Archives de catégorie : Je l’ai dit

Belgique du Christ

Beauraing 1 (mars 2016)
 

De retour de Belgique, près de Beauraing. Ce mini-camp de jeunes de 10 à 20 ans organisé par les Chercheurs de Dieu, c’était GÉNIAL !
 
Beauraing 2 (mars 2016)
 

Moi qui n’avais jamais parlé d’homosexualité devant un public aussi jeune, non seulement je n’ai choqué personne (j’ai eu un paquet de confirmations), mais j’ai été super bien reçu. Les Belges sont simples et gentils. Ils se prennent moins la tête que bien des Français, font moins d’histoires, et sont très accueillants. Certains ont halluciné d’apprendre que je n’étais pas invité en France pour parler d’homosexualité auprès des ados. En plus j’ai vu une jeunesse catholique belge audacieuse, des gamins attachants, simples, vifs, mâtures, qui osent témoigner de leur foi même devant un grand groupe (alors que certains n’ont que 11 ans !), oser s’engager solennellement en prêtant serment, etc.
 

Tous les gens présents (une cinquantaine) sont rentrés intégralement dans le séjour. Même les plus rétifs. Même les « p’tits mecs » qui d’habitude se forcent à venir et s’ennuient aux mini-camps. Que de joie ! Que de rigolades ! Que d’amitié ! Que de larmes d’émotions ! Que d’intériorité et de douceur ! Que de redécouvertes de la masculinité et de la féminité !
 

On m’a dit : « Enfin un mini-camp avec un thème intéressant, et avec un super témoin ! »
 
Beauraing 3 (mars 2016)
 

Les rares cas de gêne au départ sont venus de trois jeunes qui avaient en réalité une histoire de souffrance intime avec l’homosexualité ; mais quand la gêne s’est dissipée (certains rototos ont mis 24 heures à sortir) parce qu’il a fallu que la lumière se fasse en tête à tête, c’était encore plus beau et émouvant. Par exemple une jeune en questionnement par rapport à sa bisexualité m’a livré sa peur des hommes. Par exemple une autre jeune dont le père est homo, m’a montré combien elle avait porté toute sa famille à bout de bras. Autre exemple : une fille qui était sortie avec un garçon homo qui avait fini par lui faire porter la responsabilité de son homosexualité au moment de la quitter (après 6 mois de relation), s’affichait artificiellement « gay friendly » pour masquer sa profonde blessure. Que c’est beau, le don de ses peurs, de ses souffrances, de ses blessures profondes ! Et tellement inattendu !
 

Je reviens de Belgique avec un grand Amour pour Jésus et Marie ! Et un plus grand Amour pour les prêtres (car il y en avait des sensationnels ! Le père Dany-Pierre et le père Philippe notamment ; cf. saint Antoine de Padoue)

 

En réalité, nous, Français, avons tort de fixer les critères du « succès » ou de l’ « échec » ecclésial d’un pays, sur le nombre, l’organisation, l’intellect, le confort, la technique, la forme, etc. Beaucoup de Belges ont la fougue des premiers chrétiens, la pureté des résistants, la gentillesse que beaucoup de catholiques français n’ont pas. Pour moi, il n’y a pas de « marasme de l’Église de Belgique ». Ceux qui aiment et qui accueillent spontanément et simplement les personnes homosexuelles, ont une longueur d’avance sur les catholiques français qui pleurent sur la Belgique sans la connaître (alors qu’ils feraient mieux de pleurer sur leur propre sécheresse de cœur). Certains jeunes cathos belges ont 5 ans d’avance sur les jeunes catholiques pourris-gâtés-blasés de France.

La beauté de la Croix, ce n’est pas que Jésus ait décidé de « souffrir pour nous »

Le scandale et la beauté glorieuse de la Croix du Christ, ce n’est pas que ce dernier « ait souffert et donné sa vie pour nous par amour ». C’est que la Croix ne ressemble absolument pas à de l’Amour, en fait. Elle ressemble même à un acte méchant et lâche, à un crime, à une menace dangereuse, à une trahison monumentale, à un aveu apparent que Jésus était un gourou, un imposteur, un menteur diabolique, un criminel, un manipulateur, un fou, un loser. C’est que Jésus se soit identifié au péché et aux pécheurs. C’est que Dieu son Père, par la Croix, ait transformé son Fils en péché aux yeux du monde. « Dieu l’a fait péché pour nous. » (2 Co 5, 21) La Croix n’a donc rien à voir avec l’évidence d’Amour que beaucoup de chrétiens d’aujourd’hui voient en elle avec des étoiles jansénistes dans les yeux, surtout un jour de Pâques ou pendant une Année de la Miséricorde.

Oraison du matin

Conseil de Dom Jean-Baptiste Chautard dans L’Ame de tout apostolat (1907):
 

« Mettre à la base de la vie intérieure, comme un élément indispensable, l’oraison du matin. ‘Celui, dit sainte Thérèse de Lisieux, qui est déjà bien déterminé à faire coûte que coûte la demi-heure d’oraison du matin, a déjà fait la moitié du chemin ‘. Et sans oraison, presque forcément journée de tiédeur. » (p. 228)

La Bonne Nouvelle, c’est l’amour des musulmans. Ce n’est pas la vérité sur l’Islam

Post Facebook lu sur le mur d'un ami catho le 25 mars 2016

Post Facebook lu sur le mur d’un ami catho le 25 mars 2016


 

Attention, les gars « catholiques ». En ce moment, avec les attentats belges, certains d’entre nous dérapent avec les musulmans (sous le prétexte légitime de dévoiler la vérité sur l’Islam, ou de refuser de faire la distinction souvent hypocrite entre l’Islam modéré et l’Islam tout court, entre les musulmans sincères et les terroristes islamistes).
 

Ne nous trompons pas d’entrée : la Bonne Nouvelle que nous devons annoncer, ce n’est pas la vérité sur l’Islam. Ce n’est pas non plus un appel fiévreux à la conversion adressé à l’ensemble des musulmans. Ça, c’est la moitié du chemin. La Bonne Nouvelle que Jésus nous demande d’annoncer, c’est l’Amour de Dieu pour tout musulman, et le rappel tendre qu’ils sont nos frères dans la Foi en Jésus.
 

On peut très bien professer la divinité filiale du Christ tout en n’aimant pas Jésus. Et un musulman peut très bien déjà aimer Jésus – plus que nous catholiques !- avant même de professer sa foi en Lui. Soyons donc très prudents, et ne plaçons pas la Vérité au-dessus de la Charité. Car là, c’est nous qui deviendrons, sans nous en rendre compte, apostats.

Merci Évelyne (de Allô Évelyne sur MFM Radio)

evelyne
 

La gentillesse d’Évelyne Adam. Ça m’a frappé et me servira de leçon pour la suite. Maintenant que j’ai un nouveau téléphone portable, j’écoute la radio en marchant dans la rue, à Paris. Et un soir, il y a 10 jours, je suis tombé par hasard, en zappant, sur l’émission Allô Évelyne sur MFM. C’est un programme de nuit, avec écoute d’appels téléphoniques venus de gens ordinaires. Et Évelyne a dû répondre à un adolescent visiblement de classe très moyenne, qui ne comprenait pas ses questions, et qui répondait à côté de la plaque ou difficilement. Même pour se présenter sommairement, il lui en coûtait. On eût dit au départ un canular tellement l’appel ne semblait motivé par rien. Pas même une anecdote croustillante à raconter. Normalement, les appels entrants sont lancés par des grands bavards. Là, pas du tout. Ça ressemblait à un accident ou à une erreur de numéro. Il s’agissait d’un Normand ou d’un Breton. Il disait qu’il ne voulait pas faire le même travail dur de son père, ouvrier, mais qu’il avait le rêve d’être astronaute. Évelyne, au lieu de se moquer de ce jeune collégien, comme l’aurait fait n’importe quel animateur radio narquois, un peu pressé ou tout content de trouver une occasion en or d’afficher sa supériorité intellectuelle sur un pigeon de bas vol dans une dérision facile, l’a non seulement aidé à accoucher d’une pensée et de mots difficiles à venir, mais lui a donné rendez-vous dans 20 ans, pour que, quand elle regardera la lune, Rudy (peut-être que c’était son nom) lui fasse un coucou tout là-haut dans les étoiles. Évelyne a pris son auditeur tel qu’il était, a respecté ses rêves et ses projets, a cru en lui, a été d’une douceur admirable. Comme une bonne fée. Un vrai moment de grâce radiophonique. J’en prendrai de la graine, en essayant de ne jamais me moquer du plus faible. Merci Évelyne.

La bobo catho

Citation
 

Habituellement, la bobo (bourgeoise-bohème) catho sourit crispée. À cause de son hystérie dépressive chronique, elle alterne des moments de mélancolie boudeuse et bougonne avec des moments de joie forcée (cf. la fameuse « positive attitude » déprimée du boboïsme, code 9 « Optimisme et Espoir » dans mon livre Les Bobos en Vérité). Par exemple, elle a tendance à trouver, sans pour autant se détacher de Facebook, que les réseaux sociaux sont toxiques et « saoulants ». Elle aura tendance à endosser le masque de la DONNEUSE DE LEÇONS DE BONNE HUMEUR, qui décerne des prix d’humilité, de beauté, à ses quelques amis, et des prix de manque de Charité à qui elle juge bon (en général, à tout le monde sauf elle). Elle jouera la pleureuse ou la râleuse devant les événements et les réactions soi-disant violentes qu’elle observe alentour (je dis soi-disant, car souvent, son impression de violence vient du fait qu’elle ne sait pas débattre et fuit tout conflit), puis tout de suite après feindra la distance face à tout échange internet un peu houleux (le problème, c’est bien que cette censeuse professionnelle adoptera la même attitude de petit flic devant ceux qui se battent pour la Vérité et qui ont le courage qu’elle n’a pas, que devant les blablateurs objectivement violents…), tout en instaurant des petits rituels « positifs » ridicules censés apporter un peu de gaieté et d’« Espérance » dans le ciel noir que serait Internet. Quelques grammes de prière ostentatoire dans ce monde de brutes…
 
sourire
 

Les rituels souriants de gamine attardée que met en place la bobo catho, c’est par exemple sa rubrique « Rayon de soleil de la journée », « La Minute émerveillement », « Ma citation biblique ou New Age » (citation béate de la « confiance en soi » qui n’a en général rien à voir avec le contexte et les urgences de Vérité du moment), « Je mets une photo de profil d’un dessin animé pour égayer Facebook », « la Minute blague catho mignonne », « l’Anecdote exotique », « La jolie phrase de Jean-Paul II ou de Sainte Thérèse de Lisieux », etc. Elle ne se rend même pas compte que son optimisme forcé est en réalité un jugement de personne voilé, un relativisme qui ne résout rien, une zen attitude insipide, une exaspération et un mal-être mal déguisés, une mauvaise gestion de ses émotions, voire une collaboration molle et conformiste avec l’air du temps.
 
Enseigne
 
Mère Teresa
 
beaux proverbes

Les « couples » homos progressivement assimilés à l’assistance paroissiale : je me tais ou j’en dis quelque chose ?

Mains
 

Je remarque dans certaines paroisses catholiques parisiennes que je fréquente (et dont certaines sont excellentes) la présence – discrète mais suffisamment visible pour ne pas passer inaperçue – d’un ou deux « couples » d’hommes homosexuels, inséparables tout en se tenant savamment à distance. La mise en scène est très étudiée. Ils ne font pas étalage de leur statut de concubins. Cependant, ils ne s’en cachent pas non plus. L’œil un minimum averti les repère très bien dans l’assistance. Ils sont d’une discrétion et d’une « exemplarité » millimétriques : ils ne se tiennent même pas la main ; ils ne s’attardent pas en messes basses soufflées à l’oreille pendant l’office ni en regards appuyés et mielleux pendant le baiser de paix ; ils sont encore moins chaleureux entre eux que ne le seraient deux frères de sang. On comprend bien qu’ils ont compris que « malheur par qui le scandale arrive » et « malheur à celui qui choquerait un de ces petits qui sont les Enfants de Dieu ». En général, l’un des deux partenaires du duo, plus extraverti que l’autre, assure les relations publiques avec le reste des fidèles : il fait même quelquefois partie de l’EAP (Équipe d’Animation Paroissiale), sert d’enfant de chœur, lit les lectures, est sacristain ou organiste, fait la conversation ou des blagues aux petits vieux de la paroisse (qui l’« adorent »), jouit d’un capital sympathie et d’une place confortable dans la vie de la communauté.
 

Le plus étonnant, c’est de constater la complaisance des paroissiens à leur égard (parmi ceux qui comprennent… car beaucoup n’y voient que du feu : plus c’est gros, plus des fois ça passe). Elle ne me gênerait absolument pas si elle traduisait une amitié véritable et individuelle, si elle était le reflet d’un attachement à la Vérité et d’un courageux élan de Charité. Or, ce n’est pas le cas : en réalité, il y a beaucoup de mondanité, de non-dit, de peurs, d’hypocrisie et d’indifférence, derrière cet accueil gay friendly et cette intégration.
 

Les prêtres de la paroisse ont leur part de responsabilité dans l’intromission bien attentionnée de l’homosexualité actée dans l’Église. Pris entre deux feux, ils veulent accueillir tout le monde et considèrent que Jésus invite tout spécialement les pécheurs à sa table… donc ils croient bien faire en fermant les yeux. Mais ils oublient que Jésus condamne fermement le péché et qu’Il corrige les pécheurs. Il suffit de une ou deux unions homosexuelles dans une communauté ecclésiale, qui plus est investies et tenant des postes-clé dans les équipes paroissiales, pour que l’esprit de Vérité et de cohésion avec l’Église s’effrite, pour que 80% des paroissiens défendent l’Union Civile comme une nécessité et « l’amour homo » comme une « couple béni discrètement par Dieu ».
 

J’ai entendu pas mal de prêtres catholiques m’avouer que, sous la pression affective des « couples » homosexuels fréquentant leur assemblée et qu’ils n’osaient pas dénoncés, ils se sont retrouvés à taire leur opposition au « mariage gay », voire même à défendre ce « mariage ». Pour éviter, à leurs yeux, « la guerre civile » parmi leurs paroissiens, ils ont préféré ne pas me faire venir témoigner, alors même qu’ils étaient d’accord avec mes idées. Il était plus facile pour eux de me faire passer pour un cas isolé extrémiste que de prendre le risque de se mettre à dos les trois-quarts de leurs ouailles. « Tu sais, quand tu te retrouves, le jour de la rentrée paroissiale, devant cinq couples homos bien intégrés et engagés dans ta nouvelle communauté, tu changes de stratégie, tu rabats ton caquet, et tu caches ta présence aux Manif Pour Tous… ». Je comprends ces curés-là, mais je ne les justifie pas et ça me fait de la peine pour eux. Où se trouve leur courage de surmonter la mondanité et de défendre le discours de Jésus sur l’adultère, le concubinage et même l’homosexualité ? Où se trouve leur courage de défendre leur Église et Sa Vérité ?
 

Ce midi, je me suis retrouvé précisément dans une église parisienne où le parfait petit couple homo de la communauté siégeait au premier rang, toujours à la même place. Ces deux dandys bénéficient manifestement d’un passe-droit, d’un statut tacite de privilégiés dont la condition de vie est tolérée. Et ce privilège part toujours d’excellentes intentions : « Ce sont des exceptions. C’est la diversité du Peuple de Dieu. » ; « Du moment qu’ils ne s’affichent pas comme modèles… » ; « Ils sont très serviables et font du bien à la paroisse. » ; « La vie privée et sexuelle de mes paroissiens ne me regarde pas ! Je dois rester à ma place. » ; « C’est important de ne pas arrêter les gens à leur sexualité, à ce qu’ils font au lit. Seul Dieu sonde les cœurs. » ; « Ils ont accès à l’Amour de Dieu. De quel droit je les condamnerais et leur interdirais l’accès à l’église, aux messes, aux services liturgiques, à la présence de Jésus ? N’y a-t-il pas dans l’assemblée des personnes bien plus pécheresses qu’eux ? » ; « Qui suis-je pour juger ? » ; « Soyons discrets : l’amour de Dieu pour les Hommes est inconditionnel. » ; etc. C’est la sempiternelle confusion entre le jugement des personnes (indéfendable) et le jugement des actes (nécessaire et indispensable pour que la véritable Charité s’exerce), ou bien entre l’amour inconditionnel de Dieu pour les personnes et les conditions d’amour non-négociables que Dieu pose sur les actes humains.
 

Je disais donc que pendant la messe, je me trouvais juste derrière ce duo quarantenaire tiré à 4 épingles. Je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir de la tristesse à leur distant contact. Ce n’était pas de la jalousie chez moi, ni de la nostalgie enfouie, ni de la projection homophobe (même si, évidemment, c’est la première hypothèse, la plus criante, qui se présentera à nos esprits). Vraiment, c’était une tristesse saine et sainte. Tristesse pour l’Église catholique toute entière, tristesse pour ces deux hommes, tristesse pour les personnes homosexuelles, tristesse pour leur communauté paroissiale, tristesse pour ce non-dit et ce mensonge qui entourent ces deux hommes et l’homosexualité en général. Ce sont mes frères, et individuellement, je prie pour eux, sans bénir leur acte et leur « couple ». Mais je me suis fait la réflexion que de leur binôme se dégageait une plus grande tristesse, austérité, comédie, stérilité sociale et spirituelle, que la solitude d’une personne homosexuelle célibataire et catholique pratiquante. C’est mystérieux, cette distinction de rayonnements que je vois et que je n’invente pas. Mais elle est là et je ne peux pas faire comme si de rien n’était. L’union homosexuelle, même spiritualisée, même non-tactile, même intégrée culturellement, même bénéficiant d’une aura communautaire et solidaire, même serviable, même tacitement tamponnée et bénie par le curé de la paroisse, comporte son indélébile violence, tristesse, vacuité. Elle dit quelque chose de la corruption morale d’une paroisse.

Le sommeil c’est la tristesse

sommeil
 

À cette messe des Rameaux, j’ai réalisé, en écoutant l’Évangile de la Passion du Christ selon saint Luc (22, 14-23, 56), que les sentinelles de Jésus n’étaient pas celles qui carburaient à l’action, à l’intensité, à la menace, à la rigidité et à la violence, mais bien les veilleurs qui demeuraient dans la Paix et dans la Joie. Jamais je n’avais compris que le sommeil des disciples de Jésus au Jardin des Oliviers était leur tristesse : « Puis Jésus se releva de sa prière et rejoignit ses disciples qu’il trouva endormis, accablés de tristesse. » Tristesse venue de la forte déception de ne pas trouver en leur Maître la force politique éblouissante qu’ils rêvaient.
 

Alors même si aujourd’hui, à cause de la lecture du jour, j’ai de la peine au coeur, je suis motivé pour veiller et pour rester joyeux. Et je demande à mon ange gardien de me réconforter, car il est là pour ça. Même Jésus, il se faisait consoler par ses anges : Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait. Entré en agonie, Jésus priait avec plus d’insistance, et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre. »

La profession de foi en Jésus Fils de Dieu ne suffit pas

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Contrairement à ce que j’avais écrit il y a peu de temps de manière trop rapide, la profession de foi en Jésus Fils de Dieu ne suffit pas pour obtenir le Salut de Lui. Je suis allé ce midi à la messe de Saint-Roch, où à nouveau le père Philippe Desgens m’a aidé dans son homélie à comprendre la phrase tant reprise littéralement (et coupée de son contexte) par les protestants pour justifier à leurs yeux le Salut par la seule foi personnelle en la filiation divine de Jésus (et invalider le Salut par les actes): « Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton coeur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. » (Rom 10, 9)
 

Or il ne suffit pas de connaître la bonne solution et de se reposer sur ce que l’on sait encyclopédiquement/formellement/cognitivement/intellectuellement de Jésus. Notre profession de foi à Son encontre, fût-elle juste, ne doit pas se limiter à des mots et à un joli discours appris. Car les démons, eux aussi, ont une forme de foi en Jésus, et savent Qui ils rejettent. Ils sont aussi capables de déclarer que Jésus est le Fils de Dieu. Mais ils sont incapables de Lui donner leur vie, de Le connaître DE COEUR et d’agir comme Il le leur demande. Connaître Jésus, c’est L’aimer et Lui obéir. « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime. » (Jn 14, 21)
 

Le jour de notre mort, face à Jésus, il ne suffira pas d’affirmer : Je sais qui tu es ! Tu es le Fils de Dieu ! « Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. » (Mat 7, 22-27) Nous serons bel et bien jugés sur nos actes d’amour, sur l’Amour, sur une connaissance non pas intellectuelle mais bien de coeur de la divinité du Christ.
 

Le Père Desgens m’a aussi fait réaliser autre chose : même Jésus, par rapport à lui-même, n’a jamais dit explicitement qu’il était le Christ ou le Fils de Dieu. À de rares occasions, Il a parlé de son Père, c’est vrai. Mais Il n’a jamais dit « Je suis le Fils de Dieu », « Je suis le Messie », « Je suis le Christ » : « Celui qui m’a vu a vu le Père ; Philippe, comment dis-tu : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les oeuvres. » Jésus est resté humble et silencieux concernant son identité de Fils de Dieu : « Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. » (2 Philippiens 2, 6-11) Nous devons donc faire de même, et ne pas répéter comme des perroquets Sa filiation divine, comme si c’était une formule magique. Tant que notre coeur ne connaît pas le Christ (à travers nos frères humains) comme notre tête Le connaît, nous ne Le connaissons pas.
 

Enfin, j’étais très heureux de réaliser, grâce à la Parole d’Évangile du jour, que saint Jean-Baptiste, qui est le plus grand dans le Royaume des Cieux, n’avait, de son vivant, accompli aucun signe et aucun miracle extraordinaires. C’est rassurant par rapport à nos complexes concernant la sainteté. Tous les saints n’ont pas des visions mystiques de folie, des apparitions extraordinaires, n’ont pas opéré des faits spectaculaires. La sainteté est d’abord une rencontre très simple avec le Christ, et concerne des personnes qui n’ont rien du magicien ou du super-héros.

Documentaires « 1974, Une Partie de campagne » de Depardon et « Le Choeur » de Stéphane Batut

 

J’ai eu la chance de voir gratuitement quelques films documentaires proposés par Sciences-Po Paris dans le cadre de leur premier festival sur le film politique, programmé au cinéma L’Arlequin à Paris : tout d’abord le film « 1974, Une Partie de campagne » de Raymond Depardon, retraçant la campagne présidentielle de Valéry Giscard-D’Estaing juste avant son élection à la présidence (avec débat le jeudi 17 mars 2016 en présence du réalisateur) ; puis le vendredi, « Le Choeur » de Stéphane Batut, filmant dans un bar parisien les commentaires pendant la campagne présidentielle de 2007 opposant Sarkozy à Royal.
 

Ce genre de films (qui n’auront pas la chance de passer à la télé ni d’être payant) sont des bijoux pour se pencher sur notre histoire. Ils nous aident vraiment à mieux comprendre notre présent, à saisir les mutations dans la capacité de nos contemporains à débattre entre eux.
 

Ce qui m’a interpellé dans « 1974, Une Partie de campagne », c’est qu’à l’époque, les slogans électoraux étaient nominatifs, ils respectaient encore la personnalité du candidat présidentiels. On votait davantage pour la personne et on respectait la personne qui se présentait plus qu’on ne votait pour un parti, une idéologie, ou par opposition. Par exemple, le slogan qui a fait élire Giscard, c’est « Giscard, à la barre !« . Jamais, depuis, on a eu des militants qui ont scandé officiellement le nom de leur favori : ça n’a toujours été que des formules publicitaires, pour des votes par défaut, sans visage derrière : « Ensemble tout devient possible« , « La France Présidente« , « Le Changement, c’est maintenant!« … Le désir était certainement pavé de bonnes intentions : éviter le totalitarisme du personnalisme. Mais le résultat est la dépersonnalisation du chef et la victoire des idéologies publicitaires sur le Réel et le Vrai.
 

J’ai eu le coup de coeur pour le documentaire de Stéphane Batut, qui suit les tergiversations et la perplexité des clients d’un bar parisien de tendance gauche pendant la campagne présidentielle de 2007. J’ai beaucoup ri, parce qu’au-delà de son parti pris, c’est un film tendre, fraternel, qui fait du bien, où les gens – même d’avis différents – se respectent et sont d’une grande spontanéité. Ça rigole, ça réfléchit beaucoup, ça taquine, ça doute, ça change d’avis. Contrairement à ce que les sondages ou les journaux ou internet nous montrent des « gens de la rue » qui ne sauraient pas prendre du recul et qui auraient des discussions de comptoir factices (alors qu’en réalité, ces médias cherchent souvent à dresser les gens les uns contre les autres), le Peuple sait rire et être drôle, sait échanger, sait penser, sait se parler, sait accepter la différence, même si bien sûr il y a des effets de groupe qui privent de liberté, des petites frictions, des silences qui en disent long sur la déprime et la désaffection pour la politique, des avis qui n’ont pas tous pu s’exprimer (notamment les abstentionnistes, les pro-Sarko, voire les votants FN, qu’on entend peu). Même si 2007 me semble hier, je crois que, tourné aujourd’hui, compte tenu des nouvelles angoisses et des crispations accrues des Français pour la campagne 2017 qui arrive, le film n’aurait pas du tout la même sérénité ni la même fraternité, pas du tout le même esprit. Internet y est pour beaucoup, je crois, dans cette incapacité croissante à débattre et à accepter l’avis différent. L’interface des réseaux sociaux a agi depuis 10 ans comme un masque qui déforme bien souvent notre vision des autres, comme un écran qui met l’entourage dans des cases ou des familles de pensée manichéennes (la « gauche » contre « les extrêmes », les « gentils progressistes » et les « méchants réacs », les « cathos » et les « athées », les « bobos gauchistes » ou les « sales modernistes » et les « bons tradis », etc.). En tous cas, que ça fait du bien et que ça fait aimer les Français, un documentaire pareil ! Je trouve vraiment les gens drôles et gentils. C’est plus fort qu’eux. L’avis que je porte sur leurs pensées ou la qualité de leur débat passe au second plan.