Différence entre chasteté / abstinence / continence

 

Certains parmi vous me demandent que je les aide à mettre de l’ordre dans les définitions des mots « chasteté », « continence », « abstinence », « sexualité ». Alors voici, à mon avis, ce qui peut être dit :
 

1) la chasteté, c’est la vertu universelle à laquelle tout le monde est appelé dans ses relations, quel que soit l’état de vie (célibataire ou marié). C’est la juste distance qui permet la relation et d’échapper à la fusion mortifère (inceste).

 

2) l’abstinence, c’est neutre (comme la tolérance). Tout dépend de quoi tu t’abstiens et pour quelle raison. L’abstinence n’est pas toujours liée à un choix, donc elle n’est pas à prôner comme un chemin de vie et de don entier de sa personne épanouissant (elle peut même être une maladie : avarice, lâcheté, collaboration, censure, anorexie, goût du paraître, peur).

 

3) la continence, c’est une abstinence choisie et vécue uniquement par les célibataires consacrés, c’est une abstinence non-frustrante car donnée à Dieu et aux autres. Les couples femme-homme mariés ne sont pas appelés à la continence : les formes de leur chasteté ne leur font pas renoncer à l’affectivité, la sentimentalité, la génitalité, la procréation… contrairement à la continence des célibataires consacrés (dans le sacerdoce ou par des vœux non-sacramentaux). La continence est donc en effet l’état transitoire de toute personne qui vit hors mariage. Elle n’est pas un étouffement de la sexualité (sexualité qui est aussi la sexuation, aussi le rapport au monde en tant qu’être sexué, aussi toutes les dimensions de notre vie, y compris celles qui ne sont ni génitales ni sentimentales ni tactiles) mais au contraire un don entier de toute notre personne unique.

Les sacrements, c’est du concret !

 

À ceux qui doutent de la puissance des sacrements de l’Église catholique : un épisode qui m’est arrivé pas plus loin qu’hier soir ! J’étais couché dans mon lit, avec un mal de ventre assez désagréable qui me tordait les boyaux, et qui ne passait pas depuis une heure. Je me suis mis sur le dos, et ai sollicité l’Esprit Saint, en Lui demandant, s’Il le voulait bien, et au nom du Christ, de laisser agir par ma main le Sacrement de Baptême que j’ai reçu quand je n’avais qu’un mois. Pour ce faire, je me suis mis sur le dos, ai placé ma main droite sur mon ventre sans le toucher, et ai prononcé la prière de délivrance pour couper les mauvais liens. Je ne le fais jamais. Mais là, ça m’a pris, car je sais qu’on peut prier sur soi-même autant que sur les autres. Eh bien vous me croyez ou pas : je me suis recouché sur le ventre, et à la seconde d’après, le mal avait totalement disparu, et j’ai dormi comme un bébé ! haha ! L’Esprit Saint agit. Les Sacrements que nous avons reçus (baptême, confirmation, confession, Eucharistie…) agissent concrètement et ont une autorité spirituelle sur les démons. Trop rigolo. Nos mains se transforment parfois en gun du Seigneur. Et, comme Lucky Luke, il n’y a plus qu’à souffler dessus après pour refroidir le tir, et ranger dans l’étui !

Koz si peu

 

J’ai fait l’effort d’écouter ce matin « Le Grand Témoin » de Louis Daufresne, avec l’invité Koz Toujours, sur Radio Notre-Drame. Vous allez peut-être trouver que je m’acharne, que j’en fais une attaque de personne, et sans goûter le plat que je critique. Mais pas du tout. J’essaie de comprendre l’« engouement ». Je goûte au plat. Mais je le trouve toujours sans saveur. Y’a toujours très peu de gras. Pas de convictions fortes défendues (même sur l’immigration ; juste une belle indignation par rapport à l’euthanasie et l’avortement, tout au plus). Pas de foi ni de Jésus défendu. Seulement un relativisme sous couvert de « nuances », de prudence intellectuelle, de pondération, de non-caricature de la « complexité » des situations. « Ce ne sont que mes opinions ». « La foi n’est pas un roc ». « Toute situation est complexe et on ne peut pas avoir d’avis tranché. » Super, pour quelqu’un qui se prévaut de la « quête de Vérité »…
 

Au passage, je me demande comment, tout en défendant l’Union Civile (ou, au moins, en ne la récusant pas), Koz peut dire « On sera là ! » contre le projet de Taubira de lutter en faveur de la PMA des « couples » lesbiens. Encore des mots vides et des vœux pieux sans consistance.

Ma réponse « Synode et homosexualité » sur Boulevard Voltaire (Bonus ici : article en intégralité)

Vous pouvez lire ma tribune sur l’homosexualité (cliquez sur le rouge) dans Boulevard Voltaire, en réponse à l’article de la militante féministe Élise Elisseievna « Église et homosexualité : la Tentation Lyssenko ».
 
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Par ailleurs, voilà, ci-dessous, la version intégrale et non-tronquée de l’article :
 

L’intérêt pour ce que dit vraiment l’Église sur l’homosexualité… plutôt que pour la « tentation Lyssenko »

 

Dans son récent article, la militante féministe Élise Elisseievna nous parlait de la tentation Lyssenko à laquelle l’Église catholique aurait succombé pendant cette deuxième partie du Synode romain sur la famille, traitant ces jours-ci de l’homosexualité. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, la tentation Lyssenko (à ne pas confondre avec l’agence de crédits Sofinco, attention…), c’est de faire de la science une idéologie voire une religion, et, dans le cas de l’Église catholique, de « naturaliser la Bible ». J’aurai envie de demander à Élise : quel est le rapport entre la théorie de Lyssenko et l’Église catholique ? Personnellement, je n’en vois aucun… à moins d’un détournement caricatural du « Croissez et multipliez » de la Genèse. Car en aucun cas l’Église ne dit que l’homosexualité est une essence biologique, et ne la condamne du simple fait qu’elle ne serait pas conforme à la « loi naturelle » ni « procréative ». Le postulat de l’auteure part déjà d’un fantasme personnel. Elle n’a pas compris ce que dit l’Église sur le lien entre mariage et fécondité.

 

Le catholicisme « obnubilé par la procréation » est majoritairement une légende noire créée de toutes pièces par les libertins sentimentalistes qui n’accueillent paisiblement ni le mariage, ni la différence des sexes, ni la maternité, ni la beauté du célibat, une pure projection de fantasmes personnels, comme le montrent les propos de l’actuel Pape Benoît XVI (encore Cardinal Joseph Ratzinger à l’époque) dans sa Lettre aux évêques de l’Église catholique sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Église et dans le monde (2004) : « Même si la maternité est un élément fondamental de l’identité féminine, cela n’autorise absolument pas à ne considérer la femme que sous l’angle de la procréation biologique. Il peut y avoir en ce sens de graves exagérations, qui exaltent une fécondité biologique en des termes vitalistes et qui s’accompagnent souvent d’un redoutable mépris de la femme. […] Ce n’est pas en se contentant de donner la vie physique que l’on enfante véritablement l’autre. La maternité peut trouver des formes d’accomplissement plénier même là où il n’y a pas d’engendrement physique. »

 

Ensuite, dans le titre racoleur choisi par la journaliste, il est facile d’identifier ce besoin très bobo de sortir le nom d’un scientifique – aussi peu connu que la théorie qui lui est attribuée – pour en foutre plein la vue et se donner l’air de psychologiser le débat de manière profonde et érudite, à l’instar de ceux qui se réfugient derrière les adjectifs « kafkaïen », « pavlovien », « dantesque », ou derrière leur « Point Godwin », leur « Complexe œdipien » et leur « Syndrome de Stockholm », pour se justifier de tomber dedans mais « pas comme les autres »… car bien sûr, au passage, ils vouent Freud et son école psychanalytique à la géhenne ! La tentation de Lyssenko (faire de la science une vérité totalitaire et un alibi dogmatique pour ne pas penser), ce n’est pas l’Église catholique qui y succomberait, mais précisément l’auteure du précédent article.

 

Mais venons-en au sujet de l’homosexualité. Contrairement à ce que dit Élise Elisseievna, l’Église catholique ne considère pas les actes homosexuels comme une abomination du fait qu’ils s’opposeraient au schéma de couple et de famille de l’hétérosexualité. D’ailleurs, l’Église n’a jamais défendu l’hétérosexualité : Elle ne défend que la différence des sexes couronnée par l’amour, que celle-ci soit vécue dans le mariage ou dans le célibat. Et la Curie s’oppose encore moins aux actes homos du fait qu’ils sont stériles biologiquement parlant. Trouvez-moi un prêtre qui condamnerait les coïts homos au nom de l’absence d’enfants et en brandissant l’argument de la « loi naturelle » : vous aurez du mal ! Non. L’Église s’oppose aux actes (sentimentaux compris) homosexuels parce que ceux-ci rejettent, plus ou moins consciemment, la différence des sexes. Et que sans l’accueil de cette différence fondatrice de notre existence et de notre personne, il n’y a pas d’amour possible. Il n’y a même pas d’amitié vraie possible. L’amour, c’est l’accueil de la différence des sexes. Cela n’a rien à voir avec une obligation à se marier ou à procréer, ni avec une idéalisation de tous les couples intégrant la différence des sexes : il existe des couples femme-homme qui incorporent celle-ci, mais qui ne l’honorent pas. On le voit suffisamment autour de nous, et même dans l’Église ! Cette vérité inconditionnelle de l’accueil de la différence des sexes pour qu’il y ait de l’Amour concerne déjà tout rapport humain (amitié, existence, célibat) et toute amitié.

 

Ce qui est très énervant avec des articles tels que « l’Église catholique et la Tentation Lyssenko » qui, comble du comble, se donnent la forme de la « parole d’expert », c’est qu’ils font dire à l’Église ce qu’Elle n’a jamais dit, mais en plus, ils se servent d’une part de vérité pour ensuite lui prêter des gros mensonges. Certes, à propos de l’homosexualité, les textes de l’Église catholique ne sont pas encore suffisamment étayés. Mais pas dans le sens que l’auteure le prétend. En effet, l’article d’Élise Elisseievna sous-entend que l’essentialisme spiritualiste (ou le présupposé nataliste sacralisé) qu’adopterait l’Église la conduirait, au bout du compte, vers une homophobie, malgré sa distinction – jugée implicitement hypocrite et inefficace – entre la personne homo et l’acte génital, entre la personne homo et sa tendance, et malgré son appel scolaire à la « charité » et au « non-jugement » : « Les textes de l’Église catholique sur l’homosexualité ne sont pas suffisamment clairs pour éviter la répulsion envers les homosexuels. »

 

Si les textes de l’Église catholique ne sont pas suffisamment clairs, ce que j’admets volontiers (je m’époumone suffisamment en ce moment pour me faire entendre de la Curie !), c’est principalement sur deux points qu’Élise Elisseievna n’identifie pas du tout, soit parce que cette auteure justifie l’hétérosexualité – en la confondant avec la différence des sexes – soit parce qu’elle méprise le célibat. À mon avis, c’est les deux. Dans les débats sur l’homosexualité, le premier point sur lequel l’Église manque de clarté, c’est effectivement l’hétérosexualité, qui n’est pour l’instant pas encore condamnée clairement en tant que diable déguisé en différence des sexes. Le deuxième point, c’est au sujet de la forme concrète que prend la « chasteté » demandée aux personnes durablement homosexuelles, à savoir le célibat continent. La Curie romaine est tétanisée à l’idée d’avoir à renvoyer toutes les personnes à l’orientation sexuelle profondément enracinée à la joie et à l’exigence de leur propre célibat sacerdotal (mais, en plus, sans le sacrement de l’ordre !), tétanisée de proposer un célibat que bien des célibataires consacrés n’expérimentent pas et auquel ils croient de moins en moins. En effet, c’est bien beau de dire « On vous accueille et on ne vous juge pas »… mais ensuite, quel chemin vocationnel concret de Vérité et de Sainteté est proposé aux personnes homos, à part les concepts flous d’« amitié » et de « chasteté » ? L’Église n’a pas encore trouvé sa précision et son audace pour annoncer la couleur de la Croix spécifique offerte aux personnes durablement homosexuelles. Mais ça, l’article d’Élise Elisseievna ne le signale pas du tout. Au contraire, il se contente de traîner insidieusement l’Église en procès d’homophobie inconsciente et bien-intentionnée, tout en cultivant l’amalgame entre chasteté et virginité (or la chasteté des couples mariés n’est pas la continence) ou entre amitié et amour. Désolé, mais c’est malhonnête. J’aurais préféré l’expression d’une prière à l’Esprit Saint pour inspirer les cœurs des participants d’un Synode qui n’est pas terminé.
 

Philippe Ariño, essayiste

 
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Et ça parle de courage ?

 

C’est précisément le mot « célibat » qui est tabou à Courage, et qu’on remplace par le mot fourre-tout « chasteté » ou « amitié » ! (bientôt « sainteté »…)
 
 

Sur les réseaux sociaux, un ami de Courage a réagi en me disant : « La chasteté à la même forme pour les personnes célibataires, homos ou non. Le risque de parler de célibat est justement de faire de l’homosexualité un particularisme qui deviendrait plus déterminant que l’identité d’homme ou de femme ou que l’état de vie. Un ghetto gay. » Ce à quoi je lui ai répondu :
 
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Pour l’instant, à mon avis, il n’y a pas encore de structure pastorale solide pour les personnes homosexuelles. Sans l’énonciation explicite de la proposition de la continence (et donc du célibat) pour les personnes durablement homosexuelles (sans pour autant écarter la proposition du mariage, ni opposer célibat et mariage), le groupe Courage se retrouve, comme DUEC (Devenir Un En Christ), coincé dans le triptyque « amitié/chasteté/sainteté », et délaisse la Vérité et l’Universalité de la Sainteté dans l’apostolat mondial par l’homosexualité. Courage se transforme donc en DUEC, c’est-à-dire en en groupe « convivialité-prière ». Ce n’est pas le but ni la vocation d’une pastorale d’Église pour les personnes homosexuelles, je regrette.

Le problème des places de parking autour de l’église : toujours pas résolu

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Alors là, je me gausse : article « Julien et Bruno cherchent encore leur place dans l’Eglise » du journal protestant… euh, pardon, catholique… La Croix (et au passage, je remercie tous les journalistes « cathos », responsables LMPT, prêtres, KTO, responsables d’aumônerie, qui se sont méfiés de moi, m’ont marginalisé, voire qui m’ont pourri… parce que là… comment vous dire… c’est le début de la me’r noi’e lol)
 
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Je propose à Radio Notre Dame, RCF, KTO TV, La Vie, Famille Chrétienne, et bien sûr à La Croix (le journal de Christian) de fusionner autour d’un nouveau collectif qui s’appellerait Espérance Chrétienne. À vous de voter ! lol. Et bien entendu, n’oubliez pas d’éjecter de la liste des collaborateurs l’OVNI méritant (« J’aime beaucoup ce que vous faites… mais il ne faut pas l’imposer à tous, et puis vous êtes minoritaire ») et fondamentaliste que je serais, hein ? C’est important. Enfin, je finirai par vous conseiller de ne jamais perdre de vue que la sexualité, ce n’est pas sexuel !^^ (c’est Lorie… ou peut-être Alizée… qui me l’ont soufflé).
 
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N.B. : Juste pour les masos qui ne s’aiment pas et qui aiment « se prendre la tête », cet article.

Tableau-Récap pour le traitement synodal de l’homosexualité

 

Voici un tableau récapitulatif de mes conseils et surtout des prévisions que je donne pour les 2 jours du Synode qui vont concerner spécifiquement l’homosexualité (20 et 21 octobre 2015). Puisse-il parvenir d’une manière ou d’une autre à sa Sainteté le Pape… (car je n’ai pas de contacts directs, et je ne compte pas trop sur l’entourage franc-mac des cardinaux francophones pour m’y aider…).
 
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Je vous renvoie par ailleurs à mon article « Qu’est-ce que vous voulez de plus ? » et à mon article sur la chute de Radio Notre-Dame (mais de tout le monde médiatique « catho » actuel : on peut mettre RCF, la chaîne télé KTO et l’univers de la chanson « chrétienne », dans la boucle). Enfin, pour comprendre la mini-polémique qui se passe à Courage, voici ce court résumé.

Est-ce que les cathos mesurent ce qui est en train de se passer?

 

Radio Notre-Drame, rebelote. On croyait que c’était fini, ou qu’il s’agissait d’épiphénomènes isolés… Mais pas du tout ! Entre les émissions de Louis Daufresne (qui justifient l’homosexualité – Père Joël Pralong – ou l’euthanasie – Père Gabriel Ringlet), puis les propos de Gérard Leclerc (qui couvre La Manif Pour Tous de l’accusation d’homophobie, alors qu’il y a de quoi dire !), puis dernièrement l’émission pro-gay En quête de sens de Léo Potier (hallucinante), et maintenant l’autre émission de Radio Notre-Dame L’Oeil du Prince de Christophe Mory, qui part en vrille totale en encensant la pièce Les Voeux du coeur (je vous renvoie aux deux critiques que j’ai écrites : article 1 et article 2)… Ça laisse sans voix… Même les milieux dits « catholiques », censés représenter l’Église, baissent leur pantalon (ou font comme Koz Toujours: défendent l’Union Civile). Est-ce que les cathos mesurent ce qui est en train de se passer dans l’Église ?

One-man-show de Pierre Fatus : Éloge du chaos

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Je ressors de voir le one-man-show L’Arme de fraternité massive ! du clown agressif Pierre Fatus. Un concentré d’antifascisme moralisant à la Sofia Aram : inquiétant. Nous nous retrouvons pourtant face à un pur produit du futur Gouvernement Mondial, prônant un totalitarisme humaniste déraciné : « Fatus est black, blanc, bi, beur, coco, catho, chinois de gauche mais athée tendance rom de droite, avec un côté musulman laïc, un peu juif gay mais toujours humain. » (Résumé dans le tract)… Et là encore, le public, au lieu d’y voir une soumission, une dispersion ou une agression, se persuade massivement d’avoir goûté à une vraie transgression révolutionnaire. La bonne intention humaniste et amoureuse se transforme sous nos yeux en matraque et en terrorisme idéologique manichéen relativiste et sentimentaliste. Au secours : y a-t-il des gens sensés dans la salle ?

 

On retrouve cette idée du projet civilisationnel de la fondation/pacification par le chaos (mot d’ordre du Gouvernement Mondial, dont la devise franc-maçonne est Ordo ab chao : « L’ordre par le chaos ») dans énormément de spectacles et de one-man-show déprimés et agressifs de nos artistes bobos actuels, de nos anars libertins gauchistes. Les 4 rocs qui fondent l’Humain – la différence des sexes, la différence des générations, la différence des espaces, la différence Créateur/créatures -, qui séparent pour mieux incarner l’Homme et le mettre en relation avec les autres, sont envisagés comme des abstractions, des dangers, des fondamentalismes « frustrés et frustrants », des communautarismes à neutraliser. Plus de frontières, plus de croyances, plus de sexes, plus de différences, plus de générations, plus de distinction de couleurs de peau, plus de politique, plus de nations, plus de familles, plus de couples, plus de riches et plus de pauvres, plus de religions ! Tout ça viré ! C’est l’idéologie de l’Humanisme intégral qui veut s’imposer à tous. C’est le chaos qui va devenir l’amour et le vrai. Pendant tout le spectacle de Pierre Fatus, le comédien déblatère sa haine de la France. Eh bien mes petits amis, le monde est de plus en plus prêt à recevoir à bras ouverts le Nouvel Ordre Mondial !
 
 
 
N.B. : Retrouvez-vous prochainement les codes homosexuels de ce spectacle répertoriés dans mon Dictionnaire des Codes homosexuels !

L’humilité, l’opium spirituel bon marché

 

Méfiez-vous de ceux qui parlent beaucoup d’humilité. Parce que l’humilité s’est toujours vécue plus qu’elle ne s’est dite (c’est d’ailleurs sa marque de fabrique !). Et parce que celui qui ne parle que d’elle, en général, est peu humble, et se sert du mot pour cacher sa propre lâcheté, sa peur, sa tiédeur, son arrivisme, son aveuglement, son manque de courage pour la Vérité, une censure qu’il veut faire peser sur les « trop bavards » qui le dérangent, son opium spirituel de « l’humilité » justement. Je reprendrai volontiers les mots de conclusion du père Billy Stangby dans le roman Le Père Elijah (1996) de Jonathan O’Brien, quand il entend dire par son pote Elijah que le président (c’est-à-dire l’Antéchrist) « dans ses discours sur la spiritualité, fait souvent référence à l’humilité comme l’une des grandes vertus » (p. 151) et qu’« il se dégage de lui une sorte unique d’humilité qui l’a impressionnée » : « Je suis toujours mal à l’aise avec les grands hommes qui parlent trop d’humilité. »