Archives de catégorie : Je l’ai dit

Interférences entre ma chambre (espace pudique) et les autres (espace public)

J’ai la preuve que les anges et les messagers divins existent vraiment! Car, comment se fait-il que les gens me croient d’office dès que je dis que je vis la continence (et ils ont bien raison, puisque je l’expérimente vraiment !) sans même avoir pu vérifier mon intimité (moi seul peut la connaître et sais ce que je vis, quand même ! moi seul devrait être au courant que je ne regarde plus de porno, que je ne drague plus, que je ne me masturbe plus, logiquement!). D’où vient leur foi et leur assurance à me donner d’office crédit ? Il n’y a pourtant pas de caméras et de micros dans ma chambre ! Je ne vois qu’une seule explication au fait que je n’ai pas à prouver la correspondance entre mon privé et mon public, et plus généralement au fait que l’être humain n’a pas d’effort à faire pour attester de la cohérence entre ce qu’il fait intimement et ce qu’il dit extérieurement: les anges de Dieu parlent de notre vie à tout le monde, jusqu’aux extrémités de la Terre ;-). Tout est et sera dévoilé. Personne ne peut tricher et tromper son monde, ni vivre longtemps une double vie. Jésus se charge d’afficher notre unité si nous le suivons, ou de révéler socialement un mensonge et un manque d’unité si nous ne le suivons pas, ou si nous ne le suivons que pour l’image sociale valorisante qu’Il nous donne. Obéir à Jésus, c’est d’abord un mystère d’intimité, de pudeur, de secret, de fragilité, de discrétion, d’actes de foi posés à l’abri des regards. C’est le mystère du commandement « Aime ton prochain comme toi-même », le 11e commandement de Jésus, que j’ai longtemps eu du mal à comprendre. La Réalité est incontournable, et autrement plus forte que la visibilité et la subjectivité humaine.

 

Hypocrisie des « homos mais pas gays »

Certains individus gay ou lesbiens, de plus en plus nombreux (et de plus en plus bobos aussi…) tentent de sauvegarder leur utopie d’amour homosexuel et leur croyance en la beauté de l’homosexualité en valorisant les « exceptions d’amour » que leurs couples seraient, en n’attribuant les travers du désir homosexuel qu’aux êtres soi-disant débauchés du « ghetto gay », qu’à Internet, qu’au « milieu », en diabolisant la génitalité et « le sexe homo » (comme ils disent) au profit de la beauté de « l’homophilie » et de « l’homo-sensibilité » (ils n’aiment pas, d’ailleurs, le terme « homosexuel », car il y a « sexuel » dedans, ni le terme « gay » parce qu’il y a l’idée de « foire aux bestiaux contemporaine » derrière : ils tiennent à se définir comme « homo-sensibles », « homophiles »), en fustigeant toutes les manifestations de visibilité homosexuelle (Gay Pride, médiatisation, lois sociales sur l’homosexualité, tout type de débat collectif sur le désir homosexuel, etc.). Selon eux, l’invisibilité, la pudeur, la gratuité, la discrétion, la sincérité, l’intimité, l’amitié amoureuse, le spirituel, rachèteraient in extremis le désir homosexuel et lui redonneraient ses lettres de noblesse. La mise en pratique des actes homosexuels et du couple homosexuel se justifierait dans la poésie angéliste, dans la mise en scène de désintéressement et d’amour platonique, limite religieux (« Si j’aime mon copain, c’est pas que pour le cul : c’est pour sa personne, c’est parce que c’est lui. On ne couche pas nécessairement ensemble, vous savez ? Le sexe prend une part mineure dans notre relation. Nous sommes homo-sensibles, mais nous ne nous réduisons pas à notre tendance sexuelle ni à nos ébats sexuels, sensuels. C’est bien plus chaste que ça… C’est bien plus silencieux, plus sobre, plus sacré… »). Ça semble beau, dit comme ça. Mais quelle bande d’hypocrites !

 

Parlons d’homosexualité

Je le répète. L’opposition à la loi sur le « mariage pour tous ceux qui le désirent » doit se centrer sur les personnes homosexuelles et le sens de leur désir homosexuel ; non sur leurs droits, ni même sur le mariage ou sur l’enfant. L’argumentaire reposant sur les conséquences du désir homosexuel, sur la promotion de la famille et la sauvegarde de la filiation, aussi construit et fondé soit-il, ne pèse pas lourd si on n’étudie pas le désir homosexuel en lui-même. Ce n’est pas d’abord l’avenir de l’enfant le problème de l’histoire : ce sont les liens non-causaux (mais réels !) entre l’homosexualité et le viol, liens complètement ignorés et diabolisés par le grand public. Alors arrêtons deux secondes de parler de l’Enfant ou du Mariage, s’il vous plaît, et parlons de l’homosexualité, nom d’une pipe ! Sinon, personne ne comprendra pourquoi il est juste de s’opposer fermement au projet de loi du gouvernement !

 

L’enfant-paravent

Allô la Terre, ici Tintin ! On se réveille ou quoi? Dans les débats actuels sur le « mariage pour tous ceux qui le désirent », les grands oubliés sont les personnes homosexuelles. Plus encore que les enfants sur lesquels se centrent tous les argumentaires d’opposition au projet de loi ! À bien y réfléchir, c’est une connerie monumentale que nous faisons parce que, contrairement aux marmots qui sont les témoins muets de l’histoire et les objets des multiples projections des adultes, les personnes homosexuelles, quant à elles, ont de la voix et parfois une cervelle pour parler d’elles. Nous a-t-on vraiment écoutées (mis à part les rares parmi nous qui ont répété par coeur comme des perroquets leur rôle de militants pour faire plaisir à leurs bienfaiteurs législateurs) ? Tant que les opposants au « mariage pour tous » se centreront uniquement sur l’enfant, ils pisseront dans un violon. Leur discours tombera à côté. La problématique du nouveau projet de loi sur le mariage, bien avant d’être celle de la conjugalité et de la filiation, est celle de l’homosexualité. Nous n’osons pas nous l’avouer, par peur de nous frotter à ce sujet épineux, mais pourtant c’est le passage obligé. Alors nous nous réfugions dans un argumentaire scolaire qui ne parle plus du tout à notre société méprisant le mariage et la famille (mais qui, paradoxalement les idéalise au moment d’en faire autre chose, de les dénaturer). Mais nous n’avons rien compris! Les personnes homosexuelles, leur désir et ce qu’elles vivent, devraient être la pierre d’angle de nos « jolis » discours sur la beauté de la sexualité, du mariage, de la famille, sur le « bien-être supérieur de l’enfant »! Sans elles, nous ne pourrons rien faire. Si nous nous obstinons à tenir les personnes homosexuelles à l’écart (parce qu’au fond, nous ne leur faisons pas confiance et que nous en avons une frousse terrible), l’enfant ne constituera qu’un piètre bouclier en carton, qui s’envolera au premier coup de vent. N’oublions pas qu’elles sont les bénéficiaires officiels du projet de loi sur le mariage ! Dans notre argumentaire, nous ne pouvons pas faire l’économie d’une réflexion profonde sur le désir homosexuel, sur les couples homosexuels. Et ça, les lobby familialistes ne l’ont toujours pas compris. Ma main à couper que ces derniers ne pèseront pas lourd avec leurs manifs urbaines et leurs banderoles de carnaval « à la CIVITAS ». Quand va-t-on nous considérer NOUS, personnes homosexuelles???

 

Le mal extérieur et le mal intérieur

J’ai remarqué qu’en général, on gère plus facilement le mal quand il vient de l’extérieur et qu’on a maîtrisé/dépassé de manière relativement durable le stade de la lutte contre ses propres démons, que lorsqu’on se rendait encore complice de ses maux intérieurs. Une fois donnée à Jésus et aux autres, la souffrance atteint alors une autre dimension ; notre gestion du mal accède à une nouvelle étape, à une vraie maturité. On supporte mieux le mal car il n’est plus chargé de honte, de volonté propre et de collaboration personnelle. C’est le mal intérieur auquel on se livre dans le secret de notre intimité et de nos actes qui est le plus attristant et le plus pénible à porter, au final ; c’est lui qui nous ronge. Pas le mal extérieur. Quand le mal s’extériorise et vient des autres plus que de nous-même, on se rend compte qu’une force incroyable nous est conférée. On est capable d’encaisser les coups comme jamais auparavant. On peut subir les pires outrages, des attaques concrètement plus fortes et plus dangereuses que lorsque nous étions en guerre contre nous-même… mais au final, paradoxalement, celles-ci seront, je crois, toujours plus faciles à supporter. La plaie de notre vie, c’est vraiment le mal intérieur. Quand on s’en libère de manière quasi définitive, la souffrance ne nous atteint plus pareil et aussi efficacement. On devient capable de déplacer des montagnes, d’endurer énormément, et de faire de notre expérience de la violence reçue une action de grâce.

 

Mariage homo, l’ouverture à l’inceste ?

Si la parenté et la filiation sont réduites à une question de volonté, de sincérité, de capacités éducatives individuelles, en effet, n’importe qui peut se déclarer le père ou la mère d’une personne qu’il prétend aimer : cela ouvre la porte à l’incestuel et à l’inceste. Si le mariage est réduit à une question de consentement mutuel et de sentiments, n’importe qui peut se déclarer amant, mari, femme, époux, épouse d’autrui : cela ouvre la porte au multipartenariat, au « poly-amour » et à une forme nouvelle de polygamie. Ce sont des risques concrètement soulevés par la loi sur le mariage et l’adoption. Qu’on le veuille ou non. Même si les liens entre polygamie, inceste et homosexualité ne sont pas causaux, et qu’ils ne deviennent réels que pour le cas où l’homosexualité est pratiquée. Pas pour l’homosexualité en elle-même, à l’état de désir ressenti mais non-actualisé sous forme de couple.