Pour que vous arrêtiez de dire cette connerie : « L’homosexualité, ça ne me dérange pas tant que ça reste privé. Le seul problème, c’est le LOBBY. »

 

Tout comme le problème du « mariage pour tous » n’était pas les enfants ou la famille mais le mariage et le couple dans la différence des sexes, le problème de l’homosexualité n’est pas le « lobby » mais bien l’acte homo. Même l’acte homo privé et discret. Je me permets d’insister car beaucoup ont la vue courte, apparemment. Ils préfèrent réinterpréter les propos du Pape dans l’avion des JMJ du Brésil comme une invitation à penser que l’homosexualité ne devrait être condamnée que dans sa visibilité, dans ses images médiatiques, dans ses conséquences sociales : pas en tant que telle, pas en tant que pratique reposant sur la discrimination de la différence des sexes et dont l’union homo pâtit.

Notamment certains mouvements anti-mariage-pour-tous et pro-mariage-pour-tous, soucieux de redorer leur blason gay friendly, se plaisent à couper caricaturalement la communauté homosexuelle en deux parties légendaires : la supposée communauté médiatique dépravée et despotique d’un côté et la communauté homo privée et éparse de l’autre, qui ne mériterait même plus le nom de « communauté » d’ailleurs tant elle serait formée de gens parfaitement intégrés dans la société et pacifiques, « qui ne feraient de mal à personne et qui ne revendiquent rien », qui ne se définissent même pas comme « homos » (et encore moins comme « gays »).

La visibilité, la médiatisation/politisation ne sont que des loupes du phénomène « homosexualité », des épiphénomènes, si vous préférez : pas le nœud en question. Ce qui pose véritablement problème (et ça, personne ne le dit), c’est l’acte homo. Même isolé. Même privé. Même l’invisible, en apparence inoffensif, vécu sur une île déserte, en toute discrétion. Il n’y a pas d’acte isolé, de toutes façons. Et cet acte homosexuel, qui tire sa violence de l’éjection de la différence des sexes, concerne déjà les deux personnes qui le posent. Et a fortiori, ces mêmes personnes sont, quoi qu’il en soit, des êtres de relations, auxquels on n’est pas indifférent, et dont les actes privés ont une portée sur le monde.