Code n°22 – Bovarysme (sous-code : Prof de lettres homo)

bovarysme

Bovarysme

 

 

NOTICE EXPLICATIVE :

 

Alors que la vocation première des livres est de nous ramener au Réel – parfois paradoxalement par le biais du rêve et de la métaphore – et de nous Le faire aimer, un certain rapport au livre peut en revanche éteindre en nous le désir, tuer le sens du Réel. Ce souhait narcissique de vivre à travers les bouquins s’appelle, selon une formule plutôt personnelle, le bovarysme.

 

Dans les œuvres artistiques traitant d’homosexualité, une place prépondérante est laissée aux univers romanesques déréalisants. En général, le protagoniste homosexuel (mais bien souvent aussi son créateur) s’identifie au destin – tragique et grandiose à la fois – de ses héros de papier, en devenant un rat de bibliothèque, et en vivant sa vie par procuration à travers eux. Pour s’évader d’une réalité humaine qu’il juge terne, insatisfaisante, ou violente, il se réfugie dans l’écriture, et projette sur ses relations sociales l’esthétisme poussif, les états d’âme interminables, et les vicissitudes existentielles, de la femme fatale romanesque par excellence, à savoir Emma Bovary, la célèbre héroïne de Flaubert, celle qui se regarde vivre et aimer… pour justement ne pas vivre ni aimer vraiment. (C’est Emma Bobovary qu’elle aurait mérité de s’appeler…)

 
 

N.B. : Je vous renvoie également aux codes « Tomber amoureux des personnages de fiction ou du leader de la classe », « Homosexualité, vérité télévisuelle ? », « Peinture », « Faux intellectuels », « Artiste raté », « Emma Bovary « J’ai un amant ! » », « Chevauchement de la fiction sur la réalité », « Conteur homo », « Fan de feuilletons » et « Planeur », dans le Dictionnaire des Codes homosexuels.

 
 

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FICTION

 

Le personnage homosexuel croit que le monde du livre est le monde réel (et l’amour même !) :

Film "Les Amitiés particulières" de Jean Delannoy

Film « Les Amitiés particulières » de Jean Delannoy


 

On retrouve des personnages homosexuels proches des livres – et parfois prof de lettres – dans la pièce Dépression très nerveuse (2008) d’Augustin d’Ollone (avec le personnage de Louis), le film « Wagons East » (1994) de Peter Markle, la chanson « Je m’ennuie » de Mylène Farmer (« De l’ennui à Bovary, vivre en beauté, vivre en blessure, sa finitude. »), la pièce L’Autre Monde, ou les États et Empires de la Lune (vers 1650) de Savinien de Cyrano de Bergerac, le roman El Martirio De San Sebastián (1917) d’Antonio de Hoyos (avec Silverio), le film « His Ugly Head » (1974) de Ron Peck, le film « Violence et Passion » (1974) de Luchino Visconti, le roman L’Hystéricon (2010) de Christophe Bigot (avec Bathilde lisant des romans à l’eau de rose), le film « L’Enquête » (1965) de Gordon Douglas, le film « Été 85 » (2020) de François Ozon (avec Melvil Poupaud – M. Lefèvre – en prof de lettres homo refoulé), le film « Eine Liebe Wie Andere Auch » (1982) d’Hans Stempel et Martin Ripkins, le film « Amour et mort à Long Island » (1997) de Richard Kwietniowski, le film « The Pillow Book » (1995) de Peter Greenaway, le roman Encerclement (2010) de Karl Frode Tiller (où David est étudiant en lettres), le film « Un mauvais fils » (1980) de Claude Sautet, le film « Le p’tit curieux » (2003) de Jean Marboeuf, le film « Le Nom de la Rose » (1986) de Jean-Jacques Annaud, le roman Confidence africaine (1930) de Roger Martin du Gard (avec Léandro Barbazano qui est libraire)