Je me rends à la messe à saint Médard. Et quand je vois que ce n’est pas le père Gambart, je me barre ! (haha). Je reviendrai ce soir à 19h, car c’est lui qui célèbre. En revanche, super moment où on s’est retrouvés tous les deux à discuter dans le fond de l’église comme deux frères (… ou plutôt deux cancres qui « sèchent le début de la messe »), trop contents de se retrouver pour parler en Vérité de Jésus ! Il est génial, ce prêtre, et très conscient des limites de son « paquebot » ( = sa paroisse), comme il dit, qu’il conduit par amour et obéissance.
 

Rajout du soir : J’adore aller à la messe. Parce que, si on est bien attentif, il se passe plein d’événements surnaturels dans l’assemblée, que parfois les prêtres ne voient même pas. Ce soir, à la messe de 19h à saint Médard, il y avait une dame d’une soixantaine d’années dans l’assistance qui, pendant tout l’office, parlait à voix haute. Même si je n’étais pas très loin, je n’arrivais pas à comprendre distinctement ce qu’elle disait. Je l’ai juste entendu jurer contre un des prêtres qui concélébrait juste après la consécration : elle a lâché un « J’t’emmerde ! », comme si elle le jalousait. Seulement pendant les chants, elle se taisait. Et aussi quand le père Gambart parlait (il a d’ailleurs fait une super homélie). Il semble avoir une autorité sur elle. D’ailleurs, au moment de la communion, elle s’est précipitée sur lui pour communier la première. Il y avait deux jeunes filles qui étaient assises dans la rangée devant elles, et qui au départ étaient l’objet des suspicions et des regards courroucés de la part de leur entourage proche qui croyait que les bavardages intempestifs provenaient d’elles. C’est à l’issue de la messe que je suis allé les voir pour leur demander ce qu’elles avaient entendu de la bouche de la dame derrière elle, qui n’avait rien d’une folle, mais plutôt d’une femme possédée. Apparemment, à les en croire, elle prononçait des phrases la plupart du temps incompréhensibles, parfois en langue étrangère (c’est souvent le cas des personnes possédées). À un moment, elle s’adressait à un « Christopher » en lui disant qu’« il n’était qu’un salopard ». Les personnes qui parlent toutes seules, ou alors qui ont des syndromes genre Gilles de la Tourette, ça me fascine, car en général, même si elles font peur, impressionnent, et semblent incontrôlables, en réalité, elles sont hyper dociles. J’en tiens pour preuve la femme du deuxième étage de mon logement, qui est capable d’animer de ses cris et de ses injures (alcoolisées) tout l’immeuble, mais qui, à chaque fois qu’elle sent que j’approche de son étage, se tait, se tient à carreau, ou vient carrément me voir gentiment (chose qu’elle ne fait pas avec les autres voisins : elle est capable de les prendre par surprise, de débouler et de les faire hurler de peur). Ces gens – qui ont des problèmes psychiatriques mais pas que, parce qu’ils sont vachement futés – m’apprennent que les démons sont hyper trouillards, en réalité.