Archives de catégorie : Je l’ai dit

Sainte Humanité

bulle
 

Rencontre christique cet après-midi. Alors que je traversais la place de l’Hôtel de Ville de Paris, deux gars de la rue, Pascal et Philippe (dont l’un d’eux a l’habitude d’y faire des bulles de savon géantes avec des cannes et une corde) écoutaient, assis, avec hauts parleurs, la chanson « Salut les amoureux » de Joe Dassin. Et quand ils m’ont entendu l’entonner par coeur en même temps qu’eux, ils m’ont manifesté un grand enthousiasme. Je n’ai fait qu’un passage-éclair qui nous a valu un bel échange de sourires. Puis, sur le chemin du retour, je me suis arrêté leur parler. J’ai halluciné de leur sympathie, camaraderie, gentillesse à mon encontre. L’un d’eux, le plus âgé, s’est mis à m’évangéliser (« Jésus, il continue de pleurer, tout le temps tout le temps, pour recevoir notre amour. »), sans même savoir que j’étais catho. L’autre, celui de 36 ans, se disait agnostique (« Tu sais, moi je passe mon temps à donner du bonheur aux gens, mais je ne porte que du malheur. »). Mais tous les deux, dans un scène qui avait tout de la cène eucharistique (c’est pour ça que ça me faisait marrer intérieurement, et que je les regardais, émerveillé/intrigué, comme s’ils étaient des Christs déguisés qui ne le savaient pas et qui m’avaient été envoyés pour m’adresser un scoop céleste là maintenant tout-de-suite), m’ont proposé gratuitement à boire, sans me demander d’argent, m’ont parlé de l’Évangile, ont rompu en deux leurs sandwichs Quick pour me le donner, sur un air de « Free » de Steevie Wonder et de « Ma liberté » de Serge Reggiani. Je les ai quittés. Mais ils m’ont bien identifié, et m’ont donné rendez-vous un de ces jours sur ces lieux. Dieu m’étonnera toujours, et nous comble de cadeaux, de messages, de signes. Sainte Humanité.

Jean-Marie Le Pen a RAISON, mais n’a pas ÉMOTION… donc au final, il n’a même pas raison. (Il lui sera retiré le seul talent qu’il possède.)

Jean-Marie Le Pen a RAISON, mais n’a pas ÉMOTION… donc au final, il n’a même pas raison.
 
Jean-Marie
 

La Réalité, nul ne La voit s’il ne réussit pas à conjuguer Raison et Émotion, ou, ce qui revient au même, Vérité et Charité, Faits et Primauté des Personnes. Celui qui n’est que dans l’émotion, en délaissant la raison – ce qui est le cas de nos hommes politiques socialistes et communistes, sans exception – est en dehors du Réel ; et sa politique aboutit à des aberrations absolument catastrophiques et inhumaines (on le voit actuellement avec le Gouvernement Hollande, qui enchaîne les lois homicides, au nom pourtant de très bonnes intentions). À l’extrême inverse, celui qui n’est que dans le rationalisme (à l’instar d’Éric Zemmour, des membres du FN, de l’UDI-UMP, de la droite en général, qui se vantent d’être « réalistes », « lucides », « factuels », « constatifs », « descriptifs », « concrets », « analystes ») au détriment de l’émotion, de l’empathie, de la passion, de la Foi, de l’Humain, de la Charité, de la Miséricorde, de la solidarité, est aussi en dehors du Réel (même si factuellement, il semble avoir raison : sa pensée s’appuie d’ailleurs sur moultes statistiques et courbes !) ; et sa politique aboutit aussi à des aberrations absolument catastrophiques et inhumaines. Car nous ne sommes pas que des machines : des hommes et leurs désirs, leur liberté, les ont construites. Nous ne sommes pas que des actes ou des faits : des hommes et leurs désirs, leur liberté, les ont posés/vécus. Nous sommes humains. Le self-control (cynique et provocateur) et la rétention d’émotions (par hantise du débordement, de la vulnérabilité de l’Amour), les deux marques de fabrique du FN (en plus de la folie pour le « réel » et de la diabolisation des médias), ne sont que la version inversée, gémellaire, dépressive, de l’hystérie déréalisante du socialisme. Mais le FN comme le PS marchent dos à dos. L’irréalisme hyperréaliste du FN fait un écho parfait à l’irréalisme émotionnel du PS.
 

Par exemple, la sortie de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz pourrait se prouver par les faits. Et c’est vrai. Factuellement, Grincheux (qui est loin d’être un crétin et un inculte) a raison : aussi horribles soient les chambres à gaz, historiquement, elles n’ont pas été l’instrument de torture le plus répandu pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais c’est intentionnellement, émotionnellement, que le Pen a tort. C’est la réalité émotionnelle et sociale qu’il zappe. Il veut prouver à la face du Monde, sur le mode de la provocation et du réalisme factuel, que les journalistes sont des ignorants, des idéologues, des serviteurs d’un irréalisme aussi dangereux que le sien… mais juste beaucoup moins cultivé que le sien. Qu’a-t-il gagné au final, si ce n’est la preuve de sa gémellité d’hystérie et d’arrogance avec le PS ? Il est dans le factuel brut, qu’il oppose à l’humain, à l’opinion, à la perception, à la compassion, à la sensibilité sociale, à la RÉALITÉ ÉMOTIONNELLE. Donc finalement, par excès puriste de réalisme, il n’est plus dans le Réel. Toujours la tentation du fils aîné de chercher à AVOIR RAISON avant d’AIMER… Il lui sera retiré même le talent qu’il possède.

L’Affaire Stefanini : la mauvaise foi des journalistes gays friendly + la faiblesse argumentative du Pape sur l’homosexualité

Radio ND
 

Depuis janvier 2015 (et sans doute bien avant), les journalistes et les politiciens gays friendly du Monde entier s’impatientaient et préparaient leur dossier d’inculpation du Pape François pour homophobie en profitant de l’absence de réponse de ce dernier à la demande de candidature de Laurent Stefanini (soi-disant « ouvertement homosexuel ») au poste d’Ambassadeur de France au Vatican. Et depuis hier, ça y est, l’ultimatum est lancé, la Curie est mise au pied du mur : « Alors ? Ça vient, ton cachet ? Si ça vient pas, c’est que t’es homophobe ! »
 

Concrètement, la raison ( = l’homosexualité) du supposé refus du Vatican n’est qu’une présomption journalistique. Pour l’instant, on ne sait pas. Les militants gays friendly rêveraient que l’homosexualité soit la seule explication et justification de cette décision. Mais le Pape ne s’est toujours pas exprimé, et on ne connaît pas la vraie vie morale de Laurent Stefanini. Donc avant de juger de quoi que ce soit et de suivre le procès d’intention des mass médias, il est sage de se taire et de ne pas partir dans des folies interprétatives qui confinent à l’hystérie et au ridicule sur les réseaux sociaux en ce moment.
 

Les allégations « Stefanini a été rejeté parce qu’il est gay » ou même « Le Pape François ne veut pas d’ambassadeur français gay au Vatican » sont des mensonges. Les seuls titres d’articles qui pourraient convenir, parce qu’ils seraient objectifs et factuels, ce sont, à mon sens : « Le Pape ne veut pas de Laurent Stefanini au poste d’ambassadeur » ou mieux « Le Pape François ne s’est pas encore prononcé sur la candidature de Laurent Stefanini au poste d’ambassadeur (Laissez-le libre et foutez-lui un peu la paix à lui et à Stefanini, même si le résultat de leur échange nous intéresse et nous concerne en partie…) ».

 

Par ailleurs, vu que la polémique publique autour de cette affaire enfle, que beaucoup y vont de leur petite réaction mesquine, et que certains vont de toute façon être obligés d’y répondre de par leur fonction (le Pape et Stefanini en première ligne !), je ne peux m’empêcher de me faire du souci à propos de l’argumentaire papal sur l’homosexualité. (Je ne m’attarderai même pas sur les phrases soit carrément homophobes, soit carrément sanguines, de la fachosphère, qui s’exprime en ce moment sur Twitter et qui fonde ses critiques sur la théorie du complot et la haine des médias : hurler « C’est une provocation ! » ou « C’est un piège médiatique ! », comme ça avait déjà été le cas lors de la nomination de Najat Vallaud-Belkacem à l’Éducation Nationale, ce n’est pas un argument de fond et ça ne prouve rien…)
 

Je vais vous dire franchement. Mon inquiétude par rapport au discours papal sur l’homosexualité, c’est que celui-ci est fragile. Le Pape ne parle toujours pas de l’orientation homosexuelle en des termes explicites ni justes, puisqu’il centre son opposition à celle-ci sur la soi-disant dichotomie « homo mais pas gay », ou bien « homosexualité intime / homosexualité sociale » (comme s’il y avait deux communautés homos, comme s’il y avait d’un côté le « signe de péché » et de l’autre le « péché », alors que la frontière entre les deux est d’autant plus mince qu’elle est niée ou au contraire exacerbée démagogiquement). Tout ça pour ne pas traiter le sujet de l’homosexualité de manière vraie, globale et frontale.
 

 

Par exemple, quand le Pape François conclut, dans l’avion de retour des JMJ de Rio (ok, ça date un peu, mais quand même : ça reste une ânerie) : « Le problème n’est pas cette tendance. Le problème, c’est d’en faire du lobbying. », ÇA NE VA PAS. La tendance homosexuelle est déjà un problème, quand bien même ce soit un signe de péché et non un péché à la base. Le signe de péché qu’est l’attraction homosexuelle, même s’il est beaucoup moins grave qu’un péché car il n’est que partiellement acté, qu’« en suspension », qu’il n’est pas libre, et qu’il semble plus hérité que choisi, reste une réalité qu’on ne peut ni banaliser, ni justifier, et qui peut s’actualiser si on ne l’identifie pas comme mauvaise. La tendance homosexuelle, c’est une peur (de la différence des sexes) ou une blessure (de l’identité et de l’affectivité). Donc même ça, ce n’est pas rien ! et ce n’est pas un bien ! je suis désolé ! Le problème de l’homosexualité ne se situe pas uniquement dans le fait qu’elle soit rendue visible ni du fait qu’elle se politise en groupe de pression. L’homosexualité est déjà un problème individuel, un problème dans la sphère du privé, un problème fantasmatique et parfois factuel. L’argument papal « Ça devient un lobby, donc c’est surtout ça le problème », excusez-moi mais NON ! L’homosexualité serait justifiée sous la forme de désir intime à ne pas condamner que déjà ce serait une démarche fausse, pudibonde, lâche et homophobe ! Pourquoi a-t-on peur de condamner le désir homosexuel ? Il n’est absolument pas la personne qui le ressent ! Si on en a peur, c’est qu’on confond encore désir et personne, ou acte et personne… donc on rentre dans une démarche d’homophobie, de peur et de justification de cette peur ! Attention.
 

Non, je suis désolé, l’argumentaire public du Pape sur l’homosexualité n’est pas encore au point, et risque de faire des catastrophes. Il ne suffit pas de dire « J’accueille les personnes homosexuelles et je ne les juge pas. » Car c’est une évidence qui a déjà été dite et redite, et qui se fige en sophisme dangereux si elle n’est pas illustrée par des faits et des mots plus clairs qui s’adaptent aux contextes humains du moment. Ce qui compte de dire maintenant, ce sont les formes de cet accueil, les cadres. Et l’Affaire Stefanini, montée en épingle par les médias et les lobbys, est un appel, une formidable opportunité pour définir ces cadres d’accueil (je vous renvoie à mes deux articles : article 1 sur les 3 mots magiques conseillés au Pape ; article 2 sur la forme de la pastorale spécifique). Si on la voit comme le piège médiatique qu’elle n’est pas en réalité, c’est que nous ne sommes pas encore dans la Vérité par rapport à l’homosexualité. C’est de notre faute.
 
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Si la préparation du Pape en matière de discours sur l’homosexualité semble fragile, il n’y a pas lieu de trop s’inquiéter, car le souverain pontife ne s’est pas encore exprimé ni positionné sur l’affaire Stefanini ; il est à l’écoute de l’Esprit Saint ; et j’ose espérer que l’eau a coulé sous les ponts pour lui depuis le Brésil !

 

En revanche, du côté de La Manif Pour Tous, je constate que la réflexion n’a pas évolué d’un iota. C’est toujours la même peur-haine de la politique, de la sexualité et de la réalité homosexuelle. Elle pratique la langue-de-bois, tente de privatiser l’homosexualité (et la sexualité dans son ensemble ! car elle réduit la sexualité à la génitalité et à la sentimentalité) pour ne pas aborder le sujet en face. Selon La Manif Pour Tous, l’homosexualité ne pose problème que si elle devient publique, visible, politisée, communautarisée, lobbyisée. Sinon, il n’y a pas à en dire quoi que ce soit : « Ça relève de la vie privée ». La Manif Pour Tous ne comprend pas que l’orientation homosexuelle pose déjà problème dans le privé et que nous, personnes homosexuelles, ne vivons pas en quarantaine, ni « en paix parce que cachées » ! Elle ne comprend pas que déjà, le « vivre avec cette tendance » ne mérite ni son indifférence ni l’indifférence sociale en général. Une nouvelle fois, elle se défile, en faisant croire que cette esquive est un argument et un acte de respect. Elle botte en touche, par peur d’être taxée d’homophobe, et parce qu’elle refuse de regarder l’homosexualité et les personnes homosexuelles telles qu’elles sont. Elle fait ainsi preuve d’homophobie (dans le sens strict du terme : « peur du même », et « peur de l’homosexualité, des personnes homosexuelles »). Elle se fout de nous et veut nous isoler, privatiser la sexualité, ce qui est extrêmement grave (pas seulement pour les personnes homos, d’ailleurs, mais pour tout être humain), car la sexualité est une réalité aussi bien intime que sociale : c’est une réalité de VIE, et qui concerne les PERSONNES. C’est toujours la même rengaine : « La sexualité relève du privé… Il n’y a pas de lien entre politique et foi, entre foi et sexualité, entre politique et sexualité… Nous ne nous définissons pas par notre sexualité. Etc. etc. » Je regrette, mais c’est faux ! Nous nous définissons entièrement par notre sexualité (« sexualité » étant entendue comme « sexuation » et « différence des sexes », et non simplement comme « génitalité » ou « affectivité », même s’il n’y a pas à opposer « sexuation » et « génitalité/sentimentalité »). De même, la politique a à voir avec l’intime. Elle est noble et doit nous guider en matière de sexualité et d’amour : elle a son mot à dire, y compris à notre intimité. Et l’Église, encore plus ! Qu’est-ce que c’est, de la part de La Manif Pour Tous, que cette langue-de-bois petite-bourgeoise (qui justifie en plus l’Union Civile, en feignant en public de s’y opposer) ?

Le « problème » que je suis

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Je me rends compte que je suis publiquement très marqué et que ma personne « pose problème » (ou au contraire à énormément de poids et fait beaucoup de bien, à condition que ce marquage soit assumé), aussi bien à l’extérieur de l’Église qu’à l’intérieur, car ma vie condense trois réalités qui sont cruciales – et parfois douloureuses – pour l’être humain : la foi / l’homosexualité / la virginité. Si, dans un ou plusieurs de ces trois domaines, les personnes ne sont pas au clair ni réconciliées, elles ont peur de moi, de mon message et ne m’intègrent pas dans leurs groupes ou dans leurs conférences. Elles s’arrangent pour me faire passer pour un fondamentaliste religieux, un militant LGBT caché, un obsédé de la continence. Ce que je ne suis pas. Mais oui, je porte trois piliers très forts. Ça effraie et ça enthousiasme.

« Aimer en vérité » du Père Grosjean : hyper dangereux

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C’est étrange, ce procès que font certaines personnes mal-intentionnées aux défenseurs de la Vérité. Si elles n’ont rien à leur reprocher sur le fond et la forme, elles s’arrangeront quand même pour trouver des failles ou des rigidités à la forme, et pour voir d’un mauvais oeil la puissance du fond, en imaginant que si ce fond est mal interprété, il peut faire encore plus de dégâts que s’il n’avait pas existé, et que s’il est grand, il gonfle automatiquement d’orgueil celui qui le diffuse. Ainsi, les mauvaises langues, par jalousie, arrivent très vite, alors qu’elles s’éloignent des mots et des faits concrets, à faire passer le bien pour le mal, la Vérité pour un grand danger, l’Amour pour sa mauvaise utilisation, leurs peurs pour la réalité, le mauvais récepteur pour le bon émetteur, l’évangélisateur pour un pervers. Selon leur logique, ce qui « pourrait être » devient déjà ce qui « est ». On les entend reprocher aux évangélisateurs les excès interprétatifs qu’elles leur imputent (et qu’elles créent en réalité !) : « Si son livre est pris au pied de la lettre, ça crée des catastrophes et des générations de névrosés ! » ; « C’est pas lui qui fait le service après-vente de ses livres ou de ses témoignages publics, ni lui qui ramasse les pots cassés ! » ; « Ne le recevez pas. Il a beau dire des choses vraies, ce n’est pas adapté à un public qui n’a pas de recul. » ; « Il a raison, mais il n’est pas à l’abris de la starification et de l’instrumentalisation de son discours, des quiproquos, donc il vaut mieux qu’il se taise. » ; etc. Je fais régulièrement les frais de cette réécriture paranoïaque de mes écrits ou prises de parole publiques (c’est pour cette raison que j’aime que mes conférences soient enregistrées et filmées : pour éviter la dénaturation de ce qui s’est dit, pour éviter le remplacement de l’action par la perception de celle-ci). Et j’ai vu dernièrement ce détournement face à l’influence croissante de l’abbé Grosjean et au succès de son livre Aimer en vérité, ouvrage jugé « dangereux » par certains mauvais esprits, non pas sur la base de son contenu objectif auquel on ne trouve pas grand-chose à redire, mais dans l’utilisation mauvaise et idolâtre qu’ils lui prêtent. Je ne suis pas un défenseur inconditionnel du père Grosjean, loin s’en faut. Je veux juste que soit rétablie la Vérité et que soit rendu à César ce qui est à César. Ce qui m’importe, ce sont les faits et les mots concrets, avant les possibles mauvaises récupérations et perceptions de ceux-ci. La Vérité mérite d’être dite. Et on n’arrivera pas à lui ôter sa part de risque, donc sa part d’amour.

Je sers à rien

 

« Je sers à rien. » Ce cri intime ou ce sentiment abyssal m’envahit souvent en ce moment. Mais je pense qu’il ne m’appartient pas et qu’il est commun à tout être humain. Il ne nous abandonnera jamais, quoi qu’on fasse, quel que soit l’endroit où l’on soit, quels que soient notre âge et notre situation. Il peut couvrir toute l’existence et embrumer même le positif en un rien de temps, d’une manière si efficace que je comprends qu’il puisse conduire au suicide. Et même un « Tu n’es pas seul », dans les moments où précisément nous sommes dans une ville ou entouré de personne dans une culture mondialisé, ne fera que l’approfondir. Ce constat est une réaction à la morsure inexorable du temps. Il est dû à l’érosion et à la vanité des réalités terrestres, à l’inconstance des relations humaines. Le tout est d’essayer ne pas trop le personnaliser ni de l’individualiser autour de notre personne. Sinon, effectivement, on se supprime, ou au moins on se condamne à la honte et au désespoir.

Avis à la fachosphère

 

Avis à la fachosphère (pseudo « catho ») qui m’attaque depuis quelques temps sur les réseaux sociaux (la preuve qu’elle a « plein » d’arguments contre moi… LOL) et qui souhaite décrédibiliser mon travail sur l’homosexualité et le pathologiser simplement du fait que j’ai osé (oh juste Ciel !) révéler le sous-texte lesbien (qu’elle n’a pas su voir) d’un film, « Beignets de tomates vertes », qu’elle a soi-disant « adoré » et qui serait un « chef d’œuvre du cinéma » (faut pas exagérer non plus) : son procès (de « narcissisme homosexuel », de maladie, de bêtise, etc.) à mon égard relève de la pathologie. Et le pire, c’est que ce sont eux qui essaient de me faire passer pour un malade monomaniaque qui verrait de l’homosexualité partout où il n’y en aurait pas. On rêve ! « Beignets de tomates vertes » est répertorié comme crypto-lesbien par de nombreuses études (certes, pas toutes objectives, et pour beaucoup partisanes pro-gays, je le leur concède. Mais quand même !), et surtout à cause du texte original du film (Fanny Flagg, l’auteur du roman qui a servi de base au film, était dyslexique et lesbienne). Si ça ne leur suffit pas, voici quelques liens : lien 1 ; lien 2 ; lien 3 (et encore… je n’ai pris que les premières suggestions de la recherche Google). Je suggère donc à ces personnes de calmer leurs élans homophobes, y compris à mon égard, de ne pas utiliser ce film contre moi, et de me laisser faire mon travail. Merci.

Matin de Pâques

 

C’était étrange. Ce matin, je me suis forcé à aller à la messe de Pâques (à saint Nicolas des Champs). Je n’avais pas du tout envie. J’étais dégoûté de la vie, dégoûté de l’humain, désespéré pour l’avenir du Monde. Et je me disais : « Ça ne sert à rien d’aller à la messe de Pâques car je ne rentrerai pas dans la fête. »
 

Et puis les textes, l’homélie géniale (sur la liberté de Dieu, sur le milieu carcéral), les baptêmes de bébés, la présence de mes amis (dont certains découvrent la messe), m’ont redonné la joie. Pas de manière spectaculaire, ni euphorique. Mais sereine et forte.
Au point que je m’arrête dans la rue pour dire à des jeunes couples qu’ils sont beaux (si si, tout va très bien!^^) et qu’il ne manque plus qu’ils vivent leur bel amour dans l’Église catho. Au point même que je débloque les contacts que j’avais bloqués sur Facebook (je n’hésiterai cependant pas à remettre « au coin » si besoin^^).
 

Belle journée de Pâques. Et pardonnez-moi d’être un grand pécheur.

Film « Test : San Francisco 1985 » (2013) de Chris Mason Johnson

FEMME-ARAIGNÉE sAN francisco 1985
 

Je reviens d’aller voir le tout dernier film de Chris Mason Johnson, « Test : San Francisco 1985 ». En plus d’y trouver énormément de codes de mon Dictionnaire), il y en a un qui est assez incroyable de précision (par rapport au symbolisme de la femme-araignée, icône homosexuelle du danger sexuel). Frankie, le héros homo, danseur pro qui imite souvent l’araignée dans ses chorégraphies, monte sur un arbre dans un parc urbain, et dit texto à son amant Todd : « Je suis Toile d’Araignée », pour le charmer. Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ? Si ceux qui me prennent pour un fou, un dangereux, un narcissique, ne me croient pas, qu’ils croient au moins ceux qui leur parlent sans conscience de ce qu’ils leur dévoilent!

Encore une tuerie…

 

Mama mia… Encore une tuerie, cette année, l’office du Vendredi Saint !!! Il est tellement beau qu’il devrait être remboursé par la Sécu, sponsorisé par Kleenex, proposé à tous ceux qui doutent encore de l’existence de Dieu ou qui dépriment dans leur vie. Je crois que c’est le rite de l’année que je préfère. Et cette fois, je suis allé pour la toute première fois à l’église saint Antoine de Padoue (à équidistance depuis chez moi avec la Basilique du Sacré-Cœur à Paris : je mets à peu près une heure à pied pour me rendre à chacune des deux églises). Obligé d’y aller au moins une fois !
 

Certes, les chants y étaient moins beaux qu’à saint Nicolas des Champs. Mais saint Antoine m’y attendait et a su une nouvelle fois me recevoir ! Une dame que je ne connaissais pas, la cinquantaine, nommée Stéphanie, est venue se mettre juste à côté de moi pour rejoindre une amie à elle. Elle avait une telle intimité avec le Seigneur qu’elle m’a aidé à prier, surtout pendant le « Notre Père ». J’ai baissé d’un ton pour prier à travers ses mots. Et je l’ai remerciée à la fin de la célébration du cadeau qu’elle m’avait fait. Ou plutôt, j’ai remercié le Seigneur à travers elle. Nous étions très heureux tous les deux de notre rencontre. Et j’ai appris, sans m’en étonner, que c’était une grande amie de saint Antoine aussi.
 

Et à la fin de l’office, Saint Antoine a fini de m’achever de bonheur : moi qui croyais être là incognito, je me fais accoster par une personne. Une amie d’une quarantaine d’années, que je n’aurais pas reconnue tout de suite car on ne s’était vus qu’une fois, et dans un contexte public : les Veilleurs. Je lui dis : « C’est magnifique, le Vendredi Saint ! ». Elle me dit : « C’est encore plus magnifique quand on le vit avec son ex-mari. » J’ai mis dix secondes à comprendre qu’elle et son ex-mari, qu’elle m’a présenté, étaient en train de me confier, avec une paix solide et des yeux brillants tous les deux, que des années après leur divorce, ils étaient en train de se pardonner et de se remettre ensemble en couple. C’est un peu comme si un aveugle de naissance m’annonçait qu’il vient de retrouver la vue. Ça m’a inondé de bonheur, car j’ai senti que leur improbable réconciliation les émerveillait eux aussi. Grandeur de l’action de Jésus à travers saint Antoine (d’ailleurs, l’amie dont je vous parle, qui avait perdu son portable lors d’une veillée des Veilleurs, avait retrouvé miraculeusement son téléphone parce que nous avions prié saint Antoine ; entre l’obscurité, les pelouses des Invalides, la foule, et le déplacement du groupe, ça relevait franchement de l’impossible !).
 

Pour finir, comme je suis sorti après tout le monde et que je n’ai vu aucun prêtre, j’ai déposé un paquet de « flyers » de l’École Cours Wojtyla dans l’église… au meilleur endroit qui soit : aux pieds de la statue de saint Antoine de Padoue. Je sais qu’il en fera bon usage ! Vous savez, j’ai décidé de ne pas me faire chier dans la vie ! ;-). Et de déléguer à mes amis du Ciel et de la Terre ce que je ne peux pas faire. Ils ne me déçoivent jamais.