Le divertissement jeunesse géré actuellement par les bobos

 

 

Ils sont gentils. Ils sont trentenaires. Ils sont pleins de bons sentiments. C’est eux maintenant qui amusent bébé en temps de crise (économique et spirituelle), parce que ses parents ont quitté le bateau, parce qu’eux-mêmes ont parfois des mômes (par accident), ou parce qu’il faut bien gagner la croûte d’éternels intermittents précaires du spectacle vivant (youpi !). Les bobos débarquent comme nouveaux éducateurs sociaux, principaux amuseurs d’ados, animateurs de centre aéré déguisés en Ronald MacDonald version Tim Burton, formateurs et écrivains jeunesse. Et comme ils ont dit « merde » à l’Église, à la foi, à la différence des sexes et à la beauté, ils n’ont pas grand-chose à transmettre… à part leurs farces, leurs cris, leur agressivité, leurs imitations de sales gosses sauvageons asociaux, leur « monde enchanté » désenchanté, leurs facéties vulgaires ou provocatrices, leurs larmes, leurs pirouettes. Aucun message dans leurs pièces ou leurs contes sinon le nihilisme esthétisé (« La vie ne vaut rien et rien ne vaut la vie ») et quelques rares morales nazes de « tolérance » (« L’important, c’est le respect. »), quand ce n’est pas carrément une prise en otage des bambins dans les considérations politiques et sexuelles des adultes (exemple : les livres vantant l’« homoparentalité », le naturisme, l’anti-Sarkozisme, ou bien les spectacles étiquetés « scolaires » mais ne s’adressant pas du tout à un public infantile). Quasiment aucune valeur transmise, aucune promotion de l’amitié, de la fidélité et de l’amour.
 
DIVERTISSEMENT Mistral
 

Le divertissement jeunesse actuel, à cause des bobos trentenaires hédonistes et désabusés, souvent bien sympathiques mais peu nourrissants, a perdu son innocence et sa beauté. Il est devenu moribond et vaguement amusant (« vaguement » car on rit très peu en le voyant ; et franchement, pour éteindre le rire des enfants, particulièrement bon public, il faut le faire !). Il défend des enfants turbulents (joués par des adultes), facétieux, qui pètent, qui rotent (quand ça ne va pas plus loin…), qui désobéissent, qui jouent les femmes fatales « libérées délivrées » de The Voice, ou les p’tits mecs crades et incivilisés.
 

Jack et la mécanique du coeur

Jack et la mécanique du coeur


 

Je n’en doute pas : certains de ces « artistes baby-sitters improvisés » veulent bien faire, jouent techniquement très bien, et donc font ce qu’ils peuvent, les pauvres : au milieu de leur concert cacophonique de la laideur et du cri, ils s’efforcent de rajouter une petite touche de tendresse-chienne à la « Mistral Gagnant » de Renaud, pour masquer in extremis leur déprime, leur manque d’Espérance et d’idéaux, par la nostalgie. Je crois même qu’ils ne se rendent pas compte de la terreur qu’ils ont inspiré aux plus petits, du manque de messages qu’ils leur ont délivré. Ils ont juste oublié d’être doux et profonds. Comme il me tarde que les artistes bobos rencontrent Dieu et sa douceur de Vérité !
 
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J’ai eu la chance d’assister, il n’y a peu, à de vrais spectacles pour enfants, au moment de Noël, à l’église saint Nicolas des Champs (pas du Chardonnet, hein). J’étais épaté de voir comment ces spectacles délivraient à la seconde une quantité impressionnante de messages (de bonté, de beauté, de combat pour la Vérité), sans tomber dans un moralisme desséchant ni au contraire dans la guimauve. Ces petites saynètes avaient le souci de préserver l’innocence des enfants et leur goût du beau, et la sagesse de contourner le bon sentiment cucul, l’éloignement du Réel et des épreuves de la vie, la mièvrerie spirituelle. Comme il est bon que les grands n’entraînent pas trop vite les enfants dans leurs préoccupations d’adultes (adultères), dans leurs propres tourmentes, questionnements qui tournent en rond, ignorances, croyances désabusées. Je n’ai absolument rien contre l’impertinence ou l’insolence, bien au contraire. La preuve : pour moi, le spectacle pour enfants que j’ai le plus aimé – car il mêlait humour d’adultes très moderne et décalé (plein de références télé commerciales et de vannes débiles) et humour d’enfants (avec des gags bon enfant, des mimiques clownesques, une intrigue avec une belle morale où l’on apprend des choses, une défense du vrai, du juste, du beau, du doux, des histoires d’amour, d’amitié et de foi) – c’est le spectacle Le Bossu de Notre-Dame de Thomas Soliveres (joué au Point Virgule à Paris). Tout est une question de dosage. Tout est une question aussi de respect du fonctionnement des enfants. Il faut se mettre à leur hauteur, c’est-à-dire ni les infantiliser (= les tirer vers le bas, leur proposer du trop lisse, du pudibond et du politiquement correct) ni les prendre pour les adultes qu’ils ne sont pas (= les dresser ou les pervertir). C’est tout bête. Il suffit de se mettre à leur service tout en leur proposant des bonnes choses. Les artistes bobos ne leur proposent pas ces bonnes choses, car tout simplement ils ont cessé de croire à ces bonnes choses. Et à la fin de la représentation, ils se mettent à gueuler contre l’enfant de 3 ans du premier rang qui a fait une scène pour rentrer chez lui (et contre sa mère qui n’a pas su le calmer)… sans comprendre que cet enfant, qui a eu peur de leur agressivité réelle, avait entièrement raison.
 
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L’homosexualité : le vilain petit canard

 

Un peu taré hier soir (14 novembre 2014), je me suis tapé l’aller-retour à pied entre le Jardin des Plantes et Bois-Colombes. Mais je ne regrette pas. La marche est une belle école de Vie.

 

J’ai d’abord vécu une soirée magique à Asnières à l’église saint Marc de Bruyères pour écouter les jeunes du Cenacolo nous raconter comment ils sont sortis de l’enfer de la drogue. C’est étonnant de voir quatre grands gaillards Blacks-Blancs-Beurs racaille « ouaich-ouaich » commencer puis finir leur témoignage en chanson, sur des chorés viriles de louange à Dieu… alors que pour la plupart, avant leur conversion, c’était des bad boys à qui il ne fallait surtout pas parler de religion, et qui se laissaient totalement mourir. Une soirée pareille, c’est juste de la preuve de Résurrection en barre ! Invitez le Cenacolo dans les établissements scolaires, pour parler devant les lycéens. C’est le succès garanti ! C’est l’accès direct à Jésus sans blabla.

 

Ce temps de grâce et d’émerveillement m’a forcément poussé à comparer avec mes prises de parole sur l’homosexualité. Je me rends compte qu’il y a beaucoup de points communs entre mon témoignage et celui du Cenacolo (quand on me laisse vraiment le temps d’expliquer mon sujet, ça donne des fruits tout aussi grands), mais aussi énormément de différences. Dans le monde du témoignage chrétien, j’ai l’impression que l’homosexualité occupe une place à part… voire la dernière place. C’est un peu le vilain petit canard, à l’extérieur et dans l’Église. Il est plus facile, par exemple, pour un proviseur de lycée privé catho, de faire venir une personne handicapée, un clown, un journaliste, un chef d’entreprise, un drogué, un ex-taulard, une ex-prostituée, qu’une personne homosexuelle. Le sujet de l’homosexualité divise et est à hauts risques. Parce qu’il parle de quelque chose de très intime (la génitalité), donc un thème qui peut blesser ou choquer. Parce qu’il ne fait pas l’objet d’une unanimité sociale. Parce que peu le connaissent. La plupart des gens en ont peur. Et pour sauver la face, tout le monde le justifie ou le diabolise pour ne pas à avoir à l’expliquer. Par exemple, même un curé de paroisse qui est d’accord avec mes idées sur l’homosexualité, doit réfléchir à deux fois avant de me faire venir dans son église, car il prend le risque de se mettre à dos carrément la moitié de ses fidèles. Je le sais par expérience : les prêtres (même de bons amis) ont peur de m’assumer. Quand ils me font venir, certains me choisissent une salle « neutre », bien éloignée de leur clocher. Et la plupart du temps, comme ils savent que dans leur paroisse le message ecclésial sur l’homosexualité n’est suivi et accueilli qu’à 50%, ils se défilent, taisent leur opposition à la loi Taubira, et gèrent les cas d’homosexualité chez leurs ouailles au cas par cas (travail épuisant pour eux, et peu probant la plupart du temps).
 

Idem pour un chef d’établissement, qui en général n’a pas l’appui massif de tous les parents ni de toute son équipe pédagogique ni de tous ses élèves. Il faut une énergie de malade, un aplomb incroyable, un petit grain de folie, une audace inspirée, une psychologie et une finesse colossales, à un directeur de collège, pour parvenir à me faire entrer dans son bahut, pour parvenir à comprendre l’universalité et la joie d’un certain traitement de l’homosexualité. Après, c’est tout bénef pour tout le monde. Mais avant, quel parcours du combattant !
 

Et quand je suis enfin invité à offrir mon témoignage devant les scolaires, rien ne m’assure que l’assistance ne va pas se retourner contre moi (c’est déjà arrivé… surtout depuis l’arrivée du « mariage pour tous » en France, depuis l’émergence d’une vague hétéro gay friendly agressive parmi les élèves). De plus, pour parler de l’homosexualité, je ne peux pas me permettre, contrairement aux intervenants sur la drogue, de n’offrir qu’un témoignage de vie, concis et efficace. Le retard sur la réflexion sur la sexualité est tel que je suis obligé de jongler entre témoignage et analyse. Je suis obligé de justifier la légitimité de ma présence, de rassurer. Et je ne peux pas me contenter de rester dans le registre de l’émotionnel, ni ne peux fuir le débat d’idées. Finalement, je paye l’aveuglement social sur l’homosexualité. Je pâtis de la banalisation et de la bonne réputation de l’homosexualité. Les catholiques, les lycéens, le Français moyen, ils ont globalement compris que la drogue c’était pas bien, que la prison c’était pas bien, que la prostitution et l’avortement c’étaient pas bien, que le handicap c’était pas facile, que le tour du monde en vélos pour construire un puits en Afrique c’était « fort »,. Il n’y a qu’un seul mal (avec peut-être, dans une moindre mesure, l’avortement) qui n’est pas identifié socialement comme mauvais : c’est l’homosexualité. Et pour le coup, quand il s’agit de défendre publiquement le message et la pratique de l’Église concernant l’homosexualité, c’est la croix et la bannière. C’est horrible, ce que je vais dire, mais il eût été plus facile pour moi d’être cul-de-jatte, bègue, ancien dealer, aveugle, ex-prostitué, serial killer repenti, que catho et homosexuel. J’ai l’impression que les personnes homosexuelles, au même titre que les hommes politiques, sont des pestiférés qu’il n’est pas bon d’inviter, parce que « c’est trop marqué », « trop clivant », « trop polémique », « trop dangereux », « trop tôt ou trop tard ». Mon témoignage ne peut pas que faire pleurer dans les chaumières, car contrairement aux speach faisant parler des victimes d’un mal qu’on peut mettre à distance et rendre étranger à soi (la guerre, la drogue, la maladie, le handicap, etc.), l’homosexualité remet en cause l’auditoire, le bouscule, pointe du doigt plein de dysfonctionnements sociaux (entre hommes et femmes, entre amis, entre paroissiens, au cœur du clergé, etc.).
 

Celui qui parle catholiquement d’homosexualité comprend qu’il sera attaqué d’un côté par ceux qui diabolisent l’homosexualité et qui le suspecteront d’en faire la promotion, de l’autre côté par ceux qui la banalisent ou la trouvent belle et qui le suspecteront d’homophobe. Pire encore. Il comprend qu’il sera trahi et pas assumé y compris par ses propres amis (prêtres, chefs d’établissement, paroissiens, cathos engagés, intellectuels, personnalités cathos médiatisés), morts de peur (ou de jalousie) des conséquences de leur soutien public. Un tel isolement/abandon ne risque pas d’arriver même au pire des criminels. Le témoignage catholique de l’homosexualité, c’est vu comme le pire du pire. C’est un très mauvais calcul, vu le raz-de-marée LGBT qui débarque maintenant de tous côtés dans l’Éducation Nationale et dans l’Église. Je me réjouis pour l’efficacité du Cenacolo. Je ne la jalouse pas. Mais intérieurement, je me désole : 1) de l’isolement et de l’oubli particulier à l’égard des catholiques homosexuels ou des lycéens homosexuels, qu’on prive d’intervenants qui pourraient leur parler directement de leurs problèmes spécifique ; 2) de la lenteur des gens d’Église qui se laissent totalement doubler actuellement par les promoteurs scolaires de l’homosexualité, déposséder d’un sujet que pourtant leur Église est la seule à bien traiter. Ça m’attriste.

 

Je pensais à tout cela sur le chemin du retour d’Asnières. Et me suis mis à rédiger dans ma tête cet article que j’écris maintenant. Un des jeunes du Cenacolo m’a offert le livre de sœur Elvira, la religieuse italienne qui a eu l’intuition géniale de créer cette structure pour les personnes droguées et leur famille. Je le portais dans ma main, et je m’étais dit que si le Seigneur m’offrait une opportunité pour l’offrir à quelqu’un pendant le trajet, je le donnerais.

 

Sur la route, j’ai au moins croisé à plusieurs reprises quatre « couples » homosexuels qui se tenaient discrètement par la main. Traverser Paris en diagonale permet d’observer cela : les tendances sociales, les courants. J’ai trouvé cette réalité symptomatique (car quatre couples, ce n’est pas une petite moyenne en une seule soirée). Et l’espace d’un instant, la question « Pourquoi je continue de me priver de ça ? » m’a traversé l’esprit. Toujours le rappel du choix de la porte étroite (tellement étroite qu’on n’en voit plus sur le moment, l’utilité…).

 

Je me suis planté sur le parcours retour, à la hauteur de la Porte de Clichy. J’ai atterri dans un boulevard qui est un haut lieu de prostitution. Les prostitué(e)s sur lesquelles je suis tombé n’avait rien à voir, physiquement, avec celles de la rue Saint Denis ou même des Grands Boulevards. J’avais du mal à identifier si je me trouvais face à des femmes, ou à des hommes (travestis ou transsexuels). Elles étaient tirées à quatre épingles. Je leur ai demandé mon chemin pour atteindre la Place Clichy, puis j’ai tenté en vain de leur offrir mon livre de Sœur Elvira. Rien à faire. C’était 80 euros ou je devais dégager. Je me suis retrouvé face à des personnes agressives, totalement fermées au dialogue, refusant tout don. Je me suis senti soudain honteux de vivre dans ma bulle, loin de leur univers, et d’habiter dans le 5e. J’ai finalement laissé le livre par terre au milieu d’un trottoir, en priant fort saint Antoine que le trio de potes défoncés et bourrés qui me suivait dans la rue tombe dessus et ait l’audace de le prendre. J’ai confiance. Et si ce n’est pas lui, ce sera la meilleure personne.

 

J’ai vraiment passé une superbe et humaine soirée.

Le Beauf LMPT

(Évidemment, pas d'accord avec la légende fournie... mais il y a de l'idée)

(Évidemment, pas d’accord avec la légende fournie… mais il y a de l’idée)


 

Depuis 2012 en France, et surtout avec le début de la mobilisation contre le fameux « mariage pour tous » et les Manifs de rue, nous avons l’occasion de voir émerger une nouvelle espèce de militant : le Beauf LMPT. Aujourd’hui, cette espèce est très active sur les réseaux sociaux, et notamment sur Twitter. Beaucoup plus active que le Bobo LMPT, d’ailleurs (dans les grandes lignes, le Bobo LMPT est un militant plus discret, tout gentil, écolo, un catho qui ne s’assume pas et qui veut ressembler à un homme de gauche, un pacifiste employant le jargon de la « dignité », de la « conscience », de la « solidarité » et de la « bienveillance » pour faire passer ses idées).

 

Le Beauf LMPT, quant à lui, est hargneux. Il n’a que le mot « Droit de l’enfant » en bouche… imitant ainsi les militants LGBT antifas qui, eux, n’ont que le mot « Égalité » en bouche… et qui sont pourtant, pour l’instant, les seuls à avoir reconnu le Beauf LMPT et à le dénoncer (Entre jumeaux, ils se « comprennent » et se réfléchissent…). En revanche, je ne suis pas sûr que ces militants LGBT sachent le caricaturer avec précision : la beaufitude LMPT n’est pour eux qu’un magma « intégriste » informe qu’ils voient à travers les lunettes embuées de l’anti-fascisme manichéen… donc ça ne va pas très loin et leur portrait n’est pas réaliste.

 

Moi, je n’ai pas non plus eu de mal à identifier le Beauf LMPT. Ça a même été très facile et sans doute plus rapide. Sa connerie m’a assez vite sauté à la gueule quand j’ai constaté qu’il refusait de réfléchir à mes écrits et – pire – qu’il me voyait comme un ennemi alors même que je lui donnais les arguments et le matériel idéal pour assurer notre combat qui aurait dû être commun. À partir de ce moment-là, ça m’a paru flagrant. Être mis à l’écart alors que j’ai été dès le départ une pièce-maîtresse et un témoin de poids dans les débats sur l’homosexualité (même nos ministres, qui me connaissent, ont peur de me citer et de me rencontrer tellement ils savent que je suis plus dangereux pour eux qu’un Tugdual Derville ou qu’une Ludovine de la Rochère), ça ne faisait aucun doute : avec le Beauf LMPT – incarné en premier lieu par Frigide Barjot –, j’ai tout de suite su que j’avais affaire à du gros con ou à du froussard de première catégorie !

 

Tweet du 13 novembre 2014

Tweet du 13 novembre 2014


 

L’archétype du Beauf LMPT, à mon sens, ce sont les Twittos anti-GPA actuels. Mais il y en a plein d’autres. D’ailleurs, les chefs de La Manif Pour Tous, avec leurs « tweets » qui dernièrement se veulent « sans concession » et « musclés » (pour salir la présomption de mollesse Bisounours qui leur colle à la peau), ne sont pas tellement loin derrière… Ils se choisissent des traîtres pour faire diversion sur leur propre traîtrise/lâcheté (cf. la récente croisade anti-Juppé est un cas d’école)

 

Comment reconnaître le Beauf LMPT ? C’est très simple. Comme tout bon réactionnaire, il RÉAGIT (à visage caché) et il se fond dans l’actualité. Il fait ricochet. Évidemment, chez lui, cet effet-ricochet n’est qu’un écho : ce n’est pas dans un souci pédago-journalistique de servir l’actualité ou par amour du Réel qu’il répète l’information. C’est pour fuir le Réel, justement.
 
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Par exemple, le jeudi 20 novembre, dans une semaine donc, c’est le Jour de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Et là, le Beauf LMPT sera de sortie, vous pouvez en être sûrs ! Il y a le mot « Droits de l’Enfant » dans l’intitulé, alors voilà, la messe est dite pour lui. Il lui suffisait de cette formule magique pour le galvaniser. Il prépare son beau costume du dimanche (une armure rose). Il n’en peut déjà plus d’attendre. Il frétille. C’est où qu’il faut taper ??? Ben sur la GPA, pardi ! Et sur ses « assassins et voleurs d’enfants » que sont les promoteurs de la loi Taubira ! En guerre ! Que trépasse si je faiblis !

 

Il croit que ça avance parce qu'il entend "opposition à la GPA" (... sauf que depuis le départ, Hollande et ceux qui promeuvent la GPA se croient contre)

Le Beauf LMPT croit que ça avance parce qu’il entend « opposition à la GPA » (… sauf que depuis le départ, Hollande et ceux qui promeuvent la GPA se disent contre aussi…)


 

La particularité du Beau LMPT, c’est qu’il est très susceptible, soupe-au-lait. Faut pas critiquer SES manifs. « Touche pas à MES manifs ! C’est tellement crucial qu’elles existent ! C’est ma vie, mon oxygène, mon calendrier de sorties. Hors d’elles, point de Salut ! C’est tellement important d’y aller. » (Pourquoi ? Il ne le sait pas lui-même…). Il va même penser naïvement que, parce que je critique les Manifs, je m’attaquerais à tous ses manifestants (alors que pas du tout). Ses réactions impulsives, qui rejoignent le côté pulsionnel des militants FN, reposent principalement sur l’indignation (« Nan mais tu te rends compte ??? »), sur l’imitation (il s’appelle « Manif Pour Tous » comme le « mariage pour tous » qu’il dénonce, il s’appelle « Vigigender » comme le « Gender » qu’il dénonce, il ne dit pas qu’il est catho pour ressembler à ses ennemis, il lutte uniquement contre les conséquences de la loi Taubira pour faire exactement comme les défenseurs de cette loi, il se donne un nom LMPT qui est la quasi réplique phonétique du sigle LGBT, etc.), sur la répétition jargonnante (il est très attaché aux nouveaux mots qu’il a appris : « PMA », « Gender », « GPA », « abrogation », « LGBT », etc.), sur la victimisation (« Nous vivons sous une dictature ! Nous ne sommes pas écoutés ! »), sur l’absence d’humour, sur le refus de se remettre en question, sur la dissimulation (de manière générale, le Beauf LMPT n’a pas de photo de profil, son visage est caché par le masque des Hommen ou le logo LMPT, il porte un pseudo, il se croit surveillé de partout), sur le mépris de camps fantomatiques informes qu’il serait bien en peine de décrire car ces camps c’est un peu lui ou l’objet de ses fantasmes personnels (« les bobos », « les intégristes », « les idéologues », « le lobby LGBT », « la gauche », « le gouvernement », « les fascistes », « les extrêmes », « les médias », « la société », « le Gender », etc.), sur l’évidence (oui, « la GPA, c’est l’achat d’enfant et c’est ignoble » : on a COMPRIS…).

 

Sketch "Les Sousous dans la popoche" des Inconnus

Sketch « Les Sousous dans la popoche » des Inconnus : le milliard ! le milliard !


 

À propos de cette rhétorique de l’évidence (rhétorique qui tue le discours de l’intelligence et de la nuance, justement), le fonctionnement comportemental du Beauf LMPT est simple. Comme le taureau devant un carré de tissu rouge agité sous ses yeux, comme la focalisation idéologique du militant FN sur le mot « réalité » (autre forme de marotte ou de lavage de cerveau, car la notion de « réalité » déconnectée de celle de Vérité-Charité n’a que le goût du fantasme paranoïaque), le Beauf LMPT se met à cliquer, à retwitter et à maudire à la fois ce qu’il identifie comme le bien (LMPT, la famille « hétérosexuelle », les enfants) et ce qu’il identifie comme le mal (LGBT, PMA, GPA, les « merdias » comme il dit, l’adoption par « les » homos, etc.). On lui a dit que « LGBT c’était le méchant », alors il aboie. Il a deviné que la GPA, la PMA, le Gender, c’était « pas bien », alors il s’insurge dès qu’il les aperçoit. Il voit sur la toile internet « enfant acheté » : il ne prend même pas le temps de lire, il retwitte ! On lui dirait : « Tu vas cliquer dès que tu entendras que la mort fait mourir ou que le tabac tue », il le ferait. Actuellement, le Beauf LMPT a compris vaguement grâce au Pape qu’une loi, ça s’abrogeait… alors il s’est mis depuis un mois à répéter à tue-tête le mot nouveau : « abrogation ». Il est content. Il a l’impression d’être intelligent, d’utiliser un mot savant de plus de trois syllabes, d’être à la pointe de l’actualité et de l’engagement politique. Ça lui donne une raison d’exister.

 

Je crois que le pompon de sa bêtise, c’est quand même son actuelle demande de l’« abrogation universelle de la GPA » (son nouveau dada). Déjà que ceux qui, comme Mariton, demandent l’abrogation du « mariage pour tous » ont l’air bien cons (il ne peut logiquement pas y avoir de demande d’abrogation de la loi Taubira sans la demande préalable d’abrogation de l’Union civile et sans discours clair sur l’homosexualité, je vous le dis tout de suite), lui, le Beauf LMPT, il va encore plus loin dans l’aveuglement et l’absence de recul sur les ressorts de la GPA. Là, avec la revendication de « l’abrogation universelle (et interplanétaire, tant qu’on y est…) de la GPA », on atteint la cime du grotesque. Pourquoi ne pas demander l’abrogation universelle du Gender, par exemple ? Tiens, c’est une idée… (LOL)

 

Tweet le 19 novembre 2014

Tweet le 19 novembre 2014


 

Si j’analyse un peu plus, je dirais que le problème du Beauf LMPT semble se situer plus dans la forme que dans le fond… quoique déjà dans le fond, on reconnaît chez lui du simplisme, du dressage, le disque qui tourne en rond, la compulsion pathologique et paranoïaque ignorant la profondeur de toutes les idées qu’elle énonce. Déplacez un peu le Beauf LMPT de ses mots d’ordre, de ses phrases apprises, faites-le réfléchir sur l’ambiguïté de l’hétérosexualité par exemple, ou sur l’Amour, et vous verrez qu’il sera complètement largué, deviendra agressif, boudera, se sentira tout nu et hurlera à la traîtrise (par exemple, à ses yeux, je suis un « infiltré LGBT » qui, parce qu’il a osé critiquer les « manifs », aurait manqué de « charité » et est d’office « suspect »). C’est pour cela que, malgré les apparences et la présence des bons mots dans son discours, je pense que nous ne luttons pas pour les mêmes objectifs : car ses « bonnes » réponses sont accidentelles ou plaquées, sont sans amour et sans réflexion de fond.

 

Quand je dis que ce n’est pas tant sur le fond que sur la forme que le Beauf LMPT dérape (même si, en fait, fond et forme sont intrinsèquement liés), c’est dans la mesure où ce dernier se vaut de l’énonciation d’évidences-vérités (« La loi Taubira est dangereuse. », « Un enfant ne s’achète pas. », « L’Humain n’est pas une marchandise. », « Un enfant a besoin de son père et de sa mère pour exister et pour se construire. », « Le mariage, c’est un homme et une femme, c’est l’altérité des sexes. », etc.) pour ensuite se permettre d’être agressif pour les imposer. C’est la manière si peu charitable et si peu argumentée qu’il emploie dans son argumentaire, qui le transforme en petit soldat hargneux, en agneau bêlant pathétique, en beauf de droite scandant du slogan qui ne convainc que celui qui s’est mis tacitement d’accord avec lui pour applaudir aux mêmes mots magiques.

 

Moi aussi, je lutte contre la loi Taubira. Moi aussi, je sais qu’un enfant ne s’achète pas, que l’avortement et l’euthanasie sont des meurtres. Moi aussi, je sais que la mort fait mourir, que le feu ça brûle et l’eau ça mouille. Moi aussi, je m’oppose au Gender, à la PMA, à la GPA. Mais, je crois, pas n’importe comment. Pas scolairement. Pas bêtement. Pas agressivement. Pas en plaquant des mots que je ne veux pas expliquer. Pas en diabolisant un adversaire. Même quand je tape du poing sur la table (ça m’arrive) et que je dénonce quelque chose ou nommément quelqu’un, je le fais en argumentant et avec Charité, en tentant de m’adapter à la manière de raisonner de mon auditeur, en développant des idées qui me paraissent justes ou qui me déplacent moi-même. J’essaie aussi, en retraduisant les concepts, de rejoindre des personnes qui agissent mal mais qui pensent bien faire, qui n’imaginent pas la violence des lois et des actes qu’elles cautionnent. Bref, je tente de me mettre un peu à leur place !

 

Quand on a le malheur de montrer au Beauf LMPT que ce n’est pas tant ce qu’il défend que la manière qu’il a de défendre ce qu’il défend qui pèche, en général, il s’arrange pour nous sortir (de préférence en boudant, parce qu’il devine qu’il n’a pas d’arguments, et parce qu’il se rend également un peu compte que la Vérité qu’on lui montre est aussi Charité) que nous ne serions pas « charitable » et que nous aurions un « égo surdimensionné ». Il nous affuble de la « douce » réputation de « poil à gratter » ou de « provocateur » (alors que dans les faits, notre recherche de la Vérité n’a rien d’un goût du scandale… mais bon…). Il défend le mythe relativiste de la COMPLÉMENTARITÉ (« Il faut de tout pour faire un Monde ; Mets ton égo de côté ; Chacun son rôle, chacun son domaine de compétence ; Pourquoi se tirer dans les pattes puisqu’on vise le même but ?; Tous nous avons quelque chose à apporter ; etc. etc. » = discours faux car tous les mélanges ne sont pas des réussites, la diversité n’est pas une richesse en soi, et il y a des gens plus compétents que d’autres pour certaines taches, certains combats et selon les situations). Le Beauf LMPT essaie de nous faire culpabiliser et douter en nous imposant le mythe pseudo « catholique » de l’UNITÉ ou du BUT COMMUN (autre mensonge particulièrement tenace dans les rangs LMPT = l’illusion collective que nous poursuivrions le même but et que nous défendrions tous une seule personne, Jésus. Dans les faits, c’est faux : il n’y a qu’à regarder le cafouillage généralisé autour du PaCS, la justification généralisée de l’hétérosexualité, le silence quasi complet autour de l’homosexualité, et l’oubli de Jésus, pour comprendre que notre but au sein de la Manif Pour tous n’est absolument pas unifié ni assumé). Il faut que notre mouvement guérisse de cette utopie sucrée (singeant le catholicisme) que, parce que nous nous opposons aux lois gouvernementales menaçant la famille, nous voudrions « à peu près » la même chose « au fond » et que ça nous dispenserait d’avoir à nous auto-critiquer, à nous concerter, et à réfléchir aux formes de combat que nous employons. « Peu importe les moyens et tous les moyens sont bons puisque la fin est nécessairement juste et Une ! » soutiennent le Beauf LMPT, le Beauf FN, le Beauf LMPT et le Beauf bobo. En gros, ce n’est pas demain la veille qu’on va se sortir de ce mirage de lâcheté et d’orgueil mal placé.

 

Tiens, en parlant de veille et pour finir sur une note d’Espérance, le seul endroit (encore que…) que le Beauf LMPT n’aime pas fréquenter, c’est comme par hasard les veillées des Veilleurs. Le Veilleur, c’est un peu l’antithèse du Beauf LMPT : il réfléchit, il essaie de donner du contenu aux actions, il pense avant d’agir et pour agir… donc forcément, aux yeux du Beauf LMPT, il apparaît comme une tapette ou un catho Bisounours. Alors merci à chacun des Veilleurs d’avoir compris que tout combat humain se gagne d’abord à la force des mots et des idées, et par la culture. Le Beauf a horreur de ce dont il manque. Raison de plus pour lui rappeler que les formes d’un combat ne doivent pas se supplanter au fond de ce même combat.
 
 
 
 

P.S. : Un billet, écrit en février 2015, annexe à cet article (« Je vote FN… euh, pardon, je suis royaliste. ») : ici, sur CUCH.

« Love is strange » d’Ira Sachs et la Joconde

BERGÈRE Duchamp
 

Je viens de voir le film « Love Is Strange » sorti hier en salle en France. L’histoire d’« amour » d’un « vieux couple » homo (ça fait beaucoup de guillemets, désolé) qui se marie après 39 années de vie commune. En sortant du cinéma, je sais pas pourquoi, comme une envie de chantonner « De la merde » de Cauet…

 

Mais la bonne nouvelle (le clin Dieu), c’est que le jour de publier mon prochain code « BERGÈRE et HOMOSEXUALITÉ » (sur la place de la femme-objet et de la Joconde dans les œuvres homo-érotiques), je suis passé, sur le chemin du retour, devant le Centre Pompidou… et j’ai vu, en grand, l’affiche de l’expo Marcel Duchamp (homosexuel) avec sa Joconde à moustache ! 😉 Je suis trop gâté par Jésus. (D’ailleurs, au moment où je m’extasiais devant cette coïncidence, un homme Noir, vraisemblablement en voie de clochardisation, s’est approché de moi pour tâter le terrain de savoir s’il pouvait me demander des sous. Il a commencé à me dire qu’il recherchait le lieu d’un local associatif, puis m’a demandé si j’étais d’origine maghrébine, et enfin il a cherché à savoir si j’avais une assise professionnelle. Je lui ai dit que je n’avais pas de travail. Il n’a pas osé me réclamer une pièce. La preuve qu’en ce moment, je commence à ressembler à un vrai SDF… hahaha)

Jeune père de famille… et tiraillé par l’homosexualité

Tableau "In Nomine Patris" de Stéphanie Vignaux

Tableau In Nomine Patris de Stéphanie Vignaux


 

Tu vis peut-être la situation que je vais décrire là.

 

Car vous êtes de plus en plus nombreux dans ton cas, par les temps médiatiques qui courent et à cause des films d’aujourd’hui générant de nouveaux et croissants questionnements homosexuels, des appétits inédits.

 

Je m’adresse à toi, l’homme marié ou le jeune père de famille avec enfant(s)/adolescent(s) à charge, qui te rends compte que ton homosexualité ne part pas, voire qu’elle risque à tout moment de s’exprimer, de faire exploser ton couple parce que tu ne sais plus comment gérer ton éloignement du monde homosexuel dont tu ressens le besoin, tu ne sais plus comment gérer ce que tu vis comme une double vie.

 

Non, tu ne fais pas partie de la génération des vétérans homosexuels qui n’ont pas eu besoin de faire leur coming out (vu que le temps écoulé ne le justifiait plus) et qui se sont laissés surprendre par leurs inclinaisons érotiques pour le même sexe sur le tard. Tu n’es pas de ces hommes homosexuels qui vont à l’homosexualité par impuissance sexuelle et par peur insurmontable de l’autre sexe ou de la génitalité avec l’autre sexe (tu es capable de pénétrer une femme et de vivre le coït avec elle : le problème n’est pas celui de la faisabilité technique, mais celui de l’envie). On ne te classera pas davantage du côté des papys gays venant d’une époque où l’homosexualité n’était pas reconnue et ne pouvait absolument pas être dite, pensée, tolérée ou pratiquée socialement, avec la rapidité et la facilité que nous connaissons aujourd’hui.

 

Pour toi, le vertige s’annonce autrement plus fort. Il ne prend plus la forme du remord, de la nostalgie passéiste, de l’impossible et de l’irréversible, du « il est trop tard ». Au contraire. Tu vis le vertige du « tout est possible et tout est dangereux ». Quelle angoisse ! Tu as une toute autre difficulté : tu fais partie d’une nouvelle catégorie d’hommes contemporains, ceux qui ne peuvent se dire ni bisexuels ni homosexuels (à cause de leur compagne/femme, des enfants, de leur situation sociale), mais qui pourraient socialement se dire « homos », pourraient tout plaquer du jour au lendemain, ou bien auraient largement les occasions de « craquer » et de tomber amoureux, parce qu’ils sont jeunes, encore beaux et prêts à l’emploi, avec un accès très facile à internet et aux vitrines du « monde gay », avec des tentations de tous côtés.

 

Je vais essayer d’être clair : même si je ne suis pas exactement dans ta situation, je comprends ton vertige, ton excitation, ton bouillonnement intérieur, ton immense point d’interrogation intérieur (J’assouvis ou j’assouvis pas ? Je me passe du plaisir et de la tendresse homosexuelle ou pas ? Je prends un risque monumental ou je me calme et me soumets à mon engagement d’amour et à mon statut social de jeune papa ?). Ce vertige (pas toujours désagréable et paniquant, d’ailleurs), je peux même le ressentir dans mon corps. Je peux crier avec toi. Et je veux juste te dire que JE SUIS AVEC TOI. Ça peut paraître des mots appris, mais c’est important que tu l’entendes.

 

Et enfin, dernière autre chose que je voudrais te dire pour apaiser ta proximité de la ligne de crête qui te donne l’impression que tu te mens à toi-même ou que tu vas tomber dans peu de temps : tu ne perds pas grand-chose en renonçant à la relation amoureuse homosexuelle. Elle est moyenne et insatisfaisante pour tout le monde, sans exception, et à tous les âges. Donc relativise la hauteur que tu attribues à ton précipice. Cela t’aidera à avoir moins le vertige, à moins te sentir envieux de la vie que tu n’as pas, et moins étranger de ta situation conjugale et familiale, situation certes inconfortable mais pas malheureuse, ou en tout cas pas plus malheureuse que celle que tu vivrais dans les bras d’un homme. Paix, joie et humour, mon frère. Ce que tu es parvenu à construire dans la différence des sexes, apprends à le regarder autrement, avec indulgence et émerveillement. Ce que vivent les personnes homosexuelles qui décident de pratiquer leur homosexualité, essaies aussi de le désacraliser.

 

Le Réel est ton meilleur maître. Le temps, ton meilleur allié. La patience et l’humour, tes meilleurs consolateurs. Tout engagement humain, même heureux soit-il, passe par un renoncement crucifiant. Personne, en amour, n’échappe à la porte étroite. Tu n’es pas plus malheureux qu’un autre. Il est même probable que tu sois plus heureux qu’une personne qui pratique son homosexualité.

La « bonté » du diable

Cela aura de quoi étonner beaucoup de monde. Mais le diable, pour mal agir, singe de faire le bien. Et le pire, c’est qu’il croit en la beauté de sa comédie.
 

Photo de Slate sur Twitter le 28 octobre 2014... ou Le fascisme des anti-fascistes.

Photo de Slate sur Twitter le 28 octobre 2014… ou Le fascisme des anti-fascistes.


 

Ce que la plupart des gens a du mal à comprendre, c’est qu’en bon hystérique, le diable veut à l’Homme tout le bien du monde (pour qu’Il se détruise Lui-même sans que lui en porte la responsabilité et ait à intervenir) et non pas tout le mal du monde. C’est le paradoxe souligné par l’adage « L’enfer est pavé de bonnes intentions ». Le diable pleure sur nous, compatit à la souffrance et à l’orgueil qu’il nous attribue, prie même pour nous. Il est désolé, révolté par notre situation, éploré, gémissant, indigné par notre soi-disant « monstruosité ». Au milieu des barricades, il veut sauver « l’ignoble bourreau » – que nous serions – de lui-même. Il veut nous prendre dans ses bras, nous raisonner, nous convertir, nous faire participer à l’Histoire. Il veut que nous nous en sortions (de la merde où il nous a foutue… mais ça, il se garde bien de le reconnaître). Sa comédie et son alibi pour nous détruire, c’est la compassion. La compassion qui est le péché d’Ève.