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Charité n’irait pas avec division ?

 

Je reçois à l’instant un mail d’un homme d’Écologie Humaine qui me demande de ne pas faire de vagues par rapport à son mouvement. Il le fait d’ailleurs de manière très courtoise, en respectant bien les règles de la « communication non-violente » (genre « je finis par une question, pour donner l’impression à mon interlocuteur que je lui laisse sa liberté »). Voici un extrait :

 

Je lis tes posts et articles que j’apprécie beaucoup. Je crois (accueille-le si tu le veux bien) que nous devons rester unis malgré nos différences de perception parfois de la réalité ou malgré nos différentes sensibilités. Tu as raison de dire ce que tu penses sur tel ou tel mouvement (LMPT, Veilleurs, CEH,…) mais STP n’oublie pas que la division ne fait le jeu que d’un seul, Satan. Plus nous sommes divisés entre nous, plus cela va être difficile de sensibiliser, de motiver, de convaincre des personnes qui sont à des milliers de km de nos idées. Qu’en penses-tu ? »

 

De même que de plus en plus la chasteté est réduite à la sincérité, je crois que certains cathos actuels n’ont pas compris ce qu’est la véritable Charité ni qui est vraiment Jésus. Dès qu’ils identifient quelque chose comme de la « division » ou de la brutalité, ils l’attribuent au « mal », au « diable », au « diviseur ». Tout ça parce qu’ils n’ont pas compris que la Charité devient force grâce à la Vérité. Ou bien ils n’ont pas réalisé que l’« unité » qu’ils prônent n’est belle que si elle sert la Vérité et le Christ (sinon, cette unité n’est qu’un cache-misère pour masquer une division que précisément ils alimentent à leur insu par leur tiédeur relativiste et leur peur d’annoncer Jésus). Certes, la Charité est souvent douceur, miséricorde, accueil… mais Elle est parfois aussi séparation, rupture, jugement, exigence, rejet, Croix, force. Elle est un grand « OUI »… et des petits « non » dans les cas où vraiment la Vérité est bafouée. Même Jésus se présente parfois comme l’auteur d’une division :

 

« Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère ; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. » dit Jésus (Matthieu 10, 34-36)

 

C’est se tromper sur la véritable identité de la Charité que de croire qu’Elle n’est pas non plus conflit, critique d’actes ou de pensées erronés, qu’Elle effraierait moins en se cachant. C’est se tromper sur la Charité que d’imaginer qu’Elle se réduit à la « bienveillance », au « respect », au « être gentil », au fait de « ne pas blesser ». La Charité peut blesser et diviser, non pas de son fait, mais parce que sa lumière révèle l’existence d’une blessure, d’une rupture et d’un mensonge qui se sont séparés d’Elle, dont Elle n’est pas responsable mais dont Elle fait forcément le constat. Alors ça suffit de la Charité-bondieuserie laïcarde qui n’ose pas dire son nom/non, qui n’est qu’une apostasie, qu’une honte que l’étiquette catho fasse fuir, ou qu’un bon sentiment dilué !

En parler, c’est déjà arrêter

pornographie addiction
 

Parlons. Et nous le verrons de nos propres yeux : tout s’arrêtera vraiment, dans la consolation, le soulagement, l’humour et la libération durable.
 

Si la pratique de la masturbation (et de tout ce qui va avec : libertinage, « plans cul », luxure, visionnage de porno, drague malsaine, etc.), empêche de parler (ça se vérifie universellement : elle nous coupe À TOUS SANS EXCEPTION la langue tellement elle est honteuse, avilissante et pourtant banalisée), ne nous décourageons pas et disons-nous bien qu’à l’inverse, c’est aussi par la parole qu’on arrive à la dépasser. Personnellement, j’ai découvert que c’est à partir du moment où j’ai nommé ce que je faisais (et je ne parle pas ici que du sacrement de confession : je parle en société ou par mes écrits), que j’ai pu m’en détacher et que j’ai réussi à m’en sortir. J’irais même plus loin : je crois que c’est une fois qu’on parle de cette pratique qu’on en est déjà sorti. Le Verbe s’est fait chair et Il a habité pour toujours parmi nous. C’est une Réalité. Vive la Parole libératrice !

La pastorale à l’égard des personnes homos, selon Arnaud Dumouch

 

Merci à Arnaud Dumouch d’avoir essayé de mettre les mains dans le cambouis en abordant la question de la pastorale spécifique à l’égard des personnes homosexuelles.
 

 

C’est un ami qui m’a demandé ce que je pensais de cette vidéo, donc je l’ai regardée en entier, et voudrais déjà saluer qu’elle a le mérite de faire un peu de ménage et d’ordre, de dire certaines choses franches et fondamentales, telles que le lien entre homosexualité et souffrance. C’est déjà un grand pas.

 

Pour ce qui est du détail, j’y vois cependant des petites imprécisions qui perturbent la clarté du message ecclésial sur l’homosexualité et de l’ensemble :
 

1) On part toujours, dès qu’on parle d’homosexualité (et moi le premier) avec le handicap de l’absurdité du mot (et de l’usage du mot) « homosexuel », qui est un néologisme qui condense « même » (homo) et « autre » (sexualité) : c’est un mot en soi contradictoire, oxymorique. On est donc toujours coincé pour l’aborder, car la base est mauvaise. On devrait parler uniquement de « désir homosexuel » ou d’« attraction sexuelle pour les personnes de même sexe ». Bref. Le plus important, c’est d’en avoir conscience. Mais je doute que le speaker en ait pleinement conscience.

 

2) L’abord du sujet est, dans ce topo, pluraliste : il contient donc le danger de s’éparpiller, par excès de délicatesse et sous couvert de réalisme et de respect de la diversité, dans le particularisme, au détriment du fond. Par exemple, Arnaud Dumouch insiste un peu trop sur la soi-disant distinction entre « homosexualité féminine » et « homosexualité masculine » (en soutenant qu’elles n’ont presque rien à voir, et que la seconde serait nettement plus compulsive… ce qui est faux), ou bien sur les « formes d’homosexualités » (en rentrant dans le jeu – très marqué dans le « milieu homo » qui se dit « hors-milieu » – de ceux qui séparent radicalement « l’homosexuel qui viole et qui vit dans la luxure » et « l’homosexuel sincère qui désire vivre en chasteté », ou dans le jeu de ceux qui prennent trop de pincettes pour justifier leur statut d’« experts »). Ce discours qui met tout au pluriel, qui crée deux communautés homos (où l’une blanchit/noircit l’autre), qui tente de promouvoir une « diversité homosexuelle » afin de ne pas blesser et d’éviter les généralisations blessantes, qui insiste beaucoup trop sur les sous-parties (« éphébophilie », « traitement hormonal », etc.), n’est pas réaliste et ne donne pas assez de vision d’ensemble. Car il y a très peu de différence entre l’homosexualité féminine et l’homosexualité masculine, très peu de différences entre le « milieu homo » et le « hors milieu », très peu de différences entre éphébophilie et homosexualité, très peu de différences entre désir homosexuel et désir transidentitaire/transsexuel. Ce discours qui se veut non-caricatural et respectueux de la pluralité et du particulier, ne parle pas franchement de la violence des actes homosexuels, et donc n’aide pas à penser la pastorale ecclésiale à l’égard des personnes homosexuelles de manière unifiée, universelle et concrète. À la fin du topo, on voit de la part du conférencier la fragmentation de la pastorale spécifique en « pastorales » au pluriel, comme si l’Église ne pouvait pas proposer la même chose pour les personnes homos libertines et pour les personnes homos sincères (qui sont souvent une seule et même personne !) : « [il y a tant de] diverses formes d’homosexualités que pastoralement elles ne peuvent pas être traitées de la même façon. » Oui et non. Et surtout, non.

 

3) L’amitié amoureuse est trop mise en avant dans son discours, bien qu’il en montre aussi les limites. La « fidélité d’amitié chaste » est présentée comme « la voie sans doute la plus équilibrante » pour les personnes durablement homosexuelles. En gros, la cohabitation sans rapport sensuels/sexuels. Entre les lignes, il croit en la beauté d’une « amitié amoureuse chaste » entre deux personnes homos, et en son éternité, puisqu’il parle de « vivre une amitié chaste et totalement fidèle, à vie ». Arnaud Dumouch reste très allusif sur la nature de cette amitié homosensible, sur son ambiguïté, tout simplement parce qu’il emploie le terme universaliste et spirituel de « chasteté » sans faire une seule fois mention de la continence, LA forme particulière de chasteté qui est demandée par l’Église aux personnes homosexuelles. Mettre en avant la seule chasteté, pour le cas de l’homosexualité, et dire qu’elle est la seule solution, c’est un peu court, c’est laisser la porte ouverte au « couple » homo, et c’est surtout sujet à plein d’erreurs d’interprétation.

 

4) Il y aurait également à redire sur sa défense du mythe de la « sensibilité » exceptionnelle homosexuelle : le fait qu’il souligne de manière positive la soi-disant aptitude artistique homosensible particulière n’est pas, dans son discours, relié à la souffrance. Elle est un peu, pour le coup, essentialiser en eugénisme positif. Cette déférence est inutile si elle ne donne pas de légende réaliste à cette sensibilité.

 

5) On constate dans la vidéo une légère diabolisation ou désincarnation de la sexualité, puisqu’inconsciemment, la sexualité est réduite à la génitalité. Pour le coup, Arnaud Dumouch sort ce genre de contre-Vérité : « La sexualité ne concerne pas la volonté de Dieu. » Or, bien sûr que si !

 

6) Dumouch essentialise beaucoup trop souvent la tendance sexuelle sous forme d’espèce : « les » hétéros ; « les » homos » ; « les lesbiennes » (même si, à certains moments, il commence à se plier à l’exercice de dire « les personnes homosexuelles » et pas « les homos ».). Il confond la différence des sexes avec l’hétérosexualité, et donne à l’hétérosexualité une incarnation, une humanité, une réalité qu’elle n’a pas (seule la différence des sexes est réelle) : « 97% de la population est hétérosexuelle. » Cette erreur se perçoit dans sa manière de ne traiter le thème de l’homosexualité que sous le prisme de la différence des sexes rigidifiée en hétérosexualité : en effet, il fait une claire distinction entre homosexualité masculine et homosexualité féminine… alors qu’en réalité, la peur de la différence des sexes est humaine, à la base ! Et le désir homosexuel possède ses caractéristiques générales, indépendamment de la différence des sexes : il est un désir d’asexuation.

 

7) Ce qui est dit sur l’éphébophilie est intéressant, mais à mon avis, c’est une sous-partie qui dilue la réflexion sur la relation dite « amoureuse » entre deux personnes adultes « consentantes » (alors qu’avec cette relation, on a déjà de quoi faire !). On s’écarte du vrai sujet par des comparaisons certes utiles mais glissantes.

 

8) Le discours de ce conférencier, souvent précis et juste malgré tout, est teinté d’angélisme et de propositions pastorales finalement peu concrètes et incarnées. Son message se résume à une mise en garde contre les actes homos (très bien), à une définition de l’homosexualité comme une fêlure (plus que très bien), mais aussi à une bonne intention dont la conclusion serait : « L’homosexualité, il faut y réfléchir. Dans la bienveillance et le respect de chacun… mais sans rien proposer de concret derrière. » Rajouter au crayon un « s » à « pastorale spécifique à l’égard des personnes homosexuelles », ou bien rajouter une bonne intention (« Il faut s’y mettre. »), ce n’est pas du contenu et c’est particulièrement flou. Quelle forme doit prendre cette pastorale ? Comment et qu’est-ce qu’on propose, sans idéaliser un compagnonnage ambigu ni une amitié amoureuse pseudo « chaste » ? La vidéo ne répond pas, ou bien répond à côté. Ça sent le discours bien-pensant Écologie Humaine (d’ailleurs, Arnaud Dumouch cite deux fois « Écologie humaine »… On le sent contaminé par le propos lénifiant humaniste bobo). Moi, attention, ça me donne envie de rechanter « C’est bien gentil »…

La bougie de notre isolement

 

Ne nous décourageons pas face à l’apparente insignifiance des actes justes que nous posons, à l’indifférence que suscitent les mots vrais que nous disons, à la défaite couronnant beaucoup de nos combats sociaux, à l’incompréhension massive qui nous entoure, aux échecs dans la communication de nos idées, à l’isolement. La lueur de Vérité semble noyée dans une grande masse sombre, mais en réalité, on ne voit qu’elle… comme la petite bougie au coeur de la nuit.
 
lueur
 

Toutes les ombres se ressemblent et se neutralisent entre elles. On les croit invincibles, numériquement plus puissantes. Or elles n’ont aucun pouvoir sur la lumière. Elles n’ont ni la force de l’engloutir ni de l’éteindre ni de lui voler la vedette. Nous aurons toujours raison de miser sur la Vérité-Jésus, même si nous ne sommes pas suivis par le Monde. Elle ne passera jamais inaperçue. Elle ressort forcément. Ceci est vrai pour tout livre que nous écrivons, toute parole que nous prononçons, toute carrière artistique ou politique dans laquelle nous nous engageons, toute action et toute relation humaine que nous vivons. La Vérité est reconnue tôt ou tard ; et ses serviteurs aussi.

Écologie Humaine lutte contre l’Humanisme intégral tout en l’instaurant…


 

Désolé, mais « Mettre l’Homme au centre de tout », c’est précisément l’humanisme intégral* que promeut le transhumanisme, idéologie bien-intentionnée et boboïsante détruisant l’Homme par lui-même, par ses propres actions et ses bonnes intentions solidaires.
 

Le paradoxe d’Écologie Humaine, qui ne veut pas parler explicitement de Jésus comme base de l’Humanité, mais uniquement Le placer comme une « dimension » optionnelle et cachée, une « valeur ajoutée », une « émanation » de la « transcendance » que rechercherait tout être humain, c’est que ce mouvement prétend lutter contre le transhumanisme, mais en instaurant cet humanisme intégral anthropocentré qui EST le transhumanisme.
 

Pas étonnant, alors, que l’objectif d’Écologie humaine paraisse flou, contradictoire, gentillet et finalement désincarné. C’est l’Homme-Dieu qui est la source de notre plus profonde Humanité, de notre Écologie. Pas l’Homme (« bienveillant ») tout seul, ni les Hommes (« bienveillants ») entre eux, ni la solidarité uniquement humaine. Ça vous dirait d’assumer un peu l’Incarnation christique humaine ?
 
 

* N.B. par rapport à la notion d’« humanisme intégral » dont je parlerai largement dans mon prochain livre sur les bobos : « Les structures de péché nous donnent l’illusion de vouloir un humanisme intégral : c’est cela leur projet affiché. Or l’humanisme intégral ne sera effectif que dans la gloire ! En attendant, sur la terre, l’humanisme n’est pas intégral puisqu’il va falloir souffrir et mourir ! » (le frère Samuel, dans les Attaques du démon contre l’Église, Actes du colloque de Banneux, Éd. Bénédictines, Paris, 2009, p. 80)

Le loup HÉTÉROSEXUALITÉ est rentré dans la bergerie Sarkozy : c’est quasi fini pour ce dernier


 

Comment se griller en deux secondes politiquement et médiatiquement ? C’est très simple : mettez-vous à justifier l’hétérosexualité devant des caméras et déroulez-lui le tapis rouge. En promettant un mariage déconnecté de la filiation (le contraire du véritable mariage, en somme), et en justifiant légalement un « mariage hétéro » et un « mariage homo » (alors que le mariage n’a jamais été hétérosexuel), Nicolas Sarkozy n’a pas fait seulement un acte maladroit ou imprécis ou à moitié justifiable. Pas du tout. Il a commis (et je crois que les membres de Sens Commun ne l’ont pas encore réalisé) un acte fatal, gravissime, quasiment irrattrapable. Le pire scénario pour son engagement politique. C’est quasi terminé pour lui.
 

Faire rentrer l’hétérosexualité, c’est, pour employer des images, comme croquer la pomme du Jardin d’Éden, comme visiter l’aile ouest interdite, oublier les œufs de caille (cf. « Les Visiteurs »), s’immoler sur la Place Tien An Men, faire rentrer un éléphant dans un jeu de quilles (et il ne reste plus qu’à vendre boutique après). Je n’hésiterai pas à dire que c’est un sacrilège. À moins à l’avenir de s’opposer franchement à l’hétérosexualité (ce qu’il ne fera pas, selon toute vraisemblance), c’est terminé pour Sarkozy, qui médiatiquement ne pourra plus se dépêtrer de cette création verbale du « mariage hétéro ».
 

Je vais trop loin en disant que c’est gravissime et sacrilège ? Pas du tout. L’hétérosexualité, c’est la cheville ouvrière de l’homosexualité. Ni plus ni moins. C’est l’hétérosexualité qui justifie l’homosexualité et qui justifie toutes les lois défendues par les militants homosexuels et leurs suiveurs auto-proclamés « hétéros » ou tout simplement « amoureux solidaires ». Une fois que l’hétérosexualité rentre dans les discours, dans la justification et dans la loi, nous quittons l’Humain, promotionnons une différence des sexes desséchante, forcée et procréative (qui écarte presque toutes les catégories de la population française : les couples femme-homme stériles, les célibataires, les adolescents, les vieillards, les personnes homos, les couples séparés ou divorcés, etc.), défendons sans le savoir un monde inhumain régi par les pulsions d’un côté et les sentiments désincarnés de l’autre. Et là, c’est le début de la fin.
 

La grande chance que nous avions eue jusqu’à présent dans notre pays par rapport au combat pour le mariage femme-homme aimant et contre les lois gouvernementales pro-gays, et que nous perdons avec la sortie catastrophique de Sarkozy, c’est que nos porte-parole avaient compris (plus par obéissance scolaire à ce que je leur disais – malheureusement pour moi, je suis le seul, en France, à avoir dénoncé ouvertement l’hétérosexualité et à avoir potassé le sujet – que grâce à une réelle compréhension du danger du mot), c’est précisément de ne pas avoir cherché à défendre l’hétérosexualité. C’est ce qui nous a permis d’une part de ne pas justifier l’homosexualité, d’autre part de revenir à l’Humain et de comprendre que l’opposition au « mariage pour tous » dépassait ce faux clivage anthropologique dix-neuvièmiste « hétéros/homos ».
 

Pour avoir voyagé pas mal dans les autres pays européens (Luxembourg, Italie, Angleterre, Espagne, Belgique, Suisse, Martinique… et même plus loin : au Liban, en Côte d’Ivoire), je peux vous assurer que les autres mouvements pro-life pataugent et n’arrivent pas à décoller comme en France. Pour une raison bien simple : parce qu’ils parlent beaucoup trop d’hétérosexualité en tant qu’« essence d’identité ou d’amour », que « droit naturel », et en tant qu’antithèse de l’homosexualité, alors qu’en réalité, hétérosexualité et homosexualité sont jumelles : historiquement, symboliquement, fantasmatiquement, factuellement et en violence. Du coup, comme dans ces pays l’hétérosexualité n’est pas questionnée, les débats s’enlisent, deviennent des dialogues de sourds. Au fond, l’hétérosexualité est la seule croyance qui fait tacitement consensus entre les pro et les anti-mariage pour tous.

 

D’où vient l’Exception française en matière de lutte contre le « mariage pour tous » ? À mon avis, justement du dépassement du clivage « homos/hétéros » et du fait que nous ne soyons pas rentrés dans une justification de l’hétérosexualité. Cela a permis inconsciemment à beaucoup de manifestants de comprendre que l’opposition au « mariage pour tous » n’avait rien d’une opposition aux personnes homosexuelles, bien au contraire. L’hétérosexualité, c’est la colle qui transforme les personnes homosexuelles en loi et qui leur enlève leur humanité, qui enlève l’humanité même des couples femme-homme et des familles.

 

Cela fait plus de 10 ans que je rabâche le même discours. Dix ans que j’essaie de me faire entendre et que je ne suis pas entendu ni assumé ! Je suis donc bien en droit de me fâcher. Et même si ça ne fait pas plaisir à tout le monde ! Je me fiche des intentions (orgueil, égocentrisme, narcissisme, mégalomanie, etc.) que certains me prêtent pour ne pas écouter la justesse de ce que je dis. Ce n’est pas de ma faute si personne n’a parlé d’hétérosexualité comme moi. Un autre en parle mieux ? Je lui cède volontiers la place. Mais pour l’instant, ce n’est pas le cas ! Je me fous des honneurs : je veux juste être au service de la Vérité et sais que vous avez besoin de mon travail. Au lieu de vous priver de ma réflexion sur l’homosexualité et l’hétérosexualité (qui n’est pas du bla-bla pour faire joli), au lieu de laisser Liberté Politique tacler honteusement mon livre L’homophobie en Vérité (alors qu’il y a de cruels besoins de comprendre ce sujet-là aussi), au lieu de railler le site CUCH (Cathos Unis Contre l’Hétérosexualité) et de penser que c’est une préciosité ou une facétie inutile, au lieu de me reprocher de me mettre en avant (alors que je le fais vraiment pour mon message ; pas pour ma gueule : si je n’avais rien à défendre, je me serais déjà éclipsé depuis longtemps), au lieu de me reprocher d’être soi-disant « juste sur le fond mais pas sur la forme » (comme si les deux se dissociaient…), au lieu de vous vexer parce que je cite nommément des gens (alors que, s’ils se sont rendus publics pour parler à ma place, ils doivent d’une part en assumer la responsabilité, les retours et d’autre part jouer le jeu de la critique, d’autant plus s’ils disent des choses graves, fausses et portant à conséquence), au lieu de me mettre à l’écart, si vous écoutiez et si vous lisiez ??? Ça éviterait les bourdes monumentales et irrécupérables.
 

La défense de l’hétérosexualité est quelque chose de gravissime et d’inexcusable. Oui ! J’avais déjà écrit dans L’homophobie en Vérité que le seul slogan gagnant pour tout notre combat en faveur du Réel, c’est la lutte explicite contre l’hétérosexualité. Pourquoi ne m’écoutez-vous pas ?? Le retour à l’Humanité et à la différence des sexes aimante est essentiel. Il ne faut pas lâcher. Il ne faut pas penser l’humain uniquement à travers la pulsion et le sentiment (hétéro/homo), ne pas penser le couple en terme d’hétérosexualité ni d’homosexualité non plus (ni même de mariage ou de filiation), mais au contraire s’attacher sur la durée à l’amour entre l’homme et la femme. C’est un peu comme ça que j’interprète l’appel (gentillet, très « Écologie humaine » ou « Cahiers libres » dans sa formulation… mais bon, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a…) de Guillaume de Prémare à « persévérer dans la défense de l’union femme-homme ». Mais je crois que c’est la dénonciation de l’hétérosexualité qui, seule, parlera à tous et impactera vraiment, une fois que la notion sera expliquée. Et je sais que ce n’est pas une mince affaire. Mais le Monde entier souffre inconsciemment d’avoir délaissé la différence des sexes au profit d’une conception pulsionnelle, sentimentale, nataliste, sur-érotisée et désincarnée, de l’Humain, conception inconsciemment cristallisée autour de l’« hétérosexualité ».
 
 

N.B. : Dessin qui confirme quelques jours plus tard cet article (même si ce n’est pas tellement la loi Taubira, que l’hétérosexualité, qui fout Sarko dedans).
 
Sarko plonge

Le bon cru arrive

Je suis vraiment heureux de rencontrer de plus en plus d’hommes et de femmes ressentant des attirances homosexuelles, qui ont la tête sur les épaules, qui aiment l’Église catholique et qui soutiennent son appel à la continence. Ça me donne une grande Espérance pour l’avenir car une nouvelle génération inattendue d’évangélisateurs arrive! 🙂

L’homosexualité : le vilain petit canard

 

Un peu taré hier soir (14 novembre 2014), je me suis tapé l’aller-retour à pied entre le Jardin des Plantes et Bois-Colombes. Mais je ne regrette pas. La marche est une belle école de Vie.

 

J’ai d’abord vécu une soirée magique à Asnières à l’église saint Marc de Bruyères pour écouter les jeunes du Cenacolo nous raconter comment ils sont sortis de l’enfer de la drogue. C’est étonnant de voir quatre grands gaillards Blacks-Blancs-Beurs racaille « ouaich-ouaich » commencer puis finir leur témoignage en chanson, sur des chorés viriles de louange à Dieu… alors que pour la plupart, avant leur conversion, c’était des bad boys à qui il ne fallait surtout pas parler de religion, et qui se laissaient totalement mourir. Une soirée pareille, c’est juste de la preuve de Résurrection en barre ! Invitez le Cenacolo dans les établissements scolaires, pour parler devant les lycéens. C’est le succès garanti ! C’est l’accès direct à Jésus sans blabla.

 

Ce temps de grâce et d’émerveillement m’a forcément poussé à comparer avec mes prises de parole sur l’homosexualité. Je me rends compte qu’il y a beaucoup de points communs entre mon témoignage et celui du Cenacolo (quand on me laisse vraiment le temps d’expliquer mon sujet, ça donne des fruits tout aussi grands), mais aussi énormément de différences. Dans le monde du témoignage chrétien, j’ai l’impression que l’homosexualité occupe une place à part… voire la dernière place. C’est un peu le vilain petit canard, à l’extérieur et dans l’Église. Il est plus facile, par exemple, pour un proviseur de lycée privé catho, de faire venir une personne handicapée, un clown, un journaliste, un chef d’entreprise, un drogué, un ex-taulard, une ex-prostituée, qu’une personne homosexuelle. Le sujet de l’homosexualité divise et est à hauts risques. Parce qu’il parle de quelque chose de très intime (la génitalité), donc un thème qui peut blesser ou choquer. Parce qu’il ne fait pas l’objet d’une unanimité sociale. Parce que peu le connaissent. La plupart des gens en ont peur. Et pour sauver la face, tout le monde le justifie ou le diabolise pour ne pas à avoir à l’expliquer. Par exemple, même un curé de paroisse qui est d’accord avec mes idées sur l’homosexualité, doit réfléchir à deux fois avant de me faire venir dans son église, car il prend le risque de se mettre à dos carrément la moitié de ses fidèles. Je le sais par expérience : les prêtres (même de bons amis) ont peur de m’assumer. Quand ils me font venir, certains me choisissent une salle « neutre », bien éloignée de leur clocher. Et la plupart du temps, comme ils savent que dans leur paroisse le message ecclésial sur l’homosexualité n’est suivi et accueilli qu’à 50%, ils se défilent, taisent leur opposition à la loi Taubira, et gèrent les cas d’homosexualité chez leurs ouailles au cas par cas (travail épuisant pour eux, et peu probant la plupart du temps).
 

Idem pour un chef d’établissement, qui en général n’a pas l’appui massif de tous les parents ni de toute son équipe pédagogique ni de tous ses élèves. Il faut une énergie de malade, un aplomb incroyable, un petit grain de folie, une audace inspirée, une psychologie et une finesse colossales, à un directeur de collège, pour parvenir à me faire entrer dans son bahut, pour parvenir à comprendre l’universalité et la joie d’un certain traitement de l’homosexualité. Après, c’est tout bénef pour tout le monde. Mais avant, quel parcours du combattant !
 

Et quand je suis enfin invité à offrir mon témoignage devant les scolaires, rien ne m’assure que l’assistance ne va pas se retourner contre moi (c’est déjà arrivé… surtout depuis l’arrivée du « mariage pour tous » en France, depuis l’émergence d’une vague hétéro gay friendly agressive parmi les élèves). De plus, pour parler de l’homosexualité, je ne peux pas me permettre, contrairement aux intervenants sur la drogue, de n’offrir qu’un témoignage de vie, concis et efficace. Le retard sur la réflexion sur la sexualité est tel que je suis obligé de jongler entre témoignage et analyse. Je suis obligé de justifier la légitimité de ma présence, de rassurer. Et je ne peux pas me contenter de rester dans le registre de l’émotionnel, ni ne peux fuir le débat d’idées. Finalement, je paye l’aveuglement social sur l’homosexualité. Je pâtis de la banalisation et de la bonne réputation de l’homosexualité. Les catholiques, les lycéens, le Français moyen, ils ont globalement compris que la drogue c’était pas bien, que la prison c’était pas bien, que la prostitution et l’avortement c’étaient pas bien, que le handicap c’était pas facile, que le tour du monde en vélos pour construire un puits en Afrique c’était « fort »,. Il n’y a qu’un seul mal (avec peut-être, dans une moindre mesure, l’avortement) qui n’est pas identifié socialement comme mauvais : c’est l’homosexualité. Et pour le coup, quand il s’agit de défendre publiquement le message et la pratique de l’Église concernant l’homosexualité, c’est la croix et la bannière. C’est horrible, ce que je vais dire, mais il eût été plus facile pour moi d’être cul-de-jatte, bègue, ancien dealer, aveugle, ex-prostitué, serial killer repenti, que catho et homosexuel. J’ai l’impression que les personnes homosexuelles, au même titre que les hommes politiques, sont des pestiférés qu’il n’est pas bon d’inviter, parce que « c’est trop marqué », « trop clivant », « trop polémique », « trop dangereux », « trop tôt ou trop tard ». Mon témoignage ne peut pas que faire pleurer dans les chaumières, car contrairement aux speach faisant parler des victimes d’un mal qu’on peut mettre à distance et rendre étranger à soi (la guerre, la drogue, la maladie, le handicap, etc.), l’homosexualité remet en cause l’auditoire, le bouscule, pointe du doigt plein de dysfonctionnements sociaux (entre hommes et femmes, entre amis, entre paroissiens, au cœur du clergé, etc.).
 

Celui qui parle catholiquement d’homosexualité comprend qu’il sera attaqué d’un côté par ceux qui diabolisent l’homosexualité et qui le suspecteront d’en faire la promotion, de l’autre côté par ceux qui la banalisent ou la trouvent belle et qui le suspecteront d’homophobe. Pire encore. Il comprend qu’il sera trahi et pas assumé y compris par ses propres amis (prêtres, chefs d’établissement, paroissiens, cathos engagés, intellectuels, personnalités cathos médiatisés), morts de peur (ou de jalousie) des conséquences de leur soutien public. Un tel isolement/abandon ne risque pas d’arriver même au pire des criminels. Le témoignage catholique de l’homosexualité, c’est vu comme le pire du pire. C’est un très mauvais calcul, vu le raz-de-marée LGBT qui débarque maintenant de tous côtés dans l’Éducation Nationale et dans l’Église. Je me réjouis pour l’efficacité du Cenacolo. Je ne la jalouse pas. Mais intérieurement, je me désole : 1) de l’isolement et de l’oubli particulier à l’égard des catholiques homosexuels ou des lycéens homosexuels, qu’on prive d’intervenants qui pourraient leur parler directement de leurs problèmes spécifique ; 2) de la lenteur des gens d’Église qui se laissent totalement doubler actuellement par les promoteurs scolaires de l’homosexualité, déposséder d’un sujet que pourtant leur Église est la seule à bien traiter. Ça m’attriste.

 

Je pensais à tout cela sur le chemin du retour d’Asnières. Et me suis mis à rédiger dans ma tête cet article que j’écris maintenant. Un des jeunes du Cenacolo m’a offert le livre de sœur Elvira, la religieuse italienne qui a eu l’intuition géniale de créer cette structure pour les personnes droguées et leur famille. Je le portais dans ma main, et je m’étais dit que si le Seigneur m’offrait une opportunité pour l’offrir à quelqu’un pendant le trajet, je le donnerais.

 

Sur la route, j’ai au moins croisé à plusieurs reprises quatre « couples » homosexuels qui se tenaient discrètement par la main. Traverser Paris en diagonale permet d’observer cela : les tendances sociales, les courants. J’ai trouvé cette réalité symptomatique (car quatre couples, ce n’est pas une petite moyenne en une seule soirée). Et l’espace d’un instant, la question « Pourquoi je continue de me priver de ça ? » m’a traversé l’esprit. Toujours le rappel du choix de la porte étroite (tellement étroite qu’on n’en voit plus sur le moment, l’utilité…).

 

Je me suis planté sur le parcours retour, à la hauteur de la Porte de Clichy. J’ai atterri dans un boulevard qui est un haut lieu de prostitution. Les prostitué(e)s sur lesquelles je suis tombé n’avait rien à voir, physiquement, avec celles de la rue Saint Denis ou même des Grands Boulevards. J’avais du mal à identifier si je me trouvais face à des femmes, ou à des hommes (travestis ou transsexuels). Elles étaient tirées à quatre épingles. Je leur ai demandé mon chemin pour atteindre la Place Clichy, puis j’ai tenté en vain de leur offrir mon livre de Sœur Elvira. Rien à faire. C’était 80 euros ou je devais dégager. Je me suis retrouvé face à des personnes agressives, totalement fermées au dialogue, refusant tout don. Je me suis senti soudain honteux de vivre dans ma bulle, loin de leur univers, et d’habiter dans le 5e. J’ai finalement laissé le livre par terre au milieu d’un trottoir, en priant fort saint Antoine que le trio de potes défoncés et bourrés qui me suivait dans la rue tombe dessus et ait l’audace de le prendre. J’ai confiance. Et si ce n’est pas lui, ce sera la meilleure personne.

 

J’ai vraiment passé une superbe et humaine soirée.

Le Beauf LMPT

(Évidemment, pas d'accord avec la légende fournie... mais il y a de l'idée)

(Évidemment, pas d’accord avec la légende fournie… mais il y a de l’idée)


 

Depuis 2012 en France, et surtout avec le début de la mobilisation contre le fameux « mariage pour tous » et les Manifs de rue, nous avons l’occasion de voir émerger une nouvelle espèce de militant : le Beauf LMPT. Aujourd’hui, cette espèce est très active sur les réseaux sociaux, et notamment sur Twitter. Beaucoup plus active que le Bobo LMPT, d’ailleurs (dans les grandes lignes, le Bobo LMPT est un militant plus discret, tout gentil, écolo, un catho qui ne s’assume pas et qui veut ressembler à un homme de gauche, un pacifiste employant le jargon de la « dignité », de la « conscience », de la « solidarité » et de la « bienveillance » pour faire passer ses idées).

 

Le Beauf LMPT, quant à lui, est hargneux. Il n’a que le mot « Droit de l’enfant » en bouche… imitant ainsi les militants LGBT antifas qui, eux, n’ont que le mot « Égalité » en bouche… et qui sont pourtant, pour l’instant, les seuls à avoir reconnu le Beauf LMPT et à le dénoncer (Entre jumeaux, ils se « comprennent » et se réfléchissent…). En revanche, je ne suis pas sûr que ces militants LGBT sachent le caricaturer avec précision : la beaufitude LMPT n’est pour eux qu’un magma « intégriste » informe qu’ils voient à travers les lunettes embuées de l’anti-fascisme manichéen… donc ça ne va pas très loin et leur portrait n’est pas réaliste.

 

Moi, je n’ai pas non plus eu de mal à identifier le Beauf LMPT. Ça a même été très facile et sans doute plus rapide. Sa connerie m’a assez vite sauté à la gueule quand j’ai constaté qu’il refusait de réfléchir à mes écrits et – pire – qu’il me voyait comme un ennemi alors même que je lui donnais les arguments et le matériel idéal pour assurer notre combat qui aurait dû être commun. À partir de ce moment-là, ça m’a paru flagrant. Être mis à l’écart alors que j’ai été dès le départ une pièce-maîtresse et un témoin de poids dans les débats sur l’homosexualité (même nos ministres, qui me connaissent, ont peur de me citer et de me rencontrer tellement ils savent que je suis plus dangereux pour eux qu’un Tugdual Derville ou qu’une Ludovine de la Rochère), ça ne faisait aucun doute : avec le Beauf LMPT – incarné en premier lieu par Frigide Barjot –, j’ai tout de suite su que j’avais affaire à du gros con ou à du froussard de première catégorie !

 

Tweet du 13 novembre 2014

Tweet du 13 novembre 2014


 

L’archétype du Beauf LMPT, à mon sens, ce sont les Twittos anti-GPA actuels. Mais il y en a plein d’autres. D’ailleurs, les chefs de La Manif Pour Tous, avec leurs « tweets » qui dernièrement se veulent « sans concession » et « musclés » (pour salir la présomption de mollesse Bisounours qui leur colle à la peau), ne sont pas tellement loin derrière… Ils se choisissent des traîtres pour faire diversion sur leur propre traîtrise/lâcheté (cf. la récente croisade anti-Juppé est un cas d’école)

 

Comment reconnaître le Beauf LMPT ? C’est très simple. Comme tout bon réactionnaire, il RÉAGIT (à visage caché) et il se fond dans l’actualité. Il fait ricochet. Évidemment, chez lui, cet effet-ricochet n’est qu’un écho : ce n’est pas dans un souci pédago-journalistique de servir l’actualité ou par amour du Réel qu’il répète l’information. C’est pour fuir le Réel, justement.
 
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Par exemple, le jeudi 20 novembre, dans une semaine donc, c’est le Jour de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Et là, le Beauf LMPT sera de sortie, vous pouvez en être sûrs ! Il y a le mot « Droits de l’Enfant » dans l’intitulé, alors voilà, la messe est dite pour lui. Il lui suffisait de cette formule magique pour le galvaniser. Il prépare son beau costume du dimanche (une armure rose). Il n’en peut déjà plus d’attendre. Il frétille. C’est où qu’il faut taper ??? Ben sur la GPA, pardi ! Et sur ses « assassins et voleurs d’enfants » que sont les promoteurs de la loi Taubira ! En guerre ! Que trépasse si je faiblis !

 

Il croit que ça avance parce qu'il entend "opposition à la GPA" (... sauf que depuis le départ, Hollande et ceux qui promeuvent la GPA se croient contre)

Le Beauf LMPT croit que ça avance parce qu’il entend « opposition à la GPA » (… sauf que depuis le départ, Hollande et ceux qui promeuvent la GPA se disent contre aussi…)


 

La particularité du Beau LMPT, c’est qu’il est très susceptible, soupe-au-lait. Faut pas critiquer SES manifs. « Touche pas à MES manifs ! C’est tellement crucial qu’elles existent ! C’est ma vie, mon oxygène, mon calendrier de sorties. Hors d’elles, point de Salut ! C’est tellement important d’y aller. » (Pourquoi ? Il ne le sait pas lui-même…). Il va même penser naïvement que, parce que je critique les Manifs, je m’attaquerais à tous ses manifestants (alors que pas du tout). Ses réactions impulsives, qui rejoignent le côté pulsionnel des militants FN, reposent principalement sur l’indignation (« Nan mais tu te rends compte ??? »), sur l’imitation (il s’appelle « Manif Pour Tous » comme le « mariage pour tous » qu’il dénonce, il s’appelle « Vigigender » comme le « Gender » qu’il dénonce, il ne dit pas qu’il est catho pour ressembler à ses ennemis, il lutte uniquement contre les conséquences de la loi Taubira pour faire exactement comme les défenseurs de cette loi, il se donne un nom LMPT qui est la quasi réplique phonétique du sigle LGBT, etc.), sur la répétition jargonnante (il est très attaché aux nouveaux mots qu’il a appris : « PMA », « Gender », « GPA », « abrogation », « LGBT », etc.), sur la victimisation (« Nous vivons sous une dictature ! Nous ne sommes pas écoutés ! »), sur l’absence d’humour, sur le refus de se remettre en question, sur la dissimulation (de manière générale, le Beauf LMPT n’a pas de photo de profil, son visage est caché par le masque des Hommen ou le logo LMPT, il porte un pseudo, il se croit surveillé de partout), sur le mépris de camps fantomatiques informes qu’il serait bien en peine de décrire car ces camps c’est un peu lui ou l’objet de ses fantasmes personnels (« les bobos », « les intégristes », « les idéologues », « le lobby LGBT », « la gauche », « le gouvernement », « les fascistes », « les extrêmes », « les médias », « la société », « le Gender », etc.), sur l’évidence (oui, « la GPA, c’est l’achat d’enfant et c’est ignoble » : on a COMPRIS…).

 

Sketch "Les Sousous dans la popoche" des Inconnus

Sketch « Les Sousous dans la popoche » des Inconnus : le milliard ! le milliard !


 

À propos de cette rhétorique de l’évidence (rhétorique qui tue le discours de l’intelligence et de la nuance, justement), le fonctionnement comportemental du Beauf LMPT est simple. Comme le taureau devant un carré de tissu rouge agité sous ses yeux, comme la focalisation idéologique du militant FN sur le mot « réalité » (autre forme de marotte ou de lavage de cerveau, car la notion de « réalité » déconnectée de celle de Vérité-Charité n’a que le goût du fantasme paranoïaque), le Beauf LMPT se met à cliquer, à retwitter et à maudire à la fois ce qu’il identifie comme le bien (LMPT, la famille « hétérosexuelle », les enfants) et ce qu’il identifie comme le mal (LGBT, PMA, GPA, les « merdias » comme il dit, l’adoption par « les » homos, etc.). On lui a dit que « LGBT c’était le méchant », alors il aboie. Il a deviné que la GPA, la PMA, le Gender, c’était « pas bien », alors il s’insurge dès qu’il les aperçoit. Il voit sur la toile internet « enfant acheté » : il ne prend même pas le temps de lire, il retwitte ! On lui dirait : « Tu vas cliquer dès que tu entendras que la mort fait mourir ou que le tabac tue », il le ferait. Actuellement, le Beauf LMPT a compris vaguement grâce au Pape qu’une loi, ça s’abrogeait… alors il s’est mis depuis un mois à répéter à tue-tête le mot nouveau : « abrogation ». Il est content. Il a l’impression d’être intelligent, d’utiliser un mot savant de plus de trois syllabes, d’être à la pointe de l’actualité et de l’engagement politique. Ça lui donne une raison d’exister.

 

Je crois que le pompon de sa bêtise, c’est quand même son actuelle demande de l’« abrogation universelle de la GPA » (son nouveau dada). Déjà que ceux qui, comme Mariton, demandent l’abrogation du « mariage pour tous » ont l’air bien cons (il ne peut logiquement pas y avoir de demande d’abrogation de la loi Taubira sans la demande préalable d’abrogation de l’Union civile et sans discours clair sur l’homosexualité, je vous le dis tout de suite), lui, le Beauf LMPT, il va encore plus loin dans l’aveuglement et l’absence de recul sur les ressorts de la GPA. Là, avec la revendication de « l’abrogation universelle (et interplanétaire, tant qu’on y est…) de la GPA », on atteint la cime du grotesque. Pourquoi ne pas demander l’abrogation universelle du Gender, par exemple ? Tiens, c’est une idée… (LOL)

 

Tweet le 19 novembre 2014

Tweet le 19 novembre 2014


 

Si j’analyse un peu plus, je dirais que le problème du Beauf LMPT semble se situer plus dans la forme que dans le fond… quoique déjà dans le fond, on reconnaît chez lui du simplisme, du dressage, le disque qui tourne en rond, la compulsion pathologique et paranoïaque ignorant la profondeur de toutes les idées qu’elle énonce. Déplacez un peu le Beauf LMPT de ses mots d’ordre, de ses phrases apprises, faites-le réfléchir sur l’ambiguïté de l’hétérosexualité par exemple, ou sur l’Amour, et vous verrez qu’il sera complètement largué, deviendra agressif, boudera, se sentira tout nu et hurlera à la traîtrise (par exemple, à ses yeux, je suis un « infiltré LGBT » qui, parce qu’il a osé critiquer les « manifs », aurait manqué de « charité » et est d’office « suspect »). C’est pour cela que, malgré les apparences et la présence des bons mots dans son discours, je pense que nous ne luttons pas pour les mêmes objectifs : car ses « bonnes » réponses sont accidentelles ou plaquées, sont sans amour et sans réflexion de fond.

 

Quand je dis que ce n’est pas tant sur le fond que sur la forme que le Beauf LMPT dérape (même si, en fait, fond et forme sont intrinsèquement liés), c’est dans la mesure où ce dernier se vaut de l’énonciation d’évidences-vérités (« La loi Taubira est dangereuse. », « Un enfant ne s’achète pas. », « L’Humain n’est pas une marchandise. », « Un enfant a besoin de son père et de sa mère pour exister et pour se construire. », « Le mariage, c’est un homme et une femme, c’est l’altérité des sexes. », etc.) pour ensuite se permettre d’être agressif pour les imposer. C’est la manière si peu charitable et si peu argumentée qu’il emploie dans son argumentaire, qui le transforme en petit soldat hargneux, en agneau bêlant pathétique, en beauf de droite scandant du slogan qui ne convainc que celui qui s’est mis tacitement d’accord avec lui pour applaudir aux mêmes mots magiques.

 

Moi aussi, je lutte contre la loi Taubira. Moi aussi, je sais qu’un enfant ne s’achète pas, que l’avortement et l’euthanasie sont des meurtres. Moi aussi, je sais que la mort fait mourir, que le feu ça brûle et l’eau ça mouille. Moi aussi, je m’oppose au Gender, à la PMA, à la GPA. Mais, je crois, pas n’importe comment. Pas scolairement. Pas bêtement. Pas agressivement. Pas en plaquant des mots que je ne veux pas expliquer. Pas en diabolisant un adversaire. Même quand je tape du poing sur la table (ça m’arrive) et que je dénonce quelque chose ou nommément quelqu’un, je le fais en argumentant et avec Charité, en tentant de m’adapter à la manière de raisonner de mon auditeur, en développant des idées qui me paraissent justes ou qui me déplacent moi-même. J’essaie aussi, en retraduisant les concepts, de rejoindre des personnes qui agissent mal mais qui pensent bien faire, qui n’imaginent pas la violence des lois et des actes qu’elles cautionnent. Bref, je tente de me mettre un peu à leur place !

 

Quand on a le malheur de montrer au Beauf LMPT que ce n’est pas tant ce qu’il défend que la manière qu’il a de défendre ce qu’il défend qui pèche, en général, il s’arrange pour nous sortir (de préférence en boudant, parce qu’il devine qu’il n’a pas d’arguments, et parce qu’il se rend également un peu compte que la Vérité qu’on lui montre est aussi Charité) que nous ne serions pas « charitable » et que nous aurions un « égo surdimensionné ». Il nous affuble de la « douce » réputation de « poil à gratter » ou de « provocateur » (alors que dans les faits, notre recherche de la Vérité n’a rien d’un goût du scandale… mais bon…). Il défend le mythe relativiste de la COMPLÉMENTARITÉ (« Il faut de tout pour faire un Monde ; Mets ton égo de côté ; Chacun son rôle, chacun son domaine de compétence ; Pourquoi se tirer dans les pattes puisqu’on vise le même but ?; Tous nous avons quelque chose à apporter ; etc. etc. » = discours faux car tous les mélanges ne sont pas des réussites, la diversité n’est pas une richesse en soi, et il y a des gens plus compétents que d’autres pour certaines taches, certains combats et selon les situations). Le Beauf LMPT essaie de nous faire culpabiliser et douter en nous imposant le mythe pseudo « catholique » de l’UNITÉ ou du BUT COMMUN (autre mensonge particulièrement tenace dans les rangs LMPT = l’illusion collective que nous poursuivrions le même but et que nous défendrions tous une seule personne, Jésus. Dans les faits, c’est faux : il n’y a qu’à regarder le cafouillage généralisé autour du PaCS, la justification généralisée de l’hétérosexualité, le silence quasi complet autour de l’homosexualité, et l’oubli de Jésus, pour comprendre que notre but au sein de la Manif Pour tous n’est absolument pas unifié ni assumé). Il faut que notre mouvement guérisse de cette utopie sucrée (singeant le catholicisme) que, parce que nous nous opposons aux lois gouvernementales menaçant la famille, nous voudrions « à peu près » la même chose « au fond » et que ça nous dispenserait d’avoir à nous auto-critiquer, à nous concerter, et à réfléchir aux formes de combat que nous employons. « Peu importe les moyens et tous les moyens sont bons puisque la fin est nécessairement juste et Une ! » soutiennent le Beauf LMPT, le Beauf FN, le Beauf LMPT et le Beauf bobo. En gros, ce n’est pas demain la veille qu’on va se sortir de ce mirage de lâcheté et d’orgueil mal placé.

 

Tiens, en parlant de veille et pour finir sur une note d’Espérance, le seul endroit (encore que…) que le Beauf LMPT n’aime pas fréquenter, c’est comme par hasard les veillées des Veilleurs. Le Veilleur, c’est un peu l’antithèse du Beauf LMPT : il réfléchit, il essaie de donner du contenu aux actions, il pense avant d’agir et pour agir… donc forcément, aux yeux du Beauf LMPT, il apparaît comme une tapette ou un catho Bisounours. Alors merci à chacun des Veilleurs d’avoir compris que tout combat humain se gagne d’abord à la force des mots et des idées, et par la culture. Le Beauf a horreur de ce dont il manque. Raison de plus pour lui rappeler que les formes d’un combat ne doivent pas se supplanter au fond de ce même combat.
 
 
 
 

P.S. : Un billet, écrit en février 2015, annexe à cet article (« Je vote FN… euh, pardon, je suis royaliste. ») : ici, sur CUCH.