Les mots sont tous parfaits

 

Tous les mots sont parfaits. Vraiment. Je me le dis dès que j’entends « Frigide Barjot », « Koz Toujours », « Sens Commun », « LMPT », « Écologie Humaine », le choix d’un pseudonyme, un lapsus, les sigles, etc. Les mots sont tous unanimement signifiants (même s’il y en a qui sont plus vrais que d’autres, plus parfaits que d’autres). Ils sont tous bien choisis, tous d’une précision millimétrique, tous à leur place. Y compris ceux qui mettent en avant leurs intentions plutôt qu’eux-mêmes. Y compris ceux qui propagent le mensonge, le sarcasme, la caricature, le désenchantement, la méchanceté, la légèreté, la bêtise, le cynisme. Car même le mal, par sa faiblesse, son échec et son silence sur lui-même, laisse passer malgré lui une part de vrai, se grille lui-même tout seul. Oui. Avec le langage humain, on ne peut tricher. Les mots sont parfaits. Et le plus parfait d’entre eux, c’est bien sûr Jésus. Les gens qui Le rejettent L’annoncent à leur insu. Et les gens qui rejettent ses paroles en font inconsciemment la publicité. Grand est le Verbe divin ! Grand est le verbe humain grâce au Verbe divin !

Les 20 secrets de la chanson « Veilleur je suis là » + mon « J’accuse ! »

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Retrouvez le clip ici.
Retrouvez l’événement Facemouk ici.
Retrouvez les paroles de la chanson ci-dessous.
 
 

Paroles

 

Veilleur, je suis là.
Avoue, tu ne t’attendais
pas trop à ça.
Bougie au vent
Livre en moi
Culture et foi
Mon seul combat.
 
Veilleur, je suis là.
Des millions de Français
tu muselas.
Pour un enfant, une maman deux papas :
Dans quel délire
T’es parti là ?
 
Mmmmh Mmmmh retire ta loi.
Mmmmh même toi tu n’en veux pas.
 
Veilleur, je suis là.
La ville s’est endormie.
Pas peur de toi.
Et cette grande valse disparaîtra
l’inhumaine loi.
Réel vaincra.
 
Mmmmh Mmmmh question de mois.
Mmmmh Mmmmh on lâchera pas.
 
Mmmmh Mmmmh Réel vaincra. Réel vaincra. Mmmmh Mmmmh
 
 
 

Les 20 secrets de la chanson « Veilleur je suis là »

 

 

Au lendemain de la sortie du clip-événement « Veilleur je suis là », j’ai décidé de vous offrir quelques clés de lecture, anecdotes de studios ou de tournage pour vous permettre de mieux le comprendre et le savourer :

 

1 – Cette chanson a été écrite et composée par moi. C’est même la première chanson de l’album « Boulet de Canon » (11 titres, qui sortiront le 19 janvier 2015) que j’ai trouvée mélodiquement.
 

2 – Les arrangements sont de Jean-Charles Wintrebert, qui a composé notamment des comédies musicales comme Mère Teresa ou des spectacles comme La Nuit aux Invalides. Cet arrangeur de génie a un site.
 

3 – Le clip « Veilleur je suis là » a été conçu par deux réalisateurs incroyables : Pierre-Hélie de Peretti et Jean-Sébastien Poüs. Tous les deux sont en école de cinéma. Pierre-Hélie, malgré son jeune âge, est doté d’énormément de talents (par exemple, il n’excelle pas que dans la vidéo : il joue du piano en autodidacte). Pour « Veilleur je suis là », il a réussi, avec très peu de moyens, à créer une image nette et à filmer Paris la nuit. Ça relevait de l’impossible, mais il l’a fait. C’est rare de tomber sur un jeune réalisateur aussi mature. Quant à Jean-Sébastien Poüs, il réalise des plans comme les pros et est d’une grande précision dans son travail. Ses plans sont soignés. Surnommé « Bach » pour les intimes, c’est lui qui a apporté la patte « douceur » et « esthétique » du clip. Il a manqué sa vocation de peintre. Je suis très fier de leur travail. Peretti et Poüs en ont passé, des nuits courtes à VEILLER, justement! Ces deux réalisateurs sont de véritables Veilleurs.
 

4 – La chanson démarre avec la reprise du discours du député PS Erwann Binet, le rapporteur officiel de la Loi Taubira. Pourquoi Erwann Binet, celui dont même les défenseurs du « mariage gay » ignorent le nom (la preuve qu’ils se contrefichent de la loi qu’ils ont demandée et que Binet a défendu pour eux) ? Parce que cet homme délivre exactement le contenu idéologique de la pensée unique qui met notre pays à plat et qui, sous des apparences solidaires, ne respectent absolument pas les personnes homosexuelles ni leurs vécus (dans son discours, on retrouve d’ailleurs tous les mots qui composent le lavage de cerveau actuel sur l’homosexualité : « égalité », « progrès », « discrimination », « liberté », « droits », etc. ces mots qui instaurent une censure qui se fait passer pour de la justice sociale). Parce que cet homme a orchestré le trucage des débats sur un sujet de société – l’homosexualité – extrêmement complexe et fondamental. Petit exemple : lors des auditions à l’Assemblée Nationale qu’Erwann Binet a organisées en 2013, il a méprisé les représentants religieux d’une manière absolument scandaleuse, et a réparti le temps de parole entre les opposants à la Loi Taubira et les promoteurs de la Loi avec une totale iniquité (les anti-mariage gay ont eu droit à 212 minutes, alors que les pro-mariage gay ont quasiment eu le double de temps, avec 399 minutes). Voilà un homme politique véreux qui prône l’égalité quand ça l’arrange, et qui pratique l’iniquité et la discrimination (voire le mépris homophobe face à une personne homosexuelle qui ne récite pas le texte qu’il attend d’elle) quand ça l’arrange aussi. J’ai rarement vu un Ponce Pilate (qui, de surcroît, se fait passer pour « catho » et pour un « hétéro gay friendly » car il n’a toujours pas compris la gravité de la loi qu’il a défendue) aussi malhonnête. Pour cette raison, cet imposteur méritait bien une chanson !
 

5 – Au niveau du message de « Veilleur je suis là », je suis heureux d’avoir réussi en une phrase (« Pour un enfant, une maman, 2 papas : dans quel délire t’es parti là ? ») à condenser mon avis sur le « mariage gay » : ça relevait du tour de force concernant un sujet aussi complexe ! Et je suis également heureux d’avoir réussi en une pancarte finale (« Abrogation du mariage gay. Abrogation du PaCS. Non aux droits ‘des homos et des hétéros’. Retour aux Droits de l’Homme ! ») à résumer tout ce que je défends depuis des années, à savoir la réduction de l’Humain à ses sentiments ou à ses fantasmes sexuels (comme si nous n’étions que purs esprits, anges, ou des bites sur pattes !).
 

6 – Béatrice Bourges (figure de proue du Printemps Français, celle dont le nom de famille n’est absolument pas à l’image de sa simplicité et de son humour) me fait l’honneur de figurer dans le clip. Les mass médias se sont empressés de la « fasciser » et de l’extrémiser afin de la museler. Mais si les chefs de la Manif Pour Tous avaient été justes et intègres, ils ne l’auraient pas laissée sur le banc de touche des prétendus « extrémistes » et ne l’auraient pas livrée aux journalistes malveillants. Ce n’était que justice de la rappeler pour « Veilleur je suis là ».
 

7 – J’avais demandé, à la base, à la plupart des fondateurs des Veilleurs s’ils souhaitaient venir dans le clip (je pense à Axel Rokvam, Alix de Prémare, Gaulthier Bès, Madeleine Bazin de Jessey, en particulier). Pour diverses raisons valides, ou bien par absence de réaction, ils n’ont pas accepté. Mais je sais qu’Axel a beaucoup aimé le clip et la chanson (son texto du 10 décembre en témoigne : « Salut Philippe! La magnifique chanson que tu as faite aux Veilleurs mérite de résonner partout. Si tu es dispo pour l’interpréter ce soir à la veillée, ce sera une joie profonde. Merci pour nous tous de ce magnifique cadeau. À toute à l’heure ? ») J’avais également demandé à Nicolas Bernard-Buss de participer au clip. Son incarcération avait été à l’origine de la création des Veilleurs debout, et il avait donc toute sa place dans mon clip pour représenter la dimension « répressions policières » vécue par les Veilleurs (GAV, arrestations abusives, violences, etc.) : il avait accepté, mais pour des raisons d’emplois du temps, ça ne s’est finalement pas fait (dommage : je lui avais acheté des menottes dans un magasin de farces et attrapes… : sans rire ^^).
 

8 – La phrase que porte Béatrice Bourges sur sa pancarte est d’Axel Rokvam.
 

9 – Non, ce n’est pas Koz Toujours (Parle-tout-le-temps) qui figure dans mon clip, ni même son petit frère ^^. C’est Jean-Aymeric. Et ça me va très bien ! La scène du Louvre, où on a l’impression qu’il glisse sur l’eau des bassins, est une des plus pures, je trouve.
 

10 – La pancarte que porte Romain (fraîchement père de famille) est un extrait de l’hymne des Veilleurs, la « Chanson de l’Espérance ».
 

11 – Trois scènes du clip ont été rajoutées au montage alors qu’elles allaient être jetées à la trappe (et c’eût été fort dommage car ce sont mes préférées !) : celle de la Mère Veilleuse (Marie-Gabrielle), celle de la pancarte finale, et celle du « Baiser de la Concorde ».
 

12 – Certaines critiques reprochent qu’il y ait beaucoup trop de blondes dans le clip : je ne vois pas pourquoi… Les figurantes comme Nadia Obama, Pascaline, Annaïck (jeune femme IMC – infirme moteur cérébral – en fauteuil sur le Pont des Arts) démontrent que les brunes ne comptent pas pour des prunes! … Et que la vulnérabilité a sa place chez les Veilleurs ! (le tournage de la scène du Pont des Arts a été épique, car Annaïck, qui ne peut quasiment pas s’exprimer à l’oral, a fait sa timide et a été très difficile à filmer : elle roulait dans tous les sens et passait son temps à fuir la caméra de Pierre-Hélie. Finalement, Pierre-Hélie et elle ont fini par s’apprivoiser, et notre réalisateur en herbe a en quelque sorte fait un gros clin d’oeil à l’indomptable Annaïck qui se dérobait sans arrêt à lui, en lui réservant dans le clip la phrase « Pas peur de toi » ;-)).
 
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13 – Trois jeunes filles décrochent la palme de beauté dans le clip : Thérèse (au tout début, au Mur de la Paix), Victoire (aux Champs-Élysées) et Margot (à la Concorde). Sur Facebook, j’avais fait un appel à la « bombasse catho » : je n’ai pas été déçu !
 

14 – Pour la petite histoire, le biberon (figurant au tout début, posé sur une des fontaines de la Concorde, telle une bougie de Veilleur), je l’ai trouvé le matin même du tournage de la séquence : je me trouvais dans le quartier de Barbès pour acheter le fond vert qui a servi aux « incrustations » de moi-au-piano sur les décors filmés en timelaps… et un biberon, encore chargé de lait, traînait dans un caniveau. Je l’ai pris avec moi, en faisant attention que son contenu ne se renverse pas dans mon sac… et le tour était joué ! J’avais trouvé mon super accessoire pour le tournage du soir ! Il faut savoir que, pour chaque soirée de tournage (les soirs de tournage se sont échelonnés du 17 au 29 septembre 2014), j’avais choisi une thématique spécifique – « Enfance », « Fragilité », « Répression/Printemps Français », « Culture », etc. – en fonction des figurants et de leur histoire aux Veilleurs. Et le biberon tombait à pic pour le soir de tournage dédié à l’enfance !
 

15 – La pancarte « Les CRS sont nos amis, il faut les aimer aussi », tenue par le couple Vincent-Margot, c’est un clin d’œil à toutes les équipes de CRS qui ont veillé avec les Veilleurs, et bien sûr au sketch des Inconnus « Les Insectes sont nos amis ». Les Veilleurs sont un mouvement pacifique, et l’humour est très important dans ce clip, pour qu’on ne fasse pas de cette chanson une mélodie « pathos », qui se prendrait trop au sérieux ou en tristesse, qui placerait les Veilleurs en victimes ou en militants lugubres et réacs. La comédienne Marguerite Chauvin (« Margot »), en plus de très bien jouer, a été pour moi la « Révélation Comique et Beauté » de tous ces jours de tournage. Pour l’anecdote, Vincent, son fiancé, n’était absolument pas prévu dans le casting des figurants. Mais comme il était là pour accompagner « cinq minutes » sa copine le temps du tournage, il a finalement accepté d’apparaître à l’écran ! Et l’image est plus que réussie. Ce n’est pas la première fois que ce couple s’était bécoté pour les clips chrétiens : ils commencent à être abonnés à l’« exercice » (on a déjà vus – trop vaguement, d’ailleurs – Margot et Vincent s’embrasser sur le clip « Un Miracle » du rappeur Kodjo)… mais c’est fait toujours de manière libre, de bon cœur, spontanément, réelle… et tellement révélateur des nombreux couples qui se sont formés grâce aux Veilleurs !
 

16 – Vincent Rouyer, mon cher ami pédopsychiatre, apparaît avec un nounours, en lien avec son métier d’accompagnement de nombreux jeunes (qui souffrent de toutes les pratiques que la Loi Taubira permet et encourage). Il a fait le voyage exprès depuis sa Sarthe natale pour apparaître dans le clip ! je lui avais demandé : « Trouve-moi un objet qui renvoie à l’enfant : un coloriage, une peluche, ce que tu veux. »
 

17 – Tous les lieux filmés dans le clip sont des endroits où les Veilleurs de Paris se sont réunis au moins une fois : Mur de la Paix (où se sont logées les Mères Veilleuses), Place Vendôme (avec les Veilleurs debout devant le Ministère de la Justice), Palais de Justice (toujours avec les Veilleurs debout), Place de la Concorde, Esplanade des Invalides (le champs de bataille où sont nés historiquement les Veilleurs « assis »), Assemblée Nationale (là où Béatrice Bourges a fait son héroïque grève de la faim), etc.
 

18 – Chaque soirée de tournage a été une aventure et une semi improvisation. Par exemple, les barrettes d’étincelles d’anniversaire, je les avais achetées à la base uniquement pour la jaquette de mon futur album « Boulet de Canon ». Finalement, elles ont servi pour la scène des bassins du Louvre, où Jean-Aymeric marche poétiquement, dans une ambiance magique où beaucoup de nuances de jaune tirant sur le marron sont présentes. La grande force de ce clip, c’est d’avoir rendu de manière tout à fait fidèle et réenchantée (à la « Amélie Poulain ») l’atmosphère nocturne de Paris. Bravo encore à Pierre-Hélie de Peretti et à Jean-Sébastien Poüs d’avoir réussi cette manœuvre… car filmer la nuit et en plus parvenir malgré tout à cette qualité d’image, c’est du grand art !
 
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19 – Le soir de la Manif Pour Tous du 5 octobre 2014, on aurait pu se permettre une dernière séance supplémentaire de tournage, car nous aurions eu, le soir où les Sentinelles se rassemblaient à la Place Vendôme, des images des hordes de CRS entourant les Veilleurs. Mais à cause des prévisions météo, et aussi de la prise de risques, nous nous sommes rétractés. Certains pourront donc reprocher au clip de ne montrer qu’un visage Bisounours des Veilleurs (alors qu’en effet, ce mouvement a aussi connu et continue de connaître la brutalité des arrestations, des surveillances, des censures, des poursuites, des incarcérations). J’aurais pu rajouter des images d’archives (genre le fameux « Dispersez-vous Mademoiselle ! » contre Alix de Prémare avant qu’elle ne soit embarquée de force par les forces de l’ordre). Mais bon, j’ai fait déjà le choix de filmer des Veilleurs : des citoyens debout (symboliquement parlant), forts et fiers, drôles et fermes dans leurs messages. C’est une volonté, chez moi, de susciter l’admiration plutôt que l’indignation (et plutôt que la dénégation, qui suit en général l’indignation). Le parti pris de ce clip est réaliste, pas dans le sens FN du terme ni dans le sens puriste non plus (par exemple, en vrai, je ne sais pas jouer du piano ^^), mais dans le sens catholique du terme (réalité visible + Réalité invisible : la Réalité est l’alliage de la Vérité et de la Charité, du Corps et du Cœur, du réalisme et de l’Espérance, de l’Être et du Devenir en Dieu).
 

20 – Pour tout avouer, au tout départ de la chanson, lorsque j’avais écrit les paroles, celles-ci n’étaient pas du tout destinées à parler des Veilleurs et à prendre le ton engagé qu’elles ont pris aujourd’hui. La chanson s’appelait initialement « Éteins, je suis là », et devait traiter des moyens de communication (portable, télé, I-phone, musique, etc.) qui envahissent notre espace humain. Démarche ultra niaise et naïve, j’avoue : déformation professionnelle (avec tous les programmes indigents de l’Éducation Nazionale qui nous bourrent le crâne avec la dénonciation d’Internet et des nouvelles technologies). Heureusement que j’ai corrigé le tir ! Ça aurait été dommage de faire de la soupe ou de défendre un message bobo très dans l’air du temps. Je suis heureux d’avoir dit librement ce que je pense, avec une des chansons (aux côtés de « La Chanson du Laïciste ») les plus politisées et les plus militantes de mon futur album « Boulet de Canon ».
 

"Dispersez-vous mademoiselle !" à Alix de Prémare

« Dispersez-vous mademoiselle ! » à Alix de Prémare


 
 
 

J’accuse !

 

 

Pour finir, je formulerais bien quelques commentaires à chaud face aux premières réactions exprimées sur les réseaux sociaux et par mails, réactions qui auraient pu me faire vivre les montagnes russes émotionnelles tant elles oscillent dans les extrêmes (personne ne me dit que mon clip est moyen : soit on me dit qu’il est génial, soit au contraire qu’il est merdique. Sans doute n’est-il ni l’un ni l’autre). Donc je mérite bien ici un droit de réponse. Je dirais tout d’abord que ceux qui prennent « Veilleur je suis là » pour une chanson « homophobe » n’ont pas compris l’homophobie : je leur suggère au mieux la lecture de mon livre L’homophobie en vérité, au plus rapide la lecture de cet article ou du code « Homosexuel homophobe ». « Veilleur je suis là » défend justement les droits d’être humain des personnes homos, et les aide à comprendre qu’elles sont instrumentalisées, animalisées et désincarnées par des lois comme le PaCS et le « mariage pour tous » qui les prennent pour des bites sur pattes ou/et des anges amoureux.

 

J’accuse les personnes homosexuelles et leurs suiveurs gays friendly de prendre le problème de l’homophobie à l’envers en jugeant d’« homophobes » toute personne qui dénonce précisément la déshumanisation que sont ces lois pour elles. J’accuse les personnes qui se présentent comme « hétéros gays friendly », qui me jugent comme l’extrémiste que je ne suis pas, tout simplement parce qu’elles ne veulent pas voir en face leur désintérêt et leur indifférence (qui se fait passer pour de la « paix civile », de la « solidarité », de la « tolérance » et du « respect ») à l’égard de ce que vivent les personnes homosexuelles.
 

J’accuse aussi (c’est peut-être pire pour ceux que je m’apprête à citer, car eux sont censés avoir l’intelligence et le recul que les personnes instrumentalisées par la loi Taubira n’ont pas) les personnes de mon propre camp qui ne me soutiennent pas et qui se satisfont de la dénonciation du « mariage pour tous » en pensant que le PaCS (Union civile) est en revanche une bonne chose. Leur orgueil et leur ignorance sont grands. Car il faut être sacrément orgueilleux pour s’acharner à croire que l’Union Civile n’est pas un « mariage gay » déguisé (les faits démontrent le contraire : le plus grave est déjà joué dans l’Union civile), pour croire que la demande d’abrogation de la GPA et de la Loi Taubira suffit et que rien ne sert de dénoncer le PaCS, pour continuer à dénoncer l’Union civile du bout des lèvres. Il faut être sacrément lâche et hypocrite pour ne pas aller jusqu’au bout de la dénonciation du « mariage gay », et ne pas soutenir les gens qui, comme moi, vont jusqu’au bout en parlant de la dénonciation du PaCS et de l’hétérosexualité. Qu’ils continuent à retwitter ou à partager sur les réseaux sociaux des messages en apparences justes et irréprochables mais qui ne les mouillent pas (« Détruire les crèches, c’est pas bien. » ; « Soutenons les Chrétiens d’Irak. Une bougie pour eux. » ; « L’enfant n’est pas une marchandise. #NoGPA » ; « Vivons la Révolution de la Bienveillance » ; et même « Abrogation de la Loi Taubira ! »), messages dont ils sont sûrs qu’ils ne leur feront pas perdre trop d’amis et qui ne leur demandent que de s’engager à moitié, à distance. Leur faux courage, leur militantisme de bon aloi, m’exaspèrent. Ils ne soutiennent pas mon clip, alors que celui-ci exprime exactement les idées qu’ils devraient défendre s’ils étaient cohérents, vrais, aimants, soucieux des personnes homosexuelles. Ces intellectuels, chefs LMPT, chefs religieux et autres hommes de médias « chrétiens », se conduisent de manière inqualifiable. Bien plus honteuse que toutes les personnes LGBT de la Terre, haineuses non par conscience mais seulement par ignorance.

Aux personnes homos ou gays friendly qui m’insultent en ce moment sur Twitter…

 

Aux personnes homos ou gays friendly qui m’insultent ou me menacent en ce moment sur les réseaux sociaux au nom de l’homophobie, je souhaite dire ceci (s’il est encore possible de les faire raisonner) : « Savez-vous que l’accusation infondée – qu’on appelle communément calomnie, insulte voire menace de mort -, rentre aussi dans le cadre de l’homophobie dont vous faites preuve avec moi et que vous m’attribuez ? »

Reportage « Homos, la haine » d’Éric Guéret : le mensonge vraisemblable

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Je viens de voir le reportage « Homos, la haine » de Philippe Besson et Éric Guéret, qui sera diffusé le 9 décembre sur France 2. Désinformation totale. Que du témoignage émotionnel et du ressenti (basé sur des faits à la fois réels et déformés). Zéro analyse des agresseurs ni des mécanismes de violence. Que du « constat » victimisant et diabolisant. Quand est-ce que des journalistes sérieux traiteront vraiment du sujet de l’homophobie et sortiront de l’amalgame ?? Quand est-ce qu’ils se mettront à réfléchir pour sortir de l’idéologie ?
 
 

N.B. : LOL du soir : les « anti mariage pour tous » (qui se font insulter à longueur de temps par les pro) deviennent les « méchants« … #onrêve

Critique de la pièce « Viol » de Louis Lefèbvre au Théâtre Darius Milhaud

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En colère après avoir vu ce soir la pièce Viol de Louis Lefèbvre, jouée au théâtre Darius Milhaud. Comment peut-on se permettre de faire/jouer une pièce sur ce sujet en étant aussi caricatural, mensonger et anachronique ? Ce n’est pas possible ! Et vas-y que je tape sur tous les hommes, et que toute la soi-disant gente masculine y passe. Pas les hommes réels, bien sûr : uniquement les gros beaufs, les adolescents et les machos. Toute la brochette de collabos caricaturaux : les curés, le scoutisme, les psys, les juges, les magistrats, les ouvriers, les policiers, les maris, les étrangers, etc. En toile de fond, c’est le procès de la paternité et du mariage qui est fait. Comme si ces deux instances avaient besoin de cela et que c’étaient elles les responsables du viol. N’importe quoi !
 

Cette pièce de 7 tableaux traite de manière totalement irréaliste le viol… et bizarrement, ce qui est encore plus violent que la thématique elle-même, c’est ce traitement infidèle, traitement qui a pourtant la prétention d’être réaliste et engagé en plus, mais qui occulte les vrais viols. Car dans le réel, les viols ne se passent pas comme ça. Les méchants ne sont pas méchants comme ça. C’est honteux, une telle infidélité. C’est grossier. On n’a pas le droit de faire ça aux victimes ! Être irréaliste et mensonger en parlant du viol, c’est faire encore plus injure à toutes les victimes qu’on prétend défendre, cela revient à couvrir tous les agresseurs réels. Ce n’est pas éclairer la violence. C’est en rajouter, même. C’est simplifier ses mécanismes et les encourager. Cette pièce ne joue pas son rôle et tape sur les mauvaises personnes en concluant : Les violeurs sont tous des méchants et des cons ! Super…. On est bien avancé ! Je cite la réplique finale : « Il reste une Bastille de la connerie à prendre. Venez tous ! » Non merci. Ça ira. Vous l’avez déjà prise pendant une heure et quart. Vous continuerez sans moi.
 

(Dommage car deux comédiennes jouent particulièrement bien : Laurence Naudin et Delphine Lefèbvre)

Synode 2015 (2nde partie) : 3 mots du Pape sur l’homosexualité, sinon autant se taire

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Pardon de mettre, par ce message, les chefs de l’Église au pied du mur… mais nous sommes en famille et l’unité de celle-ci est en jeu, surtout à cause du traitement du thème de l’homosexualité… alors je préfère parler en vérité. Je ne serai véritablement satisfait et sûr du discours ecclésial sur l’homosexualité que si, dans le rapport final du Synode (prévu pour le 25 octobre 2015), je lis trois mots : 1) VIOLENCE; 2) CONTINENCE ; 3) SAINTETÉ. À mes yeux, ils seront la preuve qu’aura été pris en compte ce qu’est vraiment le désir et l’acte homo (une blessure, une souffrance et parfois une violence quand il est pratiqué), comment on vit avec ce désir (la continence), et vers où l’alliance des deux (blessure + continence) conduit (la sainteté). Or, à ce jour, sous couvert d’« accueil », de « chasteté » de « délicatesse » et de « temps », le Synode Part II (qui se déroulera du 4 au 25 octobre 2015) glisse dangereusement vers une justification de l’Union civile et de l’amour homo « chaste », ou vers du réchauffé de l’actuel version du Catéchisme. Au secours…
 

Nous, personnes homosexuelles, avons tant besoin qu’on nous dise la Vérité sur ce que nous ressentons, sur ce que nous vivons ! Nous avons tant besoin que l’Église ne s’apitoie pas sur nous, ni nous accueille sans nous proposer un grand projet, une vraie Bonne Nouvelle ! Pas seulement qu’Elle nous dise « On vous accueille, on vous aime, on ne vous juge pas, on va vous aider à vivre avec votre désir homo et à le maîtriser (… pour mieux le neutraliser) », mais qu’Elle nous propose un don entier de notre personne, qu’Elle utilise notre homosexualité, qu’Elle mette la barre haut en nous demandant carrément la sainteté ! le don de notre homosexualité aux autres et à l’Église !
 

Nous ne voulons pas d’une gestion privatisée, compassionnelle et misérabiliste de l’homosexualité. Nous voulons, sans pratiquer notre désir homo ni le justifier sous forme d’identité ou d’amour, l’universaliser, le sanctifier, le transformer en force et en originalité. Une originalité qui n’est ni notre origine ni notre essence ni un destin, mais juste une réalité de notre être qui, traversée par Dieu, peut devenir une puissance énorme d’évangélisation, de Résurrection, d’humour, de guérison pour tout notre monde blessé. Il ne s’agit pas se s’accommoder de l’homosexualité, mais bien de l’utiliser comme ce qu’elle devient une fois qu’elle est transformée par le Seigneur : un grand cadeau réjouissant et mondial !
 

Franchement, si ces trois mots VIOLENCE/CONTINENCE/SAINTETÉ – qui ne figurent pas dans l’actuel Catéchisme de l’Église catholique – n’apparaissent pas dans le prochain rapport synodal final rédigé par le Pape François, mieux vaut, à mon avis, ne pas aborder du tout la question, ne rien rajouter de plus que ce qu’a déjà écrit le Pape Benoît XVI, et en rester là, plutôt que de broder du neuf et au final raconter des bêtises et des imprécisions équivoques propices à des interprétations/conséquences dramatiques. La cerise sur le gâteau du discours papale sur l’homosexualité serait une charge bien calibrée contre l’hétérosexualité, au nom de la défense de l’Humain et de sa sexuation : j’ose rêver !

Le Coeur de la Suisse

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Jeudi dernier, dans le train qui me conduisait de Neuchâtel à Fribourg, j’ai vu débarquer tout un groupe de randonneurs à la retraite, avec un accent suisse à couper au couteau, exactement comme dans le cliché que je me faisais avant de venir (ce n’était pas la troupe de chanteurs tyroliens en costumes folkloriques, mais presque ^^). Des hommes mariés, des célibataires, des curés, des pasteurs, des veufs. Toute une bande d’une quarantaine d’amis. Ils s’appellent les « Jeudistes » parce qu’ils se retrouvent tous les jeudis pour faire des randonnées. Ils laissent parfois leur femme et s’en vont, entre 30-50 personnes, faire leur escapade hebdomadaire. Les Jeudistes sont un club alpin. J’ai fait un brin de causette pendant tout le chemin avec 3 d’entre eux, ai appris beaucoup de choses sur la Suisse (j’ai envié les citoyens suisses, qui eux, contrairement à la France, ont droit de parole et de décision sur les lois du pays, parce qu’ils sont consultés régulièrement, et sont soumis à un système politique fédéraliste, presque corporatiste : une loi comme le « mariage gay » ne serait jamais passée en France si on avait eu la taille et le fonctionnement politique de la Suisse). Mon compartiment de train s’est transformé en grande réunion de fraternité masculine. C’était beau. Merci Jérôme Grandet et Nicolas Buttet de m’avoir fait connaître un peu du cœur de la Suisse.

Homophobie : l’essentiel à comprendre

 

1) le sens étymologique (les deux sens sont valides) :
– phobie/haine du même
– phobie/haine d’une personne homo (donc attaque à l’encontre d’une personne homosexuelle) ; peur du sujet de l’homosexualité et des personnes homosexuelles.

 

2) Ce que les mass médias et les gens gays friendly en comprennent (à tort car leur interprétation gomme le sens étymologique) :
– tout lien entre homosexualité et violence/souffrance
– toute opposition à un désir, un droit, une loi, portés par une personne homo ou faits portés par une personne homo.

 

3) Ce que l’homophobie est vraiment :
– l’identité et la pratique homo (réduire une personne à ses pulsions ou à ses sentiments, c’est finalement lui ôter son humanité, et la prendre pour un animal ET un ange)
– un désir homo refoulé ou excessivement assumé sous forme d’identité ou de pratique homosexuelle

Mon regard sur le concert Free, The One Woman Funky Show de Shirley Souagnon

Shirley
 

En me rendant hier soir au Sentier des Halles au concert Free, The One Woman Funky Show de Shirley Souagnon, je savais que j’allais y retrouver un certain nombre des codes de mon Dictionnaire (la comédienne a fait son coming out public)… mais pas à ce point-là ! Fascinant :
 
 
Femme et homme en statues de cire

Entre-deux-guerres

Noir

Amour ambigu pour le pauvre

Folie

Attraction pour la foi

Voyage

Drogues

Homme invisible

Vent

Obèses anorexiques

Parricide la bonne soupe

Matricide

Inceste (père et fils gays)

Tante-objet ou Mère-objet

« FAP la fille à pédé(s) »

Orphelins

Pygmalion

Musique comme instrument de torture

Blasphème

Don Juan

Artiste raté

Voleurs

Petits Morveux

Substitut d’identité

Se prendre pour le diable

Personnage homosexuel empêchant l’union femme-homme

Symboles phalliques

Liaisons dangereuses

Je suis un Blanc-Noir

Ennemi de la Nature

Différences physiques

Viol (peur d’être objet)

Scatologie

Mère Teresa

Fan de feuilletons

Hitler gay

Homosexualité noire et glorieuse

Fresques historiques

Trio

Homosexualité, Vérité télévisuelle ?

Doubles schizophréniques

Voyeur vu

Amant diabolique

Éternelle jeunesse

Conteur homo

Chat

Solitude

Eau

Humour-poignard

Bergère

Regard féminin

 
 

Mon avis sur le concert : Sur le moment, il fascine la majorité du public parce qu’il est dynamique, sympathique, techniquement réussi. Mais pendant et après, on est frappé de voir qu’il est, comme beaucoup de spectacles de notre époque libertaire et déprimée, imprégné de l’idéologie transhumaniste LGBT.

 

Ce spectacle est malsain pour plusieurs raisons : par son absence de sens (un message presqu’uniquement libertaire – « C’est bon d’être libre » -, qui ne va donc pas chercher bien loin) ; par sa tonalité (le public est constamment rabaissé, fliqué et méprisé par la chanteuse) ; par les idées qui y sont développées (l’homosexualité est promue alors que la mention des drames et des violences qu’elle génère/illustre ponctuent le discours de la comédienne ; d’ailleurs, l’opposition au « mariage gay » est tournée en dérision, et visiblement, Shirley Souagnon n’a toujours pas compris la gravité de cette loi) ; par la faiblesse du public (des gens issus de l’immigration, des jeunes adultes influençables et tentés de signer à l’homosexualité parce que celle-ci recouvre, pendant une heure, un visage sympathique, décomplexé, cool, funky) ; par son (il faut le reconnaître) efficacité du moment (en tant que spectateur, on est forcément touché par le talent vocal de la chanteuse, son auto-dérision, son bagout, son franc-parler, ses provocations, son identité de femme marginale). Mais c’est un feu de paille : falsification historique + Immoralité de l’ensemble + violence des propos et des vannes + absence de sens et de douceur. Voilà mon bilan. Peut-être que je serais le seul à avoir interprété ce concert ainsi. Mais j’assume.
 

Et j’ai envie de demander à Shirley Souagnon quand est-ce qu’elle compte s’aimer un peu plus elle-même, aimer un peu plus les autres, quand est-ce qu’elle compte arrêter de raconter des futilités (même si cette futilité a sa drôlerie, sa signifiante, sa convivialité), se prendre un peu plus au sérieux mais aussi en douceur et en profondeur ?