Synode 2015 (2nde partie) : 3 mots du Pape sur l’homosexualité, sinon autant se taire

Rainbow
 

Pardon de mettre, par ce message, les chefs de l’Église au pied du mur… mais nous sommes en famille et l’unité de celle-ci est en jeu, surtout à cause du traitement du thème de l’homosexualité… alors je préfère parler en vérité. Je ne serai véritablement satisfait et sûr du discours ecclésial sur l’homosexualité que si, dans le rapport final du Synode (prévu pour le 25 octobre 2015), je lis trois mots : 1) VIOLENCE; 2) CONTINENCE ; 3) SAINTETÉ. À mes yeux, ils seront la preuve qu’aura été pris en compte ce qu’est vraiment le désir et l’acte homo (une blessure, une souffrance et parfois une violence quand il est pratiqué), comment on vit avec ce désir (la continence), et vers où l’alliance des deux (blessure + continence) conduit (la sainteté). Or, à ce jour, sous couvert d’« accueil », de « chasteté » de « délicatesse » et de « temps », le Synode Part II (qui se déroulera du 4 au 25 octobre 2015) glisse dangereusement vers une justification de l’Union civile et de l’amour homo « chaste », ou vers du réchauffé de l’actuel version du Catéchisme. Au secours…
 

Nous, personnes homosexuelles, avons tant besoin qu’on nous dise la Vérité sur ce que nous ressentons, sur ce que nous vivons ! Nous avons tant besoin que l’Église ne s’apitoie pas sur nous, ni nous accueille sans nous proposer un grand projet, une vraie Bonne Nouvelle ! Pas seulement qu’Elle nous dise « On vous accueille, on vous aime, on ne vous juge pas, on va vous aider à vivre avec votre désir homo et à le maîtriser (… pour mieux le neutraliser) », mais qu’Elle nous propose un don entier de notre personne, qu’Elle utilise notre homosexualité, qu’Elle mette la barre haut en nous demandant carrément la sainteté ! le don de notre homosexualité aux autres et à l’Église !
 

Nous ne voulons pas d’une gestion privatisée, compassionnelle et misérabiliste de l’homosexualité. Nous voulons, sans pratiquer notre désir homo ni le justifier sous forme d’identité ou d’amour, l’universaliser, le sanctifier, le transformer en force et en originalité. Une originalité qui n’est ni notre origine ni notre essence ni un destin, mais juste une réalité de notre être qui, traversée par Dieu, peut devenir une puissance énorme d’évangélisation, de Résurrection, d’humour, de guérison pour tout notre monde blessé. Il ne s’agit pas se s’accommoder de l’homosexualité, mais bien de l’utiliser comme ce qu’elle devient une fois qu’elle est transformée par le Seigneur : un grand cadeau réjouissant et mondial !
 

Franchement, si ces trois mots VIOLENCE/CONTINENCE/SAINTETÉ – qui ne figurent pas dans l’actuel Catéchisme de l’Église catholique – n’apparaissent pas dans le prochain rapport synodal final rédigé par le Pape François, mieux vaut, à mon avis, ne pas aborder du tout la question, ne rien rajouter de plus que ce qu’a déjà écrit le Pape Benoît XVI, et en rester là, plutôt que de broder du neuf et au final raconter des bêtises et des imprécisions équivoques propices à des interprétations/conséquences dramatiques. La cerise sur le gâteau du discours papale sur l’homosexualité serait une charge bien calibrée contre l’hétérosexualité, au nom de la défense de l’Humain et de sa sexuation : j’ose rêver !

Le Coeur de la Suisse

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Jeudi dernier, dans le train qui me conduisait de Neuchâtel à Fribourg, j’ai vu débarquer tout un groupe de randonneurs à la retraite, avec un accent suisse à couper au couteau, exactement comme dans le cliché que je me faisais avant de venir (ce n’était pas la troupe de chanteurs tyroliens en costumes folkloriques, mais presque ^^). Des hommes mariés, des célibataires, des curés, des pasteurs, des veufs. Toute une bande d’une quarantaine d’amis. Ils s’appellent les « Jeudistes » parce qu’ils se retrouvent tous les jeudis pour faire des randonnées. Ils laissent parfois leur femme et s’en vont, entre 30-50 personnes, faire leur escapade hebdomadaire. Les Jeudistes sont un club alpin. J’ai fait un brin de causette pendant tout le chemin avec 3 d’entre eux, ai appris beaucoup de choses sur la Suisse (j’ai envié les citoyens suisses, qui eux, contrairement à la France, ont droit de parole et de décision sur les lois du pays, parce qu’ils sont consultés régulièrement, et sont soumis à un système politique fédéraliste, presque corporatiste : une loi comme le « mariage gay » ne serait jamais passée en France si on avait eu la taille et le fonctionnement politique de la Suisse). Mon compartiment de train s’est transformé en grande réunion de fraternité masculine. C’était beau. Merci Jérôme Grandet et Nicolas Buttet de m’avoir fait connaître un peu du cœur de la Suisse.

Homophobie : l’essentiel à comprendre

 

1) le sens étymologique (les deux sens sont valides) :
– phobie/haine du même
– phobie/haine d’une personne homo (donc attaque à l’encontre d’une personne homosexuelle) ; peur du sujet de l’homosexualité et des personnes homosexuelles.

 

2) Ce que les mass médias et les gens gays friendly en comprennent (à tort car leur interprétation gomme le sens étymologique) :
– tout lien entre homosexualité et violence/souffrance
– toute opposition à un désir, un droit, une loi, portés par une personne homo ou faits portés par une personne homo.

 

3) Ce que l’homophobie est vraiment :
– l’identité et la pratique homo (réduire une personne à ses pulsions ou à ses sentiments, c’est finalement lui ôter son humanité, et la prendre pour un animal ET un ange)
– un désir homo refoulé ou excessivement assumé sous forme d’identité ou de pratique homosexuelle

Mon regard sur le concert Free, The One Woman Funky Show de Shirley Souagnon

Shirley
 

En me rendant hier soir au Sentier des Halles au concert Free, The One Woman Funky Show de Shirley Souagnon, je savais que j’allais y retrouver un certain nombre des codes de mon Dictionnaire (la comédienne a fait son coming out public)… mais pas à ce point-là ! Fascinant :
 
 
Femme et homme en statues de cire

Entre-deux-guerres

Noir

Amour ambigu pour le pauvre

Folie

Attraction pour la foi

Voyage

Drogues

Homme invisible

Vent

Obèses anorexiques

Parricide la bonne soupe

Matricide

Inceste (père et fils gays)

Tante-objet ou Mère-objet

« FAP la fille à pédé(s) »

Orphelins

Pygmalion

Musique comme instrument de torture

Blasphème

Don Juan

Artiste raté

Voleurs

Petits Morveux

Substitut d’identité

Se prendre pour le diable

Personnage homosexuel empêchant l’union femme-homme

Symboles phalliques

Liaisons dangereuses

Je suis un Blanc-Noir

Ennemi de la Nature

Différences physiques

Viol (peur d’être objet)

Scatologie

Mère Teresa

Fan de feuilletons

Hitler gay

Homosexualité noire et glorieuse

Fresques historiques

Trio

Homosexualité, Vérité télévisuelle ?

Doubles schizophréniques

Voyeur vu

Amant diabolique

Éternelle jeunesse

Conteur homo

Chat

Solitude

Eau

Humour-poignard

Bergère

Regard féminin

 
 

Mon avis sur le concert : Sur le moment, il fascine la majorité du public parce qu’il est dynamique, sympathique, techniquement réussi. Mais pendant et après, on est frappé de voir qu’il est, comme beaucoup de spectacles de notre époque libertaire et déprimée, imprégné de l’idéologie transhumaniste LGBT.

 

Ce spectacle est malsain pour plusieurs raisons : par son absence de sens (un message presqu’uniquement libertaire – « C’est bon d’être libre » -, qui ne va donc pas chercher bien loin) ; par sa tonalité (le public est constamment rabaissé, fliqué et méprisé par la chanteuse) ; par les idées qui y sont développées (l’homosexualité est promue alors que la mention des drames et des violences qu’elle génère/illustre ponctuent le discours de la comédienne ; d’ailleurs, l’opposition au « mariage gay » est tournée en dérision, et visiblement, Shirley Souagnon n’a toujours pas compris la gravité de cette loi) ; par la faiblesse du public (des gens issus de l’immigration, des jeunes adultes influençables et tentés de signer à l’homosexualité parce que celle-ci recouvre, pendant une heure, un visage sympathique, décomplexé, cool, funky) ; par son (il faut le reconnaître) efficacité du moment (en tant que spectateur, on est forcément touché par le talent vocal de la chanteuse, son auto-dérision, son bagout, son franc-parler, ses provocations, son identité de femme marginale). Mais c’est un feu de paille : falsification historique + Immoralité de l’ensemble + violence des propos et des vannes + absence de sens et de douceur. Voilà mon bilan. Peut-être que je serais le seul à avoir interprété ce concert ainsi. Mais j’assume.
 

Et j’ai envie de demander à Shirley Souagnon quand est-ce qu’elle compte s’aimer un peu plus elle-même, aimer un peu plus les autres, quand est-ce qu’elle compte arrêter de raconter des futilités (même si cette futilité a sa drôlerie, sa signifiante, sa convivialité), se prendre un peu plus au sérieux mais aussi en douceur et en profondeur ?

Charité n’irait pas avec division ?

 

Je reçois à l’instant un mail d’un homme d’Écologie Humaine qui me demande de ne pas faire de vagues par rapport à son mouvement. Il le fait d’ailleurs de manière très courtoise, en respectant bien les règles de la « communication non-violente » (genre « je finis par une question, pour donner l’impression à mon interlocuteur que je lui laisse sa liberté »). Voici un extrait :

 

Je lis tes posts et articles que j’apprécie beaucoup. Je crois (accueille-le si tu le veux bien) que nous devons rester unis malgré nos différences de perception parfois de la réalité ou malgré nos différentes sensibilités. Tu as raison de dire ce que tu penses sur tel ou tel mouvement (LMPT, Veilleurs, CEH,…) mais STP n’oublie pas que la division ne fait le jeu que d’un seul, Satan. Plus nous sommes divisés entre nous, plus cela va être difficile de sensibiliser, de motiver, de convaincre des personnes qui sont à des milliers de km de nos idées. Qu’en penses-tu ? »

 

De même que de plus en plus la chasteté est réduite à la sincérité, je crois que certains cathos actuels n’ont pas compris ce qu’est la véritable Charité ni qui est vraiment Jésus. Dès qu’ils identifient quelque chose comme de la « division » ou de la brutalité, ils l’attribuent au « mal », au « diable », au « diviseur ». Tout ça parce qu’ils n’ont pas compris que la Charité devient force grâce à la Vérité. Ou bien ils n’ont pas réalisé que l’« unité » qu’ils prônent n’est belle que si elle sert la Vérité et le Christ (sinon, cette unité n’est qu’un cache-misère pour masquer une division que précisément ils alimentent à leur insu par leur tiédeur relativiste et leur peur d’annoncer Jésus). Certes, la Charité est souvent douceur, miséricorde, accueil… mais Elle est parfois aussi séparation, rupture, jugement, exigence, rejet, Croix, force. Elle est un grand « OUI »… et des petits « non » dans les cas où vraiment la Vérité est bafouée. Même Jésus se présente parfois comme l’auteur d’une division :

 

« Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère ; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. » dit Jésus (Matthieu 10, 34-36)

 

C’est se tromper sur la véritable identité de la Charité que de croire qu’Elle n’est pas non plus conflit, critique d’actes ou de pensées erronés, qu’Elle effraierait moins en se cachant. C’est se tromper sur la Charité que d’imaginer qu’Elle se réduit à la « bienveillance », au « respect », au « être gentil », au fait de « ne pas blesser ». La Charité peut blesser et diviser, non pas de son fait, mais parce que sa lumière révèle l’existence d’une blessure, d’une rupture et d’un mensonge qui se sont séparés d’Elle, dont Elle n’est pas responsable mais dont Elle fait forcément le constat. Alors ça suffit de la Charité-bondieuserie laïcarde qui n’ose pas dire son nom/non, qui n’est qu’une apostasie, qu’une honte que l’étiquette catho fasse fuir, ou qu’un bon sentiment dilué !

En parler, c’est déjà arrêter

pornographie addiction
 

Parlons. Et nous le verrons de nos propres yeux : tout s’arrêtera vraiment, dans la consolation, le soulagement, l’humour et la libération durable.
 

Si la pratique de la masturbation (et de tout ce qui va avec : libertinage, « plans cul », luxure, visionnage de porno, drague malsaine, etc.), empêche de parler (ça se vérifie universellement : elle nous coupe À TOUS SANS EXCEPTION la langue tellement elle est honteuse, avilissante et pourtant banalisée), ne nous décourageons pas et disons-nous bien qu’à l’inverse, c’est aussi par la parole qu’on arrive à la dépasser. Personnellement, j’ai découvert que c’est à partir du moment où j’ai nommé ce que je faisais (et je ne parle pas ici que du sacrement de confession : je parle en société ou par mes écrits), que j’ai pu m’en détacher et que j’ai réussi à m’en sortir. J’irais même plus loin : je crois que c’est une fois qu’on parle de cette pratique qu’on en est déjà sorti. Le Verbe s’est fait chair et Il a habité pour toujours parmi nous. C’est une Réalité. Vive la Parole libératrice !

L’homosexualité, pourquoi ça pose problème, et pourquoi ça pose problème d’en parler en Vérité, calmement ?

 

1 – L’homosexualité, pourquoi est-ce si grave ? et pourquoi l’Église catholique insiste tellement pour ne pas la justifier, ni sous forme d’identité ni sous forme d’amour/de couple, et va jusqu’à la qualifier, au niveau des actes, d’« intrinsèquement désordonnée » et de « dépravation grave » ?

 

 

– Parce que les différences, c’est fondamental pour aimer, s’ouvrir et recevoir/se donner pleinement, transmettre la vie. Ça paraît une évidence de le redire, mais nos contemporains ont la mémoire courte. Sans la différence (et surtout la différence des sexes, celle qui nous a tous fait naître, et que nous portons corporellement), nous n’existons pas, nous n’aimons pas ou nous aimons moins (la force de l’amitié n’est pas comparable au don total de sa personne dans l’Amour). Et le meilleur Amour, le plus comblant, n’est possible que dans l’accueil de la différence des sexes. L’« amour » homosexuel a beau être sincère et comporter certaines fécondités (au fond, attribuables qu’à l’amitié), il n’est pas authentique. Notre (beau) caillou dans la chaussure, c’est que la différence des sexes est un mystère fragile : en soi, elle ne suffit pas pour faire un couple aimant et durable (on le voit facilement autour de nous : il y a des couples qui intègrent la différence des sexes, et sans succès) ; mais si elle est couronnée par l’Amour, elle devient le meilleur. Et ceci est vrai aussi bien pour les couples mariés aimants femme-homme (stériles ou non) que pour les célibataires consacrés. Une portion de levure (= la différence des sexes), toute seule, sans la farine, elle ne peut pas lever grand-chose. Mais une fois intégrée à la pâte humaine, elle devient le meilleur. Il en est de même de la différence des sexes avec l’Amour.

 

– Parce que c’est violent de s’éloigner voire de nier sa sexuation humaine : c’est une haine, un rejet de soi. Et si ce déni est pratiqué à deux, ça s’appelle du viol ou de l’homophobie, y compris si les deux personnes qui le/la pratiquent se disent consentantes et se font du bien en le/la posant. C’est un rejet de l’autre, ni plus ni moins. L’amitié a des règles et des limites à ne pas dépasser ; sinon, elle se mute en cauchemar ennuyeux, frustrant et violent sur la durée.

 

– Parce qu’il est impossible de vivre la sexualité sans la sexualité (= la différence des sexes). Et la pratique homo, en rejetant la sexuation femme-homme et la différence des sexes en amour, rejette la sexualité, donc toute l’Humanité. Elle est homicide en ses desseins. Elle empêche ET aux amitiés de se vivre ET aux amours de se vivre pleinement, simplement, dans tout leur rayonnement de complémentarité. Reconnaître cela n’enlève rien à la dignité (d’homme ou de femme, d’Enfant de Dieu) des personnes homosexuelles, bien entendu, ni au respect que nous leur devons. Mais c’est justement en rappelant la souffrance/la peur qu’est le désir homosexuel, la violence que sont l’identité et la pratique homosexuelles, et la liberté que procure l’expérience de la continence, que l’Église respecte le plus les personnes ressentant une attraction durable pour les personnes de même sexe.

 

Pour résumé, l’Amour humain et divin, c’est l’accueil de la différence, et notamment des deux différences fondatrices de l’Humanité qui nous permettent d’exister et d’aimer pleinement : la différence des sexes et la différence entre nous et Dieu. L’union homosexuelle, en rejetant la différence des sexes hors du cadre amical, vit au mieux des bénéfices de l’amitié (et encore… il s’agit d’une amitié amoureuse ambiguë, compliquée, ennuyeuse, souvent violente, et qui ne comble pas), au pire rejoue la violence du rejet de l’humain. En revanche, la blessure homosexuelle, une fois qu’elle n’est pas pratiquée mais qu’elle est donnée à Dieu et aux autres, devient la fêlure par laquelle la lumière de Dieu et de l’Évangélisation peut passer encore mieux, et parler de manière drôle, originale, décomplexante, aux gens de notre temps. L’homosexualité fait écho à toutes les souffrances humaines. Elle est la vulnérabilité qui peut rapprocher tous les humains.
 
 
MANÈGE désagréable
 

2 – Alors force est de reconnaître que pour défendre ce message ecclésial sur l’homosexualité, c’est le parcours du combattant. Les difficultés pour en parler et être bien reçus sont nombreuses, et nous placent dans la position du petit David contre le grand Goliath, ou du « méchant réac » face au gentil « hétéro gay friendly ». Cela nous oblige à être nous-mêmes au clair et en cohérence avec notre propre rapport à la différence des sexes.

 

 

Voici le listing de quelques obstacles objectifs expliquant notre (juste !) impuissance et le nécessaire fiasco de notre discours:

 

– l’imprécision du terme « homosexualité », un terme hybride et en soi contradictoire puisqu’il mélange le grec (homo signifie « même ») et le latin (sexualité signifie « autre »). Chanter l’altérité en lui préférant l’égalité et la similitude, chanter les différences en minorant la différence des sexes, voilà qui a de quoi perturber l’Humanité toute entière. Ça n’aide pas à clarifier et apaiser les débats sur l’homosexualité !
 

– l’ambiguïté du terme « sexualité », trop réduit actuellement à la « génitalité » ou à l’amour-sentiment acorporel, l’amour-sensations, au détriment de l’amour-engagement et de la reconnaissance de la différence des sexes (sexuation + conjugalité + procréation).
 

– le fait que socialement, la différence des sexes soit confondue avec l’hétérosexualité… alors que l’hétérosexualité, c’est l’altérité des sexes forcée (dans le mot « hétéro-sexuel », il y a deux fois le mot « autre »), c’est aussi toutes les altérités au niveau de la sexualité, à commencer par l’homosexualité… le tout, au détriment de la différence des sexes aimante, en plus !
 

– le fait que la pratique homosexuelle fasse écho à des liens humains parfois très forts et beaux qui peuvent se passer de la différence des sexes ou qui en font une expérience limitée (l’amitié entre deux personnes de même sexe ; les bienfaits de certaines paternités adoptives ; l’existence des couples femme-homme stériles mais qui s’aiment quand même ; la beauté de certains célibats consacrés ; etc.) ; ou le fait que la pratique homosexuelle ne s’oppose pas à la pratique hétérosexuelle (qui, elle, n’est qu’une expérience caricaturale et violente de la différence des sexes, contrairement au mariage entre un homme et une femme qui s’aiment, et qui procréera si ça lui est donné).
 

– le caractère aléatoire et en suspension du désir homosexuel, qui est au fond une bonne nouvelle malgré tout : nous ne sommes pas nos désirs, nous ne sommes pas les personnes qui nous attirent sexuellement ; nous ne connaissons pas le chemin de nos pulsions et de nos fantasmes, et nous sommes libres de ne pas tous les pratiquer. Cela reste quand même un handicap que l’homosexualité ne soit qu’un désir, car elle est difficile à cerner, à appréhender comme une réalité palpable. Son statut de désir nous rend libres mais rajoute de la difficulté à en parler calmement, de manière crédible.
 

– le climat social qui est à la justification de l’homosexualité, autrement dit à la défense banalisante et émotionnelle du désir homosexuel (sous forme d’identité visible/invisible ou d’amour universel qui n’a même pas à se nommer « homosexuel ») ou, inversement, à l’attaque diabolisante (= « les » homos seraient une espèce mauvaise à éradiquer, à soigner, à convertir). Dans de pareilles conditions sensibleristes, il est très difficile de jongler entre ces deux courants d’indifférence à l’homosexualité, de ne pas signer à la glorification cinématographique des sentiments bisexuels. De plus en plus de films, pas du tout réalistes mais très vraisemblables et concrètement touchants, conquièrent les cœurs des indécis, tout en faisant barrage à l’explication apaisée du désir homosexuel, respectueuse des personnes et lucide sur les souffrances/violences qu’elles vivent. Il est très difficile aussi de parler dans un vrai climat d’écoute, dépassionné. Nous souffrons que l’homosexualité soit un sujet aussi mal popularisé : tout le monde (y compris ceux qui ne sont pas en âge de le faire) est dorénavant invité (par le biais des mass médias et d’une propagande à la fois culpabilisante – l’épouvantail de l’homophobie – et déculpabilisante – le sceptre de la solidarité) à prendre position, à « y croire » ou pas, sans savoir véritablement de quoi il s’agit, sans s’intéresser personnellement aux personnes homosexuelles, et sans prise de conscience de l’importance de la différence des sexes et de la différence Créateur/créatures.
 

– le grand écart entre Charité et Vérité, autrement dit le fait d’être accueillant vis à vis des personnes homosexuelles et de prendre au sérieux l’existence de leurs tendances sexuelles, sans pour autant cautionner tous leurs actes et justifier la pratique du désir homo. C’est toute la difficulté de la Miséricorde de Dieu qui prend la mystérieuse forme de l’exigence radicale de la Croix.
 

– la fragilité (psychique, familiale, relationnelle…) des personnes homosexuelles. Nous devons composer avec des individus qui, par excès d’épreuves, par misère sociale, par limite intellectuelle, par fierté, par faiblesse, à cause de la banalisation sociale de l’homosexualité, ne s’identifient pas comme pécheresses ou porteuses d’un signe de péché, nient leurs souffrances, déproblématisent leurs attractions sexuelles, parlent très peu d’elles et de ce qu’elles vivent. Ce n’est pas facile de parier sur des individus aussi fuyants, qui ont si peu confiance en eux et aux autres. Il nous faut donc redoubler d’efforts pour rester dans l’Espérance et la foi que la sainteté se manifeste aussi dans le cadre humain de l’homosexualité.
 

– l’apparence insignifiante de la différence des sexes et de Dieu, qui sont les deux socles de notre existence et de notre Amour, mais qui, par amour justement, ont pris la taille d’un détail, la taille d’une graine de sénevé qui ne montrera son éclat que sur la durée et uniquement quand Elle l’aura décidé (à savoir à la Fin des Temps). Ils sont donc extrêmement difficiles à défendre car leur identité de « meilleurs » apparaît délicatement, par des voies/voix qui ne sont pas qu’humaines.
 

– la force du témoignage personnel, individuel, porté par la personne elle-même, discours qui ne peut pas être remplacé par un discours extérieur sur l’homosexualité. Il est indéniable que dans le climat social actuel, qui n’est ni à la réflexion ni au contrôle des émotions, la présence d’une personne homosexuelle a un poids considérable et vaut tous les arguments face à la superstition populaire autour de l’homosexualité. C’est injuste, ce décalage de légitimités, cet excès d’importance qu’on accorde à une personne qui se dit ouvertement homosexuelle par rapport à une personne qui pourrait avoir un discours tout aussi ajusté sur l’homosexualité mais qui ne sera pas écoutée du fait qu’elle ne ressent pas le désir homosexuel dans sa chair. Mais il faut composer avec, et ne pas sous-estimer, dans les débats sur l’homosexualité, le poids énorme de l’incarnation du message ecclésial sur l’homosexualité par la personne qui les porte.

La pastorale à l’égard des personnes homos, selon Arnaud Dumouch

 

Merci à Arnaud Dumouch d’avoir essayé de mettre les mains dans le cambouis en abordant la question de la pastorale spécifique à l’égard des personnes homosexuelles.
 

 

C’est un ami qui m’a demandé ce que je pensais de cette vidéo, donc je l’ai regardée en entier, et voudrais déjà saluer qu’elle a le mérite de faire un peu de ménage et d’ordre, de dire certaines choses franches et fondamentales, telles que le lien entre homosexualité et souffrance. C’est déjà un grand pas.

 

Pour ce qui est du détail, j’y vois cependant des petites imprécisions qui perturbent la clarté du message ecclésial sur l’homosexualité et de l’ensemble :
 

1) On part toujours, dès qu’on parle d’homosexualité (et moi le premier) avec le handicap de l’absurdité du mot (et de l’usage du mot) « homosexuel », qui est un néologisme qui condense « même » (homo) et « autre » (sexualité) : c’est un mot en soi contradictoire, oxymorique. On est donc toujours coincé pour l’aborder, car la base est mauvaise. On devrait parler uniquement de « désir homosexuel » ou d’« attraction sexuelle pour les personnes de même sexe ». Bref. Le plus important, c’est d’en avoir conscience. Mais je doute que le speaker en ait pleinement conscience.

 

2) L’abord du sujet est, dans ce topo, pluraliste : il contient donc le danger de s’éparpiller, par excès de délicatesse et sous couvert de réalisme et de respect de la diversité, dans le particularisme, au détriment du fond. Par exemple, Arnaud Dumouch insiste un peu trop sur la soi-disant distinction entre « homosexualité féminine » et « homosexualité masculine » (en soutenant qu’elles n’ont presque rien à voir, et que la seconde serait nettement plus compulsive… ce qui est faux), ou bien sur les « formes d’homosexualités » (en rentrant dans le jeu – très marqué dans le « milieu homo » qui se dit « hors-milieu » – de ceux qui séparent radicalement « l’homosexuel qui viole et qui vit dans la luxure » et « l’homosexuel sincère qui désire vivre en chasteté », ou dans le jeu de ceux qui prennent trop de pincettes pour justifier leur statut d’« experts »). Ce discours qui met tout au pluriel, qui crée deux communautés homos (où l’une blanchit/noircit l’autre), qui tente de promouvoir une « diversité homosexuelle » afin de ne pas blesser et d’éviter les généralisations blessantes, qui insiste beaucoup trop sur les sous-parties (« éphébophilie », « traitement hormonal », etc.), n’est pas réaliste et ne donne pas assez de vision d’ensemble. Car il y a très peu de différence entre l’homosexualité féminine et l’homosexualité masculine, très peu de différences entre le « milieu homo » et le « hors milieu », très peu de différences entre éphébophilie et homosexualité, très peu de différences entre désir homosexuel et désir transidentitaire/transsexuel. Ce discours qui se veut non-caricatural et respectueux de la pluralité et du particulier, ne parle pas franchement de la violence des actes homosexuels, et donc n’aide pas à penser la pastorale ecclésiale à l’égard des personnes homosexuelles de manière unifiée, universelle et concrète. À la fin du topo, on voit de la part du conférencier la fragmentation de la pastorale spécifique en « pastorales » au pluriel, comme si l’Église ne pouvait pas proposer la même chose pour les personnes homos libertines et pour les personnes homos sincères (qui sont souvent une seule et même personne !) : « [il y a tant de] diverses formes d’homosexualités que pastoralement elles ne peuvent pas être traitées de la même façon. » Oui et non. Et surtout, non.

 

3) L’amitié amoureuse est trop mise en avant dans son discours, bien qu’il en montre aussi les limites. La « fidélité d’amitié chaste » est présentée comme « la voie sans doute la plus équilibrante » pour les personnes durablement homosexuelles. En gros, la cohabitation sans rapport sensuels/sexuels. Entre les lignes, il croit en la beauté d’une « amitié amoureuse chaste » entre deux personnes homos, et en son éternité, puisqu’il parle de « vivre une amitié chaste et totalement fidèle, à vie ». Arnaud Dumouch reste très allusif sur la nature de cette amitié homosensible, sur son ambiguïté, tout simplement parce qu’il emploie le terme universaliste et spirituel de « chasteté » sans faire une seule fois mention de la continence, LA forme particulière de chasteté qui est demandée par l’Église aux personnes homosexuelles. Mettre en avant la seule chasteté, pour le cas de l’homosexualité, et dire qu’elle est la seule solution, c’est un peu court, c’est laisser la porte ouverte au « couple » homo, et c’est surtout sujet à plein d’erreurs d’interprétation.

 

4) Il y aurait également à redire sur sa défense du mythe de la « sensibilité » exceptionnelle homosexuelle : le fait qu’il souligne de manière positive la soi-disant aptitude artistique homosensible particulière n’est pas, dans son discours, relié à la souffrance. Elle est un peu, pour le coup, essentialiser en eugénisme positif. Cette déférence est inutile si elle ne donne pas de légende réaliste à cette sensibilité.

 

5) On constate dans la vidéo une légère diabolisation ou désincarnation de la sexualité, puisqu’inconsciemment, la sexualité est réduite à la génitalité. Pour le coup, Arnaud Dumouch sort ce genre de contre-Vérité : « La sexualité ne concerne pas la volonté de Dieu. » Or, bien sûr que si !

 

6) Dumouch essentialise beaucoup trop souvent la tendance sexuelle sous forme d’espèce : « les » hétéros ; « les » homos » ; « les lesbiennes » (même si, à certains moments, il commence à se plier à l’exercice de dire « les personnes homosexuelles » et pas « les homos ».). Il confond la différence des sexes avec l’hétérosexualité, et donne à l’hétérosexualité une incarnation, une humanité, une réalité qu’elle n’a pas (seule la différence des sexes est réelle) : « 97% de la population est hétérosexuelle. » Cette erreur se perçoit dans sa manière de ne traiter le thème de l’homosexualité que sous le prisme de la différence des sexes rigidifiée en hétérosexualité : en effet, il fait une claire distinction entre homosexualité masculine et homosexualité féminine… alors qu’en réalité, la peur de la différence des sexes est humaine, à la base ! Et le désir homosexuel possède ses caractéristiques générales, indépendamment de la différence des sexes : il est un désir d’asexuation.

 

7) Ce qui est dit sur l’éphébophilie est intéressant, mais à mon avis, c’est une sous-partie qui dilue la réflexion sur la relation dite « amoureuse » entre deux personnes adultes « consentantes » (alors qu’avec cette relation, on a déjà de quoi faire !). On s’écarte du vrai sujet par des comparaisons certes utiles mais glissantes.

 

8) Le discours de ce conférencier, souvent précis et juste malgré tout, est teinté d’angélisme et de propositions pastorales finalement peu concrètes et incarnées. Son message se résume à une mise en garde contre les actes homos (très bien), à une définition de l’homosexualité comme une fêlure (plus que très bien), mais aussi à une bonne intention dont la conclusion serait : « L’homosexualité, il faut y réfléchir. Dans la bienveillance et le respect de chacun… mais sans rien proposer de concret derrière. » Rajouter au crayon un « s » à « pastorale spécifique à l’égard des personnes homosexuelles », ou bien rajouter une bonne intention (« Il faut s’y mettre. »), ce n’est pas du contenu et c’est particulièrement flou. Quelle forme doit prendre cette pastorale ? Comment et qu’est-ce qu’on propose, sans idéaliser un compagnonnage ambigu ni une amitié amoureuse pseudo « chaste » ? La vidéo ne répond pas, ou bien répond à côté. Ça sent le discours bien-pensant Écologie Humaine (d’ailleurs, Arnaud Dumouch cite deux fois « Écologie humaine »… On le sent contaminé par le propos lénifiant humaniste bobo). Moi, attention, ça me donne envie de rechanter « C’est bien gentil »…

La bougie de notre isolement

 

Ne nous décourageons pas face à l’apparente insignifiance des actes justes que nous posons, à l’indifférence que suscitent les mots vrais que nous disons, à la défaite couronnant beaucoup de nos combats sociaux, à l’incompréhension massive qui nous entoure, aux échecs dans la communication de nos idées, à l’isolement. La lueur de Vérité semble noyée dans une grande masse sombre, mais en réalité, on ne voit qu’elle… comme la petite bougie au coeur de la nuit.
 
lueur
 

Toutes les ombres se ressemblent et se neutralisent entre elles. On les croit invincibles, numériquement plus puissantes. Or elles n’ont aucun pouvoir sur la lumière. Elles n’ont ni la force de l’engloutir ni de l’éteindre ni de lui voler la vedette. Nous aurons toujours raison de miser sur la Vérité-Jésus, même si nous ne sommes pas suivis par le Monde. Elle ne passera jamais inaperçue. Elle ressort forcément. Ceci est vrai pour tout livre que nous écrivons, toute parole que nous prononçons, toute carrière artistique ou politique dans laquelle nous nous engageons, toute action et toute relation humaine que nous vivons. La Vérité est reconnue tôt ou tard ; et ses serviteurs aussi.

Écologie Humaine lutte contre l’Humanisme intégral tout en l’instaurant…


 

Désolé, mais « Mettre l’Homme au centre de tout », c’est précisément l’humanisme intégral* que promeut le transhumanisme, idéologie bien-intentionnée et boboïsante détruisant l’Homme par lui-même, par ses propres actions et ses bonnes intentions solidaires.
 

Le paradoxe d’Écologie Humaine, qui ne veut pas parler explicitement de Jésus comme base de l’Humanité, mais uniquement Le placer comme une « dimension » optionnelle et cachée, une « valeur ajoutée », une « émanation » de la « transcendance » que rechercherait tout être humain, c’est que ce mouvement prétend lutter contre le transhumanisme, mais en instaurant cet humanisme intégral anthropocentré qui EST le transhumanisme.
 

Pas étonnant, alors, que l’objectif d’Écologie humaine paraisse flou, contradictoire, gentillet et finalement désincarné. C’est l’Homme-Dieu qui est la source de notre plus profonde Humanité, de notre Écologie. Pas l’Homme (« bienveillant ») tout seul, ni les Hommes (« bienveillants ») entre eux, ni la solidarité uniquement humaine. Ça vous dirait d’assumer un peu l’Incarnation christique humaine ?
 
 

* N.B. par rapport à la notion d’« humanisme intégral » dont je parlerai largement dans mon prochain livre sur les bobos : « Les structures de péché nous donnent l’illusion de vouloir un humanisme intégral : c’est cela leur projet affiché. Or l’humanisme intégral ne sera effectif que dans la gloire ! En attendant, sur la terre, l’humanisme n’est pas intégral puisqu’il va falloir souffrir et mourir ! » (le frère Samuel, dans les Attaques du démon contre l’Église, Actes du colloque de Banneux, Éd. Bénédictines, Paris, 2009, p. 80)