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Code n°139 – Patrons de l’audiovisuel

patrons

Patrons de l’audiovisuel

 

 

NOTICE EXPLICATIVE :

 

Pédé-G

 

Laurent Ruquier

Laurent Ruquier


 

Le désir homosexuel a toujours été fortement intriqué avec les sphères du pouvoir audiovisuel : radio, télévision, journaux, photographie, cinéma, publicité. Étant un désir déréalisant, davantage fondé sur le fantasme d’être objet et le paraître que sur le Réel, cela peut se comprendre. Rien d’étonnant non plus que la majorité des personnages gays et lesbiens des fictions travaille dans le monde des arts, exerce des métiers de l’audiovisuel (publiciste, maquilleur, réalisateur, acteur, présentateur télé, etc.), et soit aux manettes des médias. Sans pour autant dire que le cliché est complètement applicable au monde réel, ni que « les gens du show-biz en sont tous ! » (car la soi-disant « mafia LGBT infiltrée dans le monde des images » n’est autre que la mafia hétéro-bisexuelle : les personnes homosexuelles sont instrumentalisées et minoritaires dans l’histoire), force est de constater que la communauté homosexuelle semble avoir pris d’assaut quelques hauts postes de l’audiovisuel, et que cette occupation est partiellement vérifiable à travers la propagande pro-amour-asexué qu’on nous sert en ce moment dans beaucoup d’émissions et dans la presse populaire.

 
 

N.B. : Je vous renvoie aux codes « Promotion ‘canapédé’ », « Bobo », « Milieu homosexuel infernal », « Artiste raté », « Homosexuels psychorigides », « Homosexualité, vérité télévisuelle ? », « Actrice-Traîtresse », « Reine », « Passion pour les catastrophes », « Photographe », « Bergère », « Maquillage », « Fan de feuilletons », « Télévore et Cinévore », « Musique comme instrument de torture », à la partie « Divin artiste » du code « Pygmalion », et à la partie « Grands Hommes » du code « Défense du tyran », dans le Dictionnaire des Codes homosexuels.

 
 

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FICTION

 

a) Aux manettes du pouvoir médiatique :

PATRONS Doris Darling

Pièce Doris Darling de Ben Alton


 

Dans les fictions homo-érotiques, il n’est pas rare que certains personnages homosexuels travaillent dans les médias et occupent un poste important de direction/de création : cf. le film « Le Cas d’O » (2003) d’Olivier Ciappa, le film « Je t’aime toi » (2004) d’Olga Stolpovskay et Dmitry Troitsky, le film « La Mala Educación » (« La mauvaise éducation  », 2003) de Pedro Almodóvar, le film « J’en suis » (1997) de Claude Fournier, le film « Sugar Sweet » (2001) de Desiree Lim, le film « Grande École » (2003) de Robert Salis, le film « L’Homme qui venait d’ailleurs » (1976) de Nicolas Roeg, le film « Like It Is » (1998) de Paul Oremland (avec le producteur de disques), le film « People Jet Set 2 » (2003) de Fabien Ontoniente, le film « Oh ! My Three Guys » (1994) de Derek Chiu (avec les publicitaires), le roman Les Dix Gros Blancs (2005) d’Emmanuel Pierrat, le film « Le Goût des autres » (1999) d’Agnès Jaoui, le film « The Producers » (« Les Producteurs », 1968) de Mel Brooks (présentant le milieu artistico-médiatique comme rempli de folles tordues), le film « Play It As It Lays » (1972) de Frank Perry, le film « Billy’s Hollywood Screen Kiss » (1998) de Tommy O’Haver, la pièce Une Cigogne pour trois (2008) de Romuald Jankow (avec Paul, l’animateur radio), le roman Michael Tolliver est vivant (2007) d’Armistead Maupin (avec Nate), le film « The Box » (1975) de Paul Eddey, le film « Mamá Es Boba » (1997) de Santiago Lorenzo, le film « Behind The Red Door » (2002) de Matia Karrell (avec le publicitaire joué par Kiefer Sutherland), le film « Working Girls » (1986) de Lizzie Borden, le film « Woman On Top » (2000) de Fina Torres, le film « L’Anniversaire » (2005) de Diane Kurys, le one-man-show Comme son nom l’indique (2008) de Laurent Lafitte (avec Claude le publiciste), le film « Gay » (2004) de Tom Six, le film « El Grito En El Cielo » (1998) de Félix Sabroso et Dunia Ayaso, le film « Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ! » (1982) de Coline Serreau, le film « Clean » (2003) d’Olivier Assayas, le film « My Loving Trouble 7 » (1999) de James Yuen, le film « Amos Gutman, Filmaker » (1997) de Ran Kotzer, le film « L’Immeuble Yacoubian » (2005) de Marwan Hamed, la pièce Nietzsche, Wagner, et autres cruautés (2008) de Gilles Tourman (avec la réalisatrice Leni Riefenstahl), le film « Hammam » (1996) de Ferzan Ozpetek (avec Mehmet), la pièce À plein régime (2008) de François Rimbau (avec Luc travaillant dans le monde cinéma), le roman Gaieté parisienne (1996) de Benoît Duteurtre (avec Nicolas le directeur d’un journal), le film « Taxi Zum Klo » (1980) de Frank Ripploh (avec Bernd le directeur de cinéma), le film « Une Journée particulière » (1977) d’Ettore Scola (avec Gabriele le présentateur radio), le one-woman-show Paris j’adore ! (2010) de Charlotte des Georges (avec François-Pierre, le publiciste homo), le one-man-show Changez d’air (2011) de Philippe Mistral (avec Jean-Hugues, le journaliste homo), le film « Potiche » (2010) de François Ozon (avec Jérémy), le film « Devil Wears Prada » (« Le diable s’habille en Prada », 2006) de David Frankel, le film « Hunger Game, La Révolte : Partie 2 » (2015) de Francis Lawrence (avec le présentateur télé efféminé Caesar Flickmann), etc.

 

« Les People, ils sont tous devenus folles. » (cf. la chanson « Les People » de Marianne James) ; « J’avais des paillettes, du chauve-business. J’avais envie de ça. » (Zize, le travesti M to F du one-(wo)man-show Zize 100% Marseillaise (2012) de Thierry Wilson) ; « C’est quoi, la Rumeur n°1 dans le show-biz ? C’est l’homosexualité. » (Anthony Kavanagh dans le one-man-show Anthony Kavanagh fait son coming out, 2010) ; « Oh ! Mais laisse allumé, bébé. Y’a personne au contrôle. Et les dieux du radar sont tous ‘out’, et toussent et se touchent et se poussent, et se foutent et se broutent. » (cf. la chanson « Mathématiques souterraines » d’Hubert-Félix Thiéfaine) ; « Si on est gays, on attire les médias, et donc les producteurs. » (Dzav et Bonnard dans leur pièce Quand je serai grand, je serai intermittent, 2010) ; « À peine entrées dans le hall du théâtre, nous comprîmes que nous n’étions pas les seules à avoir reçu le message. Les ‘folles’ les plus élégantes de la ville avaient répondu à l’appel. […] Je sentais une certaine tension dans la salle. Je désignai à Sylvia les célébrités du monde artistique, généralement agglutinées en petits groupes et les mécènes de la grande industrie avec leur camarilla de chorégraphes, de décorateurs et de stylistes de mode, frangés d’une guirlande de mannequins au regard d’aveugle. » (Laura, la narratrice lesbienne du roman Deux femmes (1975), p. 91) ; « Cette connasse n’a pas capté que j’étais pédé comme Ruquier. » (Max, en aparté, la pièce 1h00 que de nous (2014) de Max et Mumu) ; « J’appelle Polly, elle me dit qu’elle est trop trop heureuse, qu’elles ont créé une boîte de production audiovisuelle, avec Claude, qu’elles l’ont appelé PoClauLesbo Production, ça la fait rire. » (Mike, le narrateur homosexuel parlant de son amie lesbienne Polly et de Claude la copine de celle-ci, dans le roman Des chiens (2011) de Mike Nietomertz, p. 59) ; « Oh la la… Y’a vraiment beaucoup de pédés là-bas ! » (Laurent Violet se référant au monde des médias, dans son one-man-show Faites-vous Violet, 2012) ; « J’pensais que c’était la fête à mon cul, dans le [monde du] spectacle ! » (Rodolphe Sand imitant une femme hétéro mère porteuse, dans le one-man-show Tout en finesse , 2014) ; « [Jean-Pierre] Foucault, il est pédé ! » (Arnaud Ducret dans son one-man-show Pareil… mais en mieux, 2010) ; etc.

 

Par exemple, dans le film « Keep The Lights On » (2012) d’Ira Sachs, Erik, le héros homosexuel, réalise des reportages destinés à la télé. Dans la pièce Doris Darling (2012) de Ben Elton, Doris, l’héroïne lesbienne, est directrice des programmes et animatrice d’un talk-show télé ; son grand jeu, c’est d’outer tous ses collègues présentateurs. Dans le film « Miss Congeniality » (« Miss Détective », 2001) de Donald Petrie, Vic, homosexuel, est le relookeur officiel – et le producteur officieux – du concours de Miss États-Unis ; et pendant la diffusion télé de ce programme national, deux membres de la prod, qui sont lesbiennes et travaillent derrière les caméras, en profitent pour faire leur coming out et s’insurger contre l’invisibilité lesbienne dans les mass médias. Dans la pièce Foot-ball (2008) de Christian Rullier, les journalistes sont associés spontanément aux personnes homosexuelles : « Y’en a qui font les pissotières… d’autres qui font les vestiaires… » dit le suspicieux entraîneur de foot. Dans la pièce Nous deux (2012) de Pascal Rocher et Sandra Colombo, Bernard, le héros homosexuel, est l’archétype du bobo parisien snob, travaillant à la télé (il est concepteur de jeux télévisés) et dans la mode ; lassé de sa carrière médiatique, il se recycle dans la direction artistique du camping de Saint Pierre-la-Bourg. Dans la pièce La Mort vous remercie d’avoir choisi sa compagnie (2010) de Philippe Cassand, Georges de la Ferrinière, le présentateur-télé, est homo… et il se trouve que son fils Éric l’est également ! Dans le film « L’Immeuble Yacoubian » (2006) de Marwan Hamed, Zaki, le personnage homo, est éditeur en chef d’un grand journal. Dans le roman La Vie est un tango (1979) de Copi, Silberman est le chef du journal La Crítica. Dans le one-man-show Au sol et en vol (2014) de Jean-Philippe Janssens, Jeanfi, le steward homo, travaille comme assistant-télé de Stéphane Plaza, présentateur d’une émission sur M6 qu’il présente comme un « hétéro très homo ». Dans la pièce Ma belle-mère, mon ex et moi (2015) de Bruno Druart et Erwin Zirmi, Julien, le héros bisexuel, est un célèbre présentateur télé : « Ça a commencé à marcher pour moi à la télé. » Dans le film « Entre amis » (2015) d’Olivier Baroux, Astrid, en pleine croisière, reçoit des coups de fil de son meilleur gay, qui travaille dans la publicité. Dans la biopic « Life » (2015) d’Anton Corbijn, le producteur Jack Warner menace James Dean de se tenir à carreau : « Si tu n’es pas un bon garçon, je te baiserai. » Dans le film « Carol » (2016) de Todd Haynes, Thérèse, l’héroïne lesbienne, travaille comme reporter au Times. Dans le film « Demain tout commence » (2016) d’Hugo Gélin, Bernie, homosexuel, est producteur de films d’action à Londres. Dans le film « La Folle Histoire de Max et Léon » (2016) de Jonathan Barré, Eugène, le publiciste de propagande pétainiste, est particulièrement efféminé.

 

En général, ces chefs de programme tentent d’influencer leur téléspectateurs et de leur imposer  leurs conceptions pulsionnelles et asexualisées de la sexualité : « Nous [Télé-Lune] allons séparer nos chers spectateurs en mâles, femâles et transexuâles. » (la speakerine du JT de Télé-Lune, dans la pièce La Nuit de Madame Lucienne (1986) de Copi)

 
 

b) Des hommes qui commandent le monde de l’image mais pas leur propre vie :

Film "In & Out" de Frank Oz

Film « In & Out » de Frank Oz


 

Le problème de ces oligarques homosexuels des médias, c’est qu’ils vivent leur vie par procuration avec leur propre image, ou à travers leur empire télévisuel. Cela les précipite au mieux dans la schizophrénie et la dépression, au pire dans la mort : « Je ne suis pas un gentil mais un malade. C’est le show-biz ma maladie. » (Peter Malloy, présentateur télé et homosexuel, dans le film « In & Out » (1995) de Frank Oz) ; « Je ne savais pas que, en trois jours, je ferais le tour complet de tous ceux qui tirent les ficelles du monde gay. J’ai eu un véritable dégoût pour toute cette clique. » (Ashe, l’un des héros homos du roman Riches, cruels et fardés (2002) d’Hervé Claude, p. 234) ; « Le problème, c’est qu’on n’a rien pour alimenter le compte Twitter… » (Jean-Jacques, le chef de la bande des Virilius, dans la pièce Les Virilius (2014) d’Alessandro Avellis) ; etc.

 

Par exemple, la pièce En circuit fermé (1994) de Michel Tremblay dresse le portrait du monde impitoyable des médias, et de la lutte de pouvoir qui s’y joue ; certains personnages-requins, tels que Sonia, essaient de freiner l’ascension inéluctable du futur président de la télé, Nelligan Bougandrapeau, qui se révèle être homo : « Ce qu’il nous faut pour mener une chaîne de télé, c’est une bonne poigne. Pas un poignet cassé. »

 
 

FRONTIÈRE À FRANCHIR AVEC PRÉCAUTION

 

PARFOIS RÉALITÉ

 

La fiction peut renvoyer à une certaine réalité, même si ce n’est pas automatique :

 
 

 

a) Aux manettes du pouvoir médiatique ? :

Difficile de le nier : la visibilité homosexuelle, et les figures de proue de celle-ci, sont présentes et réelles dans l’espace médiatique mondial actuel. « Notre société est devenue tolérante à l’égard de l’homosexualité, au point que celle-ci est devenue un atout dans certains milieux, comme celui des médias, de la mode ou de la culture. » (Élizabeth Montfort, Le Genre démasqué (2011), p. 81) ; « Sous l’apparence constitutionnelle de la liberté d’expression, les clones ont conquis le pouvoir des médias et se sont attribué le pouvoir de contrôler les sources d’information. » (Philippe Guillaume, La République des clones, 1994) ; « Rupaul est une sorte de gourou, de Dalaï Lama pour la communauté homo. Mais il y a beaucoup d’hétéros qui regardent aussi. » (Rich Juzwiak, homosexuel, parlant de l’émission de télé-réalité transsexuelle aux USA Rupaul’s Drag Race, dans le documentaire « Tellement gay ! Homosexualité et Pop Culture », « Inside » (2014) de Maxime Donzel) ; etc.

 

14 juillet 2013 à Paris (soi-disant clin d'oeil à Desmond Tutu et à sa "Nation Arc-en-ciel")

14 juillet 2013 à Paris (soi-disant clin d’oeil à Desmond Tutu et à sa « Nation Arc-en-ciel« )


 

Par exemple, pendant le Jeu de la Vérité, on demande à la comédienne Alice Sapritch « pourquoi elle ne fréquente que des homos ». Elle répond : « Dans nos métiers, il y a beaucoup d’homosexuels. »

 


 

La forte intrication entre homosexualité et leadership audiovisuel ne date pas d’hier. « L’un des plus célèbres de ces bars, le Mikado, était fréquenté par des membres du gouvernement et des patrons à la recherche de mousses en goguette. » (Philippe Simonnot parlant d’un établissement allemand dans les années 1920-30, dans son essai Le Rose et le Brun (2015), p. 30) Je vous renvoie à l’émission Zone interdite de Pascal Lebovici et d’Édouard Duchâtenet consacrée au marketing gay, et diffusée sur la chaîne M6 en 1998. Par exemple, dans les années 1970 en France, Lucien Jeunesse, était homosexuel et animateur du Jeu des 1000 francs sur France Inter. Dans son autobiographie Down There On A Visit (L’Ami de passage, 1962), Christopher Isherwood raconte comment il a travaillé dans le cinéma, à Hollywood (Californie) dans les années 1940. Dans ses mémoires (Palimpseste – Mémoires, 1995), Gore Vidal parle d’« Alla Nazimova, une actrice sombre et au pouvoir presque intolérable qui régnait sur le monde lesbien d’Hollywood, qui englobait, d’après mes sources fiables, la quasi-totalité des stars féminines ou des épouses des stars » (p. 436).

 

Yves Mourousi

Yves Mourousi


 

En France, un certain nombre de présentateurs de Journal Télévisé de grande audience ont été ou sont homosexuels : Bruno Masure, Yves Mourousi, Hervé Claude, etc. Côté animateurs populaires, on a aussi ce qu’il faut (et à présent, ils s’en cachent de moins en moins) : Marc-Olivier Fogiel, Laurent Petitguillaume, Éric Galliano, Laurent Ruquier, Stéphane Bern, Frédéric Mitterrand, Magloire, Pascal Sevran, Philippe Verdier, Dave, Christophe Beaugrand, Jean-Marc Morandini, Jean-Pierre Koffe, Xavier Bettel (actuel Premier ministre luxembourgeois, et ancien présentateur télé), peut-être Yann Barthès, etc. « Je suis hétéro et homo… hétéromo ! Les animateurs c’est comme les anges, ça n’a pas de sexe ! » (l’animateur homosexuel Olivier Minne, au micro de RMC en août 2014)

 

En arrière-boutique, dans les hauts postes de responsabilité médiatique, les patrons homosexuels se sont bien installés aussi. On retrouve des personnes homosexuelles en particulier dans les métiers du management de l’image : Pierre Bergé (ex-PDG de Yves Saint Laurent et de la revue Têtu), Bertrand Mosca (directeur des programmes de France 3 et directeur général de Netgem Medias Services), Jean-Paul Potard (PDG Société Jean-Paul Gaultier), Marc Tessier (PDG de France Télévision), Michel Guy (vice-président de la chaîne de télévision La Sept et vice-président du Festival d’Avignon), Jeffrey Schmalz (sous-directeur du New York Times en 1990), Guy Black (président de la Press Complaints Commission), Michael Bishop (PDG de British Midland), David Geffen (propriétaire de label de musique et co-fondateur de Dreamworks), Pascal Houzelot (président de Pink TV), Jean-Paul Cluzel (président de Radio France), Jean-Jacques Aillagon (PDG de TV5, conseiller du groupe Artemis), Donald Potard (PDG des maisons Ungaro Europe et Castelbajac), etc.

 

Certains sont même devenus ministres de la culture : Jean-Jacques Aillagon, Jack Lang, Frédéric Mitterrand…

 

Ce n’est pas une tendance spécifiquement française. Rien que dans le monde hispanophone (Espagne et Amérique Latine prioritairement), plein de présentateurs et de directeurs de chaîne de la télé/revue sont homos : Jesús Vázquez (sur Telecinco), Jorge Javier Vázquez (créateur du « néo-réalisme télévisuel »), Boris Izaguirre (présentateur), Alfonso Llopart (réalisateur de Shangay Express), Miguel Ángel López (directeur de la revue homo Zero), Jordi González (présentateur). Idem en Angleterre et aux États-Unis : Kristian Digby (sur BBC Choice), Graham Norton (sur Channel 4), Paul O’Grady (sur Channel 4), Brendan Courtney, Antony Cotton (sur ITV1), Ellen DeGeneres (possédant une émission à son nom), Stephen Fry, Claire Balding (présentatrice des sports), Gok Wan (le flamboyant animateur), Jane Hill (sur la BBC), Sue Perkins (sur la télé britannique), Anderson Cooper (présentateur-vedette de CCN), Mary Portas, Craig Revel Horwood (l’un des jurés du Danse avec les stars de la BBC), Eileen Gallagher (productrice), Sir Cameron Mackintosh (producteur), Alice Arnold (présentatrice sur BBC), Pratibha Parmar (réalisatrice), Jane Czyzselska (éditrice du magazine lesbien DIVA), Steve Blame (sur MTV), Tim Cook (PDG d’Apple), etc.










 

Les animateurs batifolent même parfois ensemble. Et si ça ne s’est pas encore fait, ils prétextent que c’est « parce que ce n’était pas le bon moment » ou « par incompatibilité d’agenda » : « J’ai toujours trouvé Steevy plutôt mignon. Je crois qu’au moment où lui aurait été plutôt enclin à le faire, je n’étais pas disponible, parce que je vivais en couple et que j’étais fidèle. Puis quand j’ai été libre, ça faisait plusieurs années qu’on travaillait ensemble, et lui ne se voyait pas coucher avec son patron. […] On nous a tellement fait chier avec ça, l’un et l’autre, que c’est devenu risible. […] On a le projet de monter un jour ensemble sur scène et de faire un spectacle qui s’appellerait ‘Ils vont enfin coucher ensemble ! Comprenez que le seul obstacle a été… cette incompatibilité d’agenda. » (Laurent Ruquier parlant de Steevy, son petit protégé, dans l’interview suivante)

 

Le fait d’être aux commandes des médias permet à certaines personnes homosexuelles de ressentir l’orgueil du sophiste, du tribun de la Plèbe, du Pygmalion : « Plus qu’ailleurs, chez les homos, […] l’homosexualité peut devenir une fierté, une sorte de coterie d’élus à qui appartiennent les arcanes de la belle vie. Les relations sont faciles, et on fait des rencontres, parfois de personnes importantes qu’on n’aurait jamais connues ailleurs. Et on voyage, on court le monde et les fêtes, on ressent un certain orgueil à savoir vivre mieux que les autres, à être à l’avant-garde de tout, d’un milieu qui a tant de créateurs, à être en quelque sorte le fer de lance de la civilisation. » (Sébastien, Ne deviens pas gay, tu finiras triste (1998), p. 35) ; « La nature féminine se transforme sous le crayon des créateurs de mode. […]  Ils entraînent l’humanité consentante vers des corps de femmes sans seins ni fesses, sans rondeur ni douceur, des corps de mec, longs et secs. Ce sont leurs fantasmes que les créateurs de mode imposent à l’humanité, leurs fantasmes d’homosexuels (puisque l’énorme majorité d’entre eux le sont), qui rêvent davantage sur le corps d’un garçon que sur celui d’une femme. […]  Aujourd’hui, les jeunes filles, toujours au bord de l’anorexie, se fabriquent un corps de garçonnet pour plaire à des créateurs homosexuels qui n’aiment pas les femmes, qui les considèrent comme de simples ‘portemanteaux’, et les terrorisent pour quelques grammes de trop. » (Éric Zemmour, Le Premier Sexe (2006), pp. 19-20) ; etc.

 

Cela dit, il ne faut pas croire que les personnes homosexuelles dirigent le Monde, ni même le monde médiatique. Ça, c’est une illusion d’optique dans laquelle beaucoup d’intellectuels (par ailleurs très sérieux), d’hommes politiques un peu paranos, tombent en ce moment, parce qu’ils essaient de comprendre la popularité et la démocratisation fulgurante de la thématique homosexuelle sur nos petits écrans : « Forts de l’efficacité et de l’audience que leur assurent la complaisance des médias, la complicité de personnalités influentes, le soutien de leaders et de partis politiques, notamment de gauche, une minorité de marginaux homosexuels et toxicomanes, remarquablement organisés, ont lancé une puissante campagne pour faire passer dans le droit non écrit, sous la pression, la légalisation objective de leurs perversions et de leurs déviances. » (Ernest Chénière, le député RPR, dans le journal Le Monde du 14 décembre 1993) ; « L’émission du Sidaction a été une mystification de première grandeur, une escroquerie nationale dont l’objectif réel était de conférer officiellement aux comportements contre nature un statut de normalité. Puissance des ‘copinages’ médiatiques au service d’une certaine pornographie, puissance du lobby homosexuel, volonté de celui-ci de se dédouaner de toute responsabilité dans l’extension de la pandémie. » (Thomas Montfort, Sida le vaccin de la vérité (1995), p. 51-52) ; « Le lobby gay et lesbien, est très actif dans les médias et dans les lieux de pouvoir, comme les partis politiques. » (Élizabeth Montfort, Le Genre démasqué (2011), p. 30) ; etc. Ce n’est pas parce qu’une minorité des personnes homosexuelles – minorité elle-même instrumentalisée par un lobby hétéro-bisexuel beaucoup plus invisible et puissant qu’elle, qui s’en sert de chair à canon démagogique et de rideau à fleurs rose pour occulter son propre despotisme – se retrouve à des postes décisionnels de large visibilité et d’influence indéniable, que la plupart des personnes homosexuelles conspirerait pour être les maîtres de la télé, et qu’elles y parviendraient concrètement. Les véritables magnats de l’appareil médiatique mondial sont des êtres humains hétéro-bisexuels, gay friendly en intentions et homophobes dans les faits car ils veulent neutraliser l’homosexualité au profit de la suprématie de leur idéologie bisexuelle-asexuée-angéliste. « Le publicitaire n’est pas un prophète ; c’est le bras armé de l’idéologie dominante. Sous des airs ludiques, il est un officier supérieur du capitalisme. » (Éric Zemmour, Le Premier Sexe (2006), p. 26)

 
 

b) Des hommes qui commandent le monde de l’image mais pas leur propre vie :

B.D. "Kang" de Copi

B.D. « Kang » de Copi


 

Il n’est pas étonnant que beaucoup de personnes homosexuelles investissent davantage l’univers de l’audiovisuel que celui de la Réalité. À travers les objets et les images, elles fuient un mal-être existentiel et parfois amoureux, et pensent résoudre l’effondrement narcissique de leur personnalité. Celles qui ne font pas partie des milieux médiatiques de l’empowerment néo-libéral à proprement parler s’arrangent pour se laisser happer par les images d’une autre manière, à travers leurs loisirs et leurs passions (la bande dessinée, les jeux vidéo, la photo, la musique, la poésie, la peinture, la mode, Internet, le cinéma, etc.).

 

Tim Cook, PDG d'Apple, fait son coming out en octobre 2014 : "Je suis fier d'être gay." (Eh ben ça se voit...)

Tim Cook, PDG d’Apple, fait son coming out en octobre 2014 : « Je suis fier d’être gay. » (Eh ben ça se voit…)


 

Et pour ce qui est de la réalité du patronat LGBT dans les médias, elle n’est pas toute rose. « Les producteurs me disaient : ‘C’est vachement bien, mais il faut ajouter vingt-cinq rires’ ou bien : ‘T’es pédé, il faut faire des blagues sur les pédés, c’est rigolo !’ Ils voulaient me faire jouer au Point-Virgule. On ne me parlait pas du tout de mise en scène ou de théâtre, on me parlait d’efficacité. » (Vincent Dedienne, profession comédien gay pute-du-système, dans Les Inrockuptibles… très corruptibles, justement, jeudi 12 novembre 2015) Les quelques présentateurs télé qui ont fait le coming out se sentent piégés par leur image de « gays » et leur propre entourage professionnel (et pour cause : « l’homosexuel » n’existe pas, c’est une caricature : personne ne se définit par sa tendance sexuelle, et c’est inhumain et irrespectueux de croire le contraire), même s’ils ne se donnent pas le droit de s’en plaindre car ils sont complètement complices de la construction de cette réputation. Ils se retrouvent parfois dans des situations honteuses irréversibles (je pense par exemple au présentateur Marc-Olivier Fogiel qui en est déjà à deux enfants mexicains achetées et obtenues par GPA ; ou encore au présentateur québécois Joël Legendre, dans la même panade avec son compagnon et « leur » fils), et ils ont tout intérêt à assumer le mensonge pour qu’il ne leur retombe pas dessus.

 


 

Au fond, les patrons homos de l’audiovisuel vivent le drame narcissique de la perte de leur liberté, et du déni de cette perte, pour sauver la face : « Je suis journaliste et animateur d’une émission de télévision en activité sur une chaîne. […] Mon métier n’est qu’image, je l’ai choisi ou il m’a choisi, je ne sais plus trop. » (Gaël-Laurent Tilium, Recto/Verso (2007), p. 11)

 
 

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