Les femmes lesbiennes n’existent tout simplement pas sur le net. Je cherchais (pour faire un audio sur les goûts musicaux lesbiens, comme je l’ai fait pour les goûts musicaux gays) « lesbiennes standards musicaux »… et directement, sur Google, ce n’est que du porno qui nous est proposé. Elles n’écrivent quasiment rien sur elles, en fait. Personne pour les représenter. C’est effrayant.
 

Les femmes lesbiennes réelles sont des parfaites illustrations de l’homophobie gay friendly galopante qui envahit actuellement le monde… puisqu’elles sont zappées par Internet sous prétexte d’être systématiquement associées, dans les moteurs de recherche, à des sites pornos (c.f. l’article de Paris Match « Pourquoi Internet a un problème avec le mot ‘lesbienne’ » du 30 avril 2019). Mais, pour le coup, elles sont appelées, en réaction et à leur insu, à devenir les premières dénonciatrices incarnées de cette hypocrisie mondiale et médiatique, les pièces à conviction vivantes ou les révélatrices de ce paradoxe violent de la promotion globale de la croyance en « l’identité/la pratique homosexuelles ». L’invisibilité, la caricature et l’indifférence dont elles font les frais doivent les encourager aussi à parler du lesbianisme, à sortir du bois, à réinvestir les mots qui les définissent, à faire que l’adjectif « lesbienne » ne se substantise pas, ne soit pas sali par le machisme pornographique, et soit au contraire relié à des réalités positives, intellectuelles, humaines, culturelles voire même spirituelles. Les filles, réveillez-vous !