simplisme prétentieux, se retourne en auto-caricature et en aveu de fascisme. Les barbus hipsters bobos « ni de droite ni de gauche, ni hétéros ni homos », mine de rien très pères-la-morale derrière leur posture d’observateurs « neutres » indignés devant leur poste de télévision, nous ont pondu une bonne grosse merde de bien-pensance anti-fasciste, dans la plus pure tradition du moralisme socialiste totalitaire. Et c’est moi, un gars de tendance gauche, qui écris cela ! donc je m’y autorise encore plus : ce film n’a rien d’un film « de gauche », en fait. C’est un film socialiste. Alors tous aux abris…

Enfin, je rajouterai que, oui, on voit que « Un Français » est un film très idéologique à un « détail » près extrêmement signifiant : il est encerclé par la défense de l’homosexualité, même si, en apparence, ce thème y est absent ou anecdotique. En effet, les premières images montrent un « cassage de pédé », et les dernières images le défilé de La Manif Pour Tous. En réalité, bien plus que la thèse de l’anti-« racisme » et de l’anti-fascisme, la justification de l’homosexualité est le pivot de « Un Français », parallèlement à un rejet de la foi catholique, présentée uniquement comme une connerie de jeunesse ou un intégrisme. Que d’amalgames – asexués et anticléricaux ! – produisent en chaîne les promoteurs gauchistes du #pasdamalgames, c’est fou…
Ça fait fondre mon cœur, les chemins de la Grâce que Jésus offre à chacun d’entre nous, pour nous montrer qu’Il nous aime et entend nos cris, nos prières, nos plaintes, pour nous donner des consolations très concrètes. Cette semaine a été éprouvante pour moi (plein d’obstacles, de déceptions, de combat, de souffrance de ne pas être entendu et que mon message ne soit pas reconnu à sa juste importance) : je me répétais en moi-même « Seigneur, ça fait 15 ans que j’écris et explique sans cesse la même chose, parce que c’est important et que c’est la clé de notre combat… et je ne suis pas écouté, et les cathos préfèrent suivre scolairement des beaux parleurs qui ne déplacent pas les meubles. J’en ai marre ! » Et ce matin, à la messe de saint Nicolas des Champs (ça faisait un moment que je n’étais pas retourné dans cette église), lors de l’homélie du père Thierry Avalle, j’ai entendu mot pour mot ma plainte de la semaine : « Certains ici se disent peut-être que ça fait 10-15 ans qu’ils disent et rabâchent la même chose, que ça ne porte pas de fruit. Qu’ils ne se découragent pas. La parole de Dieu germée en eux doit prendre le temps de la maturation avant de se déployer, et elle se déploiera en grand pour devenir la plus grande des plantes. » Comme à chaque fois que ce genre de coïncidences absolument pas hasardeuses me touche en plein cœur, je fixe, halluciné, le prêtre, et suis pris entre rire et larmes. Dieu, c’est mieux que le téléphone. Les ponts de la Grâce existent bel et bien.
Aussi incroyable que ça puisse paraître, ce qui en France a mis les gens dans la rue en 2013, y compris très inconsciemment, c’est uniquement l’homosexualité. Ce n’est même pas le mariage, ni un métaphorique « éveil des consciences », ni la famille, ni la défense de « la Vie », ni la résistance à l’État, ni l’enfant, ni la menace du transhumanisme, ni l’émergence d’une contre-culture. Les Marches Pour la Vie n’ont aucune commune mesure avec la Manif Pour Tous (ni même les manifs Génération Anti-PaCS) pas plus qu’avec les manifs #NoGPA et anti-Gender. L’homosexualité, c’est puissant. Ceci est un constat : pas une défense ni une justification de cette primauté et importance démesurée du sujet. Même dans le combat contre l’euthanasie, la personnalité à laquelle on nous confronte sur tous les plateaux-télé, c’est Jean-Luc Romero, homosexuel ! Malheureusement, à cause de l’aveuglement et l’orgueil des porte-parole LMPT, dans notre propre camp, le ressort de l’homosexualité n’a toujours pas été identifié. Quand je vois comment l’origine du décrochage populaire vis-à-vis de notre mouvement donne lieu à une masturbation intellectuelle improductive et s’éloigne de la bipolarité hétérosexualité-homosexualité (cette bipolarité étant pourtant la seule clé, le SEUL moyen de rejoindre la mentalité populaire, l’affectivité de nos contemporains, la réalité intentionnelle, le chemin du cœur sur lequel repose l’idéologie libertaire égalitariste et progressiste actuelle), je me dis que l’Espérance volontariste défendue par nos intellectuels est une boussole en carton, une lâcheté supplémentaire et inconsciente. Nous nous enfonçons. Et nos porte-parole n’écoutent toujours pas le Peuple.
Voici le lien à télécharger gratuitement sur Exultet pour écouter la conférence du 20 mars 2015 de Philippe Ariño sur l’homosexualité à Challans (Vendée).
Ce soir, en me rendant à un cercle de philosophes du Boulevard Saint-Germain (cf. annonce sur OVS), où nous avons médité en groupe sur trois pages (pages 326-328) de L’homme révolté d’Albert Camus, je me suis pris les foudres d’un intellectuel gauchiste soixante-huitard (avec collier de barbe de prof de lettres sorbonnard), idolâtre de Camus, tout simplement parce que je ne jurais pas par Julia Kristeva, et que j’ai eu le malheur d’exprimer que je croyais en l’Amour et en la transcendance, alors que lui pas (je me « radicalise » en ce moment, c’est ça, aussi…).
Voici les lignes que le texte existentialiste de Camus m’a inspirées :
Étant donné qu’aux yeux de Camus la subjectivité est limitée et qu’il ne le supporte pas (il commence d’ailleurs par déplorer que la perception humaine soit trompeuse), il en déduit – à mon sens à tort – deux choses. La première : que la transcendance (autrement dit la Vérité universelle, l’Amour) n’existe pas ; la deuxième : que le Réel est décevant… ou en tous cas plus décevant que le monde fictionnel. La seconde croyance est la conséquence de la première. Camus réduit le Réel à un immense océan dont on ne pourra jamais déterminer les contours, dont on ne pourra pas dégager le sens (« La vie est sans style. », les relations humaines sont aléatoires, « les êtres nous échappent », etc.). Donc il finit par se consoler comme il peut dans la création romanesque, l’imaginaire, la prévalence de la forme sur le fond, ou du fond comme forme existentielle. Cette création romanesque est la seule qui fixe/fige/délimite (lui parle de « correction » du monde réel) un peu les choses, donne du sens à l’absurdité de l’existence humaine, à la vie de Sisyphe que nous aurions tous. La posture de Camus n’est certes pas passive, ni démissionnaire, ni totalement désespérée, mais quand même une combattivité (esthétisée) sans Espérance : « Nous désirons que l’amour dure et nous savons qu’il ne dure pas. » (L’homme révolté) Camus est l’un des pères de l’onirisme individualiste et « réaliste » dans lequel notre époque s’englue.