Je reviens d’aller voir Mathieu Madenian au Bataclan. Spectacle vide. Sans message, sans Vérité, sans risque. Et le comble, c’est que ça se fait passer pour « engagé » et « courageux »… Maintenant, la lâcheté a de la prétention.
 

Sur scène, Madenian est un provocateur en carton. Il semble traiter de tous les sujets tabous, mais en réalité, ils tirent sur des ambulances (anti-féminisme, anti-racisme, anti-société de consommation, anti-médecins, anti-province, anti-banquiers, anti-djihad, anti-flics, anti-vieux, anti-malades, anti-personnes handicapées, anti-ados, anti-fascistes, anti-extrême droite, anti-FN, anti-curés, anti-bobos, anti-parisiens, anti-vegans et bio, anti-porno, anti-public, anti-pédophiles, anti-gros, anti-Daesh, anti-réchauffement climatique, anti-Trump, anti-Corée du Nord, anti-nains, anti-terroristes…). Que des thèmes qui ne risquent pas de griller sa carrière. Qu’un semblant de courage. Lui-même a ironisé à l’issue de sa prestation sur l’absence d’« idées » dans son spectacle. Effectivement, sur ce seul point-là, on se rejoint.
 

Et ce n’est pas en rajoutant dans la forme des grossièretés et de la violence que ça suffit à muscler le truc. Ce n’est pas en prononçant des mots diabolisés massivement en société (ex : Mein Kampf), en parlant de sexe et de mort (super nouveau dans une société qui n’exhibe que ça), en manquant de respect à sa propre famille, en s’inventant des ennemis (trois pauvres « skinheads » qui font le salut nazi et interrompent son spectacle) ou des attaques et une censure fictive, en jouant sur un champ de bataille (le Bataclan : bien aseptisé et customisé par la Franc-Maçonnerie, depuis novembre 2015, avec triangles de lumière, damier-mosaïque en guise de scène…), en intitulant son show « En État d’urgence », en avouant sa propre lâcheté et impuissance à la fin, que ça rajoute du courage ou que ça conjure la lâcheté. Bien au contraire. C’est de la macronnade ultra-réchauffée.
 

 

Tu veux faire un vrai spectacle risqué, où tu joues ta vie et ta carrière, où tu ne rempliras pas tes salles tellement c’est dangereux, et tu ne risques pas de faire rire le bourgeois, où tu peux mourir pour tes idées ? Eh bien tu traites du mal qu’est l’Islam, du mal qu’est la pratique homosexuelle, du mal qu’est l’avortement de masse en Occident, des persécutions anti-chrétiennes ou du mal à l’intérieur de l’Église, tu parles de Jésus, tu dénonces le diable, tu défends la Vérité, tu parles de l’imminence de la Fin des Temps. Ça, oui, c’est du courage.
 

Mathieu Madenian, lui, ne défend que son portefeuilles (je le cite : « C’est pas grave : j’ai de l’argent. »), que ses bières, qu’une provocateur attitude. C’est à chier. On ressort de là sans avoir entendu aucune Vérité qui fait vivre. La révolution que Madenian propose n’est qu’une image de gêneur, qu’un simulacre de pourfendeur des interdits, qu’un humanisme publicitaire (autre phrase qu’il a dite : « Nous, on aime bien les slogans. », en parlant de ses potes du Charlie Hebdo). Le boboïsme dans toute sa splendeur.
 

Aujourd’hui, les artistes et les humoristes, même s’ils font rire sur le moment, ne jouent plus leur rôle d’annonciateur de la Vérité et sont des révolutionnaires en carton, car ils ne croient plus en Jésus et ne défendent que de la merde (leur argent, leur réputation, leurs petits coups de gueule de bourgeois). Mathieu Madenian allonge malheureusement la liste. Et quasi personne n’osera le dire ni le verra. Triste époque.