De bouddhiste à catholique en 10 minutes

 

Superbe interview cet après-midi avec un jeune chercheur français qui m’a interrogé pendant des heures sur le « mariage pour tous ». À la fin de notre long entretien, en 10 minutes, nous avons tous les deux réussi à flinguer sa propre pratique spirituelle du bouddhisme à lui (je lui disais en rigolant : « Oh ben nan, tu peux pas partir là-dedans, c’est trop bête ! ») en tombant d’accord sur le fait que le bouddhisme n’était pas vraiment aimant car il favorisait le mouvement (« humaniste », certes, mais égocentré en réalité) du Moi vers les autres, alors que le catholicisme, c’est vraiment le mouvement des autres vers Moi qui prime (le fameux « TAM » de Jean-Luc Cabes : « Toi Avant Moi ! ».). Jésus qui se fait serviteur et qui reçoit de toi. Voilà. C’est (presque) plié. #NextForConversion

La demande d’abrogation du « mariage pour tous » : la nouvelle mode LMPT ; l’hypocrisie triomphante

Non. Vous ne rêvez pas. Depuis 3 jours, les leaders de la Manif Pour Tous n’ont que le mot « abrogation de la loi Taubira » et « mariage » en bouche. Alors qu’avant, il ne fallait pas/plus leur en parler. Ils retournent leur veste, jouent les girouettes, et pour que leur amateurisme arrogant ne se voie pas, ils se félicitent entre eux de leur récent « courage » en regardant leurs selfies de manif et en faisant bruyamment la leçon à tout le monde sur les réseaux sociaux à propos de ladite « abrogation ».
 

Ça ressemble à un lendemain de cuite (… mais au Champomy).
 

Car juste après cette Manif du 5 octobre, entendre LMPT se féliciter de demander l’abrogation du « mariage pour tous » (alors que celle-ci ne figurait même pas sur leurs panneaux officiels – qui n’indiquaient que GPA/PMA/Gender – et qu’il y a encore 3 semaines ils vous regardaient comme un dangereux nazi si vous en parliez), c’est juste estomaquant. Entendre les Veilleurs parisiens ou Sens commun faire la leçon aux politiques sur la nécessité de ne pas balayer la loi du « mariage pour tous » (alors que, pas plus loin qu’à la Veillée de la Concorde du 30 août de l’année dernière, consacrée à la « Mémoire » – ironie du sort – , ils avaient déjà zappé le mariage, et plus personne ne parlait de la loi Taubira et du « mariage pour tous », en estimant qu’il fallait passer à autre chose, et que la priorité c’était le Gender et la GPA), c’est juste risible et révoltant. Voir maintenant que la plupart des membres de LMPT se gargarisent du courage qu’ils auraient à évoquer ouvertement l’abrogation du « mariage pour tous » (alors que cette demande est caduque, totalement absurde, se fige en slogan ou en vœu pieux, si elle ne s’accompagne pas obligatoirement d’une part de la demande d’abrogation du PaCS, et d’autre part du traitement du sujet de l’homosexualité), là, on touche le fond du ridicule. C’est un peu les loosers qui jouent aux vainqueurs et qui continuent leur marche aveugle en dépit du bon sens et de la conscience de leur homophobie (involontaire ?).
 

Alors bien sûr, je ne changerai pas de camp, étant donné que l’homophobie de l’homosexualité identitariste et sentimentaliste LGBT, l’homophobie de la pratique homosexuelle, ainsi que l’homophobie de l’hétérosexualité « gay friendly » (Frigide Barjot et Anal +, si vous nous recevez…), sont beaucoup plus grandes… mais ce n’est pas l’envie qui me manque ! LGBT = homophobie carabinée ; LMPT = homophobie allégée. Comme je comprends le sentiment de malaise et l’impression d’homophobie ressentie par les nombreux indécis de la loi Taubira à l’égard de nos Manifs ! Je m’en excuse (tout comme je m’en excusais déjà en 2011) et vraiment je compatis. Pardon pour les cons de ma famille (que je dois aimer malgré tout). La Manif Pour Tous n’a pas encore trouvé son vrai sens. C’est la triste réalité. Pardon.

Non, vous ne nous aimez pas

L’homophobie (que personne ne dénonce alors qu’elle est réelle) des responsables LMPT qui n’acceptent de faire s’exprimer à leur tribune que les personnes homosexuelles dont ils sont sûrs qu’elles ne parleront jamais d’homosexualité, qu’elles taperont sur le « lobby LGBT« , et qu’elles ne demanderont jamais l’abrogation du PaCS. Non, Ludovine, Albéric, même Tugdual: malgré vos bonnes intentions, vous n’aimez pas les personnes homosexuelles.

La sexualité n’est pas aimée… même de beaucoup de militants LMPT

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Misère de misère (et en plus, les gens retwittent et trouvent ça juste). La sexualité est vraiment mal-aimée et mal comprise. Elle n’a jamais été une affaire privée, ni hors-la-loi. Elle n’est ni réductible à la génitalité, ni une réalité uniquement intime et asociale. La sexualité, c’est la personne sexuée en connexion avec la vie, les lois humaines, les autres.
 

Les très rares personnes homosexuelles publiques de LMPT ne parlent jamais de l’homosexualité (dire « Je suis homo », ce n’est pas en parler : c’est l’afficher et la figer en slogan, en masque de censure). Elles posent des barbelés autour, défendent une conception individualiste de la sexualité, font preuve d’homophobie et aussi de sexophobie en réalité. Et pour muscler leur message inconsistant, elles feignent de se mettre en colère sur le podium officiel en tenant un discours hargneux anti-médias et anti-lobby LGBT (les deux fausses pieuvres qu’elles imitent en tous points).
 
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Il vaudrait mieux qu’elles se taisent plutôt que de donner une telle image de l’homophobie intériorisée homosexuelle, et qu’elles réduisent le problème du « couple homosexuel acte » à la seule filiation/procréation/PMA/GPA. Toutes les personnes homosexuelles ne sont pas en couple, toutes ne sont pas en projet de mariage ni d’enfant. En revanche, toutes ont soif d’entendre parler de leur désir et des actes qu’il les enjoint à poser. Et ça, personne n’y répond ! Pas même les personnes directement concernées et qui s’érigent en porte-paroles par opportunisme.
 

Et la Manif Pour Tous trouve ça génial et pas homophobe d'essentialiser ainsi le désir homo en "espèce". TOUT VA BIEN

Et la Manif Pour Tous trouve ça génial et pas homophobe d’essentialiser ainsi le désir homo en « espèce ». TOUT VA BIEN


 
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L’homophobie est typiquement homosexuelle… ET donc typiquement hétérosexuelle

Je ne dirai pas qui (il se reconnaîtra), mais il y a ici des cathos qui ne manquent pas d’air.
 

À l’instant, sur un des murs Facebook d’un contact, j’explique à celui qui réinterprète mes écrits n’importe comment (il me fait dire que l’homophobie est exclusivement homosexuelle, en soutenant que les hétéros ne peuvent pas être homophobes : NON !) que l’homophobie est aussi typiquement hétérosexuelle, étant entendu que le véritable sens et la véritable origine de l’hétérosexualité EST homosexuelle et bisexuelle.
 

Rien de nouveau sous le soleil. Ça fait 10 ans que j’écris et défends la même chose : la lutte contre l’hétérosexualité et l’homosexualité en tant qu’étiquettes identitaires et pratiques amoureuses. Ça fait 10 ans que je répète la même chose, que je propose des slogans. Et y’en a un qui a le culot de me sortir : « t as qu’à faire des slogans, on te comprendra mieux. » J’ai envie de lui répondre : « T’as qu’à m’écouter et me lire, tu me comprendras mieux. » ‪#‎gavant
 

Combien d’homophobie inconsciente dans les rangs « cathos » ! Et que la route est longue !

Padoue-Beach

Préparatifs de mes deux prochains voyages : le 23-25 octobre 2014 à Padoue (Italie) ; et le grand week-end des Jeunesses Franciscaines (50-70 jeunes au moins, de Bitche pour certains) les 8-9 novembre à Metz pour vraiment prendre l’homosexualité à bras le corps! (Je vous montre les slogans SNCF de mes billets de train, très axés « bienveillance »: vous savez, la dernière soupe bobo-catho-qui-déprime-solidaire-et-vert. Pardon mais j’ai ri).
 
bienveillance

Pas de témoignage sans analyse

Il me semble que la prise de parole publique sur l’homosexualité (un sujet aussi complexe et pluriel) ne peut pas reposer exclusivement sur un témoignage. Aussi émotionnel, délicat, touchant et christique soit-il. Ce témoignage doit être absolument accompagné d’une analyse qui permet d’ouvrir le propos à d’autres interprétations, ressentis, expériences que lui-même.

Sinon, à son insu, il enferme un discours dans un seul vécu, dans la sensiblerie, il impose une vie (un témoignage ne se contredit pas), il ne laisse pas libre de penser qu’autre chose peut être vécu. Je constate exactement le même phénomène enfermant quand, à propos de l’homosexualité, on a droit à l’extrême-inverse, c’est-à-dire à une lecture exclusivement analytique, froide et généraliste.

Pour laisser une grande liberté, tout en restant dans le vrai, je crois vraiment que le meilleur pour un discours sur l’homosexualité, c’est de proposer une vraie réflexion analytique, et de l’illustrer de temps en temps par des exemples relevant du témoignage de vie personnel ; mais que le témoignage de vie doit rester en arrière-plan et ne peut pas prévaloir à l’analyse. Pourquoi ? Pour la bonne et simple raison que, dans l’inconscient collectif, dans l’esprit de nos contemporains et dans notre monde actuel, l’homosexualité est un sujet trop complexe et encore trop mal connu pour qu’on puisse se permettre uniquement de dire : « J’ai changé. Il est possible d’être hétéro ; la solution, c’est ma vie ; la solution, c’est l’Église ; la solution, c’est Jésus ». À mon avis, ça peut être même catastrophique de donner la solution d’un problème sans passer par l’analyse des étapes du chemin qui permettent d’arriver au sommet. C’est aussi inutile et démotivant que de souffler la bonne réponse à un camarade lors d’un devoir de mathématiques sans lui donner la possibilité de prouver qu’il a compris le cheminement intérieur qui conduit à la solution. Je l’aide sans l’aider. Il a bon sans avoir bon.

L’Église sans Jésus

S’il n’y avait pas Jésus, ça fait longtemps que je me serais cassé de l’Église. Vraiment, je le dis avec le coeur ! Quand l’émotionnel n’est plus au service la Vérité, quand les commentateurs s’emballent sur des balades au piano antalgiques qui surjouent la sobriété, quand l’acte spirituel se fige en petits rituels cuculs et en formules apprises, je bous sur place. Oui, Jésus, sans toi, l’Église devient insupportable.

« T’as raison dans le fond mais pas dans la forme »

Ceux qui sont capables de me sortir dans la même phrase « T’as raison dans le fond mais pas dans la forme » versent dans la schizophrénie. Car si le fond est vraiment bon, ses moyens et sa manière le sont aussi (si les moyens ne concordent pas avec la bonté et la vérité du fond, on peut clairement douter de la soi-disant pureté de ce fond, en réalité…). Dans ces cas-là, qu’on ne me dise rien, ou qu’on me dise que j’ai faux aussi sur le fond… et là, pour le coup, on parle. Ces gens qui séparent fond et forme – pour en réalité ne pas nous écouter et ne pas assumer les conséquences concrètes que cette écoute impliquerait – sont les mêmes individus, tantôt lâches tantôt radicaux, capables de confondre but et moyens, et qui soutiendront que « la fin justifie les moyens », que « la Vérité n’a pas de forme », que « c’est le résultat qui compte », que « le problème de la Vérité, ce n’est pas qu’Elle existe mais c’est de La dire ». Unifiez-vous, s’il vous plaît avant de demander aux autres de le faire.