Ça fait fondre mon cœur, les chemins de la Grâce que Jésus offre à chacun d’entre nous, pour nous montrer qu’Il nous aime et entend nos cris, nos prières, nos plaintes, pour nous donner des consolations très concrètes. Cette semaine a été éprouvante pour moi (plein d’obstacles, de déceptions, de combat, de souffrance de ne pas être entendu et que mon message ne soit pas reconnu à sa juste importance) : je me répétais en moi-même « Seigneur, ça fait 15 ans que j’écris et explique sans cesse la même chose, parce que c’est important et que c’est la clé de notre combat… et je ne suis pas écouté, et les cathos préfèrent suivre scolairement des beaux parleurs qui ne déplacent pas les meubles. J’en ai marre ! » Et ce matin, à la messe de saint Nicolas des Champs (ça faisait un moment que je n’étais pas retourné dans cette église), lors de l’homélie du père Thierry Avalle, j’ai entendu mot pour mot ma plainte de la semaine : « Certains ici se disent peut-être que ça fait 10-15 ans qu’ils disent et rabâchent la même chose, que ça ne porte pas de fruit. Qu’ils ne se découragent pas. La parole de Dieu germée en eux doit prendre le temps de la maturation avant de se déployer, et elle se déploiera en grand pour devenir la plus grande des plantes. » Comme à chaque fois que ce genre de coïncidences absolument pas hasardeuses me touche en plein cœur, je fixe, halluciné, le prêtre, et suis pris entre rire et larmes. Dieu, c’est mieux que le téléphone. Les ponts de la Grâce existent bel et bien.
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Homosexualité : levier d’autorité (toujours pas identifié)
Aussi incroyable que ça puisse paraître, ce qui en France a mis les gens dans la rue en 2013, y compris très inconsciemment, c’est uniquement l’homosexualité. Ce n’est même pas le mariage, ni un métaphorique « éveil des consciences », ni la famille, ni la défense de « la Vie », ni la résistance à l’État, ni l’enfant, ni la menace du transhumanisme, ni l’émergence d’une contre-culture. Les Marches Pour la Vie n’ont aucune commune mesure avec la Manif Pour Tous (ni même les manifs Génération Anti-PaCS) pas plus qu’avec les manifs #NoGPA et anti-Gender. L’homosexualité, c’est puissant. Ceci est un constat : pas une défense ni une justification de cette primauté et importance démesurée du sujet. Même dans le combat contre l’euthanasie, la personnalité à laquelle on nous confronte sur tous les plateaux-télé, c’est Jean-Luc Romero, homosexuel ! Malheureusement, à cause de l’aveuglement et l’orgueil des porte-parole LMPT, dans notre propre camp, le ressort de l’homosexualité n’a toujours pas été identifié. Quand je vois comment l’origine du décrochage populaire vis-à-vis de notre mouvement donne lieu à une masturbation intellectuelle improductive et s’éloigne de la bipolarité hétérosexualité-homosexualité (cette bipolarité étant pourtant la seule clé, le SEUL moyen de rejoindre la mentalité populaire, l’affectivité de nos contemporains, la réalité intentionnelle, le chemin du cœur sur lequel repose l’idéologie libertaire égalitariste et progressiste actuelle), je me dis que l’Espérance volontariste défendue par nos intellectuels est une boussole en carton, une lâcheté supplémentaire et inconsciente. Nous nous enfonçons. Et nos porte-parole n’écoutent toujours pas le Peuple.
L’homme révolté de Camus
Ce soir, en me rendant à un cercle de philosophes du Boulevard Saint-Germain (cf. annonce sur OVS), où nous avons médité en groupe sur trois pages (pages 326-328) de L’homme révolté d’Albert Camus, je me suis pris les foudres d’un intellectuel gauchiste soixante-huitard (avec collier de barbe de prof de lettres sorbonnard), idolâtre de Camus, tout simplement parce que je ne jurais pas par Julia Kristeva, et que j’ai eu le malheur d’exprimer que je croyais en l’Amour et en la transcendance, alors que lui pas (je me « radicalise » en ce moment, c’est ça, aussi…).
Voici les lignes que le texte existentialiste de Camus m’a inspirées :
Étant donné qu’aux yeux de Camus la subjectivité est limitée et qu’il ne le supporte pas (il commence d’ailleurs par déplorer que la perception humaine soit trompeuse), il en déduit – à mon sens à tort – deux choses. La première : que la transcendance (autrement dit la Vérité universelle, l’Amour) n’existe pas ; la deuxième : que le Réel est décevant… ou en tous cas plus décevant que le monde fictionnel. La seconde croyance est la conséquence de la première. Camus réduit le Réel à un immense océan dont on ne pourra jamais déterminer les contours, dont on ne pourra pas dégager le sens (« La vie est sans style. », les relations humaines sont aléatoires, « les êtres nous échappent », etc.). Donc il finit par se consoler comme il peut dans la création romanesque, l’imaginaire, la prévalence de la forme sur le fond, ou du fond comme forme existentielle. Cette création romanesque est la seule qui fixe/fige/délimite (lui parle de « correction » du monde réel) un peu les choses, donne du sens à l’absurdité de l’existence humaine, à la vie de Sisyphe que nous aurions tous. La posture de Camus n’est certes pas passive, ni démissionnaire, ni totalement désespérée, mais quand même une combattivité (esthétisée) sans Espérance : « Nous désirons que l’amour dure et nous savons qu’il ne dure pas. » (L’homme révolté) Camus est l’un des pères de l’onirisme individualiste et « réaliste » dans lequel notre époque s’englue.
Bernadette le feu
Sainte Bernadette Soubirous, ce n’était pas une tiède qui disait qu’elle était juste « chrétienne » et que « Jésus nous aime » ou qu’elle « aime Jésus ». Elle insistait bien sur les comment et les conditions de son amour à Lui et à elle.^^
L’ennemi n°1 de l’homosexualité, c’est la maternité
Nous, les personnes homosexuelles nées hommes, en voulons spécifiquement aux mères, parce que la maternité est le seul attribut de féminité que nous ne pourrons jamais acquérir, ni par la loi, ni par la technique, ni par l’esthétique, ni par les sentiments.
Vérité mon Amour
Vérité mon Amour.
Vraiment seul au désert
Vous allez peut-être trouver qu’en ce moment je ne suis jamais content et que je tire sur tout le monde, même mes amis (ce qui n’est pas vrai dans les faits, d’ailleurs), mais tant pis : je me sens en décalage y compris avec ce discours.
Le vrai culturel : si proche du cultuel !
Mercredi 3 juin, en attendant la conférence de Xavier Lemoine programmée en soirée (conférence géniale, au passage), j’ai eu le privilège de passer toute la journée dans un grand complexe artistique flambant neuf de la ville de Saint-Cloud, à travailler sur mon ordinateur et à écrire la suite de ma deuxième pièce : Le Carré s’appelait ce lieu. Une sorte de Temple du loisir-consommation et du Paganisme. J’observais, tout en écrivant sur mon ordi, le défilé de gens qui venaient inscrire en masse leurs enfants pour les activités extra-scolaires de l’année scolaire prochaine. Ça se bousculait au portillon. Défilement des parents bobos nouveaux riches, tirés à quatre épingles, pas fringués aristos cathos, mais friqués-décontract. Dans leur recherche d’activités jeunesse de leur enfant, tout semblait centré sur deux choses : les goûts (le bien-être) et la performance. Aucun sens donné, si ce n’est celui de se faire plaisir et de « savoir faire ». Quasiment rien pour la nourriture de l’âme, du cœur ni pour Dieu. Le tout sur fond de Laurent Ruquier sur RTL (même la musique du générique de On n’est pas couché a été joué par le groupe de rock des jeunes qui faisait une démo). Activités profanes à gogo, proposées par des profs G.O. gentillets et un peu mollassons, barbus avec petite queue de cheval ou fonctionnaires lisses : body-box, danse africaine, hip-hop, théâtre, etc. J’étais navré. Où es-tu Jésus ? Pourquoi les gens vont en masse vers ce qui ne les remplit pas ?
Heureusement, à côté de cette marée « culturo-consumériste », dopée au boboïsme individualiste ambiant, j’ai pu entendre de la bouche de Xavier Lemoine le soir une toute autre défense du culturel, celui qui se conjugue avec le spirituel. En effet, il nous a proposé de « déplacer la problématique de l’IDENTITÉ vers la VOCATION (pour mieux rejoindre l’identité ». Oui. Le « Qui es-tu ? » (JE SUIS CHARLIE, JE SUIS PIPI AU LIT, etc.) remplacé par le « Qui appelles ton cœur ? », ça a quand même plus de gueule. On n’est plus dans le fait culturel mais dans le don de soi et dans le don à l’autre.
Déprogrammé
Et voilà. Le 10 juin, je devais initialement me rendre à une table ronde, en face de deux participants homos de la Gay Pride à Sion (en Suisse) et aux côtés d’un homme politique, dans le style des débats apparemment traditionnels et courtois dans un pays comme la Suisse quand un sujet fait polémique. Et il arrive exactement ce qui s’est passé avec Christine Pedotti qui devait se confronter à moi lors des États Généraux du christianisme il y a deux ans : quand elle a appris qui j’étais, elle a balisé et s’est désistée… Là, c’est pareil. Ils ont tellement les boules de ne pas en mener large face à moi qu’ils viennent d’annuler. Les pro-homosexualité (ou anti-homophobie) ne veulent surtout pas voir traiter vraiment ce qu’ils défendent ou combattent. Idem pour les mass medias, extrêmement homophobes derrière leur façade gay friendly. L’organisateur qui voulait me faire venir m’a écrit : « Les médias ne bougent pas et ne souhaitent apparemment pas nous donner la parole (tu connais la corruption du système !). Je suis en train de lire ton livre: « L’homophobie en vérité » et j’ai proposer l’idée suivante lors de notre réunion : créer une conférence avec ce titre (si tu es d’accord) et t’inviter comme conférencier. L’idée serait de faire cette conférence dans la première quinzaine de septembre. » Affaire à suivre…
On imagine toujours la mort des êtres qu’on admire le plus
C’est bizarre et paradoxal mais je crois qu’on imagine toujours la mort des êtres qu’on admire le plus. Non pas qu’on souhaite leur mort. Car on ne veut surtout pas les voir disparaître. Mais ils dégagent une telle résurrection qu’il est difficile de faire autrement. Donc on est sur le qui-vive dès qu’on goûte au bonheur fugace et éternel de les connaître, dès qu’on les entend dire des choses précieuses et inédites, dès qu’on réalise la bombe qu’est leur prise de parole pour annoncer la Vérité, dès qu’on décèle leur identité de gêneurs sociaux et d’empêcheurs de tourner en rond, dès qu’on mesure sur quelle corde raide marche tout prophète qui peut à tout moment être tué pour ses idées. Une chose est sûre : Jésus devait faire bien peur en même temps qu’il enthousiasmait. Pas de pain sans l’amertume de la coupe.
Cette vision de la mort de mes amis les plus chers, je la vis déjà quand je me retrouve face à des personnes comme Xavier Lemoine, Jean-Pierre Winter, Cédric Burgun, Philippe de Maistre, Nicolas Buttet. Ce moment où l’emballement émerveillé et la forte inquiétude se mêlent inextricablement, où je pense « Il ou elle est fou/folle et génial(e) à la fois ! », « Il ou elle risque de mourir pour ce qu’il/elle est et défend », où je crie intérieurement « Tu me manques déjà ! » ou « Je ne veux pas que vous mourriez ! Non, je ne veux pas !! » et je rigole d’oser seulement penser au décès en de si joyeuses circonstances. Ce moment où on perçoit un trésor génial et en même temps sa grande fragilité, son vulnérabilité d’amour, sa fugacité humaine.
