Les personnes homos : des interlocuteurs comme les autres dans la MPT ?

Ce matin (25 mars, au lendemain de la Manif des Champs), sur Radio Notre Dame, le sénateur Jean-Pierre Michel refusait d’écouter et d’entendre raison car en face de lui, même s’il avait des gens compétents, il n’était pas en face d’une personne homosexuelle. Il s’est bêtement recroquevillé dans son soutien « gay friendly » pour faire la sourde oreille. Quand est-ce que vous, amis journalistes et organisateurs de la Manif pour Tous, allez admettre que nous, les personnes homosexuelles opposées au « mariage pour tous », nous sommes les interlocuteurs les plus crédibles et les plus puissants dans ce débat ? Musulmans de France, adoptés, Frigide Barjot, hommes politiques de droite, etc., les pro-mariage-pour-tous s’en contre-fichent ! Nous, les personnes homos, sommes leur dernier pare-feu, leur ultime caution morale, leur cache-crise !

 

« Tu étais inaudible et peu médiatisable »

Ce qui est génial, c’est que, pendant l’année où j’évangélisais avec Frigide Barjot (avant ma prise de distance avec elle en mai 2012), j’étais – selon son propre aveu aussi à elle – beaucoup plus écouté qu’elle. Donc mon soi-disant « discours intellectualisé » voulu inaccessible pour mes détracteurs, ça me fait plutôt marrer. Comme il est facile pour certains de se trouver toutes les excuses pour cacher leur lâcheté, ou leur mépris du bon sens des autres. Une pensée, même simple et audible comme la mienne, devient fatalement inaudible à partir du moment où on la bâillonne et où on ne l’a dit pas! Mais moi qui l’ai dit ouvertement, je me rends compte qu’elle est comprise par beaucoup de monde, même des gens très simples. Et je ne me fais jamais taxer d’homophobie ou de garçon « compliqué ».

 

Honte à nos dirigeants socialistes agissant en homophobes !

L’homophobie insoupçonnée et redoutable de Binet, de Taubira, de Jean-Pierre Michel, des gay friendly et des pro-mariage-pour-tous ! Ça m’écoeure ! En toute bonne foi, ils se servent de nous, personnes homos, comme pare-feu, pour cacher leur carriérisme et pour ne pas révéler ce que nous vivons vraiment en termes de violences, de souffrances, alors que c’est leur censure la véritable discrimination homophobe ! Ils détournent le mot « discrimination » pour laisser entendre qu’elle serait le refus de reconnaître la toute-puissance de nos désirs (qu’ils appellent « droits »), mais ils ne dénoncent pas les vraies discriminations que nous vivons, et qui sont surtout dues à notre pratique sexuelle. C’est honteux, leur sincérité et leur dénégation de souffrances (au nom, paradoxalement, du soulagement de celles-ci) ! Honte à nos dirigeants socialistes homophobes ! Ils nous instrumentalisent, nous, homosexuels ! Ils veulent notre bien mais sans nous ! sans nous regarder et dénoncer ce que nous vivons à l’intérieur du milieu homosexuel, dans nos couples, à cause de leur indifférence matinée de solidarité. C’est honteux, cette homophobie bienveillante et intéressée !

 

J’écoutais M. Assouline et M. Binet hier, en train de présenter le mouvement anti-mariage-pour-tous comme « discriminant » parce qu’il refuse de donner des droits supplémentaires aux personnes homosexuelles. Leur raisonnement est puéril, et surtout montre une conception erronée du droit et de la discrimination. Un droit ne devient positif et ne rend libre que s’il s’adapte à la personne à qui il se destine (or ici, la réalité du mariage est ontologiquement étrangère et incompatible à la réalité du couple homosexuel). Et la réelle discrimination – celle qu’ils exercent, au final ! et pas seulement sur les enfants, mais déjà sur les personnes homosexuelles –, c’est de nier la personne à qui ils veulent donner ce droit. C’est de nier la réalité de celle-ci, la singularité de sa situation, et lui faire jouer un sketch anthropologique, même si c’est « pour son bien ». Les véritables oppresseurs sexistes et homophobes, ce sont ces ministres bien-intentionnés !

Lundi 25 mars 2013

 

Les enfants aussi ont le droit de défendre la famille

Les enfants aussi ont le droit de défendre la famille. Ils sont citoyens également, et savent déjà reconnaître les bienfaits de l’amour entre leur père et leur mère biologiques. Contrairement à ce que disent les pro-mariage-pour-tous qui accusent les vraies familles d’instrumentaliser leurs marmots, les enfants ne sont pas des objets : même avant dix-huit ans, ils savent penser, être libres et avoir des avis. Si si.

 

Nous sommes passés à côté du débat

Les deux dangers de la loi du « mariage pour tous ceux qui le désirent » – à savoir la banalisation sociale de la différence des sexes, ainsi que la justification sociale de la pratique homosexuelle – ne sont pas dénoncés par les anti-mariage-pour-tous. Je ne dis pas que c’est facile de le faire (car la différence des sexes est un trésor fragile, qui n’est pas beau en soi, mais uniquement s’il est couronné par l’Amour, qui n’est beau que de ne pas s’imposer en évidence ; et pour parler de la violence des actes homosexuels, il faut avoir la subtilité et la délicatesse de les dissocier des personnes qui les posent). Je dis juste que c’est quand même une erreur, et notre talon d’Achille. Ne parler que de l’enfant (conséquence de ces deux dangers) ou de la spoliation de notre liberté d’expression (droit démocratique fondamental), sans aborder préalablement les deux points qui posent véritablement problème, cela revient à botter en touche, à s’éloigner de la conception post-moderne du mariage, de la revendication populaire du « mariage pour tous ». C’est être à côté du débat.  Donc ne nous étonnons pas de ne pas être entendus. Nous sommes en grande partie responsables de ce qui nous arrive.

 

Les « gentils » pro-mariage-homo

Ce qui est fou, c’est que les pro-mariage-pour-tous, dans l’histoire, ont réussi à passer pour les gentils parce qu’ils ont su garder le titre positif de « pro », contrairement aux anti-mariage-pour-tous qui passent pour les opposants, les « anti », les non-proposants. Or, ce que les mass médias oublient de dire, c’est que les pro-mariage-pour-tous pourraient tout aussi bien être appelés les « anti-mariage » (vu leur haine ou leur indifférence au mariage), et les anti-mariage-pour-tous les « pro-mariage » !

 

Confondre l’amitié « gay friendly » et l’ « amour » homo

Certaines personnes indifférentes au projet de loi du « mariage pour tous » ou carrément « gay friendly » le sont parce qu’elles confondent à tort l’amitié bienveillante ou l’empathie de principe, bien légitimes, qu’elle ont vis à vis les personnes homosexuelles, et ce que vivent ces mêmes personnes homosexuelles en amour et en actes homos, qui là ne peut pas être justifié car c’est insatisfaisant et souvent violent.

 

Un référendum pour le mariage ?

Demander un référendum pour le « mariage pour tous » est un non-sens. Non seulement nous ne l’obtiendrons pas, mais en plus, les spécialistes en droit nous confirment qu’il n’a pas lieu d’être. Car tel que le projet de loi a été posé dans les termes, il concerne le mariage dans son ensemble, et non spécifiquement le « mariage homosexuel ». Or la réalité de cette institution ne se discute pas. Le mariage existe de toute éternité depuis que l’homme et la femme sont sur Terre et qu’ils ont décidé de s’unir. Il est ontologique. Il est fondé par la différence des sexes, et il fonde la différence des sexes, dans un double mouvement. On peut tout à fait débattre sur le mariage, sur ses modalités de pratique, qui varient selon les époques, les cultures, les religions et les individus. Mais un référendum n’est pas un débat. Ne l’oublions pas. Le référendum décide de l’existence ou non d’une réalité. Or le mariage EST. Il n’y a pas à être « pour » ou « contre », y compris dans une démarche universaliste et populiste de consultation du Peuple dit « souverain ». Des États généraux du mariage (et pas uniquement de la famille), ça, OUI ! Mais la demande de référendum, en plus d’être techniquement compromise, est inadaptée à la réalité du mariage, et inadaptée à la loi du « mariage pour tous » telle qu’elle a été formulée (c’est-à-dire non comme un « mariage gay » mais comme un « mariage tout court »). Alors que nous reste-t-il à faire pour faire barrage au projet de loi Taubira ? S’adresser au pouvoir législatif et à nos députés. Ce sont eux qui ont les clés du débat.