En humanité, la séparation ou la résistance à la fusion n’est pas division, mais Vie.
En humanité, la séparation ou la résistance à la fusion n’est pas division, mais Vie.
Nous sommes tous abstinents. Plus ou moins sans le savoir. Mais nous sommes tous abstinents. Quand on me fait remarquer agressivement que mon statut d’abstinent est ultra-minoritaire, ne parle à personne, qu’aucun ne pourra s’y identifier et croire que ça rend pleinement heureux, c’est qu’on veut finalement nier la beauté de la liberté humaine. Car tout être humain est amené plusieurs fois dans sa vie à être abstinent génitalement (bébés, enfants, adolescents, célibataires, personnes handicapées, veufs, prêtres, vieillards, et même les hommes mariés ou en concubinage qui ne font pas l’amour 24h/24 à leur compagne)… sauf que certains l’assument et le donnent aux autres (ils s’appellent les continents) et que les autres ne l’assument pas et sont prisonniers de ne pas le savoir (ils s’appellent les frustrés libertins).
Peu de nos larmes sont de vraies larmes. Peu de nos tristesses sont de vraies tristesses. Peu de nos déceptions sont de vraies déceptions. Peu de nos cris sont de vrais cris. Peu de nos colères sont de vraies colères. Peu de nos révoltes sont de vraies révoltes. Car ils célèbrent bien plus souvent la destruction que la vie.
Quand tu sais ce que tu vis, tu n’as plus rien à craindre.
Entendons-nous bien. L’homophobie est un ACTE violent à l’encontre de tout individu homosexuel au nom de son orientation sexuelle. Point barre. Nous ne devons pas perdre cela de vue. Elle n’a pas à être détournée, réduite ou niée en ACCUSATION DE PERSONNES, en bout de scotch qu’on met sur la bouche de n’importe quel opposant à nos volontés. Ceux qui, au nom de la lutte contre l’homophobie, créent cette transformation sémantique et alimentent l’amalgame entre acte et personnes sont particulièrement homophobes car ils nient les faits à dénoncer pour privilégier leurs fantasmes diabolisants.
CIVITAS, ils ne sont pas cathos. Non parce que nous les cathos le voudrions, mais bien parce qu’eux le veulent et s’écartent eux-mêmes de l’Église. Comme de parfaits pharisiens, ils se désignent d’ailleurs « laïcs » et nous trouvent trop « mous » et « gentils ».
L’homosexualité, c’est exactement comme l’obésité : il y en a certains qui ne l’ont absolument pas choisie et qui n’y sont pour rien ; il y en a qui à la fois l’ont subie et qui s’y installent ; d’autres qui en sont totalement responsables par leurs comportements. Et avec tous ces degrés différents de liberté, on voit bien qu’on ne peut socialement ni l’applaudir, ni la proposer comme norme d’identité et de bonheur.
Quand je dis que la loi du « mariage pour tous ceux qui le désirent » est homophobe, étant donné qu’elle force les couples homos à singer le couple femme-homme+enfant, ce n’est pas dans le sens où elle imposerait ouvertement et violemment un modèle conjugal/familial unique. C’est plus hypocrite et sincère que ça. Elle ne matraque pas ce modèle: elle le permet, elle le propose. Elle impose mollement, avec des étoiles dans les yeux, en pensant promouvoir l’ « ouverture à l’universel ». Mais qui a dit que l’omission, l’indifférence ou la bonne intention ne faisaient pas partie de l’oppression, du mépris et de la tyrannie?
Me dire que je n’ai pas le droit à la parole du fait que je sois catho et que la foi c’est de l’ordre du privé, c’est comme me soutenir que l’Amour de ma vie (= l’Église) est une conne et qu’il faut que je la garde enfermée à double tours à la maison. C’est aussi violent que ça.
Fait surprenant : mon parcours de vie rejoint mystérieusement, intimement, plus particulièrement les personnes divorcées, veuves et consacrées.