Film « Le 13e Jour » sur les apparitions de Fatima en 1917 : pourquoi ne pas relayer les appels insistants de la Vierge ?

 
Treizième Jour affiche
 

Je reviens d’aller voir le film britannique « Le 13e Jour » (2016) de Dominic et Ian Higgins qui vient de sortir au cinéma en France, dans peu de salles, et que je vous invite à aller voir, surtout si vous ne connaissez pas les apparitions de la Vierge Marie à Fatima : Marie est en effet apparue en 1917 à trois bergers portugais – Lucia, Francisco et Jacinta – pendant 6 mois et toujours le treizième jour de chacun de ces mois, pour leur délivrer trois secrets. Authentifiés par l’Église catholique, il reste énormément de zones d’ombre à leur sujet.

 
Treizième Jour apparition
 

Mon colocataire s’était rendu à l’avant-première du film en décembre de l’année dernière, juste avant que je me rende moi-même sur place à Fatima pour le jour de Noël (où j’ai appris plein de choses, mais c’est le lever de boucliers dès que vous essayez d’enquêter sur le troisième secret). Il m’avait dit que le film n’était pas mal, mais qu’il survolait les trois secrets pour se centrer sur la vie des trois pastoureaux. Il constituait donc un docu-fiction intéressant pour les néophytes, une bonne vulgarisation et un avant-goût des apparitions de Fatima, mais pas une œuvre fouillée.

 

Et en effet, en le voyant aujourd’hui, je suis ressorti très partagé. À la fois je ne peux que me réjouir que le cinéma aide à faire connaître à un large public et à extraire du passé un événement aussi important pour le monde que les apparitions mariales de Fatima, à la fois ça me révolte que ça soit fait comme ça, de manière aussi brouillonne et superficielle. Le pire, c’est que la falsification historique se donne des airs d’archives, de commémoration fidèle, de document réaliste et journalistique, de résurrection de la mémoire catholique, d’hommage spirituel… alors que concrètement, les messages de la Vierge sont survolés, rétrécis au lavage, et même transformés. Et ça, comme dirait Helmut Fritz, « Ça m’énerve ».
 

Photo du film et commentaire de Liberté Politique

Photo du film et commentaire de Liberté Politique


 

Ce qui m’agace, c’est que l’essentiel des apparitions – le contenu des avertissements de la Vierge – est relégué au rang de détail, puis remplacé par la réactions extérieure et postérieure, par l’impression, l’émotivité qu’ils suscitent. Le film dévoile davantage les conséquences de la censure dont les trois secrets font l’objet que la réalité et le sens des secrets en eux-mêmes. Comme si la Sainte Vierge était venue pour rien, avait presque été muette lors de ses apparitions, n’avait averti de rien. Les trois secrets sont figés en historiettes symboliques, tiennent en 2-3 phrases. Hallucinant, cet hommage qui n’en est pas un, ce passage de micro à la Vierge pour finalement le lui couper préalablement. On déplace le centre du message sur ses effets, ou vers les difficultés de vivre avec. C’est fou ! La beauté et la gravité de la Vérité méritent-elles une pareille guimauve pleurnicharde ? un tel silence ? Je ne comprends pas.
 

La mise en scène du « 13e Jour », aussi naturaliste qu’elle veuille être (on nous montre en fil conducteur la voix-off de sœur Lucie qui écrit/relit ses mémoires), est complètement trafiquée, romancée, dramatisée. Le pathos dégouline. La musique mélo occupe trop d’espace. Tout y est larmoyant. Sans compter les doublages de mauvaise qualité, les ralentis kitschissimes, les esthétisations douteuses (exemple : la larme de sang qui coule de l’œil de Jacinthe au moment de sa mort ; ou encore la simulation d’arrivée Superman de la Vierge dans les nuages). Dans ce film, la joie est très peu présente, sauf à quelques rares moments où c’est carrément la pluie de pétales de roses à la fin, l’extase-guimauve. Sinon, c’est de la pleurniche tout le temps. Je doute que ça se soit passé comme ça dans la réalité.
 

La vraie Jacinthe Marto

La vraie Jacinthe Marto


 

« Le 13e Jour » sent le montage à tous les étages. Comme dans les films de reconstitution « historique » actuels, travaillés à grand renfort d’images de synthèse (je pense à « Qué viva Esenstein ! » (2015) de Peter Greenaway, ou encore à « Moulin Rouge » (2001) à Baz Luhrmann), on a l’impression avec « Le 13e Jour » que toutes les images sont formatées pour faire vieillottes, pour faire « d’époque », mais c’est un massacre au bistouri cinématographique aussi voyant que les photos retouchées des trois bergers de Fatima. Ravalement de façade monstrueux.
 

Lucie, Francis, Jacinthe... puis les mêmes qui se sont pris un camion

Lucie, Francis, Jacinthe… puis les mêmes qui se sont pris un camion


 
Treizième Jour Jacinthe
 

Tous les personnages sont manichéisés et simplifiés à l’extrême. Le scénario semble d’ailleurs suivre la trame des tableaux de « La Belle et la Bête » de Walt Disney (c’est vous dire le niveau). Le seul personnage à qui le film a rendu fidèlement un peu de son épaisseur, un peu de psychologie et de contradictions, c’est Jacinthe. Sainte Jacinthe. Il la montre comme une fillette un peu trop auto-centrée, parfois capricieuse et boudeuse, têtue, avec un grain de folie et de fantaisie (elle aimait danser). J’aime ces saints à qui on laisse l’impétuosité et les défauts : ça les rend très accessibles, surtout pour nous tous pécheurs.
 
Treizième Jour Jacinte capricieuse
 

Pour le reste, zéro psychologie. La mère de Lucie est présentée les trois-quarts du temps comme une marâtre. Les autres personnages sont pour la plupart dépeints comme des sceptiques (à deux exceptions près), voire comme des méchants de dessin animé, des gangsters Al Capone, des parrains de la mafia Santa Barbara.
 
Treizième jour al capone
 

Le plus embêtant, cela reste les imprécisions, voire carrément les falsifications qu’on prête à la Vierge et aux enfants. Le film « Le 13e Jour » a dû choisir et faire des coupes pour ne pas durer trop longtemps, j’en conviens, mais là, ce ne sont pas de simples coupes. C’est de la désinformation. Par exemple, quelques mois avant les apparitions mariales, les trois enfants ont vu l’Ange du Portugal (probablement l’Ange Gabriel) à trois reprises à Loca do Cabeço, qui les a préparé à prier et à accueillir la venue de la Vierge. Il n’en est pas du tout fait mention. Pas plus qu’il n’est montré que le jeune berger Francisco, pendant les apparitions de la Vierge, voyait tout mais n’entendait rien. Ce sont sa sœur et sa cousine qui lui rapportaient ce qu’elles entendaient. Plus gênant encore est le choix interprétatif des réalisateurs du film de réduire le premier secret à sa dimension de film d’horreur (alors que, aux enfers, concrètement, les enfants ont vu beaucoup de prêtres et de cardinaux, et ont beaucoup plus de choses à en dire !), de réduire le deuxième secret aux deux premières Guerres Mondiales (sans aller voir plus loin vers la Troisième Guerre Mondiale et la Fin des temps), de réduire le troisième secret à l’attentat du Pape Jean-Paul II et à la Guerre Froide (et non au schisme à l’intérieur de l’Église, aux tribulations contre le Pape François et ses quelques prêtres fidèles, à la Fin des temps). Les secrets de Fatima renvoient d’une part à la vision des enfers (1er secret), en second lieu à la Seconde Guerre Mondiale et au communisme (2e secret), et en troisième lieu à la Fin des temps et aux Trois Jours de Ténèbres. Ils ne sont nullement « de simples images ».
 

La démarche de la Vierge n’est donc pas du tout respectée. Le troisième secret n’est pas qu’une image d’Épinal légendaire ou appartenant au passé. L’appel virginal intègre la dualité des miracles de Dieu. Car lorsque les Hommes, grâce à la Vierge, obtiennent exceptionnellement du Père des preuves de Son existence (par exemple, la « Danse du Soleil » du 13 octobre 1917, devant 70 000 personnes, dont des journalistes et une majorité d’incrédules), ce n’est jamais gratuit et ça ne se fait pas sans douleur. La preuve irréfutable de Dieu ôte forcément une grande part de foi, de confiance et de liberté à ceux qui en bénéficient, coûte souvent un bras, et a toujours sa face amère de violence et de crainte. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle cette fameuse « Danse du Soleil », loin d’être simplement un cadeau ou une démonstration de force, a généré une véritable scène de panique parmi la foule qui l’a vue. Car les preuves de l’existence de Dieu ressemblent à un châtiment, à un sévère avertissement, à un appel empressé à la conversion… ce que ne montre pas « Le 13e Jour ». Au contraire : dans le film, la scène de panique du troisième secret se dilue en pluie de confettis (pétales de rose), en messages infantilisants et pacifiques. « Le 13e Jour » se conclut par un mot sirupeux et bobo de sœur Lucie (« J’ai l’espoir que Fatima symbolisera toujours la lumière dans l’obscurité. Une lumière qui nous conduira à la Paix. »). Et dans le générique final, on nous invite à « conserver notre âme d’enfant » : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. ». L’appel pressant à la conversion ? Nulle part. Le caractère urgent et mondial et concret des trois secrets ? Évaporé ! La Vierge Marie ? Gentiment remerciée et non-exaucée dans sa demande.
 

Ce n’est pas un hasard si le pape Benoît XVI a expliqué en 2010 que le troisième secret de Fatima ne s’était pas encore accompli, et que le message d’Akita au Japon et le troisième secret de Fatima avaient exactement le même contenu. Or, si on regarde la version officielle du troisième secret divulguée par le Vatican en 1960, on voit bien qu’il y a rétention d’informations. Voici les propos prêtés à sœur Lucie : « Après les deux parties que j’ai déjà exposées, nous avons vu sur le côté gauche de Notre-Dame, un peu plus en hauteur, un Ange avec une épée de feu dans la main gauche ; elle scintillait et émettait des flammes qui, semblait-il, devaient incendier le monde ; mais elles s’éteignaient au contact de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre-Dame en direction de lui ; l’Ange, indiquant la terre avec sa main droite, dit d’une voix forte : ‘Pénitence ! Pénitence ! Pénitence !’. Et nous vîmes dans une lumière immense qui est Dieu quelque chose de semblable, à la manière dont se voient les personnes dans un miroir quand elles passent devant, à un Evêque vêtu de Blanc, nous avons eu le pressentiment que c’était le Saint-Père. (Nous vîmes) divers autres évêques, prêtres, religieux et religieuses monter sur une montagne escarpée, au sommet de laquelle il y avait une grande Croix en troncs bruts, comme s’ils étaient en chêne-liège avec leur écorce ; avant d’y arriver, le Saint-Père traversa une grande ville à moitié en ruine et, à moitié tremblant, d’un pas vacillant, affligé de souffrance et de peine, il priait pour les âmes des cadavres qu’il trouvait sur son chemin ; parvenu au sommet de la montagne, prosterné à genoux au pied de la grande Croix, il fut tué par un groupe de soldats qui tirèrent plusieurs coups avec une arme à feu et des flèches; et de la même manière moururent les uns après les autres les évêques, les prêtres, les religieux et religieuses et divers laïcs, hommes et femmes de classes et de catégories sociales différentes. Sous les deux bras de la Croix, il y avait deux Anges, chacun avec un arrosoir de cristal à la main, dans lequel ils recueillaient le sang des Martyrs et avec lequel ils irriguaient les âmes qui s’approchaient de Dieu. » Si l’on compare cette version avec la prophétie d’Akita (la Vierge s’adressant à sœur Agnès le 13 octobre 1973, jour anniversaire de la dernière Apparition de la Vierge à Fatima, en plus !), il n’y a pas photo : le texte du troisième secret de Fatima a été carrément édulcoré dans la métaphore, et même tronqué. Sœur Agnès rapporte en effet les propos de la Vierge en ces termes : « Ma fille chérie, écoute bien ce que je vais te dire maintenant, et transmets-le à ton Supérieur. Comme je l’ai déjà annoncé précédemment, SI LES HOMMES NE SE CONVERTISSENT PAS, le Père fera tomber sur toute l’Humanité un grand châtiment. Sans aucun doute ce sera un châtiment plus grave que le déluge, tel qu’on n’a encore jamais vu. Le Feu tombera du Ciel. Par ce châtiment une grande partie de l’Humanité sera détruite. Les Prêtres mourront comme les fidèles. Les hommes qui seront épargnés connaîtront de telles souffrances qu’ils envieront ceux qui sont morts. Alors la seule arme qui restera sera : le ROSAIRE et le SIGNE laissé par le Fils. Chaque jour récitez la prière du Rosaire. Avec la Prière du Rosaire, priez pour les Évêques et pour les Prêtres. L’action du démon a pénétré jusque dans l’Église. Les Cardinaux se dresseront contre les Cardinaux, et les Évêques contre les Évêques. Les prêtres qui M’honoreront seront méprisés, vilipendés, combattus par leurs confrères. L’Autel, l’Église seront saccagés. L’Église sera remplie de gens à compromissions. Par l’action du démon, beaucoup de Prêtres et de Religieuses abandonneront leur Vocation. Le démon s’acharnera tout spécialement contre ceux qui se seront offerts au Père. La perte de beaucoup d’âmes est la cause de ma douleur. » Il y a donc quelque chose qui ne colle pas entre la ressemblance Fatima/Akita confirmée par le pape Benoît XVI et l’écart qu’on observe entre les deux compte-rendus officiels de Fatima et d’Akita. Cherchez l’erreur…

 
Treizième Jour photo d'archives Jacinthe
 

L’autre niveau du troisième secret de Fatima est, me semble-t-il, eschatologique et d’anticipation : la « Danse du Soleil » n’est pas juste une démonstration de force de Marie-magicienne ni une performance pour impressionner la galerie, contrairement à ce que donne à penser « Le 13e Jour ». C’est bien plus que cela : c’est une préfiguration de ce qui va se passer à la Fin des temps et aux Trois Jours de Ténèbres. Il est dit dans la Bible que le Jugement Dernier descendra sur terre non simplement par l’eau (comme ce fut le cas pour Noé) mais par le fer et le feu. On ne saurait être plus clair. Malgré ses limites, le documentaire exceptionnel de Pierre Barnérias, « M et le Troisième Secret », est bien plus fidèle au caractère prophétique, annonciateur, urgent et concret, du troisième secret de Fatima, que ne l’est « Le 13e Jour ». Pierre Barnérias prend la Vierge vraiment plus au sérieux. Et il a raison. C’est quand même un monde que la Vierge Marie, qui n’apparaît jamais pour rien, soit censurée de la sorte par ceux-là même qui se portent volontaire pour relayer son message !
 

À mon avis, le troisième secret, tout comme à Akita, parle : 1) que les ¾ de l’Humanité risque de disparaître si le monde n’écoute pas la Vierge et ne se convertit pas (c’est la Justice et les Trois Jours de Ténèbres qui tombent après le temps de Miséricorde : c’est ni plus ni moins ça, le secret de Fatima) ; 2) du risque de cataclysmes écologiques d’une envergure inimaginable (peut-être créés par un bombardement nucléaire) ; 3) d’une forte perturbation à la tête de l’Église et autour du Pape (c’est bien pour ça que le Vatican a du mal à divulguer le troisième secret ; d’ailleurs, dans celui-ci, le Pape n’est pas tué seul mais avec un groupe de disciples, et par une armée de soldats qui les visent avec des balles ou des flèches : par conséquent, le troisième secret n’est pas, comme l’induit « Le 13e Jour », l’attentat de 1981 du Pape Jean-Paul II !). « L’Année de la Miséricorde » proposée par le Pape François, ainsi que son intérêt soudain pour la France, puis son Encyclique Laudato Si pointant le risque de catastrophes naturelles, n’arrivent pas par hasard : le Pape François et le Pape Benoît XVI connaissent la feuille de route, le déroulement dévoilé par les secrets de Fatima, le script des fins dernières. On ne nous la fait pas ! C’est juste pour éviter la panique et pour produire l’effet inverse que voulait la Sainte Vierge (à savoir le regain de confiance) que certainement les Papes connaissant le troisième secret de Fatima se taisent concernant ce dernier. Mais il y a aussi une raison moins noble : la désobéissance à la sainte Vierge. Et ça, ça fait très mal. Le Père Malachi Martin, qui a pris connaissance du véritable troisième secret de Fatima, en 1998, une année avant sa mort, avait dit : « Vous savez, si le Vatican révélait le 3e secret ce serait un tel choc chez les gens, que les églises seraient immédiatement remplies de fidèles à genoux, les confessionnaux de toutes les églises, cathédrales et basiliques seraient pleins à craquer, même le samedi soir ! » Ce n’est pas du tout l’impulsion que donne aux spectateurs le film « Le 13e Jour ». Donc je vous engage à aller le voir, surtout si vous ne connaissez pas Fatima. Mais après, il va falloir approfondir ailleurs.
 

Visite divine chez ma dentiste

dentiste
 

Ce matin, je me suis rendu chez ma dentiste à Paris. Elle ne me voit pas souvent (ma dernière visite datait de janvier 2011 : c’est dire !). Et je lui ai annoncé d’emblée qu’elle ne me reverrait plus étant donné que ma visite de contrôle était motivée par un départ durable sur les routes, sans argent, sans toit, et pour évangéliser. J’ai senti que ma démarche l’interpellait (« Vous êtes très croyant, n’est-ce pas ? »), même si cette jeune femme quarantenaire m’a avoué, en présence de son assistante, qu’elle était « croyante mais non pratiquante ». Je n’ai pas commenté (j’avais la bouche pleine haha).

 

Après une si longue absence de la salle de torture des dentistes, je craignais le pire pour mes dents. Mais ça va : c’est allé vite. Ma dentiste n’a pas arrêté de s’extasier sur la qualité de mes dents, de me dire que j’avais une très belle dentition, que je me brossais efficacement les dents, et que j’avais un « excellent capital ». Ouf ! Un simple détartrage un chouia douloureux, mais rien de grave (j’ai vu à la fin sur la serviette blanche en papier en-dessous de mon menton des mini éclats de sang… mais apparemment, m’a certifié ma dentiste, « ce n’était rien comparé à d’autres patients »… le Monde magique des soins dentaires…). En boutade, j’ai avoué à la fin à ma dentiste que la plus grande torture n’était pas de se faire charcuter la bouche par elle, mais de l’écouter parler de foi, la bouche ouverte, et de ne pas être en capacité de lui répondre !

 

Car oui, il a suffi que je parle de mon projet pour que le cœur de cette femme soit travaillé et se dilate. Pendant qu’elle me soignait, elle s’est mise à me raconter que la mère (qu’elle aime beaucoup) d’un de ses amis croyants était en train de mourir (celle-ci a 92 ans) et qu’au téléphone avec lui, elle a senti qu’au regard de son fils, il y avait l’espérance que la vie de sa maman ne se finissait pas là. Cette foi de son ami semblait la questionner. De même, ma dentiste est d’origine polonaise. Et elle m’a parlé de son amour pour la Pologne (qui, à priori, n’est pas la destination la plus sexy de la planète), et m’a demandé si j’allais aux Journées Mondiales de la Jeunesse. Intérieurement, ça m’a interpellé, son attraction pour la Pologne. Car cela ne peut qu’être une motion de l’Esprit Saint. Peu de personnes savent que les prochaines JMJ auront lieu à Cracovie et peu s’y intéressent, surtout pas les non-pratiquants. J’entendais en elle un déchirement (très bobo) entre foi et raison, entre son éducation et son idée d’elle-même, de ce qu’elle est devenue. Et j’ai trouvé ça incroyable qu’elle se livre ainsi, avec le si peu que je lui avais dit. La mâchoire béante, je l’entendais prendre sa voix de bobo (proche de celle d’une de mes grandes sœurs, ou à la Audrey Pulvar), à la fois châtiée, à la fois charretière, pour se donner un air faussement « cool », et je me disais en moi-même : « Philippe, tu vas trouver le courage, avant de quitter son cabinet, de lui parler en Vérité, et de lui proposer, sans qu’elle se vexe, la lecture de ton livre sur les Bobos. Subtilement et joyeusement. » Ça n’a pas loupé. Après une longue écoute, j’ai réussi à son bureau à lui glisser quatre Vérités :
 

1) Je voyais que, depuis le début, elle n’attribuait la foi en Dieu qu’à une affaire d’« éducation » et de « culture », pour en faire un destin individuel (donc non-universalisable à elle) et une valeur relative. Alors je lui dis : « Vous savez, si la foi n’était qu’une affaire d’éducation, ça se saurait. Surtout en ce moment où le dogme mondial est la désobéissance et la rupture avec sa culture d’origine, avec sa tradition religieuse. La foi survivant après l’éducation, c’est rare. La foi vraie est avant tout une rencontre personnelle d’amour avec le Christ. ».

2) Je sentais également dans son discours que ma dentiste mettait arbitrairement des points finaux à la vie, en décrétant la « mort de la mort », ou bien la « finitude de la vie » (« Tout a une fin. » répétait-elle), dans un fatalisme et un déterminisme qui se veulent « philosophiques » et « humbles » (vieux restes d’un stoïcisme hédoniste) mais qui sont en réalité plein de désespérance. Et j’ai dit à ma dentiste et à son assistante, en insistant bien par le regard : « Notre corps est certes mortel et passager, mais pas notre âme. Notre âme est immortelle ! Même celle qui va en enfer. On ne nous le dit pas assez. Si on savait que l’âme de tout être humain est immortelle, et qu’on va soit en chier soit jubiler ad vitam aeternam, chaque Homme prendrait davantage soin de son âme ! ».

3) Pendant que ma dentiste remplissait ma feuille de soins (que je ne donnerai même pas à ma mutuelle : sécu de mes deux !), j’ai glissé que le plus important dans la foi, c’était de pratiquer, et non pas de simplement croire. « Car même les démons croient en Dieu… Ils savent qu’Il existe, comme l’explique très bien Fabrice Hadjadj dans son livre ‘La Foi des démons’. En revanche, ils ne L’aiment pas en dépit de leur croyance. C’est le croyant pratiquant qui aime vraiment le Christ. Les démons, eux, se disent ‘croyants mais non-pratiquants’. ». Je n’ai pas rajouté « … comme vous ». Mais je crois qu’elle a pu deviner, sans s’en formaliser, combien j’avais à cœur la pratique religieuse, l’Église-Institution, la foi incarnée.

4) Enfin, j’ai réussi à lui indiquer le chemin vers mon blog L’Araignée du Désert (elle était demandeuse pour le prendre en note) et surtout vers mon livre Les Bobos en Vérité, sans lui faire comprendre que je la trouvais hyper bobo (lol). En revanche, j’ai bien insisté pour exprimer la beauté des bobos qui, pour certains, sont des ouvriers de la dernière heure, comme je l’explique en conclusion de mon livre. J’ai même eu le temps d’évoquer la fin des temps, et l’importance d’aimer notre époque et de se passionner pour le boboïsme, dont j’ai donné une très courte définition.

 

Tout ça en cinq minutes ! Merci Seigneur !
 

Nous nous sommes laissés. Elle m’a raccompagné jusqu’au pallier. Elle m’a dit avec un sourire : « À bientôt ». Je lui ai répondu « Je pense que c’est la dernière fois. Mais je prierai bien pour vous ! » (Pas insistant et pas lourd du tout, le mec ^^). Pourtant, je peux vous assurer que je n’ai fait aucun forcing. Sous le vernis bobo, il y a en général une grande soif de Jésus qui ne demande qu’à être étanchée, une belle foi qui ne demande qu’à éclore, une grande angoisse et un complexe qui ne demandent qu’à se lever, une fausse indifférence et un petit orgueil qui ne demandent qu’à être vaincus par Jésus. Je te rends grâce, Jésus, pour ma dentiste. Et je te prie pour que tu te fasses connaître à elle et à sa famille, et que tu continues de la conduire sur ton Chemin de Vie !

Eros (bobo) Hugo

Eros Hugo
 

Il y en a parmi vous qui me demandaient des exemples de drague bobo et des explications du code bobo 54 – « Je ne drague pas. Et c’est pas sexuel. » ( = on baise comme des lapins mais c’est ascétique, chaste, spirituel, quand même) dans mon livre Les Bobos en Vérité. J’en ai trouvé une belle illustration ce matin en me rendant chez mon dentiste, avec le titre de l’affiche de la nouvelle expo parisienne sur Victor Hugo Eros Hugo : Entre pudeur et excès. Regards croisés…

Les rats débarquent dans Paris

L'Étoile mystérieuse de Tintin

L’Étoile mystérieuse de Tintin


 

Mes voisins d’immeuble me disent que c’est de la folie tellement il y a des rats partout en ce moment dans Paris, et chez nous. J’avais vu que les résidents avaient installé un peu partout des pièges « pour dératisation » dans la cour et le jardin entre les deux immeubles. Mais mon voisin de pallier m’a carrément signalé qu’il en avait observés se baladant en masse dans les hauteurs du bâtiment d’en face, sur les toits…
 

C’est la ffffffffin des temps !!! hahahaha (rire sardonique de Philippulus le Prophète)
 
etoilemysterieuse3

Islam, jumeau de la débauche et de l’incroyance occidentales

islam
 

Vu à l’instant sur un arrêt de bus parisien : pub contre le harcèlement sexuel (* voir le tag rajouté, et pas par moi). Quand je vous expliquais par vidéo que l’Islam n’est pas une religion, mais juste une réaction mimétique inversée de l’occidentalisme, une réponse répressive à la dictature de la liberté sans limites, un excès inconscient du libertinage, une excroissance du libertarisme mondial.

Prophète, oui, c’est un métier

 

Moi, quand j’allais au Forum des métiers organisé par mon collège ou mon lycée, j’en ressortais toujours bredouille ou déprimé parce que je ne voyais pas de métier qui corresponde vraiment à ce que mon coeur voulait. Pourtant, je devinais mes talents et savais que cette indécision professionnelle était positive, que mon insatisfaction n’était pas du caprice ou de la paresse.
 

Et puis, le jour où j’ai entendu de la bouche de saint Paul et de la Bible que « mendiant », « priant », « prophète » ou « apôtre » étaient des métiers, j’ai arrêté de complexer. Sans être un poids pour les autres, il est important de savoir qu’il existe des métiers qui sont des vrais travaux pas rémunérés par « le monde ». Merci Jésus d’avoir pensé aux tordus psycho-rigides comme moi.
 
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Les contradictions manifestes de La Manif Pour Tous

 

En lisant la nouvelle interview que la responsable de La Manif Pour Tous a accordée pour France Catholique, que j’ai décidé d’en faire une étude de texte et de montrer aux leaders du mouvement qu’ils se contredisent et se trompent de cap.
 
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J’ai commenté en vert chacune des phrases de l’interview de la responsable de la Manif Pour Tous, pour que vous compreniez ma réaction.
 
 

« Avant de parler des régionales, je voudrais rappeler que LMPT vise deux objectifs  : d’une part, empêcher le saccage de la famille par la majorité au pouvoir  ; » C’est fascinant, cette extériorisation du problème sur la gauche et ce partisianisme politicien binaire. Parce que les politiciens et les gens de droite ne saccagent pas la famille, peut-être ? Parce que le saccage par la famille venant de la droite serait plus enviable ? De surcroît, ledit « saccage de la famille » n’est pas dénoncé en lui-même, ni même décrit. Autre absurdité : la focalisation nataliste sur la famille, entendue principalement comme cellule familiale procréative et non d’abord comme « mariage (d’amour, procréatif ou non) »… alors qu’en réalité, le couple femme-femme est la première famille ; alors qu’en réalité, le mariage est la différence des sexes ; alors que la première souche de la famille est l’individu sexué seul. Les leaders LMPT ne s’intéressent qu’aux derniers maillons de la chaîne de la différence des sexes, à savoir leur sacrosainte Famille : pas à la personne, pas à l’amour, à peine au couple et au mariage, et beaucoup trop à l’enfant. Ils n’obéissent qu’à une logique de nombre, de quantité et d’urgence plus que d’essentiel. En n’allant pas à la source du problème du « mariage pour tous », qui est celle de l’identité, du rapport de chacun à la différence des sexes, et de la sexualité de chaque être humain, en ne s’intéressant qu’au bout de la chaîne, ils nous font croire qu’ils ne s’appesantissent pas sur le passé, qu’ils vont de l’avant, qu’ils sont dans le progrès. En réalité, LMPT se justifie de ne pas arracher le mal à la racine. C’est terrible.
 

« d’autre part, préparer la mise en œuvre d’une politique ambitieuse pour la famille et pour l’enfant. » On retrouve systématiquement chez les leaders LMPT ce discours artificiellement emphatique qui le rend électoraliste, publicitaire, plus que véritablement politique et simplement combattif. À l’instar de L’Avenir Pour Tous, mais reprenant d’autres techniques de vente, LMPT est un outil de com’ plus qu’un groupe qui a quelque chose à dire. Les leaders LMPT jouent les communicants, les rabatteurs, les speakers, mais ils ne sont ni vrais ni hommes politiques.
 

« Au cœur de cette politique, il y a bien entendu le retour au mariage homme-femme et au respect de la filiation père-mère-enfant. » Ici, on voit clairement que l’ambition de LMPT est purement hétérosexuelle (et donc, rejoint, dans l’excès inverse, la logique libertaire et familialiste du lobby LGBT). Les leaders de LMPT font du mariage une affaire de procréation uniquement. Et paradoxalement, en n’abordant pas l’Union Civile et l’homosexualité, ils déconnectent amour et fécondité. Ils font de la différence des sexes un bien en soi, ils la figent en schéma froid et sans amour, puis ils la cristallisent (toujours sans amour) en triangle papa-maman-enfant nataliste et procréatif. C’est exactement la rigidité familialiste promu par l’idéologie hétérosexuelle : dans celle-ci, la différence des sexes est célébrée en elle-même et figée en poncif. Idem pour la famille. Les leaders LMPT s’obstinent à ne pas lire et à ne pas comprendre l’idéologie hétérosexuelle, même s’ils ont juste compris qu’il fallait éviter le mot « hétérosexualité » (mais ils ne savent toujours pas pourquoi). Ils ont fait de l’hétérosexualité un « non-sujet », alors que l’hétérosexualité est l’unique pilier (avec l’homosexualité) du « mariage pour tous ». Par ailleurs, ils parlent du respect de la filiation père-mère-enfant : le premier des respects pour la famille serait déjà de la reconnaître comme fragile, non systématiquement procréative, aimante et de voir son origine personnelle, individuelle. Ce qu’ils ne font pas. La famille, pour eux, c’est un protocole productiviste à respecter. Leur raisonnement est lamentable et tout aussi hostile à la vraie famille que le « mariage pour tous », au final.
 

« Ce sont des enjeux d’humanité et de civilisation puisqu’il s’agit aussi bien de tenir compte du fait que l’humanité est homme et femme que de la nécessité de protéger le plus vulnérable, l’enfant, cette réalité et ce principe étant fondamentaux pour notre civilisation. » Les leaders LMPT, là encore, se contentent de figer la différence des sexes en herbier, sans parler du lien d’amour entre l’homme et la femme. Cette élision est typique de la pensée hétérosexiste. L’idéologie hétérosexuelle est incapable de défendre explicitement l’amour dans la sexuation, et encore moins l’amour divin (dans le célibat ou le couple femme-homme stérile et aimant). Elle est fondamentaliste dans le sens où elle fait de la différence des sexes un diktat vidé d’amour, un principe nataliste, productiviste. Toujours avec ce débordement compassionnel, misérabiliste et hystérique sur la « vulnérabilité de l’enfant » (l’enfant est transformé en idole sacrificielle sur son piédestal), sur la « bienveillance et le souci pour les plus fragiles », afin de contrebalancer l’absence d’amour et d’émotion qui caractérisait son discours sur la différence des sexes et sur la procréation. Et toujours avec ce débordement hystérico-religieux sur le devoir, sur l’ordre, sur le principe de réalité, sur le binarisme excessif (typiquement conservateur, manichéen et archaïque, au final) entre « civilisation » et barbarie. Terrifiant.
 

« C’est par la famille que se transmettent de génération en génération culture et valeurs. En bref, promouvoir la famille est essentiel pour l’avenir de la civilisation. » Tout le discours hétérosexuel est fondé sur la « transmission » (pâle redite du discours de François-Xavier Bellamy), sur l’Humanité vue comme une chaîne de filiation droite et hiérarchique, sans écueil, totalement idéalisée, vidée d’amour et d’épreuves. Top crédibilité… En plus, les leaders LMPT se transforment en machine à vomir du slogan de la « morale laïque » du Gouvernement Mondial (droitiste comme socialiste), en ressortant tous les mots qui « font bien » (« valeurs », « respect », « avenir », « essentiel », « culture », « bien commun »…) mais qui n’abordent pas les véritables problèmes. C’est de la langue de bois politicienne.

 

« Les élections régionales s’inscrivaient dans le calendrier électoral qui emmène la France vers la présidentielle, les législatives et les sénatoriales (partielles), échéances qui pourraient constituer le moment d’obtenir une nouvelle politique pour la famille. Ces régionales étaient une étape avant des élections nationales. Telle est la première raison de l’intérêt accordé à cette échéance par La Manif pour tous, mouvement social incontournable dans la vie publique, voulant obtenir que les politiques se positionnent dans le sens de l’intérêt général. » On voit ici les intérêts électoralistes, carriéristes, des leaders LMPT. Les élections régionales ne sont qu’un prétexte pour eux pour viser plus haut, vers les présidentielles. Ils font exactement comme les militants de L’Avenir Pour Tous : ils mangent à tous les râteliers politiques pour se justifier d’être indispensables sur l’échiquier politique et médiatique… alors qu’en réalité, La Manif Pour Tous est un mouvement qui tourne en rond depuis son origine puisqu’il a profité du mariage pour ne jamais le défendre, puisqu’il n’a jamais dénoncé l’homosexualité ni l’hétérosexualité (les deux bases idéologiques de la Loi Taubira), puisqu’il n’a jamais eu d’autre but que lui-même. Rien que le titre absurde de « Manif Pour Tous » l’illustre : ce mouvement (maintenant parti politique) vise tout et rien, tous et personne, et a remplacé le fond par la forme (la manifestation a toujours été un moyen, pas un message). En plus, le nom « Manif Pour Tous », trouvé par Virginie Tellenne alias Frigide Barjot, est un pastiche sincérisé du « mariage pour tous », un mimétisme stérile et ambigu, une gigantesque fumisterie, quand on y pense.
 

« La deuxième raison est le rôle puissant des régions. Elles ont des compétences très larges et le budget correspondant. » Ludovine de la Rochère sait très bien que « La Manif Pour Tous » est à l’article de la mort, étant donné sa déconnection par rapport aux véritables problèmes soulevés par l’Union Civile et l’hétérosexualité, étant donné la démobilisation et le désintérêt croissants des militants par rapport à la Loi Taubira. Alors, pour pomper des sous à droite à gauche afin de camoufler la défaite qu’est son mouvement, afin d’éviter le naufrage de sa carrière politique naissante, elle flatte les régions, cire les pompes des hommes politiques, fait de la politique politicienne à la Frigide Barjot (juste avec plus de classe et moins de vulgarité… mais sinon, ce sont des sœurs jumelles). Et le combat de Ludovine de la Rochère ressemble davantage à une activité économique et à une recherche de sponsoring qu’à un combat spirituel et moral.
 

« Les régions peuvent promouvoir une culture individualiste et familiphobe ou au contraire une culture respectueuse de la famille, de l’intérêt supérieur de l’enfant. » Le récent terme « familiphobe », utilisé uniquement par les familialistes hétérosexuels d’ailleurs, mais qu’on n’entend jamais dans les médias et dans la bouche de la majorité des Français, m’a toujours semblé une « trouvaille » ringarde avant d’être née et d’avoir eu la possibilité d’exister. En plus d’enfoncer notre combat contre l’hétérosexualité dans la victimisation, le mot « familiphobie » est mimétique d’un terme qui en revanche n’a jamais fait l’objet d’une étude par la « Manif Pour Tous » alors que pourtant il aurait pu sauver son combat : c’est « homophobie ». Mais comme LMPT est véritablement homophobe, dans le sens strict du terme (= peur de l’homosexualité, peur des personnes homosexuelles, censure de tout discours sur l’homosexualité et l’hétérosexualité), il n’est pas étonnant qu’elle se contente timidement d’imiter le phénomène de chantage émotionnel nommé « homophobie » en créant grotesquement l’adjectif-doublon « familiphobe », sans aller chercher plus loin le sens des mots et sans chercher à comprendre ce qu’est véritablement l’homophobie, sans comprendre non plus l’immoralité de son exploitation des peurs. Par ailleurs, j’ai remarqué que les leaders LMPT, et tous ceux qui font de l’enfant un étendard militant (quitte à le rendre puissant en accentuant sa fragilité), ont tendance à infantiliser le public auquel ils s’adressent. Ce discours de bourgeoise maternante est inefficace et humiliant.
 

« La plupart des régions financent, depuis des années, les actions LGBT, les gay-prides, des expositions pro-genre ou encore des campagnes de communication subversive, violant la conscience des enfants et la responsabilité éducative des parents. Cela doit cesser ! » Quand j’entends les leaders LMPT, j’ai l’impression de voir des bourgeois qui « se fâchent tout rouge » mais qui en réalité ne savent pas se fâcher, car ils n’ont pas le courage de la Vérité. En même temps qu’ils singent la colère, ils sont tellement dans la retenue, dans la sauvegarde des bonnes manières et des belles apparences, dans la recherche du consensus et du « plaire à tout le monde », que je n’y crois pas une seconde. Leur cinéma est ridicule. Quand ils diront des choses intelligentes et sortiront de leur rôle d’hétérosexuels outrés, je commencerai à les croire. Mais de toute façon, dans ce combat contre le « mariage homosexuel », leur place de leaders est illégitime et non primordiale. Personne n’ose le leur dire, mais moi je le dis. Pour lutter contre l’hétérosexualité et l’homosexualité, seule une personne homosexuelle est compétente et crédible.
 

« J’ajoute que les décisions prises par les régions ont un impact concret sur la vie des familles, même si la famille, en tant que telle, ne fait pas partie des compétences régionales. La région intervient dans la gestion des lycées (subventions diverses, événements, transports, une partie du personnel, bâtiments…), la formation, l’emploi, l’apprentissage, la sécurité, etc. La Manif pour tous est donc intervenue dans cette campagne pour y imposer l’enjeu de la famille. Et, alors que personne ne l’y attendait, cet enjeu a bien été présent et ce, aux deux tours. Si cela s’explique par la mobilisation des militants de La Manif pour tous depuis trois ans, l’organisation de meetings dans presque toutes les capitales des nouvelles régions à l’occasion des régionales en a été le vecteur. » Écoutez les leaders LMPT : « L’enjeu de la famille », « Cet enjeu a été bien présent » « La mobilisation en a été le vecteur » : ce sont des phrases qui ne veulent absolument rien dire. C’est du vent. C’est de l’intention, du slogan, mais concrètement, il n’y a pas de sens ni de réalité derrière.
 

« Pour ces meetings — intitulés Questions pour un Président de région — nous avons invité tous les candidats têtes de liste régionale. Ces meetings ont été lancés à Bordeaux le 30  octobre et les derniers ont eu lieu à Paris et à Nantes le 28 novembre, soit une semaine avant le premier tour des régionales. » Loin d’être une action, le tour de France électoral de la « Manif Pour Tous » est une posture passive et démagogique d’interrogeant. On pose des questions plus qu’on énonce des convictions et des Vérités. En plus, la reprise, pour le titre, de l’émission Questions pour un Champion, marque encore le côté « has been » et « à côté de la plaque » de LMPT, une fois de plus enfermée dans l’image, le mimétisme télévisuel, le passé et l’inaction (inaction qui se donne des allures d’engagement moderne, d’actions « coup de poing »). C’est pathétique.
 

« Le principe de ces meetings était simple : une petite dizaine de questions — toujours les mêmes — ont été posées à chaque candidat par un journaliste politique. Ces questions concernaient leur conception de la politique et leur vision de la famille, leur projet pour la région et leurs propositions en lien avec la famille et, enfin, la question des subventions versées par la région. » Je connais des militants LMPT honnêtes qui se trouvaient dans l’assistance de ces meetings lèche-bottes. Ils m’ont dit combien les questionnaires soumis aux politiciens étaient figés, polis, suintaient la démagogie et l’hypocrisie, étaient caractérisés par la peur (d’exprimer la Vérité, de nommer les réels problèmes et les solutions, de vexer les invités de marque, de sortir du cadre-cocon familialiste), n’abordaient jamais les questions qui fâchent (hétérosexualité, homosexualité, homophobie, Islam, Union Civile), étaient langue-de-bois. Quel invité politique, concrètement, tous bords politiques confondus, aurait été assez stupide pour dire qu’il était « contre la famille et contre l’intérêt supérieur de l’enfant » ? Personne. Quel candidat (même du FN) aurait été assez inconscient pour s’aventurer verbalement en dehors de la thématique sage de la « Famille », et se serait risqué à vraiment traiter des problématiques qui font débat et qui cristallisent les tensions y compris à l’intérieur de LMPT et de l’Église catholique, à savoir l’homosexualité et l’Union Civile, au risque de faire couler sa propre campagne aux régionales ? Personne. Ludovine de la Rochère, m’a-t-on rapporté, était livide quand elle a entendu l’équipe d’Abrogation Sans Concession (la seule association issue de la Manif Pour Tous, et qui a l’honnêteté de dénoncer clairement l’Union Civile comme nœud du « mariage pour tous », car c’est vraiment la Vérité) scander, en plein meeting QPPR, sa demande d’abrogation complète de la Loi Taubira par l’abrogation de l’Union Civile. Les leaders de LMPT sont vraiment l’archétype de l’hôtesse bourgeoise qui reçoit dans son salon une Jet Set politique que jadis elle n’avait pas l’honneur de côtoyer, et qui maintenant la flatte autant qu’elle lui cire les pompes. Ils ne veulent surtout pas faire de vagues. Ils ne veulent surtout pas de débats. Ils créent un simulacre de combat, un simulacre de débat. En réalité, tout comme les leaders de La Manif Pour Tous, ils ont enterré notre combat contre le « mariage pour tous » dans la mondanité et la langue-de-bois. Au lieu d’en sourire, ils devraient se cacher de honte et céder leur place.
 

« Le public a systématiquement répondu présent à ces meetings qui ont fait salle comble : les familles ont très bien compris qu’il s’agissait d’événements exceptionnels puisqu’elles avaient la possibilité d’entendre des candidats têtes de liste (et non l’un de leurs colistiers) de plusieurs partis politiques. En outre, pour élargir l’audience et donc l’impact de ces réunions, les vidéos intégrales de tous les meetings ont été mises à disposition sur le site officiel www.les-regionales.fr » Voilà. Vous avez ici l’illustration du discours démagogique, ampoulé et intéressé des publicitaires.

 

« Les candidats de gauche, en effet, ne se sont pas déplacés, tout comme Christian Estrosi (LR) et Marine Le Pen (FN), les deux seuls candidats des droites et du centre à n’être pas venus. En ce qui concerne La Manif pour tous, au contraire de presque toutes les institutions, partis, intellectuels, etc., nous n’avons pas besoin de la caution de la gauche pour faire la preuve de notre large audience et de notre crédibilité. Je pense que c’était surtout regrettable pour les candidats de gauche et pour notre démocratie. » « Large audience » : regardez-moi ça ! Jamais la « Manif Pour Tous » n’a été aussi impopulaire qu’aujourd’hui en France. Elle fatigue même ces quelques irréductibles résistants restants, rincés de tant de temps et d’argent perdus, fatigués d’entendre toujours les mêmes rengaines LMPTistes qui tournent en boucle (« L’enfant n’est pas une marchandise ! » ; « Abrogation de la Loi Taubira ! » ; « Abrogation de la GPA ! » ; « Stop Gender ! », etc.).

 

« Les candidats de gauche ont, une fois de plus, «  oublié  » qu’une bonne partie de leur électorat est attaché à la famille et considère même que celle-ci ne peut être fondée que sur le couple homme-femme et la filiation père-mère-enfant. Je pense en particulier à l’électorat populaire et issu de l’immigration qui, jusqu’en 2012, votait systématiquement à gauche. Aujourd’hui, la gauche a perdu ce vote, précisément à cause de la loi Taubira, de l’idéologie du genre et de toutes les autres attaques contre la famille. » Voyez ici la bêtise des leaders LMPT et de tous ceux qui ont fait, de par leur éducation et leur soumission à leur famille de « pensée », de la gauche le camp du « mal » et de la droite le camp du « bien ». Ils draguent l’électorat de gauche tout en continuant d’un autre côté à le mépriser, en pratiquant un « manichéisme positif » ou un « sectarisme politicien positif » ou un populisme compassionnel. Là encore, ils balancent des mots-épouvantail (« Gender », « Loi Taubira », « GPA », « PMA ») qu’ils se gardent bien d’expliquer. Parce qu’ils en sont pour le moment tout simplement incapables.

 

« Plus généralement, les candidats de gauche ont «  oublié  » que les Français plébiscitent largement la famille, et encore davantage les jeunes. » Les leaders LMPT s’entendent-ils parler ? La problématique de la famille est le cadet des préoccupations des jeunes d’aujourd’hui, davantage centrés sur l’amour, le sexe, l’identité, l’amitié, l’affectivité et la sexualité bisexuelle, les loisirs et la spiritualité, que sur les réalités du mariage et de la famille. Par ailleurs, je me tue à leur répéter depuis longtemps : la « famille », la « Vie », l’« enfant », ne sont pas des noms efficaces pour défendre notre combat. En face, les pro-loi-Taubira défendent également la « famille », la « Vie », l’« enfant », le « bien commun de tous » ! En revanche, si nous luttions véritablement contre les problèmes qui crispent notre société (l’Union Civile, l’hétérosexualité, l’homosexualité, l’avortement, les contraceptifs…), en les nommant explicitement, si nous luttions vraiment pour les bonnes solutions (le Christ, l’Amour, la Vérité, la verbalisation du mal, le mariage ou le célibat consacré…), nous ne nous cacherions pas derrière les paravents de la famille et de l’enfant, paravents auxquels de moins en moins de personnes croient.
 

« Néanmoins, je sais que plusieurs candidats de gauche étaient tentés de venir, mais ils n’ont pas osé. La gauche qui gouverne actuellement est en effet très idéologue et intolérante : elle ne supporte pas le dialogue avec ceux qui ne sont pas d’accord avec elle et qui, en outre, la renvoient à la réalité de notre humanité, réalité dont elle ne veut pas entendre parler. » Les leaders LMPT, loin de s’éloigner de la pensée unique, et de dépasser celle-ci par la Vérité, reprennent à leur compte tout le jargon socialo-bien-pensant, fondé sur la notion de « dialogue », de « tolérance » et « intolérance », d’« idéologie ». C’est du niveau collège (ou FN) : « Ben bravo, hein. C’est ceux qui parlent de tolérance qui sont les plus intolérants ! C’est celui qui dit qui y est ! » Quelqu’un pour relever le niveau ?

 

« Dans ce contexte, ces candidats n’ont pas assumé de répondre aux Questions pour un président de région, sauf deux d’entre eux — l’un PS, l’autre écologiste — qui l’ont fait par écrit. Les lignes commencent donc à bouger. Il faut être patient  ! » C’est une tradition chez les leaders LMPT, de maquiller leur lâcheté en vertu, en « patience » ou en positive et optimiste attitude.
 

« À propos des positions exprimées par les uns et les autres – Debout la France, Front national, Les Républicains et quelques partis régionaux —, je ne dirai pas que les partis se sont retrouvés proches les uns des autres en termes de positions, tout simplement parce que c’est plutôt une question de personnes : en effet, au sein de chaque parti, il y a des différences notables d’un candidat à un autre. Si vous prenez les propos de Dominique Reynié et de Laurent Wauquiez sur le mariage, ils sont littéralement opposés, ou encore ceux de Marion Maréchal Le Pen et de Wallerand de Saint-Just sur le planning familial, idem. » « C’est une affaire de personnes. » Je ne sais pas pourquoi… ce langage #pasdamalgames me fait penser au discours bobo de l’architecte Otis.
 

 

Encore une fois, par démagogie, langue de bois, peur de dire le fond de sa pensée (si pensée il y a…) et refus de vexer, les leaders LMPT jouent en fond de terrain, pratiquent le relativisme politique… pour ne pas affronter en réalité le clivage intégrisme/progressisme qu’ils craignent tant, car au fond ils sont tétanisés par la présomption d’homophobie ou de fascisme ou de conservatisme qui pèse sur eux (en partie à raison). Rien d’étonnant qu’ils citent ce qui, à leurs yeux (et surtout aux yeux des mass médias), représente « les extrêmes » (Dominique Reynié et Laurent Wauquiez ; ou encore Marion Maréchal Le Pen et de Wallerand de Saint-Just), pour ensuite se placer confortablement sur le fauteuil rouge de la « neutralité », du « juste » milieu, de l’accueil écoutant, poli et « religieux » (mais pas catholique, faut pas déconner).

 

« Avant d’en venir aux candidats qui m’ont paru crédibles dans leurs positions et surtout leurs engagements, je voudrais faire part de ma joie d’avoir entendu – pour la première fois – des politiques de ce niveau (présidents de conseils régionaux, députés, anciens ministres…) s’exprimer longuement sur la famille. De fait, les médias ne les interrogent presque jamais sur ces questions et eux-mêmes n’en parlent pas volontiers. C’était nouveau et ô combien réjouissant… même si la marge de progrès est considérable ! » Je ne vais pas me répéter sur la démagogie caressante et bourgeoise, qui jette des fleurs à tout le monde, et surtout à ceux qui peuvent servir ses intérêts carriéristes futurs.

 

Au fond, obtenir une réflexion avancée et des positions affinées et assumées, ce sera la prochaine étape ! Les leaders LMPT, c’est vraiment les speakerines qui, face à l’absence de résultats concrets, de vraies victoires et de Vérité, répèteNT sans arrêt : « Ça va venir ! Ça va venir ! C’est déjà là ! Oh ! Regardez ! », sans vraiment se donner les moyens de changer, de faire avancer les choses. Car dans les faits, ils sont les rois de la langue-de-bois, de la rétention d’informations, de la censure des sujets cruciaux, de l’invention de fausses solutions (présentées comme de « grandes avancées » révolutionnaires), du personnalisme politique. La dictature souriante de l’aristocratie bobo catho.

 

« Nous avons constaté, en effet, que la plupart n’étaient pas très à l’aise sur ce sujet  : les mots étaient parfois répétitifs, les analyses sommaires, etc. » C’est sûr que si vous leur posez des questions tout aussi répétitives que leurs réponses, et les lancer sur des thématiques annexes et polies (« la famille », « l’enfant », le « Gender », la « GPA », les « racines ») pour éviter d’avoir à vous/les confronter aux vrais problèmes, vous ne risquez pas de récolter de la part des candidats que vous interrogez autre chose qu’un miroir de votre propre lâcheté !

 

« Certains candidats tournaient autour du pot : ils n’arrivaient pas à être concrets dans leurs réponses. Il n’était pourtant pas difficile de l’être sur la question des subventions, par exemple, qui supposait aussi bien d’exposer des principes (le respect de l’intérêt général notamment) que des cas concrets (la LGBT, l’Institut Émilie du Châtelet qui assure la promotion de l’idéologie du genre, etc.). Je pense que les réponses floues étaient dues, selon les cas, au manque de réflexion ou à la peur de sortir du ‘politiquement correct’ ». C’est l’hôpital qui se moque de la Charité. Les leaders de LMPT sont les premiers à ne jamais parler et définir le lobby LGBT (qui est en réalité l’idéologie hétéro-bisexuelle reposant sur l’Union Civile), sont les premiers à ne pas parler d’argent (mais à le quémander/ponctionner à tous en ce moment), sont les premiers à ne pas dire ce qu’est véritablement le Gender (à savoir, en réalité, l’hétérosexualité)!
 

« Nous avons observé aussi que bien peu savaient expliquer ce qu’est la politique. » Parce que les leaders LMPT, qui ne font pas de politique mais de la politique politicienne (la vraie politique écoute le Peuple, ose la Vérité et le service, s’adapte aux réalités de son temps), prétendent nous faire des leçons de politique ???
 

 

« Pour tout vous avouer, j’avais souhaité commencer par cette question parce que je rencontre beaucoup d’hommes et de femmes politiques et j’ai constaté qu’ils ne sont pas toujours au clair avec la finalité de la politique. Il y a cependant eu quelques très belles réponses. » Ludovine de la Rochère se garde bien d’expliquer véritablement ce qu’elle met derrière son expression « finalité de la politique ». En général, dans le jargon lmptiste, ça rime souvent avec ce genre de formules convenues : « bienveillance », « protection des plus faibles et des plus pauvres », « service du bien commun », « valeurs », « essentiels », etc. Blabla politicard de catholiques de droite qui n’assument ni l’Église catholique, ni la Vérité (quitte à ce qu’Elle divise), ni les réalités de leur temps, ni les probables conflits, ni le Christ (remplacé discrètement par les « valeurs humanistes » qu’Il porte).
 

 

« Quant aux candidats crédibles, il y en a eu heureusement plusieurs. Si l’on prend l’exemple de Laurent Wauquiez ou de Marion Maréchal-Le Pen, ils m’ont paru, tous les deux, crédibles parce qu’ils ont été engagés dans nos manifestations, parce qu’ils ont réitéré avec force leur souhait de revenir sur la loi Taubira en affirmant leur soutien au mariage homme-femme et à la famille fondée sur la filiation père-mère-enfant, et enfin parce qu’ils m’ont paru capables d’être des leaders et donc de mettre en œuvre ce qu’ils défendent. » C’est une blague ? Qui, de Laurent Wauquiez ou de Marion Maréchal-Le Pen, a eu le courage de revenir sur l’Union Civile et l’hétérosexualité, seuls et uniques supports du « mariage gay » ? Aucun ! Wauquiez, par exemple, a l’hypocrisie de la plupart des catholiques d’ailleurs : il se dit contre le « mariage pour tous » mais pour l’Union Civile (alors que ces deux lois sont la même réalité intentionnelle et législative : justifier « l’amour homosexuel » en tant qu’« amour universel », et retirer nationalement à la différence des sexes son statut de fondement d’existence humaine et de condition primordiale et universelle d’Amour), il se dit contre la GPA et pour l’« amour » homo, il défend la famille mais croit en son pire ennemi l’hétérosexualité, il chérit les causes dont il dénonce les conséquences. Qu’est-ce que ça veut dire ?? Et surtout, quand est-ce que « La Manif Pour Tous » reconnaîtra sa schizophrénie qui consiste à soutenir ces hommes politiques tenant ce double discours sur l’homosexualité ? Quand est-ce que les leaders LMPT auront l’humilité de ne pas se laisser corrompre par le mot « abrogation » ?? C’est honteux, cette compromission !

 

« Je sais bien que même lorsqu’ils se déclarent favorables à nos propositions, les politiques sont souvent considérés comme opportunistes. C’est possible mais, en tout cas, des propos ont été tenus. Ils engagent désormais ceux qui ont été élus présidents et conseillers. » Quelle pharisaïsme ! Les leaders LMPT non seulement identifient l’hypocrisie de leurs interlocuteurs, mais en plus, ils ne la dénoncent même pas et la présentent malgré tout comme une avancée, un progrès ! Comment osent-ils ???
 
Ludo Valérie Pécresse
 

« Valérie Pécresse, à peine élue, n’a eu de cesse de minimiser le rôle de ses colistiers PCD et d’insister sur l’impossibilité, selon elle, d’abroger la loi Taubira… De fait, Valérie Pécresse est ambiguë et contradictoire et ce, depuis longtemps. Dès le début de sa campagne pour la région Île-de-France, elle souhaitait intégrer des candidats ‘LMPT-compatibles’ sur sa liste, malheureusement pas par conviction semble-t-il, mais parce qu’elle était convaincue que c’était stratégiquement nécessaire. C’est pourquoi elle a intégré aussi bien des candidats PCD que Sens commun et d’autres de la société civile identifiés comme ‘LMPT-compatibles ’, ou ‘Family-friendly’ si vous préférez… » Parce que Ludovine de la Rochère se croit plus cohérente que Valérie Pécresse, en se taisant sur l’Union Civile (et en s’y « opposant » tacitement mais jamais explicitement), en se taisant toujours sur l’hétérosexualité et l’homosexualité ??
 

« Je me réjouis qu’elle nous considère comme incontournables, c’est un début, mais on est très loin du compte évidemment ! » Voilà : comme d’habitude, les leaders LMPT arrondissent superficiellement les angles, excuse les « retards » (« Monsieur le Président est en réunion, mais il est à vous dans quelques secondes. »), diffèrent la Vérité pour, en réalité, s’excuser de ne pas La rechercher.
 

« Comme beaucoup de politiques, elle est impressionnée par le lobby LGBT et ses amis journalistes. Elle n’assume donc pas ses choix, alors même qu’ils sont encore minimalistes. Elle se dit opposée à la PMA ‘sans père’ et à la GPA, mais n’a pas le courage d’aller contre la loi Taubira. » Parce que Ludovine de la Rochère a eu le courage d’aller contre la Loi Taubira (reposant exclusivement sur l’homosexualité et la croyance en « l’amour hétérosexuel » et en « l’amour homosexuel ») ? Absolument pas ! Elle fait la leçon alors qu’elle est très mal placée. Elle m’a même empêché de parler d’homophobie (ma participation à une université d’été de LMPT pour parler de mon livre L’homophobie en Vérité a été anecdotique, alors qu’elle aurait dû être primordiale ; mon livre n’a d’ailleurs pas été promotionné), elle m’a empêché de parler d’homosexualité et d’hétérosexualité (mon allocution au podium du Champs de Mars le 13 janvier 2013 a été accidentelle, et j’ai dû forcer les barrières sinon, on ne m’aurait jamais laissé passer ; on m’a d’ailleurs coupé le micro pendant tout le cortège), elle m’a empêché de dénoncer l’Union Civile (cette opposition à l’Union Civile est fascisée par Frigide Barjot, et pas du tout assumée par Ludovine de la Rochère). C’est très grave, ce qu’ont fait Frigide Barjot et Ludovine de la Rochère. Elles ont opéré un gâchis monumental. Elles ont torpillé notre mouvement et promotionner le « mariage pour tous » et la GPA sans que personne ne s’en rende compte. Et par homophobie gay friendly, en plus !

 

« Notre mobilisation, précisément, doit faire sortir les politiques et plus généralement les leaders d’opinion de cette domination culturelle de la gauche libertariste. » Encore faudrait-il que les leaders LMPT eux-mêmes en soient sortis, de cette « domination culturelle ». La victimisation fait des ravages ! Et que dire de leur emploi de l’expression « gauche libertariste » ? Parce qu’ils s’imaginent que la droite n’est pas libertaire, peut-être ??
 

« Les positions de Valérie Pécresse sont aberrantes à double-titre  : d’abord parce que la PMA et la GPA vont inéluctablement avec la loi Taubira, ensuite parce qu’on dirait qu’elle ne sait toujours pas ce que signifie le mot ‘abrogation’ ! » Et les leaders LMPT ne le savent pas davantage ! Si ils pensent que le mot « abrogation » est magique et qu’il se suffit à lui-même pour ne pas revenir sur l’Union Civile (par le traitement explicite de l’hétérosexualité et par le témoignage primordial des personnes homosexuelles), ils ne l’ont pas compris non plus, je signale !

 

« Abroger une loi, c’est la supprimer, non pour le passé (l’abrogation n’est pas rétroactive), mais pour l’avenir. » Qu’est-ce que c’est que cette phrase et ce raisonnement ? C’est de la poésie taubiresque, sans doute… Les sophistes n’auraient pas fait mieux.

 

« En France, des lois sont abrogées quotidiennement. Lorsque le Parlement vote de nouvelles normes de construction, il abroge la loi précédente. Pour autant, on ne modifie pas toutes les constructions précédant la nouvelle loi pour les mettre aux nouvelles normes : celles-ci sont valables uniquement pour les constructions ultérieures. Ainsi, abroger la loi Taubira ne signifie aucunement ‘démarier’ comme semble le croire Valérie Pécresse au micro de France Inter, soit par incompétence — ce que j’ai du mal à croire —, soit pour écarter le sujet sous un mauvais prétexte. » Ah bon ? Mais qui parle de « démariage » ? Uniquement ceux qui, comme Ludovine de la Rochère, rentrent dans l’esprit du monde et s’imaginent que le « mariage homosexuel » est un « mariage ». Alors qu’il n’est pas un « mariage » puisque le mariage EST la différence des sexes !

 

« Une telle affirmation est d’ailleurs grave puisqu’elle conforte cette idée fausse et rend donc plus difficile l’acceptation de cette abrogation par ceux qui hésitent. » Ce sont les leaders LMPT qui sont autant dans l’erreur que Valérie Pécresse. Une loi se supprime par la racine, et non par ses feuilles ou ses conséquences, ni par morceaux. Et toute loi a des racines, une unité. En l’occurrence, la racine de la Loi Taubira, c’est la croyance en la bipolarité hétérosexualité-homosexualité (qui travestit les Droits de l’Homme en « Droits des homos et des hétéros » puis en « Droits des Amoureux, ni homos ni hétéros »), puis, sur le papier, l’Union Civile. Ludovine de la Rochère parle du « mariage pour tous » comme d’un fantôme en suspension. C’est dramatique. Pourquoi fait-elle cela ?
 

« Quant à l’union civile, que certains voient comme une alternative à la loi Taubira quand celle-ci sera abrogée (tôt ou tard !), c’est un sujet complexe à double titre. D’abord parce que le terme est en réalité flou. Est-ce une institution (comme le mariage) ou un contrat (de droit privé donc) ? Devant qui est-elle célébrée (tribunal, notaire ou maire : ce n’est pas du tout la même chose) ? Quels droits et devoirs ouvre-t-elle ? etc. » Ludovine de la Rochère joue sur les mots et se cache derrière la posture interrogative pour nier la réalité intentionnelle du « mariage pour tous » et de l’Union Civile, ou bien pour cautionner encore une fois l’esprit du monde qui sépare de manière abusive et artificielle « vie publique » et « vie privée », dans le seul but final de mieux relativiser et légitimer l’intimité sentimentale de l’homosexualité (donc l’Union Civile). Comme à leur habitude, les responsables LMPT pratiquent la langue-de-bois, en complexifiant un débat qui est déjà complexe, par la formulation d’un timide « non » à l’Union Civile tout en la cautionnant par le non-dit.

 

« D’autre part, selon la définition juridique qui serait celle de ladite union, le risque est que la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) considère qu’il y a discrimination et qu’elle n’oblige à la considérer comme l’équivalent du mariage, donc ouvrant droit à l’adoption et à la PMA ‘sans père’. Dans ce cas, ce serait un retour à la case départ ! » Ludovine de la Rochère, ici, nous fait le même coup qu’Albéric Dumont que j’ai eu récemment au téléphone. Albéric, en effet, m’appelait pour me reprocher non pas ce que j’écrivais concrètement sur l’homophobie (mot qu’il n’a toujours pas compris, d’ailleurs ; et il m’a avoué que dans le fond, concrètement, il n’avait rien à redire à mes propos et qu’il était d’accord avec mes livres), mais l’image négative que ça pouvait donner à la Manif Pour Tous et les retombées judiciaires que l’emploi du mot à l’encontre de LMPT pouvaient induire contre eux. Ces gens-là, tétanisés par l’image, leur réputation, et la présomption/inculpation d’« homophobie », sont capables de la plus grande couardise. Ils prétendent lutter contre « toute forme d’homophobie » (c’est dans les mots de présentation de leur mouvement), mais en réalité, c’est faux : ils luttent, tout comme Alain Escada de Civitas ou comme Frigide Barjot, contre la « présomption d’homophobie ». L’homophobie, en elle-même, ils s’en contrefichent ! Ils considèrent même que c’est à la fois un argument diabolique et une irréalité, un non-sujet, un piège de la novlangue, une insulte gratuite. Les attaques réelles, les censures (qu’ils cautionnent) et les violences faites à l’encontre des personnes homosexuelles, les mécanismes de ces attaques, ça leur passe complètement au-dessus ! J’entends d’ailleurs dans les propos de Ludovine de la Rochère encourageant à ne pas revenir sur l’Union Civile un chantage et une compromission par rapport à la présomption d’homophobie : « Il ne faut pas demander l’abrogation de l’Union Civile : elle est politiquement incorrecte, elle n’est pas stratégique, elle nous ferait perdre le peu de victoires contre la GPA que nous avons déjà acquises, elle nous ferait passer pour des fachos ou des intégristes ou des homophobes, et EN PLUS, maintenant, elle est condamnable pénalement par la CEDH. Donc la ferme. » Au lieu d’avoir le courage de dire la Vérité et de dénoncer la vraie racine de la GPA et du « mariage pour tous », Ludivine de la Rochère rentre complètement dans l’esprit légaliste du monde qui donne à la présomption d’homophobie (et non à l’homophobie) tous les pouvoirs. C’est de la collaboration en bonne et due forme !
 

« J’ajoute, enfin, que selon la définition donnée à cette union, on peut, ou non, retomber dans le piège de l’idéologie du genre. Il est donc déraisonnable de lancer le sujet n’importe comment ! » À nouveau, chez les leaders , c’est la rhétorique lâche du « moindre mal » qui se fait passer pour de la prudence, de la diplomatie, de la sagesse et de la tactique.
 

« En tout cas, pour le moment, nous vivons ‘sous le régime’ de la Loi Taubira et ce n’est pas avant 2017 que la question de l’alternative se posera. » Bis repetita : discours lénifiant de la patience, du report, de l’action différée. Et ce discours finit par considérer la Loi Taubira comme une réalité, et une réalité importante. C’est faux. Le « mariage homosexuel », tout solidifié par le marbre qu’il soit, est une irréalité. Et l’Union Civile n’est qu’un fantasme, un bout de papier.

 

« C’est pourquoi La Manif pour tous met toute son énergie à dénoncer la loi Taubira et ses conséquences : c’est incontournable pour revenir au mariage homme-femme, c’est-à-dire pour obtenir l’abrogation de la loi. » Dénoncer les conséquences dont on chérit les causes, c’est de la perte d’énergies, de la corruption, du mensonge. Les leaders LMPT font miroiter à leurs militants de bonne volonté une abrogation qui n’arrivera jamais sans un retour sur l’Union Civile, sans une dénonciation et une étude sérieuse de l’hétérosexualité, sans un leadership principalement homosexuel.
 

« Quant à l’alternative envisageable le moment venu, c’est-à-dire quand l’abrogation de la loi Taubira deviendra possible, le collectif de juristes Famille et République, partenaire de La Manif pour tous, y travaille. De son côté, La Manif pour tous – au cours de ses deux dernières Conventions nationales – a défini les critères qui lui permettront de se positionner, le moment venu, par rapport aux alternatives proposées. Autrement dit, chaque chose en son temps ! » Ce sont des mots mais il n’y a rien derrière. Car les Conventions nationales n’ont tout simplement pas compris la Loi Taubira. Sans discernement et sans Vérité, le temps et la patience n’y changeront rien.

 

« Je me réjouis, pour les enfants et les familles, du référendum en Slovénie il y a 10 mois, et de la victoire du ‘non’ à l’ouverture du mariage à et l’adoption pour deux hommes ou deux femmes. J’ajoute qu’un pays qui prend des décisions aussi importantes en tenant compte de la réalité humaine se constitue des assises autrement plus solides et pérennes que des pays dont les décisions sont purement idéologues. Je me réjouis donc, plus largement, pour tout le peuple slovène ! » Les leaders LMPT, une nouvelle fois, n’ont pas compris le corrélation entre l’Union Civile et le « mariage pour tous », et que le référendum slovène est une fausse victoire. Tous les pays, sans exception (y compris ceux qui avaient dit « non » au « mariage pour tous » par voie référendaire) qui ont adopté l’Union Civile finissent par retourner tôt ou tard cette carte en « mariage homosexuel ». Car l’Union Civile fait en sorte que le sentiment amoureux justifie quasiment toute union humaine, et donc homosexuelle. L’Union Civile, c’est une bisexualité commercialisée, un libertinage sentimental et un contrat symbolique qui fait bien plus que ce qu’il indique sur le papier. C’est un mariage déguisé, et la passerelle du « mariage pour tous ». L’Union Civile est le « mariage pour tous ». Dans tous les cas !
 

« Ce qui est intéressant avec ce référendum, c’est que l’on constate à nouveau que lorsque le peuple est consulté, il répond la plupart du temps que le mariage concerne spécifiquement le couple homme-femme. Ainsi, aux États-Unis, lorsque des États ont organisé des référendums sur le mariage de deux hommes ou de deux femmes, le résultat a été défavorable à ce projet. Hélas ! cela n’a pas empêché la Cour suprême d’imposer finalement le mariage gay. » Mais quel aveuglement monumental… !!
 

« Dans bien des pays, dont la France, on a constaté à maintes reprises que les élus ne sont pas représentatifs du peuple sur ces sujets-là. De fait, quand La Manif pour tous a commencé à mobiliser en novembre 2012, nous avons très vite constaté qu’il fallait intégrer à nos slogans des appels à respecter la démocratie. La gauche, d’ailleurs, est connue pour être défavorable aux consultations de type référendum. » Ce qui est dit est faux. La gauche est justement connu pour faire des simulations de référendums à gogo et de consultations démagogiques de « collaboration participative » (même si je ne nie pas que les référendums nationaux, de droite comme de gauche, sont rares parce que coûteux, et que ça fait très longtemps qu’ils n’existent plus dans le monde et au sein des États « démocratiques » dignes de ce nom… et ça, ça n’a rien à voir avec une histoire de gauche !).
 

« Contrairement à ce qu’elle prétend, la gauche n’est pas démocrate ! » La droite non plus.
 

« Il y a eu bien d’autres exemples, hélas ! Dans le processus de vote de la loi Taubira  : les consignes de vote données aux parlementaires socialistes, le scandaleux vote à main levée du Sénat, l’accélération du calendrier parlementaire par François Hollande quand il a vu que les sondages basculaient contre le projet de loi Taubira, mais aussi le traitement odieux des opposants au projet de loi par les forces de police… » Et le traitement honteux par LMPT des personnes homosexuelles opposées à la Loi Taubira, on en reparle ?
 

« Nos élus sont pétrifiés face au lobby LGBT, celui-ci maniant l’accusation d’homophobie dès que ses revendications rencontrent une résistance. » Là encore, c’est l’hôpital qui se moque de la Charité ! Je n’ai jamais vu, à part avec Frigide Barjot, de personne plus tétanisée par la réputation d’homophobe que Ludovine de la Rochère.

 

« À cela s’ajoutent bien sûr les délires égalitaristes et utopiques de certains politiques de gauche, Christiane Taubira, Najat Vallaud-Belkacem et Erwan Binet en tête. » Les leaders de LMPT peuvent parler ! Les « délires égalitaristes » de nos opposants n’ont rien à envier aux délires familialistes et unitaristes de LMPT ! Si d’un côté ils étaient obsédés par l’Amour et l’Égalité, de l’autre ils sont obsédés par la Nature (culturelle) et l’Unité. Je ne sais pas ce qui est le mieux !

 

« Sens commun me paraît être une excellente initiative, quoiqu’elle soit à l’évidence difficile à mener. Mon regret, à vrai dire, c’est qu’il n’y ait pas encore des ‘Sens commun’ dans tous les partis politiques. Il y a eu une tentative de ‘Front commun’ au sein du FN, mais elle a été refusée puisqu’il n’y a pas, officiellement, de courants au sein du FN. ‘Debout les familles’, en revanche, vient d’être créé au sein du parti Debout la France. » Rien d’étonnant que Ludovine de la Rochère soutienne Sens Commun, spécialiste de l’opportunisme politique, qui rassemble des gens qui n’ont pas le courage de parler d’hétérosexualité, d’homosexualité et d’Union Civile, et qui sont davantage préoccuper de draguer les hommes politiques de droite pour s’assurer une carrière (… pardon… pour défendre leurs « convictions profondes », leurs « valeurs », le « bien commun », et désamorcer « l’entre-soi » : jargon insipide maison) que de s’occuper sérieusement des problèmes urgents de notre pays.
 

« Au-delà des partis, je milite tant que je peux pour que, dans toutes les composantes de la société, les défenseurs de la famille deviennent actifs. L’éducation, la formation, les universités et les grandes écoles, les médias, les syndicats… sont autant de lieux stratégiques dans lesquels il faut agir ! » Voilà. Comme dirait François-Xavier Bellamy ou le père Pierre-Hervé Grosjean, « il faut s’engager ». C’est important. Pourquoi c’est important ? Parce que c’est « très fort ». Eh puis voilà.

 

« En ce qui concerne l’élection présidentielle, nous préparons actuellement les actions pour l’étape préalable des primaires. L’enjeu est considérable. Organiser les bonnes actions et au bon moment, est crucial. Et bien sûr, la mobilisation sera essentielle vis-à-vis des politiques pour obtenir la prise en compte de ce que nous défendons, pour changer leurs réflexes ‘politiquement corrects’ ». « C’est crucial », « C’est important », « C’est essentiel ». Euh… pourquoi ? « Parce que c’est crucial, c’est important, c’est essentiel. » Et pourquoi ? « Parce que c’est crucial, c’est important, c’est essentiel. » Et pourquoi ? « Parce que c’est crucial, c’est important, c’est essentiel. » Et pourquoi ? « Parce que c’est crucial, c’est important, c’est essentiel. » Et pourquoi ? « Parce que c’est crucial, c’est important, c’est essentiel. » Et pourquoi ? « Parce que c’est crucial, c’est important, c’est essentiel. » Et pourquoi ? « Parce que c’est crucial, c’est important, c’est essentiel. » Et pourquoi ? « Parce que c’est crucial, c’est important, c’est essentiel. »…
 

« Au-delà de ces actions à visée politique, le combat est d’ordre culturel. » Ben oui. C’est les Veilleurs, et c’est François-Xavier Bellamy, et c’est Fabrice Hadjadj (ou bien peut-être Gandhi et Martin Luther King, je ne sais plus) qui l’ont dit.
 

« Le mal-être français – et même occidental – est immense. Il est la conséquence d’une perte de repères, qu’ils soient historiques, anthropologiques ou spirituels. » Perroquetland.
 

« Il s’agit donc de faire bouger les mentalités de nos contemporains. » Oui. C’est Tugdual Derville qui l’a dit : je crois que la solution, c’est de RÉVEILLER LES CONSCIENCES. (On va aller loin avec ça…)
 
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« Autant de raisons pour lesquelles La Manif pour tous a mis clairement le cap sur 2017 pour faire gagner la famille. » Les célibataires, on s’en moque. Les couples non-mariés ou stériles ou séparés, aussi. Les personnes homos… ça existe ça ?
 

« Nous avons montré, depuis trois ans, que nous ne lâchons rien et que nous obtenons des victoires politiques : reculs successifs sur la PMA ‘sans père’ et sur la GPA, renoncement à la généralisation des ABCD de l’égalité, retrait du désastreux projet de loi ‘Familles’ de Dominique Bertinotti, recul sur l’adoption pour les couples pacsés et concubins… » Faut-il rappeler à Ludovine de la Rochère que depuis le départ, notre mouvement enchaîne les défaites et perd tous ses combats ? L’Union Civile est passée, le « mariage pour tous » est passé, la PMA et la GPA sont en train de passer, l’euthanasie aussi. Nous prend-on pour des aveugles ? Les leaders LMPT vont-ils se remettre un poil en question un jour ??

 

« Le lobby LGBT et ses alliés, en conséquence, ne cessent de chercher des alternatives à la voie législative, pour avancer sur ces sujets. Mais nous sommes plus que jamais déterminés à poursuivre nos actions pour gagner ! » Oui. Il suffit de se rendre au Parlement Européen à Bruxelles pour voir que le lobby LGBT a une majorité écrasante et une longueur d’avance qui est colossale, pour comprendre que le triomphalisme des leaders LMPT est un volontarisme sans fond et sans recul.

 

« La Manif pour tous a-t-elle une stratégie par rapport aux catholiques ? » Oui. Elle les humilie, leur demande de se travestir et de taire leur foi, elle croit en Jésus mais Le cache comme une honte, n’a pas compris que sans le Christ au centre aucune action ne tient et aucun mouvement ne peut rester dans l’Unité, la Force et l’Amour. La « Manif Pour Tous » est un mouvement bobo et anticlérical qui s’ignore
 

« En ce qui concerne l’Église, je ne dirai pas que nous sommes dans une stratégie, mais plutôt dans un dialogue qui se fait de mille manières. » On rappelle Otis.
 

 

« Il nous est ainsi arrivé d’adresser un courrier d’informations – par exemple sur l’ABCD de l’égalité – à l’ensemble des évêques, des dirigeants d’établissements privés catholiques, de l’UNAPEL, des mouvements de jeunes… ce que nous avons fait aussi à l’attention de représentants d’autres religions et d’instances non confessionnelles. Nous avons pu, ensuite, échanger avec nombre de destinataires de cette note. Mais la France est un pays de tradition catholique — n’en déplaise à François Baroin — et ce dialogue se fait donc majoritairement avec le peuple catholique et ses clercs, prêtres et évêques. » C’est bien : les évêques et les fidèles catholiques sont CONSULTÉS. C’est hyper sympa. Ils sont PARTENAIRES (du moment qu’ils ferment leur gueule et qu’ils ne récupèrent pas le logo de la « Manif Pour Tous » : marque déposée ! Les leaders LMPT tiennent à leur copyright !). Affligeant.
 

« Cela est d’autant plus vrai que l’Église est la première institution du monde par l’expertise, l’expérience et le temps consacré à ces enjeux. Certes, tous les catholiques ne partagent pas notre combat, mais cela ne nous empêche pas d’aller de l’avant, avec les encouragements du Saint-Père, qui m’a reçue au printemps 2014. » Aaaah… Cette chère selfie avec le Pape (… pour lui faire dire tout ce qu’on veut… et surtout tout ce qu’il ne pense pas) !
 

(Cette photo n'est pas un montage)

(Cette photo n’est pas un montage)


 

« J’ajoute que, lors du Tour de France que j’ai fait au printemps 2015, au cours duquel je suis allée dans 25 villes en 5 semaines, j’ai été très souvent interrogée, à la fin de ces conférences, sur l’attitude de l’épiscopat. Ma réponse a toujours été la même : d’abord, bien des évêques, dans leur diocèse, soutiennent explicitement le mariage homme-femme et la famille, même si leur communication n’est pas reprise et connue au niveau national. D’autre part, le rôle des évêques n’est pas le militantisme en tant que tel  : l’action militante est plutôt le rôle des laïcs, comme l’a fortement rappelé le pape Benoît XVI. » Ben oui. Séparation de l’Église et de l’État ! Séparation du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel ! D’ailleurs, je crois qu’on est tous d’accord pour dire que Jésus n’a jamais fait de politique (ce qui est, en réalité, archi-faux), que les évêques ne sont ni humains ni citoyens, que les fidèles catholiques doivent s’engager en politique mais ne pas faire de politique en Église… Pauvre schizophrénie de nombreux catholiques qui n’ont rien compris à Jésus, à ce qu’est vraiment la noblesse de la politique et de la sexualité !
 

« Autrement dit, avant de voir ‘la paille dans l’œil’ de certains de nos frères-évêques, regardons d’abord ‘la poutre’ qui est dans le nôtre… » C’est peu de le dire !
 

« Si chacun se lève pour assumer ses responsabilités, c’est déjà une grande et bonne nouvelle pour l’avenir ! » Les leaders LMPT, comme des communicants dignes de ce nom, savent que, pour ne pas passer pour des insensés ou des destructeurs (alors qu’ils ont fait un beau travail de sape de notre combat jusque-là), il convient de finir leurs interviews par une phrase de conclusion bien vaseuse et bien « positive » (et crypto-biblique sans trop que ça se voie). Que leur appel à assumer leurs responsabilités ne soit pas de la jolie formule. Et si c’est le cas, qu’ils comptent sur moi pour leur rappeler leur hypocrisie, leur fausse humilité, et leur irresponsabilité. Car visiblement, ils ne s’en rendent pas compte.
 
 
 
 

P.S. : Et Famille Chrétienne qui ne comprend rien non plus à l’Union Civile…

La Bête dit de plus en plus qui elle est

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Croyez-vous que la Bête (de l’Apocalypse) se cacherait ? Pas du tout. Elle agit de plus en plus à visage découvert, en se disant que « plus c’est gros plus ça passe », que la honte de sa défaite cuisante contre le Christ sera miraculeusement effacée et blanchie par l’exhibition de sa fierté décontract et de sa monstruosité, par une soi-disant « transparence » ou « franchise » par rapport à son identité. Après s’être longtemps caché pour agir dans l’ombre et fomenter son imposture dans des loges, l’Antéchrist s’imagine qu’en s’affichant toujours davantage tel qu’il est, en annonçant cash son nom et ses chiffres (666), il sacrera son innocence et deviendra insignifiant et familier aux yeux du monde.
 
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Je n’ai pas foncièrement changé

 

Beaucoup de personnes qui m’avaient écouté une première fois en conférence sur l’homosexualité et qui me réécoutent beaucoup de temps après me disent que « j’ai changé », qu’ils « voient vraiment l’évolution » (parce qu’ils en étaient restés sur une première impression mitigée ou négative), que « j’ai un discours plus clair et pacifié », que mes propos sont moins sombres. Certes, ma pensée est vivante, et forcément elle évolue (et j’espère, en bien). Mais très franchement, je ne pense pas avoir tenu un discours moins clair et moins charitable avant. J’ai toujours dit la même chose depuis 8 ans, en veillant sans cesse à l’équilibre entre Vérité et Charité, entre fond et forme, à la vie comme sur internet. Cette impression de « changement radical » vient avant tout, je crois, des fantasmes qu’on projette faussement sur moi, des incompréhensions, des lenteurs, de l’ignorance, de l’homophobie et de la schizophrénie, qui gagnent beaucoup de catholiques, en particulier concernant l’homosexualité et la probabilité qu’elle soit le lieu de l’Action de la Grâce. D’ailleurs, ces derniers continuent de m’inviter en cachette, sans m’assumer, de me trouver « courageux » sans pour autant m’encourager à l’extérieur, et sont persuadés que j’ai un agenda de ministre, que je suis invité à droite à gauche et très sollicité, alors que pas du tout. Pour être honnête, je n’ai pas changé de discours. Je ne suis pas différent « en vrai » et dans mes livres. Je n’ai rien changé. De même pour ceux qui, en ce moment, rêvent que j’aille mal pour mieux se lamenter sur mon sort et exercer leur chantage spirituel : « Tu ne vas pas bien en ce moment. Tu te radicalises. Tu m’inquiètes. Je prie beaucoup pour toi. » Si vous voulez vraiment prier pour moi, ne me souhaitez que du bien, et regardez surtout que je ne suis ni aussi malheureux, si aveugle et si intransigeant que vous le souhaiteriez. La plupart du temps, ce n’est pas moi qui me radicalise : c’est vous qui vous ramollissez. Ce n’est pas grave : je m’en remets :-).

« Gens d’Église catholique, arrêtez de nous traiter comme des gonzesses ! »

 
logo mère de miséricorde
 

Je reviens du week-end « Mère de Miséricorde » (mouvement qui accompagne les couples concernés par l’avortement), à Montmartre, du 16 au 17 janvier 2016. Extraordinaire bain d’amour et d’humour, d’accueil de la fragilité, sans condamnation des personnes. Vraiment, je conseille fortement. Cet événement, en plus de la joie simple qu’il m’a donnée, m’a permis de réfléchir sur la manière qu’adopte l’Église catholique en général pour nous appeler à l’action sociale, à la mission. Ça va peut-être vous surprendre venant d’un gars homo comme moi qui a fui en partie sa masculinité, mais j’ai eu peur que ce week-end « Mère de Miséricorde » tombe dans le travers que je vais décrire ci-dessous. Finalement, comme l’association en question est une œuvre guidée par l’Esprit Saint, elle n’est pas tombée dans le panneau… mais le risque de faire de la Mission une couveuse-confessionnal peinte en rose est toujours là, et l’enjeu de ces œuvres mérite que je le rappelle.
 

En effet, la tendance est forte, dans les mouvements catholiques actuels, de nous traiter comme des infirmières et non comme des chirurgiens, comme des moniales/moines et non comme des soldats, comme des priants et non comme des évangélisateurs, comme des femmes et non comme des hommes, comme des Marie et non comme des Jésus. Souvent, je constate, dans les milieux de l’action sociale chrétienne, qu’on nous parle comme à des gonzesses, à des mères compréhensives, précautionneuses et protectrices, à des religieuses cloitrées, à des infirmières scolaires, voire à des mamies retraitées. Ce qui n’est pas un mal (mâles). Car cela nous fait découvrir l’immense trésor du cœur profond et « de mère » de Jésus en nous. On découvre la grandeur de l’effacement, du dépouillement, de l’humilité, de l’écoute, du silence, du cœur à cœur, des larmes, de la délicatesse, de la bienveillance, du vrai accueil qui désarme les plus farouches. La Miséricorde incommensurable de Marie. D’ailleurs, il suffit de voir la sainteté douce qui jaillit d’une Valérie Ternynck (responsable de « Parlez-moi d’amour ») pour en être convaincu. Le risque, c’est qu’on étend un charisme particulièrement efficace mais – il faut le reconnaître – exceptionnel et peu répandu, d’une personne unique (Valérie Ternynck) à l’ensemble des personnes qui devraient avoir son rôle bienfaiteur (« Parce que ça marche avec elle, parce que ça marche une fois, ça va marcher pour tout le monde et pour toutes les autres fois. »). L’erreur, c’est également de ne s’adresser qu’à un seul type de public, et en particulier un public féminin. Car on ne parle pas à des jeunes hommes comme à des jeunes femmes, surtout en matière de sexualité, et même de spiritualité. Même si garçons et filles sont tous apparemment humains et de la même tranche d’âges. C’est un mystère, cet écart de rythmes, de besoins, de formes, de vocations, entre les sexes, mais je n’y peux rien. C’est le mystère réel de la différence des sexes.
 
Valérie Ternynck
 

Dans ces formations à l’affectivité, que fait-on des mecs, des pères, des soldats, et de ceux (ou « celles »… car il y a aussi des filles qui ont davantage besoin de force que de douceur) qui sont plus sensibles à un discours moins ganté, plus conquérant, aventureux, assaillant, castrateur, posant les limites et édictant la Loi ? Comme le fait remarquer à juste titre Vladimir Soloviev, si on regarde tous les saints de l’Église catholique, on ne trouve principalement que deux catégories (qui ne s’opposent pas du tout entre elles, d’ailleurs) : soit des moines, soit des soldats. Or, à « Mère de Miséricorde » (œuvre magnifique, indéniablement vigoureuse et sainte), et dans l’Église catholique en général, la dimension zélée, masculine et paternelle de l’être humain, dimension qui nomme le mal, qui vit moins cachée, qui est plus extérieure qu’intérieure, est négligée. « Discrétion ! Invisibilité ! » on nous dit. Alors que pourtant, la charité masculine complète la charité féminine. On nous dit : « N’annoncez pas le Christ ! La morale (confondue avec le moralisme), EXIT ! Ne verbalisez pas votre foi. Intériorisez la Vérité au profit de la Charité. Soyez mère et non pas père. Soyez Ministre de l’Intérieur ou de la Défense, et non pas Ministre des Affaires Étrangères (… et encore moins Président de la République) ! Soyez moine et non pas soldat ! Soyez accompagnant, bras droit, et non pas chef ! » Il y a une tendance dans l’Église à nous méfier de la force, de la foi catholique énoncée clairement, de la Vérité, de la Parole (explicite), de l’action. On fait prévaloir la « gradualité », la présence, la discrétion, le silence, le « savoir être », plutôt que le « savoir-faire tout en étant ». La Vérité, le mariage et le Christ sont envisagés d’office comme une matraque, une menace, un bulldozer idéologique qui décrédibilise et découragerait les gens non-croyants. « Nous ne sommes pas un mouvement militant. Nous ne sommes pas un mouvement combattant. On est simplement là pour aider la personne à trouver son cœur profond. Par amour. Pas par devoir. Sans jugement. Sans morale. Sans condamnation. » a dit mot pour mot Guillaume Maupeau, un des volontaires de « Mère de Miséricorde », lors du week-end de Montmartre.
 

Don Luigi Giussani

Don Luigi Giussani


 

Mais n’est-ce pas restreindre ou caricaturer l’action de Dieu dans notre vie, que de penser ainsi et de faire de la maternité un dogme actionnel/solidaire/associatif ? N’est-ce pas fuir face aux attentes de ceux et celles qui, plus qu’une écoute, recherchent une Parole vigoureuse en même temps que respectueuse ? Je crois qu’il y a des gens qui sont appelés plus par le devoir que par le cœur, par l’ordre plus que par l’invitation, par l’obéissance et la soumission à une autorité plus que par la compréhension, par le choix plus que par le consentement, par la lutte plus que par le repos, par l’action plus que par l’expression de son ressenti, par Jésus directement plus que par les valeurs qu’Il porte. Il y a des gens qui préfèrent un Jésus caché et d’autres qui ont besoin de se Le voir annoncer « cash » et visible. Alors, certes, dans le contexte laïcard actuel, dans le contexte de tension et de paranoïa athée et anti-catholique, on va me rétorquer que la discrétion de Dieu est « plus stratégique » et opère davantage de miracles qu’une foi affichée comme un étendard, on va me dire que les associations telles qu’Alliance Vita, LMPT ou Mère de Miséricorde font un travail formidable de terrain et dépassent de loin l’action bourrine et donneuse de « leçons de prévention » des associations athées style Planning Familial justement parce qu’elles n’annoncent pas directement la couleur du Christ : ce serait leur discrétion qui leur permettrait de rejoindre un milieu scolaire beaucoup plus large, d’approcher des publics archi blessés (notamment les élèves musulmans), de rassurer les directeurs d’établissement, et d’assurer un travail chirurgical de toute beauté même s’il se fait à petite échelle, avec des petits groupes et avec des petits effectifs d’accompagnement (par exemple, Parlez-moi d’amour est débordée de demandes et pourtant manque d’intervenants). Je pose néanmoins la question : malgré la nécessaire et précieuse précaution que tout médecin de l’âme et que tout médecin de Jésus doit avoir, n’est-on pas encore trop en timidité, ou concentré sur une seule forme d’action ? Jésus est un médecin. Pas une infirmière ni une assistante sociale ni une conseillère conjugale. Il n’est pas Marie. Récemment, une amie catho, jadis enseignante en ZEP dans les Cités, m’a dit combien la population musulmane est paradoxalement très ouverte et sensible aux évangélisateurs catholiques qui parlent à visage découvert de leur foi, et avec zèle. Je pense aussi au succès des pélés « identité masculine » du père Philippe de Maistre ou au scoutisme qui donne des repères pour devenir un homme (catholique). Il y a des gens qui sont davantage touchés par l’action publique et politique que par l’action « passive » et réflexive. Il y a des gens qui préfèrent adorer et jeuner, d’autres qui sont plus missionnaires, frondeurs et entreprenants. « Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. » (1 Co 12, 4)
 

N’oublions pas deux choses : 1) Jésus Prem’s !… et Marie en deuxième (Pour l’instant, l’action catholique est très mariale : c’est déjà énorme, mais c’est incomplet, et nous nous trompons, je crois, de priorité ni de royauté). 2) Sainte Thérèse de Lisieux, avec les novices qui étaient faibles et qui avaient besoin de son autorité masculine, se montrait ferme et forte ; avec les novices qui étaient trop orgueilleuses et avaient besoin de son autorité maternelle, se montrait douce. Pour amener le cœur à s’ouvrir à l’Amour de Dieu, il ne s’agit pas d’être tout le temps maternel, ni exclusivement paternel. Mais la paternité dépasse la maternité. Dieu s’est fait homme. Il ne s’est pas fait femme !

 

En regardant le programme de « Mère de Miséricorde » du dimanche 17 janvier au matin (Partie 1 : « Le Cœur profond » par Valérie Ternynck ; Partie 2 : « S’engager » par Guillaume Maupeau ; Partie 3 : « Le Combat spirituel » par le père Pierre Brunet ; Partie 4 : la messe par Jésus et Mgr Legrez), cette négligence de la masculinité (masculinité de la féminité, aussi !) commençait à se profiler, et ce, depuis le samedi… malgré la formulation scolaire de la nécessité de « l’engagement ».
 

Père Pierre Brunet / Zorro

Père Pierre Brunet / Zorro


 

Heureusement, le père Pierre Brunet (Zorro) est arrivé ! De manière totalement inespérée. J’avais déjà rédigé en cachette la moitié de mon article que vous lisez. Mais l’intervention du père Brunet a brisé mes doutes et est arrivée comme un coup de tonnerre dans le salon de thé cosy. Et c’était béni de Dieu. À brûle-pourpoint, il s’est mis directement à parler de masculinité. Alors que rien, dans le contexte du week-end « Mère de Miséricorde », et dans la thématique de l’accompagnement des femmes qui avortent ou souhaitent avorter, ne semblait l’indiquer. Ça tombait même carrément comme un cheveu sur la soupe. C’est là que j’ai compris que l’œuvre de Mère de Miséricorde était vraiment plus divine qu’humaine, et qu’elle était portée par l’Esprit Saint. Je ne vois pas d’autre explication. Dès l’introduction de son topo sur le « Combat spirituel », le prêtre marseillais a apporté, sans avertir, la dose de testostérone sainte qui manquait à ces deux jours déjà formidables. L’apothéose. Comme si l’Esprit Saint répondait mystérieusement à ma petite frustration. Ça m’a bouleversé. J’en ai pleuré pendant une demi-heure à chaudes larmes, c’est pour vous dire !
 

Pour commencer son topo, le père Brunet a raconté un épisode qui lui était arrivé à Marseille dans sa paroisse : un groupe de jeunes hommes, à proximité de son église, ricanait à propos de son célibat sacerdotal. Et lui, contre toute attente, n’a pas supporté en silence l’outrage, mais leur est rentré dans le lard. Légitime défense. Franc-parler. Rappel du cadre, des règles, du devoir. Justice couronnant la Miséricorde. Au lieu d’accueillir passivement les provocations des jeunes par un « Oui, je comprends, oui je supporte et je prie en silence », il ne s’est pas démonté, a dit « non », et a commencé à rentrer en résistance : « Je ne rigole pas du tout, là, les gars. Je joue pas. Le célibat, c’est vital pour moi. C’est ma vie. C’est mon bonheur ! » Et apparemment, cette courte mise au point a donné suite à un échange très profond entre hommes. « Je l’ai dit comme un mec. » Quand j’ai entendu cette phrase, là, immédiatement, j’ai compris que Dieu me répondait directement. Le père Brunet a exposé une toute autre manière d’aborder et de conscientiser les jeunes : il a contre-attaqué. Avec toute la Charité qu’il faut. Mais il a contre-attaqué quand même ! Il nous expliquait que si on attaquait sa femme, il serait le premier à se lever pour la défendre. Et si on attaque son Église, il ne se laisse pas faire et sort les crocs divins : « Je refuse de rentrer en débat avec des gens qui ne me respectent pas. » ; « On ne parle pas mal de ma femme ! On ne se moque pas de ma foi ! » ; « On peut débattre… mais dans la mesure où on se respecte. Quand on n’est pas à ce niveau-là, on ne se livre pas. » Comme un homme, un roi, un prophète de la justice, ou un arbitre, il pose le cadre, les limites à ne pas dépasser, la Loi. Il nomme le mal. Il édicte les règles. Il circoncit. Il frustre. Il donne des plaies. C’est ça, un vrai père.
 

Après l’introduction de son topo à Mère de Miséricorde, le père Pierre Brunet est rentré dans le vif du sujet et a traité du thème du combat spirituel (intitulé de sa conférence). Avec une originalité, une spontanéité (il a griffonné ses mots, paraît-il, la veille) et un culot tels (il a osé parler à la place de Dieu, en disant « Je », en parlant de « son fils Jésus », de ce qu’Il avait dit dans certains passages précis de la Bible, et de « ses prêtres ») que j’en ai sangloté comme un gamin pendant l’intégralité de son discours. J’étais frappé par la précision de ses mots, qui comblait mes attentes intérieures au-delà de ce que j’avais pu imaginer. C’est comme si Dieu avait pris possession du corps et des lèvres de son pasteur, que Dieu parlait à travers cet humble homme, et que le père Brunet n’était même plus là. « Tu vas combattre dans ta relation avec moi, disait-il, mais je vais te bénir. Je ne vais pas circoncire uniquement sexe, mais aussi ton cœur. » L’appel masculin au combat rejoint finalement la petitesse et l’humilité féminine, comme l’a montré le père Brunet en conclusion : « Restez petits et simples : c’est peut-être cela le secret du combat. » Dieu le Père nous aime avec un cœur de Mère, et par sa mère Marie. C’est sûr !

 

En repartant de ce week-end magique organisé par Mère de Miséricorde, Valérie Ternynck (une sainte, à mes yeux, même s’il ne faut pas trop lui dire lol… et puis de toute façon, sa grandeur ne vient pas d’elle, alors je peux quand même le dire !), guidée par l’Esprit Saint, a veillé, en faisant intervenir à cette session le père Brunet, Mgr Jean Legrez (évêque d’Albi) et même moi (le blessé de la masculinité), à apporter la touche de masculinité et de paternité indispensable à Mère de Miséricorde et à Parlez-moi d’Amour. Elle a eu l’humilité maternelle de nous confier « son » bébé, quelque part. Qu’elle en soit remerciée. Mère de Miséricorde est une œuvre inspirée. Et comme elle obéit au « À Jésus par Marie », elle se dirige naturellement et surnaturellement vers la Royauté masculine de Jésus et de Dieu le Père. Alléluia ! Vraiment !
 
 
 

P.S. : Remarque-annexe qui n’a apparemment rien à voir avec ce que j’ai écrit plus haut… et pourtant ! La grandeur de rassemblements tels que le « Parcours Homosexualité » de Paray-le-Monial, ou que le week-end « Mère de Miséricorde » au Sacré-Cœur de Montmartre, c’est qu’ils réunissent sans le savoir deux mondes qui ont tout pour s’opposer, mais qui, parce qu’ils ignorent qu’ils se rencontrent, parce qu’ils ignorent qu’ils s’opposent et qu’ils pourraient exploser ensemble, et surtout parce qu’ils sont mêlés et réconciliés ensemble par l’Esprit Saint, font l’expérience de leur unité improbable. À Courage, à Mère de Miséricorde, par exemple, c’est le festival des surprises, des réparations, des guérisons, des réconciliations insoupçonnées. J’ai remarqué cela avec les rares associations catholiques traitant de l’avortement (et dont le public caché est celui des personnes concernées par la stérilité) ; ou encore avec les associations traitant de l’homosexualité (qui drainent le public caché du divorce ou du célibat subi). Le phénomène d’aimants entre avortement et stérilité, ou bien entre homosexualité et divorce pourrait paraître irréel, malsain, masochiste ou signe de jalousie : des couples qui n’arrivent pas à avoir d’enfant partent à la rencontre de couples qui en ont supprimé un ! ; des femmes quittées par leur mari qui est parti apparemment « pour cause d’homosexualité » vont à la rencontre des sosies homosexuels de ce dernier ! Bonjour la nitroglycérine ! Mais en réalité, la rencontre des deux mondes se passe très bien ! Il y a une vraie libération et réconciliation par personnes interposées. On revient sur les lieux du drame ou du crime (l’avortement, la stérilité, l’homosexualité, le divorce, le célibat), et on rejoue la scène pour résoudre le problème. Et ça marche. Même si au départ, ça semblait explosif ou inutilement douloureux parce que ce retour en arrière, cette observation de la plaie, ne se fait pas exactement avec les bons acteurs. Même si le mal a été fait et semble irréparable. Pourtant, le miracle s’opère quand même.
 

P.S. 2 : Au même instant où je publie cet article, en arrive un autre, exactement de la même veine, dans Le Rouge et le Noir, d’un journaliste (Louis-Alexandre) que je ne connais pas. C’est simultané et troublant ^^.