Archives de catégorie : Je l’ai dit

Pardon : je ne serai toujours que moi-même

Interrogez des gens qui m’ont connu en vrai pour dire du mal sur ma vie. Si vous voulez y trouver des failles, vous y arriverez toujours. Il y aura bien un de mes colocs qui dira que je suis crade, paresseux, trop ascétique, désordonné et radin ; un de mes frères qui dira que je suis un boulet, un cas social ou un malade mental ; un de mes élèves qui dira que j’ai été un prof incompétent et sans autorité ; un de mes anciens amis qui assurera que je suis invivable, orgueilleux, imbus de moi-même ; un de mes ex qui dira que je pue, que je suis un mauvais « coup » au lit et que j’ai un corps moche ; un de mes camarades comédiens qui dira que je n’ai aucun talent pour le théâtre ; un critique littéraire ou une personne qui m’a entendu en conférence qui dira que je suis choquant, excessif, arriviste, narcissique, incompétent, et qu’il faut se méfier de moi. Mais tout ça, ce ne sera pas foncièrement moi quand je suis habité par Dieu et regardé avec les yeux de l’Amour bienveillant. Oui, j’ai plein de défauts, et notamment celui d’être humain. Mais à mon tour, je pourrais demander à ces individus qui croient me connaître et qui médisent sur mon compte pourquoi ils n’ont pas eu assez d’amour pour pouvoir dépasser ce qu’ils me reprochent. Car le manque d’émerveillement est toujours injuste, injustifiable ; et le constat puriste des défauts d’une personne, sans la charité et le pardon qui aideraient à aimer celle-ci par-delà ses limites « objectives » et son caractère, restera toujours insuffisant, complice, minable.

 

Argumentaire de la conséquence

Dans les débats actuels sur l’ouverture du mariage ou sur l’adoption pour les unions homosexuelles, tous les beaux discours (alarmistes, en fait!) sur l’importance du mariage femme-homme, de l’altérité des sexes, de la procréation naturelle, de la pérennité de la famille, de l’authenticité de l’Amour, sur le bien supérieur de l’enfant, seront à mon sens vains, constitueront une fuite en avant, un « argumentaire de la conséquence » fragile et inopérant, tant qu’on ne reviendra pas à la source de ce qu’est l’homosexualité, à savoir un désir (et parfois des actes) qui s’analyse et qui dit des souffrances et des violences sociales réelles. Si on fait l’économie de la réflexion sur le désir et les actes homosexuels, nos dissertations sur le mariage et la filiation arriveront trop tard, au moment de sauver les meubles, ou bien resteront inaudibles (car qu’est-ce qui peut nous prouver, à part la nature violente du désir homosexuel, qu’il n’est pas souhaitable que le mariage ou la filiation soient dénaturés et modernisés? Absolument rien… à part la paranoïa et l’idolâtrie!). On ne sera crédibles et réalistes que si nous parlons du désir homosexuel non-acté en lui-même plutôt que des conséquences (supposées) que ce désir pratiqué impliquent/impliqueraient dans notre société.

 

Péché remplacé par norme

J’en discutais tout récemment avec un ami prêtre. Il me faisait la très judicieuse remarque que nous vivons à une époque où la notion de « péché » a été remplacée par celle de « norme ». Le problème, c’est que lorsque nous nommions l’acte mauvais « péché », nous pouvions encore l’extérioriser de nous, l’identifier, nous en décharger, ne pas culpabiliser à outrance ou le prendre pour nous… Or maintenant que le mal est appelé « norme », on peut plus difficilement comprendre qu’il est extérieur à nous, surtout les esprits faibles qui pensent incarner entièrement cette norme par tout leur être pour se rassurer, ou pire ceux qui se targuent d’incarner une nouvelle, invisible, et infinie norme baptisée « anti-norme ».

 

Amalgame entre « homophobie » et « accusation d’homophobie »

Que les choses soient claires. Ce n’est pas « L’HOMOPHOBIE » en elle-même (c’est-à-dire un désir, des mots et des actes réels) qui intéresse les Jacques de Guillebond, les Mgr Lantheaume et autres Christian Vanneste, mais bien « L’ACCUSATION D’HOMOPHOBIE » (à savoir le paraître, l’image, la rumeur, l’étiquette paranoïaque pour diaboliser ses adversaires ou s’auto-victimiser). La nuance est de taille ! En écoutant par exemple Alain Escada, le président actuel de l’institut Civitas (un mouvement qui se dit « catholique », mais qui en réalité est lefevriste, non-reconnu par Rome, intégriste – et pas seulement « traditionnaliste »  –, et dont beaucoup de membres aiment visiblement les supers pulls fashion tricotés par mère-grand ;-)), l’amalgame entre homophobie et accusation d’homophobie est frappant. Quand on tente d’échanger avec eux sur l’homosexualité – si tant est qu’ils nous laissent en placer une et qu’ils ont l’honnêteté ou la capacité d’essayer de nous comprendre… – , on se rend vite compte qu’on ne parle pas du tout des mêmes choses, qu’on est sur deux terrains non pas radicalement opposés (car a priori nous employons le même terme d’« homophobie ») mais bien différents, et que nous ne combattons pas le même ennemi. Eux s’attaquent à un fantasme (et la perversité de celui-ci, c’est qu’il se base toujours sur un substrat de réalité ou de Vérité, bien vite instrumentalisé et grossi à la loupe de la préciosité langagière du tribun du FN) tandis que de notre côté, nous essayons de nous attacher au Réel et au respect des personnes avant tout sans perdre de vue les exigences de l’Amour et la nécessité de la dénonciation du mal quand il est utile de la faire. Et on comprend bien pourquoi ils privilégient le combat contre l’accusation d’homophobie plutôt que l’analyse de l’homophobie en elle-même : ce travail d’observation de l’homophobie les renverrait à la reconnaissance douloureuse de leur propre pratique homophobe.

 

« J’ai peur »

« J’ai peur. » Voilà une expression qu’on entend peu sur les réseaux sociaux et en société. Précisément parce que la peur gagne énormément de terrain dans notre tête et dans notre cœur en ce moment, et de manière invisible. On n’ose même plus en parler. On joue les fiers, les révoltés, les euphoriques ou les tristes, mais jamais les apeurés et les terrorisés. (Cette réflexion m’est venue en lisant le « post Facebook » daté du 3 septembre 2012 d’une amie, Natalie Leroy, qui a eu la simplicité – presque enfantine – d’oser dire qu’elle avait fait un cauchemar la nuit dernière et qu’elle avait eu crès crès peur.)

 

Elle est dans ma chambre…

Sans rire. Il y a un an, en faisant le ménage dans ma petite piaule parisienne du Jardin des Plantes, j’ai vu surgir une assez grosse araignée noire. Je n’ai pas pu m’empêcher de la trouver effrayante et « dégueulasse ». Je me suis armé d’un bout de papier (je n’avais rien d’autre sous la main ; je n’ai pas – à part moi – de tapette à la maison ^^), et je l’avais à portée de main pour l’écrabouiller… quand je me suis lamentablement loupé ! Elle est allée plus vite que l’éclair et s’est cachée dans un recoin de la pièce où je ne pourrai pas la retrouver. Depuis, je sais qu’elle habite avec moi sous les toits de Paris. Elle ne m’empêche pas de dormir (Là, je vous en parle pour le « fun », mais elle ne hante pas mes nuits et mes angoisses… même si le jour où je me retrouverai encore nez à nez avec elle, je continuerai de la trouver affreuse). Je sais qu’elle est là. Pour longtemps. Mais pas pour toujours.

 

Charité avant Vérité

L’accueil de l’autre et la priorité donnée à sa personne plutôt qu’à ses actes ne sont pas, contrairement à ce que pense le paranoïaque, une soumission. Ce n’est pas baisser le pantalon devant « l’Ennemi ». C’est aimer malgré tout et en vérité.

 

La Vérité avec Ses formes

La Vérité sans l’Amour et sans Sa forme, ce n’est plus la Vérité. Que ceux parmi les « cathos » qui tiennent des propos anti-homosexualité en se valant de la lutte contre leur diable actuel préféré – le RELATIVISME – pour s’en justifier, viennent me voir : croyez-moi, ils seront bien reçus !!! Leur vérité froide et si peu aimante sur l’homosexualité casse tout le travail de ceux qui, tout en reconnaissant les limites du désir homosexuel, s’attachent à prouver que les personnes homosexuelles ont un avenir – et un bel avenir ! – si elles vivent leur homosexualité d’une manière ajustée à ce que préconise l’Église catholique.