Illusion de notre époque : vivre la sexualité sans la sexualité

Le plus grand mensonge de notre époque concernant l’homosexualité, c’est qu’on essaie de nous persuader que nous pourrions très bien vivre la sexualité sans la sexualité, c’est-à-dire sans la différence des sexes (différence qui EST la sexualité : « secare » en latin veut dire « couper »). Quand nous y pensons, c’est purement absurde. Pourtant, comment nos contemporains ont réussi à avaler passivement cette couleuvre ? En remplaçant la différence des sexes par la génitalité, alors que la véritable sexualité est l’alliance aimante entre la différence des sexes et la génitalité (où la génitalité est au service de la différence des sexes).

Attiré

J’aimerais tellement être attiré corporellement par ce que j’aime, et non pas attiré par ce que je ne peux pas aimer ! Ma vie amoureuse serait tellement plus simple !

Anecdotes et réflexions qui ont leur importance

Deux anecdotes par rapport à mon futur album :

1) Mon arrangeur, Jean-Charles Wintrebert, me faisait la remarque judicieuse qu’ « il n’y a pas de mauvaise mélodie. Il n’y a que des mauvais arrangements (musicaux). » Je le rejoins complètement. Et c’est rigolo. Je tiens exactement le même discours, mais à propos des sujets de conversation. Pour moi, il n’y a pas de mauvais sujet de conversation, de mauvais thème. On peut vraiment parler de tout et n’importe quoi : le cours de la betterave en Papouasie orientale, les poils sur le nez, la mort, etc. Rien n’est futile ou inintéressant ou triste en soi. Tous les sujets sont bons si le traitement est bon, si l’amitié, la curiosité et l’écoute sont là.

2) La veille de sa mort (le 8 mars 2014), ma maman m’a attendu pour mourir. Et avant de perdre conscience, on a échangé tous les deux seuls. Et j’ai reçu le cadeau de son émerveillement pour mon disque. Au moment où je lui ai dit : « Mon album avance bien et il est quasiment terminé.« , elle m’a fait un grand « Ah oui? » de surprise joyeuse. Même à un jour de sa mort, elle a béni cet album. Je sais donc qu’il est entre de bonnes mains !

Attaques homophobes hétérosexuelles « gay friendly »

Méfiez-vous des bonnes intentions gay friendly de ces gens qui se présentent comme « hétéros » et parfois même cathos. Ils se servent de l’homosexualité et de Dieu pour justifier leurs propres viols, adultères, incestes, infanticides (avortements), fantasmes de se prendre pour Dieu, et leur déception de la différence des sexes. J’ai encore eu l’exemple ce matin. Un type de 65 ans (« catho » pratiquant, père de famille, ayant défilé lors des Manif Pour Tous : tout le package), mécontent que je lui ai formulé explicitement mon désaccord qu’il sorte avec une fille de 20 ans (même si lui a enrobé son déni de la différence des générations par la foi, en disant que cet « amour » était « chaste » et « voulu par Dieu » quand même), a soudainement souhaité ma chute par des intentions gay friendly pétries de prière et d’appel à « l’amour libre » : « Et puis tu n’y connais rien des homos et tu ne les connais pas. Moi à dix ans j’ai aimé un ami mais l’idée d’un tripatouillage ne m’ait même pas venu à l’esprit. Prépare-toi car, si ce n’est déjà fait, le Père Éternel va t’envoyer l’amour d’un homme……Je confirme, ça vient du Père. Et cet ami va te dire : « Arino, arrête d’être le grand intellectuel pour te justifier ». » L’enfer est pavé de bonnes intentions. J’ai beau le savoir, je le découvre sans cesse. Et surtout, la justification sociale de l’homosexualité cache plein de dérives hétérosexuelles très violentes. Méfiez-vous de ces « hétéros » qui veulent absolument notre bien, à nous personnes homosexuelles. Leur démarche n’est pas du tout gratuite, malgré les apparences. Elle est intéressée. Notre coming out, notre « couple », notre mariage, notre soi-disant « famille » (homoparentale), leur servent de paravent. Et ce sont les premiers à nous taper sur les doigts si nous n’obtempérons pas à leurs bonnes intentions et à leur concept d’ « ouverture » ou de « tolérance ». Ils désirent notre malheur pour se donner un rôle de « justiciers contre l’homophobie » dont nous pâtirions, homophobie qu’en réalité ils nous infligent en nous encourageant à la pratique homo et en niant nos problèmes. Ils nous imposent leur vision du bonheur, sans comprendre que c’est la pratique homosexuelle qui nous insatisfait et nous rend malheureux. Ils feignent de se saigner et de sacrifier leur mariage traditionnel pour projeter sur nous leur désir de paternité qu’ils ont abandonnée ou déshonorée. Quand ils me regardent avec des yeux mielleux en me demandant : « Mais tu ne voudrais pas être père? Je suis sûr que tu pourrais donner de l’amour à un enfant… » pour justifier la loi Taubira, je leur réponds : « Je ne veux pas d’enfant si je le privais de l’amour que j’aurais pour sa mère biologique. » Ils ne comprennent pas, en général, étant donné qu’ils ne croient plus en l’amour femme-homme, ni en l’importance pour un enfant de la présence de l’amour entre ses deux parents biologiques.

Soyez des révolutionnaires. Jamais des rebelles.

rebelle

Série Le Rebelle

Soyez des révolutionnaires. Jamais des rebelles. Le rebelle vit dans et pour le paraître, contrairement au révolutionnaire qui est dans l’action et le verbe véritables. Le rebelle – ou celui qui se laisse étiqueter ainsi – n’est qu’un conformiste qui s’ignore, un suiveur qui, à la face du monde, casse et salit de temps en temps son image pour y demeurer excessivement/secrètement attaché et faire croire aux autres qu’il en est détaché. « Petit péteux » surjoue l’humilité, l’autoparodie et la destruction iconoclaste. Faux-semblant total ! « Ruse sublime du narcissisme : faire semblant de faire semblant d’être narcissique ! » écrivait à très juste raison Pierre Jourde dans La Littérature sans estomac (2002, p. 122)

James Franco

James Franco

Alors j’ai un service à vous demander : le jour (et c’est déjà arrivé : je me suis insurgé) où l’on me traitera (ou bien je me laisserais, par faiblesse, traiter) de « provocateur » et de « rebelle », pitié, râlez fort à ma place, ou bien achevez-moi !^^ Décollez s’il vous plaît cette terrible flatterie bobo gluante de mon visage (j’avais déjà écrit il y a 10 ans dans mon essai Homosexualité sociale la distinction capitale qu’il faut faire entre révolution et rébellion ; je l’ai rappelée sur mon code « Faux Révolutionnaires » de mon Dictionnaire des Codes homos). Elle se veut drôle et branchée. Elle m’horripile. Je suis pour la conversion (l’autre nom de la révolution), pas pour l’inversion (l’autre nom de la rébellion) !

Marlon Brando

Marlon Brando

Je rends grâce à Dieu tous les jours d’être regardé

Regard

Ma petite règle de vie, c’est que j’essaie de faire en sorte que rien de ce que je fais dans mon intimité ne me fasse rougir si ça devenait un jour public. Ça demande une attention de tous les instants. Mais cet effort d’imagination me fait connaître tout de suite mes péchés, éclaire instantanément ce qui est honteux ou injuste dans mes agissements et dans mes paroles. C’est radical ! Rappelez-vous la fois où, par erreur, vous avez envoyé le mail de médisances précisément à la personne que vous critiquiez… Repensez à la honte d’être pris en flagrant délit de masturbation, d’infidélité ou de visionnage de porno… et vous comprendrez très vite de quoi je parle !

En revanche, si j’applique vraiment cette règle dans mon quotidien, je vis une véritable libération. Non seulement je ne fuis plus le regard des autres mais je le recherche, je l’appelle au secours et il accourt immédiatement. Et combien plus le regard de Dieu ! Ce n’est pas un hasard si, de nos jours, le « regard des autres » est autant méprisé par nos contemporains. Il est très décrié, tout simplement parce que l’être humain ne veut plus assumer ses actes mauvais et rendre compte du mal qu’il se fait à lui-même, il ne veut pas reconnaître que son propre regard s’est sali, est devenu voyeuriste. Je vois pourtant dans ces regards humains un appel à la perfection, un miroir salutaire et un réel appui. Sans le regard des autres, je vis pour moi. Et c’est bien triste. J’aime Facebook et Twitter pour les mines de regards qu’ils sont : ces réseaux m’encouragent à avoir une vie impeccable. La disparition terrestre de ma mère aussi m’aide incroyablement à devenir irréprochable. Loin de créer une angoisse ou une surveillance stériles, elle me stimule encore plus à la sainteté. Je rends grâce à Dieu tous les jours d’être regardé par les autres. En bien, en mal, peu importe. D’être regardé, tout simplement. Il n’y a que ceux qui regardent/agissent mal qui voient du narcissisme et du Big Brother partout.