L’idéologie, c’est quand on met les idées avant les personnes (qu’elles prétendent pourtant servir sincèrement). En ce sens, l’usage catastrophique que fait notre gouvernement socialiste de la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » est de l’idéologie, car les enfants réels, leurs parents réels, les personnes homosexuelles et ce qu’elles vivent concrètement, ne sont pas considérés.
Sortie de la traduction italienne de « L’homosexualité en vérité », Italie, avril 2014
Publication de Omosessualità Controcorrente. Vivere secondo la Chiesa ed essere felici (Éditions Effatà, Italie, avril 2014, 8 euros).
Voir ici les articles. (Quelques dates de conférences : à Bologne le vendredi 4 avril 2014 ; à Rome à la mi-mai 2014)
L’impasse du Grenelle de la famille
Comment LMPT et le Grenelle de la famille souhaitent être crédibles une seconde dans leur opposition au PaCS si, exactement comme Frigide Barjot, ils se refusent à parler ouvertement de ce qui concrètement soutient et forge l’Union civile, à savoir la croyance en l’homosexualité et en l’hétérosexualité d’une part, ET la pratique homosexuelle (= le couple homosexuel) d’autre part?
Les responsables de ces deux mouvements sont aujourd’hui tétanisés par la peur et par l’orgueil, au point de n’assumer aucune parole sur l’acte homosexuel, même s’ils se donnent l’apparence d’en parler en tendant de temps en temps le micro à leur « homo de service » (Jean-Pier Delaume-Myard, auto-proclamé « homo mais pas gay« ) qui se contentera de les rassurer de leur lâcheté en focalisant comme eux son discours sur la filiation et sur la famille et en ayant juste le petit passe-droit homophobe (qu’ils n’ont pas) de casser du sucre sur le « lobby LGBT » et sur l’homosexualité politisée/médiatisée (il n’analysera jamais l’aspect « privé » de la pratique homo, y compris quand il témoignera de son propre vécu, ce qui est logique puisqu’il justifie cette pratique dans son intimité). Or, je regrette, on ne peut pas faire efficacement barrage au PaCS sans s’opposer directement à la pratique homosexuelle (en incluant celle qui est cataloguée « privée », « hors milieu » et « pas gay ») et en s’interdisant (comme le font tous les témoins d’Homovox) de parler du sens du « couple » homosexuel. On ne peut pas demander l’abrogation du PaCS en faisant défendre celle-ci par des personnes homosexuellement pratiquantes. C’est de la contradiction pure. Car ces témoins se retrouvent à dire qu’ils sont contre le « mariage pour tous » et le PaCS tout en mettant en pratique dans leur intimité ce que ces deux lois autorisent et ce pour quoi elles ont été créées (= la justification de la pratique homosexuelle et la demande d’équivalence d’amour universel entre l’homosexualité et l’hétérosexualité).
Si LMPT et le Grenelle de la famille n’emploient pas le mot « hétérosexualité » (démarche qui semblait être un bon départ), ce ne sera que par intuition ; mais on voit bien, puisqu’ils n’expliquent jamais l’hétérosexualité, qu’ils obéissent à une consigne sans comprendre vraiment pourquoi. Pareil par rapport au PaCS : ils ont dit qu’ils s’y opposaient, mais on n’a jamais eu l’explication qui va avec, parce qu’ils freinent des 4 fers pour poser un jugement sur les actes homosexuels ou pour laisser la parole à des gars non-homosexuellement-pratiquants comme moi (pourtant, je pense être le seul en France à analyser et à condamner ouvertement la pratique homosexuelle, hétérosexuel et l’homophobie, en expliquant très bien pourquoi). Le silence des leaders LMPT et du Grenelle sur l’homosexualité invalide leur opposition à l’Union civile, et les range peu ou prou du côté du discours de Frigide Barjot, en un peu moins foufou mais en tout aussi coincé et homophobe que ce que les mass médias attendaient d’eux depuis le départ. Dans les faits, dans la démarche et dans les discours, Frigide Barjot ou Ludovine de la Rochère, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Faire venir Hadjadj pour parler de la famille (en des termes crus pour se donner encore l’illusion de bousculer les meubles d’un thème dont on a fait 36 000 fois le tour) ne suffit pas à occulter cette désastreuse gémellité. Quand est-ce qu’on laissera vraiment les personnes les plus légitimes pour s’exprimer sur l’homosexualité et qui à elles seules ont le pouvoir de faire trembler nos gouvernants et l’opinion publique avec ce qu’elles ont à nous dire, plutôt que de voir défiler les starlettes bourgeoises ou bobos qui ne parlent pas de ce qui intéresse tout le monde (= l’hétérosexualité, l’homophobie et surtout l’homosexualité) ? LMPT, à cause de l’orgueil de ses responsables, est en train de couler doucement et de s’engouffrer dans l’impasse. Quel gâchis et quelle injustice. J’enrage pour tous les militants qui, depuis deux ans, se sont donnés corps et âme, pour notre combat légitime.
(Au passage, je voudrais remercier du fond du coeur Albéric Dumont et Ludovine de la Rochère d’avoir eu la délicatesse, dans leur tout nouveau livre photos souvenir LMPT que j’ai feuilleté tout récemment chez des amis, de n’avoir mis absolument aucune photo de moi, alors que par ailleurs quasiment tous les autres acteurs de notre mouvement y figurent. C’est vrai qu’au niveau des idées et des débats de fond qui nous ont occupés pendant deux ans – notamment la suppression du mot « hétérosexualité » dans les discours, notamment sur l’homosexualité -, je n’ai absolument rien apporté. Je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout le seul à en avoir parlé. En soi, je m’en fous et cette omission calculée m’a fait rigoler. Je ne recherche pas ce genre de reconnaissances. Je connais juste mon importance, un grand pouvoir que j’incarne, qui est resté inexploité et qui me dépasse (donc je peux difficilement m’en glorifier), une potentialité que j’ai devinée à chaque pas que je posais lors des bains publics qu’ont été nos manifs tant les gens m’arrêtaient pour me parler. Oui, j’ai marqué les esprits avec mes messages sur l’homosexualité et je continue de le faire, que cela vous plaise ou non, Albéric, Ludovine, Frigide ou Xavier. Alors merci du fond du coeur d’avoir enterré, par votre jalousie mal placée et votre arrivisme, notre beau mouvement, en créant l’Avenir Pour Tous ou le Grenelle non pas « de la famille » mais uniquement « de votre famille ».)
Génération Débilos arrive !
Ça y est, on y rentre. Ils commencent à arriver en masse. La Génération Débilos. Ceux qui ne savent pas réfléchir et qui sont limités intellectuellement. Rien de bien nouveau ni de grave, me direz-vous. À partir du moment où il y a respect et crainte de la sagesse, joie et amour, peu importe qu’on soit des cerveaux ou pas, d’ailleurs. Il vaut mieux un con qui sait aimer qu’un intellectuel qui ne le sait pas.
Le problème, c’est que si chaque civilisation et chaque époque nous a toujours offert ses cons, notre époque connaît quand même une révolution inédite qui a de quoi nous inquiéter un peu. C’est que, contrairement aux siècles passés, les débilos contemporains n’ont pas conscience d’être bêtes (ça encore, ça semble logique), mais maintenant, ce sont eux qui prétendent sincèrement être plus intelligents que les autres, ce sont eux qui nous enseignent, qui sont sollicités pour parler en public ou pour régenter les facs, les cercles littéraires, et même pour nous gouverner. Là, c’est nettement moins drôle. Car avant, il était rare qu’un abruti ait longtemps le pouvoir et la visibilité : son imbécilité se voyait trop, finissait par faire tache, et il lui restait encore assez d’intelligence pour avoir honte de sa connerie et de ses limites, pour ne pas jouer au génie et pour se cacher. Mais à présent, les niais sont tellement nombreux qu’ils se tiennent chaud et se confortent dans l’idée que s’ils font bloc, s’ils passent à la télé, si leurs écrits sont publiés, ça doit être pour une bonne raison (qu’ils ignorent… mais ils s’en foutent : tant que ça passe pour de l’esprit et que personne ne relève que leurs raisonnements sont creux, sont un vulgaire enchaînement de slogans sans fond, ils foncent !). Ça doit être parce qu’ils sont plus intelligents que les autres, dis donc !
Si bien que nous nous retrouvons à présent dirigés par des imbéciles qui ne s’en rendent pas compte, entourés de faux intellectuels, d’idéologues qui nous font la leçon en pensant franchement nous sauver et nous élever, d’opportunistes aux dents longues mais incapables d’avoir une pensée construite, des gens qui, parce qu’ils n’ont pas les capacités intellectuelles pour accéder à notre pensée et à la pensée des sages solides, attribuent à celle-ci les intentions (souvent mauvaises) qu’ils nous prêtent, des beaufs à lunettes tétanisés à l’idée qu’on révèle au grand jour leur imposture philosophique et leur esbroufe, des gars bien gentils avec qui il est quasiment peine perdu d’engager un dialogue rationnel parce qu’ils ne carburent qu’à l’affectif, des prétentieux qui ont le culot de nous traiter d’orgueilleux simplement parce qu’ils devinent qu’intellectuellement ils n’en mènent pas large face à nous (alors la seule et dernière arme qu’il leur reste pour nous virer et nous faire taire, nous les témoins gênants de leur identité d’ignares arrivistes, c’est la présomption d’orgueil : « Môssieur le Professeur ne se sent plus pisser parce qu’il a toujours raison et refuse de se remettre en question ! »). Ils font passer l’intelligence ou la recherche de Vérité pour de la prétention. Et nous avons beau leur dire que « pas du tout », qu’ils sont les seuls à envisager la Vérité à la fois comme une possession et comme une irréalité, rien à faire. Débilos boude, refuse de comprendre ou de parler des actes, continue de voir le monde à travers les lunettes de ses intentions.
Voilà! Génération Débilos arrive. Il y en a particulièrement beaucoup chez les socialistes. Mais pas mal aussi à droite et dans les rangs LMPT. Moi, je dis : dans les années à venir, on va bien s’amuser ! et surtout découvrir que nous ne sommes pas si entourés que ça d’esprits et d’amis de compréhension mutuelle ! Il ne suffit pas de se donner l’illusion de vouloir les mêmes buts. C’est surtout sur la compréhension des moyens, et donc au bout du compte sur la compréhension des finalités, que nous sommes déjà bien en difficulté. Et ce, d’autant plus que nous n’avons plus le micro !
Problèmes sexuels ? Jeûne un jour dans ta semaine !
Tu veux arrêter la masturbation? Au moment où tu es tenté de mater du porno, pose un acte de service et de charité (par exemple, rends visite à une personne isolée, donne une parole de soutien à un ami Facebook, prie et jeûne, lave ton linge et descends tes poubelles, écris une carte postale, va servir la soupe populaire, fais un gâteau pour un de tes proches, invite tes amis chez toi, exerce une activité concrète et ingrate, pars faire un tour en métro et ballade-toi dans la ville pour regarder le Réel, souris aux gens et prends le temps de les écouter). Tu verras : c’est radical! C’est quand tu t’apprêtais à te replier sur toi et à te vider dans le virtuel que l’effort coûteux d’abaissement et d’ouverture de soi vient pulvériser tes démons et te remplir.
Récemment, un ami (très accro au sexe) m’a dit qu’il avait réussi à se maîtriser par rapport à la masturbation le jour où un prêtre africain lui avait sorti de manière très concise et cash : « Tu as des problèmes dans ta vie sexuelle ? Jeûne un jour dans ta semaine et tu seras débarrassé! » C’est tout con, quand même ^^. Pourquoi on ne nous le dit pas assez ?
Après avoir été boudé
Après avoir été boudé par beaucoup de libraires et de médias cathos en général (parce qu’ils ne l’ont pas compris, je pense), mon deuxième livre L’homophobie en vérité semble prendre peu à peu sa revanche. Je reçois de plus en plus de courriers de lecteurs qui ont lu L’homophobie en vérité sans avoir lu L’homosexualité en vérité (le premier). Encore hier, un ami religieux m’a raconté qu’il avait eu récemment sa maman au téléphone qui, sans savoir que son fils me connaissait, lui avait dit qu’elle était en train de lire « un très bon livre – L’homophobie en vérité –, très clair, où on comprend tout (C’est de Philippe Ariño. Tu connais ?). »
Le Grenelle au grenier
Jean-Pier Delaume Myard au Grenelle de la Famille : « Le lobby gay est déterminé à détruire les institutions du mariage et de la famille«
Pardon mais c’est ce qui s’appelle ne rien comprendre. Jamais le « lobby gay » n’a eu conscience de détruire le mariage et la famille et n’a programmé sciemment de le faire (même si, dans les faits, il se trouve que ça aboutit à une destruction). Dire cela est du procès d’intentions mauvaises erroné. C’est se tromper sur les intentions. Et ça revient à instiller de la haine contre le « lobby LGBT » qui concrètement dans cette histoire est beaucoup plus instrumentalisé et victime que persécuteur et méchant. À nouveau, les responsables LMPT filent un mauvais coton au niveau des messages, s’enlisent sur le terrain de la filiation. Toujours par peur de parler d’homosexualité (ils n’en parlent toujours pas et n’assument toujours pas d’aborder clairement le sujet). Les rares fois où ils donnent la parole aux personnes homosexuelles, c’est pour leur faire cracher un discours homophobe appris « anti-milieu-LGBT »et pro « hétérosexualité ». Et ces personnes homos ne parlent jamais du désir homosexuel ni de la pratique homo (puisqu’évidemment, elles les justifient secrètement).
N.B. : À la suite de ce papier, certains me traînent en procès de traître à l’unité et me traitent de « diviseur ». Mais qui crée la (fausse) division entre public laïc et public catho si ce n’est des gens comme les responsables de LMPT (qui soutiennent que moi je ne serais recevable que des cathos et Jean-Pier plus adapté à un public laïc) ? Les chantres de « l’unité », qui préfèrent laisser croire que la « division » se trouvent du côté de ceux à qui ils ont refourgué la leur, me font doucement sourire, car ce sont eux les diviseurs.
Seuls mes amis homos peuvent vraiment me comprendre
En ce moment, je rencontre quelques filles géniales, cathos, bonnes à marier, et à qui je sens que je plais. Mais le simple fait de m’imaginer en intimité et en couple avec elles me dégoûte, m’effraie, me décourage, m’ennuie profondément. Et je rencontre aussi quelques rares hommes géniaux, cathos, parfaits pour former une union, qui eux ne me dégoûtent pas du tout, mais que je ne veux pas draguer (La « condition homosexuelle » est extrêmement mal faite et handicapante, quand même !)
Je me sens comme une bestiole de petite taille qui, même avec un escabeau (= l’attention d’une femme, l’amitié exceptionnelle d’un ami), ne parviendra pas à contempler le beau paysage au-dessus de la barrière, ne pourra pas cueillir les gros fruits de l’arbre haut perché du mariage femme-homme ou du sacerdoce. Parce que c’est trop élevé. Parce que c’est trop lourd pour ces pattes. Parce que le fil que je tisse et auquel je me hisse ne résistera pas à la force du vent et aux altitudes. Parce que la blessure est là, et qu’en dépit des prières, de la bonne volonté, de l’essai de découverte de ces femmes, c’est au-dessus de mes forces et des forces que le Seigneur me donne pour l’instant.
Il n’y a que l’amitié avec mes frères et sœurs de condition homosexuelle qui soulage ma démangeaison, mon écœurement, ma révolte, ma désespérance, mon cri intérieur, mon ras-le-bol d’être homo, mon isolement, le passage des années. Car eux vivent la même limite que moi, le même drame, au même niveau. Sans eux, je me dirais : Mais à quoi ça sert de vivre ? À quoi sert mon homosexualité ? Pour qui j’existe et suis-je vraiment unique ? Vu que je ne peux pas (encore ?) goûter les fruits de l’amour plein et complémentaire, je n’ai que cette fraternité de misère et de blessure à laquelle me raccrocher. C’est pour ça que je n’aime pas ceux qui veulent raser le « milieu homo » ou la « communauté homosexuelle » ou le « lobby LGBT », avec leurs bulldozers. Ne nous enlevez pas le « milieu homo ». Aidez-le plutôt à devenir une grande communauté d’amitié désintéressée. Mon homosexualité n’a qu’un seul avantage : me rendre proche et responsable de gens que, sans elle, je n’aurais jamais connus. En plus de Jésus, mon seul roc existentiel, vraiment, ce sont mes amis homosexuels. Je comprends tout à fait les personnes homosexuelles qui, même avec un accompagnement spirituel béton, une bande d’amis béton, une famille aimante, parfois même un mariage béton, pètent un câble et demandent à rejoindre expressément leurs jumeaux d’orientation sexuelle pour être enfin compris. Ce besoin n’a rien de communautariste, ni de théâtral ni de pornographique à la base. Il est de l’ordre de la recherche de communion de Croix, de la compréhension mutuelle de soi. Les « petits » restés au sol ont besoin de partager avec ceux qui sont à la même hauteur qu’eux ce qu’ils voient, tout pendant que les grands s’émerveillent là-haut et ne les entendent pas souvent. On peut critiquer ce nivellement par le bas que traduit la recherche du semblable d’orientation homosexuelle, trouver que c’est une pensée qui n’élève pas et qui obéit à la bassesse des pulsions. Mais c’est faire bien peu de cas du micromonde, de la force de l’amitié, et de l’importance de l’homosexualité (qui est bien plus qu’un défouloir, qu’une envie passagère, qu’un caprice ou qu’une peur surmontable). C’est pour cette raison que je suis particulièrement peiné quand une personne homosexuelle prétend me haïr sans même avoir pris le temps de me connaître. Ça m’attriste bien plus qu’avec une personne non-homosexuelle. Car l’enjeu de notre relation est plus grand.
Le petit dej du fils aîné
Petit dej en tête-à-tête avec mon papa ce matin. Il n’a pas arrêté (sans le faire exprès) de parler d’humilité, de tendresse, de pardon, de patience, de douceur, d’Esprit Saint, d’Ancien Testament qui ne s’oppose pas au Nouveau, de compagnons d’Emmaüs, de Charité, etc. Au départ, intérieurement, je grommelle (« Oui, ok. Si tu veux, papa… » ; « Mais ce que tu dis ne s’applique pas qu’à moi ni à mon contexte, et je ne vis pas l’inverse de ce que tu défends. ») ; extérieurement, je souris poliment (« T’es gentil papa. Je sais bien, t’as raison. Je vais penser à m’assouplir… dans un futur proche. ») ; puis après, je suis bien obligé de larguer les amarres et de m’incliner devant la beauté de sa simplicité paternelle (« C’est bon, Esprit Saint, j’ai compris le message ! ») ; et ça finit ensemble en éclats de rire .
(Le combat de ma vie sera bien celui du fils aîné.^^)
Catholiques, ne critiquez jamais !
Héritage (soixante-huitard?) d’une mauvaise compréhension de l’humilité.
Faire des reproches, ce n’est pas manquer de charité. C’est justement en faire preuve. N’en déplaisent aux pleureuses facebookiennes et autres cathos douillets aux oreilles extrafines, qui pensent que l’amour miséricordieux de Dieu se résume à « être gentil », « ne jamais critiquer », et à « ne dire du mal de personne » (les cons !), et qui n’hésitent pourtant pas, à grand renfort d’une indignation excessive et disproportionnée qui invente des intentions et des actes que vous n’avez jamais eues ni posés (vive les mauvaises compréhensions du Carême…), à vous traîner en procès de « méchanceté », de « manquement à la charité chrétienne », de « contre-témoignage », de « jugement de personnes » (qui jugent les personnes sinon eux ?), de « médisance ignoble et diabolique ». Soyez assurés que ces vierges effarouchées et ces culs bénis battront leur coulpe bruyamment devant vous, exhiberont à tout le monde « leur tristesse de la désunion catholique » que vous représenteriez, vous feront bien comprendre qu’ils prient pour vous, pour votre retour à l’humilité, pour votre repentance au sujet des « horreurs » que vous auriez prononcées, qu’ils se chargeront de votre pénitence ! Votre audace à aborder les sujets qui fâchent, à dire tout haut ce qui existe et qui ne va objectivement pas, bizarrement, ils ne la voient pas. Sûrement parce qu’eux-mêmes pratiquent la tiédeur et l’intransigeance que vous n’avez pas… (cf. le dernier Qui suis-je pour juger? de Frigide Barjot)
Je me souviens très bien, en tant que programmateur et organisateur du Festival Hosanna dans la ville ! à Saint Séverin (Paris) en avril 2012, du sentiment que j’avais eu en écoutant en boucle les lectures de l’Évangile selon saint Marc, lu en intégralité par des comédiens et des célébrités du monde chrétien français actuel. Les interprétations et la charge émotionnelle pouvaient varier considérablement d’un lecteur à un autre. Et pourtant. Nous avions beau tourner la Parole christique dans tous les sens, L’attendrir par une tonalité de voix plus douce, tenter de rendre le discours de Jésus plus flexible, plus drôle, plus pondéré. Rien à faire. Au départ, je croyais que c’était le jeu (un peu grandiloquent et austère) d’Enguerrand Guépy qui faisait passer le Christ pour un juge intransigeant, impitoyable, sans humour et sans concession. Mais en fait, même la lecture de Rona Hartner, Marie Lussignol, ou encore Jann Halexander (peu connus pour leur dureté), aboutissait à un rendu identique. En fait, avec Jésus, qui est tout Amour et douceur, paradoxalement ÇA NE RIGOLE PAS !
Dénoncer le mal, taquiner ou tourner en dérision la comédie des riches et des pharisiens, balancer publiquement sur la théâtralité des scribes, renverser les étalages des marchands du Temple, critiquer et pratiquer sans cesse la correction fraternelle, montrer son impatience, condamner les pratiques ou tiédeurs mauvaises (sans jamais condamner les personnes), dire « Arrière satan ! » y compris à ses meilleurs amis, verbaliser et nommer le mal, hurler sur la place publique « Engeance de vipères ! » devant les malversations des libertins, engloutir et faire périr le méchant, se fâcher, être mordant tout en laissant la primauté à la tendresse et à la patience, faire usage d’autorité, est un sport christique quotidien.
Cessons d’être gentils. Soyons aimants comme Jésus. En parlant ouvertement du mal qui Le défigure. Et du Bien qui surpasse ce mal. Pour beaucoup de catholiques, la règle de la non-critique est absolue, inconditionnelle, et ce, envers tout le monde ; seule une certaine correction fraternelle serait possible mais jamais la critique… Moi, je dis que la critique et l’esprit critique (en positif comme en négatif) sont l’exercice de notre pensée, de notre liberté, et parfois (si cette critique distingue bien acte et personne) l’exercice de la Charité. Diaboliser ou rejeter la critique est bien peu charitable, en réalité. Bien peu christique.



