La « bonté » du diable

Cela aura de quoi étonner beaucoup de monde. Mais le diable, pour mal agir, singe de faire le bien. Et le pire, c’est qu’il croit en la beauté de sa comédie.
 

Photo de Slate sur Twitter le 28 octobre 2014... ou Le fascisme des anti-fascistes.

Photo de Slate sur Twitter le 28 octobre 2014… ou Le fascisme des anti-fascistes.


 

Ce que la plupart des gens a du mal à comprendre, c’est qu’en bon hystérique, le diable veut à l’Homme tout le bien du monde (pour qu’Il se détruise Lui-même sans que lui en porte la responsabilité et ait à intervenir) et non pas tout le mal du monde. C’est le paradoxe souligné par l’adage « L’enfer est pavé de bonnes intentions ». Le diable pleure sur nous, compatit à la souffrance et à l’orgueil qu’il nous attribue, prie même pour nous. Il est désolé, révolté par notre situation, éploré, gémissant, indigné par notre soi-disant « monstruosité ». Au milieu des barricades, il veut sauver « l’ignoble bourreau » – que nous serions – de lui-même. Il veut nous prendre dans ses bras, nous raisonner, nous convertir, nous faire participer à l’Histoire. Il veut que nous nous en sortions (de la merde où il nous a foutue… mais ça, il se garde bien de le reconnaître). Sa comédie et son alibi pour nous détruire, c’est la compassion. La compassion qui est le péché d’Ève.

Saint Antoine de Padoue, mêmes combats

De son vivant, Saint Antoine de Padoue a lutté contre trois grands ennemis : l’invasion musulmane, les riches et les hérésies cathares. Et c’est drôle comme je me sens appelé à lutter exactement pour les mêmes combats (les cathares s’appelant aujourd’hui les bobos).

La fausse avancée de la France dans l’échiquier de la lutte pro-life et pro-famille : comme dans les jeux vidéo, on est juste passés au plateau suivant.

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Internationalement, en ce moment, la Manif Pour Tous fait figure d’exception avec ses manifestations anti-mariage gay multimillionnaires. Et moi qui commence à voyager dans d’autres pays rêvant d’égaler notre mobilisation, je me retrouve dans la position grotesque de devoir répondre à la question « Quel est votre secret ? » par un : « Ben nos chefs l’ignorent ! » Comme dans les jeux vidéo, mon pays a apparemment gagné numériquement parce qu’il a franchi « avec succès » le plateau suivant, plateau que personne n’avait atteint jusque-là… mais comme ça s’est fait sans intelligence, sans les bons arguments, sans conscience, sans débat commun, sans compréhension des enjeux, en serrant les fesses, en appuyant sur n’importe quel bouton de la manette, ne demandez pas à nos responsables comment ils ont fait et quel est leur secret : ils l’ignorent ! Et concrètement, même s’ils se gargarisent de nos chiffres et de nos points accumulés (comme un gagnant du loto qui n’a eu que le mérite de miser gros et de gratter), même s’ils semblent avoir trouvé la solution, ils ne connaissent pas la manip qui les a conduit à la solution. Ils ont juste le sentiment de « tenir quelque chose », de ne pas « lâcher » ce qui ressemble à un fil d’Ariane… mais ils restent quand même dans le noir. Leur victoire n’est surtout que numéraire. Bon, ok, voilà, ils ont changé de monde, ils ont progressé dans le jeu. Et alors ? Ça ne leur fait pas gagner la partie. Et loin de là ! Ils accumulent – moins rapidement mais tout autant que nos pays voisins – les défaites. Ils ont juste la maigre consolation des photos souvenirs, la chance de dilapider un peu moins vite que les autres leur richesse et leurs forces de vie, la maigre consolation d’avoir passé une frontière. Mais ce passage n’a rien d’historique. L’union civile et le mariage gay ont été votés en France. Nous avons vécu une défaite. C’est une réalité.
 

La vérité, c’est que la France n’est pas tellement plus avancée que les autres pays en matière de lutte contre le tsunami des lois transhumanistes prenant appui sur les lois pro-LGBT. Car elle n’aurait jamais dû faire d’un de ses moyens de combat (= les manifs) son but, son combat. Elle n’aurait jamais dû faire de sa dernière cartouche sa première. Et c’était très clair à la réunion du 5 septembre 2012 à Saint Sulpice (LA réunion des généraux, en quelque sorte) : dans tous les moyens d’action qui se présentaient à nous, les manifestations de rue auraient dû passer en dernier, quand ni les idées, ni les négociations n’auraient eu le dessus. Nos opposants, quoi qu’on en dise, étaient, pour certains, prêts aux débats d’idées, et dans l’incertitude quant à leur projet de « mariage pour tous ». Et un combat ne se gagne pas d’abord à la force numéraire des troupes, mais à la force des idées, des mots, des débats, des personnes incarnant nos valeurs.
 

Nous, Français, avons zappé la phase de débat et d’affirmation de nos idées, tout comme nos détracteurs, car nous-mêmes ne voulions pas parler d’homosexualité. Nous avons juste eu la chance de deviner que nous devions le faire, et d’avoir amorcé un peu de le faire. C’est le fait de parler d’homosexualité, et seulement cela (avec la force symbolique du mariage), qui a permis aux Français de se décomplexer, de se déplacer en masse et de comprendre qu’ils n’étaient pas contre les personnes homos en s’opposant à une loi qui se faisait passer pour elles. Mais malheureusement, à cause de l’impatience de Frigide Barjot et de Civitas à aller manifester et à « se faire voir », à cause du manque d’autorité d’associations plus qualifiées pour le débat d’idées serein (VITA en première ligne : Tugdual Derville n’a pas assumé son groupe ni son rôle), à cause de mon éviction des débats, à cause du traitement superficiel du thème de l’homosexualité par Frigide Barjot, nous sommes passés à côté de notre magnifique opportunité d’inverser la vapeur. Nous avons perdu notre Joker homosexuel et l’avons passé à l’ennemi, qui n’avait que le mot « homosexualité » en bouche, et qui veut encore nous faire croire qu’il en a le monopole. Mais j’explique le relatif « succès » et l’exception française par le début courageux du traitement du sujet de l’homosexualité… et j’explique aussi le feu de paille qu’est ce succès par la peur homophobe qui a suivi. L’intuition des Français n’est pas raison.

Nos 3 belles Croix : les sentiments – Amitié – Adoption (ou Pourquoi on se fait souvent couillonner dès qu’on parle d’homosexualité en société ? Et pourquoi c’est bon signe ?)

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Pourquoi on se fait souvent couillonner dès qu’on parle d’homosexualité en société et que les autres apprennent qu’on a manifesté contre le « mariage gay » ? Et surtout, pourquoi ça reste quand même bon signe (même si c’est regrettable et frustrant) ?

 

Ça n’est un secret pour personne. L’homosexualité : sujet pas facile à traiter en soirée en famille, entre potes, au boulot, sans que ça finisse en baston ou en incident diplomatique. Si vous ne voulez pas perdre des amis, « Fermez-la » nous conseille-t-on. Profil bas ! Et pour les valeureux inconscients comme moi, qui, par charité chrétienne et Vérité, décident de sortir de l’omerta, il faut reconnaître que « nous l’avons trop souvent dans le baba » dès qu’en société nous commençons à discuter d’homosexualité et de notre opposition au « mariage gay ». Pourquoi ces échecs cuisants à répétition ? On n’est pas bons ? On dit le mauvais texte ? On aurait loupé un épisode ? Que se passe-t-il avec ce savon glissant de l’homosexualité ? Pourquoi on s’y casse souvent les dents ? Et bien, je crois, pour trois raisons très simples (si on les identifie, ça nous aidera peut-être à faire contre mauvais accueil bon cœur…). Et je vous préviens : ce ne sont pas « les médias », ni « l’UMPS » , ni « le Gender », ni les « conséquences de la loi Taubira », ni « la dictature libérale libertaire (niant la dignité humaine et les limites) », ni la « force du lobby LGBT » , ni le « transhumanisme » : nous glissons pour des réalités bien plus positives.

 

Dans tous ces combats pro-famille, pro-sexuation femme/homme et anti-actualisations du désir homosexuel, notre beau drame (je dis « beau » car il concerne au fond la vulnérabilité intangible de l’Amour et de la Vérité : si la différence des sexes et Dieu s’imposaient dans toute leur évidence, Ils ne seraient plus des Réalités d’Amour qui nous laissent la liberté et le temps de Les choisir ; Jésus et Marie apparaîtraient illico dans le Ciel…) qui nous empêche de dénoncer efficacement et rapidement l’homosexualité comme mauvaise (alors que je peux vous assurer que mauvaise, elle l’est : le rejet de la différence des sexes – différence qui nous fait tous exister et aimer pleinement – est objectivement inhumain et violent, même s’il est parfois subi et involontaire au niveau du psychisme humain), c’est que celle-ci est enrobée de 3 réalités qui objectivement restent bonnes, magnifiques ou peu dangereuses tout pendant que l’homosexualité demeure à l’état de désir non-essentialisé, non-sentimentalisé, non-érotisé, non-acté.

 

Ces trois 3 réalités qui nous empêchent de dénoncer facilement l’homosexualité, ces 3 (bons) bâtons dans nos roues, qu’on peut difficilement attaquer, dont on ne doit pas se débarrasser (mais dont on doit seulement se méfier), et qui donnent à l’homosexualité l’apparence d’un bien, c’est : 1) le statut de DÉSIR-SENTIMENT (non-essentiel et non-acté) de l’élan homosexuel ; 2) la force objective de certaines AMITIÉS HOMOSEXUÉES ; 3) la beauté de certaines ADOPTIONS parentales.

 
 

Je m’explique. Nous souffrons :

 

1 – du fait que l’homosexualité ne soit à la base qu’un DÉSIR (et, de surcroît, un désir qui, dans bien des cas, s’impose à la personne qui le ressent). Cela fait à la fois notre bonheur (l’homosexualité ne peut pas enfermer l’être humain dans une identité ni une pratique : elle le laisse libre, d’une certaine manière, et ce malgré le conditionnement forcé qu’imposent certains fantasmes sexuels inconscients) à la fois notre inconfort (il serait plus facile de s’attaquer à une réalité indiscutable, palpable, à une volonté sciemment posée, ou à une personne de chair et en os… mais un désir muet, un fantasme en suspension, ça glisse des mains !)

 

2 – de la force des AMITIÉS humaines entre personnes de même sexe (on a tous un ou une meilleur(e) ami(e) de notre sexe, et sans pour autant que cette relation soit amoureuse, on mesure combien elle est précieuse et forte, combien elle n’est pas négligeable ! D’autre part, l’expulsion de la différence des sexes dans une relation humaine homosexuée n’est pas violente si et seulement si elle se vit dans le cadre de l’amitié ; c’est simplement en amour qu’elle devient violente, car l’amour est un don total seulement permis par la différence des sexes. Pour le coup, « à cause » de la beauté de certaines amitiés humaines privilégiées entre personnes de même sexe, il devient alors extrêmement difficile, dans les cas d’une homosexualité active, de nier la part bénéfique d’amitié – malgré tout pervertie/travestie par les gestes de l’amour – qui se vit dans certaines unions homosexuelles ; et il devient aussi extrêmement difficile de dissocier l’amitié forte que nous pouvons ressentir à l’égard de telle ou telle personne homosexuelle, et ce qu’elle vit en « couple » homo. Nous sommes donc fortement handicapés pour garder notre lucidité sur la violence de l’homosexualité pratiquée à cause d’un trésor objectivement fort : l’amitié désintéressée qui peut exister dans beaucoup de relations humaines, lien qui est déjà très forte, même s’il n’égale pas la force de l’amour entre une femme et un homme, ni entre un célibataire consacré et Dieu. Dans les débats sur l’homosexualité, c’est un trésor – l’amitié – notre frein ! C’est dingue, mais c’est comme ça.)

 

3 – de la beauté de l’ADOPTION parentale (s’il suffisait d’être parent biologique pour aimer son enfant, ça se saurait ; s’il suffisait d’avoir un enfant pour qu’un couple femme-homme s’aime, ça se saurait aussi ; si toutes les unions homosexuelles étaient infécondes dans d’autres domaines que la procréation biologique, ça se saurait ; si ces unions homos élevaient toutes mal les enfants qu’elles ont parfois à charge, ça se saurait ; si la seule présence de la différence des sexes ou de la capacité à procréer étaient une garantie de réussite d’un couple puis d’une famille et d’une éducation et d’un équilibre filial, ça se saurait ; si certains cas d’adoptions parentales – même si elles ne sont pas équivalentes à la réalité et à la force de certaines paternités biologiques – n’étaient pas déjà magnifiques, ça se saurait. Bref, l’adoption parentale complète, pallie un manque et une situation non-idéale, ne comble jamais complètement ce manque… mais parfois, grâce à l’aide de la différence des sexes aimantes et de Dieu, y pallie super bien : bons nombres d’enfants adoptés peuvent en témoigner ! Donc là encore, dans les débats sur « l’homoparentalité » et le « mariage gay », on est mis dans la merde par le trésor incertain de l’adoption !).
 
 

Derrière tout cet inconfort que je vous décris dans les débats sur l’homosexualité – inconfort largement expliqué par le fait que nous nous retrouvions à défendre des réalités humaines « positives mais pas les plus abouties, pas les plus totales, pas les plus données, pas les meilleures, pas les plus fondamentales et pas les plus universelles qui soient » (= les pulsions sexuelles, les sentiments, les amitiés, les paternités adoptives et éducatives mais pas de sang, c’est cata ou neutre quand il n’y a pas d’amour et très bon quand il y a de l’amour ET des corps sexués complémentaires, c’est en soi mi-figue mi-raisin, c’est rare quand c’est réussi, c’est tout sauf généralisable à l’ensemble de l’Humanité) se trouve une Bonne Nouvelle : nous souffrons que la différence des sexes (sexuation + génitalité + amour conjugal + procréation et construction d’une famille) et Dieu (Jésus + son Église institutionnelle) soient des trésors fragiles parce que des trésors d’Amour, soient des grains de sénevé (déjà éclos dans le temps éternel et pas encore éclos dans notre temps humain), des pierres d’angle encore rejetées, des toutes-puissances aimantes qui prennent (par amour !) l’apparence de détails. Notre douleur, c’est leur humilité (et beaucoup notre orgueil !). S’ils n’étaient pas Amour, s’ils pouvaient se prouver et s’imposer à tous comme des évidences indiscutables, jamais ils ne seraient des Mystères d’Amour, de douceur, de pardon, de discrétion, de délicatesse, d’humour, de miséricorde, de patience. Nous payons donc, à chaque fois que nous essayons de discuter d’homosexualité en vérité et en aimant les personnes (homos, hétéros gays friendly, et autres) le prix fort de la Croix et de notre liberté ! Bref, il n’est pas heureux qu’on se fasse couillonner, mais heureux que Jésus permette qu’on se fasse couillonner pour nous rappeler qu’Il ne nous appartient pas, que nous sommes libres de Le servir, et que l’Amour est humilité. Alors surtout, pour toutes ces bonnes causes de douleur, pas de raison de s’énerver ou de s’attrister quand on parle d’homosexualité ! Celle-ci est une occasion rêvée pour nous de manifester la tendresse de « looser » (Vainqueur) de Jésus.
 
 
 

Schématiquement, ça donne ça :
 

Trinité dans la différence des sexes (RÉELLE, POSITIVE et la MEILLEURE):

personne sexuée / couple femme-homme aimant / famille procréative aimante ou famille stérile aimante
 

Trinité divine (RÉELLE, GRANDIOSE et la MEILLEURE) :

Esprit Saint / Jésus-Fils et les êtres humains / Dieu le Père et les célibataires consacrés
 

Trinité homosexuelle (CONCRÈTE, IRRÉELLE et NÉGATIVE) :

désir homosexuel essentialisé en « l’homosexuel »/ le « couple » homosexuel sentimentalisé en « L’Amour universel » / la « famille » homosexuelle ou hétérosexuelle
 

Trinité humaniste (pas nécessairement avec la différence des sexes ni avec Dieu ; NEUTRE ou BIEN) :

désirs, sentiments et fantasmes/ l’amitié / la paternité adoptive ou famille procréative peu aimante
 

L’arc-en-ciel est dans l’école (« Ceci n’est pas un film de cow-boys » dans les collèges)

Appel à toutes les voitures : l’arc-en-ciel est dans l’école, je répète, l’arc-en-ciel est dans l’école.
 

 

J’apprends à l’instant que le court-métrage « Ce n’est pas une histoire de cow-boys » va être proposé prochainement à plusieurs collèges. Je n’aurai pas le temps d’en faire une critique (contrairement à ce que j’ai pu fournir pour les films « Au premier regard » ou encore « Pride » ). Mais bon, c’est la même recette. La thématique homosexuelle est justifiée et diluée dans ces films de propagande parce qu’elle est couplée à un thème dramatique suscitant la compassion (le handicap, la discrimination raciale, la pauvreté, un accident, un conflit armé, une intolérance religieuse, etc.). « Ce n’est pas un film de cow-boys » de Benjamin Parent, en utilisant les jeunes des cités, surfe sur la même vague démago et le même chantage affectif que les récents films « La Vie d’Adèle » d’Abdellatif Kechiche, « Métamorphoses » de Christophe Honoré, ou « Bande de filles » de Céline Sciamma (qui sort aujourd’hui en salles), avec toujours la classique confusion de la thématique homosexuelle avec celle du racisme, de l’immigration, de la jeunesse « artistique », et de la misère économique/culturelle, pour faire passer la première comme une lettre à la Poste. Amalgame classique entre différence des sexes (souplement intangible) et différence des espaces (sans cesse changeante). Malhonnêteté et mensonge, en plus d’une exploitation des plus pauvres (qui, dans la réalité, ne justifient absolument pas l’homosexualité), et d’un racisme positif (« Puisque je t’ai dit que t’étais FORT ! Félicitations, putain ! T’es ouvert et tolérant et gay friendly, et tu fermes ta gueule, compris ?! » : cf. le compliment agressif et autoritaire de l’extrait Youtube ci-dessus).

Synode : l’occasion ratée

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Fin du Synode sur la famille. La question de la pastorale spécifique à l’égard des personnes homosexuelles et des moyens concrets pour assurer leur accueil par l’Église est tombée à l’eau. Balayée. Étouffée. Reportée.

 

Comme le signale cet article : « Le paragraphe s’interrogeant sur ‘quelle attention pastorale soit opportune‘ pour les situations des ‘personnes avec une orientation homosexuelle au regard de l’enseignement de l’Église‘ et indiquant qu’elles doivent ‘être accueillies avec respect et délicatesse‘ a manqué de seulement une poignée de voix pour être adopté aux deux-tiers (118 pour, 62 contre, 3 abstentions). La majorité requiert aux deux-tiers requiert 122 voix. »

 

Sujet jugé trop glissant et pas assez mûr (mais dans la tête et le coeur de qui ?), alors que pourtant les besoins sont énormes et urgents : la thématique de l’homosexualité dépasse largement les seules personnes homosexuelles (on a vu avec les récentes lois sur la famille qu’elle déborde sur le mariage, la filiation). Et le problème du dossier sur la « pastorale spécifique », c’est que la question reviendra, qu’elle met déjà en difficulté notre Église, et qu’elle était au centre des attentes des gens non-croyants, des médias mais aussi des catholiques. Notre Pape a eu le mérite de la poser, mais pas le courage (à cause de la pression alentour, sûrement) d’y répondre. Le bilan du Synode est donc forcément un peu triste… même si je n’en ferai pas tout un plat. Cet événement était juste une occasion rêvée pour enfin sortir un discours clair sur l’homosexualité, pour se débarrasser du problème du non-dit, pour s’approprier la thématique et s’en libérer, pour aller vraiment à la rencontre des personnes homosexuelles… et force est de reconnaître qu’on a une nouvelle fois loupé le coche. L’esquive n’est pas la solution, et elle est même inquiétante et inconfortable pour l’avenir de notre Maison. Mais ça m’a au moins permis/forcé d’écrire ce texte il y a quelques jours, qui sera peut-être utile un jour.

Les personnes homos ne se rendent pas compte qu’elles détestent les enfants

Quand je vous dis que les personnes homosexuelles ne se rendent pas compte qu’elles détestent les enfants, je ne vous mens absolument pas. Plus une œuvre de fiction homosexuelle se donne pour tache de justifier l’injustifiable, c’est-à-dire de prouver que le désir homosexuel acté respecte vraiment les enfants et que les « familles homoparentales » sont des structures aussi bien que la famille traditionnelle et aimante formée d’une femme et d’un homme, plus elle (et son auteur) donne inconsciemment les preuves du contraire.
 
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C’est tout à fait le cas du roman pro-PMA (Procréation Médicalement Assistée) The Girl On The Stairs (La Fille dans l’escalier, 2012) de Louise Welsh, censé nous démontrer que la narratrice lesbienne enceinte, Jane, secondée de sa compagne Petra, aiment déjà « leur » enfant et qu’elles ont un projet noble, respectueux et « éthique ». Au départ, le lecteur y croit, puisque les deux femmes en couple chantent les louanges de leur bébé, en le surnommant « notre petit génie » (p. 16) : « Il pourrait bien avoir deux têtes, Petra et moi, on l’aimera quand même. » (Jane, p. 114) Elles ont l’hypocrisie de nous faire croire que même si à travers la PMA elles ont concrètement rayé de la généalogie de leur enfant son père, elles ont fait un acte merveilleux en n’étant pas trop regardantes sur l’identité physiologique du donneur de sperme : « De toute façon, je n’aimais pas l’idée de choisir un donneur en fonction de ses attributs. Un enfant est un enfant, pas un meuble de créateur. » (Jane, p. 113) Et l’auteure du roman, Louise Welsh, parachève l’utopie en terminant son récit par une happy end et une arrivée au monde réussie du bébé.
 

Mais dans les faits et les paroles, il en est tout autrement. On découvre que l’enfant est considéré comme un objet qui pourrait être volé, qu’il est considéré comme un dû, une possession : « Je n’arrive pas à croire que tu te serves déjà de notre enfant comme d’une arme. » (Petra s’adressant à Jane, p. 69) ; « Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans la technologie. J’aurais volé un bébé dans un landau, peut-être. » (Jane, p. 114) ; « À sa naissance, il deviendrait une personne, quelqu’un que Jane n’aimerait peut-être pas, mais pour le moment il était tout à elle. » (Jane, p. 193) ; etc. C’est l’autorité parentale des vrais parents biologiques, et non l’enfant en lui-même, que les héroïnes lesbiennes cherchent en réalité à acquérir : pendant toute l’intrigue, Jane tente en effet de retirer à son voisin d’immeuble le Docteur Mann la garde de la fille de ce dernier, Anna, adolescente de 13 ans, parce qu’elle l’estime maltraitée de lui, même si Petra essaie de faire entendre raison à sa compagne : « Petra avait raison. Anna relevait de la responsabilité d’Alban Mann, et cet enfant-ci était le sien. » (Jane, p. 100)
 

Au fond, ce roman est un concentré de pédophobie. Tout le monde s’y met, spécialement les « mamans » lesbiennes. Par exemple, Jane parle super mal à son bébé : « Calmos, fiche-moi la paix. » (p. 17) ; « Petit troll, petit gobelin. » (p. 156) ; « Elle se souciait de son petit monstre. » (p. 196) ; etc. On la sent au bord de l’avortement : « Jane comprenait ces mères adolescentes qui dissimulaient leur grossesse, espérant disparaître et emporter cette disgrâce avec elles. Il lui semblait impossible que l’enfant parvienne un jour à se frayer un chemin vers la liberté et qu’elle voie le visage de la créature qui s’était tapie en elle pendant tous ces mois. Des traits difformes de gobelin s’imposèrent à son esprit. » (p. 42) ; « Comment avait-elle seulement pu envisager d’avoir un enfant ? » (p. 229) ; etc. À un moment, elle se prend un jet de pierres par un garnement avec un lance-pierres, habitant près de son immeuble… mais le plus surprenant, c’est qu’elle l’insulte comme s’il s’agissait d’un adulte : « Salaud, salaud, salaud. » (p. 27) Elle déteste aussi les jeunes : « Les adolescents étaient une plaie. » (p. 43)
 

Les autres personnages ne sont pas plus tendres avec les enfants que la future maman : « Carsten ? Je l’aurais étouffé. C’est facile d’étouffer un bébé. Tout le monde ressent ça, c’est normal. L’important, c’est de ne pas le faire. » (Ute, la femme hétérosexuelle parlant de son fils, p. 33) ; « Tu te souviens de Greta, elle aimait boire et danser, et s’amuser ? Les bébés vous empêchent de faire tout ça. » (Karl Becker s’adressant à sa femme Heike, p. 64) ; « J’aime boire et faire de la voile plus que j’aime l’idée d’avoir un enfant. » (Jurgen, le héros gay, p. 113) ; « Espérons que ta compagne Petra a bien choisi le donneur et que ça ne sera pas un petit monstre. » ( idem, p. 114) ; etc.
 

Louise Welsh

Louise Welsh


 

Je mets ma main à couper que Louise Welsh, l’auteure de ce livre, n’a même pas mesuré qu’en défendant « l’homoparentalité », elle la désignait comme inhumaine et monstrueuse. Car dans les faits, elle l’est.
 
 

Je vous renvoie au code « Petits Morveux » de mon Dictionnaire des Codes homosexuels pour avoir la complète.