Homosexualité (Bisexualité / Asexualité / Pansexualité / Transsexualité)

SIGNIFICATION SOCIALE, MONDIALE ET ESCHATOLOGIQUE DU CODE

 

Emmanuel Macron, président français

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que d’une part, nos contemporains sont tellement paumés au niveau de la sexualité (différence des sexes) en ce moment qu’ils en viennent de plus en plus à justifier et à avoir recours à des « sexualités » parallèles (hétérosexualité, homosexualité, transsexualité, masturbation, pornographie, prostitution, adultère, remariage, PMA – Procréation Médicalement Assistée -, GPA – Gestation Pour Autrui -, viol, inceste, pédophilie, zoophilie, etc., qu’ils justifient au nom de « l’amour » et de la « liberté »), et que d’autre part, l’Antéchrist (à savoir le diable et son Gouvernement Mondial) tente de plus en plus, par l’entremise en particulier de l’homosexualité (réalité désirante que les gens prennent massivement pour argent comptant, pour indiscutable, vraie et belle), de se débarrasser de la différence des sexes et donc des êtres humains qu’il jalouse parce que Dieu a décidé de s’incarner par Jésus en tout Homme et non pas dans les anges (dont lui, le diable, fait partie). L’homosexualité est devenue, en quelques décennies, l’Ambassadrice principale et internationale des différences à accepter et à applaudir sans les questionner, et surtout sans s’intéresser concrètement aux personnes homosexuelles. Mais je crois que l’Antéchrist, quant à lui, ne la promouvra pas ouvertement, pour la simple et bonne raison qu’elle est un sujet trop clivant, explosif, et apparemment minoritaire et communautariste, pour correspondre, à terme, à ses plans de conquête universelle et à son image d’Homme providentiel dans lequel n’importe qui pourrait se reconnaître. Lui misera plutôt sur la promotion de la bisexualité (qu’il n’hésite pas à pratiquer en coulisses), même s’il se sert encore abondamment de l’homosexualité et de la transidentité comme objets de chantage politique solidaire et victimaire, tant qu’elles peuvent encore servir ses intérêts.
 
 

DANS LA SÉRIE JOSÉPHINE ANGE GARDIEN

 

UNE SÉRIE CLAIREMENT GAY FRIENDLY
 

Épisode 96 – « Trois anges valent mieux qu’un »

En cherchant à pulvériser la différence des sexes et à lui supplanter un angélisme féministe asexué/bisexuel, il était logique que tôt ou tard la série Joséphine se fasse la promotrice du Gender (Le Gender, appelé aussi « Théorie du Genre », est un mouvement militant et artistique né dans les années 1950 aux États-Unis, qui entend remplacer le mot « sexe » par celui de « genre », et donc faire de la sexuation biologique une affaire de paraître ou d’appréciation personnelle subjective et relative), et en particulier de l’homosexualité (pensée comme une « identité » – alors qu’on ne se définit par une orientation sexuelle ni les personnes qui nous attirent érotiquement – et comme un « amour » indiscutable – alors que l’Amour est par définition l’accueil de la différence des sexes).
 

Le 16 octobre 2017, pendant une interview radiophonique de l’émission Village Médias spéciale « 20 ans de Joséphine, ange gardien » sur Europe 1, Mimie Mathy a laissé frétiller son excitation et exprimer son grand contentement face à la trajectoire de plus en plus pro-homosexualité de sa série : « J’aime bien le ton pour l’orientation de la production pour les Joséphine ! » (elle venait d’évoquer le scénario de l’épisode 85 « La Femme aux gardénias » qui traite précisément d’homosexualité). Et quand on demande à Mimie Mathy quelles sont les thématiques qui l’ont le plus touchée dans les Joséphine, elle n’en cite qu’une seule : l’homosexualité ! « Nous avons été les premiers à parler de l’homosexualité dans une série. C’était il y a dix-huit ans… » (c.f. le magazine Télé 7 Jours, semaine du 17 au 23 novembre 2018, p. 10 ; ainsi que l’article « Pourquoi je veux continuer Joséphine ange gardien » de Benoît Mandin, sur News TV, du 12 novembre 2018). Alors qu’elle n’est pas homosexuelle elle-même, ce sujet semble être son grand coup de cœur.
 

La promotion arbitraire de l’« amour » homo dans la série pourrait tout à fait trouver sa source dans le passé sentimental tumultueux de Mimie Mathy. Il est toujours intéressant de revenir sur les blessures d’orgueil des « filles à pédés » médiatiques (Frigide Barjot, Elisabeth Taylor, Karine Le Marchand, etc.), qui bien souvent entraînent les foules dans leur vengeance homophobe gay friendly cachée parce qu’elles ont essuyé une cuisante défaite amoureuse avec un proche homosexuel qu’elles ont essayé de « détourner de l’homosexualité », défaite méconnue du grand public et qu’elles maquillent par un militantisme pro-homosexualité bon ton. Mimie Mathy a déclaré à l’animateur Michel Drucker qu’elle a souvent eu affaire à des « princes charmants pas toujours charmants » : « Je prenais toujours des situations compliquées. C’est-à-dire quand tu te jettes dans les bras d’un homosexuel notoire. Moi j’étais persuadée que j’allais le changer. Tu rencontres un homme marié, ça m’est arrivé. Tu es persuadée qu’il va quitter sa femme… J’étais toujours en plus ou à côté, mais j’étais jamais au bon endroit. Jusqu’à ce que je rencontre mon Benoist. » (c.f. l’article « Mimi Mathy, ses histoires d’amour désastreuses avant de rencontrer son mari Benoist », publié le 8 avril 2019 dans le magazine Gala).
 

Et bien que le traitement du sujet de l’homosexualité dans le téléfilm paraisse anecdotique voire inexistant, il occupe une place pourtant confortable et prédominante au fil des intrigues joséphiniennes. Déjà, si l’on regarde simplement les équipes d’écriture et de réalisation, on identifie assez nettement leurs sympathies pour la pratique homosexuelle. Par exemple, les deux producteurs à l’origine de la série Joséphine ange gardien, Eddy Cherki et Alain Degove, sont gays friendly. Le second a notamment produit le téléfilm à thématique homosexuelle « Les Forces obscures qui nous gouvernent » d’Olivier Doran en 1999.
 

Depuis le temps que je travaille dessus, j’ai compris que l’homosexualité fonctionnait comme un puissant sérum de Vérité. Et ce, pour n’importe quel sujet. Alors, couplée avec Joséphine (la série beauf et gentillette par excellence), je ne vous dis même pas ! Le 28 juin 2018 dernier, je recevais des amis à la maison, dont un pote homo récent qui, quand il a su que j’écrivais un livre sur Joséphine ange gardien, est resté scotché pendant toute la soirée parce qu’il est sorti avec un scénariste qui écrit les trames des épisodes du téléfilm. J’ai donc deviné à mon insu – et à distance – des homosexualités réelles dans les coulisses joséphiniennes sans même les connaître de visu : synchronicités bluffantes ! Beaucoup des réalisateurs de la série sont gays friendly voire homos : Dominique Baron a réalisé les téléfilms homosexuels Le Garçon sur la colline (1995), Tous les papas ne font pas pipi debout (1998) ainsi que La Grande Brasserie (2001) ; Laurent Dussaux a réalisé le film homosexuel « Avant qu’il ne soit trop tard » (2004) ; Philippe Monnier a réalisé la série Père et Maire de 2002 à 2005, où l’homosexualité est très présente ; Nicolas Cuche a réalisé l’épisode 8 de Joséphine, traitant directement d’homosexualité ; Laurence Katrian a réalisé le téléfilm lesbien « Des parents pas comme les autres » (2001) sur l’homoparentalité ; David Delrieux a réalisé le téléfilm Garçon manqué (2008) sur la transsexualité ; Stéphane Kurc a réalisé le film homosexuel « L’Homme de ma vie » (1999) ; Jean-Marc Seban a réalisé l’épisode 68 de Joséphine, ainsi que l’épisode 3 (« Temps mort ») saison 9 des Cordier juge et flic (2001), traitant tous les deux prioritairement d’homosexualité ; Pascal Heylbroek a réalisé l’épisode 16 (« Une seconde chance ») de la série Père et Maire en 2005, ainsi que de l’épisode 2 (« Tapage nocturne ») de la saison 1 de la série Faites comme chez vous, focalisés sur la thématique homosexuelle ; Michel Hassan a réalisé la série Plus belle la vie sur France 3, très orientée homosexualité ; Patrick Volson a réalisé « Temps d’amour » (1994), « L’Anniversaire » (1994), films de prévention sur le VIH, ainsi que le documentaire « Les années pilules » en 1990 ; Stéphan Kopecky a réalisé les épisodes 85 et 91 de Joséphine, fortement gays friendly, ainsi que le documentaire « Yves Saint Laurent et Karl Lagerfeld : une guerre en dentelles » (2015).
 

Épisode 51 – « Ennemis jurés »

L’homosexualité dans Joséphine ange gardien est également suggérée par le choix des décors (par exemple, les quatre couvertures de Têtu affichées à l’extérieur du bureau de tabac du village, derrière Xavier Mareuil, dans l’épisode 51 « Ennemis jurés »). La série reprend des éléments et des symboles typiques de la culture homosexuelle. Je pense par exemple au tango (c.f. épisode 70 « Tango »), initialement une danse entre hommes, ainsi qu’au music-hall et aux comédies musicales (c.f. les épisodes 17 « Paillettes, claquettes et champagne » et 40 « Paris-Broadway »). Par ailleurs, certaines guest stars de la série sont ouvertement homosexuelles : par exemple, l’animateur homosexuel Christophe Beaugrand fait une apparition dans l’épisode 81 « Enfants, mode d’emploi ». Le casting des acteurs ou actrices de la série comprend – même pour des rôles hétérosexuels – des comédiens homosexuels dans la vraie vie : je le sais de source sûre pour seulement trois d’entre eux (dont je tairai les noms). Et je pense que je suis largement loin du compte ! Rien que dans l’épisode 81 « Enfants, mode d’emploi », le comédien David Baiot qui joue Stan, le héros central, incarne régulièrement des rôles de gays à la télé : dans le film « Jonas » (2018) de Christophe Charrier, dans le film « Les Crevettes pailletées » (2019) de Cédric le Gallo, ou encore dans la série Ainsi soient-ils sur ARTE. Idem pour le comédien Mathieu Coniglio, présent dans l’épisode 96 « Trois anges valent mieux qu’un ! » qui traite beaucoup d’homosexualité, et qui par ailleurs a joué dans des pièces gays.
 

Quant à l’actrice-phare de la série, Mimie Mathy, elle semble toute acquise à la « Cause LGBT ». Et elle ne s’en cache pas. Par exemple, lors du concert des Enfoirés de 2009, dans le medley « La Lampe magique », alors qu’elle incarnait le Génie de la lampe chargé de trouver un nouvel amour à sa comparse célibataire Liane Foly, elle lui a proposé une femme parmi ses suggestions amoureuses : ce fut l’occasion pour la chanteuse Jenifer d’apparaître et de reprendre la chanson lesbienne « Une femme avec une femme » de Mecano.
 

Je crois que – même inconsciemment – la série Joséphine ange gardien obéit au calendrier de la justification/banalisation mondiale de l’homosexualité. Dès les premiers numéros de la série, l’homosexualité est soit suggérée (c.f. l’épisode 3 « Le Tableau noir », l’épisode 4 « La Part du doute ») soit clairement promue (c.f. l’épisode 8 « Une Famille à Noël »). Et la mention explicite de celle-ci ne fera qu’aller crescendo jusqu’à aujourd’hui (les épisodes où apparaissent des personnages 100 % homos sont les n° 8 « Une Famille à Noël », 55 « Un Bébé tombé du ciel », 68 « Restons zen », 85 « La Femme aux gardénias », 86 « Le Mystère des pierres qui chantent », 95 « Disparition au lycée », 96 « Trois anges valent mieux qu’un »). Je vais repasser rapidement en vue tous les indices d’homosexualité que j’ai identifiés dans Joséphine ange gardien. Vous allez voir qu’ils sont nombreux !
 
 

L’HOMOSEXUALITÉ DANS CHAQUE ÉPISODE DE JOSÉPHINE
 

Épisode 3 – « Le Tableau noir »

Dans l’épisode 3 « Le Tableau noir », Thierry, le héros principal et prof (de métier, dans un lycée), est très affecté par la tentative de suicide aux médicaments de son collègue Jean-Louis, présenté par le médecin de l’hôpital comme son « copain ». Il se rend à son chevet avec un bouquet, ce qui étonne Jean-Louis : « Tu m’offres des fleurs maintenant ? » Thierry, confus, acquiesce : « C’est vrai que c’est con. J’aurais mieux fait de t’apporter une bonne bouteille. » Un silence gêné s’installe entre les deux amis, et l’initiative amoureuse de Thierry encourage Jean-Louis à lui demander de sortir de sa chambre : « J’ai besoin d’être seul. » Thierry résiste : « Mais moi, c’est pas pareil… » Rien n’y fait. Suite à ce malaise et cette déception sentimentale, Thierry a du mal à se faire à l’idée de se mettre en couple avec une femme. Il repousse la belle Loanne, en jouant les amoureux maudits : « Je ne suis pas dans une très bonne période. […] Je ne suis pas un mec pour toi. Je n’attire que le malheur. » Puis il se fait traiter d’« enculé » par Jérémy, un de ses élèves, et comme par hasard, c’est à ce moment-là qu’il perd ses nerfs et lui fout une gifle magistrale en plein cours. Plus tard, l’homosexualité – cette fois refoulée et menaçante – ressurgit sous forme d’homophobie entre Jérôme, un chef de gang, et le jeune Erwan : Jérôme, au moment d’entraîner Jérôme pour le tabasser, lui fait un bisou. Enfin, toujours dans cet épisode, on retrouve une mention de l’homosexualité quand Joséphine est en classe de ZEP comme prof d’histoire-géo, qu’elle parle de Robespierre, et qu’un de ses élèves « difficiles » l’apostrophe à ce sujet : « Sérieux, c’est vrai que c’était un pédé ? »
 

Dans l’épisode 4 « La Part du doute », l’identité sexuelle du jeune Gaël (interprété par l’acteur Cyrille Thouvenin, surtout connu pour ses rôles de gay à l’écran) est plus que trouble. Quand Joséphine va lui parler, il est en train de repeindre un bateau baptisé « Antoinette »… et lorsqu’elle réalise que ce prénom ne renvoie ni à une femme ni à une amoureuse, elle en plaisante : « Alors elle est où ton Antoinette ? […] Ah… j’la voyais plus féminine que ça… ! »
 

Épisode 8 – « Une Famille pour Noël »

L’épisode 8 intitulé « Une Famille pour Noël », tourné en 1999, est le premier et seul épisode de la série qui joue carte sur table et traite exclusivement du thème de l’homosexualité. On a droit à presque toutes les principales problématiques liées au dossier : difficulté du coming out, bisexualité, « amour » homo, polyamour, séropositivité, homophobie, concubinage et Union Civile, « mariage gay », « homoparentalité », adoption par des couples homos, positionnement de l’Église Catholique par rapport à l’homosexualité (il ne manque plus que la transsexualité, la PMA et la GPA pour que le tableau soit complet !). Dès le départ, Joséphine s’énerve contre les principes religieux et la « fermeture d’esprit » d’un chauffeur de taxi qui exprime un désaccord spontané par rapport à l’adoption et au mariage pour les « couples » homos. Elle fait comprendre à ce malotru qu’il y a « des choses bien plus honteuses » (sous-entendu « son homophobie à lui » !) et part en claquant la portière : « Et dire que le Royaume des Cieux appartient aux simples d’esprit… ! » La charge de Joséphine contre la « religion » se poursuit puisqu’elle surprend dans une église catholique la jeune Sandrine en train d’allumer une bougie devant la statue de saint Antoine de Padoue, afin que son père revienne avec sa mère, qu’il abandonne sa récente vie homosexuelle, et que leur famille soit à nouveau unie. Joséphine la voit faire, et une fois qu’elle est partie, arrive devant saint Antoine, vole la flamme de la bougie et, en gros, essaie de briser l’union de prière entre Sandrine et le saint : « De toute façon, on ne peut pas être deux sur le même coup. Joyeux Noël quand même, mon Toinou ! » À la toute fin de l’épisode, Joséphine éteint définitivement la flamme de saint Antoine qu’elle avait conservée dans sa poche. Comme quoi : il existe bien des anges diaboliques (qui se font passer pour des justiciers blancs)…
 

Dans cet épisode, l’homosexualité est essentialisée en espèce humaine à part entière (théorie du « on naît et on meurt homo ») et sacralisée sous forme d’identité, d’amour et de vérité indiscutables. La « moitié » dont parlent les deux amants homos Martin et Thierry, c’est précisément leur homosexualité qui revient au galop et prend le pas sur l’hétérosexualité, et ce, de manière soi-disant inexorable. « Et puis un jour, l’autre moitié de moi s’est réveillée. On ne peut rien faire contre ça. » (Martin s’adressant à son ex-femme Christine) ; « Tu es comme ça ou tu ne l’es pas. » (Thierry). Martin tente d’expliquer à son épouse qu’il quitte qu’il « l’aime encore mais autrement », que ce qu’il vit maintenant dans l’homosexualité « n’est pas contre elle ». Et à la fin, comme par enchantement, c’est Christine elle-même qui conseille à son mari Martin d’aller retrouver son amant Thierry : elle reconnaît leur « amour », et accepte l’invraisemblable plan de la famille élargie. L’amour homo serait plus fort que le mariage femme-homme. Vachement crédible, le scénario… Joséphine, dans cette intrigue cousue de fil blanc, joue la parfaite « fille à pédés » : elle se retrouve serveuse dans le bar gay tenu par Thierry. Et elle croit en l’« amour homo » éternel (« Tout ça, ça restera. Et même au-delà. » promet-elle à Thierry en lui parlant de leur « couple » avec Martin), et en même temps, elle tente de comprendre, en endossant le rôle de la confidente et de la psy intimidée en même temps qu’émue et émerveillée : « Vous trouvez ça étrange d’aimer un homme ? » demande-t-elle timidement à Martin, en mode Confessions intimes. Je crois que c’est le seul épisode de toute la série où j’ai vraiment senti Joséphine (ou plutôt, ici, Mimie Mathy) à fleur de peau, émue aux larmes, ébranlée au plus intime d’elle-même, désarçonnée et en plein cas de conscience : « Je vais rester un peu. J’ai besoin de prendre l’air. » ; « C’est pas facile d’être un ange… Je ne sais plus ce que je dois faire, moi ! Ni comment, ni à qui, ni pourquoi. Est-ce que je dois faire plaisir à Sandrine et tout faire pour que ses parents se remettent ensemble ? ou est-ce qu’au contraire je dois prouver à Sandrine que l’Amour est ce qu’il y a de plus important, si tant est que Martin et Thierry s’aiment ? Là, je ne sais plus, ce soir ! Y’a pas quelqu’un qui peut me mettre sur la voie ? Si je fais comme je le sens, Là-Haut, ils vont pas aimer. Ça va être encore pire ! » Même devant Rodin, le personnage bisexuel, c’est le débordement d’émotions : « Arrête, tu vas me faire pleurer… » Une fois seule, Joséphine parle au ciel, les yeux humides, remettant en cause son statut d’ange-magicien inutile et impuissant face au Sida de Thierry, sur un air de saxo : « Pourquoi j’ai pas le pouvoir de guérir ? Vous voulez quoi ? Qu’on croie que c’est une punition divine ? À quoi ça me sert de claquer des doigts si c’est juste pour faire apparaître des choses ? Autant travailler dans un cirque ! » Je n’ai jamais vu, dans les autres épisodes de la série, Joséphine dans cet état-là. Et pour cause ! L’homosexualité n’est ni une identité, ni de l’Amour, même si elle en a certaines formes et intentions. Même dans l’épisode 11 « Pour l’amour d’un ange » où Joséphine devrait être au comble de l’émotivité puisqu’il lui faut renoncer à vivre avec l’être humain dont elle tombe amoureuse, rien n’atteint pourtant davantage la sensibilité de l’actrice que le scénario d’« Une Famille à Noël » et donc que l’homosexualité. Au fond, dans cet épisode 8 nous sont montrées des facettes très peu reluisantes de la pratique homosexuelle, facettes qui par ailleurs ne sont pas dénoncées mais au contraire banalisées et idéalisées par la promotion de l’acceptation de la « différence homosexuelle » et par la victimisation des personnes homos : en effet, Thierry, l’un des deux héros homosexuels, est de temps en temps infidèle à Martin puisqu’il décide de vivre un triolisme avec Rodin et Constance. Il réunit tous les clichés de l’« homosexualité noire » : il a été jeté de chez ses parents à 17 ans suite à son coming out, il est séropo, il est insulté de manière totalement invraisemblable dans son bar par des homophobes d’opérette, il fugue comme un ado de 15 ans, etc. Quant à Martin, il laisse femme et enfants sur le carreau pour vivre son homosexualité. Sandrine rend responsable son père de la solitude de sa mère. Elle a la nostalgie de la famille traditionnelle et voit l’homosexualité de son père comme une trahison… car en grande partie, c’en est vraiment une.
 

Par la suite, les épisodes de la série traitent de l’homosexualité de manière beaucoup plus anecdotique et moins frontale. Dans l’épisode 17 « Paillettes, claquettes et champagne », Alfredo, le grand chef du cabaret, connaît bien l’environnement artistique interlope dans lequel il gravite, et tente de rassurer sa fille Lila par rapport à l’influence que ce dernier pourrait avoir sur son petit-fils Sébastien à qui il apprend à faire des numéros de magicien. Il lui dit « T’inquiète pas. J’ai pas l’intention d’en faire un danseur… », comme s’il la prévenait qu’il n’avait pas l’intention de l’homosexualiser. Dans l’épisode 22 « Belle à tout prix », Fred est l’agent de mode efféminé et misogyne envers les tops models femmes qui ne trouvent pas grâce à ses yeux d’esthète et ne satisfont pas ses intérêts personnels. Il instaure un copinage incestuel exagéré avec ses quelques mannequins chouchoutes (« Katia, ma chérie ! Mais pourquoi personne m’a dit que t’étais là ? »)… et jette le reste. Le titre choisi pour l’épisode 30 « Le Secret de Julien » prête volontairement à confusion avec la potentielle homosexualité du héros : en effet, le jeune homme qui donne son prénom au titre développe une passion secrète pour l’horticulture et les fleurs qui risque de contrarier les plans professionnels de ses parents, et aussi de laisser croire qu’il est homo. D’ailleurs, il cache ses goûts pour ne pas que Céline, la fille qu’il drague, ne lui échappe : « Je pensais que tu trouverais ça con, un mec qui se passionne pour les fleurs… ». Dans l’épisode 40 « Paris-Broadway », Joséphine rebaptise les danseurs dénudés de la troupe de Christopher (dirigée concrètement par le chorégraphe homosexuel Kamel Ouali) « les tout nus ». Dans l’épisode 46 « Police Blues », une drôle de captation mimétique s’installe entre Julien, inculpé pour coups et blessures sur agent de police lors d’une sortie de boîte qui a mal tourné, et Cédric, l’autre délinquant qui s’est fait passer pour lui et qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, sauf à un détail près : il porte une discrète boucle d’oreille. Dans la salle d’interrogatoire de gardes à vue, Cédric regarde avec un sourire enjôleur et pervers Julien quand il s’inculpe finalement à sa place. L’épisode 47 « Les Braves », où ça sent pourtant la testostérone à plein nez (on nous montre à l’écran des mecs culs nus et bien gaulés dans les vestiaires), évoque plusieurs fois l’homosexualité latente, refoulée ou inexistante, des joueurs d’un même club de rugby. Par exemple, quand Michael, le héros, dit à Franck qu’il « respecte les filles », ce dernier le provoque en lui prêtant des tendances homosexuelles (« Ah la la, attends attends, c’est les mecs qui te branchent, mon minou ? Allez viens, on va faire des câlins dans les vestiaires ! »), ce qui fait sortir Michael de ses gonds et le pousse à filer un coup de poing à son agresseur. Un peu plus tard, on apprend dans un article de presse que Michael a fait de la prison pour braquage à 18 ans parce qu’il a aidé son frère Éric « en faisant le guet » pour lui. Par ailleurs, le doute sur la sexualité d’un autre camarade de stade de Michael plane : Hadrien. Ce dernier se voit reprocher par Alexandra, son ex-copine qui finira dans les bras de Michael, d’avoir placé « l’amitié virile entre potes » bien au-dessus de leur relation amoureuse. Dans l’épisode 49 « Joséphine fait de la résistance », en racontant au colonel Stadler la scène surréaliste de la disparition de Joséphine avec la serviette renfermant des listes confidentielles d’espions, l’officier allemand passe pour un menteur et en veut à l’ange gardien : « À cause de vous, Stadler a dit que moi être folle ! ». Dans l’épisode 59 « Suivez le guide », Séverine, une jeune et belle religieuse, tombe amoureuse d’un homme, Alexandre. Mais pour dissimuler son excitation face à cet « amour » humain interdit, elle fait croire qu’elle reçoit des coups de fil d’une sœur de sa communauté (« C’est juste une amie de ma congrégation… J’l’aime beaucoup, c’est tout. »), ce qui ne convainc pas du tout Joséphine, ni Fabricia, une femme du groupe de touristes, qui s’amusent à lesbianiser le mystérieux amoureux de Séverine sans pour autant croire en l’homosexualité de la jeune nonne. Quand Séverine révèle enfin à Joséphine qu’elle est amoureuse, celle-ci lui demande qui est l’heureux élu, et l’intéressée lui répond « Un homme », ce à quoi Joséphine rétorque, en souriant de l’évidence : « C’est mieux. ». Par ailleurs, Fabricia s’enquiert un peu trop de la vie intime de Séverine pour être honnête. Elle a du mal à cacher son attirance lesbienne pour la religieuse qu’elle veut absolument décoincer (« Vous êtes très belle, Séverine. » lui avoue-t-elle) et semble contrariée quand Joséphine lui apprend que le cœur de cette vierge est déjà pris. « Vous devez être contente. Elle a trouvé son Roméo. » glisse-t-elle vertement à Joséphine. Dans l’épisode 60 « Une Prof », le nom de famille du jeune collégien Alexandre est « Gayz »… Dans l’épisode 62 « Yasmina », Emmanuel, dirigeant d’une boîte de cosmétiques, et plutôt maniéré, fait sa crise de jalousie à son beau collègue Guillaume parce que ce dernier courtise Yasmina, postulante au rôle d’assistant manager. Il le soupçonne de la privilégier professionnellement : « Tout ça parce que tu dragues une p’tite nana… ». Dans l’épisode 66 « De père en fille », une toile de la galerie d’art Georges Lannier porte l’inscription très homosexuelle « Victor + Jérémy ».
 

Épisode 68 – « Restons zen »

Dans l’épisode 68 « Restons zen ! », Romane est lesbienne et vit une passion pour Yindee, une jeune femme thaï travaillant avec elle en tant que vétérinaire dans une réserve d’éléphants. Joséphine banalise l’homosexualité car dans un premier temps, elle ne voit que bonheur dans cette situation atypique et ne comprend pas pourquoi elle a été envoyée en mission en Thaïlande : « Je crois que j’ai fait 10 000 km pour rien, moi. » Ensuite, elle apprend que c’est la « fermeture » et l’« intolérance » du père de Romane face à la « Vérité » (ça fait beaucoup de guillemets, je suis désolé…) que serait le coming out, qui posent « problème » : « Tôt ou tard, vous serez obligée de lui dire. » ; « Maintenant, c’est le moment de dire la Vérité. » ; « Bon, maintenant, je connais le problème de Romane : c’est son père. ». Après avoir dépeint Alain Richepin – le père – comme un hypocrite et un faux gay friendly (il n’aurait « rien contre les lesbiennes » mais a du mal ne serait-ce qu’à prononcer le mot « lesbienne » ; il s’invente une préoccupation pour les études et l’avenir de sa fille pour noyer sa gêne de la savoir homosexuelle), et à force de chantage aux sentiments (au « bonheur homosexuel »), de jugements et de dressage, le « vieux con réac » finit par s’assouplir à l’issue de l’épisode et par afficher une tolérance et une indifférence bienveillante à l’homosexualité chèrement payées. « Tu fais ta vie avec qui tu veux. » lâche-t-il à sa fille, très étonnée. « Ça te dérange pas de savoir que je vais vivre avec une fille ? » « Mais non !, répond-il. Bon, j’te dis pas que ça me fait plaisir, bien sûr. Mais j’m’y ferai. C’est ta vie. L’essentiel, c’est que tu sois heureuse. » Romane saute au cou de son père (« Merci papa ! ») et Alain serre dans ses bras sa fille puis la copine de sa fille, Yindee. Rideau sur cette comédie de la tolérance.
 

Épisode 68 – « Restons zen »

Il arrive que Joséphine homosexualise certains personnages, en les comparant à des personnalités homos célèbres. Par exemple, dans l’épisode 72 « Les Boloss », alors qu’elle travaille en tant que surveillante dans un collège, elle traite l’un de ses élèves de « Jean-Paul Gaultier » – tout ça parce qu’il est blond avec des cheveux peroxydés – en lui balançant un bout de pain : « Tiens, Jean-Paul Gaultier, j’suis sûre qu’t’as pas p’tit déjeuner ce matin ! »
 

L’épisode 76 « Papa est un chippendale » est particulièrement imprégné d’homosexualité, même si celle-ci s’habille d’hétérosexualité. Tous les codes utilisés sont homos : le spectacle de chippendales (so gay…), les strip-tease sur « It’s raining men » des Weather Girls (un standard mondial du répertoire musical gay), la baby-sitter grecque qui regarde un documentaire « passionnant » sur son pays d’origine à la télé, le show modernisé de déshabillage avec les danseurs musclés en kilt écossais (la féminisation ou l’homosexualisation des mâles répondrait à un fantasme sexuel féminin inassouvi et exciterait les femmes encore plus qu’un machisme brut…), etc. Les personnages de cet épisode, bien qu’hétéros, sont systématiquement homosexualisés. Par exemple, Max, le jeune garçon de 8 ans dont le papa (Thomas) est strip-teaseur dans une boîte de nuit (le Lipstick Club), se fait molester par ses camarades sur la cour d’école à cause de ça : « Ça fait quoi d’être le fils d’une tapette ? ». Sacha, le patron du Lipstick Club (joué par le chorégraphe et danseur Jean-Marc Généreux, certes marié à une femme dans la vraie vie, mais particulièrement maniéré), maintient avec Thomas, son danseur-star qu’il nomme « son champion », une relation d’exclusivité possessive très ambiguë qui empêche ce dernier de trouver un autre boulot moins dégradant, et surtout qui le coupe des femmes : d’ailleurs, au départ, Sacha refoule Joséphine sous prétexte que « les règlements du club sont formels : pas de femmes dans les vestiaires ! » Thomas finit par intégrer psychologiquement cet interdit, en refusant de sortir avec Sandrine dont il est pourtant tombé amoureux, au point que Joséphine l’imagine gay. « Y’a pas de place pour une femme dans ma vie. » déclare-t-il à Joséphine, étonnée : « Ah bon ? Tu préfères les garçons ? ». Thomas dément immédiatement « Non, c’est pas ça. », mais Joséphine ne le laisse pas terminer : « Mais ça ne me gêne pas du tout, hein. ». Thomas insiste pour nier la présomption d’homosexualité pesant sur son célibat : « Non, pas du tout. ». Joséphine ironise en continuant son chantage à l’homosexualité, en prêchant le faux pour savoir le vrai, parce qu’au fond elle ne supporte pas le célibat : « Ok… Donc je suis tombé sur le seul chippendale qui a fait vœu de chasteté… ».
 

Épisode 78 – « Carpe Diem »

Dans l’épisode 78 « Carpe Diem », Meyer, le jeune cadre dynamique de la société de vente en ligne Atlante.com, fait du rentre-dedans à François, homme marié avec enfant, pour l’inviter à faire de la plongée avec lui, mais aussi accessoirement pour « jouer aux boules ». On a tous compris le message… D’ailleurs, quand François lui répond sèchement « Non, je joue pas aux boules ! », Meyer reçoit ce refus comme des avances sexuelles rejetées. Plus tard, dans les couloirs de boîte, au moment où François, en PDG imposant, le recroise en compagnie d’un autre beau jeune homme et qu’il les prend tous les deux quasiment en flagrant délit de drague homo, ils se rhabillent tout gênés, se redressent et se tiennent au garde-à-vous. François, pour le rassurer sur le fait qu’il connaît personnellement ses employés et qu’il a retenu ce que Meyer lui a dit l’autre jour sur son parcours, lui répète qu’il sait qu’il « pratique le golf et la plongée » ; et Joséphine complète facétieusement et d’un air entendu « … et la pétanque ! » pour ne pas omettre le détail croustillant. Dans l’épisode 80 « Le Secret de Gabrielle », Gabrielle et Hélène se tiennent par la main sur la cour d’école. Dans l’épisode 81, Émilie et Pauline inscrivent leurs noms côte à côte sur une dalle, tout en se fumant un joint, dans un jeu de provocation-séduction malsain. La série Joséphine ange gardien montre aussi des filles-à-pédés de compétition. Par exemple, dans l’épisode 81 « Enfants, mode d’emploi », Jessica, la bimbo latina capricieuse (fac-similé de la comédienne de télé-réalité Nabilla Benattia), fait des caprices et pique des colères homériques pour tout et pour rien. Et quand Joséphine lui propose la thématique des flamants roses en guise de fil rouge de son mariage, elle s’emballe : « J’adooore les flamants roses !! »
 

L’épisode 85 « La Femme aux gardénias » prend des accents clairement proustiens : le personnage d’Albertine se révèle effectivement lesbienne, vit une relation amoureuse secrète avec Lena une chanteuse noire et meneuse de Revue nègre à New York dans les années 1920, même si elle décide de faire un mariage de raison et d’intérêt avec Henri pour s’assurer une couverture hétérosexuelle qui lui permette de vivre sa double vie homosexuelle tranquille. Bien entendu, Lena, son amante, s’en révolte et réclame davantage de « vérité », de transparence, de liberté, d’entièreté, dans l’expression de leur « amour », sur le modèle de l’émancipation naissante des Noirs aux États-Unis : « J’épouse Henri pour qu’on soit libres de vivre comme on l’entend ! » (Albertine) « En mentant toute ta vie ? En faisant semblant d’être une autre ? » (Lena) « Mais c’est comme ça. J’ai pas le choix ! » (Albertine) « Et moi, tu crois que ça m’a pas demandé du courage pour en arriver là ? Est-ce que tu as vu la couleur de ma peau ? Tu penses que c’est facile pour moi ?? » (Lena) « Tout ce que je veux, c’est qu’on soit heureuses. » (Albertine) « On n’a besoin de personne pour ça ! Pars avec moi à New York ! » (Lena). L’histoire ne dira pas si l’« amour » entre Albertine et Lena aura eu raison des conventions sociales de l’époque.
 

Épisode 85 – « La Femme aux gardénias »

Dans l’épisode 86 « Le Mystère des pierres qui chantent », l’homosexualité est visible à travers le personnage de Gabriel, l’ange-stagiaire de Joséphine, qui se comporte comme un ravi de la crèche complètement excité, facilement impressionnable, pas très masculin, et qui se présente lui-même comme « hyper sensible » ; pendant le trek de la colonie de vacances pour lequel il seconde Joséphine, il ne se sépare pas de ses madeleines (Proust, quand tu nous tiens…). La figure homosexuelle la plus emblématique de l’épisode, ce ne sera pourtant pas lui, mais la jeune Louison, 16 ans, qui fait son coming out après y avoir été poussée par le harcèlement de ses camarades scolaires (en particulier de l’ambiguë Chloé, qui n’arrête pas de la saouler sur son supposé lesbianisme… à tel point que Chanelle – une autre fille de la colo – suspecte cette dernière d’être lesbienne elle aussi : « En fait, si tu fais ça, c’est que tu la kiffes ? »), par le harcèlement d’Internet (la photo – pourtant amicale et fraternelle à la base – du baiser entre Louison et Clara lors d’une fête, a circulé sur les réseaux sociaux, ce qui affole et désole Louison : « Clara c’était ma meilleure amie. C’était comme une sœur. Ils l’ont salie, cette photo ! »), par le harcèlement des mâles prédateurs (pendant le trek en forêt, Max essaie de coucher avec Louison sous la tente en la faisant boire de l’alcool, et celle-ci, pour dépasser sa peur des hommes et tester son homosexualité, se laisse faire) et, plus étonnant, par le harcèlement des anges gardiens eux-mêmes (Joséphine la force au coming out : « Toi, tu la connais, la Vérité. Alors qu’est-ce que t’en as à fiche de ce que pensent les autres ? »). Pour bien énerver le téléspectateur et le rallier à la propagande du coming out, les scénaristes joséphiniens lui servent les clichés les plus grossiers, éculés et invraisemblables de la rhétorique homophobe médiatique : par exemple, celui qui soutient que les personnes homos ne seraient pas humaines ni sexuées. En effet, Chloé traite Louison de mec (« Comme tu peux être parano, ma pauv’ fille. Enfin… quand j’dis ‘fille’… »). En définitive, Louison finit par obéir à la rumeur de lesbianisme qui pesait sur elle : « En fait, j’l’ai toujours su, mais j’voulais pas l’admettre. » Et face à sa soumission, Joséphine, au lieu de l’appeler à la prudence et à une saine rébellion (comment peut-on, à 16 ans, assurer une homosexualité, s’y installer définitivement et savoir qui on est ?), l’encourage à s’enfermer dans cette voie et cet étiquetage, au nom de la toute-puissance de l’affirmation de soi : « Mais c’est plutôt génial, non ? C’est bien d’être en accord avec ce qu’on est. Si toi tu l’assumes, plus personne ne pourra t’embêter avec ça. Ce ne sera plus une rumeur puisque c’est vrai. Et puis tu sais, ça va te permettre de faire le tri : les gens qui t’aiment vraiment, ils vont t’accepter tel que tu es. Et c’est eux qui vont t’aider à avancer. Et ça, ça compte, non ? ». À la fin de l’épisode, Louison s’affiche ouvertement et avec certitude lesbienne. Et la première personne à qui elle le dit, c’est Léonard, le gars amoureux d’elle et avec qui elle était brièvement sortie : « Je suis homo. T’es la première personne à qui je le dis. Et ça fait un bien fou ! Je n’ai plus envie de mentir. Ni à toi ni à personne ! » L’auto-caricature de soi par le coming out est célébrée comme une victoire sur les autres, alors qu’en réalité, elle est une soumission aux autres.
 

Épisode 86 – « Le Mystère des pierres qui chantent »

Dans l’épisode 87 « Un pour tous », la question soumise à Jules par Cédric pour savoir s’il accepte de faire partie avec lui d’un gang de cambrioleurs des airs se pose en des termes qui pourraient très bien s’appliquer à l’homosexualité et au « milieu gay » : « T’en es ou t’en es pas ? ». Dans l’épisode cross-over avec Camping Paradis « Un Ange au camping », Christian Parisot, n’assumant pas de faire un cadeau amoureux à une femme, Fabienne, fait croire que « c’est pour un ami ». Quant à cette même Fabienne, elle affirme tenir un salon de coiffure avec son fils Yvan.
 

Dans l’épisode 90 « 1998-2018 : Retour vers le futur », Ismaël, l’ange gardien stagiaire de Joséphine, pour ne pas avoir à griller son identité d’ange et ses tours de magie, et pour ne pas éveiller les soupçons, accepte de rentrer dans le rôle du « gay » que son pote Stan lui colle, même s’il y a apparemment quiproquo : « Justement, Stan, il fallait que je te parle… » (Ismaël) « Euh… Ismaël… C’est super sympa, mais je sais pas comment te dire ça. C’est pas mon truc, tu vois ? » (Stan) « C’est pas ton truc de quoi ? » (Ismaël) « Je suis pas gay. » (Stan) « Ah ?? Parce que tu… […] Bon ben… dommage pour moi ! On reste copains quand même ? » (Ismaël). Je dis « apparemment quiproquo » car en réalité, on ne saura jamais si la présomption d’homosexualité le concernant est avérée ou non : en plus, le projet architectural qu’il réalise avec Joséphine se trouve être une maison entièrement peinte en rose… Plus tard, lorsque Magalie, la copine de Nina, trouve Ismaël « pas mal », Nina le décourage de tenter une approche : « Laisse tomber. Il est gay. ». Magalie lui répond : « Ben c’est dommage ! ». Par ailleurs, il semblerait que la jeune femme noire remplisse toutes les cases de la « fille à pédés » puisqu’en plus de tomber amoureuse de gays, elle se rend tout excitée à Londres pour assister au concert de George Michael, son idole.
 

Épisode 90 « 1998-2018 : Retour vers le futur »

Dans l’épisode 95 « Disparition au lycée », Lou, une des principales clientes de Joséphine, est ouvertement lesbienne. Elle s’attire d’ailleurs les railleries du Don Juan macho du lycée, Tristan : « Elle est à fond sur les meufs ! ». Clémence et Lou sont en couple et s’embrassent devant leurs camarades. Joséphine sourit niaisement face à elles. Et elle va faire en sorte que Lou se sépare d’Océane, sa copine du moment qu’elle trompe avec Lou, pour assumer ses sentiments présents, même si notre ange gardien valide aussi le couple Lou/Océane : « C’est dommage parce que vous êtes belles toutes les deux. » déclare-t-elle face à une photo de téléphone portable. Dans l’épisode 96 « Trois anges valent mieux qu’un ! », Vincent est homo et en couple avec Fabio : « J’vois pas comment je vais pouvoir les interrompre les amoureux… ». Joséphine s’extasie secrètement devant eux. Ludivine, l’un de ses doubles angéliques, fantasme même chastement sur eux à distance : « C’est le mec de Vincent ? Mais il doit être mannequin, c’est pas possible, tellement il est beau ! ». On voit d’ailleurs qu’il y a de l’eau dans le gaz du couple car Fabio veut faire passer son projet de bar bobo à Marseille avec son amant Vincent avant la vie et le passé de Vincent. Ça sent le chantage affectif : « J’en ai marre d’être tout seul à essayer de construire quelque chose. » (Fabio). Finalement, Joséphine fait tout pour rabibocher le couple qu’elle trouve absolument magnifique : « Vous êtes beaux tous les deux. Vous allez bien ensemble, moi je trouve. ». Je crois que le parti pris joséphinien est clair…
 

Épisode 96 – « Trois anges valent mieux qu’un »


 

DES CROISEMENTS ENTRE HOMOSEXUALITÉ ET POLYAMOUR
 

Mon repérage de l’homosexualité dans l’intégralité des épisodes de Joséphine s’arrête là. Néanmoins, les déclinaisons de celle-ci dépassent la simple question identitaire ou amoureuse. L’homosexualité peut prendre également la forme de la parentalité, donc de ladite « homoparentalité » : « Atlante, c’est notre bébé à tous les deux. Je ne peux pas continuer tout seul ! » (Jérôme s’adressant à son associé François par rapport au site de vente en ligne et à son départ de la direction de la société, dans l’épisode 78 « Carpe Diem »). Dans le téléfilm, Joséphine défend le « couple » homosexuel en tant que modèle « parental » (c.f. épisode 8 « Une Famille à Noël »), même quand elle ne traite pas directement d’homosexualité : « Pas de belle-mère mais deux mères, c’est génial, non ?! » (Mélanie, toute contente d’avoir une mère biologique et une mère adoptive, dans l’épisode 84 « T’es ki toi ? »).
 

Parfois, le traitement joséphinien de l’homosexualité flirte aussi avec la pédophilie et l’inceste. Par exemple, dans l’épisode 18 « La plus haute marche », la jeune gymnaste, Aurélie, idolâtre sa prof de GRS (Gymnastique Rythmique et Sportive), Ingrid, championne olympique, jusqu’au jour où elle découvre que son propre père, Yann, est en couple avec elle. Joséphine l’interroge sur une probable bisexualité incestuelle latente : « Qu’est-ce qui te gêne le plus ? De partager ton père ou de partager Ingrid ? ». Dans l’épisode 75 « Belle mère, belle fille », c’est la même chanson. La petite Manon fait une crise de jalousie à son père, Antoine, parce qu’elle s’aperçoit que ce dernier sort avec sa prof de danse, Alice, qu’elle dit aimer d’amour : « Personne peut comprendre. C’est dégueulasse ! Alice m’a trahie ! En fait, c’est pas moi qu’elle aime ! C’est mon père ! C’est pour ça qu’elle est si gentille avec moi ! ». Dans l’épisode 12 « Romain et Jamila », la relation homosexuelle renferme la brutalité de la passion amoureuse et possessive : Bruno, le chef de gang xénophobe, serre fort le jeune Romain contre lui, comme un fils spirituel mais aussi comme un amant, et menace de tabasser sa future femme Jamila si ce dernier ne va pas « casser du Noir » avec lui dans des squats. On voit en réalité qu’il est jaloux de Jamila et considère le mariage de Romain comme une infidélité personnelle, une haute trahison sentimentale : « Si t’es pas avec nous ce soir, c’est ta femme qui trinque. […] Je tiens à toi, Romain ! On a construit des choses tous les deux. T’avais pas le droit de disparaître et d’épouser une Arabe. Comment veux-tu que je le prenne ? Comme une connerie de môme ? Faut encore réparer ? Comme la saloperie d’un môme qui me chie dessus ! ». Dans l’épisode 72 « Les Boloss », Matthieu sort (en blague ?) à sa pote Vanessa une proposition plus que douteuse sur Christophe, le père de Jeanne : « J’peux aussi faire un strip Poker avec son père, si tu veux. »
 

Dans Joséphine, le lien de frères est quelquefois mis au-dessus du lien d’amour homme/femme et est montré comme potentiellement incestueux et homosexuel. Par exemple, dans l’épisode 24 « Un Frère pour Ben », le jeune Benji s’emballe pour son nouvel ami Lazlo, qui sera son futur demi-frère par adoption : « Trop cool. Tu dormiras dans mon lit ! ». Ils prennent même leur bain ensemble, tout habillés : « Tu vas voir, c’est cool, un bain ! ». Dans l’épisode 44 « Le Festin d’Alain », Alain et sa sœur Valérie ont été très proches depuis l’enfance avant qu’une femme ne les sépare : « Je te connais mieux que personne, Valérie. On était tellement proches avant… » (Alain). Henriette, leur institutrice qui les a connus depuis tout petits, en témoigne : « On sentait qu’ils s’aimaient tellement fort ces deux-là que jamais rien ne pourrait les séparer. […] Ils étaient tellement gais [gays ?] ! »
 

L’homosexualité va parfois jusqu’à prendre la forme du triolisme (ledit « couple à trois »), donc du libertinage bisexuel : c.f. les trios Thierry/Rodin/Constance puis Thierry/Martin/Christine dans l’épisode 8 « Une Famille à Noël », Hélène/Xavier/François dans l’épisode 16 « La Vérité en face », Jennifer/Amélie/Ludo dans l’épisode 20 « Le Stagiaire », Bertrand/Yann/Marie dans l’épisode 73 « Légendes d’Armor », Lou/Océane/Clémence dans l’épisode 95 « Disparition au lycée ». Dans l’épisode 40 « Paris-Broadway », la relation qui s’instaure entre Margot et Olympe est tacitement lesbienne, matinée de jalousie, de domination/soumission. Dans une des chorégraphies qu’elles effectuent ensemble, elles sont collées lascivement l’une à l’autre, mais se menacent quand même car elles se disputent le même homme, Christopher : « Garde tes distances avec lui ! » avertit Margot à Olympe. Dans l’épisode 78 « Carpe Diem », les retrouvailles entre François, Amélie, et Jérôme (« François, Jérôme et moi, on était au lycée ensemble. » confie Amélie), ne sont pas du goût de François, le mari d’Amélie, qui croit que Jérôme et Amélie se séduisent, et qui vit par ailleurs très mal sa prise de distance avec son ancien meilleur ami et camarade d’école de commerce Jérôme qui a réussi dans le monde de la vente en ligne alors que lui s’écroule professionnellement. La nature jalouse de la relation entre les deux hommes pose question : « À l’époque, on était cul et chemise ! » plaisante Jérôme.
 

Mais le triolisme occulte la primauté du « couple » homo, donc ce dernier est simplement montré mais non promu par la série. Les seules et uniques fois où Joséphine est contrariée par rapport à l’homosexualité, ce n’est d’ailleurs pas à cause de celle-ci mais du fait qu’elle soit dissimulée et instrumentalisée pour justifier un mensonge, notamment lié au triolisme ou à la domination/lâcheté dite « masculine ». C’est le cas par exemple dans l’épisode 69 « Double Foyer », où Franck trompe sa femme Julie avec une maîtresse cachée Mélanie qu’il maquille téléphoniquement en « banquier » (Monsieur Duval) pour cacher son adultère… ce qui met immédiatement la puce à l’oreille de Joséphine, à l’évidence peu disposée à avaler cette fausse homosexualité : « Depuis quand on dit ‘Bisou bisou’ à son banquier ? J’aimerais bien voir la tête qu’il a, ce banquier ! ». On observe la même résistance dans l’épisode 55 « Un Bébé tombé du ciel », quand Joséphine découvre que sa jeune cliente, Charlotte, a confié la paternité administrative de son bébé à son meilleur pote gay, Loïc, en couple depuis trois ans avec Laurent, et vendeur dans une boutique de parfums, en faisant croire à tout le monde que c’était lui le père biologique. Joséphine ne supporte pas que l’homosexualité serve de couverture, ne soit pas « assumée ». Elle avalise au contraire l’homosexualité visible, sympathique, intégrée, sentimentalisée. La preuve : elle trouve le couple Loïc/Laurent très « chou » : « Entre parenthèses, Laurent est très sympa… » lâche-t-elle à Charlotte entre deux réprimandes.
 
 

JOSÉPHINE EST-ELLE LESBIENNE ?
 

Je clôturerai ce dossier sur l’homosexualité dans Joséphine ange gardien en me penchant justement sur son héroïne principale et en soulevant cette question peut-être incongrue : Joséphine, en plus d’être angélique, est-elle aussi homosexuelle ? On ne le saura jamais, mais le doute est permis ! Par exemple, dans l’épisode 11 « Pour l’amour d’un ange », l’homosexualité du personnage est envisagée comme une explication de son angélisme. En effet, Jean-François lui déclare sa flamme mais elle n’arrive pas à lui révéler la raison pour laquelle elle ne peut pas l’aimer en retour, à savoir son identité d’ange. Il lui soumet plein de questions-hypothèses pour lui arracher son secret… dont le lesbianisme : « Pourquoi [refuser de sortir avec moi] ? Parce que vous mesurez 1,32 m ? Si vous saviez ce que je m’en fiche. […] Vous êtes mariée ? Ben c’est pas grave. J’irai trouver votre mari. […] Vous aimez les femmes ? Eh bien tant pis : on les aimera ensemble. […] Mais alors, c’est quoi ? Dites-le-moi !! ». Dans l’épisode 5 « Une Mauvaise Passe », Véronique, en voyant Joséphine la coller dans les toilettes, se méprend sur ses intentions : « Si vous avez besoin de parler, j’suis là. » (Joséphine) « Mais là, vous tombez mal. Les confidences dans les toilettes des femmes, c’est pas du tout mon truc. » (Véronique). Dans l’épisode 16 « La Vérité en face », Joséphine trouve la directrice de l’école primaire où travaille François « drôlement bien roulée » sur ses photos de jeunesse pour des magazines de charme. Dans l’épisode 58 « Liouba », Charlotte, une femme de ménage travaillant avec Joséphine, la prend pour une lesbienne quand cette dernière lui demande « si elle ne connaîtrait pas une Anna » : Charlotte est troublée par la question car elle a entendu « une nana », et une fois dissipée le quiproquo, fait la remarque à Joséphine : « Vous savez que vous faites une vraie fixation sur les prénoms féminins ? ». Parfois, les femmes mariées considèrent Joséphine comme un meilleur mari que leur époux officiel : « Joséphine est plus préoccupée par mon bonheur que toi qui es mon mari depuis 18 ans ! » (Julie s’adressant à son mari Franck, dans l’épisode 69 « Double Foyer »). Dans l’épisode 71 « Le Sourire de la Momie », Yann, le conservateur du musée, suspecte carrément Joséphine d’avoir des vues sur l’archéologue Louise : « Pourquoi elle t’intéresse autant, Louise ? Elle te plaît ? ». Dans l’épisode 80 « Le Secret de Gabrielle », Joséphine fonce accidentellement sur la poitrine de l’imposante Madeleine et se retrouve nez à nez, ou mieux dit, nez à seins, avec la gardienne-hommasse… et la situation la dégoûte autant qu’elle l’embarrasse.
 

Par ailleurs, Joséphine exerce des « métiers » traditionnellement attribués aux gays : prostituée (c.f. épisode 5 « Une Mauvaise Passe »), serveuse dans un bar homo (c.f. l’épisode 8 « Une Famille pour Noël »), coiffeuse (c.f. l’épisode 15 « La Comédie du bonheur » et l’épisode 78 « Carpe Diem »), chorégraphe (c.f. l’épisode 17 « Paillettes, claquettes et champagne » et l’épisode 40 « Paris-Broadway »), photographe de mode (c.f. l’épisode 22 « Belle à tout prix » ; dans l’épisode 47 « Les Braves », elle se crée un atelier « loft new-yorkais façon Soho »… sachant que Soho est le quartier gay de Londres), photographe de calendrier de pompiers nus (c.f. l’épisode 46 « Police Blues »), masseur de rugbymen (c.f. l’épisode 47 « Les Braves »), chirurgien esthétique (c.f. l’épisode 50 « le Frère que je n’ai jamais eu »), décoratrice d’intérieur (c.f. l’épisode 64 « En roue libre »), galeriste d’expos d’art contemporain (c.f. l’épisode 66 « De père en fille »), directrice d’agence de chippendales (c.f. l’épisode 76 « Papa est un chippendale »), jet-seteuse et organisatrice de mariages de stars ou de défilés de mode (« On a fait l’anniversaire de Karl Lagerfeld aux Folies Bergères. » se targue-t-elle dans l’épisode 81 « Enfants, mode d’emploi »). Il ne manque plus que fleuriste ! Elle porte également des vêtements ou des accessoires très culturellement homos : « Ah ben d’accord. Ils m’ont refilé une vieille blouse de Michel Ange ! » (c.f. l’épisode 25 « Tous en chœur »). Dans l’épisode 59 « Suivez le guide », elle arbore un drapeau de guide touristique qui est rose. Dans l’épisode 73 « Légendes d’Armor », elle reçoit du Ciel un parapluie rainbow pour s’abriter. Dans l’épisode 80 « Le Secret de Gabrielle », elle trouve que son déguisement de gendarme sixties est très rétro-chic et lui fait ressembler à une gay icon qui n’aurait rien à envier aux modèles de Jean-Paul Gaultier : « Je suis sûr que Gaultier aimerait ! » Elle se rêve elle-même icône gay : « Tu sais qu’une fois, on m’a prise pour Madonna ?! » (c.f. l’épisode 77 « Dans la tête d’Antoine »). Sans compter que Joséphine a côtoyé durant sa vie des célébrités dites « homosexuelles », a été une de leurs proches. Par exemple, dans l’épisode 2 « L’Enfant oublié », elle dit avoir rencontré Shakespeare. Plus tard, ce sont d’autres personnalités : « Oui. J’ai travaillé longtemps au service de Monsieur Chopin. » (c.f. l’épisode 36 « Remue-Ménage ») ; « Ça fait longtemps que j’ai pas fait de déco. La dernière fois, je crois que c’était avec Michel Ange pour décorer la Chapelle Sixtine. » (c.f. l’épisode 64 « En roue libre » ; elle avait déjà parlé de sa collaboration avec Michel Ange dans l’épisode 13 « La Tête dans les étoiles »). Notre héroïne fait régulièrement référence à des grandes figures du monde homosexuel : Paul Verlaine dans l’épisode 21 « Le Compteur à zéro », Rudyard Kipling dans l’épisode 22 « Belle à tout prix », le personnage proustien d’Albertine dans l’épisode 41 « Les deux font la paire » et l’épisode 85 « La Femme aux gardénias », Andy Warhol dans l’épisode 48 « Les Majorettes », Jean-Baptiste Lully dans l’épisode 60 « Une Prof », Karl Lagerfeld dans l’épisode 69 « Double Foyer », Simone de Beauvoir et Virginia Woolf dans l’épisode 80 « Le Secret de Gabrielle », Hans Christian Andersen et Michel Foucault dans l’épisode 82 « La Parenthèse enchantée », Hélène Boucher (aviatrice lesbienne) dans l’épisode 87 « Un pour tous », etc.
 

Le plus souvent, l’homosexualité de Joséphine reste quand même strictement implicite. Elle se trouve dans les mots ou expressions drôlatiques que le personnage utilise. Je pense par exemple à l’anaphore de l’adjectif « gai » (« C’est sûr que c’est pas gai-gai, tout ça. », c.f. l’épisode 25 « Tous en chœur » ; « C’est pas gai-gai, tout ça. », c.f. l’épisode 42 « Le Secret des Templiers » ; « Bon… C’est pas gai-gai, tout ça… », c.f. l’épisode 67 « Les Anges » ; « C’est pas gai-gai. », c.f. l’épisode 94 « L’esprit d’Halloween » ; « En même temps, c’est pas très gai. », c.f. l’épisode 96 « Trois anges valent mieux qu’un ! »), qui résonne comme une préciosité toute homosexuelle qui finit par convertir le « i » final en « y ». Notre ange gardien adopte d’autres expressions orales très ambiguës, qui suggèrent sans assumer : « Ça, c’est sûr que c’est plus gai ! » (c.f. l’épisode 39 « Profession menteur »). Dans l’épisode 21 « Le Compteur à zéro », une vieille dame montée dans le taxi conduit par Joséphine en ressort toute guillerette : « J’étais triste… et maintenant, je suis gaie ! ». Dans l’épisode 77 « Dans la tête d’Antoine », lors de son cours-bidon de paddle (planche à rame), l’héroïne s’amuse à nouveau à placer la polysémie de l’adjectif « gay » dans tous les mots de la langue française qui finissent pareil : « On remue la papa, on remue la gaigaie, on remue la pagaie, chhh chhhh. […] Alors maintenant, on va compliquer un peu. On va le faire sur une jambe. Comme un flamand rose… mais sans le flamand et sans la rose. ». Cette infantilisation homosexualisante finit d’ailleurs par énerver Bastien, le macho du groupe de vacanciers, qui demande une vraie formation de paddle, et pas une animation de Club Med. Dans l’épisode 78 « Carpe Diem », Joséphine, qui est arrivée deuxième à une course de kartings, se trouve une excuse pour expliquer sa victoire, ou sa défaite, face au grand gagnant, le jeune Ivan : « Il faut que je te fasse une confidence. C’est parce que je me suis trompée de pédale. »
 

Ce n’est pas la première fois que l’actrice Mimie Mathy joue les lesbiennes ou les bisexuelles à la télé. Dans la série Demain Nous Appartient diffusée le 24 avril 2018 sur TF1 (épisode 201), elle interprète le rôle d’une tante (… Tante Pénélope) qui, par rapport à l’homosexualité et aussi à son dégoût des hommes et de son mari (« Les mecs, tous des pourris ! » lance-t-elle à sa nièce Lucie Salducci), se présente comme une « hétéro-curieuse » : en effet, lorsque Sandrine Lazzari lui révèle qu’elle est « mariée » à une femme (Laurence), Pénélope lui répond du tac au tac avec malice « Ça, c’est pas bête ! Je devrais p’têt essayer ! ». En lien avec l’homosexualité et la transidentité que j’étudie dans la série Joséphine ange gardien, il est intéressant de voir que la couverture du magazine Télé 7 Jours (du 17 au 23 novembre 2018) a choisi comme par hasard un portrait photographique de Mimie Mathy habillée en garçonne (icône féministe et lesbienne s’il en est !), en suivant la mode des smokings féminins d’Yves Saint-Laurent. Et je ne crois pas, dans ce domaine-là, aux hasards…
 

 
 

L’ASEXUATION ANGÉLIQUE JOSÉPHINIENNE SERVANT D’ALIBI POUR JUSTIFIER LA TRANSIDENTITÉ ET LA TRANSSEXUALITÉ
 

Quand ce n’est pas l’homosexualité (les sentiments amoureux et érotiques envers les personnes de même sexe) qui est vantée par Joséphine ange gardien, ce sont carrément la transidentité (le sentiment d’être femme dans son corps biologique d’homme, ou homme dans son corps biologique de femme), la transsexualité (le passage par la table d’opération chirurgicale pour concrétiser le changement/la réassignation de genre sexué, l’hormonisation) et l’effacement de la différence des sexes (la différence sexuelle est transformée soit en option soumise à l’impression et à la volonté de chaque individu, soit en réalité indiscernable et en apparente inversion des sexes). Joséphine et ses personnages sont clairement des représentants de l’idéologie du Gender, celle qui fait de la sexuation humaine une valeur optionnelle ou relative adoubée à la volonté ou à la sensation individuelle : « J’aime bien renouveler les genres. » (c.f. l’épisode 79 « Je ne vous oublierai jamais ») ; « Si vous me dites quel genre de personne vous recherchez, j’pourrais peut-être vous aider à le trouver. » (Wyatt en parlant ironiquement de lui-même à Rose, dans l’épisode 92 « L’Incroyable Destin de Rose Clifton »). Les noms des personnages joséphiniens sont parfois des condensés de différence des sexes à eux tout seuls. Ils portent pour ainsi dire des noms transidentitaires : par exemple Madame Claude (c.f. l’épisode 59 « Suivez le guide »), Madame Leprince (c.f. l’épisode 78 « Carpe Diem »), Madame Thiery (c.f. l’épisode 87 « Un pour tous »).
 

Plus qu’homosexuelle, Joséphine joue à changer de sexes, à inverser son identité sexuée de femme en identité sexuée d’homme, en présentant l’excuse facile qu’« un ange ça n’a pas de sexe ». Comme si les anges étaient des personnes travesties, transgenres, transsexuelles, et inversement (Les scénaristes de la série n’ont vraiment rien capté à la sexualité… ou à l’angélisme !). Par exemple, dans l’épisode 5 « Une Mauvaise Passe », quand elle fait le tapin, elle prend un pseudonyme de prostituée-trans (« Mireille-Amélie-Georges-Stéphanie ») pour effrayer son client. Dans l’épisode 34 « Un Passé pour l’avenir », au moment de postuler pour le travail de boulanger-pâtissier, elle s’emmêle les pinceaux : « Ah beh je suis votre homme !… enfin… votre femme… enfin non… moi, je peux. ». Dans l’épisode 50 « Le Frère que je n’ai jamais eu », elle exprime son désir de changer chirurgicalement de sexe et de corps sexué : « Je ferais bien une petite mission au Brésil. Buongiorno, je m’appelle Josefino ! ». Dans l’épisode 59 « Suivez le guide », elle se fait passer pour « Madame Gérard ». Dans l’épisode 61 « Un Monde de douceur », elle se déguise en Père Noël. Dans l’épisode 64 « En roue libre », elle ne se laisse même pas appeler Madame : « Au revoir Madame. » (Pierre) « Mademoiselle ! » (Joséphine). Dans l’épisode 73 « Légendes d’Armor », en faisant la plonge dans une crêperie, elle se fait accidentellement une barbiche blanche avec la mousse débordante. Dans l’épisode 87 « Un pour tous », elle prend carrément le rôle de l’oncle de Jules et de ses frères et sœurs Sonia, Will et Jeanne : « Je suis Tonton Bruno. Je sais, ça peut surprendre, mais c’est les enfants qui m’ont appelé comme ça quand ils étaient plus jeunes parce que mes parents ont toujours voulu un garçon. ». En réalité, on découvre par la suite que sa casquette est double : elle se présente tantôt comme l’oncle, tantôt comme la tante (« Bonjour. Je suis la tante de Will : Tatie Bruno. »), quand ce n’est pas les deux à la fois (« Joséphine, oncle et tante de la fratrie. »). Joséphine n’a que faire de la différence sexuelle, qu’elle balaye en s’annonçant comme une triomphante exception transgressant les normes sexuelles humaines. Par exemple, dans l’épisode 88 « Trois campeurs et un mariage », elle se rend aux toilettes hommes, en choquant un client de l’hôtel (« C’est réservé aux hommes, ici. ») ainsi qu’au coin SPA des hommes. Il n’est pas rare qu’elle joue les p’tits mecs, les machos rentrant dans les vestiaires des mâles ou habillée comme un garçon : c.f. l’épisode 35 « Coupée du Monde », l’épisode 47 « Les Braves », l’épisode 49 « Joséphine fait de la résistance », l’épisode 63 « Le Cirque Borelli » et l’épisode 72 « Les Boloss ».
 

Épisode 61 – « Un Monde de douceur »

Beaucoup de personnages de Joséphine cherchent à brouiller la frontière séparant les genres sexués homme/femme, soit par l’accident et le quiproquo, soit par les mots, soit par les vêtements (travestissement). On n’a pas encore droit aux personnages transgenres/transsexuels créés artificiellement par la chirurgie mais ça ne saurait tarder (vu que la série Demain Nous Appartient s’y est déjà mise, avec le personnage de Morgane, l’infirmière scolaire trans M to F qui débarque à partir de l’épisode 405). Dans l’épisode 15 « La Comédie du Bonheur », l’amour entre l’homme et la femme se fait sur la base de la confusion (accidentelle) des sexes. Sandra raconte sa première rencontre avec Yves et comment ils sont tombés amoureux : Yves s’est trompé de salon de coiffure et est rentré par erreur dans le salon pour femmes où travaille Sandra comme coiffeuse : « Mais Monsieur, c’est un salon pour dames ! » Ça l’a fait rougir, et sa confusion a fait craquer Sandra. D’ailleurs, plus tard dans l’intrigue et dans un autre contexte, Yves se fait traiter d’« enculé ». Dans l’épisode 16 « La Vérité en face », François voit son propre reflet dans l’eau d’un bassin, et est horrifié d’y reconnaître une vieille dame avec un boa rose… qui se trouve être Gloria, sa propre mère. Dans l’épisode 17 « Paillettes, claquettes et champagne », plusieurs des danseurs du Moulin Rouge sont ultra efféminés. Quant à Jérôme, un des membres de la troupe d’Alfredo, il ne brille pas par sa virilité ! Dans l’épisode 25 « Tous en chœur », le jeune Gabriel est particulièrement androgyne. Dans l’épisode 28 « Robe noire pour un ange », Stéphane se définit comme Cendrillon (« Cendrillon, c’était moi. »). Dans l’épisode 31 « Noble Cause », Axel, pourtant hétérosexuel, aime porter des costumes Grand Siècle ainsi que des perruques poudrées. Dans l’épisode 40 « Paris-Broadway », Olympe a l’air d’un trans. Dans l’épisode 41 « Les deux font la paire », Joséphine compare l’Archange Matthias à Janis Joplin. Et même si ce dernier n’a pas de velléité de travestissement ou de changement de sexe, il se l’imagine tout en le rejetant : « Et alors moi, les collants… ». Dans l’épisode 46 « Paris Blues », la transidentité latente des flics est manifeste. Par exemple, en séance de cellule psychologique au commissariat, que Joséphine anime avec les policiers volontaires désireux de se faire suivre individuellement par elle, elle tombe sur un agent, Hervé, qui lui raconte sa peur des armes à feu remontant à sa petite enfance, et en particulier depuis que son père lui a mis la pression pour qu’il soit « un homme » en lui offrant des pistolets en plastique : « J’avais honte. J’avais honte, vous pouvez pas savoir… Peut-être qu’au fond de moi, j’aurais préféré qu’on m’offre un kilt… Mon grand-père était écossais. Pour lui faire plaisir, je jouais de la cornemuse tous les mercredis après-midi dans un groupe folklorique. Tout le monde était en kilt. Sauf moi… ! ». Hervé se sent différent, nié dans sa masculinité, et en même temps, il ne semble plus prêt à la reconquérir puisqu’il souhaite se travestir. Dans l’épisode 50 « Le Frère que je n’ai jamais eu », César porte un tee-shirt rose. Dans le même ordre d’idée, dans l’épisode 55 « Un Bébé tombé du ciel », Charlotte affiche sur son tee-shirt l’inscription « YYZ ». Dans l’épisode 72 « Les Boloss », les garçons sont particulièrement féminisés par les filles : sur les photos que Vanessa a postées sur les réseaux sociaux, Tony apparaît en soutif pendant la fête chez Jeanne ; quant à Yann, le pote de Jeanne et Amélie, il est métamorphosé par ces dernières en majorette (« C’est notre Pom-pom Boy. »). Dans l’épisode 75 « Belle mère, belle fille », les jeunes danseurs (petits rats de l’Opéra) sont assez efféminés. Dans l’épisode 76 « Papa est un chippendale », lors d’un show de strip-tease, Thomas et ses camarades chippendales s’habillent en kilt. Dans l’épisode 80 « Le Secret de Gabrielle », les personnages sont vraiment androgynes : Olivier l’assistant fashion de l’agence de mode avec son tee-shirt moulant violet avec col en V, Madeleine la gardienne hommasse, Nadine la rebelle garçon manqué qui fume et qui est mécano, Hélène lisant sur la cour de récréation tout haut à ses camarades Une Chambre à soi de Virginia Woolf (sur l’androgénéité) et rêvant d’aller à Paris « rencontrer Jean-Paul Sartre ou Simone de Beauvoir ». Dans l’épisode cross-over avec Camping Paradis « Un Ange au camping », Christian Parisot, face à une question qu’il juge idiote (« Vous allez faire du cheval ? ») répond ironiquement que « Non, c’est son costume de majorette ». Dans l’épisode 89 « Graines de chef », Stan porte des boucles d’oreilles. Dans l’épisode 90 « 1998-2018 : Retour vers le futur », lors d’un concours d’une école d’archi où Joséphine et Ismaël son ange gardien stagiaire se sont incrustés comme candidats, l’un des examinateurs, Monsieur Disseaux, veut en savoir plus sur leur soi-disant cursus universitaire au Québec. Il fait référence auprès d’eux à un collègue prof architecte québécois pour leur demander des nouvelles de lui : « À Montréal, vous avez dû avoir Valéry Archambault en cours de design… ? ». Joséphine et Ismaël font semblant de le connaître, mais en parlant de ce Valéry comme s’il s’agissait d’une femme (« Ah mais ouiii ! Tu te rappelles, cette prof-là !! Super prof ! Jolie, et belle ! Tous les mecs étaient amoureux d’elle ! »). Et là, Monsieur Disseaux les arrête net dans leur délire mensonger : « Valéry Archambault : c’est un homme. ». Face à cette nouvelle information, ils essaient alors tous les deux de se rattraper comme ils peuvent : « Ah bon ? Ah ben maintenant que vous le dites… Tu te rappelles, ses pieds ? ». Toujours dans cet épisode, Nina taquine son futur mari Stan en recoiffant sa mèche de cheveux : « T’es toute belle, comme dirait ma grand-mère. ». Dans l’épisode 91 « Un Noël recomposé », Joséphine cherche sa cliente, Florence, à partir du seul indice que le Ciel lui a fourni, à savoir la couleur de sa voiture. En voyant en passer une devant elle, elle croit la reconnaître mais se ravise aussitôt en distinguant la tête masculine du conducteur : « Ah c’est elle ! Non, c’est pas elle… Elle est barbue, Florence… ». Plus tard, elle participe à un jeu familial où tous les participants doivent deviner le nom d’une célébrité dont le nom est écrit sur un post-it qu’ils portent sur le front, en posant des questions. Tout en assignant progressivement un sexe à chacun (et parfois un sexe différent de la sexuation de naissance), ce jeu asexualise tout le monde, en particulier Joséphine : « Est-ce que je suis une femme ? Non ? Donc j’suis un homme ? ».
 

Épisode 91 – « Un Noël recomposé »

Le changement de sexe, et parfois de genre (quand les deux sont liés), se veut une extraordinaire lutte féministe contre la domination masculine, une victoire en faveur de l’« égalité entre les hommes et les femmes », un pied de nez fait à la Nature et aux regards des autres. Cet essai d’effacement des sexes ou des genres n’est cependant que cosmétique… et forcément ridicule puisque rien n’abolira la différence des sexes, pas même la mort. Pire. La transidentité et la transsexualité, loin d’être neutres (même si elles sont traitées ainsi dans la série), renvoie à des réalités dures. Par exemple, dans l’épisode 35 « Coupée du Monde », Patricia, la fille de Geneviève, s’est suicidée, et on en ignore les raisons : pourtant, sur ses photographies, elle a tout l’air d’un trans. Dans l’épisode 58 « Liouba », le changement de sexe pointe un mensonge, et bien au-delà, le trafic d’enfants, de pères et de mères qu’est la GPA : « Des chaussons roses pour un petit garçon, tu trouves pas ça bizarre ? » (Joséphine s’adressant à Anna, la mère porteuse, dans l’épisode 58). Dans l’épisode 87 « Un pour tous », la transidentité est le reflet d’une absence parentale (parents décédés) et d’une fratrie de jeunes adolescents livrés à eux-mêmes : « Ça fait un an que t’es un peu le père et la mère de la fratrie. » (Joséphine s’adressant à Jules).
 

La transidentité indique aussi un manque de considération des personnes. Joséphine modifie souvent verbalement le sexe des gens, soit pour les humilier, soit parce qu’elle les taquine, soit par erreur d’inattention, soit parce qu’elle est bourrée, soit par stratégie pour arriver à ses fins : « Bonjour Madame… Excusez-moi, Mademoiselle. » (Joséphine simulant d’être saoule face à Marc, dans l’épisode 21 « Le Compteur à zéro ») ; « Camille Flaubert… c’est une fille ou un garçon ? » (Joséphine par rapport au jeune prêtre, dans l’épisode 25 « Tous en chœur ») ; « Oh ! Excusez-moi Madame ! Pardon… Monsieur ! » (Joséphine s’adressant à une statue de pierre dans un parc de château, et rectifiant son premier jugement en découvrant son pénis apparent, dans l’épisode 31 « Noble Cause ») ; « T’affole pas. T’as pas besoin de mettre ta robe longue. » (Joséphine s’adressant à Maxime, dans l’épisode 36 « Remue-Ménage ») ; « Y’aura un chapitre entier consacré aux lopettes qui ne s’attaquent qu’aux femmes. » (Joséphine s’adressant au militaire machiste Franck, dans l’épisode 37 « L’Ange des casernes ») ; « On ne vous a jamais dit que vous ressembliez à Sherlock Holmes ? Par contre, il n’était pas habillé en fille… enfin, j’veux dire, avec une mini-jupe… un kilt, ça s’appelle. […] Une petite nature, ces Écossais… Ça doit être la jupe. » (Joséphine s’adressant à James Hadley, dans l’épisode 54 « Chasse aux fantômes ») ; « Vous vous appelez Séverine ? » (Joséphine s’adressant insolemment à Monsieur Gérard, son supérieur hiérarchique, dans l’épisode 59 « Suivez le guide ») ; « Un rouge à lèvres… C’est pour ton usage personnel ou c’est à une copine ? » (Joséphine s’adressant à Greg, un élève qui l’a volé dans le sac de sa prof Fanny, dans l’épisode 60 « Une Prof ») ; « Et la rousse avec la veste mauve ? » (Joséphine parlant d’un homme de dos qui finit par se retourner, dans l’épisode 64 « En roue libre ») ; « C’est la p’tite poupoule qui a mon ordre de mission. Oui ben ça va, on peut se tromper. T’es le mari de la poule ! » (Joséphine parlant à un coq en plastique, dans l’épisode 66 « De père en fille ») ; « Mon client, j’allais oublié… Ah non, c’est une cliente ! » (Joséphine entendant vibrer son portable et découvrant que sa cliente s’appelle Anne Maleval… comme « mâle + val », dans l’épisode 79 « Je ne vous oublierai jamais ») ; « Ah beh quand même ! Tu mets plus de temps pour te préparer que la Reine d’Angleterre ! » (Joséphine s’adressant à Jules, dans l’épisode 87 « Un pour tous ») ; « Pour Ismaël, c’est un petit peu de chirurgie esthétique. » (Joséphine faisant rire tout le monde en dévoilant le soi-disant secret de jeunesse d’Ismaël, son ange gardien stagiaire, dans l’épisode 90 « 1998-2018 : Retour vers le futur ») ; etc. Par exemple, dans l’épisode 16 « la Vérité en face », à l’hôtel, Joséphine, sous les effets de l’alcool, féminise le réceptionniste en lui disant « Merci Madame ». Dans l’épisode 50 « Le Frère que je n’ai jamais eu », en recevant dans son bureau de chirurgien esthétique des personnes désirant se transformer le corps, elle prend un homme pour une femme, par inadvertance et parce qu’elle ne regardait pas son nouveau patient : « Vous êtes Madame Aurore Marshall… […] Oh excusez-moi ! Monsieur Garcia, j’ai inversé deux dossiers ! ». Dans l’épisode 54 « Chasse aux fantômes », ce qui pique Ben Lenox au vif et le fait sortir de son silence de fantôme, c’est quand il est nié dans sa sexuation par Joséphine, qui tente le tout pour le tout en le provoquant face à son tableau muet : « Vous êtes un pauvre pétochard en jupette. Je sais même pas pourquoi je perds mon temps à vous parler ! ». Dans l’épisode 56 « Tout pour la musique », Joséphine confond Matéo avec Léonie, en travestissant ce dernier en travelo, par une blague : « Ah non… C’est pas Matéo. À moins qu’il ait mis une perruque et des talons hauts… » Dans l’épisode 68 « Restons zen », pour dissuader Bastien de ne pas prendre le train et de rester en Thaïlande, notre ange gardien lui dit qu’elle lui « prêtera ses fringues ».
 

Le changement verbal de sexe est un moyen efficace de nier autrui dans son identité profonde. Il est souvent mis en place par les personnages de la série quand ils souhaitent se venger les uns des autres : « Mais pour qui il se prend, la Castafiore, là ? » (Tania face à l’arrogance du ténor Alexandre Lamark, dans l’épisode 36 « Remue-Ménage ») ; « Franchement, tes joueurs, ils jouent comme des gonzesses. Ils font peur à personne ! » (Michael dans l’épisode 47 « Les Braves ») ; « Comme tu peux être parano, ma pauv’ fille. Enfin… quand j’dis ‘fille’… » (Chloé s’adressant à Louison la lesbienne, dans l’épisode 86 « Le Mystère des pierres qui chantent ») ; etc. Par exemple, dans l’épisode 53 « Marie-Antoinette », le journaliste Max Leblanc a fait croire que la grande actrice Laura avait eu un passé pornographique en faisant circuler dans ses articles des photos floues d’un Brésilien complètement siliconé.
 

La différence des sexes est mal défendue par Joséphine ange gardien, car elle est presque systématiquement présentée comme une excuse employée par ladite « Domination masculine » pour mépriser et anéantir la femme, ou bien comme une séduction féminine pour manipuler l’homme. Ceci est particulièrement démontré par l’épisode 37 « L’Ange des casernes », qui raconte les difficultés d’une jeune femme-soldat pour s’intégrer dans le milieu très élitiste et masculinisé de l’armée : la jolie Camille est traitée comme un homme – et même plus durement qu’un homme – par l’adjudant Franck Müller, un militaire caricaturalement sexiste, misogyne et machiste, qui entend se venger de l’égalitarisme social actuel prétendant neutraliser la différence des sexes et menaçant (selon lui) son pouvoir masculin : « Égalité de traitement. Vous avez raison ! ». Il rivalise de remarques désobligeantes à l’égard de Camille à qui il reproche d’être une femme, et une femme orgueilleuse parce qu’elle aspire à faire un métier « d’homme » : « C’est pas de ma faute si elle ne peut pas pisser debout ! ». Il pousse le cynisme jusqu’à déviriliser ses propres hommes sous son commandement pour narguer Camille : « Reposez-vous un peu mesdemoiselles. N’oubliez pas de vous hydrater ! »
 

Ce qui ressort des propos de Joséphine et de ses personnages, c’est globalement une haine de l’Incarnation humaine et de la sexualité (différence des sexes). Dès que quelqu’un se rapproche corporellement de l’héroïne, elle prend ses distances : « Jamais très loin… » (Hugues, entreprenant) « Jamais trop près non plus ! » (Joséphine, réticente, dans l’épisode 73 « Légendes d’Armor ») ; « Quelle horreur ! » (Joséphine au moment de recevoir son premier baiser sur la bouche de la part de Jean-François, dans l’épisode 11 « Pour l’amour d’un ange »). Il y a une nette promotion de l’amour asexué de leur part, ainsi qu’une vision du corps humain comme mortel et pas du tout éternel. La Résurrection de la chair n’a absolument pas sa place dans leur esprit : « Les anges n’ont pas de sexes. » (Joséphine) « Oui mais ils ont un cœur. » (Jean-François) « Quand je te dis que j’ai pas le droit d’aimer, c’est la vérité. […] Perdre mes ailes, c’est redevenir poussière, et me consumer jusqu’à l’oubli. Alors que si tu vis, tu me sauves. Tu me redonnes mon passeport pour l’éternité. » (Joséphine, idem).
 

La Nouvelle Religion mondiale et ses adeptes préfèrent les anges aux Humains, et veulent même transformer ces derniers en anges asexués : « Moi, tout ce qui m’intéresse, c’est le sexe des anges. Hein, mon ange ? » (Rodin s’adressant à son ex, Thierry, dans l’épisode 8 « Une Famille pour Noël »). Selon l’hermétisme franc-maçon (2e siècle ap. J.-C.), l’Humanité est sans sexe : « Le Dieu hermétique est androgyne, et l’Homme étant le microcosme du Macrocosme, il est également androgyne. » (Alain Pascal, Le Siècle des Rose-Croix : Pascal contre Descartes, Éd. des Cimes, Paris, 2018, p. 75). C’est cette cosmovision qui transparaît dans Joséphine. Par exemple, dans l’épisode 67 « Les Anges », il est dit qu’Hélène, la femme décédée de Monsieur Henry, avait une « voix d’ange ». De plus, ce dernier est propriétaire de logements appelés La Résidence des Anges, où la chorale de Claire, elle aussi composée de chanteurs angélisés puisqu’il s’agit de la Chorale des Anges, s’entraîne. Joséphine veut neutraliser le corps humain, le désagréger, faire des Hommes des êtres transparents, translucides (c.f. l’épisode 52 « L’Homme invisible »). Elle désagrège également son propre corps d’humaine d’un claquement de doigts quand elle se volatilise en poussière dorée à chaque fin d’épisode. Elle n’aime pas les apparences, les images, les clichés, les préjugés. Son iconoclastie témoigne au fond de sa haine de l’incarné, du paraître, du corporel, de tout ce qui est humain : « Attendez, faut pas se fier aux apparences. » (c.f. l’épisode 19 « Nadia ») ; « Les apparences sont parfois trompeuses. » (c.f. l’épisode 30 « Le Secret de Julien ») ; « Vous savez, faut pas se fier aux apparences. » (c.f. l’épisode 31 « Noble Cause »), « Les apparences sont trompeuses parfois. » (c.f. l’épisode 39). Par exemple, dans l’épisode 12 « Romain et Jamila » est montrée la conversion du cœur chez Farid, qui se libère de ses « clichés », des apparences. Or, détester les apparences, cela revient à détester le corps et donc l’Humain.
 
 

DANS D’AUTRES ŒUVRES DE FICTION

 

Je ne vais pas m’étendre dans cet article sur la place de l’homosexualité dans les films, séries, publicités et chansons actuels, car ça nous amènerait beaucoup trop loin, et surtout, ça ferait doublon avec mon Dictionnaire des Codes homosexuels. De plus, que vous en ayez conscience ou pas, la propagande gay friendly et pro-homosexualité est tellement évidente (il n’y a quasiment pas une série actuelle qui n’intègre pas au moins un personnage homosexuel dans son casting) que certaines séries telles que Sex Education, Demain Nous Appartient ou encore 13 Reasons Why – sans déconner – ont les deux/tiers de leurs personnages qui sont homos ou bisexuels… ce qui constitue une majorité écrasante.
 

Mais comme ce Dictionnaire des Codes Apocalyptiques est plutôt orienté vers Joséphine ange gardien, une fois n’est pas coutume, je vais relever dans un film très connu une référence homosexuelle insolite et très inconsciente à notre ange gardien télévisuel français, a fortiori parce qu’elle est transhistorique et transnationale. J’ai trouvé un écho étonnant à Joséphine dans le film « Certains l’aiment chaud » (1959) de Billy Wilder : en effet, le seul baiser apparemment lesbien qui fasse s’exclamer à Marilyn Monroe (interprétant le personnage d’Alouette) un « Joséphine ! », c’est quand elle découvre qu’elle se fait embrasser sur la bouche par celui qu’elle prenait pour une femme, Joe.
 
 

LE CATHO-CON (progressiste ou conservateur) FAIT PAREIL…

 

Concernant les catholiques vis à vis de l’homosexualité et des personnes homosexuelles, c’est assez facile à résumer : ils n’en ont, dans leur très grande majorité, strictement rien à foutre. Et c’est un gars comme moi, qui a essayé de leur en parler depuis plus de 20 ans, qui vous le confirme. Ils font comme les gens du Monde : ils applaudissent (et/ou nous condamnent) à partir du moment où nous fermons notre gueule et que nous servons leurs intérêts carriéristes. Sinon, ils nous fuient et nous vouent à la géhenne.
 

 

Il faut le savoir. Quand tu es catholique et homosexuel, tu n’es soutenu publiquement par absolument personne, et tu es rejeté par 4 types de population : ET par la majorité silencieuse des personnes homos (qui te voient comme un dangereux homophobe intériorisé, un traître à leur reconnaissance sociale) ET par une grande majorité de catholiques (et parmi eux, il y a 3 sous-catégories : 1) les conservateurs – à qui tu fais peur et qui jugent que tu n’es pas assez croyant car si tu croyais vraiment en Dieu tu ne te dirais plus et ne te sentirais plus homo -, 2) les indifférents – qui ne te comprennent pas et qui trouvent que tu fais ta star et donne de l’importance à un sujet qui n’en a pas -, 3) les progressistes gays friendly – qui te trouvent fondamentaliste parce que tu essaies de défendre ce que dit l’Église au sujet de l’homosexualité et que tu expliques en quoi la pratique homo est ambiguë, limitée et non voulue par Dieu). En gros, sans victimiser, voilà le tableau. On te tire dessus de tous les côtés. Tu es mis au ban de la société et de l’Église. Tu fais peur à tout le monde. Et le pire, c’est qu’on te dit que tu t’isoles alors que concrètement c’est toi qu’on isole.
 

N.B. : Voici un autre article pour compléter.
 
 

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