Archives de catégorie : Je l’ai dit

Una Giornata Particolare

 

Je regarde le film « Una Giornata particolare » sur ARTE. Un film d’Ettore Scola de 1977, trois ans avant ma naissance, où déjà était annoncé le basculement civilisationnel et moral que nous connaissons aujourd’hui : diabolisation du fascisme, promotion et banalisation de l’homosexualité. Les années 1980-1990-2000 : pile les 3 décennies d’incubation de ce revirement vers la fin du monde. Pile ma vie. Mon orientation sexuelle est un symptôme de fin du monde, je l’ai suffisamment étudiée.

Il nous faut plus qu’un simple accompagnement

 

Je préfère prévenir le Vatican. Il nous faut plus qu’un simple accompagnement ou un lot de consolation pastoral. C’est déjà suffisamment difficile pour nous, personnes homosexuelles, de nous priver de toute vie affectivité et sensuelle – vie ne pouvant même pas être compensée par un sacerdoce officiel – pour que l’Église et la société nous laissent en plan et ne nous proposent pas en remplacement quelque chose de carrément grand comme la sainteté et comme une fraternité ! C’est une VIE entière qu’il nous faut : pas un modus vivendi. C’est un rôle de prophètes. Sinon, je vous le dis, nous allons craquer chacune dans notre coin, revoir nos idéaux à la baisse, mourir à petit feu, et revenir au « possible » du « couple » homo « catho ». Si l’unique horizon de vie qui nous attend est le self control, l’introspection et la gestion personnelle et discrète de notre attraction homosexuelle, si l’Église universelle à notre égard ne nous considère que comme des blessés et non des prophètes, que va-t-on devenir et où allons-nous aller ???

Continuez à mépriser le mot « homophobie » : ceux qui s’en saisissent pour la cacher et la pratiquer n’attendent que ça

 

Vous ne voulez pas lire mon bouquin sur l’homophobie (« L’homophobie en vérité »)? Vous vous obstinez à mépriser le mot « homophobie » et à le considérer comme un piège de la novlangue à écarter ou une insulte infondée? Soit. Mais ne venez pas vous plaindre, ensuite, que d’autres personnes plus puissantes et plus riches que vous s’en saisissent pour lui faire dire n’importe quoi et pour imposer leur idéologie asexuée et libertaire à tout le monde. Exemple avec Christiane Taubira à la veille de la Journée Mondiale contre l’homophobie, ou encore les prochaines politiques européennes au programme dans les mois à venir (centrées sur le « harcèlement scolaire », la thématique de la « haine », de la « lutte contre les discriminations », et la « transphobie »).

Arrêtez de hurler contre la GPA et dénoncez plutôt sa source

 

Voilà dans quelle impasse on se retrouve avec ce genre d’articles. Rien ne sert de brandir le mot « abrogation » à toutes les sauces, de faire la grosse voix, de crier « arrêtez la GPA! » ou « stoppons le Gender!! », si on ne dénonce pas la véritable source de toutes les lois que nous dénonçons : la bipolarité hétérosexualité-homosexualité. Tant que les gens de notre camp pousseront des hauts cris sans remettre en cause le nom de l’ennemi (et sa première concrétisation légale : l’Union civile), leur demande d’abrogation restera complice, inefficace, hystérique, ridicule.

Une tuerie, cette phrase !

« C’est par les pauvres qu’on évangélise les pauvres. » (Saint Vincent de Paul)

 

Cette phrase de toute beauté, que je viens de lire dans la biographie du père Jean-Philippe « Celui qui n’a jamais péché… » (un prêtre de saint Jean, présent auprès des toxicos, des prisonniers, des SDF, des personnes prostituées et transsexuelles), n’a pas fini de me nourrir et de m’inspirer. Que c’est juste et bon ! Concernant aussi l’homosexualité.

Si vous vous taisez, personnes homos, c’est bientôt le bain de sang

 

Je voudrais mettre en garde mes frères homosexuels qui actuellement restent muets ou complaisants à l’égard des lois qui passent en notre nom, lois qu’ils ne veulent pas vraiment, et qui nous transforment à la fois en victimes, en sur-hommes ayant tous les droits et en trafiquants d’enfants : si vous continuez à vous taire et à rentrer dans l’instrumentalisation dont nous, personnes homosexuelles, faisons l’objet, vous nous préparez un retour de bâton homophobe d’une violence inégalée jusque-là (les camps de concentration nazis, à côté, ce sera la rigolade). Et ce, dans un futur proche. Vous ne pouvez plus vous permettre le luxe de vous taire sur l’homosexualité ni de vous y adonnez. Vous ne pouvez plus vous permettre de faire semblant d’avoir voulu le mariage. Ou alors c’est bientôt le bain de sang.

Appelé par mon nom de famille

 

En général, quand on ne m’appelle que par mon nom de famille, c’est que soit on a été mon élève, soit on me veut du mal et on ne m’envisage plus dans mon humanité ni ma réalité, mais uniquement comme un personnage médiatique abstrait. Il n’y a que dans la bouche de personnes comme le pianiste Vincent Laissy que j’en aime l’emploi, car je sais que chez elles, le mot « Ariño » est emprunt de camaraderie et d’admiration pour les choses publiques que je fais. Elles assument autant le Philippe privé que l’Ariño public, donc elles m’accueillent tout entier.

Dix petits conseils pour réussir notre lutte mondiale contre le « mariage pour tous »

 

Fort de mon expérience de militant à La Manif Pour Tous en France, j’aimerais nous donner dix conseils très utiles pour nous aider à gagner la guerre contre la destruction « légale » de l’union d’amour entre l’homme et la femme, c’est-à-dire contre le « mariage homosexuel ». Car nous ne sommes en réalité qu’aux débuts de notre combat. Puisque nous n’avons jamais vraiment parlé ni de la Loi Taubira ni d’homosexualité.

 

1- Arrêter, concernant le « mariage pour tous » et la GPA, de se focaliser sur la filiation. En ne parlant que de l’enfant et des conséquences de la loi, nous sommes en train de tout gâcher : non seulement nous justifions l’Union civile, mais en plus, nous encourageons nos hommes politiques à couper le « mariage pour tous » en deux et donc à le faire passer.
 

2- Oser parler d’amour. Sinon, nous laissons le thème à ceux qui en parlent mal et de manière irréaliste. La définition de l’amour est au centre du débat. En général, nous la méprisons car nous croyons qu’elle est dangereuse ou hors-sujet.
 

3- Oser parler d’homosexualité : c’est la clé des débats. La loi du « mariage pour tous » passe au nom de « l’amour homosexuel ». Le sujet est donc incontournable. En Italie, par exemple, ils ont carrément adopté comme consigne de s’interdire de parler du sujet. Et c’est là leur plus grosse erreur. Ils basculent dans l’homophobie qu’on leur reproche.
 

4- Détruire le mythe de l’hétérosexualité. C’est à cause de notre justification de celle-ci que nous rentrons dans le jeu de nos opposants, que nous appuyons toutes les lois pro-gays, que nous croyons en l’existence d’un « lobby homo » inexistant (seul le lobby hétéro existe), et que nous n’obéissons pas à l’Église.
 

5- Ne pas mépriser le mot « homophobie » et le voir comme autre chose qu’une insulte infondée ou un piège sémantique. Le traitement de ce thème est une opportunité incroyable pour rallier nos opposants à notre cause.
 

6- Reconnaître qu’en plus des enfants, les vraies victimes de l’Union Civile, du « mariage pour tous » et de la PMA/GPA, ce sont les personnes homosexuelles.
 

7- Rentrer dans le débat d’idées, privilégier la réflexion avant l’action, et ne pas mettre la forme à la place du fond. En France, nous avons fait cette erreur de figer nos opinions en posture muette (les Sentinelles), en manifestations impressionnantes mais inefficaces (La Manif Pour Tous).
 

8- Parler le langage de nos détracteurs (ne pas utiliser des mots tels que « Gender », « transhumanisme », « abrogation », « famille », etc.) au lieu d’essayer de les convaincre de comprendre nos concepts. Nous devenons inaudibles.
 

9- Assurer la couverture complète du sujet à travers ces trois prismes : politique/foi/homosexualité. C’est le seul moyen d’embrasser vraiment le débat, d’être nous-mêmes, et d’être vrais. Ne faites pas comme en France où nous n’avons parlé que de l’aspect politique, et où nous avions renié Jésus et les personnes homos.
 

10- Accueillir les personnes homosexuelles de notre propre camp et leur laisser la PREMIÈRE place. Ce sont les personnes les plus légitimes et les plus puissantes dans le débat, si et seulement si elles sont continentes, si elles parlent vraiment des actes homosexuels, et qu’elles ne sont pas juste là pour casser du « lobby LGBT ».