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17 novembre 2012 : défiler POUR les personnes homosexuelles

C’est avec plaisir que je serai des vôtres le samedi 17 novembre 2012 à Paris à la manif régionale contre le projet de loi du « mariage pour tous », et qui prépare la grande manif nationale du 20 janvier 2013. Vous pouvez compter sur moi en tant que parrain (parmi tant d’autres), en tant que personne homosexuelle déclarée, et aussi en tant qu’opposant à cette loi du « mariage pour tous ceux qui le désirent », loi surréaliste et inappropriée aux unions homosexuelles, qui va à la longue les desservir. J’essaierai de vous rappeler dans quel esprit doit, me semble-t-il, se vivre cet événement : non comme une croisade CONTRE les personnes homosexuelles ou un soi-disant « lobby gay » qui voudrait détruire volontairement la famille, les enfants, et le mariage ; mais bien comme une marche pacifiste POUR et AVEC les personnes homosexuelles qui, loin d’être à l’initiative du « mariage pour tous » ni ses bénéficiaires, sont en réalité les marionnettes d’une société gay friendly bisexuelle qui ne croit plus en l’Amour, qui a quitté le Réel, et qui veut embarquer la communauté homosexuelle dans sa rêverie amoureuse et existentielle désenchantée. Alors homosexuels ou pas, épargnez-nous, à nous personnes homosexuelles qui n’avons jamais voulu le mariage, ce cadeau empoisonné qui risque de nous attirer les pires foudres homophobes à l’avenir ! Venez défiler le 17 novembre !

 

Bonnet d’âne homophobe = Couronne de Gloire

N’ayons pas peur des ricanements du monde. S’ils viennent à cause de notre défense pacifique du Réel et des plus fragiles de la société, le bonnet d’âne de la honte homophobe qu’on nous fait porter se transformera en couronne de gloire et d’humilité. L’image médiatique n’est pas plus forte que le Réel qu’elle est censée cerner. Ne l’oublions pas.

 

« Tu dis ça parce que t’es catho ! » OUI !

Certains me disent que, parce que je suis catholique pratiquant, toutes mes prises de position et mes opinions procèdent de ma foi, sont teintées de catholicité (que je m’en rende compte ou pas, ça serait plus fort que moi), et sont réductibles à un discours religieux. À cela, au lieu de répondre de manière épidermique : « Mais pas du tout!! Ce sont des points de vue que pourraient soutenir beaucoup de personnes athées, car avant d’être catholiques, ils relèvent du bon sens ! », je reconnais en effet que mon opinion est très religieuse, non pas de s’exprimer en des termes explicitement théologiques, mais dans le sens où la religion catholique occupe une place primordiale dans ma vie, et qu’elle est au plus proche du bon sens et de ce que vivent les êtres humains en général.  C’est au nom de l’incarnation de Jésus que je peux dire que mon observation du Réel me conduit au religieux, au sacré. Plus notre discours est humain, basique, proche de l’Humanité, plus il est religieux, proche de Dieu, et touche au divin. Alors j’assume d’avoir un discours religieux, même quand j’exprime un avis sur une personne ou un fait de société sans prononcer le mot « Dieu » ! 😉

 

Alliance mariage-Nature

Le mariage, c’est une relation humaine à deux, qui cerne le Réel et qui se nourrit de l’accueil du mystère d’amour de la différence des sexes et de la fécondité de celle-ci (fécondité procréative ou pas, ce n’est pas sa condition de validité : les couples stériles femme-homme ne rejettent pas l’accueil de la différence des sexes ; les couples homosexuels, si). Le mariage est avant tout un service, un ajustement à la Nature, un engagement ; pas un droit, un ressenti, une construction uniquement humaine, un contrat.

 

Ne pas trop s’épancher publiquement sur ses souffrances

Je mesure de plus en plus combien il n’est pas juste de trop s’épancher publiquement sur ses souffrances et ses combats intérieurs, de laver son linge sale en famille, de demander aux autres qu’ils comprennent/résolvent toutes nos mélancolies, qu’ils gèrent nos tempêtes personnelles, qu’ils partagent nos nuits les plus sombres. Seul Jésus peut vraiment porter et soulager tout ça. Le mal, toujours temporaire, ne mérite pas mieux que notre discrétion.

 

Éloge de l’infidélité homosexuelle

L’infidélité amoureuse au sein de la communauté homosexuelle, c’est toujours le diable sur qui tout le monde crache pour mieux la pratiquer et la banaliser dans les faits. Mais en gros, personne n’en parle…

Cela va peut-être vous surprendre, mais j’ai une grande envie de la dédiaboliser et de la désacraliser, cette déesse, pour lui rendre ses lettres de noblesse une fois qu’elle se sera convertie et canalisée en Christ.

Parmi mes frères homosexuels qui sont en couple, j’ai une empathie et, étrangement, une proximité et une admiration particulière pour ceux qui sont soit super possessifs, soit super infidèles (généralement, les deux vont ensemble : ces gens deviennent infidèles et imbuvables avec leur compagnon parce que précisément leur sonnette d’alarme, leur insatisfaction en amour, et leur soif de grandeur ne sont pas entendues !). Je préfère de loin l’entièreté des garçons et des filles infidèles à la mollesse de leur partenaire dévoué et consommateur, passivement fidèle, parce que dans leur écart de conduite, on peut encore trouver un soubresaut d’énergie recyclable, une emprise ou une intelligence (l’intelligence du désespoir), y lire un appel fort à la sainteté, un cri prometteur, un possible réveil, une future décision d’arrêter les conneries et de se prendre au sérieux. Quelqu’un de très infidèle est capable, dans un autre cadre conjugal, de tout plaquer pour être « fidèle à plein temps ». Quand les personnes homosexuelles vont « voir ailleurs », elles puisent au moins une énergie qui les aident à assumer d’être les salauds de l’histoire, les excessifs, les incompris, les révolutionnaires qu’elles ont toujours rêvées d’être. Et cette intention, j’aime ! Elles s’élèvent contre le confort ronflant et généralisé des couples homosexuels (même si, par l’infidélité, elles le résolvent et le problématisent mal). Elles ont le courage de dire tout haut (et pour deux !) l’insatisfaction d’un état de vie amoureux peu comblant dont leur partenaire se serait facilement accommodé. Les hommes homosexuels infidèles et libertins sont de grands idéalistes au fond (sinon, ils n’en seraient jamais venus à tordre le cou à leur romantisme avec une telle désinvolture et un tel cynisme !). J’exècre l’infidélité, mais j’aime la promesse de force dont elle peut être témoin si sa radicalité est retournée vers le Seigneur.