On nous fait croire, et la majorité des personnes homosexuelles se font croire à elles-mêmes, que la sainteté n’est pas à leur portée, est super compliquée ou inaccessible. Or, la sainteté pour elles, je le pense vraiment, est très simple, voire même plus simple que pour les autres. Elle consiste surtout à refuser la croyance en l’amour homo et l’acte charnel homosexuel, autrement dit elle se limiterait presque qu’à la continence. Je m’en rends compte en me remémorant un simple épisode de ma vie, qui peut paraître tout bête et insignifiant, mais qui pourtant prouve ce que je dis. Je me trouvais en soirée dans la boîte-bar gay « Le Cargo » à Angers, dans les premières années où je fréquentais le « milieu ». J’avais 22 ans. C’était en 2002. Et alors que je me trouvais assis sur les marches d’un recoin de la piste de danse aux côtés d’un homme d’une trentaine d’années, Olivier, qui entamait la discussion avec moi pour essayer de me draguer, il s’est passé une drôle de réaction chez lui, réaction dont je n’y suis (presque) pour rien. Olivier, sans que je m’y attende (et pourtant, il n’était pas du tout saoul) a essayé de m’embrasser sur la bouche par surprise. Et moi, je me suis dérobé, sans agressivité. Et simplement parce que je lui avais offert une opposition fraternelle, il n’en revenait pas. Je le voyais répéter frénétiquement, comme s’il venait d’être touché par la Grâce ou qu’il avait vu la Vierge à Lourdes : « C’est pas vrai. T’es un saint?!… T’es un saint?! C’est ça? J’en reviens pas… J’ai affaire à un saint… ?! » Tout ce que je vous raconte est vrai. Alors si ça ne tient qu’à ça, la sainteté des personnes homosexuelles (et je la crois réelle, bien vivante et bien forte), je peux vous dire que nous sommes particulièrement gâtées !