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Décryptage du livre Bâtir un Pont du jésuite James Martin : Maman vous attend sur son pont


 

On m’a souvent parlé du père James Martin, prêtre jésuite nord-américain, et de ses propos gays friendly (= pro-gays). Mais à vrai dire, je ne m’étais pas encore trop penché sur son cas, car je trouvais la chasse aux sorcières « progressistes et réformatrices » lancée contre lui par la Réacosphère excessive, mal argumentée et mimétique de ce qu’elle attaque. En plus, à mon avis, il y a une urgence beaucoup plus grande à dénoncer le danger venant du côté des évêques et des cardinaux traditionalistes tels que le cardinal Sarah (car jamais l’Église Catholique du haut ne validera les thèses de James Martin ; en revanche, l’Église risque beaucoup plus fortement de se soumettre à des types dangereux et ecclésialement corrects comme le cardinal Sarah). Le père James Martin fait diversion sur la véritable source du schisme, et arrange finalement tout le monde en incarnant le « Danger progressiste ». Je voulais éviter de nourrir la haine et la diabolisation facile autour de James Martin. Donc je ne m’attaque à son discours, et à son livre Bâtir un Pont (titre initial : Building a Bridge) que maintenant. Et je vais essayer d’en montrer non pas toute l’horreur et la laideur, mais au contraire toute la brillance, la beauté, la franchise, la séduction, le côté rose-bonbon, l’hypocrisie aussi. Ce sera une manière de reconnaître les bonnes intentions et la sincérité de l’ouvrage Bâtir un pont, qui se veut vraiment « constructif », qui prétend nous accueillir, nous, personnes homosexuelles, telles que nous sommes, et tel que l’Église Catholique et Jésus le demanderaient. N’enlevons pas à James Martin sa bonne intention. Même si au final, tout concourt à comprendre qu’il fait partie de ce que j’appellerais la « Génération de prêtres Big Mother » (pour reprendre le titre de l’excellent essai de Michel Schneider écrit en 2002), c’est-à-dire des prêtres pervers narcissiques (et je pourrais rajouter « homosexuel refoulé », donc « homophobe gays friendly »)..
 

Pourquoi je féminise James Martin ? Non par misogynie ou homophobie primaires, ni par mauvaise foi gratuitement méprisante pour le ridiculiser. Mais parce que c’est tout simplement lui qui le fait inconsciemment. Il se présente souvent lui-même au féminin, et comme la bonne mère compréhensive (… face au patriarcat ecclésial qui ne comprendrait rien et accueillerait mal les « personnes LGBT » comme il dit). Il cite particulièrement les mères : « une mère m’a dit » (p. 104), « Récemment, j’ai reçu le message d’une femme… » (p. 32) ; « La délicatesse commence par entendre ce que dit cette maman. » (pp. 104-105) ; etc. Sur Twitter, il met les femmes à l’honneur, bien plus encore que les hommes. Et dans son livre, il nous fait à plusieurs moments des plaidoyers féministes en se servant des récits bibliques (la rencontre entre Jésus et la Samaritaine, ou encore avec Marie-Madeleine) : « D’abord, c’est une femme. » (p. 193) ; « Jésus ressuscité se manifeste en premier à une femme. » (p. 201) ; etc. À son insu, James Martin nous montre qu’il veut nous faire accompagner par le diable, cet ange asexué dont on n’identifie pas le sexe : « Des biblistes ont fait remarquer que le sexe du deuxième disciple d’Emmaüs (l’ami de Cléophas) n’est pas mentionné. Cet autre disciple pourrait donc bien être une femme. Qui vous a accompagné dans vos phases de désespoir ? » (p. 210) Et il fait passer cette démagogie pour de la galanterie, de la justice et de la lutte contre le machisme…
 

1 – LES CADEAUX DE MAMAN MARTIN : QU’Y A-T-IL DANS LE PETIT PAQUET… ?


 

Comme toute gentille mère qui se respecte, Maman Martin a décidé de mettre le paquet pour nous faire plaisir, à nous personnes homosexuelles. Pour quelle occasion ? Aucune. C’est l’occasion qui fait la daronne, comme dit le dicton. C’est soi-disant de manière désintéressée de sa part.
 

Alors voyons voir ce qu’il y a dans le joli paquet enrubanné de Maman Martin. Oh ! Un pont arc-en-ciel Playmobil à construire !! Mais c’est génial ! Exactement celui qu’on voudrait ! Et il nous conduit vers où, ce pont ? Vers un château enchanté qui ressemble à une cathédrale. Et c’est une cathédrale ! Vraiment charmant. On va pouvoir faire des beaux pâtés de sable.
 

Mais c’est qu’on dirait qu’il y a d’autres cadeaux personnalisés dans ce paquet… Maman Martin est trop choute. Elle a pensé à plein de détails. Elle nous offre une robe de princesse, un costume de prince, une layette rose cousue main. Dans son livre, on retrouve de temps à autre le lexique de la lumière-textile : « leurs vêtements » (p. 111) ; « C’est toi qui m’as tissé au ventre de ma mère. […]merveille que je suis. » (Psaume 139 cité) ; « l’image de Dieu nous ‘tissant’ » (p. 177) ; « effilochement du tissu social » (pp. 33-34) ; « alliés » (p. 39, synonyme de « gays friendly ») ; « sont venues se serrer dans l’Église » (p. 25) ; « se sentir plus en lien avec l’Église » (p. 51) ; « les filets » (p. 191) ; « votre filet » (p. 191) ; etc. Et en plus de la layette, Maman Martin a rajouté une jolie lampe de chevet et un mobile lumineux pour que nous n’ayons pas peur du noir, et histoire de resserrer les liens avec nous (au sens de cordages ligotants) : « jeter une lumière nouvelle » (p. 28) ; « une intensité » (p. 33), « intensité » (p. 22) ; « tension » (p. 45) ; « enrichie » (p. 60) ; « soleil brille » (p. 63) ; « l’énergie des catholiques LGBT » (p. 89) ; « transformé » (p. 94) ; « expérience transformante » (p. 173) ; « mettre leur énergie et leurs ressources » (p. 101) ; etc. D’ailleurs, le marquage de fin de chapitre sont des étoiles… C’est magique.
 

Mais l’élan de générosité de Maman Martin ne s’arrête pas aux cadeaux matériels. Elle nous offre surtout des cadeaux symboliques (c’est-à-dire verbaux, légaux, de croyance, sacramentaux). Maman Martin veut satisfaire tous nos désirs (mot qui revient souvent) : « Quels sont vos désirs, vos espoirs ? » (p. 76) et toutes les attentes de ses chers protégés que nous, personnes homos, serions. Elle emploie beaucoup le terme « espoir » : « les espoirs » (p. 13), « vos espoirs » (p. 77), « espoirs » (p. 88) ; « espérer » (p. 131) ; etc. Elle ne veut surtout pas nous frustrer, être castratrice. La bonne mère prétend répondre à tous nos fantasmes identitaires et amoureux, à partir du moment où ils sont homosexuels. Et elle invite tout le monde, et en particulier les pasteurs catholiques, à faire preuve du même laxisme totalitaire : « partager leurs vies comme un tout » (p. 89) Il ne faudrait rien nous céder.
 

Le premier de ses cadeaux symboliques, c’est évidemment la reconnaissance de notre soi-disant volonté d’être reconnues telles que nous sommes (« homosexuels ») et d’« aimer » (homosexuellement, entre autres). Le père James Martin défend l’« identité homo » et l’« amour » homo, et même la transidentité et la transsexualité. À de nombreuses reprises dans son livre, il substantise l’adjectif « homosexuel » : « une lesbienne » (p. 59) ; « une lesbienne » (p. 61) ; « les homosexuel-le-s » (p. 45) ; « les gays et lesbiennes » (p. 125) ; « assumer cette identité » (p. 36) ; « accepter leur propre identité » (p. 185) ; etc. Il croit en l’« identité » homo et la juge « naturelle », « essentielle » : « Ce jeune homme m’a spontanément dit qu’il était gay, et la manière très naturelle avec laquelle il a fait cela m’indiquait qu’il était tout à fait à l’aise avec sa sexualité. » (p. 36). L’idée en filigrane, c’est que l’homosexualité n’est pas un problème et n’a pas à l’être. Être bien avec son homosexualité, c’est, selon James Martin, ne pas en faire un problème, c’est d’intégrer, d’« assumer » (p. 36) son « identité » LGBT.
 

 

Maman Martin croit également en « l’amour » homo : elle défend le sentiment amoureux, le fait de « connaître les sentiments » (p. 91) « comprendre les sentiments » (p. 91) ; « L’un de mes plus vieux amis est un homme gay appelé Mark, autrefois membre d’une congrégation religieuse catholique. Il y a environ vingt ans, Mark a quitté sa congrégation après avoir annoncé qu’il était gay et a refait sa vie avec son partenaire, avec qui il est désormais marié civilement. Ce dernier souffre d’une maladie grave et Mark s’est dévoué de longues années à son service avec beaucoup de tendresse et d’affection. Qu’est-ce que l’histoire de Mark nous dit de l’amour ? » (p. 78) ; etc. Sa croyance au « couple homo chaste » ou en « l’amour homo chaste » ressort dans ses paroles : « Qualifier le sexualité d’une personne d’‘objectivement désordonnée’ est une manière de lui dire que tout son amour, même le plus chaste, est désordonné, ce qui est manifestement un jugement inutilement cruel. » (p. 104) Et encore, à l’écrit, le père James Martin ronge son frein. Il est beaucoup plus cash et permissif à l’oral, où là il sait que ses propos sont moins attaquables et plus insaisissables (comme on l’a vu dans son entretien avec Brandon Ambrosino à l’Université de Villanova le 29 août 2017, où le jésuite ne voyait aucune objection à ce que le jeune homme homo embrasse son compagnon pendant le baiser de paix à la messe…).
 

Maman Martin est très « cool » comme prêtre. Très « ouverte ». Elle croit en la « famille homoparentale » (elle parle de « familles » au pluriel). Étant donné qu’elle voue un culte aux Différences, à l’Altérité (James Martin prononce beaucoup de fois l’expression « l’autre » en tant que personne indéfinie : deux fois p. 19, une fois p. 20, trois fois p. 21, une fois p. 87, deux fois p. 94, une fois p. 102, une fois p. 145, une autre p. 210… et je rappelle que « l’Autre » est un des noms du diable dans la Bible, en plus de « l’Étranger » : « C’est l’étranger que Jésus désigne comme héros. » p. 166), il était logique qu’il confonde la différence des sexes avec l’hétérosexualité (hétérosexualité qui est l’idolâtrie pour toutes les altérités au niveau amoureux et sexuel, le diable déguisé en différence des sexes). Et ça ne loupe pas. Le diable sort dès l’introduction de Bâtir un pont : « de nombreux hétérosexuels » (p. 15). Et ça continue de plus belle après : « personnes hétérosexuelles » (p. 40) ; « les diocèses et les paroisses doivent être cohérents : licencie-t-on un homme ou une femme hétérosexuelle qui divorce puis se remarie civilement sans obtenir un jugement de nullité pour son premier mariage ? » (p. 69) ; « hétérosexuels » (p. 72) ; « les hommes et les femmes hétérosexuels » (p. 72) ; « hétéros » (p. 72) ; « Les hétérosexuels » (p. 72) ; « les jeunes hétéros » (p. 84) « les jeunes hétéros » (encore p. 84) ; « leurs homologues hétéros » (p. 125) ; « homos comme hétéros » (p. 127) ; etc. Toute la pensée martinienne sur l’homosexualité est faussée car basée sur l’hétérosexualité, c’est-à-dire une fausse humanité définie par la pratique génitale, la volonté individuelle et les sentiments amoureux.
 

Maman Martin tient tellement à nous maintenir dans une enfance angélique qu’elle se refuse à nous voir grandir et à devenir hommes ou femmes. Elle veut nous débarrasser de notre sexuation. Le sexe, elle n’aime pas. Elle trouve ça sale, animal, dégradant : « L’expression ‘attraction pour les personnes de même sexe’ s’appuie sur le mot ‘sexe’. C’est donc loin d’être l’idéal. » (p. 56). Par exemple, elle préfère dire « cisgenre » qu’« hétérosexuel » (p. 81)… parce que dans « hétérosexuel », il y a le suffixe « sexuel ». Beurk ! Elle réduit la sexualité à la génitalité : « Il n’est pas nécessaire de toujours tout ramener à la sexualité. » (pp. 16-17). James Martin valide carrément la transsexualité (alors que la transsexualité est un mythe : on ne change pas de sexe, même après opération). « Voilà une femme manifestement hétérosexuelle qui avait épousé un homme désormais devenu femme. » (p. 81) Il justifie également la transidentité (dysphorie de genre), en promouvant discrètement l’idéologie du Gender, dont la caractéristique formelle est le remplacement (ou l’absorption du mot) « sexe » par le mot « genre », et qui est concrètement une promotion de toutes les « identités sexuelles » : « un spectre qui va de l’un à l’autre » (p. 21) ; « un sexe (genre) ou l’autre » (p. 21) ; « identité de genre » (p. 76) ; « la femme cisgenre » (p. 81) ; « Voilà un mariage [entre une femme et une femme trans F to M] que la plupart des clercs qualifieraient d’irrégulier. Et pourtant, un modèle de fidélité et de loyauté. Même après que l’un des membres du couple eut fait sa ‘transition’, le mariage était toujours là, intact. Qu’est-ce que ce couple nous dit de la fidélité ? » (p. 81) ; « votre identité de genre » (p. 159) ; etc.
 

 

Deuxième cadeau symbolique que Maman Martine désire nous offrir : un nom. Celui qu’on veut (ou « voudrait ») : « personnes LGBT », « catholiques LGBT » (et puis ensuite « un homosexuel », « un gay », « une lesbienne », « un bisexuel », « un transsexuel/transgenre »). James Martin développe tout un chapitre sur « comment doivent être appelées les personnes homos ? ». Il instaure la logique de la méritocratie alliée au faire plaisir et à l’affirmation de soi. En gros, il entend négocier auprès des autorités ecclésiales et de l’ensemble des catholiques un « droit à l’auto-détermination » des personnes homos. Exactement comme la mère d’élève qui arriverait à l’école primaire de son fils trans pour imposer à la maîtresse de sa « fille née garçon » et à tout l’établissement le changement de prénom de « sa fille »… et tout ça bien sûr au nom du bien-être existentiel de son enfant, de la prévention anti-harcèlement, et du respect des « diversités » : « Le respect implique d’appeler un groupe de la manière dont il veut être appelé. Au niveau interpersonnel, si quelqu’un vous dit : ‘Je préfère qu’on m’appelle Jim, plutôt que James’, vous feriez très naturellement attention à l’appeler par le nom qu’il préfère. C’est de la courtoisie élémentaire. C’est la même chose à l’échelle des groupes. » (p. 53) ; « Le respect signifie au minimum offrir à la communauté LGBT la même reconnaissance que toute communauté désire et mérite. » (p. 49) ; « Il est plus respectueux d’appeler les personnes par le nom qu’elles préfèrent. Toutes personnes par le nom qu’elles préfèrent. Toute personne a le droit d’être appelée par le nom dont elle veut qu’on use pour elle. » (p. 53) ; « Je ne suis pas le seul à soutenir qu’il faut appeler les personnes par le nom qu’elles préfèrent. » (p. 56) ; « les gens ont le droit de choisir leur appellation. Utiliser ensuite ces termes fait partie d’une relation respectueuse. » (p. 57) ; « le mariage de couples de même sexe » (p. 111). On a l’impression d’entendre le même discours idéologique féministe et individualiste du « Mon corps m’appartient ! », sauf que cette fois, c’est « Leur nom leur appartient ! ».
 

C’est de la cosmétique et du pur nominalisme sentimental, nominalisme que James Martin dénonce chez les autres, en reprochant aux catholiques leur hypocrisie de ne pas nommer les choses… (« Oublions donc les expressions telles que ‘personne attirée par les personnes de même sexe’ qu’aucune personne LGBT que je connais n’emploie, ou même ‘personne homosexuelle’ qui semble trop clinique à beaucoup. Comment la communauté LGBT pourrait écouter l’Église si cette dernière persiste à user d’un langage qui est offensant pour elle ? » p. 55)… mais lui, qu’est-il en train de faire avec l’homosexualité ? avec le « mariage gay » (expression qu’il ne prononce jamais) ? avec le péché d’homosexualité ? avec sa probable homosexualité à lui ? La même chose ! Il cautionne le mensonge identitaire du coming out, le mensonge amoureux du « couple » homo, il cache sa propre tendance sexuelle, et il ne dit rien sur le péché qu’est la pratique homosexuelle.
 

Maman Martin dévoile beaucoup plus loin le noir dessein de son nominalisme gay friendly (et vraiment, ça fait froid dans le dos…) : c’est pour avoir le pouvoir sur nous, ses chers enfants LGBT : « Connaître le nom de quelqu’un, dans le monde de la Bible, c’est déjà connaître un peu la personne, partager une certaine intimité avec elle, voire posséder un certain pouvoir sur elle. » (p. 157) ; « Connaître le nom de quelqu’un revient, en un sens, à connaître cette personne, à rentrer dans son intimité, voire à exercer un pouvoir sur elle. » (p. 54). Je rappelle que James Martin dédie tout un chapitre de son livre sur la façon de nous nommer. C’est bien qu’il cherche à nous posséder, à avoir un ascendant sur nous, et qu’il se prend pour Dieu : « Dieu donne un nouveau nom à Abram » (p. 158). Il se justifie de la distorsion nominaliste autour des personnes homosexuelles, et plus largement autour de la sexualité, de l’Amour, de l’homosexualité et de Dieu, en citant la Bible : « Dieu donne à Adam le pouvoir de nommer les créatures » (p. 158) Dieu ordonne aussi à Adam de nommer le mal… mais bon, ça, visiblement, James a zappé…
 

Troisième cadeau symbolique en lien avec la dénomination homosexuelle : pour nous gâter et flatter l’ensemble des personnes homosexuelles, Maman Martin nous décerne des titres honorifiques : par exemple le titre d’« Ambassadeurs », en nous attribuant ensuite le mérite de cette trouvaille (il cite par exemple « une lesbienne » qui s’investit du « rôle d’ambassadeur catholique », p. 62). James Martin se fait le défenseur de la « sainteté pour tous », et développe le mythe du « Saint homosexuel » (p. 64) (et je dis « mythe » car Là-haut, nous ne serons plus homosexuels). Il distribue des diplômes de « prophète » ou de « saint » à ceux qui passent la douane de son pont, parce que lui-même se prend pour un grand prophète. « Les prophètes ont toujours eu l’amour comme moteur. L’amour non seulement de leur semblable, mais aussi l’amour de l’institution » (p. 143). Il se risque à lancer d’hasardeux pronostics de sainteté LGBT… : « Il est vraisemblable que parmi les prêtres, religieux et religieuses canonisés, un certain nombre d’entre eux a éprouvé cette attirance, tout en vivant fidèlement leur promesse de célibat ou leur vœu de chasteté. » (p. 65) Qu’en sait-il ? Rien du tout. Et ce n’est pas à lui de décider.
 

Maman Martin ne délivre pas que des « patronymes » qui font bien et parfait. Pour leur donner une touche d’irrévérence, d’intensité et de liberté, elle les salit au passage. Elle nous offre le titre de « constataires », de « révoltés », de « rebelles » rainbow. Comme Lucifer, il appelle à la plainte, à la révolte, à la vengeance matinée de respectabilité et de révérence du statut ecclésiastique : « Faites-vous suffisamment confiance à Dieu pour vous plaindre, comme le fait le psalmiste, de ceux qui vous ont ‘maudit’ ? » (p. 183) Je ne saurais que trop lui recommander de méditer cette maxime très inspirée (par l’Esprit Saint) de saint François de Sales : « Qui se plaint, pèche ».
 

 

Quatrième cadeau symbolique offert gracieusement par Maman Martin : elle nous reconnaît énormément de qualités, de dons, de talents. Nous serions merveilleuses, et elle est teeellement fière de nous… Comme Céline Dion, elle ne tarit pas d’éloges à notre sujet. Nous, catholiques LGBT, aurions des talents à foison, serions des surdoués, des exemples d’engagement ! : « talents » (p. 32) ; « talents » (p. 33) ; « les catholiques LGBT ont des talents uniques à déployer dans l’Église » (p. 58) ; « Ces dons aident à bâtir l’Église. » (p. 58) ; « leurs dons » (p. 59) ; « nombreux dons apportés » (p. 59) ; « apporté » (p. 59) ; « leur engagement » (p. 35) ; « engagement » (p. 63) ; « engagement » (p. 164) ; « engagé » (p. 233) ; « engagement » (p. 234) ; « ce que ces hommes et femmes LGBT apportent à l’Église » (p. 89) ; « talentueux » (p. 59) ; « son talent » (p. 59) ; « talents » (p. 61) ; « talents » (p. 88) ; « de nombreux talents » (p. 89) ; « exercer les talents » (p. 143) ; « un talent » (p. 161) ; « exercé ces talents » (p. 163) ; « exercer ces talents » (p. 163) ; « les talents » (p. 223) « ces talents » (encore p. 223) ; « ces dons » (p. 60) ; « un don » (p. 62) ; « donnés » (p. 63) ; « Repérer, nommer et honorer ces dons. » (p. 63) ; « dons » (p. 88) ; « célébrer et chérir les dons des catholiques LGBT » (p. 89) ; « leur don » (p. 157) ; « différents dons » (p. 163) ; « dons » (p. 163) ; « dons » (p. 164) ; « dons » (encore p. 164) ; « apporter leurs dons » (p. 164) ; etc. C’est presque « Il a un rêve » dans « Raiponce » de Pixar-Disney, sauf que là, ce sera « Les LGBT ont un (incroyable) talent ». Il a un talent. Elle a un talent. Et toi, c’est quoi, ton talent ? C’est quoi les dons rainbow que tu apportes à l’Église ? Viens mélanger tes couleurs ! Spot publicitaire minable mais flatteur et apparemment interactif.
 

À l’instar d’Emmanuel Macron qui a demandé trois dons aux responsables catholiques aux Bernardingues (et qui en réalité se prend pour l’enfant Jésus entouré des rois mages), Maman Martin nous « propose » à nous personnes homosexuelles de lui redonner les trois baballes qu’il nous a données et attribuées : « Cette compassion est un don. Cette persévérance est un don. Ce pardon est un don. […] Compassion, persévérance et pardon sont des dons. » (pp. 60-61) ; « Chacun de nous apporte des dons variés » (p. 161). C’est un technique bien connue des francs-maçons actuels : attribuer puis demander à ceux qu’on veut flatter et manipuler des DONS, en général au nombre de trois. James Martin fait de même avec les personnes homos et les clercs. Comme ça, il envoie en mission, tout en responsabilisant ses éclaireurs, ses architectes, ses ouvriers, et en les maintenant dans son giron. Comme par hasard, James Martin fait peu référence au Donateur (Jésus), puisqu’elle nous identifie aux trois dons : « Ils sont eux-mêmes le don. » (p. 63). Il fait également très peu référence au don de la Croix qui accompagne obligatoirement la réception des talents.
 

Dernier cadeau symbolico-concret que Maman Martin a réussi à négocier avec nous (dans le secret du confessionnal cette fois) si jamais nous sommes vraiment sages et coopératives, méritantes et émouvantes dans notre pratique amoureuse et spirituelle pédésexuelle : il nous offre des sacrements. Oh la la… Même quand notre état de vie (pratique homo, « couple » homo, etc.) ne nous permet pas de les recevoir : il évoque par exemple la distribution du « sacrement de réconciliation » (p. 29). Et sans doute fait-il aussi les bénédictions de « couples » (même si là, je n’ai rien pour le prouver). Il offre cela au nom de toute la communauté ecclésiastique et de l’Église-Institution (cadeau de la Maison !). Mais chuuut ! Pour éviter le scandale et les incompréhensions en interne, ce « cadeau-bonus », ces passe-droits sacramentaux, il nous demande de les taire pour le moment (On planque les bonbecs dans la poche, et on dit rien aux autres ! C’est notre petit secret…). Et pour ne pas avoir à demander l’autorisation de sa hiérarchie pour de telles pratiques « sacerdotales », il la remercie d’avance ! Comme ça, aucun n’osera riposter : qui peut rejeter un « merci » ? En effet, nous ne sommes pas les seules, nous personnes homos, à recevoir des cadeaux de Maman Martin. Elle offre aussi ses complimentations à certains chefs de l’Église-Institution, soigneusement sélectionnés comme « sortants du lot », et délivre des autorisations, des bons points, à qui voudra bien de sa pommade lubrifiante : « Il y a bien des évêques, et de plus en plus, qui savent accueillir. […] On trouve aussi de nombreuses paroisses, et de plus en plus, qui savent accueillir. » (p. 131). Elle attribue le label « Paroisse qui sait accueillir », « évêque friendly ou homos-compatible », aux communautés méritantes et aux chefs d’Église qui ont suivi ses conseils et l’ont reçue chez eux. Les critères tacites de cette attribution, c’est de valider l’« identité » homo ainsi que « l’amour homo ». Of course !
 
 

2 – COMMENT MAMAN MARTIN S’Y PREND POUR QUE NOUS ACCEPTIONS SES CADEAUX SANS RÉSISTER?

Maman Martin serait très très contrariée si nous, personnes homosexuelles, et puis ensuite plus largement les catholiques, refusions ses présents. Très contrariée. Comment quelqu’un oserait lui faire l’affront de douter de son amour pour les personnes homos et pour l’Église ?? d’écarter ses cadeaux d’un revers de main ?! Elle ne peut le concevoir ! Elle élabore donc toute une stratégie comportementale et verbale de diva pour éviter à tout prix cette suspicion, ce « Cataclysme ».
 

D’abord, Jocaste nous couve/dévore des yeux, nous fait les yeux doux : « un regard neuf » (p. 38) ; « regard » (p. 94) ; « Comment avez-vous réussi à le ‘voir’ dans votre vie ? » (p. 174) ; « Dieu a fait vos ‘reins’, et toutes vos entrailles. Cela change le regard qu’on a sur soi… » (p. 179) ; « Quel regard portez-vous maintenant sur cette époque ? » (p. 210) ; etc. Un peu comme en hypnose. Aies confianccce.
 

Ensuite, pour clouer le bec à Baby LGBT qui parfois peut régurgiter devant tant de gourmandises avalées (les bébés cathos, surtout homos, c’est parfois étonnamment récalcitrants et ascètes…), Maman Martin nous fait parler un maximum, témoigner, raconter notre histoire. Exactement comme les entrepreneurs de la Tech actuelle, qui nous lancent dans le story-telling (en particulier quand on n’a rien à dire) pour faire marcher leur propre business du témoignage émotionnel. Vas-y ! Accompagne-moi sur les scènes des églises et des télés, et je partagerai avec toi le micro et le magot des honneurs en te laissant raconter ton « vécu » homosexuel. Cette offre a l’air alléchante sur le papier puisqu’elle semble inverser les rôles habituels : ce n’est plus Baby LGBT qui se tourne vers Maman Martin pour qu’elle lui raconte une histoire, mais Maman Martin elle-même qui demande, d’un air énamouré, à sa créature, de le faire. Wahou! Trop d’honneurs ! En réalité, c’est un cadeau empoisonné, car en général, côté personnes homosexuelles prêtes à s’afficher dans les médias, ça ne se bouscule pas au portillon. Donc James Martin ne partage pas tant que ça sa place médiatique. Pas folle (ou plutôt très folle) la guêpe !
 

 

Ensuite, pour que nous acceptions ses « cadeaux » sans broncher, Maman Martin joue à fond sur l’émotion : elle se donne le rôle maternant de la Mère-Courage (ou de Père-Courage) qui « comprend » tout, qui « voit » tout, qui « endure » tout, qui « entend » et « accueille » tout, avec patience et empathie. C’est un peu Jacques Pradel. Et quand ses poulains n’ont pas la force de raconter leur struggle of gay life eux-mêmes, elle raconte à leur place des anecdotes où eux se retrouvent mis en scène avec elle, ou bien des retrouvailles émouvantes entre « homoparents » et « enfant gay », pour tirer les larmes à un public médusé, justement. Sortez les Kleenex : « L’une des choses les plus émouvantes […] : un jeune homme de seize ans qui venait juste de faire son coming out au sein de son lycée catholique et son père, approchant la cinquantaine, qui avait alors avec le reste de la famille accueilli son fils à bras ouverts et avec un cœur gros comme ça. » (p. 36) Maman Martin est fière de susciter autant d’émotion et d’intérêt autour de sa personne. Pardon… autour des « catholiques LGBT ». Elle est accueillie littéralement comme une rock (roc ?) star, une princesse. Lady Di. Elle nous raconte les effusions d’émotions fortes et les étreintes corporelles qu’elle a connues pendant ses conférences : « De jeunes personnes LGBT m’ont serré dans leurs bras, des parents ont pleuré, de nombreuses personnes m’ont remercié, en des termes bien plus forts que j’aurais pu imaginer. » (p. 23) It was… It was… amaaazing ! Elle fait devant nous et ses lecteurs l’inventaire numérique de sa moisson d’auditeurs émus venus en masse l’écouter : « l’église Sainte-Cécile, à Boston […]sept cents personnes » (p. 22) ; « la taille de l’auditoire m’a impressionné. » (p. 23) ; « Là aussi, la foule était telle que tout le monde avait dû rester debout » (p. 25) ; « Une nouvelle fois, c’est plus de sept cents personnes. » (p. 25) ; « Des gens ont attendu parfois deux heures pour pouvoir me parler et me partager leur histoire, souvent dans l’émotion. » (p. 25) ; etc. Les églises pleines à craquer, ça galvanise Maman Martin (même si elle se garde bien de trop exhiber son excitation, pour ne pas passer pour une orgueilleuse arriviste) ! Ça lui donne un sentiment de puissance, cette mystérieuse attraction des foules pour l’homosexualité. Maman Martin ne se sent plus pisser ! Entre les lignes de Bâtir un Pont transparaît un véritable attrait narcissique pour la gloire et l’audience : « Voir une église aussi remplie m’a fait comprendre ce que mon discours pouvait avoir de neuf pour tant de personnes. » (p. 23) Je me suis ému moi-même, tiens !
 

Autre technique mise en place par ce faux-cul de James Martin pour nous amadouer : Bonne Maman Martin soigne la forme et focalise sur celle-ci (… pour occulter précisément l’absence de fond). Une femme du monde (= les mignons de James) se doit de connaître les bonnes manières et l’art de la présentation, de la bienséance : « s’adresser la parole poliment » (p. 33) « une courtoisie tranquille » (p. 33) ; « de la même manière » (p. 60) ; « Je voudrais réfléchir tant à la manière dont l’Église s’adresse à la communauté LGBT qu’à la manière dont la communauté LGBT s’adresse à l’Église. » (p. 45) ; « Ce mot magnifique qu’est la délicatesse » (p. 135) ; « avec respect » (citant le Pape François, p. 138) ; « avec dignité » (citant encore le Pape, p. 138) ; « avec la compassion nécessaire » (p. 213) ; etc.
 

Pour justifier ce formalisme caricatural poussé à l’extrême, Maman Martin s’abrite derrière le Catéchisme de l’Église Catholique. Mais c’est toujours le même extrait repris : celui où il est question de « traiter les personnes homosexuelles avec respect, compassion et délicatesse ». Évidemment, les autres paragraphes de doctrine, non-centrés sur la forme, elle ne les aborde jamais. Elle les effleure, tout au plus. Et cette crispation sur la « manière » doucereuse d’accompagner les personnes homos vire au lavage de cerveau et à l’obsession. Je n’ai jamais vu ça ailleurs, j’avoue. Maman Martin a répété rien moins que 17 fois le trio dans tout le livre (et encore… je ne compte même pas les mentions des termes pris isolément) ! Notre Mémère ne s’est pas foulée : le triptyque respect/compassion/délicatesse, elle nous en donne à bouffer matin midi et soir ! Elle s’en est même servi comme plan de livre : comme ça, pas besoin de se casser la tête à élaborer une pensée personnelle (C’est vous dire si Bâtir un Pont est un livre creux) ! Allez, on lance le disque ! : « renforcer un esprit de ‘respect, compassion et délicatesse’ » (p. 26) ; « ‘respect, compassion et délicatesse’ » (p. 31) ; « Mais tout cela doit être fait avec ‘respect, compassion et délicatesse’. » (p. 32) ; « respect, compassion et délicatesse sont des talents sous-estimés » (encore p. 32) ; « dans le respect, la compassion et la délicatesse » (p. 37) ; « avec ‘respect, compassion et délicatesse’ » (p. 45) ; « ‘respect, compassion et délicatesse’ » (p. 46) ; « avec ‘respect, compassion et délicatesse’ » (p. 47) ; « avec ‘respect, compassion et délicatesse’ » (p. 107) ; « avec ‘respect, compassion et délicatesse’ » (p. 108) ; « respect, compassion, délicatesse » (encore p. 108) ; « Je vous ai invités à parcourir avec moi ce pont construits sur les trois piliers que nous donne le Catéchisme dans son approche du ministère auprès des personnes LGBT : le respect, la compassion et la délicatesse. » (p. 145) ; « ‘respect, compassion, délicatesse’, ces trois vertus mentionnées par le Catéchisme de l’Église » (p. 221) ; « avec respect, compassion, et délicatesse » (éditeurs, p. 226) ; « Au-delà du respect, de la compassion, et de la délicatesse, quelles autres vertus l’Église devrait-elle incarner quand elle s’adresse à la communauté LGBT ? » (éditeurs, p. 225). Le tabac c’est tabou, on en viendra tous à bout ! On n’est pas devant autre chose qu’un martèlement infantilisant d’une formule quasi incantatoire. À un moment donné, James Martin va même jusqu’à citer dans son livre un père de famille (ayant un enfant gay) qui, en bonne élève, le cite ! : « Les personnes gays doivent être accueillies avec respect, compassion et délicatesse. J’ai dit à ma femme : ‘Je devrais traiter l’évêque avec ce respect, cette compassion, et cette délicatesse que j’attends de sa part envers notre fils.’ » (p. 116) Le rendu « gourou et adepte-perroquet » est immédiat !
 

Alors oui, vous l’aurez compris, Maman Martin voudrait que chacun puisse, sur les questions LGBT, « témoigner de sa compassion » (p. 75) : « ‘Je t’aimerai toujours, peu importe ce que tu vas me dire.’ Qu’est-ce que ce grand-père nous dit de la compassion ? » (p. 78) ; « Il m’a semblé que c’était une faute, un manque de compassion, une absence de ‘souffrir avec’. » (p. 86). Le « souffrir avec », visiblement, c’est un peu le « vivre-ensemble » ou le « Je suis Charlie » du Petit James Martin illustré : un concept langagier lénifiant et hypocrite. En plus, James Martin développe l’idée (totalement erronée) que la compassion serait l’amour inconditionnel et aveugle : « ‘Jésus t’aime. Et ton Église te reçoit comme tu es.’ Qu’est-ce que ce prêtre nous dit de l’accueil ? » (p. 79). Or, cette idée de l’Amour inconditionnel de Dieu est une pure mythologie (crue malheureusement vraie par beaucoup de catholiques). L’Amour de Dieu a trois conditions (et non des moindres !) : la préservation de notre liberté (à L’accueillir ou à Le refuser), la préservation de la Vérité (et donc notre obéissance), et surtout l’acceptation de la Croix de Jésus. Le « Comment on est aimé de Dieu » et ce que ça implique comme renoncements (notamment le renoncement à la pratique homo), ça, comme par hasard, James n’y répond pas. Par ailleurs, comme le développe Fabrice Hadjadj, qui distingue très finement « compassion » et « empathie », la compassion est le péché d’Ève : celle-ci a tellement voulu « souffrir avec » Adam qu’elle s’est damnée en tombant dans le même trou que son mari, par compassion et respect de l’« unité », justement. Ce n’est par conséquent certainement pas une « vertu » à présenter comme modèle de comportement. Ensuite, la définition par James Martin de la délicatesse comme « une conscience aiguë de ce qui pourrait blesser ou offenser l’autre. » (p. 102) démontre également qu’il nous prend, nous personnes homosexuelles, pour des petites choses fragiles, devant être nécessairement couvées par une mère-poule (lui, en l’occurrence !). Or le refus de blesser l’autre, ça s’appelle parfois la lâcheté, la peur, la compromission, la démagogie ou la séduction, la surprotection, l’empêchement de vivre ! Si j’avais Maman Martin en face de moi, je n’aurais envie de lui dire qu’une chose : « Fous-nous la paix ! Arrête de nous ‘aimer’ comme ça ! ».
 

Pour finir sur le triptyque respect/compassion/délicatesse, je signalerais que les trois « piliers » répétés comme une ritournelle par James Martin ne sont pas des « vertus » spirituelles ou théologales (contrairement à ce que prétendent les éditeurs en fin de livre p. 232, en pensant sans doute au trio « Foi-Espérance-Charité »), ni des Vérités dogmatique, mais juste des attitudes formelles, des qualités humaines et mondaines, des manières, de surcroît plutôt attribuables aux femmes et aux mères qu’aux hommes (et sans tomber dans un essentialisme de la différence des sexes, je dirais plutôt « attribuables aux personnes toxiquement maternantes tout court : qu’elles soient hommes ou femmes »). Le discours de l’Église sur l’homosexualité dit bien autre chose qu’une manière de se conduire, d’accompagner ou d’aimer. Réduire son enseignement sur l’homosexualité à ces trois mots « respect/compassion/délicatesse », à des attitudes, à des conduites, c’est juste sidérant de niaiserie et spectaculairement réducteur… Les aspérités du Catéchisme et l’exigence de la Croix pour les personnes homosexuelles, le père James Martin les a complètement gommées. Il veut de l’héroïsme LGBT sans la Croix. Et ça, ce n’est pas nous rendre service.
 

Maman Martin a trouvé une technique imparable pour imposer sa propagande d’accompagnement (et de garderie !) des personnes homosexuelles à l’Église : précisément en ne l’imposant pas ! Ou plutôt, en présentant cette imposition comme une suggestion, une option, un service, une initiative étrangère à elle et émanant des personnes qu’elle asservit. James Martin joue l’hôtesse d’accueil qui « invite » et « propose » à tour de bras : « J’invitais à la discussion » (p. 17) « ce livre n’est ni une controverse ni une polémique ni un débat, mais une invitation à prendre part à la conversation » (p. 26) ; « inviter les paroisses à la prière en commun » (p. 39) ; « les catholiques sont invités à traiter les homosexuel-le-s » (p. 45) ; « Commençons donc par emprunter le pont » (p. 47) ; « Les pasteurs de l’Église sont invités à être attentifs » (p. 54) ; « J’invite les pasteurs à admettre que » (p. 57) ; « invitée à méditer sur la façon » (p. 60) ; « l’Église est invitée à… » (p. 64) ; « Permettez-moi de vous partager six anecdotes qui invitent à l’écoute. » (p. 77) ; « étaient invités à réagir » (p. 80) ; « inviter le lecteur à méditer des passages » (p. 80) ; « nous invite tous à y réfléchir » (p. 86) ; « Mais j’invite les personnes LGBT à réfléchir à cette question : est-ce compatible avec notre vie de chrétiens ? » (p. 112) ; « le pont que je vous invite à franchir » (p. 146) ; « Pour continuer la réflexion » (p. 217) ; « ce guide lecture et de discussion » (p. 219) ; « cette invitation » (p. 219) ; « propose » (p. 222) ; etc. Ce lèche-botte professionnel s’étend en salamalecs mielleux ridicules, en formules à rallonge fleuries qui confinent à l’obséquiosité : « Permettez-moi » (p. 46) ; « il peut donc sembler étrange de se demander comment… » (p. 46) ; « la distinction que je propose » (p. 46) ; etc. Quand on le complimente, il esquisse une fausse modestie : « C’est probablement vrai. » (p. 24) Même quand il doit hausser le ton, il se contient dans une politesse excessive : surtout, il ne faut pas nommer les choses, il faut ne rien interdire ni condamner, ne pas paraître strict ! « C’est un argument intéressant, qui mérite attention. » (p. 73) ; « Le Catéchisme dit bien que ‘toute manifestation d’injuste discrimination’ doit être évitée. » (p. 83) ; « chose que nous devrions éviter de pratiquer » (p. 71) : toute personne normalement constituée aurait usé dans ces deux dernières phrases de l’adjectif « proscrite » ou « condamnée ». Mais non ! La bonne mère doucereuse, même quand elle condamne, le fait avec mollesse, sophistication et préciosité. Elle évite le conflit, et surtout la Vérité tranchante du Christ !
 

Avec Maman Martin, on se croirait revenus à l’École des Fans. À l’ouverture des « cadeaux », elle simule l’étonnement émerveillé avec son enfant : « À ma plus grande surprise » (p. 80) « Quelle surprise ! » (p. 80) ; « Et voici peut-être une surprise plus grande encore » (p. 80) ; « ce qui me laissa interloqué » (p. 81) ; « Elle perçut mon étonnement. » (p. 81) ; « J’étais déconcerté et seul mon mutisme était capable de rendre compte de ma sidération. » (p. 81) ; « La taille de l’auditoire m’a impressionné » (p. 23) ; etc. Comme la star pas naturelle (les célébrités américanisées style Céline Dion, ou encore Lenni Kim nous en livrent toujours des parfaits exemples), James Martin surjoue sur lui-même les effets qu’il attend des gens qu’il manipule. C’est une technique bien connue du monde publicitaire, dont le but est d’assommer les téléspectateurs de positivité et de flatterie. Et il y a fort à penser qu’il y a autant de calcul que de sincérité dans le comportement de James Martin quand il affiche une joie de ravi de la crèche ou au contraire une mine défaite et émue. Pour nous attraper et pour s’attraper lui-même, il jouera beaucoup sur l’affect, et ne va quasiment s’axer que sur l’émotion forte positive pour s’adresser à un auditoire : « Nombre de ces rencontres m’ont profondément touché. » (p. 11) La bonne mère s’extasie, à l’instar de la bourgeoise, pour susciter l’extasie autour d’elle : « N’est-ce pas là une phrase magnifique ? » (p. 87) ; « ‘Délicatesse’. C’est un mot magnifique utilisé par le Catéchisme. » (p. 91) ; « trésors de spiritualité que recèlent les Écritures » (p. 151) ; etc. Maman Martin se penche sur notre berceau, pour que chacun admire en lui-même (ou en elle !) « la merveille qu’il est » (p. 177). Elle simule qu’elle nous prend pour Dieu en personne, pour Jésus en culotte de velours, qu’elle voit à travers nous la Vision béatifique, ou encore la Vierge ! Elle nous renvoie en enfance, et plus que ça, au stade prénatal, aux sensations intra-utérines. Elle veut nous entraîner aux tréfonds de nous-mêmes, dans l’introspection, nous faire fermer les yeux pour que nous entrevoyions « l’image de Dieu nous ‘tissant’ » (p. 177).
 

 

Afin que nous acceptions ses cadeaux et ses paroles doucereuses sans riposter, Maman Martin ne nous dit que des choses gentilles et agréables. C’est ce qu’on appelle, dans le jargon de la manipulation, le Positive Wording (traduction : la « formulation positive »). En quoi consiste le Positive Wording ? C’est très simple. C’est ce que certains appellent le Monde des Bisounours. Il s’agit, dans les discours, d’une censure systématique des mauvaises réactions, des critiques, des oppositions, des mots négatifs qui blessent ou qui pourraient blesser et donner une mauvaise image. Le Positive Wording est d’une part un outil d’évitement des conflits et d’autre part un dispositif de conquête par l’indifférence souriante et muette. Il dit toujours « oui » (ou « peut-être » quand il veut dire « non »), évite les « ne… pas », « respecte tout » (tout en n’écoutant ce qui l’arrange), et félicite au lieu de dénoncer. Il multiplie les flatteries, les formules de nuance ou les concepts vides (du genre les adjectifs « différent », « intéressant », « fort », « nouveau », « cohérent », « lumineux », etc.) afin d’étouffer toute résistance. Il fuit la polémique et les sujets qui fâchent (ces sujets seront dits « inappropriés », « clivants » ou « excessifs »). Il est mielleux, caressant. Il pense que la Paix du Christ n’est pas une épée qui divise mais au contraire une parole humaniste et altruiste forcément douce, intense, fédératrice et unissante. Il fait d’ailleurs une fixette sur les concepts d’UNITÉ et de DIALOGUE. Il prétend ne rien imposer et ne pas être sectaire (il « invite » à tour de bras). La formulation positive est une cosmétique rhétorique redoutable, dont les dictatures (en particulier communistes et stalinistes) ont jadis abusée, et qui est désormais très utilisée par les politiciens actuels (Macron, Hollande, ceux qui se présentent comme « socialistes », etc.), par les scientifiques et les mentalistes. Elle fait partie des techniques d’hypnose (la programmation neuro-linguistique : PNL) et de communication non-violente (CNV) les plus courues pour manipuler un auditoire en lui donnant l’illusion d’être acteur de son propre raisonnement, de sa propre révolte, et … surtout de son propre endormissement !
 

Le Positive Wording, c’est exactement ce que met en place notre Big Mother nord-américaine, qui insiste beaucoup sur la communication, l’écoute, la nécessité : « un dialogue serein » (p. 142) ; « Je me désole du manque de compréhension et de dialogue entre les catholiques LGBT et l’Église institutionnelle. » (p. 30) ; « dialogue » (p. 17) ; « l’essence même du dialogue » (p. 18) ; « dialogue » (p. 22) ; « résulte d’un manque de communication et de confiance » (p. 45) ; « dialogue » (p. 56) ; « dialoguer » (p. 56) ; « dialogue empreint de respect » (p. 118) ; « modèle au dialogue » (éditeurs, p. 226) ; etc. Surtout concernant l’homosexualité, Maman Martin nous martèle qu’il faut se parler, « en parler », COMMUNIQUER, écouter (Mais l’écoute de quoi et de qui, au juste ?). C’est l’oralité pour l’oralité. Avec Maman Martin, on s’enlise dans le formalisme de la Vérité ou le fanatisme de la Parole, dans la posture écoutante ou communicante (mais qui ne communique et n’écoute rien, au final). James Martin multiplie les phrases à la con, les sophismes langagiers moralisants ou Walt Disney qui font joli mais qui ne signifient rien du tout : « Pour apprendre, il nous faut écouter. » (p. 82) ; « La première chose, et la plus importante, est l’écoute. » (p. 76) ; « Souvent, on a du mal à comprendre ou à accepter certaines choses. Cela nous arrive à tous, à différents stades de notre vie. » (p. 207) ; « La Résurrection montre que l’amour triomphe toujours de la haine, la vie de la mort, et l’espérance sur le désespoir. » (p. 201) ; etc. Par exemple, il défend cette idée fausse que l’amour, ce serait « vouloir le bien de l’autre ». Ça sort d’où, cette connerie ? Certains cardinaux tiennent également ce discours à la noix : « ‘Ces deux hommes partagent la vie l’un de l’autre, avec toutes les joies et douleurs qui vont avec, et chacun aide l’autre. Il nous faut reconnaître que cette personne a pris une décision importante pour son propre bien et pour le bien d’autrui.’ » (le cardinal Christoph Schönborn, cité par James Martin p. 94). On va aller loin, avec ça…
 

Maman Martin emploie également des métaphores poétiques très bucoliques pour fleurir son discours indigent et le muscler un peu. Elle adore notamment l’image « dynamique » du chemin. Ce n’est plus « en marche avec Macron » ni « le changement c’est maintenant avec Hollande », mais « en chemin » avec James Martin : « cheminement spirituel » (p. 38) ; « cheminement spirituel » (encore p. 38) ; « Je voudrais vous inviter à marcher avec moi » (p. 45) ; « votre cheminement » (p. 164) ; « Maintenant, changeons de côté sur le pont et parcourons le chemin » (p. 107) ; « le chemin parcouru » (p. 118) ; « Nous sommes tous des pèlerins en chemin. » (p. 147) ; « Si vous deviez raconter votre propre ‘chemin d’Emmaüs’, que serait cette histoire ? » (p. 210) ; « Dieu d’amour, tu peux m’ouvrir un chemin d’amour. » (p. 214) ; « De quelle manière l’Esprit Saint vous met-il en route ? » (éditeurs, p. 232) ; « processus » (p. 34) ; « le processus » (p. 35) ; etc. Et ne vous moquez pas : en France, les « Marches spirituelles » (très bébés) à destination des « personnes concernées par l’homosexualité » commencent à être en vogue dans plusieurs diocèses
 

Globalement, les idées défendues par Maman Martin sont des concepts sentimentaux et solidaires qui brillent par leur vacuité, leur imprécision et leurs bons sentiments : « la reconnaissance », « la sainteté », « l’ouverture », « l’accueil », « être soi-même et accepté tel que l’on est », « l’amour », « l’égalité », « l’aide », « la nouveauté », « le changement », etc. : « reconnaître l’existence de la communauté LGBT » ; « reconnaissance » (p. 49) ; « reconnaître » (p. 58) ; « Jésus reconnaît chacun. » (p. 49) ; « reconnu » (p. 49) ; « reconnaître » (p. 50) ; « accueillis » « aimés » (p. 50) ; « aimés de Dieu » (p. 64) ; « sainteté » (p. 64) ; « d’abord l’accueil, pas la condamnation » (p. 213) ; « Dieu d’amour, tu m’as fait tel que je suis. » (p. 214) ; « Dieu d’amour, aide-moi à me souvenir que je peux vivre d’amour. » (p. 214) ; « Dieu d’amour, tu peux m’ouvrir un chemin d’amour. » (p. 214) ; « Dieu d’amour, aide-moi à trouver des amis qui m’aiment pour ce que je suis. » (p. 214) ; « aider les autres » (p. 87) ; etc. Elle nous fait méditer sur des concepts généralistes irréfutables du point de vue de l’intention (« fidélité », « sexualité », « accueil », « amour »… pp. 76-81) pour qu’on ne parle pas d’homosexualité ni d’hétérosexualité, et pour qu’on associe inconsciemment ces concepts sucrés aux situations précédemment citées : cela s’appelle tout simplement de la manipulation. Maman Martin insiste aussi beaucoup sur les notions de nouveauté (p. 18, p. 23, p. 28, p. 30, p. 38) et d’unité : « Prions pour la paix et l’unité. » (p. 131) ; « unité » (p. 33) ; « L’Église devrait être signe d’unité » (p. 34) ; « la réconciliation » (p. 37) ; « en vue du bien commun » (p. 33) ; « inviter les paroisses à la prière en commun » (p. 39) ; « Ensemble sur le pont » (p. 145) ; « Nous sommes tous ensemble sur ce pont. Car ce pont, c’est l’Église. » (p. 146) ; « rassembler tout le monde dans la grande famille des enfants de Dieu » (p. 88) ; etc. Elle défend un universalisme et un humanisme intégral christisé : « des êtres humains » (p. 65) ; « notre humanité » (p. 65) ; « condition humaine » (p. 88) ; « monde entier » (p. 228) ; « cet aspect de l’universalité » (p. 228) ; « s’adresse à un groupe bien plus large » (p. 12) ; etc. Elle instaure en quelque sorte un néo-communisme, où bien entendu elle fusionne les inconciliables (elle défend la soi-disant « compatibilité » entre pratique homo et pratique religieuse), prône l’unité dans la diversité (et dans ce totalitarisme ecclésial, la pluralité a plus d’importance que l’unité, d’ailleurs !) en détournant la métaphore paulinienne du Corps mystique christique indivisible (1 Co 12, 12-27) : « leur pluralité » (il parle des membres de l’Église, p. 162) ; « tous » (p. 55) ; « toutes » (p. 60) ; « concerne l’Église tout entière » (p. 13) ; « pour l’ensemble de l’Église » (p. 34) ; « Chaque membre, chaque organe est important. » (p. 58) ; « l’Église comme un corps dont les membres contribuent au bon fonctionnement de l’ensemble » (p. 161) ; « Tous nous faisons partie de ce ‘Corps du Christ’ qu’est l’Église. » (p. 161) ; « La Bible est à tout le monde. » (p. 39) ; « L’Église, en tant qu’elle est un tout » (p. 60) ; « tout catholique » (p. 75) ; « le Peuple de Dieu dans son ensemble » (p. 46) ; « nous invite tous à y réfléchir » (p. 86) ; « le corps entier » (p. 143) ; etc. Et si quelqu’un ose s’opposer à son rouleau compresseur du « rassemblement » et de la « réconciliation », Maman Martin agite devant lui le spectre hideux de la « division » et de la « désunion » (p. 34), bref, de la « trahison » et de l’« apostasie ». Comme si accepter l’Unité du Christ revenait à tout accepter à partir du moment où les idées ajoutées au Magistère et au Corps ecclésial sont humanisées/personnifiées et homosexualisées… Sa conception de l’Église est tellement communiste que James Martin présente même le protestantisme comme un meilleur modèle de cohésion que le catholicisme : « Imaginez ce qui aurait pu se passer si les attaques avaient eu lieu contre une église méthodiste. Beaucoup d’évêques auraient déclaré ‘Nous nous tenons aux côtés de nos frères et sœurs méthodistes.’ » (p. 86)
 

Enfin, j’ai remarqué que la technique qu’use Maman Martin pour nous enfumer et pour que nous souriions à ses gouzi-gouzi est la simulation de concertation. En effet, notre chère mère nous bombarde de questions et prend régulièrement une posture questionnante. Comme face à des bébés privés encore du don de la parole et sur qui on souhaite projeter pleins d’idées, d’intentions, de pensées personnelles, d’interrogations d’adultes. Pour commencer, Maman Martin conseille à toute personne qui veut être amie et proche du « catholique LGBT » de « l’écouter et de lui poser des questions » (p. 76). Le programme est clair ! Ensuite, elle lui montre comment faire, en se tournant vers nous. Démonstration ! : « Qu’est-ce que l’histoire de Mark nous dit de l’amour ? » (p. 78) ; « ‘Je t’aimerai toujours, peu importe ce que tu vas me dire.’ Qu’est-ce que ce grand-père nous dit de la compassion ? » (p. 78) ; « ‘Jésus t’aime. Et ton Église te reçoit comme tu es.’ Qu’est-ce que ce prêtre nous dit de l’accueil ? » (p. 79) ; « Qu’est-ce que cette grand-mère nous dit de la foi ? » (p. 79) ; « Qu’est-ce que Maggie nous dit de la sexualité ? » (p. 80) ; « Qu’est-ce que ce couple [entre une femme et une femme trans F to M] nous dit de la fidélité ? » (p. 81) ; « Vous sentez-vous, vous-mêmes, bienvenus dans l’Église ? » (p. 77) ; « Quelle est votre propre expérience de Dieu ? » (p. 77) « Comment le vivez-vous ? » (p. 77)
 

»Détendez-vous… Je vous sens crispé… » James Martin nous masse les épaules verbalement et spirituellement : « Quel effet cela vous a fait de faire votre coming out, ou bien de parler pour la première fois de votre sexualité ou de votre identité ? Qu’est-ce que cela vous a fait, que de prononcer ces mots ? » (p. 160) « Comment vous sentiriez-vous, au moment où Dieu vous parle ? Que lui auriez-vous dit ou demandé, si vous aviez été à la place de Moïse ? » (p. 160) ; etc. Le livre Bâtir un Pont, c’est ni plus ni moins un salon zen de massages tantriques masturbatoires. James Martin ne fait référence qu’à des émotions agréables (gratitude, réconfort, consolation, paix, etc.) en nous posant des questions sur notre ressenti. Il fait vraiment en sorte que le lecteur se touche : « Comment vous êtes-vous sentis lorsque vous avez entendu votre proche ou ami(e) ‘nommer’ pour la première fois sa sexualité ou son identité de genre ? » (p. 160) ; « Arrivez-vous à exprimer à Dieu ce que vous avez alors ressenti ? » (p. 163) ; « Sentez-vous » (p. 164) ; « vous sentir » (p. 164) ; « Quand vous êtes-vous senti faire partie de l’Église avec le plus d’intensité ou d’acuité ? » (p. 164) ; « Qu’avez-vous ressenti ? » (p. 199) ; « Qu’est-ce que cela vous fait d’imaginer Dieu vous connaissant de manière très intime ? » (p. 179) ; « Comment vous sentez-vous à l’égard de celui ou celle qui vous a fait confiance ? Et à l’égard de Dieu ? » (p. 171) ; « Dieu a fait vos ‘reins’, et toutes vos entrailles. Cela change le regard qu’on a sur soi… comment vous sentez-vous ? Pouvez-vous le dire à Dieu ? » (p. 179) ; etc. Et le plus dingue, c’est qu’il fait passer cette séance d’anesthésie pour de l’application 100 % catholique et agréée de la méthode de discernement et de retraite spirituelle traditionnelle ignacienne (pauvre saint Ignace de Loyola !). Ce type est un grand malade, en fait.
 

 

Et pour couronner le tout, James Martin joue la maîtresse d’école. En effet, dans le dernier tiers de son livre, il nous laisse des exercices pratiques d’oraison, des travaux dirigés (à faire en groupe ou seul dans sa chapelle), des cahiers de devoirs de vacances gay friendly, si vous préférez. Par son ouvrage, il prétend proposer un guide de « méditation » (p. 34), un kit d’organisation de veillées, de conférences, de fondation de groupes de parole, d’animation de retraites spirituelles, de marches-pèlerinages, autour de l’homosexualité. Un peu sur le modèle des manuels sensibleristes et cliniques des Témoins de Jéhovah et de la Scientologie, qui, à chaque situation décrite ou problématique d’évangélisation donnée, attribuent un comportement à appliquer, un questionnaire (appris) à formuler (sans apparemment imposer les réponses). De surcroît, cet appel à méditer sous le prétexte LGBT, en mettant en place un pastiche sincère de lectio divina, induit l’idée que les situations gays friendly seraient Paroles d’Évangile, seraient bibliques (Dans l’idée, je n’y mettrais aucune objection, à la condition que soit défendue et vécue la continence homosexuelle… sauf que là, ce n’est pas du tout le cas). Le but caché de cette manigance est de faire de l’« identité gay » et de « l’amour » homo des créations divines, des lieux de bonheur, des dons de Dieu. Dieu nous aurait voulu homos et nous aurait donné notre homosexualité. Notre homosexualité serait Prière ! Il la met sur le même plan qu’une révélation divine, qu’une vérité éternelle, que la différence des sexes : « Pensez-vous qu’il était difficile à Jésus d’annoncer son identité au milieu de personnes qui le connaissaient si bien ? » (p. 187) ; « Selon vous, qu’est-ce qui a rendu Jésus capable de le faire ? Qu’est-ce qui vous rend capable de vous accepter tel que vous êtes ? Avez-vous déjà parlé de votre sexualité ou de votre identité à quelqu’un ? » (p. 188).
 

 

Et Mécresse Martin a pensé à tout le monde : les enfants mais aussi les parents et les prêtres sont « invités » à se questionner et à répondre aux questionnaires de la dame ! James Martin ouvre l’interrogation aux dimensions de l’Église et du monde, à l’ensemble des accompagnateurs des personnes homos : « Qu’est-ce que cela vous fait d’avoir un enfant LGBT ? » (p. 76) ; « Qu’avez-vous ressenti la première fois que votre proche ou ami(e) vous a parlé de sa sexualité ? Quelle a été votre réaction ? » (p. 188) ; « De quelle manière manifestez-vous de la délicatesse envers les personnes LGBT ? » (éditeurs, p. 225) ; « De quelle manière la prophétie pourrait-elle aider la communauté LGBT à être plus délicate avec l’Église ? » (éditeurs, p. 228) ; etc. De plus, Maman Martin termine souvent ses paragraphes par des questions soulevées dont elle ne fournit pas de réponse. Juste comme une préciosité rhétorique qui fait ouvert mais qui en réalité est une démission, une projection narcissique : « Ne sommes-nous pas tous un peu dans cette situation ? » (p. 87) Sa pensée se suspend (et se dilue !) en esthétisme du point d’interrogation, en posture philosophique du Penseur de Rodin… C’est du dressage infantilisant pur et simple.
 

Maman Martin pose des fausses questions (… dont les réponses sont évidentes ; exemple : « Croyez-vous que tous sont bienvenus dans l’Église de Dieu ? » p. 230), pour occulter la seule vraie question qui est celle du COMMENT nous sommes les bienvenues. On n’arrête pas de nous demander notre avis, dans ce bouquin. Tous ces simulacres d’interrogations, c’est une manière de nous faire parler la bouche pleine, de ne pas avoir à défendre quoi que ce soit, et de donner l’impression à l’auditeur ou au lecteur d’être libre et acteur. « Le père Martin relate six histoires au sujet de personnes LGBT. Laquelle de ces histoires vous touche le plus ? » (éditeurs, p. 223) Ah bon ? Parce que c’est censé nous toucher ?? En réalité, sous forme de question, James Martin projette sur nous ce que nous penserions ou ce que nous devons penser. Il nous fait également du chantage aux sentiments, nous enferme dans la réaction et l’émotion, pour nous éviter de réfléchir ou de remettre en cause ses dossiers soi-disant « scientifiques », ses propos soi-disant « bibliques », et pour briser toute résistance : « Dans les statistiques sur les suicides de jeunes LGBT et le harcèlement dont ils sont la cible, le père Martin note qu’un(e) jeune gay, lesbienne ou bisexuel-le a cinq fois plus de chance d’essayer de se suicider qu’un(e) jeune hétéro. Ce chiffre vous surprend-il ? Comment cela peut-il amener à considérer l’inclusion des personnes LGBT comme une question de vie ou de mort ? » (éditeurs, p. 224). Quand je dis que Maman Martin tente de nous enfermer dans la réaction, je ne mens pas. Il ne parle justement que des réactions que ses propos suscite(raie)nt, pour faire diversion sur ces derniers : « déclencher des émotions et des réactions bouleversantes » (p. 23), « réactions si puissantes » (p. 23), « ces réactions » (p. 24), « réaction » (p. 38), « une réaction » (p. 61), « je lui demandai comment il avait réagi » (p. 78) « étaient invités à réagir » (p. 80). Et après, il a le culot d’étriller « la vague réactionnaire et intolérante qui s’abat sur les chrétiens » (4e de couverture)… Il allume le chauffe-eau de la réaction, pour feindre ensuite de ne pas prendre la douche, et la proposer hypocritement aux autres. Voyez-vous la doucereuse !
 

3 – QUE CACHE CONCRÈTEMENT LA GENTILLESSE GAY FRIENDLY MATERNELLE DE JAMES MARTIN ?

D’abord, on peut voir que derrière le sourire et la bonne intention de Maman Martin se cache un rabaissement des personnes dans l’infantilisation et l’épanchement émotionnel. C’est tout le discours du pervers narcissique, qui va fouiller dans les tréfonds de votre intimité et de votre psychisme, au nom de Dieu et de l’homosexualité, pour y débusquer la faille autant que la tendresse (la souffrance sublimée). « Raconte-nous comment tu souffres. » Tacitement, James Martin attend l’aveu de défaillance, le débordement émotionnel, veut que l’Enfant de Dieu (homosexuel ou gay friendly) craque, pour s’épancher ensuite avec fausse pudeur sur sa peine : « Avez-vous déjà été complètement rejeté ? Pouvez-vous parler à Jésus de cette souffrance ? Pouvez-vous partager cela avec lui dans la prière ? » (p. 188) ; « Pouvez-vous faire mémoire d’un moment où vous étiez désespéré ? » (p. 204) ; « Avez-vous jamais connu un désespoir semblable à celui des disciples d’Emmaüs ? » (p. 210) ; « Qui vous a accompagné dans vos phases de désespoir ? » (p. 210) ; « Une prière pour quand je me sens rejeté » (p. 211) ; « Cette histoire vous remplit-elle d’espoir, de désespoir, ou vous laisse-t-elle avec des sentiments contradictoires ? » (éditeurs, p. 226) ; etc. Maman Martin demande aux témoins qu’elle sollicite de pleurer/s’émouvoir sur eux-mêmes. Elle met le focus sur l’intimité souffrante, à l’américaine : « Qu’avez-vous eu à souffrir en raison de votre orientation sexuelle ou de votre identité de genre ? » (p. 76) Et c’est d’autant plus malhonnête que nous, personnes homos, sommes des proies faciles, car nous souffrons réellement, nos proches aussi, et nous avons peu d’occasions de l’exprimer en public et en Église.
 

Maman est là : « Vous n’êtes pas seuls. » (p. 147… You are not alone… en balançant la tête…). James Martin aime à flatter notre narcissisme, notre ressenti. Il se contrefiche de la réalité, du traumatisme de la pratique homo ou de l’étiquetage identitaire homo, il se fout de ce que nous vivons, de l’accueil vrai des personnes homosexuelles dans l’Église (et ses conditions exigeantes !). Il ne veut pas que nous soyons accueillies concrètement : il veut juste que nous nous sentions accueillies. La nuance est de taille ! Tout son discours nous concernant est centré sur le ressenti, en général négatif : « se sentir blessés, rejetés, exclus ou insultés par l’Église institutionnelle » (p. 30) ; « le sentiment de désespoir » (p. 34) ; « se sentir exclues » (p. 36) ; « ce sentiment de marginalisation chez les catholiques LGBT » (p. 37) ; « se sente reconnu et valorisé » (p. 49) ; « se sentir plus en lien avec l’Église » (p. 51) ; « se sont senties » (p. 58) ; « se sont sentis exclus » (p. 59) ; « comment il avait réagi » (p. 78) ; « se sente accueillie dans l’Église » (p. 79) ; « Ils sont vus comme ‘autres’. » (p. 95) ; « se sentir marginalisées » (p. 95) ; « ceux qui se sentent exclus » (p. 98) ; « se sent-il rejeté par l’Église ? » (p. 117) ; « senties accueillies » (p. 131) ; « catholiques LGBT perçoivent de l’hostilité » (p. 132) ; « perçoivent de l’hostilité » (p. 133) ; « se sentent appréciés » (p. 213) ; « se sentent exclus, rejetés, marginalisés » (p. 213) ; etc. Tout ce qui l’intéresse, c’est que nous, personnes homosexuelles, nous sentions « nous-mêmes », que nous nous sentions aimées ou haïes. Pas que nous soyons aimées !
 

Au fond, James Martin veut nous enfermer dans la victimisation et le misérabilisme. Il parle sans arrêt du sentiment d’exclusion : pas de l’exclusion elle-même. Pour manipuler le monde, soit il idéalise le tableau de l’homosexualité, soit il le noircit en jetant la faute sur l’extérieur et sur ceux qui refusent de rentrer dans sa croyance en « l’identité homo » et en l’« amour homo ». En lisant Bâtir un Pont, c’est flagrant comme James Martin ne s’axe que sur l’émotion forte ultra négative : « exprimé tant leur chagrin que leur effroi » (p. 27) ; « Quelques larmes au coin de l’œil d’un catholique LGBT » (p. 18). Il la guette au microscope ! Et quand elle ne vient pas des autres, il la surjoue sur lui. La bonne mère veut montrer qu’elle comprend tout, plaint tout le monde. En réalité, elle croit tout ce que lui disent les médias catastrophistes (en particulier étiquetés « alternatifs ») : « Une part de mon ministère en tant que jésuite a consisté à construire des ponts entre ces groupes. Après la fusillade d’Orlando, mon désir de le faire a grandi. » (pp. 30-31) ; « Je comprends les difficultés » (p. 31) ; « discrimination » (p. 71) « discrimination » (p. 72) « particulièrement dans les situations de persécution » (p. 82) ; « La vie semble parfois vide d’espoir. » (p. 201) ; « Dans de nombreux endroits dans le monde, les personnes LGBT sont sujettes à des traitements épouvantables. » (p. 82) ; « personnes persécutées » (p. 165) ; « L’épidémie de suicides parmi les jeunes LGBT ne peut pas laisser le cœur des chrétiens insensible. » (p. 213) ; etc. Quelles sont ses sources ? Aucune. A-t-il compris que la véritable homophobie était précisément la croyance en « l’identité » homo et la pratique homo, qu’il promeut ? Visiblement, non. En vérité, il s’en bat les steaks, de la réelle homophobie. Il ne fait qu’imposer une sensiblerie à la Yolande du Fayet de la Tour ou à la Nathalie de Williencourt. En plus, James Martin se sert du Catéchisme pour diaboliser le mot « discrimination » (or ce terme est neutre et signifie beaucoup plus positivement « distinction » : par exemple, « discriminer des phonèmes » dans l’apprentissage de la lecture, c’est distinguer les syllabes différentes) : « Le Catéchisme dit bien que ‘toute manifestation d’injuste discrimination’ doit être évitée. » (p. 83).
 

James Martin préfère se donner le beau rôle de la pleureuse et jouer la Mère Teresa qui irait seule aux « périphéries » : en vrai bobo (bourgeoise-bohème), il sublime l’altérité, la marginalité (ou plutôt ce qu’il se représente comme tel), la dissidence : « Encore une fois, il s’agit de quelqu’un vivant aux marges. » (par rapport à Zachée, p. 96). La bonne mère se présente hypocritement comme une humble servante, et voit sa sollicitude oppressante comme un merveilleux service aux déshérités, aux étrangers, aux laissés-pour-compte : « au service » (p. 101) ; « J’ai rencontré et servi de nombreuses personnes » (p. 40) ; Ayant moi-même travaillé avec des réfugiés… » (p. 83) ; etc. Et au cas où on la suspecterait d’arrivisme, elle bat sa coulpe et se frappe la poitrine en devançant ses accusateurs : « Je présente par avance mes excuses à ceux qui pourraient trouver que je minimise leur souffrance, méconnais leur situation. » (p. 40) On voit chez lui la dérive gnostique : il laisse entendre que Lui, en tant qu’interlocuteur privilégié, connaît et comprend mieux que quiconque les personnes homos : « Je commence à avoir une bonne perception de l’immense souffrance que les personnes LGBT peuvent éprouver dans leur relation avec des ministres de l’Église. » (p. 32) James serait la voix des sans-voix.
 

Au bout du compte, il parle de nous à notre place. L’apostolat de l’homosexualité par le père James Martin n’est pas autre chose qu’une usurpation d’identité(s). En effet, Maman Martine a une forte tendance à faire parler les gens à sa place, ou à s’exprimer en leur nom, ou bien encore à changer sa propre identité (en disant « ils », « lui », « nous », « les catholiques LGBT », « on », « mes amis ») pour ne pas avoir à dire dire « je ». En particulier quand il a un avis qui n’obéit pas au Magistère de l’Église, tel un caméléon, il endosse son masque d’Homme invisible. Par exemple, au moment de dénoncer le passage du Catéchisme de l’Église Catholique qualifiant les actes homosexuels d’« intrinsèquement désordonnés », et d’exiger son retrait, tout d’un coup, la première personne du singulier passe au « ils » dans la même phrase : « Pour ma part, tous les évêques que je connais sont sincères dans leur volonté de rejoindre pastoralement cette communauté » (p. 30).
 

Mais si James Martin tente de cacher son « je » dans les autres pronoms personnels, la plupart du temps, il préfère prendre moins de risque, en nous faisant parler à sa place, en nous citant, en recopiant fidèlement des passages (parfois spectaculairement tronqués et rabotés !) des autres. Et dans ce cas-là, la première personne du singulier ressort du bois, mais cette fois en tant que rapporteuse d’un événement ou d’un propos l’impliquant elle mais où elle accompagne une tierce personne. En gros, Maman Martin envoie quelqu’un dire à sa place ce qu’elle pense, pour ne pas porter la responsabilité des propos qu’elle écrit. Elle nous fait parler. Son livre n’est d’ailleurs composé quasiment que de témoignages reçus, comme en atteste la dédicace : « À toutes les personnes LGBT, leurs familles et leurs amis, qui m’ont partagé leurs joies, leurs espoirs, leurs chagrins et leurs angoisses. » (p. 7) ; Bâtir un Pont ressemble aux ouvrages-bidon d’Erwann Binet (La Bataille du mariage pour tous), de Jean-Pier Delaume-Myard (Homosexuel : contre le mariage pour tous), de Frigide Barjot (Qui suis-je pour juger ?), dans lesquels la florilège de témoignages est censé masquer l’absence d’analyse. Pour grossir le nombre de pages et en faire un bouquin publiable, James Martin a réuni et exhibe sa collection de lettres, de confidences, d’épisodes publics dans lesquels une personne homosexuelle (ou « affiliée ») s’exprime : « j’ai rencontré » (p. 119) ; « m’ont témoigné avec émotion leur gratitude pour ce livre » (p. 17) ; « déclencher des émotions et des réactions bouleversantes » (p. 23) ; « accueilli leur fils avec affection et à bras ouverts » (p. 114) ; « Elles m’ont partagé des récits personnels. » (pp. 31-32) ; « Un jeune homme gay m’a partagé » (p. 72) ; « j’ai écouté » (p. 13) ; « l’accompagnement » (p. 91), etc. James Martin se met lui-même en scène en tant qu’écoutant privilégié. Il se prend pour une psy (sans sa casquette de psy), un présentateur de talk show ou un modérateur de débat brûlant modestement en retrait.
 

En outre, j’ai remarqué que James Martin fait souvent parler les personnes homosexuelles à la troisième personne de l’indéfini (« tout le monde comprend que… », p. 50), ou bien à la première personne du singulier (« je »), en nous faisant répéter une phrase qu’il a préécrite sous forme de prière pour nous : « On me fait me sentir moins que rien. » (cf. la prière finale, p. 214). Il lui arrive aussi d’imposer une pensée en la glissant dans une tournure interrogative : « Pourquoi pensez-vous que l’écoute est essentielle ? » (éditeurs, p. 223) : Ah bon ? On pense ça, nous ?? Il use par ailleurs de la tournure passive, pour uniformiser la communauté homo catho et nous prêter sa propre perception de celle-ci : « Cet enseignement de l’Église n’a pas été ‘reçu’ par la communauté LGBT, à laquelle il s’adresse. » (p. 16) Ah bon ?? Parle pour toi, James ! Not in my name ! ; « Les personnes LGBT s’entendent souvent dire qu’elles n’ont pas leur place dans l’Église. » (p. 52) ; « Même si l’expression ‘actes intrinsèquement désordonnés’ s’applique à l’orientation et non à la personne, elle demeure inutilement blessante, comme me l’a dit un nombre incalculable de personnes LGBT. » (p. 102) ; etc. Je ne sais pas le nombre de personnes homos que James Martin connaît, qu’il représente, mais je prétends en connaître autant, voire plus que lui. Il obéit – et sans doute crée – une susceptibilité chez nous, personnes homosexuelles, qui fait le lit de notre douilletterie. Mais qu’il se détrompe : certaines personnes homos, sans être masos, sont très contentes et même rassurées de la dureté et de la radicalité de l’expression « actes intrinsèquement désordonnés ». Donc son discours « Nous sommes légion » (Mc 5, 9) ou « Je connais un nombre incalculable de personnes LGBT [blessées par le discours de l’Église institutionnelle] » (p. 102) ne tient pas. Je croise plus de catholiques homosexuels qui sont blessés du silence assourdissant des gens d’Église gays friendly de son espèce par rapport à la gravité des actes homos, que par les paroles claires du Catéchisme.
 

James Martin ne fait pas que se planquer derrière les personnes homosexuelles et leurs proches ou se servir de notre témoignage pour nous voler notre apostolat. Il parle également à la place des évêques, même si c’est moins fréquent : « Ce livre a été applaudi par plusieurs cardinaux, archevêques et évêques. » (p. 20) James Martin feint l’obéissance et l’humilité, l’obéissance à ses supérieurs. Il montre patte blanche, c’est-à-dire ses mots signés, ses sous-imprimaturCensor Librorum » et « Imprimi Potest » p. 20), ses certificats de bon disciple : « Ce livre a reçu l’approbation formelle de mon supérieur. » (p. 20). Il cite également la liste des évêques qui l’appuient (au nombre de cinq, p. 27), et rapporte les propos de prélats haut placés : « Le cardinal Christoph Schönborn a évoqué un couple d’amis gay qui avait transformé sa vision des personnes LGBT. Il s’est même publiquement félicité de leur union. » (p. 94). Comble de l’hypocrisie : James Martin applaudit même les groupes chrétiens d’accompagnement à l’adresse des personnes homos, qui défendent la continence, alors que lui-même ne la prescrit pas. Par exemple, il fait la promotion du groupe Courage International (que je surnomme Mourage International), en laissant un père de famille prôner à sa place ce mouvement (p. 118). Comme ça, il fait plaisir à tout le monde, et cloue le bec à ceux qui le suspecteraient de ne pas vanter la continence homosexuelle. Quel faux cul professionnel !
 

Vous vous en serez doutés, James Martin fait également parler le Pape François à sa place : « l’appel du Pape François » (p. 91) ; « Le pape François » (p. 101) ; etc. Il n’est pas le seul. Pape François par-ci, Pape François par-là… un vrai pantin, l’Argentin ! Solidarité et familiarité jésuite obligent ! Au dos du livre, James Martin prend bien soin de signaler que c’est le Pape qui l’a officiellement nommé en 2017 « consulteur au Secrétariat pour la communication du Saint-Siège et du Vatican. Entre parenthèses, je suis toujours à me demander aujourd’hui pourquoi le vrai Pape François ne dit rien contre la propagande actuelle du père James Martin (qui s’exprime pourtant en son nom et au nom du Vatican). Pourquoi ce silence ? Voilà pour moi un mystère…
 

 

James Martin fait la même récupération éhontée du Catéchisme de l’Église Catholique. Il n’a retenu de ce dernier qu’une seule phrase : celle sur « le respect, la compassion, la délicatesse ». Le reste du Catéchisme, centré sur la continence homosexuelle, l’exigence du célibat, le Salut de l’âme, l’accueil de la Croix de Jésus, et l’apostolat de l’analyse de l’homosexualité en direction du monde : à la poubelle ! Il ne présente la continence (autrement dit le célibat consacré) que comme une « option » ou une cohérence spécifique aux vœux religieux : pas du tout comme un appel universel à toute personne qui ressent une tendance durablement homosexuelle. C’est ce qui s’appelle un véritable travail de sape de la Bonne Nouvelle délivrée par l’Église à la communauté gay ! Et comme James Martin est un hypocrite de première catégorie, il se vaut de quelques citations vraiment tirées du Catéchisme, pour les applaudir comme des paroles divines, comme le ferait une groupie. « ‘Délicatesse’. C’est un mot magnifique utilisé par le Catéchisme. » (p. 91) Ainsi, il rassure et flatte son auditoire catholique, tout en maintenant discrètement sa censure. Ou alors il se cache sous les jupons de certains évêques ou cardinaux fantômes, pour ne pas assumer sa demande honteuse : « Quelques évêques ont déjà appelé l’Église à abandonner l’expression ‘objectivement désordonnée’ lorsqu’il est question de l’attirance homosexuelle (comme c’est le cas dans le Catéchisme, au n° 2358). » (p. 102) C’est bien joué. Pour les bons catholiques peu sourcilleux, ou qui ont du mal à digérer l’amertume des paroles du Catéchisme, ça passe très bien.
 

Plus embêtant encore : James Martin parle très souvent à la place du Christ. Et le pire, c’est qu’il est persuadé de délivrer Son message et de lui rendre humblement service ! : « Ce livre s’appuie sur les Évangiles et est parfaitement en phase avec l’enseignement de l’Église. » (p. 20) En fait, c’est du gros mytho. Le prêtre jésuite prête à la Bible des idées qu’elle ne diffuse pas. Il l’utilise en la citant abondamment pour en détourner le propos et justifier ses propres fantasmes amoureux, solidaires ou expansionnistes : « Lisez la parabole du Bon Samaritain. (Lc 10, 25-37) » (p. 83) ; « Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour. (Mt 10, 27) » (p. 24) ; etc. À en voir l’usage détourné qu’il en fait, la Bible se réduit manifestement à une Bible-prétexte (ou à un album-photos racontant des histoires légendaires) pour illustrer des valeurs humanistes, des sentiments ou des défauts purement humains. En effet, dans Bâtir un Pont, tous les textes tirés du Nouveau Testament sont présentés comme des tableaux idylliques dédiés chacun à une émotion (les personnages se métamorphosent en allégories de sentiments humains, si vous préférez) : par exemple, les compagnons d’Emmaüs représentent = la désespérance ; Marie-Madeleine = la fierté ; les disciples = la peur ; la Samaritaine = la honte ; Pierre = le remord ; Jésus dans la synagogue = la différence ; le psalmiste = la combattivité ; Zachée = le sentiment de rejet ; le centurion = la compassion ; etc. Ils deviennent des prétextes narcissiques à s’émouvoir et de regarder le nombril, des images d’Épinal, des personnages iconiques d’un film de Mel Gibson. Avec James Martin, on rentre en plein dans le délire mystique et béat de l’illuminisme protestant. Dans la cosmovision martinienne, tout est ramené à l’expérience et à la sensation personnelles. Il nous enjoint à une lecture introspective sentimentale de la Bible : « Si vous deviez raconter votre propre ‘chemin d’Emmaüs’, que serait cette histoire ? » (p. 210) James Martin s’étend en explications de technique et en conseils de prière, de méditation. Le texte biblique est transformé en support pour s’admirer narcissiquement en train de prier : « Lequel de ces passages bibliques vous parle le plus ? » (éditeurs, p. 230) (Navré mais un texte biblique ne « nous parle » pas : il parle, tout court !) ; « Avez-vous été capable de prier avec cette prière ? Que s’est-il passé quand vous l’avez fait ? » (éditeurs, p. 231). James Martin nous interviewe comme des gens allongés sur un divan et qui vivraient en direct l’expérience sensorielle extraordinaire que serait la prière. Il nous demande même de raconter nos sensations pendant l’oraison et post-oraison ! Il envisage la prière comme une technique d’hypnose ou une projection imaginaire, plus que comme une relation concrète, secrète (et parfois aride, il faut le reconnaître !) : « Cette façon de prier » (p. 153) ; « Souvent, cette technique » (p. 153) ; « cette technique » (p. 153) ; « cette lecture ignacienne où l’imagination joue un rôle important » (p. 154) ; « Essayez de vous imaginer dans la scène, et voyez quel genre de sentiments » (p. 154) ; « Passages bibliques pour réfléchir et méditer » (p. 149) ; « une méditation plus calme » (p. 153) ; « Vous pouvez essayer de vous imaginer dans une scène biblique. » (p. 153) ; etc. Faites gaffe, il est à deux doigts de nous demander de fermer les yeux pour de vrai ! Par des questions inquisitrices, il s’immisce mine de rien dans la relation intime entre le croyant et Dieu pendant la prière : « De quels fardeaux voudriez-vous vous décharger auprès de Jésus ? Et quels sont vos besoins, que voudriez-vous lui demander ? » (p. 198) ; « Pouvez-vous parler à Jésus de vos expériences en la matière ? » (p. 199) ; etc. Ce sont des phrases que j’ai pu entendre dans d’autres contextes (égrégores, hypnose de foule, séance collective de méditation pleine conscience, etc.). Et bien sûr, ces citations martiniennes tirées de la Bible ou d’un lexique spiritualiste familier aux croyants flattent beaucoup de catholiques par la projection narcissique individuelle qu’elles permettent, a fortiori en faisant mention d’un référentiel religieux qui les tranquillisent.
 

 

Par voie de conséquence, James Martin a une fâcheuse tendance à se mettre à la place du Christ et à lui prêter un regard et des intentions qu’il n’a pas. Par exemple, il se sert de l’épisode biblique du centurion pour asseoir sa propre conception (erronée) de l’Amour. Jésus devient alors le prétexte de la promotion d’un humanisme intégral et d’une lecture néo-marxiste de la Bible (= transgression des clivages de classes sociales) : « Jésus a vu en lui un homme dans le besoin, il a écouté son histoire et répondu à son besoin. » Non. Jésus ne répond pas aux besoins et aux désirs de tout un chacun (le mot « désir » revient souvent en bouche de James Martin). Sa Volonté, qui est la Volonté de son Père, est reine. Les pensées du Seigneur ne sont pas nos pensées. À certains moments, James Martin parle très clairement à la place de Jésus : « Ce que Jésus désirait, c’était créer un ‘nous’. Car pour lui, il n’y a pas ‘nous’ et ‘eux’. Mais seulement ‘nous’. » (p. 98) ; « Dieu désire la réconciliation et l’unité. » (p. 145) C’est faux : Jésus s’est toujours annoncé comme un séparateur et un Signe de contradiction. Certainement pas comme un Rassembleur. James Martin ne tarie pas d’éloges sur l’adaptation de Jésus à tous, sur son « amour inconditionnel » qui ne ferait pas de différence entre les Hommes : « Pour Jésus, il n’y avait pas d’‘autres’. Jésus voyait au-delà des catégories, il rencontrait des personnes là où elles étaient et les accompagnait. » (p. 95) ; « Quand Jésus rencontre une personne marginalisée, il ne voit pas des catégories mais des personnes. » (p. 95) ; etc. Euh… Qui fait des catégories de personnes à l’intérieur de l’Église, entre les personnes gays friendly et celles qui « ne savent/sauraient pas les accueillir », si ce n’est James Martin ? De plus, désolé de le dire, mais Jésus fait des différences entre les personnes. Il sépare, distingue, partage. Déjà au niveau des préférences : entre Jean et ses autres disciples, par exemple. Et même au niveau des classes sociales : je vous rappelle qu’il traite les Cananéens de « chiens » (Mt 15, 21), quand même. Excusez du peu… Les scribes, les pharisiens, les chefs des prêtres, les gens destinés à l’enfer, eux aussi, Jésus les distingue(ra) bien des « élus » de son Cœur. Même si incontestablement Jésus aime tout le monde, son adaptation aux gens est limitée, et son traitement est inégalitaire (mais juste !) puisque chacun est unique et libre.
 

 

J’ai bien peur que, sur ce coup-là, James Martin fasse preuve d’un christo-centrisme franc-maçon à la cardinal Sarah, qui fige Jésus en (top) modèle, en schéma, en patron (au sens architectural du terme), en puissant colosse de pierre : « Nous pouvons prendre Jésus comme modèle. » (p. 55) ; « Il n’est pas nécessaire de chercher bien loin pour trouver un modèle à suivre. Dieu l’a donné en la personne de Jésus. » (p. 87) ; « Il a planté sa tente au milieu de nous. » (p. 87) ; « Dieu a planté sa tente chez nous » (p. 87) ; « En cela comme en toute chose, Jésus est notre modèle. » (p. 95) ; « Quelle image vous plaît le plus dans ce psaume 62 : Dieu comme salut, rocher, citadelle ou abri ? » (p. 183) ; « De quelle manière Dieu a-t-il été votre ‘rocher’ ? Comment Dieu peut-il être pour vous un ‘rocher’ à l’avenir ? » (p. 184) ; « Nous devons nous conduire de la même manière que Jésus. » (p. 213) ; « modèle au dialogue » (éditeurs, p. 226) ; etc. Dans la tête de James Martin, Jésus, c’est vraiment le « Dieu matière première », le roi solide comme un roc. Alors certes, James Martin parodie le discours franc-maçon (« Jésus ne leur parle pas en employant les mots du charpentier qu’il était, qui aurait pu dire, par exemple, ‘Allons construire la maison de Dieu’ ou ‘Venez, allons creuser les fondations du Royaume de Dieu.’ », p. 55) … mais pour mieux le copier en douce après (« Il ne faut donc pas prendre cet essai comme un plan d’assemblage du pont avec ses instructions de montage ni comme une étude rivet par rivet de sa structure, mais plutôt comme une esquisse, comme un point de départ, une opportunité de réflexion et de conversation. » p. 41 ; « Dieu est à la fois l’architecte, le bâtisseur et la fondation de ce pont. », p. 147). Car c’est bien James Martin en personne qui, en début de son ouvrage, accepte de recevoir le titre de « Bâtisseur de ponts » : « Lorsque New Ways Ministry (un groupe qui s’occupe des catholiques LGBT et les représente) m’a demandé quelques semaines après la tragédie d’Orlando si j’acceptais de recevoir leur ‘Prix du Bâtisseur de Ponts’ (Bridge Building Award) et de donner une conférence à l’occasion de la réception, j’ai accepté. » (p. 31) Par conséquent, on peut en déduire aisément que James Martin se prend pour le Christ. Nous reviendrons un peu plus tard sur le profil carriériste et PONTifical du personnage.
 

Plus grave encore, James Martin parle à la place de l’Esprit Saint. Certes, au détour d’une page de Bâtir un Pont, il Lui réserve une vibrante et brève révérence (« le Saint-Esprit », p. 146). Mais en y regardant de plus près, on voit que l’Esprit Saint, version James Martin, se fige en attitude, en posture esthétique CitroënInspired by you ») : « Quand nous écoutons, nous apprenons, nous sommes provoqués et inspirés. » (p. 77). En fait, James Martin ne s’intéresse pas à l’Esprit Saint en tant que tel mais à « un » esprit (« renforcer un esprit de ‘respect, compassion et délicatesse’ », p. 26). Lequel, me direz-vous ? Sans doute l’esprit du monde.
 

Par son essai Building a Bridge, James Martin instaure une véritable censure de la Vérité. N’en déplaisent à ceux qui sont charmés par son discours émotionnel ou à ceux qui ont eu l’impression d’apprendre, grâce à lui, à connaître la réalité homosexuelle. Dès le départ, en introduction du livre, il se justifie d’être superficiel, de survoler le sujet de l’homosexualité, voire même carrément de faire l’impasse dessus. Il annonce solennellement qu’il ne traitera pas de l’homosexualité en tant que telle, mais uniquement du « comment elle est perçue et vécue ». Et il pense que sa franchise – il parle beaucoup de « clarté » – fera illusion : « L’omission de considérations sur les relations homosexuelles était tout aussi intentionnelle » (p. 15) ; « J’ai ainsi décidé de ne pas évoquer cette question en profondeur puisque c’est une thématique sur laquelle les deux parties sont trop éloignées. » (p. 15) (Je croyais que tu voulais construire un pont… mais juste avant, tu clives, tu sépares de manière définitive, radicale, irrévocable et irréconciliable, les deux « mondes » que tu prétends ensuite unir : n’y a-t-il pas là, James, une véritable hypocrisie ? un méga foutage de gueule ??) ; « La même chose peut-être dite du mariage homosexuel : c’est un sujet sur lequel l’Église institutionnelle et la grande majorité de la communauté LGBT sont trop éloignées. […] Je n’entre pas dans le débat, préférant me concentrer sur les points de convergence. Ce livre n’est ni un traité de théologie morale ni une réflexion sur la moralité de la sexualité LGBT. Je ne suis pas spécialisé en théologie morale. Et surtout, il n’est pas nécessaire de toujours tout ramener à la sexualité. » (pp. 16-17). James Martin me fait penser à ces baigneurs qui dissertent sur la qualité de l’eau de la mer, sur les plaisirs de la baignade, pour inciter les autres à se baigner à leur place, pour vivre les délices de la baignade par procuration, … et surtout pour ne pas se mouiller (et mater les gens à poil) ! Nous voilà prévenus. Zéro réflexion dans le livre de James Martin sur le fait homosexuel, l’homosexualité, la réalité désirante homo-érotique, les lois pro-gays, la communauté gay et les comportements à l’intérieur du « milieu » homo, l’homophobie, la culture homosexuelle ! Aucun élément d’interprétation ni de sens ! Il restera sur le registre de la pure pleurniche béate. Et effectivement, pour ceux qui ont lu Bâtir un Pont en entier ou qui ont assisté à une de ses conférences, James Martin ne parle jamais d’homosexualité : il ne fait que citer des anecdotes où sont impliquées des personnes homosexuelles, et les émotions qu’elles ont suscitées. Ça s’arrête là. « Le livre ne traite pas la question des relations sexuelles entre personnes de même sexe ni celle du mariage homosexuel car l’Église institutionnelle et la plupart des catholiques LGBT sont trop éloignés sur ces sujets et il souhaite plutôt se concentrer sur les lieux de ‘possible convergence de vues’. » (p. 220)
 

Pourtant, il connaît l’urgence de l’éclairage sur ces sujets, il sait l’enjeu mondial et ecclésial dissimulé derrière l’homosexualité, il devine la gravité de la pratique homo puisqu’il prend soin de souligner l’importance (aux yeux de certains mais pas à ses propres yeux) de la fidélité à la promesse de célibat continent pour les prêtres à tendance homo (« célibat des prêtres qui sont gays et des membres d’ordres religieux féminins et masculins qui sont gays ou lesbiens et qui vivent dans la chasteté continente. » p. 62) ; « prêtre gay célibataire » p. 66). Mais rien à faire : il n’en parle pas. Il se cache derrière la loi ou la norme pour justifier par défaut la pratique homo. Comment s’y prend-il rhétoriquement ? En fuyant la morale par l’emploi d’adjectifs ou de mots qui sont de l’ordre de la neutralité sociologique et scientifique, de la logique, tels que « régularité/irrégularité » (« régulier/irrégulier ») ou encore « cohérence/incohérence » (cohérent/incohérence) : « irrégulières » (p. 71) ; « Voilà un mariage [entre une femme et une femme trans F to M] que la plupart des clercs qualifieraient d’irrégulier. Et pourtant, un modèle de fidélité et de loyauté. » (p. 81) ; « ‘Ce n’est pas là une situation que l’Église peut considérer comme régulière.’ » (le cardinal Christoph Schönborn, cité p. 94) ; « parfaitement cohérente » (p. 21) ; « rester cohérents » (p. 70) ; etc. Avec son légalisme chelou de la « régularité »/l’« irrégularité », qui autorise finalement des arrangements, des compromis, des tolérances, des aménagements, des accommodations, un « régime spécial », avec ce qui est considéré socialement comme des « exceptions » à cette loi, des « anormativités », du « hors norme », de l’« extraordinaire », de l’« exceptionnel », du « non-commun », des « minorités ne pouvant pas faire office d’exemple général », des « irrégularités », mais certainement pas des péchés, des interdits ou des maux, James Martin s’arrange habilement pour présenter la pratique homosexuelle ou transsexuelle comme une simple « anormativité », une différence qui est neutralisée et relativisée par l’existence de la règle, de la norme générale, mais non assimilable à un mal objectif ou à un signe de péché. Et les rares fois où James Martin concède que les personnes homos pratiquant leur homosexualité puissent être pécheresses, ce ne sera pas au titre de leurs actes amoureux (qu’il ne reconnaîtra toujours pas comme objectivement peccamineux) mais au nom de leur condition humaine pécheresse communément partagée avec l’ensemble des Humains (… donc au nom d’un communisme/universalisme du péché) : « Nous sommes tous pécheurs. » (p. 19) ; « La conversion est pour tous. » (p. 40) ; « Parfois, nous doutons d’être ‘dignes’ de suivre Jésus ou d’être aimés par Dieu. Tous autant que nous sommes, hétéros, gays, lesbiennes, bisexuel-le-s, transgenres, nous sommes imparfaits. Nous avons tous nos défauts. Nous sommes tous pécheurs. » (p. 189) ; « tous imparfaits » (p. 192) ; « les gens qui composent notre Église ne sont pas parfaits. Nous ne l’avons jamais été. Nous ne le serons jamais. » (p. 146 : ah bon ? Et l’éternité, alors ?) ; etc. Au bout du compte, James Martin nie le péché et la faute homosexuels, notamment en remplaçant le mot « repentance » par celui de « conversion » (p. 40). À l’entendre, les personnes homos pratiquant leur homosexualité ne seraient pas des pécheurs spécifiques, ni « plus pécheurs que d’autres » : « Je ne cherche pas ici à dire que les personnes LGBT devraient être traitées comme des pécheurs, c’est-à-dire de la même manière que toutes ces catégories de personnes de cette époque, car nous sommes des pécheurs. » (p. 97) ; « les gens qui composent notre Église ne sont pas parfaits. Nous ne l’avons jamais été. Nous ne le serons jamais. » (p. 146) ; « Nous sommes tous des pèlerins en chemin. » (p. 147) Par voie légale, ou par une logique humaniste numéraire, il désobjective et relativise la pratique homosexuelle, il exonère les personnes homosexuelles du péché. Et ça, c’est très grave car c’est un profond manque d’amour à notre encontre. C’est un déni de notre liberté et de notre responsabilité, en plus d’un mépris pour le Salut éternel de notre âme.
 

Je resterai pour ma part toujours estomaqué par l’aplomb et l’assurance des censeurs type James Martin, qui arrivent à blablater (sur des sujets pourtant aussi lourds que l’homosexualité et l’homophobie) en se donnant l’air de dire quelque chose d’hyper profond et de sauver l’Humanité, qui parviennent à mépriser chez les autres ce qu’ils prétendent détenir eux seuls, à savoir l’intelligence. Car dans le discours martinien, il faut voir comment il appelle à la démission intellectuelle, à la haine du jugement et de la raison humains. Par exemple, en promouvant la « conversion » (« metanoüs » en grec), il incite son auditoire à ne plus réfléchir : « ‘Méta’ signifie en grec ‘après’ ou ‘au-delà’, et ‘noüs’ signifie ‘esprit, intellect’. » (p. 40). Et tout au long de son écrit, il diabolise le jugement : « dépourvue de tout jugement » (p. 61) ; « libérées de ce besoin de juger » (p. 61) ; « un jugement inutilement cruel » (p. 104) ; « combattre les préjugés » (p. 164) ; etc. Or, si nous pensons et sentons, forcément nous jugeons et nous pré-jugeons ! C’est le propre de l’Humain !
 

Cette recherche de neutralisation de la raison et de la Vérité par la séduction, elle est tout à fait lisible dans l’attitude de James Martin et dans les propos qu’il rapporte du père de famille (papa d’un enfant homosexuel) venu rendre visite à son évêque pour le convaincre d’accepter/de justifier l’« identité et l’amour homosexuels » : « ‘Je tâchais de l’émouvoir et de ne pas m’engager dans un débat intellectuel.’ » (p. 117). Difficile d’être plus clair. James Martin nous incite d’ailleurs à draguer nos évêques. Le respect et l’émotion sont clairement définis comme des tactiques nécessaires à « la prise de conscience » (éditeurs, p. 226). James Martin est loin de faire figure d’exception parmi les clercs dans cette quête de gloire à travers l’homosexualité et à travers nous personnes homosexuelles. J’ai déjà observé à moultes reprises la complaisance et la gratification que trouvent certains prêtres à nous citer, à raconter dans un livre (en veillant à notre anonymat) un épisode de confessionnal qu’ils ont vécus avec nous, ou plusieurs échanges et amitiés qu’ils vivent à nos côtés dans « l’accompagnement » qu’ils nous « proposent ». Ils nous affichent comme autant de trophées et de preuves vivantes de leur incroyable ouverture et capacité à écouter, à s’approcher des « périphéries » et à aller là où beaucoup de leurs confrères prêtres n’iraient pas (par homophobie). Il y a autour de nous un enjeu mondial deviné mais souvent exploité sans vergogne par de plus en plus de prêtres qui rêvent en secret de nous ACCOMPAGNER (genre le père Louis-Marie Guitton à Mourage) comme un business, un apostolat ou un groupe de parole, un faire-valoir, un rôle indispensable dans le C.V. et la carrière du prêtre 2.0 ! Un attachement pour le moins suspect parce que ces prêtres ou évêques gays friendly ne veulent surtout pas que nous parlions d’homosexualité et d’homophobie. Ils nous l’interdisent, même, car nous leur piquerions la vedette et prouverions leur illégitimité à nous seconder. Leur carriérisme aussi.
 

Chez James Martin, cette obsession de devenir notre meilleure amie, notre confidente, notre maman-copine, est très forte. C’est Frigide Barjot, mais au masculin… et avec un col romain ! Quasiment à toutes les pages de Bâtir un Pont, on peut lire ce cri d’affamé d’« amitiés homo-sensibles » (comme dirait Jean-Michel Dunand). James Martin insiste beaucoup sur les amitiés particulières qu’il a tissées avec nous : « Un ami gay me l’a écrit… » (p. 23) ; « J’ai écouté leurs joies et leurs espoirs, leurs chagrins et leurs angoisses, accompagnés parfois de larmes, parfois de rires. Cela m’a amené à me lier d’amitié avec nombre d’entre eux. » (p. 29) ; « Je suis devenu ami avec nombre d’entre eux. » (p. 30) ; « Mon expérience avec les personnes LGBT est longue. » (p. 41) ; « L’un de mes plus vieux amis est un homme gay appelé Mark. » (p. 78) ; « entrer en amitié avec eux » (p. 92) ; « Un de mes amis, un homme gay nommé Brian » (p. 92) ; « l’importance de la familiarité et de l’amitié » (p. 93) ; « entrer en amitié » (p. 96) ; « un de mes amis gays » (p. 126) ; « amitié (p. 234) ; etc. On le voit gros comme une maison défendre en filigrane la notion très ambiguë d’« amour d’amitié » : « Dieu d’amour, aide-moi à trouver des amis qui m’aiment pour ce que je suis. » (cf. la prière finale rédigée par James Martin, p. 214). Le pire dans l’histoire, c’est que James Martin est plus occupé à se justifier de bien nous connaître, à montrer ses diplômes d’amitié avec nous, qu’à s’occuper vraiment de notre situation et à prendre le risque (comme le prennent les vrais amis) de nous dire parfois des vérités qui contrarient nos plans et nos rêves sentimentaux. Cette inquiétude démesurée à prouver sa légitimité (amicale) démontre au contraire que sa démarche n’est pas juste, n’a pas de légitimité ni de substrat de réalité d’amitié. Car sachez bien une chose, les gays friendly : nos vrais amis ne disent pas et ne se présentent jamais comme nos « amis ». Ça se voit tout naturellement, et ils n’ont même pas besoin d’étaler nos photos ensemble ou nos diplômes d’amitié pour qu’elle se voie. Nos vrais amis sont aussi ceux qui ne justifient ni la pseudo « identité » homo ni le pseudo « amour » homo. Le contraire de ce que fait James Martin. Lui, il désire tellement se rapprocher de nous, « entrer en amitié » avec les « catholiques LGBT », et prouver à travers nous l’existence et le bien-fondé de « l’identité-amour homo », qu’on a vraiment l’impression qu’il en est aussi et qu’il veut nous serrer. En plus, il nous présente comme des personnes très « affectueuses » (p. 60). Désolé James, mais on n’a pas gardé les cochonnes ensemble. « Je suis ton frère. » (p. 130) (Ça y est… il se prend pour Dark Wador maintenant !) Alors non. On va se calmer tout de suite.
 

De surcroît, James Martin semble s’être savamment composé toute une cour homosexuelle autour de lui. Depuis un moment déjà. « L’un de mes conseillers spirituels était un homme gay. » (p. 59) ; « les animateurs liturgiques les plus talentueux que j’ai connus durant mes presque trente ans comme jésuite sont des hommes gays. » (p. 59) ; etc. On dirait qu’il considère l’Église Catholique comme son garde-manger LGBT secret, son vivier perso d’amis-amants, d’autant plus qu’il évoque ouvertement dans son livre l’existence (numériquement importante) des curés gays (p. 124). Donc non seulement il réussit son coup médiatique en brisant un vrai tabou, en créant le Buzz du Siècle par l’annonce du Talon d’Achille de l’Église Catholique (à savoir l’homosexualité, bien plus encore que la pédophilie) sans régler le scandale (ça impressionne tout le monde, et ça intimide/fragilise l’ensemble des pasteurs). Mais en plus, c’est l’hypocrisie totale sur son cas personnel, puisqu’il réclame aux autres le coming out qu’il est incapable de faire lui-même. Récemment, un journaliste télé a cherché à savoir si James Martin était directement concerné par le sujet, ce à quoi il a répondu, en bon élève soumis et obéissant : « Mon supérieur, le Provincial des jésuites, m’a demandé de ne pas faire de déclaration concernant mon orientation sexuelle. » Tout le monde a compris. Son homosexualité est donc un secret de Polichinelle bien (mal) gardé ! En revanche, dans une autre vidéo, James Martin encourage carrément les prêtres à faire leur coming out. Il connaît pertinemment l’importance – et même la prévalence – de la continence (célibat consacré) pour vivre en conformité avec le Magistère de l’Église et pour une vie en sainteté et en Vérité avec Jésus. Mais il ne la défend pas. Et ce, à dessein. Et il ne la vit pas, je crois, ne serait-ce qu’en ne l’exigeant pas des autres. Ceci est vrai également pour les prêtres et les gens qui soutiennent le discours de James Martin. À commencer par le traducteur français de Bâtir un Pont, le dominicain ultra bobo (et surtout ultra gay refoulé) Augustin Laurent-Huyghues-Beaufond – qui comme par hasard me conchie sur Twitter (pseudo : OBrother_op), et n’hésite pas à défendre sa croyance en l’« amour » homo, y compris dans les sphères tradis, sans en assumer les conséquences et sans craindre les poursuites. Ces défenseurs sacerdotaux de la pratique homosexuelle courent en liberté, sévissent de manière à la fois suffisamment publique et ambiguë pour passer entre les mailles du filet de la censure ecclésiale. Leur fourberie, difficile à prouver (à moins de les prendre sur le vif), n’en est que plus écœurante. Mais un jour, ils récolteront les fruits de leur désobéissance, de leur arrivisme et de leur duplicité. Ça, c’est sûr.
 

 

En parlant d’arrivisme, le livre de James Martin, mais aussi ses interventions publiques, transpirent le désir de carrière. Même dans les remerciements de la fin, on a le bonheur d’apprendre que la rock-star jésuite a un agent ! : « Merci à Donald Cutler, mon agent si extraordinaire et si extraordinairement enthousiaste. » (p. 234) Quel prêtre ou religieuse digne de cette charge a un « agent », sans déconner ?!? De plus, il suffit d’entendre James Martin parler de l’Église-Institution pour voir qu’il la conçoit comme un appareil étatique, un instrument pour accéder au pouvoir, une forteresse ou entreprise, un projet architectural, et non d’abord comme le Christ en personne, pauvre et en Croix : « L’Église fonctionne » (p. 34) ; « à l’église Saint-Paul-Apôtre de New York » (p. 24) ; « l’université Villanova, proche de Philadelphie » (p. 25) ; « l’appartenance à l’Église » (p. 38) ; « la marche de l’Église » (p. 46) ; « le porche » (p. 51) ; « participent à l’édification de l’Église » (p. 60) ; « participent à l’édification d’une paroisse ou d’un diocèse » (p. 60) ; « participent à l’édification de l’Église » (p. 63) ; « L’Église institutionnelle doit se tenir avec les catholiques LGBT. » (p. 75) ; « établissements catholiques » (p. 75) ; « l’Église institutionnelle » (p. 107) ; etc.
 

Dans Bâtir un Pont, James Martin évoque sans arrêt le travail : « agents pastoraux » (p. 13) ; « le travail de l’Évangile » (p. 28) ; « j’ai exercé » (p. 28) ; « J’ai travaillé avec elles. » (p. 28) ; « travail » (p. 28) ; « travaillé » (p. 29) ; « travailler » (p. 29) ; « travaillé » (p. 33) ; « la quantité de travail » (p. 35) ; « travailler avec plus d’ardeur » (p. 37) ; « travail » (p. 41) ; « un poste officiel » (p. 46) ; « la fonction » (p. 46) ; « travaillant » (p. 59) ; « j’ai travaillé » (p. 59) ; « meilleurs employés » (p. 61) ; « travailleur » (p. 61) ; « travaillant » (p. 61) ; « travaillent » (p. 63) ; « travail » (p. 67) « travail » (encore p. 67) ; « employeur » (p. 68) ; « emploi » (p. 68) ; « emploi » (encore p. 68) ; « poste » (p. 68) ; « employés » (p. 68) ; « embauche » (p. 69) ; « salariés » (p. 69) ; « travaillent » (p. 69) ; « employés » (p. 70) ; « activité professionnelle » (p. 71) ; « employés » (p. 71) ; « poste officiel » (p. 75) ; « employés » (p. 85) ; « travaillait » (p. 92) « travaillait dur » (p. 93) ; « un poste » (p. 93) ; « patron » (p. 93) ; « travaillait » (p. 93) ; « son poste » (p. 100) ; « leur emploi » (p. 100) ; « son activité » (p. 100) ; « Ayant moi-même travaillé avec des réfugiés… » (p. 83) ; « travaille » (p. 85) ; « poste » (p. 122) ; « travaillant » (p. 143) ; « Pierre dit qu’il a travaillé dur » (p. 191) ; etc.
 

La métaphore du pont ou du viaduc à construire pour accéder à l’Église-Institution, est omniprésente dans le livre de James Martin, et est typiquement franc-maçonne : « tracent des frontières » (p. 34) ; « Où voyez-vous des chrétiens tracer de telles frontières ? » (p. 221) ; « traces de l’action » (éditeurs, p. 232) ; « l’action » (p. 39) ; « des pierres » (p. 146) ; « C’est en construisant ce genre de ponts qu’on arrivera aux plus beaux résultats. » (p. 118) ; « l’essentiel des critiques s’est avéré constructif » (p. 18) ; « constructive » (p. 18) ; « construit » (p. 45) ; « construction » (p. 64) ; « construire la confiance » (p. 56) ; « l’édification de toute la communauté des croyants » (p. 108) ; « construire » (p. 222) ; « la construction du pont » (éditeurs, p. 227) ; « construction du pont » (éditeurs, p. 232) ; « continuer à progresser dans la construction de ce pont » (éditeurs, p. 232) ; « deux tours du World Trade Center » (p. 66) ; « tour » (p. 111) ; « tours » (p. 111) ; « édifiante » (p. 13) ; « La responsabilité de bâtir ce pont » (p. 14) ; « tout projet de ‘pont’ » (p. 19) ; « pont » (p. 20) ; « un profond désir de ponts dans notre Église » (p. 25) ; « construire des ponts » (p. 26) ; « jeter un pont » (p. 28) ; « un pont » (p. 45) ; « meilleurs ponts » (p. 45) ; « ce pont » (p. 45) ; « le pont » (p. 47) ; « en se tenant sur le pont » (p. 18) ; « construire un pont » (p. 142) ; « Ensemble sur le pont » (p. 145) ; « Il parla du respect comme d’un outil pour bâtir un pont. » (p. 114) ; « Je lisais la Règle de saint Benoît […]La Règle » (p. 115) ; « le fondement » (p. 51) ; « fondamental » (p. 70) ; « fondamentaux » (p. 70) ; « constituer une barrière » (p. 56) ; « la barrière à l’entrée du pont » (p. 142) ; etc. Je rajouterais que James Martin développe le concept (très franc-maçon) de la quête : « continuer à soutenir les catholiques LGBT dans leur quête d’une place au sein de l’Église » (p. 22) ; « quête » (p. 33) ; « requêtes » (p. 122) Il insiste aussi sur un autre leitmotiv dynamique de la Franc-Maçonnerie : l’amélioration et la transformation : « meilleurs ponts » (p. 45) ; « meilleurs employés » (p. 61) ; « les meilleurs évangélisateurs » (p. 61) ; « Nous nous efforçons de faire de notre mieux. » (p. 192) ; etc.
 

À vrai dire, James Martin semble fasciné par le pouvoir (cf. « pouvoir » p. 54 ; deux fois le mot « pouvoir » pp. 157-158) : « Dans l’Église catholique, c’est la hiérarchie qui possède le pouvoir institutionnel. Les membres de la hiérarchie peuvent autoriser les fidèles à recevoir les sacrements, autoriser ou empêcher les prêtres de célébrer les sacrements, ils peuvent fermer ou ouvrir des paroisses ou des aumôneries diocésaines, autoriser les gens à conserver leur poste dans une institution catholique, et ainsi de suite. Mais les catholiques LGBT ont eux aussi du pouvoir. » (p. 107) ; « Dans l’Église institutionnelle, c’est toujours la hiérarchie qui détient le pouvoir. » (p.108) C’est simple. Il voit les évêques comme des gestionnaires. Bref, des pièces maîtresses : « les évêques doivent : trouver… […] gérer… […] décider… […] trouver de l’argent frais… […] accompagner la croissance… […] répondre aux plaintes » (p. 122). C’est pour ça qu’il prétend bichonner l’Église. À ses yeux, elle est un outil précieux pour son ascension : « utiles » (p. 12) ; « utile » (p. 18) ; « utiles » (p. 38) ; « utile » (p. 41) ; « utile » (p. 46), « utile » (p. 113) ; etc. C’est pour ça aussi qu’il insiste beaucoup sur la nécessité de la respecter et de respecter ses fonctionnaires, afin d’atteindre ses objectifs et réaliser ses projets : « respecter la hiérarchie » (p. 114) « Leur enseignement mérite notre respect. » (p. 109). Il appelle même de ses vœux à prier pour les dirigeants de l’Église (« une vraie compréhension de la vie de ceux qui détiennent le pouvoir dans l’Église institutionnelle. » p. 119 ; « Qu’est-ce que cela pourrait vouloir dire que de manifester de la compassion à l’égard de la hiérarchie ? » p. 119 ; « prier pour eux » p. 133 ; « une prière sincère » p. 133 ; « Les catholiques LGBT sont invités à la compassion et à la prière pour nos ‘frères religieux qui luttent’[contre leurs propres penchants homosexuels refoulés], même lorsque leur comportement les a parfois identifiés aux ennemis de la communauté LGBT. » p. 126) ; etc.), non pas dans un vrai élan du cœur, mais pour habiller sa condescendance anticléricale de piété et de bonté sacrificielle, pour acheter le silence et la paix de ses chefs, par pure stratégie et intérêt. D’ailleurs, James Martin conseille à ses frères catholiques LGBT d’imiter sa ruse et de faire profil bas avec les évêques : « Ne serait-ce que d’un point de vue strictement humain, c’est une stratégie qui peut se révéler payante : si vous voulez vraiment avoir de l’influence sur la façon dont l’Église traite les questions LGBT, il peut être utile de gagner la confiance des membres de sa hiérarchie. » (p. 113)
 

Mais je crois que plus profondément, derrière toute cette manigance carriériste de James Martin se cache un plan de vengeance et de destruction contre l’Église-Institution, dont son commanditaire, aveuglé par ses bonnes intentions cléricalistes, n’a peut-être pas encore pris toute la mesure. Ce qui est certain, c’est que James Martin considère les gens d’Église comme fautifs et entend bien leur faire payer la facture de cette « faute » : « La seule évocation de la possibilité d’accueillir des personnes LGBT pouvait susciter les commentaires les plus homophobes et haineux qu’on puisse imaginer. » (p. 17) ; « La quasi-totalité des licenciements dans des institutions catholiques invoquait comme motif des questions LGBT. » (p. 68) ; etc. James Martin se sert de l’homosexualité et de la caricature sincère qu’il se fait des souffrances réellement vécues par les personnes homosexuelles (et peut-être aussi de la révolte qui émane de son propre refoulement d’homosexualité) pour faire culpabiliser les chefs de l’Église-Institution, leur faire porter le chapeau, les traîner en procès devant les tribunaux médiatiques de la planète, et régler ses comptes (ou un vieux contentieux que j’ignore encore : en tout cas, je devine juste que c’est du lourd). Il parle en effet du « rejet dont sont victimes les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres » (4e de couverture), de « la vague réactionnaire et intolérante qui s’abat sur les chrétiens » homos (idem), d’« un déferlement de haine » (p. 17) de la part des catholiques conservateurs à son encontre et à l’encontre de ses protégés homosexuels qui « ont été blessés par leur Église » (p. 213). Il va jusqu’à imputer des vagues de suicides et de dépressions de jeunes aux rédacteurs des paragraphes sur l’homosexualité dans le Catéchisme de l’Église Catholique : « ‘Les gens comprennent-ils l’effet d’un tel langage sur un garçon gay de 14 ans ? Cela peut le détruire.’ » (James Martin à propos de la qualification des actes homos en tant qu’« intrinsèquement désordonnés », pp. 104-105). Il déplore aussi l’existence de prêtres homophobes, « haineux et blessants par manque d’éducation » (p. 126), et entend justement les éduquer, les corriger : à un moment du livre, il énonce carrément une ligne de conduite épiscopale (il a rédigé une sorte de « Déclaration des droits et des devoirs des évêques » pp. 126-127). Il ne rigole pas, le James Martin. Je pense même qu’il veut éclater l’Église (même si, par ailleurs, il ne jure que par son unité). La preuve de cela, c’est qu’il met le terme au pluriel : « les chrétiens et leurs Églises » (p. 13).
 

Pour faire passer subtilement la pilule de sa vengeance à ses adversaires épiscopaux et cardinalices, il use premièrement de la menace amène de la délation. Et Dieu sait si en ce moment, elle est efficace, cette menace, étant donné que l’homosexualité est devenue le fer de lance invisible principal de l’anticléricalisme mondial (le fer de lance visible, c’est la pédophilie, et dans une moindre mesure, le sexisme). Le père James Martin, en s’avançant officieusement comme « homo non pratiquant » et officiellement comme « prêtre accompagnateur des LGBT », et en mettant l’homosexualité sur la table des négociations entre l’Église et le monde, s’est mis à l’abri, y compris dans son exposition médiatique ; et surtout, il a posé un ultimatum très dissuasif à sa hiérarchie ecclésiale pour obtenir ce qu’il veut : « J’accepte votre statut de supérieurs hiérarchiques, et mon statut de sous-ministre, mais vous, en contrepartie, vous arrondissez les angles du Catéchisme sur l’homosexualité. Sinon, je vous dénonce pour homophobie ou pour pratique homosexuelle sacerdotale massive cachée… Et là, c’est le pavé dans la mare! »
 

Dans un second temps, pour mener à bien son plan de vengeance contre l’Église, James Martin use de la métaphore – apparemment fédératrice, et séduisante intellectuellement et visuellement parlant – du « pont à double sens » (p. 31), qui ressemble à un trait d’union équilibré, neutre et impartial, suspendu entre la communauté LGBT et l’Église institutionnelle… mais dans les faits, il fait l’inverse de les unir puisqu’il considère que c’est à l’Église-Institution de faire le premier pas, de s’adapter, et que c’est elle seule la fautive de l’histoire : « Une grande responsabilité dans ce travail de dialogue incombe à l’Église institutionnelle : c’est elle qui a causé chez les personnes LGBT ce sentiment de mise à l’écart, et non l’inverse. […] c’est le clergé et les pasteurs de l’Église qui sont responsables de la marginalisation. » (p. 14) ; « Comme je l’ai dit, c’est bien l’Église institutionnelle qui a causé ce sentiment de marginalisation chez les catholiques LGBT, et non l’inverse. » (p. 37) ; « La responsabilité de la construction du pont incombe plus à l’Église institutionnelle qu’aux catholiques LGBT » (p. 219) Au bout du compte, le « double sens » en question n’est pas synonyme de circulation bilatérale, mais plutôt d’« ambiguïté ». « Entre ces deux groupes que sont la communauté LGBT et l’Église institutionnelle, un fossé s’est creusé, une séparation qui réclame qu’un pont soit jeté. » (p. 28) Mais qui les a « éloignés » (il utilise ce même adjectif quatre fois, p. 15, 16, 17 et 220) si ce n’est James Martin lui-même ?? En réalité, par le symbole du pont, l’auteur adopte une vision très manichéenne et binaire du dialogue entre les personnes homosexuelles et les chefs de l’Église. Comme par hasard, dans le tableau qu’il a théorisé, il place les opposants « homophobes » dans les eaux sombres en dessous du pont (« Et combien les eaux qui coulent sous le pont sont dangereuses » p. 18 ; « eaux sombres » p. 146)… et lui au-dessus !
 

James Martin, hypocritement, ne se croit ni faire partie de l’Église-Institution ni de la communauté LGBT, et tacitement, il laisse pourtant entendre qu’il les représente toutes les deux. En endossant le rôle de modérateur, d’intermédiaire, de médiateur, d’arbitre fixant les règles, en s’attribuant le rôle de soi-disant « juste » milieu ou de douanier, il se prend pour le pont, et donc pour le Pape (l’adjectif « pontifical » ou « pontif » vient précisément du mot « pont »). Il est galvanisé par son statut d’exception sacerdotale. Il cite même un témoin homosexuel lui décernant ce titre : « Entendre un prêtre dire les choses que tu dis est un contre-exemple frappant. Entendre un membre du clergé dire des choses positives sur les personnes LGBT est tout à la fois nouveau et bouleversant. » (p. 24)
 

À travers l’image (très simpliste) du pont, James Martin plante le décor d’un nouveau paradis où il est le roi (« Faire confiance à ce pont, c’est croire que les gens finiront par l’emprunter. » p. 145), le maître d’un monde intermédiaire, d’un sas vers le Paradis de Jésus et de l’Église-Institution, avec des péages et des barrières : « Sur le pont, il y a des péages » (p. 145). Ce qu’il se garde bien de dévoiler, c’est que « ce voyage sur le pont » (p. 147) sera pour beaucoup sans retour, et que son douanier ne laissera pas passer sur l’autre rive (l’Église-Institution) ceux qui l’emprunteront : « Vivre dans le respect, la compassion et la délicatesse, cela a un prix. » (p. 145) Ce prix, c’est l’acceptation du péché et le renoncement à la Vérité et au Salut. C’est la reddition de Jésus et de son âme. C’est l’équivalent de trente piécettes d’argent.
 

Je me trouvais il y a quelques jours à une réunion Pôle Emploi en collaboration avec des travailleurs sociaux, pour inciter ceux qui demandent à percevoir le RSA (Revenu de Solidarité Active) à mériter ce dernier et à trouver un emploi (je n’ai pas dit « un travail »). Même s’ils veulent au final nous faire rentrer dans leur Système de salariat, il s’agit pour ces agents de la Mairie de Paris d’insister sur la notion de partenariat à double sens (précisément), de contrat de confiance, afin d’éviter tout assistanat ou impression d’assistanat. Ils parlent de « Contrat d’Engagement Réciproque », de « travail de co-construction », nous jurent que « rien n’est obligé », qu’ils sont là pour « nous donner des outils pour creuser nos projets et non les leurs ». C’est exactement le même dispositif de smart contract que propose James Martin avec son pont à double entrée et double sens, sauf que dans son cas, son contrat donnant-donnant mériterait de s’appeler « Gay Spirit Contract », et que le système dans lequel il veut nous faire rentrer est la croyance en « l’identité » et en « l’amour » homo (voire la pratique homo et la bénédiction religieuse des « couples » homos). Il met en scène, de manière puante (il faut le dire) et forcée, une singerie de réconciliation. Car comment parvenir à une véritable réconciliation sans Vérité ? James Martin s’annonce comme le Grand Réconciliateur, le Pont humain, l’entre-deux entre des factions décrétées préalablement « opposées » à qui il permettrait de « faire la paix » : « De la même manière que l’Église institutionnelle est appelée à voir des frères et des sœurs dans la communauté LGBT, la communauté LGBT est invitée à voir les pasteurs de l’Église comme ses frères. » (p. 121). Il parle d’instaurer l’« égalité du cœur » (p. 123).
 

En fait, malgré ses dires, son pont est à sens unique : c’est à nous d’aller le rejoindre dessus, et plus fondamentalement, de passer sur lui. Venez vers moi. J’ai trouvé la « voie du pont » (p. 145) : « Par-dessus tout, j’aimerais offrir à tous ce pont et le soutenir. » (p. 38) ; « Je vous invite maintenant à me rejoindre sur ce pont » (p. 41) ; « Je voudrais vous inviter à marcher avec moi » (p. 45) ; « le pont que je vous invite à franchir » (p. 146) ; etc. James Martin n’appelle pas à aller vers l’Église-Institution ni à s’adapter pleinement à Elle. Le lien (= le pont) pour aller vers l’Église-Institution semble plus important à ses yeux que l’Église-Institution. Et la direction de son pont penche largement plus vers la communauté LGBT que vers une réception plénière du contenu du Catéchisme à propos de l’homosexualité. Il propose davantage un mouvement unilatéral (c’est-à-dire celui qui va dans son sens et vers lui) qu’un mouvement vers ceux qui ne pensent pas comme lui : « Je vous ai invités à parcourir avec moi ce pont. » (p. 145)
 

James Martin est un stratège machiavélique (au sens historique de l’adjectif, et non d’abord manichéen et moral). À son avis, la fin justifie les moyens. Il aime à s’apitoyer sur ses préférés – en l’occurrence nous catholiques LGBT – et à rentrer dans le jeu de notre sentiment d’être des victimes de notre propre Église : « Ooooh mes pauvres… Les chefs de notre Église ont été crès crès méchants avec vous. Ils ne vous/nous comprennent pas. Ils se trompent sur vous. Je sais. Mes collègues me font parfois secrètement honte… Excusez-les… » James flatte en nous une victimisation, nous drague de manière à la fois maternante et paternante – donc apparemment « chaste » – tout en temporisant nos supposées « attentes irrépressibles » et en négociant avec nous un échéancier basé sur une singerie de pardon, de patience et de prière : « Vous ne serez pas aussi méchants que les chefs de l’Église institutionnelle l’ont été avec vous ; car vous êtes plus intelligents et plus Grands Seigneurs qu’eux, plus rusés et magnanimes. Plus catholiques, au final. Priez pour vos ennemis, faites mine de les écouter, conquérez leur cœur… et bientôt, ils vous mangeront dans la main, vous verrez. Ils sont durs à cuire, mais ce ne sont pas des mauvais bougres. Ils ne mordent pas. En plus, c’est maintenant qu’il faut croire à notre lente offensive car ils sont influençables et extrêmement affaiblis en ce moment. Alors armez-vous de patience. Souriez-leur comme si de rien n’était. Leur ralliement à notre cause universelle LGBT est proche. Nous les amadouerons et les aurons à l’usure. C’est juste une question de temps, d’attitude, de présentation, de changement. » : « changement » (p. 40) ; « Les temps changent, lentement. » (p. 128) ; « L’Église change petit à petit. » (p. 129) ; « ce changement » (p. 129) ; « faire changer les choses » (p. 143) ; « changer » (p. 213) ; « changer » (p. 221) ; « progresser » (éditeurs, p. 232) ; etc. Toutefois, James Martin la joue fine et devance la critique de sa rhétorique du changement et de la réforme, en ne laissant pas transparaître de grands désirs de révolution spectaculaire. Comme il dit lui-même, le pont est la métaphore du « changement progressif » et non du changement brutal : il se dédouane d’une « promotion d’un changement radical dans l’enseignement de l’Église institutionnelle » (p. 20). Le pont se présente comme la gentille passerelle d’une innocente promenade… même si factuellement, c’est plutôt un pont-levis d’assaut en douceur des idées gays friendly dans l’Église.
 

La démarche de James Martin est d’autant plus perverse qu’elle est caressante, sincère, bien-intentionnée, franche, donc (inconsciemment ?) franc-maçonne. La franchise (ou la sincérité, les bonnes intentions non suivies des actes d’humilité) est la signature de la Franc-Maçonnerie par excellence : « le souhait d’aborder ces questions de manière franche » (p. 24) ; « pour ma part, tous les évêques que je connais sont sincères dans leur volonté de rejoindre pastoralement cette communauté » (p. 30) ; « de manière honnête » (p. 56) ; « sincèrement » (p. 117) ; « en toute franchise » (p. 120) ; « une prière sincère » (p. 133) ; « Vous avez pu parler franchement de votre sexualité » (p. 198). Je pense que Jésus, face la puanteur d’obséquiosité de James Martin, dirait à ce dernier, s’il pouvait s’adresser à lui distinctement : « Arrière Satan ! », comme il l’avait fait avec saint Pierre. Ou mieux : « Judas, c’est par un baiser que tu me livres ? ».
 

James Martin a l’air très fan du protestantisme. Comme je l’ai signalé plus haut, il chante la cohésion des Églises méthodistes (p. 86). Et sur son mur Twitter ; il partage énormément de photos qui font partie de l’imagerie traditionnelle des sectes issues du protestantisme comme par exemple les Témoins de Jéhovah ; et il s’attarde beaucoup en hommages sur les grandes figures du protestantisme évangéliste mondial, telles que Billy Graham ou encore le pasteur Martin Luther King. S’il est cohérent, ce qu’on pourrait lui demander, c’est de se positionner plus clairement, voire de changer carrément de crèmerie, plutôt que de faire semblant d’être encore catholique. Si l’enseignement catholique sur l’homosexualité ne lui plaît pas, et qu’il le distord continuellement en public, eh bien qu’il le laisse tomber une bonne fois pour toutes, au lieu d’entraîner mes frères prêtres ou/et homosexuels catholiques dans ses erreurs et sa révolte. Dans ma bouche, ce n’est même pas une proposition. C’est un conseil insistant. Pour le bien de l’Église et son bien à lui.
 

 

J’arrive à la fin de ma critique de Bâtir un Pont de James Martin (qui m’a pris une semaine entière de travail !). Alors merci doublement de l’avoir lue jusqu’au bout. En conclusion, il apparaît que le profil du bonhomme, et le phénomène réformiste qu’il incarne, ont de quoi nous inquiéter fortement. Et néanmoins, comme je l’ai signalé plus haut, plus urgente me semble l’identification de déviance chez le cardinal Sarah (car celle-là, peu la voient) que chez James Martin (celle-ci, tout le monde la voit et s’en sert même pour faire diversion par rapport au cardinal Sarah). Et vu la bêtise et le manque de finesse des médias de la Réacosphère d’extrême droite (Médias Presse Infos, le blog de Jeanne Smits, Riposte Catholique, Réinformation TV, Le Salon Beige, L’Incorrect, etc.), on est encore loin de la clairvoyance collective. Si James Martin est la bonne mère, le cardinal Sarah est le bon père (qui, en ce moment, parraine les « homos mais pas gays » comme Daniel C. Mattson). S’acharner sur le père James Martin, cela revient presque à tirer sur une ambulance. Plus courageux et subtil est celui qui dénoncera la traîtrise du cardinal Sarah et le dévoiement de l’association Mourage. Car là, c’est l’aveuglement général. Force et humilité de Jésus à nous tous !
 

Les 12 obsessions des cathos bobos de la Réacosphère

Minorité influente à l’intérieur de l’Église Catholique – et pourtant on n’entend quasiment qu’eux dans les médias dits « alternatifs », aux côtés de leurs jumeaux progressistes -, je vous présente la nébuleuse de la « Fachosphère » ou « Réacosphère », dont j’ai parlée abondamment dans le chapitre des bobos cathos anars d’extrême droite dans mon livre Homo-Bobo-Apo. En pleine expansion vue que la crise que vivent le monde et l’Église actuels amène son lot de mécontents et de paniqués, les membres de la confrérie de la Réacosphère ont 12 obsessions que je vais décrire dans cette vidéo :
 

 

 

1) Première obsession : L’HOMOSEXUALITÉ ! Ils ont vraiment un problème avec ça. Ils en parlent souvent. De tous les médias cathos, ce sont les seuls qui osent prononcer explicitement le terme. Et maintenant, beaucoup de leurs articles portent apparemment sur le sujet. Ils créent même des néologismes (« homofolie », « homosexualisme », « homohérésie », « homosexualiste », « lobby gay », etc.). Ils font comme les protestants : pour eux, à la fois l’homosexualité est diabolique (ils la lobbyisent sous forme de terrible dictature : à leurs yeux, ce qui est normal, c’est la famille, et le reste, ce sont des déviances, des perversions, des péchés), à la fois ça n’existe pas (ils disent qu’ils s’en foutent, qu’on en parle trop, et se piquent de pseudo savoir psychanalytique et de moultes statistiques pour la pathologiser). D’ailleurs, la concernant, ils adorent la thèse de la blessure narcissique. Ils nous la ressortent quand ils veulent nous décrédibiliser à peu de frais : tu t’énerves, c’est normal, ta blessure narcissique se réveille et tu es un blessé de la vie. En réalité, ils sont hyper mal à l’aise avec le sujet parce qu’ils n’en parlent jamais en dehors du phénomène social, parce qu’ils ne parlent jamais des personnes homos et n’annoncent jamais la Bonne Nouvelle, parce qu’il y a énormément d’homosexualité refoulée (et donc pratiquée) dans leurs rangs, une homosexualité camouflée dans un mariage et une famille nombreuse, ou dans un activisme viriliste (Action Française, BADE, GUD). Même s’ils affichent une inflexibilité et un puritanisme d’apparat, dans les faits, ils se laissent bien souvent aller à la débauche. Ils font partie des libertaires cachés. D’ailleurs, ils brandissent souvent leur liberté d’expression, d’éducation, de croyances et de cultes, comme un droit canonique inviolable et feignent la décontraction réactionnaire. Ça se voit jusque dans le titre de leurs médias : TV Libertés, Radio Courtoisie « la seule radio vraiment libre ! ». Ils ne divorcent pas beaucoup, mais en revanche, se trompent ou se séparent allègrement, vu que la CRC (Contre-Réforme Catholique) s’arrangera pour annuler leur mariage en toute discrétion et légalité.
 

 

2) Deuxième marotte : LA VÉRITÉ (mais sans Charité) : Ils érigent tout ce qu’ils craignent comme des vérités et des généralités universelles. Penser les choses en termes de vérité uniquement, c’est une manière de se justifier d’être inflexible, intransigeant, entier : si je suis lucide et obéissant à la Vérité, je suis donc forcément juste ! Au bout du compte, comme Lucifer, ils ont remplacé l’Amour par l’Intelligence. Et ils croient que ça leur donne tous les droits. Ils passent maîtres dans l’exercice du soupçon et de l’accusation : ils sont constamment dans l’invectives, l’effet d’annonce et la critique négative. Jamais dans l’émerveillement. Ils abusent des points d’exclamation. Beaucoup de leurs sites n’annoncent pas la Bonne Nouvelle (même si en intention, la vitrine a l’air gentille : je pense par exemple à un site comme « Égalité et Réconciliation »). Dans les faits, c’est plutôt « profession Mouchards et Juges ». Les réactionnaires réagissent au quart de tour mais ils réfléchissent peu : ils se contentent de faire ricocher la mauvaise nouvelle ou le pseudo « scandale », de râler avec les râleurs, et ils rêvent d’annoncer en premier à la terre entière le scoop qui détruira des rêves et des naïvetés, qui dénoncera les contrefaçons. À tel point qu’on se demande si leurs sites sont cathos. Même s’ils en portent le nom : Riposte Catholique, Christianitas, Info Catholique, Catho Bel, France Catholique, etc. Ils sont tellement mauvaises langues, et avides de recenser uniquement ce qui ne va pas dans l’Église, de révéler les affaires troubles ou les écarts en interne, qu’on doute réellement de leur catholicité et de leur bienveillance à l’égard de l’Église. Ils sont tenus en réalité par des journalistes qui se valent du catholicisme pour surveiller le moindre faux pas des gens d’Église, et de divulguer l’info « ecclésiale » qui créera la zizanie. Par exemple, ils distribuent les bons et les mauvais points entre les cardinaux. Ils sont comme les papys réacs du Muppet Show : « T’as vu : Untel défend le lobby gay ! T’as vu ? Tel autre a approuvé l’euthanasie. » Ce sont des rapporteurs à 4 chandelles… et qui en plus surinterprètent bien souvent les propos pour les monter en épingle. Par exemple, jamais le cardinal Marx n’a encouragé à la bénédiction des couples homos. C’est le pur fruit de l’imaginaire de la Fachosphère. Mais de la réalité des faits, ou de l’issue d’un début de soupçon, ils se moquent bien. Pour eux, la paranoïa, le risque ou l’ambiguïté deviennent la réalité. Au fond, ils ne rêvent que d’une chose : l’arrivée d’un schisme, et que l’Église Catholique coule. Le pire, c’est que dans leur discours de Vérité, il n’y a pas de Charité, pas d’Amour. L’Amour, pour eux, c’est une faiblesse. Quand ils affichent un cœur, c’est uniquement le Sacré-Cœur saignant et brodé main : jamais leur propre cœur. Et quand ils s’expriment sur les réseaux sociaux, le paradoxe, c’est que ces chantres de la Vérité sont incapables de parler à visage découvert : c’est toujours derrière un masque ou un pseudonyme. La Vérité, c’est pour les autres : jamais pour eux !
 

3) Troisième fixette de la Fachosphère : LEUR RÉPUTATION D’INTÉGRISTES. Observez juste les coups de sang du blogueur Fikmonskov, très amers et peu réfléchis. Les accusations de « raciste », de « nazi », d’« intégriste », d’« extrême droite » (pour lui, l’extrême droite n’existe pas, d’ailleurs), de « fasciste », le font réagir au quart de tour : il n’a aucune distance. Et même quand il n’est pas attaqué sur ça, il faut toujours qu’il la ramène sur sa réputation d’extrémiste et qu’il ironise dessus. En fait, il ne l’a toujours pas digérée. Elle lui tient chaud, même s’il affiche parfois un ricanement ou singe un détachement d’indifférence.
 

 

Ça marche aussi avec la journaliste Eugénie Bastié, bossant au Figaro, et qui est capable, rien que pour ricaner sur sa réputation de « réac » ou d’« antiféministes », de plaisanter sur la mort d’Arnaud Beltrame en se posant en victime. On retrouve ce cynisme provocateur chez Jean-Marie Le Pen (prenant un malin plaisir à décrire les chambres à gaz nazies comme un « détail de l’histoire »). Dans le binarisme simpliste actuel du monde, qui classe les gens dans le camp de l’« Amour » ou celui de la « Haine », les réactionnaires se savent associés au camp de la haine (exemple : le « F-Haine ») et ça, ça les énerve prodigieusement autant que ça les excite. Par pur orgueil et plaisir d’humilier, ils décident de rentrer dans le jeu de leur mauvaise réputation, pour au moins prendre leur interlocuteur en défaut de bêtise et de haine, en étant eux-mêmes aussi haineux que lui, mais au moins avec art et esprit !
 

 

 

Par exemple, ils poussent la provocation jusqu’à imiter sérieusement la parodie du fascisme historique qui leur est imputée : je pense aux colloques de Civitas intitulés « Dieu, Famille, Patrie » et singeant la France collabo de Vichy. Par ailleurs, pour salir en même temps qu’honorer leur réputation de « haineux », ils s’autorisent souvent le paradoxe très bobo de mêler dans leur discours mots châtiés et insultes : les banderoles « Foutons-les dehors ! », les slogans « Y’a bon Banania, y’a pas bon Taubira ! » (scandés au mégaphone par l’abbé Beauvais, ancien curé de saint Nicolas du Chardonnet, lors de la manifestation du mouvement Civitas contre la « christianophobie » le 20 octobre 2013), Davy Rodriguez n°2 du Front National Jeune (FNJ) proférant le 10 mars dernier « espèce de nègre de merde ! », etc. À force de se moquer ironiquement de leur réputation de « haineux », ils ne voient même plus qu’ils lui obéissent en actes.
 

 

4) Quatrième obsession : LA RÉALITÉ. Les fachos sont obnubilés par la Réalité (les élus du Front National ne jurent que par elle, par exemple). Ils ont des radios dédiées exclusivement au Réel : « Radio Courtoisie, la radio libre du pays réel et de la francophonie. » Ils organisent même depuis 2017 des « Fêtes du Pays Réel » tellement ils poussent le pragmatisme jusqu’au bout et voient le monde comme une virtualité qu’ils n’habitent plus. Ils s’enchaînent à l’actualité, aux flux incessants des nouvelles délivrées par les réseaux sociaux et les chaînes d’infos, et s’annoncent comme ceux qui vont réinformer la planète manipulée, rétablir la réalité (exemple : Réinformation TV). En gros, selon les membres de la Réacosphère, il est plus important d’avoir raison que d’aimer, de tenir informé que d’annoncer le Salut à tous. Ils voient dans la cohérence ou le réalisme une loyauté, une honnêteté, et même une voie de sainteté. Il faut que ça file droit, que tout se prouve, se mérite et se paie. C’est une forme de gnosticisme justicier, en fait. En filigrane derrière cette obsession de la réalité se trouve la croyance qu’ils auraient le courage de dire tout haut ce que tout le monde penserait tout bas, et surtout que ce sont eux qui ont raison et les autres qui auraient tort. Penser les choses en termes de « réalité » uniquement, c’est finalement l’excuse facile pour traiter à peu de frais leurs détracteurs de menteurs : ces derniers nient le « réel » (réel qui est bien souvent le fruit de leurs propres projections et fantasmes paranoïaques), DONC ils sont forcément « aveugles », « fous », « bêtes », « de mauvaise foi » et « indignes de confiance ». Il y a un orgueil monumental caché derrière l’obsession des réac’ pour la réalité et la Vérité. Ils se reconnaissent volontiers pécheurs (dans l’idée), mais jamais fautifs.
 

 

5) Cinquième lubie : LE COMPLOT. Leur sentiment permanent d’être épiés, censurés, mal aimés, persécutés, en danger, incompris, engouffre les réacs dans la défiance. Ils voient du complot, de la stratégie, de la censure, partout. Dans leurs articles de presse, ils choisissent des titres racoleurs qu’ils mettent souvent au négatif et avec des injonctions. Exemple avec la revue L’Incorrect : le 13 avril 2018, ils titraient l’un de leurs articles « Les gardiens de la mort et de la tolérance ne nous enfermeront pas dans la cage aux phobes ! » Ils fantasment sur l’ennemi interne, sans penser une seule seconde que c’est eux ! Dans leur système de croyances, la Vérité est forcément violente, cinglante. Implicitement, ils pensent qu’elle est le mal, que « y’a que la vérité qui blesse », et ils rêvent d’arriver en grands annonciateurs des « 4 Vérités » des gens qui les entourent, pour ne jamais entendre les leurs. Pour eux, la Vérité est nécessairement cachée, ne se dévoile pas, est une propriété privée qui n’appartiendrait qu’à ceux qui la méritent. Car au fond, elle ne s’est pas incarnée dans leur cœur. Ils en ont une connaissance intellectuelle. La peur, et tout le raisonnement intellectuel qu’ils ont déployé pour la justifier, a endurci leur cœur, les a rendu misanthropes. Ils ont très peu de vrais amis, d’ailleurs, et jugent le monde de loin.
 

 

 

6) Sixième obsession : LES MÉDIAS. Même s’ils se targuent d’avoir grandi sans la télé, les membres de la Fachosphère se sont bien rattrapés depuis et recherchent les caméras fiévreusement par la suite. Il leur arrive même d’utiliser le mot « Medias » pour s’auto-définir : exemple : Medias Presse Infos. Car oui, ils créent des télés, des revues et des radios alternatives, des chaînes Youtube et des partis politiques. Ils sont relativement bien infiltrés dans les sphères médiatiques, ont tout fait pour les intégrer, connaissent leurs codes (les happenings, les éditos cinglants, les effets d’annonce, les tweets, etc.) et cherchent à créer le buzz à tout prix. Ils étaient les premiers à monter au créneau lors des pièces blasphématoires (Golgota Picnic par exemple), lors du « mariage gay ». Ils étaient aussi les premiers à oser braver les plateaux télé, à s’enchaîner à l’Arc-de-Triomphe et à imiter les Femens. Ils sont à l’affût de la moindre occasion de se faire remarquer publiquement. Ils adorent prendre des poses victimiaires héroïques dans les caméras. On a tous en tête la photo du curé de sainte Rita étendu théâtralement sur le sol pendant que son église était évacuée par les CRS qui soi-disant auraient interrompu une messe, le 3 août 2016… alors qu’en réalité, cette mise en scène de martyre avait été savamment orchestrée par les « victimes » elles-mêmes ! Les membres de la Réacosphère rêvent de passer pour les nouvelles Jeanne d’Arc. Ils aiment créer l’événement (Marion Maréchal Le Pen à Washington en février 2018, par exemple). Par ailleurs, les fachos ont un rapport idolâtre d’attraction-répulsion vis à vis du monde : à la fois il déteste leur époque et lui sont hermétiques (ils auraient préféré vivre dans un autre siècle ; notre temps et nos contemporains les effraient), à la fois ils sont complètement enchaînés à elle, font éponge avec elle. Il y a peu de recul chez eux : ils croient tout ce qu’ils voient ou entendent à la télé. Ils sont d’une crédulité impressionnante, et sont eux-mêmes facilement impressionnables. Le propre du réactionnaire n’est-il pas justement de réagir, et même de surréagir ?
 

 

7) Septième fixette : LA CIVILISATION : Les membres de la Réacosphère sont très branchés « Civilisation », « Patrie », « Tradition », « Passé », « Patrimoine », « Racines chrétiennes », « Royaume de France ». D’où leur patriotisme et leur nationalisme royalistes exacerbés. Leur millénarisme, aussi. Le millénarisme est le souhait d’instaurer un règne terrestre de Dieu par la force et des moyens humains. Le slogan de l’institut Civitas, c’est précisément « Pour une Cité Catholique ». Il y a un gros fond de peur, de vengeance, de révolte, d’orgueil, derrière cette idéalisation passéiste de l’Histoire. Quelque part, les réactionnaires se réjouissent du chaos. Car leur idéalisation de la civilisation s’accompagne d’une vision très noire du présent, et repose sur la fameuse dichotomie « civilisation/barbarie ». Ils fantasment beaucoup à propos de la « destruction ou du basculement de civilisation », de la « décadence des mœurs », etc. Et ils cherchent à mettre en place exactement ce qu’ils condamnent chez les autres, et en particulier dans la Franc-Maçonnerie, car elle aussi a pour objectif de construire une nouvelle civilisation par le biais du chaos. Les conférences d’Alain Escada contre le Nouvel Ordre Mondial et la Fin des Temps, sont donc une vaste blague. Les réactionnaires se centrent sur le Christ-Roi. Tout comme Judas, le traître qui a livré Jésus et qui était un parfait zélote patriotiste, millénariste : il voulait faire du Christ le fondateur d’une nouvelle civilisation qui renverserait le pouvoir tyrannique en place. Et Jésus fuie ce genre de soldats zélés pour sa cause : « À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : ‘C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde.’ Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul. » (Jn 6, 15).
 

 

 

8) Huitième obsession : L’ISLAM. À propos de millénarisme, nos chers amis réacs font une fixette sur l’islam. Leur paranoïa haineuse a toujours besoin de se fixer sur une population religieuse en particulier qu’ils diabolisent pour altériser le mal : avant, c’étaient les chrétiens modernistes et les protestants. Mais à présent, ils ont jeté leur dévolu diabolisant sur l’islam, qu’ils confondent avec les personnes musulmanes (dont ils ne se soucient jamais). Ils créent des sites où ils font fusionner Jésus et l’islam (exemple : Islam et Vérité). Et dans leur langage, c’est le constant amalgame. En témoigne la récente sortie de Marion Maréchal-Le Pen aux États-Unis : « La France était la fille aînée de l’Église. Elle est en passe de devenir la petite nièce de l’islam. » À les entendre, tout est de la faute de l’islam. Ça devient pathologique chez eux. Tu te casses une jambe : c’est de la faute de l’islam. Il pleut, c’est l’islam ! Et même quand il n’est pas directement question de l’islam, ils ont l’art de tout ramener à ce dernier par l’art de la comparaison abusive. Exemple : Une église catholique est taguée de graffitis : eh ben… c’est pas dans une mosquée qu’on aurait osé faire ça ! (sous-entendu : « Les cathos, on les soutient uniquement parce que ce sont des victimes, donc des points de comparaison qui nous permettent de diaboliser l’ennemi d’en face, mais ce sont aussi des chiffes molles qui n’ont pas de couilles et ne savent pas se défendre. »). L’islam n’est donc pas mieux loti que le catholicisme, au final. Les membres de la Réacosphère ont un profond mépris pour les catholiques, et en particulier les prêtres – ils adulent le statut ecclésiastique du prêtre, mais le prêtre « personne », ils le détestent. Et on comprend pourquoi : l’autorité ne leur plait pas (ils prétendent l’incarner), l’humilité du Christ non plus (eux, ils préfèrent les champions, les croisés, les vainqueurs, les justiciers autoritaires !), ils ont des situations maritales non conforme à l’Église (divorces, homosexualité, concubinage, adultère) ou bien quand ils restent mariés ils n’honorent pas leur mariage. Des élus FN en personne m’ont certifié que les leaders de ce parti détestaient les catholiques (ils trouvent les prêtres trop bavards, et quand ces derniers l’ouvrent trop, ils leur conseillent de se mêler de leurs affaires). Les réactionnaires n’aiment du catholicisme que sa civilisation, que sa puissance autoritaire et punitive, que son statut de contre-pouvoir et de civilisation messianiste justicière.
 

 

9) Neuvième obsession : LA FORME DU RITE, LA LOI. Les réactionnaires font une fixette sur le rite, l’Église-Institution, le dogme, la tradition, l’ordre, la manière de prier. Ils restent dans le code moral, le permis et le défendu, la règle, les fautes : ils ne mangent pas à la table des pécheurs puisque ces derniers « ont fauté » et sont « impurs ». Dans toute situation humaine, ils ne vont voir que les défauts. Au fond, par orgueil, ils confondent la sainteté avec la perfection. Ils mettent le culte au-dessus des Humains qu’il est censé servir. Ils détestent tout élan d’ouverture à l’autre, qu’ils voient comme un dangereux relativisme. Et il ne faut surtout pas leur parler d’œcuménisme (là, c’est le crime de lèse-majesté !). Ils ont fait une fixette sur le Concile Vatican II (1962-1965), comme pour annoncer que c’est le Grand Virage de la Trahison, le moment fatal où tout a basculé. Ils ne démordent pas que le rite et les petites habitudes dogmatiques ont été bousculés voire carrément perdues depuis ce concile. D’où sort cette croyance ? On ne sait pas. Mais ils croient dur comme faire que rien ne sera plus comme avant, que l’Église s’est perdue à jamais, que les bons prêtres n’existent plus, que les jeunes générations de catholiques sont des faux croyants. Ils honnissent le Pape François uniquement parce qu’il est bon : ils le prennent pour un irresponsable, un incompétent, un moderniste, un Antéchrist protestantisé… quitte à idéaliser son prédécesseur, Benoît XVI (alors qu’au temps de ce dernier, ils n’hésitaient pas à le qualifier aussi d’apostat). Comme les pharisiens de la Bible, ils sont très matérialistes, avares, près de leurs sous, même si leur spiritualisme intégral et leur goût de l’esthétisme laisseraient croire le contraire. Ils survestissent sur le matériel pour compenser leurs nombreux manques affectifs. Ils sont très à cheval sur les codes de bienséance, et les codes liturgiques (c’est pour ça qu’ils se laissent flatter par le cardinal Sarah) : ils ont transformé les statues, le rosaire, la médaille miraculeuse, en fétiches, en grigris ; ils se crispent sur la forme (qu’eux qualifieront de tridentine – FSSPX – et d’extraordinaire) de la messe. Ils ne vont pas à la messe pour aimer les autres, mais par devoir moral. Ils sont en général très protocolaires : ils disent les prières bien comme il faut (parfois le rosaire tous les jours), connaissent les phrases qu’il faut dire par cœur, se rendent aux pélés qu’il faut, vont à confesse. Mais c’est superficiel. Car ils ne confessent jamais leur dureté de cœur et leur refus de pardonner. Ils n’ont pas compris que Jésus n’en a rien à faire des prières, des holocaustes et des sacrifices, ou des bonnes manières de le prier. Il veut un cœur broyé, contrit, aimant. Il veut des disciples entourés d’amis.
 

 

 

10) Dixième obsession : LA COMMUNION DANS LA MAIN. En lien avec l’obsession du culte, les néo-pharisiens ont une autre lubie : c’est la communion dans la main. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas le cœur sur la main, finalement. Et je dis ça alors que personnellement, je reçois la communion dans la bouche, et je préfère. Sur les réseaux sociaux, si vous voulez un peu d’animation, vous commencez à brancher les réac’ sur la communion dans la main. Et vous mettrez le feu aux poudres ! En général, concernant l’Eucharistie, les réacs se fixent sur la manière de la recevoir autant (voire plus) que sur l’hostie elle-même. Ils ont besoin de mettre plein de règles, de conditions de bonne réception, de clôtures moralistes et de licences pour délivrer aux autres le « droit de communier » (comme Judas avec l’onction de Béthanie) ou le diplôme de « vrai catholique », de poser des cadres qui les rassurent (missel bilingue latin-langue vernaculaire, messe ad orientem), et surtout qui les placent du bon côté de la barrière du Salut. Deuxième sujet tendax : c’est le port de la soutane ou du col romain. Ils ont fait de la communion un fétiche presque intouchable, désincarné, un dîner privé, une union sans communion. Ils privilégient bizarrement le « sens du sacré » au sacré.
 

11) Onzième obsession : LE MÉCONTENTEMENT. À les entendre, il faut être mécontent et méfiant, récriminer, ronchonner. C’est obligatoire ! La patience, la longanimité, l’humour, la tendresse, c’est pas leur truc. C’est de la faiblesse. Les vrais sourires, c’est pas vraiment le style de la maison. Autant vous dire que dans les rangs réacs, ça ne respire pas la joie de vivre. Ça ne rayonne pas. C’est plutôt sourire crispé. Ou l’air pataud, antipathique et patibulaire d’un Jean-Marie Le Pen. Vous avez déjà vu Marion Maréchal, Charlotte d’Ornellas, les présentateurs de TV Libertés ou Fikmonskov sourire, vous ? Non. Il faut faire la gueule. L’antipathie est la règle. Et leur obsession, c’est de ne pas être ridicule. Moi, par exemple, j’ai fait un truc public ridicule : mon clip « C’est bien gentil ». Eh bien certains réacs voulaient me traîner carrément en procès pour ça, sans rire. Assumer ses limites, le ridicule, accepter d’être pécheur, fautif et fragile, d’être aimé en dehors du mérite, ils ne font pas.
 

Le sourire d’Alain Escada…


 

12) Douzième et dernière obsession : L’ENFER : Pour faire contrepoids au relativisme Bisounours ambiant qui ne parle plus du Salut ni de l’enfer, les réactionnaires se prennent de passion pour l’enfer et n’annoncent plus la Bonne Nouvelle du Salut pour les pécheurs. Par exemple, le secret de Fatima, offrant des visions de l’Enfer, ils ont adoré !! Ils font une véritable fixette sur l’Enfer. En réalité, ils ont une conception très intellectuelle de celui-ci, puisqu’il n’y a pas de vraie connaissance de l’enfer sans l’accès à la Miséricorde et sans la prise de conscience de sa propre misère, sans la compréhension que l’enfer est cerné de Miséricorde. Ils sont à ce point dans le goût de la peur et de la menace, dans le manque d’Amour et dans la fermeture de cœur, qu’ils s’arqueboutent sur le déni de l’enfer. À leurs yeux, on peut nier le paradis, mais surtout pas l’existence de l’enfer !! leur CHER enfer ! Je pense à la récente polémique sur les propos du Pape qui aurait nié l’enfer, le 31 mars dernier. Au fond, je crois qu’ils ont pris l’enfer pour le paradis : je les ai entendu dire que l’enfer est une grâce/don de Dieu (alors que l’enfer est permis par la grâce de Dieu mais n’est certainement pas une grâce de Dieu). Car en réalité, ils tiennent plus à l’enfer qu’au paradis. Eh bien ils s’y dirigent tout droit ! Comme ils placent la Justice à la place de l’Amour, ils sont capables de s’auto-juger (comme ils imaginent que Jésus les juge) et de s’envoyer en enfer pour honorer Jésus, au lieu de se laisser aimer par Lui ! Incroyable.
 
 

Cet article bénéficiera bientôt d’une vidéo sur Youtube, intégrant une série de 15 entretiens tournés en avril 2018 à Lourdes avec la journaliste Nathalie Cardon, et dans le droit fil de mon livre Homo-Bobo-Apo. Voici les articles de chacun d’eux :
 

1 – « Les 11 messages subliminaux diffusés dans l’émission ‘The Voice’ »

2 – « Le Synode des jeunes : la cata »

3 – « Le raz-de-marée de la transidentité » (transsexualité)

4 – « Le Boom des pastorales d’accompagnement des personnes homosexuelles dans l’Église »

5 – « Mylène Farmer, Grande Architecte de la Franc-Maçonnerie gay friendly »

6 – « Pourquoi La Manif Pour Tous est un vrai désastre »

7 – « Pourquoi parler d’homosexualité dans les établissements scolaires est Mission Impossible »

8 – « L’homosexualité dans la série de TF1 Demain Nous Appartient »

9 – « Je me suis ridiculisé publiquement : Comment vivre avec cette honte ? »

10 – « L’Hétérosexualité est la Bête de l’Apocalypse »

11 – « Les 4 armées de la Bataille finale d’Armageddon »

12 – « Visite maçonnique de Macron aux Bernardingues »

13 – « Les 12 obsessions des cathos bobos de la Réacosphère »

14 – « Homosexualité, la priorité niée dans l’Église »

15 – « Définition de la bisexualité »

Décryptage précis de la visite maçonnique de Macron aux Bernardingues (article que les catholiques ne diffuseront pas car ils sont quasiment tous devenus francs-maçons)

 

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1) Le concept du Détect’ Franc-Mac :

J’ai trouvé un super outil de mesure dans mon grenier. Ça s’appelle un Détect Franc-Mac. Vraiment très facile d’usage. Il sonne dès qu’il se trouve en présence d’un franc-maçon, même profane, ou qui s’ignore. Et ce qui est fort, c’est qu’il vous indique le taux de Franc-Maçonnerie d’un texte ou d’un discours dès qu’il repère les 3 lexiques sur lesquels repose toute l’idéologie franc-maçonne :
 

1) Le lexique de la LUMIÈRE-TEXTILE

2) Le lexique de l’ARCHITECTURE ou de la CONSTRUCTION

3) Le lexique de l’HUMANISME INTÉGRAL, basé su l’Humain comme centre de lui-même, sur l’amélioration de l’Homme par lui-même et par ses propres actes de solidarité (l’Humanisme intégral est l’autre nom de la Bête de l’Apocalypse, c’est-à-dire les valeurs du Christ mais sans le Christ)
 

Voilà. Vous tombez sur un de ses trois lexiques, voire les trois, et votre Détect’ Franc-Mac s’allume tout seul ! Comme par magie ! C’est vraiment une excellente idée cadeau pour animer vos soirées entre amis ou en famille.
 

Petit bonus qui peut vous faire gagner un max de points pour le taux de Franc-Maçonnerie : c’est quand, en plus de ces trois lexiques, vous entendez une promotion ouverte de la DIFFÉRENCE en soi, de la diversité, autrement dit une promotion de l’hétérosexualité, et encore mieux, de l’homosexualité. Car en effet, l’hétérosexualité est le pilier idéologique inconscient de la Franc-Maçonnerie. Et les francs-maçons sont tous gays friendly, voire parfois homo-bisexuels pratiquants. Dans la pensée bobo franc-maçonne, la différence, ou l’Autre, est considéré(e) comme un véritable Dieu… en plus d’être un des noms bibliques du diable.
 

Et le gros bonus, c’est quand le mot « franchise » ou l’adjectif « franc » sort. Là, pour vous, ce sera le pactole ! Le Jack Pot ! Votre Détect’ Franc-Mac en explosera presque de joie tellement il sera content d’être tombé sur Super Franc-Mac en personne !
 

Dernier détail avant de vous laisser essayer : pour faire biper votre Détect’ Franc-Mac, pas besoin de pile, ni d’être officiellement initié franc-mac, ou de vous retrouver face à un interlocuteur franc-maçon. Il marche y compris sur les personnes qui se croient opposées farouchement à la Franc-Maçonnerie, qui se disent catholiques, et même sur les évêques et les cardinaux. J’ai testé sur le cardinal Sarah (mon grand copain) : on rigole tous les deux parce que sur lui, le Détect’ Franc-Mac sonne à tous les coups ! Sacré Robert…
 

Vous voulez jouer ? Alors c’est parti !
 

On va s’entraîner sur un événement qui a eu lieu récemment au Collège des Bernardingues à Paris (le 9 avril 2018), et qui fut un cas d’école pour comprendre à quel point la Franc-Maçonnerie s’est infiltrée dans l’Église Catholique actuelle, aussi bien chez les évêques que chez les journalistes pseudo « catholiques » : la visite présidentielle d’Emmanuel Macron, justement, venu pour rencontrer officiellement les représentants de la CEF, la Conférence des Évêques de France.
 

Nous allons passer plusieurs discours au scanner facétieux du Détect’ Franc-Mac… et vous allez voir comment il va s’animer comme un p’tit fou et vous indiquer le taux maçonnique des propos tenus à ce moment-là.

 

2) Les trois petits témoignages de personnes « en vulnérabilité » en préambule des discours de Mgr Pontier et du président Macron :

 

a) Mot d’accueil de Mgr Ribadeau Dumas :
 

 

Le comble de l’hypocrisie du boboïsme catholique franc-maçon, ça a d’abord été le mot d’accueil de Mgr Ribadeau-Dumas (Ribobo-Dumas ?), grand organisateur de l’événement, habillé comme un pingouin ou un chef sommelier d’un Grand Hôtel, qui a annoncé au micro le cocktail qui devait avoir lieu à l’issue des discours : « Nous nous retrouverons autour d’un cocktail que nous avons voulu simple et convivial. » Déjà, quelques jours avant la soirée, sur Famille Païenne, il nous avait le coup du « Ce sera luxueux mais pas trop » : « Il y aura bien des petits fours, mais pas de champagne. » Ouf ! Ça va mieux… J’ai eu peur que ce soit mondain, tout d’un coup !
 

 

Comme dans les galas de charité de la Jet Set, les organisateurs nous ont offert la vitrine « Solidarité » pour se donner bonne conscience juste avant de collaborer avec le Pouvoir du monde. Allez, venez les pauvres et les vulnérables ! On vous aime sur le terrain mais aussi et surtout devant les caméras ! Trois associations catholiques (l’Office Chrétien des personnes HandicapéesOCH), l’Association Pour l’Amitié (APA… pour nous appâter) ou encore la Société de Saint-Vincent-de-Paul, ont ouvert le bal de la soirée des Bernardins. Formidable. Un grand moment d’émotion. Je dirais même ÉDIFIANT et INSPIRANT ! haha. Il ne manquait plus que Aux Captifs la LIBÉRATION
 

b) Témoignage de Samuel Bénard, autiste, et de son frère Florent :
 

 

Le premier témoignage, celui de Samuel Bénard, autiste, et de son frère Florent, a fait littéralement l’unanimité (il était difficile d’arrêter la salve d’applaudissements). Mon Détect’ Franc-Mac aussi a plébiscité !
 

« Je fais partie d’une communauté Foi et LUMIÈRE. » (Samuel) ; « Le PLAN Autisme va sûrement nous aider. » (Samuel) ; « Nous vivons dans un monde bien lisse où la DIFFÉRENCE a trop rarement sa place. » (Florent) ; « C’est l’un des défis que nous lance le handicap : se rassembler, CRÉER du LIEN, grandir ENSEMBLE et continuer à AVANCER malgré tout. Cela a SOUDÉ notre FAMILLE. » (Florent) ; « Trouver des APPUIS et des FORCES NOUVELLES » (Florent) ; « Il y a Foi et LUMIÈRE que tu aimes tant. » (Florent) ; « ces FOYERS de VIE partagée » (Florent) ; « Samuel, tu es un bel exemple de COURAGE et de PERSÉVÉRANCE. À tes côtés, Samuel, j’ai vu BRILLER des TRÉSORS d’HUMANITÉ. » (Florent) ; « Merci. Merci de m’avoir aider à devenir l’HOMME que je suis. Tu es ma fierté. Ma joie. Mon ROCHER. » (Florent à son frère Samuel, dans un vibrant hommage humaniste rocailleux)
 

c) Témoignage de Vanina Desanges et Charles Plumet :
 

 

Ensuite, ça a été la SOCIÉTÉ Saint Vincent de Paul. Là encore, un festival de lumière, de textile, d’architecture et d’humanisme… :
 

« J’ai dit à Charles que j’étais ARTISTE PEINTRE que mon APPARTEMENT était en DÉSORDRE. » (Vanina) ; « Charles a passé des COMMANDES de PEINTURES. Je lui ai fait des TOILES d’apôtres que je ne fais pas d’habitude. » (Vanina) ; « Découvrir L’AUTRE, c’est DÉPASSER sa difficulté. » (Charles) ; « en ouvrant sa PORTE » (Charles) ; « C’est ça qui compte le plus : c’est que les deux S’ENTREMÊLENT dans ma vie : à la fois ce REGARD d’amour et à la fois ce REGARD de CONSTRUCTION qu’on peut avoir TOUS ENSEMBLE. » (Charles) ; « On INVENTE. On INVENTE en permanence des MOYENS pour AVANCER. » (Charles à propos de Vanina).
 

d) Témoignage de Martine Zacharie et Marine Barberot :
 

 

Troisième et dernier témoignage, celui de Martine Zacharie (l’APA, Association Pour l’Amitié) et Marine Barberot : toujours top Franc-Maçonnerie ! (Et ne me qualifiez pas d’ignoble insensible qui ne reconnaîtrait pas la beauté du travail des bénévoles de ces associations sur le terrain : on peut être tout à fait dans une association caritative, fût-elle « d’inspiration catholique », aller à la messe tous les dimanche, être carrément prêtre ou évêque, ET pourtant être franc-maçonnisé !)
 

« J’ai vécu dans la rue à la suite de la perte de mon LOGEMENT. » (Martine) ; « Ils m’ont ouvert leur PORTE. » (Martine) ; « ASSOCIATION ancrée sur la VALEUR de l’AMITIÉ. Les LIENS amicaux, c’est très important entre COLOCATAIRES. » (Martine) ; « retrouver une dimension en tant que PERSONNE, et retrouver sa propre DIGNITÉ » (Martine) ; « J’ai trouvé beaucoup de BIENVEILLANCE et d’AIDE. » (Martine) ; « C’est aussi chacun avec une AUTRE. Ensemble. Pour apprendre à se connaître MIEUX. À vivre une VIE DE FAMILLE, finalement. » (Martine) ; « personnes qui soient mal LOGÉES » (Martine) ; « pas assez de STRUCTURES pour les AIDER, ou de SOUTIEN. » (Martine) ; « poussée par cette CONVICTION qu’il est souvent RICHE de sortir de sa zone de confort, de ne pas se laisser endormir, de NE PAS ACCEPTER L’ORDRE ÉTABLI. » (Marine) ; « On arrive à VIVRE ENSEMBLE les unes avec LES AUTRES. » (Marine) ; « Ce qui me FRAPPE à l’APPART, c’est de vivre ces LIENS d’AMITIÉ, de FRATERNITÉ, qui sont très RICHES, entre les COLOCATAIRES, et qui ÉVOLUENT chaque jour, et qui nous paraissent vraiment FONDAMENTAUX pour l’ÉQUILIBRE de toute PERSONNE HUMAINE quelle qu’elle soit. » (Marine) ; « L’INTUITION de l’APA, c’est vraiment de RÉINVENTER LE VIVRE-ENSEMBLE. En étant CONVAINCU que le PROGRÈS de notre société française RÉSIDE dans la manière dont on fera vivre cette VALEUR RÉPUBLICAINE DE FRATERNITÉ entre nous. » (Marine)
 

3) Discours de Mgr Pontier (ou « Pont-Thiers », ou « Triple Pontage », pour les intimes ^^) :


 

En écoutant Mgr Pontier, le grand chef de la Conférence des Évêques de France, j’ai été vraiment alarmé de l’imprégnation maçonnique qu’il traduisait dans le clergé catholique (il a commencé d’ailleurs exactement comme le discours présidentiel qui l’a suivi, avec la même utilisation de l’adjectif « éclairant »… comme si ces deux discours étaient jumeaux et avaient été pré-rédigés par un seul et même groupe), même si évidemment, le discours de l’évêque fut moins catastrophique que celui de Macron car il collait légèrement plus à la réalité sacramentelle et liturgique catholique… mais à peine plus. On est proche du gros foutage de gueule sincère :
 

« Nous puisons dans la Fête de Pâques une ESPÉRANCE ÉCLAIRANTE qui nous amène à une absolue certitude en la dignité de tout être HUMAIN créé à l’image de Dieu. » ; « Nous avons tous ici une AMBITION COMMUNE ou une responsabilité partagée : celle de contribuer à la QUALITÉ de la VIE COMMUNE dans notre pays. » ; « Notre pays a apporté sa contribution à l’AVANCÉE des IDÉES et à l’avènement de sociétés PLURIELLES. Sa devise ‘LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ’ résonne comme une DYNAMIQUE SAGE et PORTEUSE de BONHEUR, mais aussi comme une TÂCHE toujours à reprendre ou à CONSOLIDER, tellement la RECHERCHE de l’intérêt personnel peut entraver celle du BIEN COMMUN. » ; « Il nous apparaît que regarder en face la fragilité des existences HUMAINES, c’est reconnaître qu’elle n’est pas sans FRUITS, et que même peut-être elle est à l’origine d’un APPROFONDISSEMENT HUMAIN, d’un DÉPASSEMENT de soi qui ouvre à du MEILLEUR. La GRANDEUR d’une SOCIÉTÉ se MESURE à sa CAPACITÉ à ENTROURER les plus fragiles de ses membres. Et c’est à cela qu’on peut la qualifier de plus ou moins HUMAINE. » ; « L’Église catholique considère la famille comme un des PILIERS de la VIE en SOCIÉTÉ. En elle, s’expérimentent l’accueil INCONDITIONNEL de chacun, la fidélité, l’intergénérationnel, les transmissions de VALEURS et le SOUTIEN en TOUTES circonstances. Les Français plébiscitent la FAMILLE parmi les réalités qui leur paraissent ESSENTIELLES. Leur désir est de FORMER une FAMILLE UNIE, PORTEUSE d’AMOUR et d’AFFECTION. » ; « [Soyons attentifs aux] DROITS de l’enfant. » ; « Ce sont nos RELATIONS, nos AFFECTIONS, qui nous permettent de VIVRE. Il y va du caractère HUMAINS de nos SOCIÉTÉS et de nos VIES, de celui de savoir PUISER EN SOI les FORCES de la FRATERNITÉ VÉCUE. La SOCIÉTÉ se doit d’OFFRIR des PERSPECTIVES de VIE, d’AMITIÉ, de TENDRESSE, de COMPASSION, de SOLIDARITÉ. » ; « Les États Généraux de la bioéthique permettent d’EXPÉRIMENTER le DIALOGUE au sein d’une SOCIÉTÉ devenue de plus en plus PLURIELLE. DIALOGUER suppose que chacun puisse s’exprimer et être écouté et que TOUS sachent VIVRE le RESPECT, la TOLÉRANCE, la compréhension MUTUELLE. Durant le siècle précédent la société française a su trouver les CHEMINS de l’APAISEMENT. Le PRINCIPE de la LAÏCITÉ de l’État a permis à la séparation des Églises et de l’État de trouver la JUSTE manière de VIVRE ENSEMBLE dans le RESPECT légitime des DIFFÉRENCES. » ; « L’AVENIR se BÂTIRA dans la CONFIANCE, le RESPECT, L’AMOUR DU PAYS ou alors il s’enfermera dans des rejets dangereux incapables d’OFFRIR une VIE PAISIBLE et bénéfique pour tous. Ces contextes nouveaux ne doivent pas conduire à se méfier les uns des AUTRES mais à se connaître MIEUX. Habités par des CONVICTIONS DIVERSES, en particulier religieuses, nous devons PUISER dans nos TRADITIONS pour y retrouver LE MEILLEUR de ce qu’elles PORTENT : l’AMOUR du FRÈRE, l’HOSPITALITÉ, la fraternité. S’agissant des religions, nous EXPÉRIMENTONS au PLAN national la possibilité de la RENCONTRE dans le RESPECT, l’interpellation et l’ACTION COMMUNE. C’est ENSEMBLE que SE CONSTRUIT une nation, qu’elle VIT, S’ENRICHIT, DÉPASSE LES CLICHÉS. » ; « Il s’agit pour nous, Église catholique, de PRENDRE notre PART dans l’avènement d’une SOCIÉTÉ JUSTE, FRATERNELLE et SOLIDAIRE grâce au DYNAMISME et à l’ENGAGEMENT de nos fidèles ACTIFS dans la VIE de la SOCIÉTÉ. Je veux saluer ici les représentants des ASSOCIATIONS et SERVICES d’Église qui ont un rôle si important dans la CONSTITUTION d’un TISSU SOCIAL OUVERT À TOUS. Nous PORTONS le souci du BIEN COMMUN. » ; « Il faut oser le reconnaître : le mot ‘ÉGALITÉ’ de notre devise RÉPUBLICAINE est loin d’avoir donné toute sa MESURE. » ; « C’est à partir des BESOINS des plus pauvres que pourra SE BÂTIR une nation FRATERNELLE, JUSTE et SOLIDAIRE. » ; « Le Pape François, dans son encyclique ‘Laudato Si’ a développé le concept de ‘MAISON COMMUNE’, explicitant que tout est LIÉ et que nous sommes TOUS LIÉS les uns aux AUTRES. Ainsi pouvait-il écrire au numéro 194 ‘Un DÉVELOPPEMENT TECHNOLOGIQUE et ÉCONOMIQUE qui ne laisse pas un monde MEILLEUR et une QUALITÉ DE VIE INTÉGRALEMENT SUPÉRIEURE ne peut pas être considéré comme un PROGRÈS.’ » ; « Le Pape nous rappelle que si tout est LIÉ, l’économie est AU SERVICE DE L’HOMME parce que C’EST L’HOMME QUI EST AU CENTRE DE TOUT. » (Ah bon ? Moi, j’croyais que c’était Jésus… Excusez-moi…) ; « Il nous faut trouver les issues POLITIQUES seules PORTEUSES D’AVENIR. » (C’est vrai que le temporel est supérieur au spirituel… hum hum…) ; « On ne saurait oublier la place de ceux qui y TRAVAILLENT et qui sont appelés par ce TRAVAIL à DÉPLOYER LEUR HUMANITÉ en trouvant un SENS à leur TRAVAIL. LA QUESTION DU SENS EST AU CŒUR DE NOTRE VIE SOCIALE : avec d’AUTRES, nous pensons qu’une partie de la réponse se trouve dans le DON DE SOI, dans la gratuité d’une RELATION, dans un AMOUR PARTAGÉ, un ACCUEIL LARGE. » ; « ENSEMBLE nous pourrons faire en sorte que l’ACCUEIL de celui qui frappe à notre PORTE, fasse l’objet d’un CONSENSUS dans l’OPINION PUBLIQUE et pas uniquement dans le MONDE ASSOCIATIF. Permettez-moi d’ajouter que le nombre de MINEURS, isolés et fragilisés nous touche profondément, nous AUTRES et nous. Trop de repli sur soi ou de peurs entretenues empêchent l’ÉLABORATION de PROJETS SOLIDAIRES, ACCUEILLANTS et RAISONNABLES. Nous savons que cet objectif nécessite l’ENGAGEMENT DE TOUS, POUVOIRS PUBLICS, TISSUS institutionnels, ASSOCIATIFS et aussi INDIVIDUELS. Bien des GÉNÉROSITÉS existent dans notre pays qui ne demandent qu’à S’EXERCER. De nombreux jeunes adultes sont sensibles à ce drame et sont prêts à VIVRE des TEMPS D’ACCUEIL, de SOLIDARITÉ et de FRATERNITÉ. » ; « Les COMMUNAUTÉ chrétiennes du Moyen Orient sont indispensables à la PAIX, à la RENCONTRE, et au RESPECT de TOUS. Notre pays a une tradition de SOUTIEN de ces populations. Il a un rôle majeur à tenir dans la recherche de la PAIX et de la JUSTICE. » (Mgr Pontier sait-il qu’un catholique ne défend que la « Paix de Jésus » et non « la Paix » du monde ?) ; « [Nous voulons] d’une nation qui n’a pas peur de ses COMPOSANTES ; d’une nation qui permet aux LIBERTÉS INDIVIDUELLES de S’EXPRIMER et qui le fait en faisant RESPECTER par TOUS le souci du BIEN COMMUN et celui de l’ORDRE PUBLIC ; d’une nation qui a suffisamment CONFIANCE EN ELLE-MÊME pour ASSUMER sa DIVERSITÉ ; d’une nation encore qui ESPÈRE en sa jeunesse, lui fait CONFIANCE et lui offre les MEILLEURES CHANCES pour sa FORMATION et son AVENIR ; d’une nation OUVERTE sur les AUTRES pays et qui sait PROMOUVOIR des ALLIANCES CONFIANTES. Dans cette VISION d’une NATION OUVERTE et APAISÉE, loin de la violence véhiculée par certains, notamment grâce à l’anonymat des RÉSEAUX sociaux, les MÉDIAS ont un rôle éminent à jouer pour mettre en valeur non seulement la face dramatique mais aussi la FACE MAGNIFIQUE DE NOTRE MONDE. Ils sont aujourd’hui une VRAIE FORCE, un ATOUT pour entretenir un débat FRUCTUEUX et CONSTRUCTIF pour notre pays. » ; « L’Église catholique donne à voir le visage d’une communauté aux MULTIPLES VISAGES, de TOUTES origines, LIÉES à tous les continents. » ; « Notre foi religieuse exige cette OUVERTURE et nous ENGAGE dans le SERVICE des HOMMES. Nous aimons ce temps qui est le nôtre et avec tous ceux qui le souhaitent nous nous EMPLOYONS à le RENDRE PLUS FRATERNEL et PLUS JUSTE. Je saisis cette occasion pour lancer un appel : celui de nous ENGAGER avec DÉTERMINATION et CONFIANCE dans une MEILLEURE CONNAISSANCE les uns des AUTRES et dans l’OUVERTURE aux AUTRES de chacune de ses COMPOSANTES. Et s’il faut désigner un ORDRE de priorité, je propose de commencer par AMÉLIORER le SORT des plus fragiles, parce que c’est ainsi que SE CONSTRUIT et S’APPROFONDIT la CONFIANCE EN LA NATION. » (Euh… la confiance en Jésus, on s’en bat ?…) ; « Le Colonel Arnaud Beltrame nous a montré de quoi est CAPABLE L’ÊTRE HUMAIN quand il est HABITÉ par l’IDÉAL DE DÉFENDRE SON PAYS et celui de savoir faire face aux situations les plus inattendues qui nécessitent un CHOIX DÉCISIF. DONNER SA VIE ET DONNER LA VIE SONT LES PLUS GRANDES CHOSES DE L’EXISTENCE. » (C’est écrit où dans la Bible, ça ? Jésus a subordonné cette maxime à sa propre personne, je crois.)
 

Pour se justifier de s’abaisser à l’idéologique franc-maçonne de l’humanisme intégral, Mgr Pontier a cité également l’encyclique L’Amour dans la Vérité (2009) du Pape Benoit XVI, où il est question d’encourager « de manière radicale la possibilité même d’un développement humain intégral ». Et la seule opposition molle à l’homosexualité, qu’il n’a même pas le courage de nommer, il l’a faite sur le mode évasif (« Nous nous sommes exprimés déjà sur tous ces sujets et le ferons encore » : Ah bon ? Quand avez-vous traité d’homosexualité à la CEF ?) ou sur le mode interrogatif (« Faut-il aujourd’hui permettre que la loi prive des enfants de père ? Est-ce bien raisonnable ? ») Waouh… super impressionnant. Macron, preux défenseur de « toutes les familles », de la « dignité à offrir aux plus fragiles et à tous les enfants », preux défenseur de « l’Amour », peut trembler face à une menace pareille…
 

À noter que dans le discours de Mgr Pontier, il semble très important de PUISER (Mais quel puits il creuse ? Pas celui de l’Eau vive, visiblement. Plutôt le puits CCFD…), de manger des FRUITS (les fruits reviennent souvent dans ses mots), ainsi que d’OFFRIR (Pour la prochaine campagne de pubs du denier du culte, il pourrait poser pour un slogan genre « L’Église : le plaisir d’offrir » : ça serait une bonne idée. Le problème, c’est que c’est la personne du Christ que tout catholique se doit d’offrir : pas des cadeaux ni des dons ni des « valeurs évangéliques à transmettre » ni son temps, ni même sa propre vie ! C’est la vie du Christ, bon sang !). Mgr Pontier insiste aussi beaucoup sur le mot « Dynamisme »… mais il semblerait que ce soit plutôt l’énergie électrique de la dynamo… et non la force fragile du Christ en Croix (d’ailleurs, lui comme Macron se contrefichent de Jésus, qu’ils n’ont même pas cité une seule fois). Tout comme le président de la République, Pontier est très attaché au verbe « porter » qu’il répète plusieurs fois, et semble aspiré à la tranquillité (« la paix », « l’apaisement » sont des mots qu’il utilise fréquemment), à la « qualité de vie » (ça colle vachement bien avec le Chemin de Croix, ça… ou bien la maison de retraite…). Enfin, je vois qu’il a une forte tendance à confondre la « foi » avec la « confiance »… or la foi est la confiance en Jésus et aux autres : la confiance toute seule, on ne sait pas à qui elle fait « confiance », justement !
 

4) Discours de Macron :


 

Si le discours de Mgr Pontier constituait un bon marche-pied, le discours de Macron aux Bernardingues, était un monument (c’est le cas de le dire !) franc-maçon, qui a fait exploser le compteur du Détect’ Franc-Mac !
 

Tout d’abord, sur le lexique LUMINO-TEXTILE, il a été imbattable : « âge d’or », « surplomb », « parenthèse dorée », « argent », « éclairante », « éclairage », « éclairer notre société », « riche », « enrichir », « ressorts », « ardente », « brûlent », etc. Lucifer, c’est l’ange de lumière qui porte la lumière. Le verbe porter/apporter a été cité 20 fois. Et « les anges » ont également été cités. Ensuite, Macron nous a parlé 8 fois d’une « force », 6 fois d’une « énergie », 8 fois du « regard » et des « yeux », 5 fois d’une « tension » ou « intensité », 3 fois d’une « flamme » dont il n’a évidemment pas décliné l’identité. « Cette flamme commune dont je parlais tout à l’heure à propos d’Arnaud Beltrame fait partie de notre histoire et de ce qui toujours a guidé notre pays. Le retrait ou la mise sous le boisseau de cette lumière n’est pas une bonne nouvelle. » On se serait cru face à un alchimiste dans son laboratoire : « instille », « forgés » (2 fois), « mutation », « transforme » (2 fois), « conversion » (3 fois). Macron a beaucoup insisté aussi sur les « racines » (mot répété 7 fois), la « sève » (2 fois), sur les « liens » (3 fois) : « entrelacées », « attaché », « attachement », « liant », « la déchirure », « défait », « connecter », « démêler », « L’étoffe même de la nation menace de se déchirer », « réparer », « l’Union Sacrée », « dialogue », « l’alliance », « la main qui se tend », « tendre la main », « croiser », etc. Et les liens, contrairement aux sacrements, sont précisément le type d’attaches qui enserrent les âmes humaines aux démons. Le discours de Macron, aussi excessif que cela paraisse à première vue, avait tout l’air d’un pacte luciférien.
 

 

En y regardant bien, on peut facilement se rendre compte de ce qui s’est passé réellement aux Bernardins lundi dernier : c’était un envoûtement faustique collectif. Macron s’est pris pour le Christ. Faites une recherche du nombre d’occurrences dans son discours des Bernardins des mots « chemin » (6 fois), « vérité » (6 fois), « vie » (29 fois) ! Il a laissé entendre implicitement qu’il était « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6). Et les 3 « dons » (mot cité 12 fois) demandés aux catholiques, qui au départ m’ont fait pensé aux trois fées de la Belle au bois dormant avec l’histoire de la quenouille de Maléfice et des 3 dons, était en réalité une parodie sincère de crèche républicaine, où Manu s’est placé au centre des rois mages lui offrant l’or, l’encens et la myrrhe (le mot « crèche » est d’ailleurs sorti). Il a joué le grand Seigneur, a remplacé la grâce par le don, et a coupé le don offert aux catholique de son donateur, Jésus. C’est aussi grave que ça.
 

 

En plus, en se penchant de plus près, ces demandes de dons sont en réalité une manière démagogique et infantilisante de nous imposer les choses en ayant l’air de nous honorer : « Le premier don que je vous demande est celui de l’humilité du questionnement, un questionnement non injonctif. » = traduction « Je vous demande de fermer votre gueule » ; « Et la première liberté dont l’Église peut faire don, c’est d’être intempestive. » = traduction « Soyez des rebelles… à votre propre Église ! » J’exagère ? Pas du tout. Alors que le catholicisme est fondé sur le renoncement (à soi-même, au mal), Emmanuel Macron a appelé, comme il l’avait fait devant le Conseil de l’Europe, à suivre (je cite) « l’Esprit de renoncement ». Et aux Bernardins, il a fait de même avec les catholiques : à 5 reprises, il a exhorté à ne « jamais renoncer » : « La première liberté dont l’Église peut faire don, c’est d’être intempestive. » Son discours était luciférien, antéchristique et anti-catholique. Comme par hasard, Macron n’a jamais cité une seule fois le nom de Jésus, qui est pourtant le maître des catholiques. Pour lui, de toute façon, Jésus n’est pas Dieu.
 

Un gros cube, un p’tit cube, c’est l’heure que Macron t’entube


 

Poursuivons avec le deuxième lexique macronien maçonnique qui est identifié lundi par le Détect’ Franc-Mac : celui de l’ARCHITECTURE et de la CONSTRUCTION : « plan », « tenue », « mur », « une architecture », « artistique », « peinture », « cet agir technique », « évolution technique », « centres », « résidence », « héberger », « habitent », « centres d’hébergement », « reconstruire », « socle », « aux marches de la République », « ne restez pas au seuil », « pétrissent le temporel », « poids », « matière », « la trace », « gravée », « repères », « schémas », « établir des règles », « comme un tremblé au sens pictural du terme », « modèle », « creuse », « creusé », « au creux », « profond » (6 fois), « le trésor véritable de chaque citoyen », « enfoui », « soulever », « œuvre » (3 fois), « projet », « restaurer », « vivre de son travail », « redresser la dignité la plus fondamentale », « l’inauguration », « l’exercice », « changer les pratiques », « fortifiée », « j’ai fixé », « point fixe », « stabilité », « équilibre » (répété 3 fois), « ce trait commun », etc. Les francs-maçons tiennent beaucoup à cette idée de lignée, de droiture, de rectitude, de verticalité pyramidale. Dans une interview accordée au JDD le 12 février 2017, Macron déclarait ceci par rapport à sa conception de l’autorité divine : « Comment se construit le pouvoir charismatique ? J’ai toujours assumé la dimension de verticalité, mais, en même temps, elle doit s’ancrer dans de l’immanence complète de la matérialité. Je ne crois pas à la transcendance éthérée. »
 

Aux Bernardins, le mot « construction » a été répété 6 fois par le président, le mot « fondation » 12 fois. Macron s’est visiblement pris pour un chef de chantier maçonnique, pour Pharaon ou encore le grand maître-potier Judas : « Le politique et l’Église partagent cette mission de mettre les mains dans la glaise du réel. », « Le travail que vous accomplissez n’est pas un pis-aller, mais une part du ciment même de notre cohésion nationale. » ; « C’est à un travail de refondation auquel il nous faut, ensemble, nous atteler. » ; « Ne renoncez pas à la République que vous avez si fortement contribué à forger. Ne renoncez pas à cette Europe, dont vous avez nourri le sens. Ne laissez pas en friche les terres que vous avez semées. Ne retirez pas à la République la rectitude précieuse que tant de fidèles anonymes apportent à leur vie de citoyen. » Et les chefs catholiques présents étaient tout flattés et frétillants d’être traités comme des ingénieurs, d’être responsabilisés et investis d’une mission de construction qui n’est pas la construction de l’Église. Honte à eux se s’être laissé enfumer, corrompre, ce soir-là !
 

La Franc-Maçonnerie se caractérise par un fort corporatisme autour des arts et des métiers (de la pierre en particulier) : et Macron, dans son discours, n’a pas arrêté d’y faire mention : « bâtisseurs de cathédrales », « coopération », « activités de travailleurs », « l’action associative », « fraternité », « associations » (6 fois), « le travail partagé », « des mouvements comme l’Œuvre d’Orient », « refondateurs », « Inventeurs » (2 fois), « mineurs », « ingénié », etc.
 

Le projet de Macron, même s’il s’habille de spiritualisme messianiste (il a parlé 3 fois de « Mission ») et de références catholiques (le Pape actuel et les grands penseurs catholiques sont abondamment cités : pas les saints, comme par hasard…), est purement pragmatique, froid, matérialiste et réaliste : le mot « réalité » est sorti rien moins que 19 fois, le mot « action » 13 fois, le mot « travail » 14 fois, le verbe « faire » 19 fois, le mot « devoir » 9 fois (les Compagnons du Devoir sont d’ailleurs connus pour être devenus une loge franc-maçonne), le mot « règles » 5 fois ! Macron, c’est vraiment l’Exécutant, l’Architecte-bulldozer qui est là pour exécuter une tâche, bâtir un monument. Avec ou sans nous. Et qu’on le veuille ou non.
 

Le bâtiment qu’Emmanuel Macron ambitionne de construire avec l’Église Catholique « de » France, plus que la République qu’il décrit souvent comme une maison ou un palais, plus que l’Europe (mot qu’il emploie 11 fois), c’est l’Humanisme intégral, l’autre nom de la Bête de l’Apocalypse, comme l’explique à très juste raison le frère Samuel, exorciste bénédictin. Macron parle par exemple de (je le cite) « graver dans le réel ce qui doit être le premier devoir du politique, à savoir la dignité de l’homme ». Les mots que Macron a les plus employés dans son discours de lundi étaient « politique » (48 fois), « engagement » (44 fois) et « Homme » (30 fois). Et en plus des concepts humanistes ineptes hérités des Lumièressolidarité », « espoir », « chance », « idéaux », « tolérance », etc.), il y en a un qui plaît beaucoup à notre Empereur jupitérien : c’est celui de « Sens », mot répété 16 fois, et qui a retenu mon attention. « L’Église est cette source qui fait de la question de la quête, le cœur même du sens. » « Nos fins communes sont la dignité et le sens. » (Hmmm, ça m’étonnerait, ça…) En passant avec mon pote Kocelia aux Bernardins l’après-midi qui a précédé la conférence, j’ai vu que les catholiques francs-maçons avaient installé une expo centrée sur la « Quête de sens » (merci Radio Notre-Drame…). À noter au passage que la « quête » est un leitmotiv de la Franc-Maçonnerie. J’dis ça, j’dis rien…
 

Dans son discours, Macron a repris également à son compte des vocables appartenant à la base au registre catholique, mais pour les vider de Jésus : « chrétiens » (9 fois), « catholique » (39 fois), « Église » (32 fois), « dignité » (10 fois), « esprit », « souffle » (il parle du « souffle de l’Histoire » mais il ne précise pas de quel esprit il s’agit, évidemment, car ce n’est pas le Saint Esprit !), « espérance », « vie », « mystère » (« ce mystère de l’humanité qu’on appelle la sainteté »), « sacrifice » (3 fois), « martyr », « une théologie humaine ». En bouche de Macron, les saints sont magiquement remplacés par les « héros » (mot répété 3 fois).
 

Enfin, dans son discours aux Bernardins, notre président s’est carrément fait le chantre de la Franc-Maçonnerie (en soutenant par exemple que l’héroïsme du colonel Arnaud Beltrame, mort récemment en donnant sa vie en l’échange d’une otage, s’était autant inspiré de son catholicisme que – je cite – « nourri par son parcours maçonnique » : tout serait finalement une question de points de vue…). D’ailleurs, Macron a fait lundi soir l’éloge des concepts-phare de la Franc-Maçonnerie mondiale : l’« imaginaire » (qui est en réalité l’un des noms du mal, comme l’a démontré fort justement Sartre), « l’amélioration » (concept cité 4 fois), la « Révolution » (idéologie adorée des illuminati laïcistes et républicanistes), la « connaissance » (concept gnostique qu’il a valorisé quand il a parlé d’« accroître la connaissance mutuelle des peuples »), le « devenir » (concept deleuzien et soixante-huitard), l’héraldique et le symbolisme (toute la Franc-Maçonnerie repose sur l’hermétisme et le symbolisme : dans son discours, Macron a employé les mots « symboles », « signes », « emblème »), le « Temps » (Macron a utilisé 19 fois le terme, et n’oublions pas qu’il s’autoproclame « Maître des Horloges »), le « Destin » (toute la mystique franc-maçonne repose sur une conception romantique et platonicienne de l’existence humaine… et Macron a hérité de ce fatalisme cynique et mélodramatique puisqu’il voit le monde sous forme de – je cite – « théâtre d’ombres », et qu’il a parlé explicitement du « retour du tragique ». D’ailleurs, pas aux Bernardins mais récemment, il commence de plus en plus à se justifier laconiquement de conduire la France vers une soi-disant « inévitable » Troisième Guerre mondiale, sous prétexte que notre pays a vécu 70 années de paix, qu’elle en a bien profité, mais que ça s’éternise trop et qu’à un moment donné, pour retrouver l’ordre, l’équilibre et la pureté, et nettoyer tout le désordre, il faudra que ses compatriotes consentent à en passer par une phase de chaos bien méritée. Ordo ab chaos, comme dirait l’autre…).
 

En parlant de l’Autre, justement – et je finirai par là mon analyse du discours de Macron aux Bernardins –, Emmanuel Ier y fait mention en tant que « personne » à 8 reprises, quand même ! : « Ils attendent tout de l’autre. », « la part effrayante de l’autre », « des familles où l’un croit et l’autre non », etc. En bouche de Macron, l’Autre prend principalement 2 visages : 1) l’islam (et en plus, à en croire monsieur le président, nous, catholiques, sommes censés lui faire bon accueil : je le cite « Je range la volonté de l’Église de renforcer le libre dialogue avec l’islam dont le monde a tant besoin. ») ; 2) l’hétérosexualité (et ses synonymes : « diversité », « disparité » « pluralisme », « toutes les minorités », « de mille manières », « les universels », et bien sûr, « homosexualité » : il a trouvé le moyen de placer sa défense des « familles homosexuelles » entre guillemets).
 

 

Je vous dis : mon Détect’ Franc-Mac a explosé suite au discours des Bernardins. Pourtant, il était tout neuf. J’aurais peut-être pas dû le prendre avec mes gants blancs aussi… j’suis trop conne, aussi.
 

 

À part ça, Mgr Ribadeau-Dumas, le père Grosjean, le père Burgun, Jean-Pierre Denis et Gérard Leclerc, ont trouvé le discours présidentiel « remarquable »… Ils ne sont pas du tout rentrés en Franc-Maçonnerie…

 

5) L’emballement des médias catholiques et la complicité des évêques :

Ce discours des Bernardingues était juste un exercice de style où Macron a manié tous les concepts francs-maçons de construction de soi par la bonne intention (constructive, solidaire, spiritualiste) et par une énergie lumineuse que serait l’Homme. Et comme nos évêques et nos journalistes ont refusé d’écouter ceux qui analysent le jargon de la Franc-Maçonnerie, effectivement, par orgueil, ils sont devenus eux aussi aveugles. Ils ne sont pas contents qu’on leur révèle leur naïveté, mais elle est réelle !
 

KTO, la télé « catho » du Système


 

Ce qui me choque, c’est d’abord la quasi unanimité que le président a générée autour de lui, auprès des catholiques ordinaires, des prêtres, des évêques et les journalistes cathos y compris gauchos. Véronique Margron et compagnie étaient tous enthousiastes. Les seules critiques négatives qu’il a eues ont porté sur les intentions prêtées (séduction et récupération des cathos) ou sur la méfiance (« Il dit ça mais on verra dans les faits. Restons prudents », « Il n’a pas traité des problèmes de fond… Ne tuons pas l’ours avant de l’avoir tué… »), mais pas des critiques du contenu. Le caractère antéchristique, satanique et maçonnique, pourtant criant, de l’événement n’a pas été identifié, ni dénoncé (à part par Jeanne Smits : bravo à elle). Les rares esprits critiques ont vu la flatterie, mais pas sur quoi elle repose (la Franc-Maçonnerie). Cet aveuglement est en grande partie dû à la justification massive des catholiques de l’hétérosexualité et de l’Union Civile, donc de l’homosexualité (cf. mon livre Homo-Bobo-Apo). Et là, je peux vous dire que l’Église Catholique rentre dans sa plus grande nuit.
 

Les bobos lyonnais (pléonasme) étaient là !


 

Au sujet de la très corrompue petite caste des journalistes pseudo « catholiques » (KTO, Famille Chrétienne, Aleteia, Radio Notre-Drame, le Salon Beige, pour ne citer que les principaux organes de presse), la quasi majorité d’entre eux sont devenus fous. Et la conférence des Bernardins constitue un formidable cas d’école pour s’en rendre compte. Ils sont allés jusqu’à qualifier les paroles de Macron de « prophétiques », comme Gérard Leclerc sur France Catholique, d’« historique » et d’« inspirée » (je cite) : « La réponse du Président fut portée par une INSPIRATION dont on cherchera en vain l’analogue dans l’histoire de la République française. ». Beaucoup de médias catholiques (Tugdual Derville, le blog de Koz Toujours, Famille Païenne par exemple) ont modéré mollement leurs propos, pour ne pas passer pour des excités, mais c’était tout comme. Ils ont joué les indifférents, ou ont parlé d’autre chose que de ce qu’il s’était dit. Vatican News a évoqué « un tournant relativement positif pour les relations entre Église et État ». Jean-Pierre Denis, dans La Vie, a déclaré que « le discours du président fera date », que « les Bernardins ouvrent l’ère de la considération », et que, je cite, « les LIENS sont variés ». Ça, c’est sûr… y’a du lien dans l’affaire !
 

 

Certains journalistes et prêtres, sans s’en rendre compte, sortent les mots-clés « FRANC» et « SINCÉRITÉ » qui hystérisent mon Détect’ Franc-Mac. Par exemple, le journal La Croix a salué, je cite, « un dialogue FRANC entre l’Église et le chef de l’État aux Bernardins ».
 

 

L’abbé Pierre-Hervé Grosjean, du Padreblog, dans Le Figaro, a applaudi, je cite, la « sincérité des mots (souvent remarquables) prononcés » par Macron, « un discours FONDATEUR », « un DIALOGUE authentique, FRANC et exigeant », et chante les « LIENS » tissés avec le pouvoir maçonnique (il tient à sa carrière, dans tous les sens du mot) : « Créer ou recréer, RECONSTRUIRE du LIEN est une priorité pour tout élu en CHARGE du bien de ses concitoyens. » ; « Les catholiques sont bienveillants et ils veulent CONSTRUIRE. » On va lui décerner le diplôme du « Meilleur Curé Franc-Mac de l’Année », à lui ! Ou de lèche-cul. La CEF, quant à elle, s’est targuée sur son site officiel, d’avoir, je cite, « contribué à la CONSTRUCTION d’un PROJET de société dans la suite du document ‘Dans un monde qui CHANGE, retrouver le SENS du politique’ ».
 

La langue de bois s’étend à tous les étages. C’est nouveau, dans les sphère cathos, d’employer, pour euphémiser la réalité, ou pour couver des personnes fragiles de bonnes intentions et les instrumentaliser, de rajouter partout des « en vulnérabilité » (expression entendue sur KTO), « en fragilité » (expression entendue sur RCF), « en situation de précarité et de fragilité » (expression de la CEF), « en vérité », « en (toute) amitié », « en chasteté », « en sainteté », « en humanité » ? Toutes ces périphrases composées de l’adverbe pronominal « en… » suivi d’un nom commun qui finit en « -té » ? Je vous promets que lorsque j’ai écrit ma série de livres des « en Vérité », ce n’était pas encore à la mode. Il en manque néanmoins une essentielle : « en mondanité » !
 

Le boboïsme, pareil, s’impose : la majorité des évêques, pour sauver leur peau, pactisent avec le monde, mais ne veulent surtout pas se le voir reflété. Ils deviennent mondains, sans l’assumer. Juste avant la soirée, Mgr Olivier Ribadeau Dumas, secrétaire général de la CEF en charge de l’événement, cité précédemment, a promis que ce serait « la LUMIÈRE de Pâques qui allait ÉCLAIRER cette soirée. Pas celle des ‘sunlights’. » Un jour avant la conférence, il confiait au micro de RCF : « Le FIL directeur sera sans doute celui de la place de la vulnérabilité et de la fragilité accordée au cœur d’une société. Je pense que ce sera l’un des thèmes importants et qui a des RAMIFICATIONS dans un certain nombre de sujets. » Et à la revue La Vie, il a déclaré ceci : « Les catholiques, par l’Évangile même, sont invités à vivre dans cette société PLURIELLE. À part le RÉSEAU de l’école, c’est l’Église qui a le plus grand MAILLAGE territorial. Elle incarne une volonté de DIALOGUE. » Visiblement, avec Ribadeau, c’est souvent de la haute couture ! Pour Mgr Pontier, « l’essentiel est de FORTIFIER la présence des chrétiens en France. Rencontrer le président de la République est une occasion d’EXPRIMER des CONVICTIONS qui nous viennent de l’Évangile. Nous sommes des citoyens DIVERS qui veulent FAIRE LA FRANCE. » L’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, a réagi lui aussi en parfait initié : « Nous voulons montrer au président la spécificité catholique, à savoir notre REGARD sur le plus vulnérable. Chaque témoin dira le bien du LIEN qui le RELIE à L’AUTRE. Ce LIEN FRATERNEL nous CONSTRUIT surtout quand il s’agit des PERSONNES les plus fragiles qui ont une VALEUR. Ce n’est pas un vague discours HUMANISTE ! » (Non, c’est sûr, c’est pas du tout un discours humaniste… LOL. Quand allez-vous ouvrir les yeux ???) ; « Dans le discours de l’Église, le 9 avril, il y aura des choses très CLAIRES sur l’éthique et sur la nécessité de la TRANSCENDANCE. » ; « Les Bernardins constituent un espace INSCRIT dans l’Histoire et DOTÉ de tous les INSTRUMENTS MODERNES. »
 

Et une fois la soirée petits fours (sans champagne !) passée, les avis des journalistes, des prêtres et des cardinaux sont restés tout aussi inchangés et francs-maçons. Samuel Pruvot, dans Famille Païenne, a été pris d’une extase mystique foudroyante : « Que la LUMIÈRE soit ! » a-t-il écrit. Il a reconnu dans le discours présidentiel, je cite, « le SOUFFLE d’une intervention CHARPENTÉE ». Préalablement à la soirée, il avait interviewé Philippe de Roux, porte-parole du jeune mouvement politique Refondation (ça ne s’improvise pas !), ainsi qu’un catholique proche de LR, au discours très lumineux : « Le président pourra invoquer avec le TALENT que nous lui connaissons le RAYONNEMENT et le TRAVAIL merveilleux des catholiques, l’ESPRIT évangélique, le nouvel élan INSUFFLÉ par le pape François, d’une Église OUVERTE vers l’AVENIR et donc vers le PROGRÈS. Les participants, à coup sûr, auront des ÉTOILES dans les YEUX ! »
 

Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers, membre du conseil permanent de la CEF, n’a pas fait mieux. Le lendemain de la conférence, il s’est réjoui que l’Église ait organisé cette soirée de « RÉSEAU », pour « RENOUER » avec la nouvelle classe politique. Le père Stalla-Bourdillon, aumônier des parlementaires au Service Pastoral d’Études Politiques (SPEP), a, de son côté, filé la métaphore architecturale : « Emmanuel Macron a mis la BARRE assez haut, à nous d’être à son NIVEAU. Il a appelé les catholiques à RÉVEILLER la CONSCIENCE du politique. Ce n’est pas, je crois, un discours politicien. Il en va de notre rôle dans l’ÉDIFICATION de notre corps social. Bref, ce discours est INSPIRANT. »
 

Sur RCF, Mgr Giraud, archevêque de Sens et d’Auxerre, a dit exercer sa « vertu de prudence ». En fait, il ne s’est pas prononcé, sous prétexte qu’il lui faudra du temps pour décanter. Il n’a rien dénoncé, a trouvé le discours de Mgr Pontier « bien préparé », « mesuré », « montrant que l’Église contribue au Bien commun ». L’esbroufe habituelle, quoi. Quant au discours présidentiel, il l’a qualifié de « relativement équilibré ». Et juste après, concernant la dernière exhortation du Pape François sur la sainteté, il a versé dans le prose le plus maçonnique qui soit : « Le Pape nous aide à DÉVELOPPER notre propre CHEMIN, à mettre en LUMIÈRE le MEILLEUR de nous-mêmes. J’ai beaucoup apprécié tout ce qu’il a dit sur avoir une mystique LUMINEUSE. »

 

Moi, je vous le dis : on n’est pas dans la merde ! Et avec un tel aveuglement en interne, l’Église Catholique est au bord d’un Schisme sans précédent, puisque la grande majorité de ses membres s’est franc-maçonnisée.
 
 

Cet article bénéficiera bientôt d’une vidéo sur Youtube, intégrant une série de 15 entretiens tournés en avril 2018 à Lourdes avec la journaliste Nathalie Cardon, et dans le droit fil de mon livre Homo-Bobo-Apo. Voici les articles de chacun d’eux :
 

1 – « Les 11 messages subliminaux diffusés dans l’émission ‘The Voice’ »

2 – « Le Synode des jeunes : la cata »

3 – « Le raz-de-marée de la transidentité » (transsexualité)

4 – « Le Boom des pastorales d’accompagnement des personnes homosexuelles dans l’Église »

5 – « Mylène Farmer, Grande Architecte de la Franc-Maçonnerie gay friendly »

6 – « Pourquoi La Manif Pour Tous est un vrai désastre »

7 – « Pourquoi parler d’homosexualité dans les établissements scolaires est Mission Impossible »

8 – « L’homosexualité dans la série de TF1 Demain Nous Appartient »

9 – « Je me suis ridiculisé publiquement : Comment vivre avec cette honte ? »

10 – « L’Hétérosexualité est la Bête de l’Apocalypse »

11 – « Les 4 armées de la Bataille finale d’Armageddon »

12 – « Visite maçonnique de Macron aux Bernardingues »

13 – « Les 12 obsessions des cathos bobos de la Réacosphère »

14 – « Homosexualité, la priorité niée dans l’Église »

15 – « Définition de la bisexualité »

Rendre hommage à l’héroïsme n’a rien d’héroïque

Atterré par ceux qui n’ont le petit « courage » que de rendre hommage à ceux qui ont eu le grand. Ça, pour féliciter, ils sont là. Pour comparer au Christ et décerner des couronnes d’héroïsme, ils sont là. Pour auréoler leur virilité chérie et les vertus de bravoure, de devoir, de service, d’engagement, de don de soi, de martyre, ils sont là. En revanche, pour le courage de se rendre impopulaires pour la Vérité (en défendant par exemple le pardon des meurtriers, en prenant le parti non des victimes mais des assassins, en disant des paroles qui leur feront risquer leur carrière), là, il n’y a plus personne ! Quelle bande de petits faux-culs. Et tous les « catholiques » qui relaient leurs vibrants hommages, idem : vous n’avez le courage que de suivre la masse. Trèbes de plaisanterie !
 

Applaudir celui qui est déjà sauvé (Arnaud Beltrame), à quoi bon ??… si ce n’est pour « faire bien » aux yeux du monde et correspondre aux convenances mondaines, rentrer dans la valse des condoléances. Prier pour le Salut de l’âme de celui qui menace d’être perdu, à savoir Redouane Lakdim, est hautement plus urgent. Prier pour la conversion des Occidentaux, aussi. L’affliction sur le péché « des autres », ou sur les victimes, est facile, est donnée à tous (c’est même franc-maçon puisque la Franc-Maçonnerie voue un culte aux HÉROS… pour gommer la sainteté). Le pardon, la compréhension des intentions justicières de l’islam, de la dimension eschatologique du terrorisme musulman, la remise en question personnelle de notre responsabilité dans la tuerie de Trèbes, est beaucoup plus héroïque que la salve d’applaudissements « pour héroïsme » et le concert des pleureuses/des émus. Arrêtez de rendre hommage ou de partager les hommages vibrants, bon sang ! VOS GUEULES ! Réfléchissons sur le terrorisme et aimons nos ennemis. Nos amis ont déjà leur Récompense.
 

Rendre hommage à l’héroïsme n’a rien d’héroïque. Certains porte-parole pseudo « cathos » feraient bien de méditer cette dernière phrase.
 

 

 

 

 

Vieille prière pour les bourreaux (prière des chrétiens araméens d’Irak et de Syrie depuis quelque 1500 ans), transmise par une amie : « Nous supplions, Seigneur, ta miséricorde pour tous nos ennemis, pour ceux qui nous haïssent et pensent à nous faire du mal, non pas pour que tu nous venges d’eux et les condamnes, mais pour que tu aies pitié d’eux et pardonnes leurs péchés; pour qu’ils aient le salut, parce que tu veux que tous les êtres humains soient sauvés et parviennent à connaître la vérité. Car tu nous as donné ce commandement par ton fils bien aimé, notre Seigneur Jésus-Christ, de prier pour nos ennemis, pour ceux qui nous haïssent et pour ceux qui nous déportent par tyrannie. »

Top 24 des phrases les plus stupides que j’ai entendues de la bouche des catholiques concernant l’homosexualité (et malheureusement, la liste n’est pas exhaustive…)


 

Voici mon Top 20 des phrases les plus stupides que j’ai entendues de la bouche des catholiques concernant l’homosexualité (et malheureusement, la liste n’est pas exhaustive…)
 

1 – « La différence est une richesse. »
 

2 – « L’hétérosexualité doit être respectée et défendue comme la structure d’amour et de famille la plus épanouissante pour l’être humain, comme l’a fait l’Église Catholique jusque-là. »
 

3 – « Grâce à nos vulnérabilités, nous sommes plus forts. »
 

4 – « L’Union Civile est ce qui permettra d’éviter le mariage gay. »
 

5 – « Je défends la vie, de sa conception jusqu’à sa mort naturelle. »
 

6 – « Je suis de droite. »
 

7 – « L’homosexualité, c’est de l’Amour quand même. »
 

8 – « L’Église accueille suffisamment les personnes homosexuelles et a déjà dit l’essentiel sur l’homosexualité dans le Catéchisme. »
 

9 – « En tant que catholiques, nous devons lutter contre toute forme de discriminations. »
 

10 – « Le mariage est une réalité naturelle, et c’est un homme et une femme. » ; « Une famille, c’est un papa, une maman et un enfant. »
 

11 – « Le problème du mariage gay, c’est qu’il prive l’enfant d’un de ces deux parents biologiques. »
 

12 – « Tout enfant a besoin d’être conçu et élevé par ses deux parents biologiques, a le droit de connaître ses origines. »
 

13 – « Il ne faut plus parler d’hétérosexualité et d’homosexualité. Cela réduit l’être humain à ses comportements sexuels. Nous devons parler de sexualité tout court. D’humanité. » ; « Personne ne se réduit à sa sexualité. »
 

14 – « Je crois en la complémentarité homme-femme. »
 

15 – « Le lobby gay est une terrible dictature idéologique qui s’impose même aux personnes homosexuelles elles-mêmes. »
 

16 – « Nous devons défendre un monde de Paix, de justice, où l’Homme est au centre, et en particulier les plus fragiles. »
 

17 – « Le problème posé par le mariage gay, c’est surtout l’enfant. Et le fait de donner légalement le mot ‘mariage’. »
 

18 – « L’homophobie n’existe pas. C’est un mot de la novlangue pour victimiser les personnes homosexuelles et imposer une censure dans les débats. C’est un alibi et un piège fallacieux. »
 

19 – « Les catholiques, dans leur ensemble, ne sont pas homophobes. »
 

20 – « L’homosexualité est une blessure, voire une impasse, une maladie, un péché grave. »
 

21 – « Qui suis-je pour juger ? »
 

22 – « Nous devons défendre nos racines chrétiennes, notre culture ; nos valeurs et notre identité catholiques. »
 

23 – « Nous ne sommes pas francs-maçons puisque nous sommes contre la Franc-Maçonnerie. »
 

24 – « Nous devons proposer un accompagnement aux personnes homosexuelles, les appeler à la chasteté et à la sainteté. »
 
 

Je pense que je répondrai et corrigerai chacune de ces bêtises lors de ma prochaine conférence, en Belgique, le 19 mars prochain.

Les catholiques : pas homophobes ?

Les catholiques : pas homophobes ? Vous n’osez plus nous regarder dans les yeux tellement vous pouvez avoir honte de nous avoir méprisés. Pourtant, vous connaissez notre importance, notre influence sociale, notre statut d’alibis humains de toutes les lois transhumanistes que soi-disant vous combattez. Pourtant, vous savez qu’en société on vous renvoie toujours le « mariage gay » à la figure. Mais vous faites la sourde oreille, parlez d’autre chose, de l’enfant, de la Vie, de bienveillance et d’humilité. Vous vous dites catholiques mais du catholicisme, vous n’avez que la façade rituelle. Vos médias chrétiens recrachent du Femme Actuelle, remplacent le Ciel par le SIEL. La Vérité, c’est que vous êtes homophobes, au moins par peur de l’homosexualité, au pire par rejet et condamnation des personnes homos. Même si le mot « Homophobie » vous fait ricaner. Vous vous êtes servis du combat contre le « mariage gay » pour vous offrir un parti politique, un livre, une télé, une carrière, un simulacre de martyre. Mais vous êtes des imposteurs. Et vos amis homos planqués, tout autant. Vous avez méprisé le discours sur l’homosexualité, l’homophobie et même les personnes homos qui s’exposent, en nous regardant comme des extra-terrestres ou des dangereux qui vous disaient des choses soi-disant « incompréhensibles ». Les rares que vous avez « accueillies », c’est pour nous victimiser et nous faire taper sur la pseudo « dictature du lobby gay » à votre place. Vous, les pro-Vie, êtes de beaux salauds, qui condamnez autant que justifiez la pratique homo privée, pour ne pas aimer les personnes homos ni l’Église Catholique. Vous ne nous annoncez pas de Bonne Nouvelle ni ne nous écoutez : vous préférez nous proposer un « accompagnement » (Courage International), en pensant que ça suffit, et pour mieux nous faire taire, pleurer sur nous, et nous cacher (avec notre complicité) comme des hontes. Vous allez payer. Non par nous, mais par votre honte et par les anges de Jésus.
 

Dessin de Nawak en 2013

Les cathos coulent aux États Généraux de Bio-éthique à cause de leur homophobie

Je vois sur les réseaux sociaux les catholiques pro-Vie se faire complètement couler dans les échanges sur les États Généraux de Bio-éthique uniquement parce qu’on leur renvoie à la figure l’homosexualité et que eux la méprisent en la niant et en niant sa primauté dans les débats. Finalement, bien fait pour eux. Ils ne font que récolter les fruits de leur homophobie et de leur refus de nous écouter. Je regarde impuissant leur dégringolade.

 

Veo en las redes sociales a los católicos pro-Vida que se están cayendo de cara al suelo en los intercambios sobre los Estados Generales de Bioética en Francia sólo porque les arrojan en la cara la homosexualidad y que ellos la desprecian negándola y negando su primacía en los debates. Finalmente, se lo han buscado. Tan sólo cosechan los frutos de su homofobia y de su rechazo a escucharnos. Soy testigo (impotente) de su hundimiento…
 

Grand écart

En ce moment, j’ai l’impression de faire le grand écart entre les cathos « light » ou carrément rigides qui accueillent trop ou pas assez les personnes homos, et puis les nombreuses personnes homosexuelles qui ne veulent pas remettre en cause leur pratique de l’homosexualité et ne veulent pas renoncer à leur foi en l’amour homo en tant qu’équivalent d’amour femme-homme.

 

Civitas : pas cathos

CIVITAS, ils ne sont pas cathos. Non parce que nous les cathos le voudrions, mais bien parce qu’eux le veulent et s’écartent eux-mêmes de l’Église. Comme de parfaits pharisiens, ils se désignent d’ailleurs « laïcs » et nous trouvent trop « mous » et « gentils ».

 

Cathos secs

Ce qui me coupe l’appétit, m’agresse et me navre, c’est le catho sec. Celui qui ne t’adresse pas la parole aux mariages, qui ne te regarde pas dans les yeux, qui ne t’écoute pas, qui ne rigole que très rarement, qui ne s’intéresse pas à toi (même quand tu as une vie objectivement consistante), qui ne te pose des questions sur toi qu’à partir du moment où il apprend que tu es mélomane (musique classique, bien sûr), que tu es né dans la bonne famille (à particule), que tu connais son milieu social, que tu as des tas de diplômes, que tu as SES références culturelles, que tu commences à être connu, que tu sais danser le rock, que tu es militaire (croyant pratiquant, ça marche à peine pour lui, parce qu’il y a aussi des « cathos beaufs » et des « pauvres types » dans l’Église, malheureusement…). Il se comporte en général en homme puriste, élitiste, misogyne, raciste, homophobe, sectaire, imbus de lui-même. Il est catho sur le papier, par la « race » et le CV, mais pas dans la vie. Le catho sec est désespérant parce qu’il donne une image faussée des vrais catholiques, qui eux ne se servent pas de Dieu pour haïr les autres. En ce sens, c’est, pour reprendre le bon jeu de mots de mon ami Charles Vaugirard, un parfait « étouffe-chrétiens » ! Et à ce jour, cela va peut-être vous surprendre, mais je l’ai rencontré beaucoup plus souvent parmi les jeunes femmes que parmi les hommes. (Et parfois, je peux l’incarner quand j’oublie d’aimer… C’est pour ça que j’essaie de l’aimer, et d’aimer tous les chrétiens.)