Archives de catégorie : Je l’ai dit

Elle est dans ma chambre…

Sans rire. Il y a un an, en faisant le ménage dans ma petite piaule parisienne du Jardin des Plantes, j’ai vu surgir une assez grosse araignée noire. Je n’ai pas pu m’empêcher de la trouver effrayante et « dégueulasse ». Je me suis armé d’un bout de papier (je n’avais rien d’autre sous la main ; je n’ai pas – à part moi – de tapette à la maison ^^), et je l’avais à portée de main pour l’écrabouiller… quand je me suis lamentablement loupé ! Elle est allée plus vite que l’éclair et s’est cachée dans un recoin de la pièce où je ne pourrai pas la retrouver. Depuis, je sais qu’elle habite avec moi sous les toits de Paris. Elle ne m’empêche pas de dormir (Là, je vous en parle pour le « fun », mais elle ne hante pas mes nuits et mes angoisses… même si le jour où je me retrouverai encore nez à nez avec elle, je continuerai de la trouver affreuse). Je sais qu’elle est là. Pour longtemps. Mais pas pour toujours.

 

Charité avant Vérité

L’accueil de l’autre et la priorité donnée à sa personne plutôt qu’à ses actes ne sont pas, contrairement à ce que pense le paranoïaque, une soumission. Ce n’est pas baisser le pantalon devant « l’Ennemi ». C’est aimer malgré tout et en vérité.

 

La Vérité avec Ses formes

La Vérité sans l’Amour et sans Sa forme, ce n’est plus la Vérité. Que ceux parmi les « cathos » qui tiennent des propos anti-homosexualité en se valant de la lutte contre leur diable actuel préféré – le RELATIVISME – pour s’en justifier, viennent me voir : croyez-moi, ils seront bien reçus !!! Leur vérité froide et si peu aimante sur l’homosexualité casse tout le travail de ceux qui, tout en reconnaissant les limites du désir homosexuel, s’attachent à prouver que les personnes homosexuelles ont un avenir – et un bel avenir ! – si elles vivent leur homosexualité d’une manière ajustée à ce que préconise l’Église catholique.

 

Faire des jérémiades de prophète

J’aime bien ceux qui se plaignent. Ceux qui se plaignent sans violence, sans révolte, constructivement. Ceux qui se plaignent parce qu’ils agissent pour les autres. Ceux qui poussent leurs jérémiades de Jérémie, de prophètes. Ceux qui ne sont pas mous et qui hurlent leur mécontentement quand il y a des raisons d’être indigné, quand la dignité humaine et religieuse est attaquée. Oui, j’aime ceux qui se plaignent et qui prennent le risque de ne pas plaire à tout le monde.

 

Jésus n’est pas « fun » et « top délire »

Je ne suis pas pour qu’on donne à tout prix à l’Eglise catho et à Dieu une image cool et branchée. Ils sont modernes, branchés, et atemporels tout seuls, sans flafla, fanfare, ni mots d’anglais ni tee-shirt (même si je n’ai rien contre les tee-shirt à l’effigie de Jésus : d’ailleurs, j’en porte un, « Jesus loves Paris« , que j’aime beaucoup). Pas besoin d’en faire des caisses au nom de la nécessité (légitime pourtant!) de Les annoncer. Pas besoin de leur rajouter de la jeunesse, de la bonne humeur, du délire télévisuel forcé ou de la vulgarité, de leur inventer une urgence, de s’époumoner à dire que « Jésus aime le cul, la fête, le délire » (= « Jésus mon amphét’, mon crack »), que « Jésus est politique » (= « Jésus président!! »), en oubliant la gravité (pas triste), l’humilité, et la Personne pauvre du Crucifié qui s’abaisse. Ce n’est pas le fait de devenir médiatique qui pose fondamentalement problème, mais d’être médiatique comme ça (= c’est-à-dire pour sa propre gueule autant que pour Jésus). Le cathodique ne doit pas prendre le pas sur le catholique.

 

Cathos secs

Ce qui me coupe l’appétit, m’agresse et me navre, c’est le catho sec. Celui qui ne t’adresse pas la parole aux mariages, qui ne te regarde pas dans les yeux, qui ne t’écoute pas, qui ne rigole que très rarement, qui ne s’intéresse pas à toi (même quand tu as une vie objectivement consistante), qui ne te pose des questions sur toi qu’à partir du moment où il apprend que tu es mélomane (musique classique, bien sûr), que tu es né dans la bonne famille (à particule), que tu connais son milieu social, que tu as des tas de diplômes, que tu as SES références culturelles, que tu commences à être connu, que tu sais danser le rock, que tu es militaire (croyant pratiquant, ça marche à peine pour lui, parce qu’il y a aussi des « cathos beaufs » et des « pauvres types » dans l’Église, malheureusement…). Il se comporte en général en homme puriste, élitiste, misogyne, raciste, homophobe, sectaire, imbus de lui-même. Il est catho sur le papier, par la « race » et le CV, mais pas dans la vie. Le catho sec est désespérant parce qu’il donne une image faussée des vrais catholiques, qui eux ne se servent pas de Dieu pour haïr les autres. En ce sens, c’est, pour reprendre le bon jeu de mots de mon ami Charles Vaugirard, un parfait « étouffe-chrétiens » ! Et à ce jour, cela va peut-être vous surprendre, mais je l’ai rencontré beaucoup plus souvent parmi les jeunes femmes que parmi les hommes. (Et parfois, je peux l’incarner quand j’oublie d’aimer… C’est pour ça que j’essaie de l’aimer, et d’aimer tous les chrétiens.)

 

L’importance de dire « oui »

S’il y a bien une chose que m’a appris le théâtre d’impro (que j’ai exercé modestement pendant 2 ans au théâtre Le Bout – maintenant La Cible – à Paris, avec un très bon prof de one-man-show Yoann Chabaud), c’est d’essayer de dire le plus souvent « oui ». D’ailleurs, pour qu’une improvisation marche et coule toute seule, il est nécessaire d’adopter le principe de précaution du non-rejet de ce que nous propose notre partenaire de sketch. Dans la vie, j’essaie de faire pareil, et d’accueillir d’emblée ce qui m’est proposé. Et ce n’est qu’après que je me positionne plutôt pour ou plutôt contre. Je me rends compte que le « oui de principe et de bienveillance » ouvre, apaise, débloque bien des situations à priori cadenassées !