Avis à la fachosphère

 

Avis à la fachosphère (pseudo « catho ») qui m’attaque depuis quelques temps sur les réseaux sociaux (la preuve qu’elle a « plein » d’arguments contre moi… LOL) et qui souhaite décrédibiliser mon travail sur l’homosexualité et le pathologiser simplement du fait que j’ai osé (oh juste Ciel !) révéler le sous-texte lesbien (qu’elle n’a pas su voir) d’un film, « Beignets de tomates vertes », qu’elle a soi-disant « adoré » et qui serait un « chef d’œuvre du cinéma » (faut pas exagérer non plus) : son procès (de « narcissisme homosexuel », de maladie, de bêtise, etc.) à mon égard relève de la pathologie. Et le pire, c’est que ce sont eux qui essaient de me faire passer pour un malade monomaniaque qui verrait de l’homosexualité partout où il n’y en aurait pas. On rêve ! « Beignets de tomates vertes » est répertorié comme crypto-lesbien par de nombreuses études (certes, pas toutes objectives, et pour beaucoup partisanes pro-gays, je le leur concède. Mais quand même !), et surtout à cause du texte original du film (Fanny Flagg, l’auteur du roman qui a servi de base au film, était dyslexique et lesbienne). Si ça ne leur suffit pas, voici quelques liens : lien 1 ; lien 2 ; lien 3 (et encore… je n’ai pris que les premières suggestions de la recherche Google). Je suggère donc à ces personnes de calmer leurs élans homophobes, y compris à mon égard, de ne pas utiliser ce film contre moi, et de me laisser faire mon travail. Merci.

Documentaire « Vivant ! » de Vincent Boujon : la timide évasion

Vivant 2

 

Je suis allé voir le film « Vivant ! » de Vincent Boujon, tout juste sorti en salle, et racontant le saut en parachute de cinq hommes homosexuels séropositifs. Un film qu’on nous présente comme une expérience de « courage » extraordinaire et poétique, de dépassement de soi, de retrouvaille du « goût de la vie ». En réalité, quelle pauvreté dans les idées et les échanges !
 

Je savais déjà, avant de le voir, que j’allais y retrouver les messages indigents que je tente de décrypter dans mon prochain livre sur les bobos (dans celui-ci, j’ai d’ailleurs tout un chapitre sur la phrase « Je suis vivant », qui est un leitmotiv du boboïsme : « Je suis vivant », pour le bobo, c’est « j’ai vibré », et non pas « j’ai aimé pleinement ».) Mais voilà : dans « Vivant ! », tous les ingrédients du boboïsme y étaient : la promotion de l’expérience sensitive sur la raison, la promotion de l’homosexualité, le remplacement de l’amour par l’amitié, la référence à la Nature et les rayons de soleil, les messages creux sur l’estime de soi et la fidélité à soi-même, la déculpabilisation sans la reconnaissance de la faute, etc. Pour le bobo, la liberté est extériorisation et oubli de soi, pur processus d’extase et de fuite de soi : « Il faut tout lâcher, il faut lâcher prise, il faut accepter ses limites, il faut que ça sorte, il faut communiquer, il faut vivre les choses. » C’est du Anthony de Mello frelaté. Mais si on ne dit pas comment ni pour qui il faut faire tout ça, je vous assure tout de suite qu’on ne sort pas de la carte postale peu nourrissante.

 

Mon exigence passera aux yeux de certains pour une arrogance odieuse. Car au final, le film est assez prenant, n’a pas de longueurs, raconte une belle « aventure humaine » qui a permis à de belles amitiés de se tisser. Il porte en plus un message de combativité et d’optimisme dans l’épreuve de la séropositivité et de l’homosexualité. Il comporte de l’humour, en plus, et fait sourire parfois. Il propose de la confidence, de la convivialité, de l’effort (du « challenge », comme on dit à tout bout de champ dans le jargon bobo). Le critiquer, ce serait, aux yeux de certains, aussi injuste que de tacler un reportage sur les personnes handicapées ou sur les enfants des cités qu’on amènerait en vacances à la mer.
 

Mon exigence passera même pour un procès d’intentions. Alors que les bonnes intentions, la sincérité, d’un tel documentaire, c’est peut-être la dernière chose que je traînerais en procès.
 

Non, ce qui pose problème, c’est qu’on nous vend du faux rêve, de l’amitié à moitié, du faux amour, de l’aventure gentillette, de l’effort sans réel autre but que lui-même et une réflexion peu poussée sur le « vivre avec le VIH ». On nous fait croire que la vraie liberté, ça se limite à témoigner de ce qu’on ressent, à prendre un risque (mortel), à vivre une sensation forte (de préférence inédite et collectivement individuelle), à faire ses expériences jusqu’au bout et à tester le maximum de choses, expériences qui te font sentir « vivant » et qui t’arrachent quelques secondes à ton humanité et à tes soucis. Mais la vraie liberté, ce n’est pas ça. La vraie liberté est liée à l’accueil de la différence des sexes et à l’accueil de Dieu.
 

La pseudo « liberté » que promeut le documentaire, c’est la philosophie de l’individualisme-émotionnel-à-plusieurs, où la seule conclusion « profonde », c’est qu’« on a partagé quelque chose de FORT » et d’indicible, qui nous a rendu « vivant » et heureux l’espace d’un stage. Super… Et des films comme « Vivant ! » essaient de muscler ce message hédoniste sans fond par une comparaison doloriste « saut en parachute = découverte de sa séropositivité », comparaison qui n’apporte pas grand-chose, qui ne donne pas plus de sens au reportage, et qui n’aide pas à vivre l’amour, l’homosexualité ni la maladie, sur la durée. Une vague poésie, un semblant de « positive attitude ». Mais quoi ??? Si on ne parle pas de la différence des sexes, si on ne parle pas de Dieu, comment on avance ? Comment on décolle vraiment ? Comment on aide vraiment les gens à trouver le sens plénier de leur existence et des épreuves qu’ils vivent ??? Autant je ne déconseillerai pas ce film, autant je ne peux pas dire qu’il répond à beaucoup d’attentes et qu’il assure une véritable évasion. C’est un pansement sur une plaie ouverte. C’est de la fausse évasion, enrobée d’un narcissisme « vert ». C’est un mensonge de plus et une fausse tribune verbale laissée aux personnes homosexuelles. C’est d’autant plus rageant, cruel, ces essais ratés de main tendue, qu’ils sont pourtant urgents pour elles.
 

La quintessence du bobo (= la fuite)

La quintessence du bobo (= la fuite)

Matin de Pâques

 

C’était étrange. Ce matin, je me suis forcé à aller à la messe de Pâques (à saint Nicolas des Champs). Je n’avais pas du tout envie. J’étais dégoûté de la vie, dégoûté de l’humain, désespéré pour l’avenir du Monde. Et je me disais : « Ça ne sert à rien d’aller à la messe de Pâques car je ne rentrerai pas dans la fête. »
 

Et puis les textes, l’homélie géniale (sur la liberté de Dieu, sur le milieu carcéral), les baptêmes de bébés, la présence de mes amis (dont certains découvrent la messe), m’ont redonné la joie. Pas de manière spectaculaire, ni euphorique. Mais sereine et forte.
Au point que je m’arrête dans la rue pour dire à des jeunes couples qu’ils sont beaux (si si, tout va très bien!^^) et qu’il ne manque plus qu’ils vivent leur bel amour dans l’Église catho. Au point même que je débloque les contacts que j’avais bloqués sur Facebook (je n’hésiterai cependant pas à remettre « au coin » si besoin^^).
 

Belle journée de Pâques. Et pardonnez-moi d’être un grand pécheur.

Film « Test : San Francisco 1985 » (2013) de Chris Mason Johnson

FEMME-ARAIGNÉE sAN francisco 1985
 

Je reviens d’aller voir le tout dernier film de Chris Mason Johnson, « Test : San Francisco 1985 ». En plus d’y trouver énormément de codes de mon Dictionnaire), il y en a un qui est assez incroyable de précision (par rapport au symbolisme de la femme-araignée, icône homosexuelle du danger sexuel). Frankie, le héros homo, danseur pro qui imite souvent l’araignée dans ses chorégraphies, monte sur un arbre dans un parc urbain, et dit texto à son amant Todd : « Je suis Toile d’Araignée », pour le charmer. Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ? Si ceux qui me prennent pour un fou, un dangereux, un narcissique, ne me croient pas, qu’ils croient au moins ceux qui leur parlent sans conscience de ce qu’ils leur dévoilent!

Encore une tuerie…

 

Mama mia… Encore une tuerie, cette année, l’office du Vendredi Saint !!! Il est tellement beau qu’il devrait être remboursé par la Sécu, sponsorisé par Kleenex, proposé à tous ceux qui doutent encore de l’existence de Dieu ou qui dépriment dans leur vie. Je crois que c’est le rite de l’année que je préfère. Et cette fois, je suis allé pour la toute première fois à l’église saint Antoine de Padoue (à équidistance depuis chez moi avec la Basilique du Sacré-Cœur à Paris : je mets à peu près une heure à pied pour me rendre à chacune des deux églises). Obligé d’y aller au moins une fois !
 

Certes, les chants y étaient moins beaux qu’à saint Nicolas des Champs. Mais saint Antoine m’y attendait et a su une nouvelle fois me recevoir ! Une dame que je ne connaissais pas, la cinquantaine, nommée Stéphanie, est venue se mettre juste à côté de moi pour rejoindre une amie à elle. Elle avait une telle intimité avec le Seigneur qu’elle m’a aidé à prier, surtout pendant le « Notre Père ». J’ai baissé d’un ton pour prier à travers ses mots. Et je l’ai remerciée à la fin de la célébration du cadeau qu’elle m’avait fait. Ou plutôt, j’ai remercié le Seigneur à travers elle. Nous étions très heureux tous les deux de notre rencontre. Et j’ai appris, sans m’en étonner, que c’était une grande amie de saint Antoine aussi.
 

Et à la fin de l’office, Saint Antoine a fini de m’achever de bonheur : moi qui croyais être là incognito, je me fais accoster par une personne. Une amie d’une quarantaine d’années, que je n’aurais pas reconnue tout de suite car on ne s’était vus qu’une fois, et dans un contexte public : les Veilleurs. Je lui dis : « C’est magnifique, le Vendredi Saint ! ». Elle me dit : « C’est encore plus magnifique quand on le vit avec son ex-mari. » J’ai mis dix secondes à comprendre qu’elle et son ex-mari, qu’elle m’a présenté, étaient en train de me confier, avec une paix solide et des yeux brillants tous les deux, que des années après leur divorce, ils étaient en train de se pardonner et de se remettre ensemble en couple. C’est un peu comme si un aveugle de naissance m’annonçait qu’il vient de retrouver la vue. Ça m’a inondé de bonheur, car j’ai senti que leur improbable réconciliation les émerveillait eux aussi. Grandeur de l’action de Jésus à travers saint Antoine (d’ailleurs, l’amie dont je vous parle, qui avait perdu son portable lors d’une veillée des Veilleurs, avait retrouvé miraculeusement son téléphone parce que nous avions prié saint Antoine ; entre l’obscurité, les pelouses des Invalides, la foule, et le déplacement du groupe, ça relevait franchement de l’impossible !).
 

Pour finir, comme je suis sorti après tout le monde et que je n’ai vu aucun prêtre, j’ai déposé un paquet de « flyers » de l’École Cours Wojtyla dans l’église… au meilleur endroit qui soit : aux pieds de la statue de saint Antoine de Padoue. Je sais qu’il en fera bon usage ! Vous savez, j’ai décidé de ne pas me faire chier dans la vie ! ;-). Et de déléguer à mes amis du Ciel et de la Terre ce que je ne peux pas faire. Ils ne me déçoivent jamais.

Blasphème(s)

Je trouve qu’il y a plus grand blasphème que de se prendre pour Dieu. Il y a aussi de prendre quelqu’un d’humain pour le diable. Ça, ça me choque et insulte encore plus Dieu.

Aimer, c’est comme se laver

 

En me rasant, en me lavant, en faisant des machines de linge ou le ménage, je mesure combien aimer, c’est comme laver ou se laver : ça comporte une grosse part d’efforts, de volonté, parfois de souffrance, et que notre Monde qui nous dit qu’on peut aimer sans effort est un monde bien sale, qui pue et qui n’aime pas.