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Code n°124 – Milieu psychiatrique (sous-code : Mère folle)

milieu psy

Milieu psychiatrique

 

 

NOTICE EXPLICATIVE :

 

La fragilité interdite

 

Mylène Farmer

Mylène Farmer


 

C’est peu de dire qu’il existe des liens entre homosexualité et psychiatrie ! Le désir homosexuel étant une blessure identitaire, blessure qui peut s’agrandir si elle est suivie d’une pratique amoureuse homosexuelle – il n’est pas étonnant qu’il rejoigne le monde de la névrose puis de la pathologie. Entre les réactions observables sur les chats gays et dans le « milieu », entre les pathologies existantes au sein des « couples » homos ou au sein des familles où apparaît l’homosexualité, entre les divers profils perturbés des personnes habitées par un désir homo (le plus souvent en dépression), j’ai eu largement de quoi faire ici un méga gros dossier bien passionnant, bien cheesy… et bien flippant aussi ! Bienvenue dans le gros hôpital psychiatrique qu’est la communauté homosexuelle, non pas parce qu’elle serait peuplée de « malades » ou de plus grands blessés que la moyenne, mais parce que la pratique homosexuelle fait beaucoup de dégâts et que les blessures humaines universelles n’y sont spécialement peu identifiées étant donné qu’elles sont appelées « amour » ou « identité fondamentale de l’individu ».

 

Alors pour commencer et pour résumer, Je peux dire sans peur et sans caricaturer que toutes les personnes homosexuelles que je connais (et je m’inclus dans le tableau) ont connu dans l’enfance une étape de forte dépression… qu’en général elles n’ont pas gérée et qui se prolonge à l’âge adulte à cause du silence de notre société à la dénoncer.

 

Toute une légende noire sur le traitement qu’ont et auraient fait subir la science et la médecine légale aux personnes homosexuelles circule et sert à beaucoup d’entre elles à nier leurs blessures psychiques. Elle serait totalement absurde si elle ne s’appuyait pas sur un substrat de réalités passées (traitements par castration, électrochocs, injections d’hormones, chimiothérapies, lobotomies, pratiqués sur certains patients « invertis », notamment pendant la Seconde Guerre mondiale) et présentes (les thérapies comportementales, les groupes de parole pour « guérir les homos », l’inhumanité de quelques médecins d’hôpitaux, l’acharnement thérapeutique d’un certain milieu psychiatrique). Face à ce qu’elles décrivent comme une dictature scientifique (parfois à raison quand la science rejoint l’inhumanité et cherche à réduire l’Homme a une équation mathématique, souvent à tort quand la médecine se bat concrètement pour la vie), elles invitent à la désobéissance dans une joie transgressive et une folie indécidable, quitte à forcer un peu leur côté psychotique pour piéger leur monde : « Vive ce qu’ils nomment régression ! L’homosexualité a toujours été la plus spontanée des attirances. » (Karin Bernfeld, Apologie de la Passivité (1999), p. 30)

 

MILIEU PSYCHIATRIQUE Freud

Sigmund Freud


 

À dire vrai, il est assez étrange de découvrir cette hostilité quasi-généralisée des personnes homosexuelles envers la communauté scientifique. Si nous reprenons par exemple les mots de Sigmund Freud concernant l’homosexualité, on devrait plutôt y voir une bouffée d’air pur : « L’homosexualité n’est ni un vice, ni un avilissement et on ne pourrait la qualifier de maladie ; nous la considérons comme une variation de la fonction sexuelle, provoquée par un arrêt du développement sexuel. » (cf. un extrait d’une lettre de Freud adressée, le 9 avril 1935, à une femme nord-américaine inquiète pour son fils) Freud n’a jamais figé l’homosexualité en orientation sexuelle permanente, ni même en pathologie, puisqu’il soutient que tout Homme fait un choix d’objet homosexuel à un moment ou un autre de sa vie fantasmatique. Dans ses Trois essais sur la théorie de la sexualité (1905), il signale que la conduite homosexuelle n’est pas « quelque chose de rare, ni de particulier, mais une partie de la constitution individuelle dite normale ». Cependant, en décrivant l’homosexualité comme un stade sexuel transitoire, un inachèvement psychosexuel humain, il ne l’a pas, au goût de beaucoup de personnes homosexuelles, assez pathologisée, normalisée, ou bénie. Certaines aimeraient inconsciemment que la psychanalyse range le désir homosexuel dans la liste des perversions (inceste, zoophilie, exhibitionnisme, sadomasochisme, etc.), alors que celle-ci insiste d’une part pour prendre le mot « perversion » dans son sens uniquement psychanalytique – c’est-à-dire d’envers de la névrose, d’absence de contrôle des pulsions, et non dans le sens moral du « plaisir dans le mal » – et d’autre part pour ne pas amalgamer les perversions entre elles. Tandis qu’elles demandent d’être mises à l’abri de toute blessure psychique et qu’elles moralisent la maladie en général, elles rêvent qu’on les considère comme des cas pathologiques incurables du fait qu’elles soient/désirent être, de par leur désir homosexuel, souvent plus fragilisées psychiquement que d’autres. En effet, la plupart des personnes homosexuelles ont une expérience précoce de la pathologie et de la maladie psychique. Il n’est pas rare qu’elles aient eu à porter la dépression de l’un de leurs parents quand elles étaient petites. Du point de vue déjà uniquement du fantasme et des images, le milieu psychiatrique les attire énormément et revient comme un leitmotiv dans leurs œuvres. C’est pourquoi beaucoup d’entre elles expriment, comme leur star, leur peur de devenir folles, en trouvant une jouissance secrète dans l’hypocondrie. Leur récupération du stigmate pour se définir en tant que « folles » n’est pas qu’un jeu : elle est parfois un témoignage de vie. De nombreux sujets homosexuels sont/ont déjà été internés en hôpital psychiatrique, et dans notre entourage relationnel, il n’est absolument pas rare d’en croiser beaucoup qui sont névrosés, voire psychotiques, drogués, alcooliques, mythomanes, cleptomanes, schizophrènes, suicidaires, dépressifs : « Les problèmes de déprime concernent 59,2% des femmes et 36,4% des homo-bisexuel-le-s de 18-69 ans (versus 31,7% et 17,5% chez les personnes hétérosexuelles du même âge). » (Nathalie Bajos et Michel Bozon, Enquête sur la sexualité en France (2008), p. 262). Que cette fragilité s’explique par des facteurs exogènes et des circonstances largement atténuantes (enfance difficile, oppression sociale, situation familiale complexe, viol, inceste, etc.) ne remet pas en question le fait que bien des personnes homosexuelles nécessiteraient un accompagnement médical, des lieux d’écoute, un suivi psychologique sérieux. Heureusement, pour la majorité des membres de la communauté homosexuelle, un simple entourage amical de qualité suffit. Mais c’est celui-ci qui fait généralement défaut !

 

Je crois qu’il n’y a pas à banaliser la blessure, le trouble intérieur et la déchirure que constitue pour tout être humain l’éloignement de la source de sa propre existence – la différence des sexes –, différence qui est le socle du Réel et, quand elle est vraiment accueillie librement et dans l’amour, le socle du plus grand Amour humain possible (servi par le mariage femme-homme aimant ou le célibat consacré). En effet, le désir homosexuel se caractérise par un fait objectif : la fuite, la peur et l’éjection de la différence des sexes. Le reconnaître n’enferme pas les personnes dans le phénomène désirant qu’elles ressentent vraiment, mais au contraire leur permet de le mettre à distance d’elles, et même parfois d’en sortir. Il y a des peurs fondées, d’autres peu fondées (même si toute angoisse par rapport à la sexualité et tout fantasme de viol, ne reposant pas systématiquement sur l’expérience d’un viol, indiquent au minimum un effondrement narcissique de la personnalité, une phase de dépression). Il y a des peurs surmontables, d’autres dans un temps humain plus difficilement surmontables. Mais dans tous les cas, un accompagnement de la fragilité psychique est toujours possible, souhaitable, et souvent fécond s’il est orienté vers une reconnaissance de la beauté de la différence des sexes et de la différence Créateur/créatures.

 

Parmi les personnes homosexuelles, les plus lucides se reconnaissent volontiers névrosées ou psychotiques, car elles ont compris que leur désir homosexuel n’était pas totalement étranger – ni totalement lié ! – à une névrose ou une pathologie personnalisable, mais qu’il était par nature névrogène. Ceux d’entre vous qui ont vécu l’expérience d’encadrement des groupes de personnes handicapées (je l’ai vécu moi-même) ont pu constater qu’il n’était pas inhabituel de voir des cas d’homosexualité chez les personnes trisomiques. Il me semble que cela n’a absolument rien d’insultant de faire remarquer les liens existants entre désir homosexuel et trisomie (… à moins, bien sûr, de considérer la trisomie 21 comme une tare honteuse, ce qui n’est pas mon cas). Les personnes trisomiques nous montrent que le désir homosexuel peut toucher des catégories de personnes plus fragiles que d’autres et qui ont besoin d’être particulièrement épaulées. Beaucoup de personnes homosexuelles refusent de reconnaître le caractère névrogène ou pathologique du désir homosexuel parce qu’elles désirent tout simplement nier leurs fragilités. Et c’est ainsi qu’en 1973, un certain lobby homosexuel nord-américain parvient à faire rayer l’homosexualité de la liste des déviations et troubles mentaux de l’OMS. Mais depuis quand vote-t-on qu’une fragilité psychique n’en est plus une par voie référendaire et pour faire plaisir à une minorité d’individus qui a honte de ce qui n’est qu’humain ? Le désir homosexuel est signe d’une blessure, réelle ou fantasmée. Il n’y a donc pas à se bander les yeux devant elle ni à jouer les démagogues, même au nom de la solidarité ou de la compassion.

 

Beaucoup d’individus homosexuels reprochent finalement à la science d’avoir dévoilé des vérités improbables (notamment que le désir homosexuel traduit une souffrance, un arrêt du développement psycho-sexuel et une non-résolution du complexe d’Œdipe) et de les avoir détournées en concepts moralisants (« Les homosexuels sont tous immatures et ont tous une mère possessive ou un père absent »), parce qu’eux-mêmes ont opéré ces détournements en mettant le savoir scientifique sur un piédestal sans même chercher à le comprendre.

 
 

N.B. : Je vois renvoie également aux codes « Drogues », « Folie », « Appel déguisé », « Homosexuels psychorigides », « Matricide », « Médecines parallèles », « Mère possessive », « S’homosexualiser par le matriarcat », « Viol », « Désir désordonné », « Cour des miracles », « Bobo », « Doubles schizophréniques », « Médecin tué », « Infirmière », « Déni », « Violeur homosexuel », « Frankenstein », « Milieu homosexuel infernal », « Chevauchement de la fiction sur la Réalité », « Liaisons dangereuses », « Oubli et Amnésie », « Sommeil », « Substitut d’identité »,  à la partie « Cruella » du code « Reine », à la partie « Criminel homosexuel » du code « Homosexualité noire et glorieuse », à la partie « Suicide » du code « Mort », et à la partie « Prison » du code « Entre-deux-guerres » dans le Dictionnaire des Codes homosexuels.

 
 

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FICTION

 

a) La peur de devenir fou :

C’est très étrange. Souvent dans les fictions homo-érotiques, le héros homosexuel a peur de ne pas maîtriser sa folie (= ses pulsions, ses sentiments, ses passions, ses idolâtries, son fantasme d’être fou, etc.) et l’exprime : « Si tu savais comme j’aimerais ne plus savoir ce que je dis, d’être folle. » (Marie Lou, la mère, dans la pièce À toi pour toujours, ta Marie Lou (2011) de Michel Tremblay) ; « C’est héréditaire, la folie. » (Carmen s’adressant à sa sœur Manon, idem) ; « J’ai peur de devenir folle, et d’ailleurs je me rends folle en guettant les symptômes. » (Suzanne, l’héroïne lesbienne du roman Journal de Suzanne (1991) d’Hélène de Monferrand, p. 403) ; « Tu crois que je perds la tête ? » (Marilyn, l’héroïne lesbienne de la pièce Elvis n’est pas mort (2008) de Benoît Masocco) ; « Est-ce que je deviens fou ? » (Cyril, le héros internaute du roman Pavillon noir (2007) de Thibaut de Saint Pol, p. 42) ; « Qu’est-ce qu’il y a ? J’suis fou. J’suis un malade. » (Steeve dans la pièce Bang, Bang (2009) des Lascars Gays) ; « Fou ? Je deviens fou ? » (le héros dans la pièce Des Lear (2009) de Vincent Nadal) ; « J’ai peur de devenir folle. Toutes les nuits je rêve qu’on me viole. » (cf. la chanson « Les Adieux d’un sex-symbol » de Stella Spotlight dans l’opéra-rock Starmania de Michel Berger) ; « Qui croire ? Et si je devenais folle, à l’image de mon père dont le cerveau se détériore lentement. » (Émilie s’adressant à son amante Gabrielle, dans le roman Je vous écris comme je vous aime (2006) d’Élisabeth Brami, pp. 186-187) ; « Je savais que j’étais devenu fou. » (Garnet Montrose, le héros homosexuel du roman Je suis vivant dans ma tombe (1975) de James Purdy, p. 161) ; « Pendant le trajet de Pau à Paris, il a cru qu’elle devenait folle. » (André Gide, Les Faux-Monnayeurs (1997), p. 63) ; « Vous êtes bon pour la psychiatrie, la seule issue pour échapper au tragique, à cette folie qui vous guette. » (le narrateur homosexuel parlant de lui en se vouvoyant, dans le roman N’oubliez pas de vivre (2004) de Thibaut de Saint Pol, p. 206) ; « Voilà que je perds la boule. Ma santé mentale m’inquiète. D’où me vient cette brusque envie d’absolu, d’irréel, d’unique qui ne peut trouver un écho que dans la mort ? » (la narratrice lesbienne du roman Mathilde, je l’ai rencontrée dans un train (2005) de Cy Jung, p. 16) ; « Je deviens fou ! Je suis malade. La vodka rend hétéro. » (Pierre, le héros homosexuel qui était à deux doigts de virer sa cuti, dans la pièce Le Fils du comique (2013) de Pierre Palmade) ; « Parfois, je crois que je suis fou. Je ne vois pas les choses comme les autres. » (Kenny dans le film « A Single Man » (2009) de Tom Ford) ; « Tu crois que c’est douloureux d’être fou. J’ai peur de ce que j’ai à l’intérieur. » (Cherry s’adressant à son amante Ada dans la pièce La Star des oublis (2009) d’Ivane Daoudi) ; etc.

 

Même entre personnages homosexuels, ils se renvoient leur propre impression de folie. Ironiquement… mais pas que. Certains s’inquiètent en voyant l’attitude bizarre de leurs potes ou de leurs amants. « Putain, mais Cody, t’es folle. C’est dingue, ça. » (Mike s’adressant à son ami nord-américain efféminé Cody, qui s’est laissé violer et voler par un amant de passage, dans le roman Des chiens (2011) de Mike Nietomertz, p. 111) ; « T’as l’air d’une rescapée de la rue sainte Anne. » (André, homo, s’adressant à Adrien son pote aussi homo, dans le film « Pédale douce » (1996) de Gabriel Aghion) ; « Il en a sacrément besoin, du psy. Il est tordu en spirales ! (Laurent Spielvogel imitant Marie-Louise la femme de ménage noire lesbienne parlant de lui, dans son one-man-show Les Bijoux de famille, 2015) ; « Tu as tendance à avoir des obsessions bizarres. » (Petra s’adressant à son amante Jane, dans le roman The Girl On The Stairs, La Fille dans l’escalier (2012) de Louise Welsh, p. 119) ; « Nom de Dieu ! On croirait entendre une folle. » (Tielo s’adressant à Jane, idem, p. 186) ; « Ne l’écoutez pas, elle est folle. » (Anna s’adressant au père Walter face à Jane, idem, p. 209) ; « Certaines femmes enceintes sont sujettes à des troubles. Cela les rend vulnérables à des délires paranoïaques. C’est un état temporaire, mais cela peut être perturbant pour elles, et pour ceux qui les entourent. » (le Docteur Mann s’adressant à Jane, idem, p. 226) ; « Pauvre tarée. » (Alban Mann, idem, p. 233) ; « Elle est folle ! » (Elizabeth insultant Kena parce qu’elle a découvert que celle-ci était lesbienne, dans le film « Rafiki » (2018) de Wanuri Kahiu) ; « Il est clair, Trudi Hobson, que tu es folle comme un âne. » (Doris, l’héroïne lesbienne de la pièce Doris Darling (2012) de Ben Elton, face au plan machiavélique de vengeance orchestré par sa rivale) ; « C’est un être dangereux, particulièrement déséquilibré. » (Helmer parlant de Thomas le héros homosexuel, dans la pièce Les Faux British (2015) d’Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields) ; « Nina a repéré ton côté pervers polymorphe. » (Lola s’adressant ironiquement à Vera, dans la pièce Géométrie du triangle isocèle (2016) de Franck d’Ascanio) ; « Je crois que vous êtes malades toutes les deux. » (Nina l’héroïne lesbienne se faisant manipuler par le couple lesbien Vera/Lola, idem) ; etc. Par exemple, dans le film « The Boys In The Band » (« Les Garçons de la bande », 1970) de William Friedkin, Michael traite son ami homo Emory de « folle saoule ». Dans la pièce Une Heure à tuer ! (2011) de Adeline Blais et Anne-Lise Prat, Claire et Joséphine se qualifient mutuellement de folles. Dans son one-man-show Tout en finesse (2014), Rodolphe Sand dépeint les différentes catégories d’homos qu’il a identifiées dans la communauté LGBT, dont « les hystériques ». Dans la pièce La Tour de la Défense (1974) de Copi, la folie est considérée comme un rempart à l’acte violent et à la responsabilité de celui-ci : en effet, quand les spectateurs découvrent que Daphnée a tué son bébé, Luc, l’un des héros homosexuels, lui conseille de simuler la folie pour ne pas être inculpée par la police : « Il faut te faire passer pour folle. Tu as compris ? » ; cette dernière se force à l’intégrer (preuve de sa grande folie !) : « Je suis devenue folle, bon, je suis devenue folle. » Dans la pièce Angels In America (2008) de Tony Kushner, Prior, le héros homosexuel, n’arrête pas de dire qu’il devient fou. Dans la série Hit & Miss (2012) d’Hettie McDonald), Mia, le héros transsexuel M to F, s’entend dire : « T’as un grain. » Et c’est en effet un tueur en série. Dans le film « Toute première fois » (2015) de Noémie Saglio et Maxime Govare, Jérémie, le héros homo qui n’assume pas son homosexualité au moment où il se découvre amoureux d’une femme, Ana, fait passer son futur « mari » Antoine pour son demi-frère, pour un suicidaire parce que sa mère serait morte et qu’il se ferait suivre par un psychiatre.

 

C’est souvent la vie quotidienne de couple homo qui rend le héros fou. Il arrive à ce dernier de reprocher à sa « moitié » son propre état de folie ou ses élans frénétiques : « C’est moi que tu devrais rendre marteau. » (Laurent par rapport à son amant André, avec qui il a vécu pendant 10 ans, dans le film « Le Deuxième Commencement » (2012) d’André Schneider) ; « Tu es devenu fou, Dorian ! » (Basile, l’amant de Dorian, dans le roman Le Portrait de Dorian Gray (1890) d’Oscar Wilde) ; « T’es folle ! T’es folle ! Faut raccrocher ! » (Anna s’adressant à son amante Cassie sur un chat, dans le film « La Tristesse des Androïdes » (2012) de Jean-Sébastien Chauvin) ; « Je perds la tête. » (Ninette, l’héroïne lesbienne de la pièce Three Little Affairs (2010) d’Adeline Piketty) ; « Stephen… Je pense parfois que nous avons été pis que folles. J’ai dû être folle pour vous avoir permis de m’aimer ainsi. » (Angela s’adressant à son amante Stephen, dans le roman The Well Of Loneliness, Le Puits de solitude (1928) de Marguerite Radclyffe Hall, p. 233) ; « Je crois que cette fille elle-même est à demi folle. » (Angela en parlant de Stephen, idem, p. 261) ; « Hôpital Sainte Anne, bonjour ! » (Benjamin, vivant dans le même appartement que son amant Pierre, et blaguant à l’interphone, dans la pièce Le Fils du comique (2013) de Pierre Palmade) ; etc. Par exemple, dans le film « Cloudburst » (2011) de Thom Fitzgerald, Dotty, l’héroïne lesbienne dit à sa compagne Stella qu’on l’a forcée à partager une chambre de maison de retraite « avec une folle » pour « assurer la transition » avec trente ans passés avec elle. Dans la pièce Sugar (2014) de Joëlle Fossier, William, le héros homosexuel, est dépressif, fait des crises de tétanie et d’angoisse depuis qu’il est petit (ça ressemble à des crises d’épilepsie), est fragile psychologiquement et a des tendances suicidaires (parce qu’il ne supporte pas les absences de son amant négligent Georges) : d’ailleurs, ses chantages amoureux prennent des allures de tragédie grecque.

 

La peur de la folie chez le héros homosexuel laisse vite place à la terreur psychorigide. Le fou n’accepte pas de s’entendre dire sa fragilité psychique. « Aucune déraison, je suis dans la peau d’une autre. » (cf. la chanson « Monkey Me » de Mylène Farmer) ; « Il est un peu taré votre copain Américain ! Il m’a dit que l’homosexualité était une maladie psychiatrique. » (Vianney, l’un des héros homosexuels, parlant de Cody, homo aussi, dans le roman Des chiens (2011) de Mike Nietomertz, p. 95) ; etc. Il lui arrive de rentrer alors dans une colère disproportionnée (qui prouve d’ailleurs à son insu sa folie). Le fou, c’est toujours l’autre ! Voilà bien l’extériorisation du mal, typique de la névrose (le moins malade est toujours celui qui s’accepte un peu malade de par sa condition humaine). Par exemple, dans le film « Strangers On A Train » (« L’Inconnu du Nord-Express », 1951) d’Alfred Hitchcock, Bruno ne supporte pas d’être traité de fou par Guy… parce qu’en réalité, il l’est réellement. De même, dans le film « Psychose » (1960) d’Alfred Hitchcock, Norman Bates saute presque à la gorge de Marion Crane quand celle-ci laisse sous-entendre qu’il puisse être un peu dérangé et vicieux. Dans le film « La Belle Saison » (2015) de Catherine Corsini, Delphine et Carole, les deux amantes lesbiennes féministes, vont prêter main forte à leur amie lesbienne Adeline pour kidnapper Guitou, son ami homo interné en hôpital psychiatrique par ses parents parce qu’il est homosexuel (lobotomies, électrochocs, etc.). Au moment de le délivrer, elles se battent à la bombe lacrymo contre le personnel de l’asile. Dans la série Manifest (2018) de Jeff Rake (épisode 4, saison 1), Thomas, le petit ami de Léo, est interné en hôpital psychiatrique, du fait de son homosexualité mais également parce qu’il a fait partie des passagers du mystérieux vol 828, et tous le prennent pour un fou.

 

Norman Bates dans le film "Psycho" d'Alfred Hitchcock

Norman Bates dans le film « Psycho » d’Alfred Hitchcock


 
 

b) Le trouble psychologique ou psychiatrique :

Le personnage homosexuel, à force de vivre dans l’angoisse de perdre la tête, finit par devenir fou (il est parfois interné en hôpital psychiatrique). Les films homo-érotiques parlant de protagonistes homosexuels tourmentés psychiquement sont légion : cf. le film « Les Orages d’un été » (1996) de Kevin Bacon, le film « Sling Blade » (1996) de Billy Bob Thornton, le roman À ta place (2006) de Karine Reysset (avec Chloé, l’héroïne lesbienne internée), le film « La Chair de l’orchidée » (1974) de Patrice Chéreau, le film « Le Jour des idiots » (1981) de Werner Schroeter, le film « Philadelphia » (1993) de Jonathan Demme, le roman La Folie en tête (1970) de Violette Leduc, le film « Odete » (2005) de João Pedro Rodrigues, le roman Quand je suis devenu fou (1997) de Christopher Donner, le film « Psychocops » (1988) de Wallace Potts, la pièce Non, je ne danse pas ! (2010) de Lydie Agaesse, le film « Le Temps qui reste » (2005) de François Ozon, le film « Un Año Sin Amor » (2005) d’Anahi Berneni, le one-man-show Un Barbu sur le net (2007) de Louis Julien, la chanson « Forever Young » d’Alphaville, le roman Le Joueur d’échecs (1943) de Stefan Zweig, le film « À travers le miroir » (1961) d’Ingmar Bergman (avec le personnage de Karin), la chanson « Laissez-moi vivre » du rappeur Monis, la chanson « Nobody’s perfect » de Madonna, les chansons « Chloé », « Maman a tort », « Psychiatric » (avec l’extrait du film « Elephant Man » de David Lynch) et « Effets secondaires » de Mylène Farmer, le film « Adam et Steve » (1995) de Craig Chester, le film « Strangers On A Train » (« L’Inconnu du Nord-Express », 1951) d’Alfred Hitchcock, le film « Freak Orlando » (1981) d’Ulrike Ottinger, le film « Black Swan » (2011) de Darren Aronofsky, la chanson « Papa m’aime pas » de Mélissa Mars, « Hush ! » (2001) de Ryosuke Hashiguchi, la pièce Antigone (1922) de Jean Cocteau, le film « Streetcar Named Desire » (« Un Tramway nommé Désir », 1950) d’Élia Kazan (avec le personnage de Blanche), le film « Marnie » (« Pas de printemps pour Marnie », 1964) d’Alfred Hitchcock (avec le personnage de traumatisée de Marnie), le film « Cat People » (« La Féline », 1942) de Jacques Tourneur (avec Irena la tourmentée), la comédie musicale Angels In America (2008) de Tony Kushner (avec le personnage d’Harper), le film « Suddenly Last Summer » (« Soudain l’été dernier », 1960) de Joseph Mankiewicz (avec Catherine, enfermée dans un hôpital psychiatrique), la série Dante’s Cove (2006, saison 2, avec le personnage de Michelle), la pièce Dépression très nerveuse (2008) d’Augustin d’Ollone (avec Vielkenstein tout droit sorti de l’asile), la pièce Scènes d’été pour jeunes gens en maillot de bain (2011) de Christophe et Stéphane Botti (Virginie est parti en HP après avoir été violée), la pièce Nietzsche, Wagner, et autres cruautés (2008) de Gilles Tourman, la pièce Le Jardin des Dindes (2008) de Jean-Philippe Set (où il est question de la dépression), le film « Dead Ringers » (« Faux Semblants », 1988) de David Cronenberg, le film « Farinelli » (1994) de Gérard Corbiau, le film « La Révolution sexuelle n’a pas eu lieu » (1998) de Judith Cahen, le film « Memento Mori » (1999) de Kim Tae-yong et Min Kyu-dong, le film « The Others » (« Les Autres », 2001) d’Alejandro Amenábar, le film « Presque rien » (2000) de Sébastien Lifshitz (avec le héros homo dépressif Maxime), le film « Outrageous ! » (1977) de Richard Benner, le film « Festen » (1998) de Thomas Vinterberg (avec le personnage de Christian), le film « El Invierno De Las Anjanas » (1999) de Pedro Telechea, le film « Electrochocs » (2006) de Juan Carlos Claver, le film « À corps perdu » (1988) de Léa Pool, le roman Beatriz Y Los Cuerpos Celestes (1998) de Lucía Etxebarria (avec l’héroïne lesbienne en cure de désintoxication), le roman Le Jardin d’acclimatation (1980) d’Yves Navarre, le film « Œdipe (N + 1) » (2001) d’Éric Rognard, le roman Son Frère (2001) de Philippe Besson, le film « El Mar » (2000) d’Agusti Villaronga, le film « Hable Con Ella » (« Parle avec elle », 2001) de Pedro Almodóvar, l’album « Mythomane » d’Étienne Daho, le roman La Vie est un tango (1979) de Copi (avec Arlette internée dans un dispensaire), le film « Une petite zone de turbulence » (2009) d’Alfred Lot (avec Jean-Pierre, le père angoissé et paranoïaque interprété par Michel Blanc), la pièce Parano : N’ayez pas peur, ce n’est que du théâtre (2011) de Jérémy Patinier, le film d’animation « Les Douze Travaux d’Astérix » (1976) de René Goscinny et Albert Uderzo (avec le directeur efféminé de la « Maison qui rend fou »), le film d’animation « Alice au pays des merveilles » (1951) de Walt Disney (avec le Chapelier toqué très efféminé), le film « L’Inconnu du lac » (2012) d’Alain Guiraudie (avec Michel, le psychopathe homo refoulé), la pièce Hors-Piste aux Maldives (2011) d’Éric Delcourt (avec Francis, le héros homo en dépression), la pièce Bill (2011) de Balthazar Barbaut (qui se déroule dans un asile psychiatrique), la pièce Home (2015) de David Storey, etc. Par exemple, dans le film « Vita et Virginia » (2019) de Chanya Button, Virginia Woolf fait des dépressions nerveuses et est sujette à des hallucinations.

 

« Il va pas bien. Il va jamais bien, Duccio. » (Bernard, le héros homo parlant d’un de ses potes homos présent dans le public, dans la pièce Nous deux (2012) de Pascal Rocher et Sandra Colombo) ; « Encore une autre déprime. » (Kevin, le héros homosexuel de la comédie musicale Panique à bord (2008) de Stéphane Laporte) ; « Je vais me taper une putain de dépression. » (Stéphane, le héros homosexuel, après une rupture amoureuse, dans la pièce Confidences (2008) de Florence Azémar) ; « J’suis totalement dépressive ! » (la mère jouée par le comédien travesti M to F David Forgit, dans son one-(wo)-man show Désespérément fabuleuses : One Travelo And Schizo Show, 2013) ; « Oui, je le sais. Je suis malade. » (Adam faisant dans les larmes son coming out à sa sœur, dans le film « W imie… », « Aime… et fais ce que tu veux » (2014) de Malgorzata Szumowska) ; « Pierre est interné faire une cure de désintoxication. » (le narrateur homosexuel parlant de son amnt, dans le roman Le Bal des Folles (1977) de Copi, p. 94) ; « Tu es absolument paranoïaque. » (Michael, le héros homosexuel s’adressant à son colocataire gay Harold, dans le film « The Boys In The Band », « Les Garçons de la bande » (1970) de William Friedkin) ; « Nous sommes hystériques, obsessionnels et mégalomanes. » (Rudolf, l’un des héros homos s’adressant à ses deux autres potes homos, Gabriel et Nicolas, dans le film « Boys Like Us » (2014) de Patric Chiha) ; « À la fin de la trilogie des frères Dardenne [« L’Enfant », « Le Fils » et « Rosetta »] , j’étais en réanimation à Robert Debré. » (Rodolphe Sand dans son one-man-show Tout en finesse , 2014) ; etc.

 

Le délire que connaît le personnage homosexuel lui est parfois renvoyé par son entourage proche. Par exemple, dans la pièce Le Mariage (2014) de Jean-Luc Jeener, le père de Claire, l’héroïne lesbienne, n’arrête pas d’associer l’homosexualité (et ses dérivés) à une folie : « L’hétérosexualité montre bien la folie de ce monde ! » Il dénonce « la folie de cette société » et « la folie de ce gouvernement de merde » qui fait approuver des lois comme le « mariage pour tous ». Il traite sa fille Claire et sa compagne Suzanne de « deux folles ». Et lorsqu’elles lui annoncent qu’elles ont l’intention de se marier et d’avoir un enfant, il leur réplique : « Je ne suis pas totalement stupide. Je me doutais bien d’une folie de ce genre ! » Dans le téléfilm « Clara cet été-là » (2003) de Patrick Grandperret, parce qu’elle est suspectée de lesbienne et qu’elle s’isole, Clara est traitée par ses camarades de « névrosée », de « pauvre tarée » : « Faut que t’ailles te faire soigner, ma pauvre fille ! » lui dira sa pote Séverine. Dans la pièce Le Gai Mariage (2010) de Gérard Bitton et Michel Munz, Dodo est considéré par Elsa comme un aliéné dans un hôpital psychiatrique, un handicapé, un fou qu’il faut prendre en pitié. Dans la pièce Et Dieu créa les fans (2016) de Jacky Goupil, Tom, le fan de Mylène Farmer, est interné en hôpital psychiatrique à cause de sa pathologie. Le médecin chargé de le soigner pète un câble devant ce cas désespéré : « Quelle clinique de dégénérés ! »

 

La folie du héros homosexuel passe également par le débordement dévorant des pulsions dites « amoureuses », débordement qui confine au fanatisme et à la psychopathie du violeur : « Tu vois pas qu’elle est folle ? Elle aime tout le monde. » (Jean-Pierre s’adressant à sa femme Fanny par rapport à Catherine la bisexuelle qui s’ingère dans leur couple, dans la pièce Un Lit pour trois (2010) d’Ivan Tournel et Mylène Chaouat) ; « Ma cruauté, dans ces instants, me préparait à l’idée qu’un jour je n’aurais plus vraiment de limite et que mon ‘vice’ m’avalerait entièrement. Je combinais et raisonnais de plus en plus en fonction de lui, sentant bien que, quand j’étais dans ces étranges dispositions, en crise, comme on dirait, c’était lui qui déterminait tout ce que je pensais et faisais. J’avais imaginé un moment demander à la petite voisine de passer me voir afin de faire ensemble ce que je l’avais obligée à faire seule devant moi, sachant combien j’aimais à outrepasser la pudeur des autres, pour le plaisir que son viol me donnait. Cette envie ne me quittait pas, mais je devais résister, c’était trop risqué. […] J’avais peur de moi. Quand je sentais monter ce besoin de chair, peu m’importaient les moyens et la figure de celle qui me donnerait ce qu’il me fallait. […] Je voulais ma nuit avec une femme. » (Alexandra, la narratrice lesbienne au discours obsessionnel, dans le roman Les Carnets d’Alexandra (2010) de Dominique Simon, pp. 56-57) ; « J’ai par instants une telle envie du féminin que nulle considération morale ne peut empêcher ce qu’il faut bien appeler mes folies. » (idem, p. 102) ; « J’étais comme folle, dans un état de désir frénétique. » (idem, p. 141) ; « Non seulement j’suis fou… mais en plus, je ne pense qu’à ça. » (Hervé Nahel lors de son concert au Sentier des Halles, le 20 novembre 2011) ; « Mais oui mon chaton, je t’aime comme une folle. » (la femme s’adressant à son mari homo dans la pièce Tu m’aimes comment ? (2009) de Sophie Cadalen) ; « Mais quand on tombe amoureux on devient tous un peu fous. » (Ahmed dans la pièce La Tour de la Défense (1974) de Copi) ; « Je suis devenue folle. Je suis devenue flle de quelqu’un. Et c’était pas de toi. Je suis désolée, je suis vraiment désolée. » (Rachel, l’héroïne lesbienne désamparée face à son mari Heck, dans le film « Imagine You And Me » (2005) d’Ol Parker) ; etc.

 

Film "L'Inconnu du Nord-Express" d'Alfred Hitchcock

Film « L’Inconnu du Nord-Express » d’Alfred Hitchcock


 

Par exemple, dans le film « Bye Bye Blondie » (2011) de Virginie Despentes, Gloria et France se sont rencontrées dans un hôpital psychiatrique dans les années 1980. Dans le roman À ta place (2006) de Karine Reysset, Chloé, l’héroïne lesbienne hyper introvertie et internée en HP, souffre de « catatonie », une maladie se manifestant par un « état de passivité, d’inertie motrice et psychique, alternant souvent avec des crises d’excitation, caractéristique de la schizophrénie » (p. 43). Dans le film « Les Garçons et Guillaume, à table ! » (2013) de Guillaume Gallienne, Guillaume, le héros bisexuel, montre une grande fragilité psychologique. Il consulte d’ailleurs pléthore de psychanalystes, ingurgite plein de médicaments pour gérer sa dépression identitaire et amoureuse, suit des cures, essaie de se faire passer pour fou afin d’échapper au service militaire. Le one-woman-show Mâle Matériau (2014) d’Isabelle Côte Willems démarre avec la narratrice transgenre F to M en camisole de force sur scène. Dans la pièce Gouttes dans l’océan (1997) de Rainer Werner Fassbinder, Franz cherche à appeler par téléphone l’« asile de fous » pour y faire interner son amant : « Lui, Leopold, il est fou !!! » Dans la pièce Carla Forever (2012) de Samira Afaifal et Yannick Schiavone, Angelo s’est retrouvé enfermé en asile pour érotomanie ; en fan déçu, il a tenté de kidnapper Carla Bruni (« Il est dingo, genre Cannibal Lecter ? » s’interroge Kévin sur son compte) et est recherché activement par la police qui tente de l’interner en hôpital psychiatrique (d’ailleurs, lui-même compare la ville de Toulouse à un HP). Dans le film « La Robe du soir » (2010) de Myriam Aziza, la mère de Juliette dit que sa fille « est devenue folle » sans savoir que celle-ci est tombée amoureuse de sa prof de français et a des comportements anormaux (vol à l’étalage, maquillage, etc.). Dans la pièce La Nuit de Madame Lucienne (1986) de Copi, Vicky Fantômas a été enfermée à Sainte-Anne (« On lui faisait des électrochocs et on la laissait ressortir au bout de deux ou trois mois. ») et à l’Assistance publique, elle a poignardé sa voisine de lit à l’âge de treize ans. Plus tard, cette folle furieuse (qui est le double fantasmé et transgenre de son auteur) a été victime d’un attentat qui l’a défiguré, et on l’a soupçonnée d’être la terroriste qui transportait la bombe. Dans le film « Dressed To Kill » (« Pulsions », 1980) de Brian de Palma, le tueur psychopathe transgenre M to F est atteint d’un dédoublement de personnalités. Dans le film « Il ou Elle » (2012) d’Antoine et Pascale Serre, Florent Hostein s’habille en femme régulièrement et il a subi plusieurs internements en hôpital psychiatrique. Dans le film « Scènes de chasse en Bavière » (1969) de Peter Fleischmann, Rovo, le « fou » du village, sort avec Abram : il est allé à l’asile psy… et y finira ses jours. Dans le téléfilm « Prayers For Bobby » (« Bobby, seul contre tous », 2009) de Russell Mulcahy, Bobby, le héros homosexuel suicidaire, a de visions de lui dans un hôpital glauque. Dans le film « Joe + Belle » (2011) de Veronica Kedar, Joe est une jeune trafiquante de drogue, lesbienne, et qui vient de sortir d’un établissement psychiatrique. Dans le film « Boys Like Us » (2014) de Patric Chiha, Gabriel, l’homosexuel dépressif, émotif et efféminé, est « en travail » avec sa psy depuis plus de dix ans. Dans la série Ainsi soient-ils (2014) de David Elkaïm, la première image que nous voyons d’Emmanuel, l’un des séminaristes, noir et homosexuel, c’est celle où, face au psychiatre de la clinique où il est interné pour dépression lourde (« Vous sortez d’une dépression grave. »), il exprime son désir de devenir prêtre et de rentrer au séminaire. Dans le film « Mommy » (2014) de Xavier Dolan, Steve, le héros homosexuel, finit par être interné dans un hôpital psychiatrique. C’est sa mère qui, contre toute attente, finit par s’en débarrasser et par « le placer » par surprise, car lui nie complètement sa pathologie : « J’irai pas dans un hôpital. Je suis pas fou! » Dans la pièce The Mousetrap (La Souricière, 1952) d’Agatha Christie (mise en scène en 2015 par Stan Risoch), Christopher Wren, le héros homosexuel, est présenté comme un jeune homme souffrant d’« instabilité mentale, ayant « déserté l’armée », « mentalement perturbé » et hyperactif. Dans la pièce Le Cheval bleu se promène sur l’horizon, deux fois (2015) de Philippe Cassand, le jeune gay Fabien s’achète des anti-dépresseurs. Dans la pièce Jardins secrets (2019) de Béatrice Collas, Maryline, l’héroïne bisexuelle, prof d’arts plastique, fait un burn out puis une cure suite à sa dépression. Elle avoue elle-même : « J’ai toujours attiré les dingues et les malades… à moins que ce ne soit l’inverse et que ce soient eux qui m’attirent. »

 

Film "Suddenly Last Summer" de Joseph Mankiewicz

Film « Suddenly Last Summer » de Joseph Mankiewicz


 

C’est parfois le milieu homosexuel qui est (décrit) comme un hôpital psychiatrique (par le héros homosexuel) : « Bonsoir mes amis dépressifs ! » (la figure de Mylène Farmer s’adressant à son public homo, dans le one-man-show Elle est pas belle ma vie ? (2012) de Samuel Laroque) ; « J’ai pas l’impression d’être ancré dans la réalité ici. J’suis chez les dingos !! » (Monsieur Alvarez par rapport à l’agence immobilière tenu par Damien, le héros transgenre M to F, dans le pièce Brigitte, directeur d’agence (2013) de Virginie Lemoine) ; « Je suis bien ici avec mes malades. » (la psychiatre de l’hôpital de Marchenoir, dans le roman Le Pavillon noir (2007) de Thibaut de Saint Pol, p. 157) ; « Hôpital psychiatrique, staliniste politique. » (cf. la chanson « Dizzidence Politik » du groupe Indochine) ; « On est tous des imbéciles. On est bien très bien débiles. » (cf. la chanson « On est tous des imbéciles » de Mylène Farmer) ; « Ben oui ! Tout le monde sait qu’y tiennent des camisoles de force dans tou’es théâtres du monde ! » (le narrateur homo s’adressant à sa mère en parlant des opéras très fréquentés par les homos, dans le roman La Nuit des princes charmants (1995) de Michel Tremblay, p. 42) ; etc. Par exemple, la comédie musicale Les Divas de l’obscur (2011) de Stéphane Druet choisit comme cadre un asile où sont enfermées que des femmes folles : « Au fin fond d’une forêt, des personnes sont enfermées dans un hôpital psychiatrique. » (voix-off prononçant l’incipit) Dans la pièce La Dernière Danse (2011) d’Olivier Schmidt, Jack dit de son amant Paul qu’il ne tourne pas rond : « Les détraqués de ton espèce… » Dans son one-(wo)man-show Madame H. raconte la Saga des Transpédégouines (2007), Madame H. (travesti M to F) fait allusion au phénomène généralisé de la dépression chez les individus homosexuels. Dans la comédie musicale Encore un tour de pédalos (2011) d’Alain Marcel, les quatre protagonistes homosexuels décrivent « les gays » comme « des cinglés, pour pas dire déréglés ».

 
 

c) L’antécédent familial : la mère folle

Film "The Goonies" de Richard Donner

Film « The Goonies » de Richard Donner


 

La folie qui submerge certains héros homosexuels semble être précédée par la folie ou la dépression de leur mère (plus la mère cinématographique ou fantasmée que la mère biologique réelle). On retrouve la maman folle (ça peut être la fameuse « fille à pédés ») par exemple dans le film « Serial Mother » (1994) de John Waters, la pièce Perthus (2009) de Jean-Marie Besset (avec Irène), le film « Los Abrazos Rotos » (« Étreintes brisées », 2009) de Pedro Almodóvar, le film « Mon fils à moi » (2006) de Martial Fougeron, le film « Ma Mère » (2003) de Christophe Honoré, le roman Los Cascabeles De Madame Locura (1916) d’Antonio de Hoyos, le roman À mon cœur défendant (2010) de Thibaut de Saint-Pol (Madeleine, l’héroïne surnommée « la vieille folle »), la pièce Les Fugueuses (2007) de Pierre Palmade et Christophe Duthuron, le film « Senza Fine » (2008) de Roberto Cuzzillo (avec la mère droguée et dépressive de Giulia, l’héroïne lesbienne), le film « Presque rien » (2000) de Sébastien Lifshitz, le film « Celui par qui le scandale arrive » (1960) de Vincente Minnelli, le film « Un beau jour, un coiffeur… » (2004) de Gilles Bindi, la pièce La Tour de la Défense (1974) de Copi (avec Daphnée, la mère indigne et infanticide internée en clinique psychiatrique), le film « Female Trouble » (1975) de John Waters, le téléfilm « Juste une question d’amour » (2000) de Christian Faure, le film « Les Frissons de l’angoisse » (1975) de Dario Argento, le film « Pourquoi pas ! » (1977) de Coline Serreau, le film « Emporte-moi » (1998) de Léa Pool (avec le personnage d’Hanna), le téléfilm « Sa Raison d’être » (2008) de Renaud Bertrand (avec Hélène), le spectacle musical Un Mensonge qui dit toujours la vérité (2008) d’Hakim Bentchouala, le film « Juste un peu de réconfort » (2004) d’Armand Lameloise, le film « L’Attaque de la Moussaka géante » (1999) de P. H. Koutras, la série Clara Sheller (2005) de Renaud Bertrand (avec la mère de JP), le film « Hazel » (2012) de Tamer Ruggli (avec la mère obsessionnelle et au bord de la crise de nerfs), le film « Diva Histeria » (2006) de Denis Gueguin, le film « La Mujer Sin Cabeza » (« Une Femme sans tête » (2008) de Lucrecia Martel, le film « Belle Salope » (2010) de Philippe Roger, la série Faking It (2014) de Dana Min Goodman et Julia Wolov (dans l’épisode 1 « Couple d’amies » de la saison 1, Karma et Amy présentent chacune de leur mère comme un « cas »), la chanson « Maman est folle » de William Sheller, etc.

 

« Ma mère a fait une dépression nerveuse et on l’a fait soigner. » (Ahmed dans la pièce La Tour de la Défense (1974) de Copi) ; « Ma mère est devenue folle parce que mon père buvait trop. » (cf. la chanson « Banlieue Nord » de Johnny Rockfort dans l’opéra-rock Starmania de Michel Berger) ; « Sacrée, ma mère dans son hôpital psychiatrique. » (cf. une réplique de la pièce Howlin’ (2008) d’Allen Ginsberg) ; « Dans la famille Maboule, je voudrais la grand-mère. » (Micka jouant au Jeu de 7 familles avec ses amis, dans le film « Far West » (2003) de Pascal-Alex Vincent) ; « Depuis sa dernière lobotomie ma mère n’est plus la même. » (« L. », le héros transgenre M to F, de la pièce Le Frigo (1983) de Copi) ; « Je suis trop folle pour un garçon dans ton genre. » (Chloé s’adressant à Martin, le héros sur qui pèse une forte présomption d’homosexualité, et dont la mère de celle-ci est en dépression, dans la pièce Scènes d’été pour jeunes gens en maillot de bain (2011) de Christophe et Stéphane Botti) ; « Cette capacité à passer de l’hystérie à la douceur maternelle… » (Elliot par rapport à Preciosa dans la comédie musicale La Nuit d’Elliot Fall (2010) de Vincent Daenen) ; « Il faut qu’on s’occupe de la vieille folle ! » (Angelo par rapport à la mère de Kévin, le héros homo, dans la pièce Carla Forever (2012) de Samira Afaifal et Yannick Schiavone) ; « Moi, j’en suis à ma troisième dépression nerveuse. » (la mère de François, le héros homo, dans le one-man-show Hétéro-Kit (2011) de Yann Mercanton) ; « Elle se dit à mi-voix : ‘Je suis folle… […] Pareille à une folle, elle disait des mots et Péliou dressait les oreilles, croyait qu’elle lui parlait. » (Félicité, la mère du protagoniste, dans le roman Génitrix (1928) de François Mauriac, pp. 66-68) ; « Ma mère est déjà folle. » (Alicia dans le film « Navidad » (2009) de Sebastian Lelio) ; « Ma mère est sourde et folle depuis la crise. » (Eugène, le tailleur homosexuel de la pièce Casimir et Caroline (2009) d’Ödön von Horváth) ; « J’ai cru que j’allais devenir folle. Complètement folle. » (la femme de Daniel par rapport à l’homosexualité de son mari dans la pièce Mon Amour (2009) d’Emmanuel Adely) ; « Ma mère est littéralement en train de perdre la tête. » (Randall dans le roman La Synthèse du camphre (2010) d’Arthur Dreyfus, p. 229) ; « T’es complètement Alzheimer. » (Hubert, le héros homo s’adressant à sa mère dans le film « J’ai tué ma mère » (2009) de Xavier Dolan) ; « Le comportement de la mère était irrégulier. » (le narrateur homosexuel dans le roman La Cité des Rats (1979) de Copi, p. 48) ; « Je ne suis pas folle ! » (la mère cyclothymique d’Evita, dans la pièce Eva Perón (1969) de Copi) ; « T’es complètement folle en fait. » (Roberto, le transsexuel M to F s’adressant à sa mère lesbienne Alba dans la pièce Se Dice De Mí En Buenos Aires (2010) de Stéphane Druet) ; « Elle est toujours aussi hystérique, ma folle de mère ? » (idem) ; « Je ne suis pas folle, vous savez. Bonsoir ! » (la parodie d’Isabelle Adjani jouée par Florence Foresti dans l’émission On n’est pas couché sur France 2, parodie très appréciée des personnes homosexuelles) ; « Elle est chtarbée, putain… » (Steve, le héros homosexuel, parlant de sa mère Diane, dans le film « Mommy » (2014) de Xavier Dolan) ; « Je suis en train de devenir folle. » (Diane, idem) ; « Elle est folle. » (Yoann, le héros homosexuel, à propos de Solange, la belle-mère, dans la pièce Ma belle-mère, mon ex et moi (2015) de Bruno Druart et Erwin Zirmi) ; « Elle a craqué, maman. » (idem) ; « Je suis déprimée. » (la mère de Luce, l’héroïne lesbienne du film « Imagine You And Me » (2005) d’Ol Parker) ; « Est-ce que je fais de la dépression, moi ? Pourtant, j’aurais de quoi avec le mari que j’ai…[…] Dépressive ? Je ne suis pas dépressive. J’ai pas le temps d’être dépressive. » (Laurent Spielvogel imitant sa mère s’adressant à lui et qui radote comme une folle, dans son one-man-show Les Bijoux de famille, 2015) ; « La mienne est folle. » (Marc, le héros homo parlant de sa mère, dans le film « Jongens », « Boys » (2013) de Mischa Kamp) ; « Eh bien moi j’ai raté l’ENA. Maman était folle… » (Yvan Burger incarne un soldat de l’armée homosexuel, dans le sketch « La Corvée de pluche » (1983) des Inconnus) ; etc.

 

Par exemple, dans le film « L’Homme blessé » (1983) de Patrice Chéreau, la mère d’Henri, le héros homosexuel, se montre insupportable car elle n’arrête pas de bavarder – c’est un disque qui tourne à vide – et de brimer son fils, reportant ainsi ses propres angoisses sur lui. Dans le roman Deux Garçons (2014) de Philippe Mezescaze, Philippe, pour fuir la folie de sa mère, arrive à La Rochelle et s’installe chez sa grand-mère. Dans le film « Après lui » (2006) de Gaël Morel, Camille (interprétée par Catherine Deneuve) est une mère un peu psychopathe, qui a du mal à accepter la mort de son fils, et qui transpose complètement la vie de Matthieu sur celle de son tueur, Franck. Ce dernier finit par s’en inquiéter : « Vous êtes complètement… » Dans le roman Courir avec des ciseaux (2007) d’Augusten Burroughs, la mère d’Augusten, le héros homosexuel (double de l’auteur), est décrite par son fils comme une « mère complètement psychotique ». Dans le film « Dérive » (1983) d’Amos Gutmann, Robbie décrit sa mère comme « une vieille à moitié folle ». Dans le film « Le Refuge » (2010) de François Ozon, la mère de Paul a fait une dépression très grave. Dans le roman Si tu avais été… (2009) d’Alexis Hayden et Angel of Ys, quand Bryan dit à Stéphanie que sa propre mère est folle, elle lui rétorque que « c’est lui qui l’a rendu folle » (p. 180). Dans la série Ainsi soient-ils (2014) de David Elkaïm (épisode 1 de la saison 2), Guillaume, l’un des héros homos, a une mère babos et bobo complètement illuminée, refusant de vieillir, ayant été quitté par son mari, voulant fuir en Inde, et ne voulant pas que son fils s’en aille au séminaire et la laisse « comme une vieille folle avec ses anti-dépresseurs« . Dans le film « Moonlight » (2017) de Barry Jenkins, Chiron, le jeune héros homosexuel, a une mère qui se drogue, pique des colères homériques, lui soutire de l’argent, est complètement paumée psychologiquement. Dans le film « Die Mitter der Welt » (« Moi et mon monde », 2016) de Jakob M Erwa, Glass, la maman de Phil le héros homo, a fait un « séjour à l’hôpital ». Dans le film « Ma Vie avec John F. Donovan » (2019) de Xavier Dolan, Grace, la mère de John le héros homo, est alcoolique, fantasque, et part dans ses délires car elle est en dépression.

 

La folie de la mère peut être l’autre nom de l’amour incestuel voire homosexuel que la génitrice maintient avec sa fille ou son fils homo. Par exemple, dans l’épisode 506 de la série Demain Nous Appartient, diffusé le 12 juillet 2019 sur TF1, la relation entre Anne-Marie, la mère homophobe, et sa fille lesbienne Sandrine semble être passionnelle, amoureuse. « À cette époque, j’étais folle d’elle, contrairement à ce qu’on pouvait croire. » (Anne-Marie).
 
 

FRONTIÈRE À FRANCHIR AVEC PRÉCAUTION

 

PARFOIS RÉALITÉ

 
 

La fiction peut renvoyer à une certaine réalité, même si ce n’est pas automatique :

 
 

a) La peur de devenir fou :

Essai Psychiatrie et homosexualité de Malick Briki

Essai Psychiatrie et homosexualité de Malick Briki


 

Les personnes homosexuelles ne s’auto-désignent pas « folles » ou queer pour des prunes ! La pathologie ou la folie exerce sur elles une fascination mêlée de peur, parce qu’elles ne la maîtrisent pas autant qu’elles se l’imaginent : « Je travaille à ma ‘Folie’ qui risque dans ce dévidage du délire de devenir un peu trop ce qu’elle a toujours prétendu être. » (cf. une lettre de Michel Foucault à un ami, le 22 novembre 1958) ; « Tu vois. Je marche vraiment sur la tête. Je sais pas comment te dire. » (Thérèse, femme lesbienne de 70 ans, dans le documentaire « Les Invisibles » (2012) de Sébastien Lifshitz) ; « J’avais peur d’être fou. » (Allen Ginsberg dans le biopic « Howl » (2010) de Rob Epstein et Jeffrey Friedman) ; « Ce que je redoute le plus avec ce syndrome XXY, c’est que si je prends pas d’hormones, je deviens fou, un danger envers les autres et moi-même. » (Vincent Guillot, militant intersexe, dans le documentaire « Ni d’Ève ni d’Adam : une histoire intersexe » de Floriane Devigne diffusé dans l’émission Infrarouge sur la chaîne France 2 le 16 octobre 2018) ; « Je rêve parfois que je n’ai plus ni hanches, ni fesses, ni jambes. Ma folie ne va pas jusque-là. » (personne intersexe qui se fait appeler « M », idem) ; etc. Par exemple, Virginia Woolf a vécu toute sa vie dans la crainte de devenir folle, si bien qu’elle décida d’arrêter son calvaire en se suicidant le 28 mars 1941. À la fin du documentaire « Nous n’irons plus au bois » (2007) de Josée Dayan, l’homme transsexuel M to F Bambi avoue avoir peur de vivre des « crises de folie ».

 

N’oublions pas non plus qu’à l’origine, le mot et le concept d’« homosexualité » (en tant qu’identité de personne et en tant que « couple d’amour ») est un pur produit de la psychiatrie et de la médecine légale de la fin du XIXe siècle. Les individus homosexuels d’aujourd’hui et d’hier, ou ceux qui se présentent comme « hétéros gay friendly » rentrent complètement dans ce jeu déshumanisant, froid et homophobe de la psychiatrie post-moderne puisqu’ils placent tous leurs espoirs sur l’endocrinologie, la sociologie, la génétique, la psychiatrie, la psychologie, l’anthropologie, l’historiographie, afin de rechercher les « causes » de l’homosexualité ou de prouver qu’elle n’est pas un choix, qu’elle serait « naturelle » et donc non-modifiable.

 
 

b) Les liens concrets entre désir homosexuel et pathologie :

Quelques dates-clés. L’Association psychiatrique américaine – en lien avec OMS (Organisation Mondiale de la Santé) – décida en 1973 de rayer l’homosexualité de sa liste des désordres mentaux (la France fera de même en 1992). En 1987, l’APA (l’Association des Psychiatres Américains) fit disparaître pour l’homosexualité la nomination de perversion pour la remplacer par celle de paraphilie. Sur le territoire français, la transidentité – tout comme l’homosexualité jusqu’en 1981 – a été classée comme pathologie mentale avant d’être rayée de la liste des maladies psychiatriques par décret le 10 février 2010.

 

Parce qu’on n’a pas voulu stigmatiser les personnes homosexuelles et qu’on leur voulait du bien, du jour au lendemain, les organismes scientifiques internationaux ont décrété que nous ne souffrions plus du tout ! Ils sont passés d’un extrême à l’autre. Est-ce aussi simple ? Peut-on décider, parce qu’on veut le bien de la personne, de nier sa souffrance, et donc une part importante de sa personne ? Je ne crois pas. Bien sûr, il n’y a pas à enfermer les gens dans leurs blessures ni les réduire à celles-ci. Mais le véritable accueil de la personne passe par la reconnaissance aussi de ses blessures, si elle en a vraiment.

 

Le déni bien intentionné ou politisé de la pathologie qu’est le désir homosexuel non seulement ne règle pas les problèmes des personnes homosexuelles, mais en plus, en rajoute une couche. Dès qu’on se penche sur la plaie de l’homosexualité, on hallucine de voir que beaucoup d’entre elles sont au fond du trou ou du désespoir. Effectivement, beaucoup de personnes homosexuelles ont été internées à l’hôpital psychiatrique et souffrent, sinon de pathologies, au moins de névroses prononcées : Andy Warhol, Malcolm Lowry, Raúl Gómez Jattin, Serguei Esenin, Carson McCullers, Vaslav Nijinski, Stéphan Desbordes-Dufas, Louis II de Bavière, Ted Smith, Paul Verlaine, Virginia Woolf, Gribouille, Allen Ginsberg, Violette Leduc, Maurice Rostand, Jane Bowles, Salvador Dalí, Pierre Guyotat, Tennessee Williams, etc. « J’ai passé 8 mois chez les dingues. […] J’avais promis au médecin que j’allais devenir hétérosexuel. » (Allen Ginsberg dans le biopic « Howl » (2010) de Rob Epstein et Jeffrey Friedman) ; « Je suis né avec une dépression. […] Je suis passé par bien des angoisses, bien des enfers. J’ai connu la peur et la terrible solitude, les faux amis que sont les tranquillisants et les stupéfiants, la prison de la dépression et de la Maison de la Santé. » (Yves Saint-Laurent dans le documentaire « Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé : l’Amour fou » (2010) de Pierre Thoretton) ; « Arrive pour Stéphane le service militaire, il déserte, disparaît pendant des mois dans les bas-fonds de Paris où j’ai fini par le retrouver, est repris, mis en asile psychiatrique militaire, et est gracié sur intervention de Mme Mitterrand, à la prière d’un haut fonctionnaire qui, épris de son charme, désirait avoir avec lui une liaison durable, une union. Cet amoureux malheureux téléphonait nuitamment à Estelle, la mère de Stéphane, en la suppliant, en vain, d’obtenir de son fils que ce fils adopte pour cela une conduite plus « cohérente » (c’était son mot) : ne plus se prostituer, cesser d’être dealer. » (Paul Veyne, Et dans l’éternité, je ne m’ennuierai pas (2014), pp. 236-237) ; « Tu disparais pendant des mois, terrassée par la dépression. » (la Reine Christine, pseudo « lesbienne », s’adressant à elle-même à la deuxième personne, dans le docu-fiction « Christine de Suède : une reine libre » (2013) de Wilfried Hauke) ; « J’ai saisi l’opportunité d’une dépression et d’un grand abattement pour me marier. » (Germaine, femme lesbienne suisse, dans le documentaire « Les Homophiles » (1971) de Rudolph Menthonnex et Jean-Pierre Goretta) ; « À 18 ans, je n’allais vraiment pas bien. J’ai fait une grosse dépression. J’ai été hospitalisée suite à ça, plusieurs fois. Durant cette année, j’ai fait des allers-retours à l’hôpital. Et même dans ce milieu hospitalier où j’étais, c’était pas mieux. C’est ce qui ‘a amené à faire une tentative de suicide alors que j’étais à l’hôpital à ce moment-là. » (Noémie, jeune témoin lesbienne de 20 ans, dans l’émission Temps présent spéciale « Mon enfant est homo » de Raphaël Engel et d’Alexandre Lachavanne, diffusée sur la chaîne RTS le 24 juin 2010) ; etc. Par exemple, dans le documentaire « Homos, la haine » (2014) d’Éric Guéret et Philippe Besson, diffusé sur la chaîne France 2 le 9 décembre 2014, Amina, femme lesbienne de 20 ans, est internée en hôpital psychiatrique. Dans l’émission Temps présent spéciale « Mon enfant est homo » de Raphaël Engel et d’Alexandre Lachavanne, diffusée sur la chaîne RTS le 24 juin 2010, Alexandre, jeune témoin homo suisse de 24 ans, a été interné par des mouvements évangéliques : « Ils l’ont mis dans une clinique psychiatrique. » (le père d’Alexandre) Le pasteur de l’Église qu’il a fréquentée aux États-Unis lui a dit : « Tu es homosexuel. Tu es malade. Tu pourrais contaminer les autres. » Il lui a proposé une guérison.

 

Le comportement homosexuel louvoie avec l’homosexualité de circonstance impulsée par la consommation de drogues, les situations d’enfermement et d’incarcération : cf. le documentaire « Çürük – The Pink Report » (2010) d’Ulrike Böhnisch. « Dans les prisons et les asiles psychiatriques, la conduite homosexuelle augmente considérablement. » (les docteurs Alberto Solá et Esteve Cirera, cités dans l’essai El Látigo Y La Pluma (2004) de Fernando Olmeda, p. 287) Il y a de nombreux ponts qui existent entre les Alcooliques Anonymes et la communauté homosexuelle, par exemple (certaines personnes cumulent l’addiction aux drogues et l’addiction au sexe). « L’homosexualité ne conduit pas seulement à la pédophilie. Mais aussi au meurtre, à la dépression et à la toxicomanie. Les statistiques le prouvent. » (Petras Gražulis, président du groupe politique lituanien d’extrême droite Ordre et Justice, dans le documentaire « Homo et alors ?!? » (2015) de Peter Gehardt)

 

Si ce n’est pas d’être internées, beaucoup personnes homosexuelles se sont au moins passionnées pour le monde de la folie. L’univers de la psychiatrie et de la pathologie attire un certain nombre d’intellectuels homosexuels : Félix Guattari, Tennessee Williams, Mylène Farmer, Pedro Almodóvar, Werner Schrœter, Patrice Chéreau, Alfred Hitchcock, etc. Juan Soto, ou même Michel Foucault, ont travaillé en clinique psychiatrique. Gertrude Stein, dans les années 1910-1920, fit des études de médecine psychiatrique. Il est également étonnant de voir le nombre de personnes homosexuelles – en général pas les plus équilibrées… au point qu’on a l’impression qu’elles essaient de régler et de justifier leurs propres névroses – qui s’inscrivent en fac de psycho, qui se lancent dans la psychanalyse, la sexologie et la psychiatrie. On peut craindre pour les générations à venir…

 

Même si tout être humain est perturbé et blessé, et que les individus homosexuels n’ont pas le monopole de la pathologie, il faut reconnaître qu’ils aggravent leur cas et élargissent leurs blessures psychiques en les niant systématiquement, en refusant leurs limites humaines, leur vulnérabilité, la violence et la régression de la pratique homo, et en extériorisant leur mal-être sur l’« homophobie » sociale (cf. je vous renvoie aux documentaires « Das Ganze Leben » (1983) de Bruno Moll, « Ce n’est pas l’homosexuel qui est pervers mais la situation dans laquelle il vit » (1970) de Rosa von Praunheim, etc.) « Je dis que si l’homosexuel est malade, ce n’est pas par son homosexualité, c’est dans la condition que la société fait à son homosexualité. » (Jean-Louis Bory dans l’émission Les Dossiers de l’écran, sur la chaîne Antenne 2, 21 janvier 1975) ; « C’est vous qui avez peur, qui êtes pris dans une psychose ou névrosés, ce n’est pas moi, ce n’est pas nous. » (Guy Hocquenghem, Le Désir homosexuel (1972), p. 11) ; « L’homosexualité est-elle une névrose ? Il est certain qu’un assez grand nombre d’homos présentent des caractéristiques névrotiques, ne serait-ce qu’un complexe de culpabilité plus ou moins intense, des angoisses et des obsessions de diverses natures. Point n’est besoin, pour le prouver, de citer André Gide et ses obsessions musicales, ni les phobies de Marcel Proust. Mais les conditions d’existence que leur crée la société suffiraient largement pour expliquer toutes les névroses possibles. Comment échapperaient-ils aux angoisses et aux complexes de culpabilité, alors que tout, autour d’eux, contribue à les culpabiliser et à leur donner un sentiment d’insécurité ? » (Marc Daniel, André Baudry, Les Homosexuels (1973), pp. 58-59) ; etc. Par exemple, toutes les fois où j’ai essayé de parler avec des personnes transsexuelles (parfois très drôles et assez intelligentes, au demeurant) pour les mettre devant le fait accompli de leur fuite du Réel, j’ai eu affaire à la même opposition : « Pfff… on croirait entendre les psychiatres ! » Certaines cachent bien leur blessure identitaire par l’humour ou le travestissement : « Le travesti se sent complètement étranger à son propre sexe, ses sensations de femmes, ou d’homme, le saturent entièrement, sans que l’on puisse constater en lui le moindre signe de folie. » (C. Westphal, en 1870, dans l’essai Histoire et anthologie de l’homosexualité (1970) de Jean-Louis Chardans, p. 306)

 

Les personnes homosexuelles blessées psychiquement ne manquent pourtant pas ! Voici quelques portraits : « À mon avis, Louis II n’était pas schizophrène, mais il souffrait plutôt d’un trouble borderline, c’est-à-dire à la frontière entre normalité et psychose, qui présente un état-limite. Les personnes atteintes de ce trouble peuvent se comporter de manière tout à fait normale lorsqu’elles bénéficient de conditions favorables, et de façon très perturbées voire carrément psychotiques lorsqu’elles se trouvent dans des conditions défavorables. Et Louis II bénéficie sans doute des conditions les plus défavorables qui soient : personne pour le contredire, personne pour s’opposer à ses folies. » (Wolfgang Schmidbauer, psychanalyste, dans le documentaire « Louis II de Bavière, la mort du Roi » (2004) de Ray Müller et Matthias Unterburg) ; « Elle est gravement malade et vit dans un monde imaginaire si bizarre et si éloigné de la réalité qu’on ne peut absolument pas lui faire entendre raison. » (Annemarie Schwarzenbach à propos de l’écrivaine lesbienne Carson McCullers, dans la biographie Carson McCullers (1995) de Josyane Savigneau, p. 103) ; « Carson McCullers souffrait de malaises psychosomatiques répétés. Qu’à toute situation de crise, elle répondait par des comportements portant la marque de l’hystérie. » (idem, pp. 129-130) ; « Il y a chez Carson McCullers une instabilité psychique, voire un schéma dépressif chronique, qu’elle cherche à compenser par l’alcool et que celui-ci souligne. » (idem, p. 136) ; « Le rôle le plus long et le plus pathétique de sa carrière : celui du ‘fou’. […] Le danseur présenta très tôt des signes de grande fragilité émotionnelle. […] Les ombres de la folie se firent bientôt plus menaçantes, et à l’automne de 1918, Nijinski montra des signes inquiétants de déséquilibre qui culminèrent à la fin de l’année. […] Nijinski avait déjà frappé sa femme, allant même jusqu’à la pousser violemment dans l’escalier de la villa. […] Il devait partir pour l’hôpital psychiatrique Burghölzli. On décida d’opter pour le sanatorium. Il partit pour le sanatorium Bellevue, à Kreuzlingen. Vaslav Nijinski n’avait que trente ans. » (Christian Dumais-Lvowski, dans l’avant-propos du journal Cahiers (1919) de Vaslav Nijinski, pp. 9-15) ; « Je n’ai pas fait de séjour en hôpital psychiatrique, comme beaucoup d’autres homosexuels de ma génération. » (Paula Dumont, Mauvais Genre (2009), p. 12) ; « Et qu’il me soit permis de poser une question : est-ce un hasard si les femmes très en demande de sexualité que j’ai rencontrées dans ma vie étaient guettées par la maladie mentale ? Qu’on le veuille ou non, même à notre époque, même en occident, même chez les jeunes, la sexualité féminine est loin d’être libérée. » (idem, p. 109) ; « Je rentre en clinique pour dépression nerveuse. » (Catherine s’adressant à son amante Paula, dans l’autobiographie de Paula Dumont, La Vie dure : Éducation sentimentale d’une lesbienne (2010), p. 18) ; « Il y a aussi des allusions à une tentative de suicide qu’elle avait faite quand elle était adolescente… Hélène était malade. La plupart du temps, elle était brillante, elle passait aussi par des épisodes de dépression où, de son propre aveu, elle n’était plus elle-même. » (Paula Dumont, op. cit., p. 57) ; etc.

 

Par exemple, dans la biopic « Yves Saint-Laurent » (2014) de Jalil Lespert, Yves Saint-Laurent est diagnostiqué « maniaco-dépressif » et interné. Il ne répond pas à son appel d’incorporation à l’armée française pour la Guerre d’Algérie : « Entre l’armée et toi… tu n’es pas allé plus loin que l’Hôpital du Val de Grâce. » commente Pierre Bergé, son compagnon. Ce dernier poursuit : « Tu es entré en maladie comme on entre en religion. […] Tu n’étais heureux que deux fois par an : au printemps et à l’automne. » Quant à Michel Leiris, il subit en 1929 une grave dépression nerveuse, une période d’incapacité totale qui nécessita, pendant environ un an, un traitement psychiatrique approprié.

 

Parmi les célébrités qu’on voit actuellement à la télévision défendre la cause homosexuelle, il est facile de cerner les personnalités paranoïaques (la palme revient à Caroline Fourest et à Didier Éribon), hystériques (Frigide Barjot, Caroline Mécary), mythomanes (Eddy Bellegueule), sadiques et maniaco-dépressives (Marc-Olivier Fogiel, Laurent Ruquier), schizophrènes/autistes (Laure Pora), exhibitionnistes, etc. Et si on ne veut pas employer de mots qui font peur, on dira queer (= étranges) ou « compliquées » (cf. l’article « La Folle compliquée » de Didier Lestrade, publié le 10 juillet 2011 dans la revue Minorités.org).

 

Laure Pora pleine de peinture rouge à la Fondation Lejeune

Laure Pora (transgenre M to F) plein de peinture rouge à la Fondation Lejeune


 

Le déni des pathologies comprises dans le désir homo et aggravées par la pratique homosexuelle expliquent qu’on reconnaisse dans le « milieu homo », et même dans les couples homos campagnards soi-disant « hors milieu », tous les symptômes et tous les profils psycho-pathologiques recensés par la tradition psychiatrique : fétichisme, dépression, schizophrénie, paranoïa, voyeurisme (addiction à la pornographie), masochisme, pyromanie, érotomanie, zoophilie, nécrophilie, sadisme, etc. Beaucoup de personnes homos vivent en amour homosexuel des histoires compliquées, de fortes déceptions de s’être trop données ou d’avoir été trahies, et cela les plonge souvent dans de profondes dépressions. « Très vite, les lettres échangées prirent, du moins pour moi, une tournure nettement sentimentale. Un jour, la femme de mon… amant platonique découvrit toute l’histoire ; et je souffris de nouveau énormément de cet amour malheureux ; je fus même au bord du suicide. À la suite de cette dépression nerveuse, le médecin de la famille, un être jeune, aimable et profondément humain, s’intéressa à moi, me confessa et finit par découvrir que ma vie sexuelle était reléguée à l’arrière-plan de mon existence. » (Jean-Luc, 27 ans, homosexuel, cité dans l’essai Histoire et anthologie de l’homosexualité (1970) de Jean-Louis Chardans, p. 81)

 

Dans mon entourage proche, j’observe sur les sites de rencontres homos, en boîtes, en soirées, avec mes amis homos, des comportements absolument incroyables. Ça commence doucement : dépression, mélancolie, analphabétisme et illettrisme, incapacité à écouter et à communiquer ses émotions (présentée comme de la « timidité » : à d’autres…), dépendance à la drogue ou à la mère, sauvagerie sociale, infidélité, mensonge, repliement sur soi, etc. Et puis parfois, ça prend des allures de films d’action ou d’épouvante : vols, viols, troubles bipolaires, sadisme, dédoublement de personnalité, vengeance, harcèlement psychologique, meurtre, etc. « La folie. Elle finissait toujours par réapparaître dans notre vie et détruisait peu à peu quelque chose en moi. Tu étais fou. Je l’étais aussi, mais beaucoup, beaucoup moins que toi. » (Abdellah Taïa  s’adressant à son amant Slimane, dans son autobiographie Une Mélancolie arabe (2008), p. 120) ; « Je fis la connaissance d’une sorte de gitan (c’est d’ailleurs moi qui l’abordai et l’enlevai, littéralement). Il était grand et je le trouvais beau, mais dans un triste état vestimentaire que venait encore renforcer une réticence marquée à l’égard de tous les principes d’hygiène élémentaire. Tandis que, comme l’aurait fait une ‘fille’, je l’invitais à monter dans ma voiture et à s’y installer avec son baluchon, je ne cessais de me répéter : ‘Tu es fou… Tout cela finira mal…[…] Le lendemain, après m’avoir tapé de quatre mille francs et ‘emprunté’ ma montre, il disparut de lui-même. » (Jean-Luc, 27 ans, homosexuel, dans l’essai Histoire et anthologie de l’homosexualité (1970) de Jean-Louis Chardans, p. 108) ; etc. Mes potes homos m’ont raconté des épisodes de leur vie amoureuse ahurissants : leur « ex » qui se fait passer pour un flic et appelle chez leurs parents, leur amant qui les suit en filature en voiture en pleine ville (course-poursuite urbaine), leur « plan cul » qui leur vole leur carte de crédit, etc. C’est à peine croyable. Certaines de mes amies lesbiennes m’ont assuré, avant d’avoir choisi la continence, qu’elles « n’étaient sorties qu’avec des folles ». Ceci est confirmé par quelques témoignages publiques : « À l’âge de 21 ans, j’ai recommencé à avoir des aventures avec des nanas. C’était toujours des catastrophes intersidérales. Je tombais sur des nanas complètement dingues, enfin je ne sais pas, c’était affreux. » (Louise, femme lesbienne de 31 ans, dans l’essai Se dire lesbienne : Vie de couple, sexualité, représentation de soi (2010) de Natacha Chetcuti, p. 54)

 

Par bien des aspects, la communauté homosexuelle a tout l’air d’un hôpital psychiatrique non-agréé, qui pue le malaise mal géré. Dans la réalité, il n’est pas rare de rencontrer des cas de catatonie (état de passivité, d’inertie motrice et psychique, alternant souvent avec des crises d’excitation, caractéristique de la schizophrénie) parmi les habitants apathiques du « milieu » (et particulièrement sur les chat gays et les réseaux sociaux). Certains individus homosexuels ne semblent avoir d’avis sur rien, aucune conversation, aucun caractère ni personnalité. Pire que ça : ils parlent comme des robots qui ne pensent qu’à baiser pour se sentir vivants. La plupart ont une double vie, mentent et dissimulent sans arrêt. Et pour ce qui est des profils de mecs homosexuels au contraire super bavards, on peut constater curieusement que ce sont surtout les personnalités homosexuelles les plus perturbées qui psychiatrisent le plus tous ceux qu’elles se choisissent pour ennemis (il n’y a qu’à voir les procès pour folie que je subis en masse sur Twitter en ce moment par certains internautes LGBTI, qui n’ont que l’homophobie pathologisée comme argumentaire, pour le comprendre !). « Fou » est un mot commode pour ne rien nommer du tout, et par conséquent ne rien essayer de comprendre non plus, puisqu’il s’agit d’innommable, de non-représentable, d’impensable, d’irrationnel. La présomption de folie ou le diagnostic d’« homophobie intériorisée » dispensent à ces psychiatres-de-comptoir d’avoir à argumenter et à voir qu’ils projettent sur moi leurs propres pathologies. D’ailleurs, leurs discours calomnieux n’ont souvent ni queue ni tête, et fonctionnent par associations phoniques de mots ou d’idées, par inversions et par slogans au syllogisme douteux. Exactement comme le dialogue insensé entre le Lièvre de Mars, le Chapelier toqué et Alice dans le dessin animé « Alice au pays des merveilles » (1951) de Walt Disney.

 

Film "Alice In Wonderland" de Walt Disney

Film « Alice In Wonderland » de Walt Disney


 

Le Chapelier toqué : « Pourquoi un corbeau ressemble-il à un grain de sel ?

Alice – Mais oui c’est vrai.

Le Lièvre de Mars – Qu’est ce que vous dites ?

Alice – Pourquoi un corbeau ressemble-il à un grain de sel ?

Le Chapelier toqué – Mais qu’est ce qu’elle raconte ?

Le Lièvre de Mars – Mais c’est elle qui a un grain !!! »

 
 

MILIEU PSYCHIATRIQUE Mariage

 

Actuellement, un des signes marquants de cette pathologie homosexuelle (et hétérosexuelle, après tout), c’est la frénésie à demander des lois sociétales (« mariage pour tous », PMA, adoption, GPA, théorie du Gender, etc.) qui poussent les êtres humains à la banalisation/négation de la différence des sexes, au déni du Réel/des limites de l’Humanité, et à la marchandisation des rapports humains sous couvert de solidarité, de sentiments et d’égalité des droits. En avril 2014, un ami homo très lucide me parlait des « couples » homos de son entourage qui avaient fait le pas de réclamer le mariage, et qui, loin d’être ceux des couples les plus durables et les plus solides de la communauté (car ceux-là n’ont pas l’orgueil de demander quelque chose qui ne leur revient pas par nature), étaient au contraire les personnalités les plus inquiétantes et les plus déstructurées qu’il connaissait : « C’est drôle, plus les mecs sont instables, ne se respectent pas, plus ils réclament ce mariage, autrement dit, ils demandent à la République le respect qu’ils ne s’accordent pas à eux-mêmes…entre autres… » À ce jour, je ne côtoie aucun « couple » homo qui se soit lancé dans le « mariage pour tous » en respectant le mariage et les enfants (et personne, dans mes connaissances homos, n’a su me fournir des exemples plus probants) : ils l’ont fait pour le symbole, pour des idéologies, par volontarisme, par paranoïa. Et leur agressivité obsessionnelle traduit bien une angoisse pathologique et une psychorigidité.

 

Milieu psy priscilla

Film « Priscilla folle du désert » de Stephan Elliott


 

Même s’il faut manier les mots, les concepts et les réalités spirituelles avec précaution, je me risque enfin à identifier la blessure psychique homo-bisexuelle en tant que phénomène concrètement démoniaque. Les prêtres exorcistes, qui sont des hommes avec la tête sur les épaules, et qui ont parfois interrogé les rares personnes possédées par Baal/Satan, attestent que le diable s’intéresse de près à la sexualité et au psychisme humains : « Baal dit : ‘Je rends faible. […] Baal va précipiter des gens très mortifiés, à la fois dans leur chair par des attaques de types affectives, sexuelles, imaginatives, dans leur orgueil parce qu’ils sont diminués, et dans leur psychisme. Son lieu de prédilection, c’est l’hôpital psychiatrique. Et il nous disait de façon assez cynique : ‘Je fais tout pour que les hôpitaux psychiatriques sortent des villes afin que jamais un malade n’entende la moindre cloche. Je vous dis ce que Baal dit des cloches : ‘Je ne veux pas que la cloche sonne l’Angélus. Quand une cloche sonne, cela retentit à mes oreilles et ça me fait fuir, car la cloche met plein d’amour partout, cela met plein de joie et d’allégresse dans tous les cœurs, même les païens l’entendent, cela leur met le bonheur dans le cœur. C’est un son audible qui transmet l’amour audiblement. C’est encore un truc de l’Église, je n’aime pas du tout l’Église. Chaque petite note de musique dans l’air, cela réchauffe le cœur des mourants, cela aide les mamans à avoir de l’amour pour leurs enfants, cela aide les papas à avoir de la force pour travailler dans les champs ; ceux qui travaillent dans les tours, ils n’entendent pas. Les enfants dans les parcs et les enfants à l’école, ils entendent les cloches. Ce n’est pas pareil que la sonnerie de l’usine, ce n’est pas pareil les cloches. La sonnerie, voilà le bruit que moi j’aime, la sonnerie. Cela étouffe la voix de l’amour. La sonnerie, c’est malin : on sort, on arrête, on fait. Tandis que la cloche, c’est un son qui donne la force aux papas, le sourire aux mamans, la joie aux enfants, l’amour à tous. Les mourants, ça leur apporte l’espérance du Ciel et moi, je ne suis pas content de tout cela. Je vais vous dire un truc, cela, c’est mon truc. Je fais en sorte que les hôpitaux soient très loin des villes pour qu’ils soient loin des églises. Ce que je n’aime pas, c’est qu’on garde l’église à l’intérieur de l’hôpital et qu’on fasse sonner les cloches dans les hôpitaux. » (Père Pascal, frère jésuite exorciste citant le diable qu’il a entendu, « Baal, ennemi de l’Église », Actes du colloque de Banneux, les Attaques du démon contre l’Église (2009), pp. 149-150)

 
 

c) L’antécédent familial : la mère folle

La folie qui submerge certaines personnes homosexuelles semble être précédée par la folie ou la dépression de leur mère (plus la mère cinématographique ou fantasmée que la mère biologique réelle), semble émerger sur un terrain familial ou social psychologiquement troublé. C’est mon cas : ma maman a vécu une grosse dépression pendant vingt ans et en est sortie quand j’avais douze ans. Et parmi mes amis homos, j’en connais beaucoup qui ont dû porter très tôt l’hystérie, la déprime, la dépression, l’hospitalisation, de leur mère… et qui se sont sentis l’obligation de l’imiter…« Elle a mis à chauffer la cire sur la cuisinière. Les pots ont explosé et le liquide brûlant a recouvert son corps comme une horrible robe dégoulinante. Elle a passé des mois à l’hôpital. Nous avons entendu son cri désespéré quand elle s’est regardée dans le miroir pou la première fois après l’accident. Nous étions à notre porte, sur la terrasse. Elle est rentrée comme une folle dans le poulailler et, pour se venger de sa tragédie, elle a égorgé, une à une, toutes les poules qui essayaient de s’envoler avec terreur. J’ai compris l’absurdité d’avoir des ailes sans pouvoir voler. Elle a fini par saisir le coq qu’elle a achevé avec les dents. Un nuage laissa filtrer les rayons d’une lune grise qui illumina le terrible visage monstrueux, ensanglanté par le sang du coq. Quelque temps après, elle est repartie. Elle a disparu dans la nature. Peut-être a-t-elle cherché dans la jungle la compassion des bêtes […]. Ce poulailler devint ma scène : il avait été le décor d’une véritable tragédie, je pouvais donc l’habiter de mes fantaisies. » (Alfredo Arias, Folies-Fantômes (1997), pp. 166-167) ; « Pas étonnant que le fils soit folle, quand on voit sa mère… » (cf. une formule citée dans la revue Têtu, n°135, juillet-août 2008, p. 72) ; « Ma mère elle était malade. Mais maintenant, elle comprend tout. » (Roberto, disquaire homo, dans le documentaire « Les Homophiles » (1971) de Rudolph Menthonnex et Jean-Pierre Goretta) ; « À l’époque, j’avais une mère qui était dépressive. » (Éric, homosexuel et séropositif, dans le documentaire « Vivant ! » (2014) de Vincent Boujon) ; « On m’en veut parce qu’elle a voulu se suicider, mais, puisqu’elle a fait ça, c’est qu’elle est folle et moi je n’y suis pour rien. » (Stéphane, jeune homme qui se prostitue homosexuellement, parlant de sa propre mère, dans l’autobiographie Et dans l’éternité, je ne m’ennuierai pas (2014) de Paul Veyne, p. 234) ; etc. Par exemple, Mylène Farmer s’intéresse beaucoup à l’actrice France Farmer (qui lui donna son pseudonyme), femme qui finit sa vie complètement folle. Les membres de la communauté homosexuelle vouent une mystérieuse fascination identificatoire pour des actrices un peu barrées voire suicidaires : Marilyn Monroe, Maria Callas, Judy Garland, Dalida, Lady Gaga, Björk, Marianne James, etc. L’hystérie maternelle est un thème de prédilection des réalisateurs ou des écrivains tels que Gaël Morel, Pedro Almodóvar, François Ozon, Rainer Werner Fassbinder, Copi, Michel Bellin, Federico García Lorca, etc.

 

Certaines personnalités homosexuelles témoignent également de la pathologie de leur mère de sang : « Je ne pouvais supporter qu’une telle dégradation frappe ma mère. Un jour, j’ai rêvé que je lui criais avec colère : ‘Arrête d’être folle ! » (Annie Ernaux, Je ne suis pas sortie de ma nuit (1997), p. 11) ; « Ma mère était hospitalisée en psychiatrie. Je n’avais personne vers qui me tourner. » (Robert, homosexuel, cité dans l’essai Ça arrive aussi aux garçons (1997) de Michel Dorais, p. 46) ; « Mon père veut nous éloigner de la famille folle de ma mère. Il nous protège. Il la protège aussi. Elle est vulnérable. Quand elle pleure, je sais que ma mère est comme eux, malade des nerfs. » (Christophe Honoré, Le Livre pour enfants (2005), p. 38) ; « Cecilia, la mère d’Ernestino, riait comme une folle. » (Alfredo Arias, Folies-Fantômes (1997), p. 193) ; etc. Par exemple, la mère d’Allen Ginsberg, Naomi, mourut dans un asile de fous ; il n’avait que 6 ans quand elle a été internée. Aux États-Unis, Jeffrey Dahmer (alias le « Monstre de Milvaukee ») est un vrai cannibale et nécrophile, homosexuel de surcroît : entre 1978 et 1991, il a tué dix-sept jeunes hommes. Il a grandi élevé par une mère en dépression nerveuse. Dans le docu-fiction « Christine de Suède : une reine libre » (2013) de Wilfried Hauke, il est dit que la maman de Christine « est fragile psychologiquement et jalouse de son nouveau-né ». La Reine Christine parle même de « sa démente mère ».

 

La nervosité et l’orgueil maternels ont pu être anxiogènes et reportés sous forme d’homosexualité sur les personnes homosexuelles. « Face à mes bouffées de stress matinales, ma mère avait fini par s’inquiéter et appeler le médecin. Il avait été décidé que je prendrais des gouttes plusieurs fois par jour pour me calmer (mon père s’en moquait Comme dans les asiles de dingues’). Ma mère répondait, quand la question lui était posée, que j’étais nerveux depuis toujours. Peut-être même hyperactif. » (Eddy Bellegueule, En finir avec Eddy Bellegueule (2014) d’Édouard Louis, p. 64) ; « Ma mère pleurait de désespoir, dans son grand manteau de fourrure qui faisait d’elle une espèce d’ours sinistre : une grosse boule de poil en larmes qui me rendait encore plus cafardeux. » (Alfredo Arias, Folies-Fantômes (1997), p. 193) ; « Lattéfa était possédée mais je n’ai jamais su comment cela avait commencé pour elle. Pour quelle faute ? Quel crime ? Quel but ? Et jusqu’à quand allait-elle être étrangère à elle-même, juste à côté de la folie ? J’étais Lattéfa. » (Abdellah Taïa, Une Mélancolie arabe (2008), pp. 86-87) ; etc.

 

Actuellement, beaucoup de mères et de femmes, dans leur déni de leur sexuation ou dans leur prétention à prendre la place des hommes ou de leur mari, nourrissent leur propre hystérie et leurs angoisses. Ce n’est pas un hasard si Jacques Lacan dit que l’hystérie est « la maladie de l’utérus migrateur », en parallèle avec l’homme phallique. Et maintenant, avec la pratique mondialisée de l’adoption, des PMA et GPA, la mère folle devient beaucoup de femmes lesbiennes en couple !

 

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