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Code n°65 – FAP la « Fille à pédé(s) »

FAP

FAP la « Fille à pédé(s) »

 

NOTICE EXPLICATIVE :

 

L’amitié « fille à pédé »/« l’homosexuel » : idolâtrie de l’« amour » désincarné

 

La rupture des personnes homosexuelles avec les femmes réelles ne se consomme pas forcément dans le tragique. Elle se fait la plupart du temps avec les dents blanches de l’amitié forcée. La « fille à pédé » apparaît comme la version souriante et télévisuelle de la misogynie impulsée par le désir homosexuel. Dans le jargon communautaire homosexuel, la « fille à pédé » (ou « FAP », « hétérote », « Fag Hag » en anglais) est le nom donné à la femme – plus mythique que réelle, autrement dit hétérosexuelle ou lesbienne – qui attire(rait) magiquement à elle tous les hommes gay de son entourage. En règle générale, la société médiatique lui a appris à défendre son titre, ce qu’elle fait ensuite toute seule spontanément.

 

Historiquement, elle est née sur nos écrans de cinéma. Ses prototypes les plus représentatifs sont les actrices (telles que Liza Minelli, Élizabeth Taylor, Julie Andrews, Vivien Leigh, Jeanne Moreau, etc.) qui jouèrent aux côtés des acteurs homosexuels planqués d’Hollywood, et qui maintenant se plaisent à se montrer comme des marraines idéales de la communauté LGBT (Madonna, Lady Gaga, Mylène Farmer, Lio, Christiane Taubira, Frigide Barjot, etc.). Elle possède toujours plus ou moins les mêmes masques : l’excentrique femme-enfant amoureuse de son meilleur ami homo, la menteuse, la fille boulotte ou ex-anorexique exploitée par les hommes, la prostituée courtisane habillée en mauve (la couleur des femmes lesbiennes… car la FAP est souvent un peu lesbienne quand elle s’actualise), l’actrice ratée, la bad girl infréquentable et un peu déséquilibrée, la femme libertaire mal mariée qui luttera ardemment dans la vie réelle pour la cause gay et « féministe », l’alcoolique qui ne s’attache pas sentimentalement et qui se fait avorter, la courtisane et la croqueuse d’hommes, la nymphomane hystérique et accaparante, etc.

 

Les personnages homosexuels singent avec elle une relation qu’on pourrait qualifier « de parfait collaborateur à parfaite collaboratrice ». Cette union a la force des amitiés d’adolescence : ils se jurent fidélité, mais la « fille à pédé » et « l’homosexuel » se servent mutuellement l’un de l’autre sans s’aimer véritablement, sans se détester non plus, comme les deux moitiés séparées d’une même conscience attachées ensemble par la force des choses, pour « se rassurer » comme disent Maïté et François dans le film « Les Roseaux sauvages » (1994) d’André Téchiné. L’« Homme de leur vie » qui les rassemble est en réalité l’androgyne, un personnage qui concrètement représente parfois leur blessure d’amour secrète commune : « Nous savons très bien où nous en sommes avec Carmen : nous aimons le même homme et il nous a dévastés, l’un et l’autre. » (Frédéric Mitterrand, La Mauvaise Vie (2005), p. 132) La « fille à pédé » actualisée dissimule par son attrait pour « les homos » sa peur ou son mépris des hommes. En se barricadant dans les lieux d’homosociabilité, elle se prive d’amour et se saoule d’amitié. Ce qui la rattache à son copain homosexuel, c’est leur besoin commun de tendresse, leur désir d’enterrer un passé douloureux et de rattraper le temps perdu, l’oubli de la frustration du célibat et des déboires sentimentaux, l’entretien dans l’identique et l’homosexualité. Ils se tolèrent mais c’est une union de misères ou de kleenex, qui ne supporte que temporairement la consommation mutuelle. « En retrouvant Marine, au bout de deux ans de silence et de trahison, plusieurs pensées me traversent la tête : en profiter pour aller lui filer une beigne, ce qui me démange terriblement, ou l’embrasser avec douceur, ce qui me démange tout autant. » (Hervé Guibert, À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie (1990), p. 133) La « fille à pédé » offre peu de perspectives. Son univers est « désespérant », comme le chante Maurane dans « Qui es-tu Marie-Jeanne ? » à propos de son personnage de la comédie musicale Starmania. Elle est rentrée un peu trop précipitamment dans la relation compassionnelle avec son ami homosexuel pour être honnête. Ce dernier la voit qui manigance pour le décourager de ses recherches fondamentales (recherche du père, quête de l’amour conjugal, engagement religieux, etc.). De son côté, il a tendance à se servir d’elle comme un « rempart » (Jean-Philippe, travesti M to F, concernant son personnage de Charlène, dans l’article « Charlène Duval » de David Lelait, dans le site www.e-llico.com, consulté en juillet 2005) pour fuir sa vie ou faire d’elle un « appât » (cf. le film « Suddenly Last Summer », « Soudain l’été dernier » (1960) de Joseph Mankiewicz) afin de faire venir à lui les soupirants. Il n’est pas rare qu’il ait la vulgarité de l’associer à son animal de compagnie, souvent un singe (cf. vous pouvez consulter les parties sur les « FAP-appâts » ou les « FAP-singes » du code « Destruction des femmes » dans mon Dictionnaire des Codes homosexuels.).

 

FAP Suddenly

Elisabeth Taylor (Catherine) qui se fait utiliser comme « appât » à hommes par son cousin homo Sébastien


 

La « fille à pédé » cinématographique essaie de dire aux individus homosexuels réels qui se trouvent de l’autre côté de l’écran la violence symbolique de leur attitude, comme la jeune femme du film « Anatomie de l’enfer » (2002) de Catherine Breillat : « Vous ne savez pas l