Le 4 janvier dernier, j’ai regardé, par curiosité, l’émission de TF1 « La Chanson secrète », qui, chaque samedi, reçoit 9 célébrités qu’elle place individuellement sur un fauteuil pour leur faire revivre un tableau musical censé reconstituer un moment important de leur existence, entourées des gens qu’elles aiment le plus.
 

Au-delà des questions de qualité ou de médiocrité de ce programme (que je ne discuterai pas longtemps, car c’est une émission efficace et plaisante), ce qui me frappe, c’est l’avancée et les modes d’expression du Gouvernement Mondial franc-maçon (illuminati). Car ils nous aident à comprendre ce qu’est le processus alchimique mis en place par l’Antéchrist : cette prétention d’une part à transformer le plomb en or, mais plus largement à créer l’Humain, le Divin, l’Amour, sans Jésus, bien sûr, mais plutôt par l’entremise de nos émotions et du culte idolâtre des 4 dieux de la Nouvelle Religion mondiale, à savoir l’or, l’électricité, le soleil et l’humanisme intégral (les valeurs de Jésus sans Jésus).
 

On retrouve totalement ça dans « La Chanson secrète ». On se croirait dans un laboratoire alchimique ou une cuisine de savant illuminati :
 

Tout d’abord, il y a la phase HERMÉTIQUE. Juste avant le décollage, le vide des cosmonautes est fait. Les stars, au nom parfois très pierreux ou architectural, sont littéralement mises sous vide, en loges… maçonniques : « Les invités de la chanson secrète ce soir sont Élie Sémoun, Michèle Laroque, Kendji Girac, Jean-Pierre Foucault, Black M, Malik Bentalha, Mimie Mathy, Richard Berry ou encore François-Xavier Demaison. À l’heure qu’il est, ils sont isolés. On les a tous placés dans une loge. Coupés du monde extérieur. Sans la moindre idée de la surprise qui leur est destinée. » déclare Nikos Aliagas (spécialiste des alliages, comme en alchimie) avec son sourire émail-diamant. Dans cette émission, on retrouve le symbole hermétique du mur ou de la caverne qui s’ouvre. Chaque célébrité doit se concentrer avant d’exploser et de s’ouvrir au Cosmos. D’ailleurs, alors que les faisceaux de lumière fondent sur elle, on entend – comme par hasard – une musique spatiale. On s’attend tous à voir surgir les extra-terrestres ou l’« Esprit » du passé…
 

 

Après la phase hermétique arrive celle de la FUSION, de la combustion, de l’allumage. C’est la lumière électrique qui est censée allumer le cœur. On se croirait dans une cuisine, avec la star qui passe sur le grill. Au début, le décor derrière Nikos Aliagas, c’est de l’eau rouge-orangée en ébullition, comme dans une casserole ou une marmite. Le studio, comme dans le plateau de « The Voice », est bicolore et a des couleurs sataniques prédominantes : le rouge et le noir. Logique : les programmateurs apprentis sorciers veulent faire monter la pression (thermostat 1 : TF1) puis l’émotion. Et le « S » (de Satan ? de Star ? de Superman ? de Secrète ?) est collé au dos de la star. Ça tombe sous le sens que ce sera une mise en scène narcissique où Dieu n’est plus Jésus mais simplement « Môa et mon reflet narcissique renvoyé par les gens que j’aime ». Le caractère blasphématoire et luciférien de ce culte égocentrique qui veut se faire passer pour altruiste (l’hommage des retrouvailles), est assumé par les participants, qui rient inconsciemment de la parodie religieuse dans laquelle ils sont le centre. Par exemple, Mimie Mathy se marre de se retrouver à la place de Satan (ou bien Satan au cul ou au dos) face à la divinité télévisuelle électrique qui n’est pas Dieu (auquel elle ne croit plus) mais un être énergétique qu’elle n’identifie pas encore : « Qui c’est qui parle ? Dieu ? Je savais pas qu’Il existait. » ironise-t-elle, avant de se plaindre de l’intriguant et inconfortable « S » qui lui pique le dos : « C’est sympa, le ‘S’ du fauteuil… on le sent bien dans le dos, hein ? ». L’invité attend patiemment sur son fauteuil de dieu grec, sur son Mont Olympe blanc où il tremble de tout son corps sous le « froid » glacial des fumigènes à ses pieds et descendant les marches de son trône, à l’ombre d’un projecteur solaire qui le chauffe sans l’aveugler. Le glaçon humain va se liquéfier puis s’évaporer pour finalement se distiller en or.
 

 

Puis la troisième phase alchimique de « La Chanson secrète », c’est l’ÉCLATEMENT. La célébrité passe du froid polaire au chaud bouillant. Ce choc thermique – qui peut aussi s’appeler « ascenseur émotionnel » ou « Machine à remonter le temps » – est censé la liquéfier (là, d’ailleurs, normalement, les larmes arrivent), et se prénomme « Surprise » ou « Émotion intense ». Les alambics des sorciers sont en fête, mais aussi sur le point d’exploser. Sous les yeux ébahis de la star, chacun des protagonistes du tableau se renvoient l’énergie qu’ils irradient… ou sont censés irradier pour ne pas passer pour des cons.
 

 

Enfin, une fois la tension (électrique) redescendu et la Machine en surchauffe redescendue à sa température normal, la quatrième étape, c’est la récolte du précieux métal aurique et la CONSTRUCTION (ou consolidation !) de la carrière (artistique ici). La pluie d’or tombe sur la star. Le moment de l’enluminure symbolique arrive : cet instant est censé « rester gravé à jamais » dans le cœur de la célébrité, de son entourage et aussi du public. Et chacun des participants se gratifient d’avoir contribué « modestement » (hu hu hu) à construire la carrière de l’autre… et en profite pour parler de ses autres chantiers (disques, films, etc.) en cours d’élaboration.
 

 

En fait, la véritable « Chanson secrète » cachée de « La Chanson secrète », c’est l’or. C’est la promo. Et de la star invitée (qui glisse 2 mots de son « actu »), et de la star qui offre le cadeau. On nous fait croire à la gratuité. Mais en réalité, ne monte pas sur le trône de « La Chanson secrète » qui veut : il faut avoir une carrière et pouvoir apporter une plus-value et un public avec soi. Ceux qui peuvent vivre ce moment « unique » ou l’offrir, ce sont ceux qui ont une carrière (les proches anonymes de la star sont les heureuses exceptions de cette logique marchande). Les autres, out ! Les célébrités se font plaisir et payent leur « surprise », comme le bon monarque qui veut tuer son ennui ou claquer son argent en réclamant à sa cour de le surprendre encore et encore. Elles commandent « l’art de la surprise », comme a sorti le jeune chanteur Kendji Girac. Elles débarquent, les mains dans les poches, et énoncent presque le « Surprenez-moi ! Émouvez-moi ! » de l’Empereur capricieux, frétillant et « surex », en mal de sensations fortes, s’agrippant aux deux bras de son fauteuil princier, et au centre de toutes les attentions. Elles consomment de l’émotion intimiste. La star se fait plaisir, vit son petit moment nostalgie, que personne ne verra comme un égoïsme puisqu’il prend la forme du cadeau gratuit et émouvant offert à tous. Au fond, « La Chanson secrète », c’est l’usine. Il n’y a pas vraiment de place à la parole, aux commentaires. Ça enchaîne. Et on voit les célébrités entre elles se conseiller ce grand-8 émotionnel (« Franchement, tu devrais le faire… C’est à vivre ! »).
 

Et qu’est-ce qui fait tourner la machine de cette émission en apparence si altruiste et pleine de gratuité/gratitude ? C’est le business fondé sur le narcissisme. Narcissisme parce qu’on ne s’entoure que des gens qu’on aime, qui nous veulent du Bien, qu’on attend, les gens « évidents » et « obligés ». Alors que Là-Haut, à la Vie éternelle, on sera face aux ennemis qui nous ont pardonnés, les gens les moins « évidents » justement. Le narcissisme est encore plus flagrant avec les stars-racaille (Kendji Girac, Black M, Dadju…), souvent sans mot et sans histoire à raconter, qui ne disent rien de profond devant les caméras, qui sont là pour consommer, qui se voient parfois même refléter leur propre tube (par exemple, Black M se voit offrir sa propre chanson « Sur ma route » qui l’a fait connaître) plutôt qu’une chanson appartenant à leur histoire réelle et leur permettant de s’excentrer. Le but de « La Chanson secrète », c’est de faire pleurer (sur le plateau et dans les chaumières), c’est d’émouvoir (… et l’ennemi n°1, c’est la déception ou l’absence de larmes). La monnaie d’échange, ce sont les larmes électriques, ce sont les passions et les émotions. Quant à la fameuse « Chanson secrète », elle est tout sauf secrète. C’est un jardin secret qui ne l’est plus, qui perd son essence, puisqu’il est dévoilé à tous. Le secret, c’est qu’il n’y a plus de secret !
 

Vous voulez que je vous dise le fond de ma pensée ? À l’heure actuelle, on se plante sur ce qu’est la véritable émotion. Bien sûr, dans « La Chanson secrète », il y en a une. Et bien sûr qu’il y a une part d’émotion qui ne peut être simulée (les histoires et les relations filmées sont réelles, les larmes et la surprise ne peuvent pas être complètement simulées). Mais l’émotion la plus belle, c’est dans le secret, c’est dans l’invisible, c’est dans le non-dit ou l’indicible, c’est dans l’inconnu, c’est dans la pudeur, c’est dans le pardon et la Croix, qu’elle se vit. C’est par exemple un échange téléphonique qu’on ne peut dévoiler à personne tellement c’est grand et dangereux à la fois. C’est dans le pardon donné ou reçu d’un ennemi. Ça ne peut quasiment pas être capté par une caméra ni vu par des milliers de spectateurs. Comme les déclarations d’Amour ou d’amitié qui ne peuvent être vraies que lorsqu’elles sont pudiques et cachées, ou vécues dans l’adversité et la douleur. Comme dit ce beau et si juste dicton espagnol : « Secreto de dos, secreto de Dios. Secreto de tres, de todos es. » (traduction : « Secret à 2, secret de Dieu. Secret à 3, disparaîtra ! »). Ou bien je pense aussi à ces paroles de Jésus dans l’évangile selon saint Matthieu : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. » (Mt 6, 1).