Archives de catégorie : Je l’ai dit

« Love is strange » d’Ira Sachs et la Joconde

BERGÈRE Duchamp
 

Je viens de voir le film « Love Is Strange » sorti hier en salle en France. L’histoire d’« amour » d’un « vieux couple » homo (ça fait beaucoup de guillemets, désolé) qui se marie après 39 années de vie commune. En sortant du cinéma, je sais pas pourquoi, comme une envie de chantonner « De la merde » de Cauet…

 

Mais la bonne nouvelle (le clin Dieu), c’est que le jour de publier mon prochain code « BERGÈRE et HOMOSEXUALITÉ » (sur la place de la femme-objet et de la Joconde dans les œuvres homo-érotiques), je suis passé, sur le chemin du retour, devant le Centre Pompidou… et j’ai vu, en grand, l’affiche de l’expo Marcel Duchamp (homosexuel) avec sa Joconde à moustache ! 😉 Je suis trop gâté par Jésus. (D’ailleurs, au moment où je m’extasiais devant cette coïncidence, un homme Noir, vraisemblablement en voie de clochardisation, s’est approché de moi pour tâter le terrain de savoir s’il pouvait me demander des sous. Il a commencé à me dire qu’il recherchait le lieu d’un local associatif, puis m’a demandé si j’étais d’origine maghrébine, et enfin il a cherché à savoir si j’avais une assise professionnelle. Je lui ai dit que je n’avais pas de travail. Il n’a pas osé me réclamer une pièce. La preuve qu’en ce moment, je commence à ressembler à un vrai SDF… hahaha)

Jeune père de famille… et tiraillé par l’homosexualité

Tableau "In Nomine Patris" de Stéphanie Vignaux

Tableau In Nomine Patris de Stéphanie Vignaux


 

Tu vis peut-être la situation que je vais décrire là.

 

Car vous êtes de plus en plus nombreux dans ton cas, par les temps médiatiques qui courent et à cause des films d’aujourd’hui générant de nouveaux et croissants questionnements homosexuels, des appétits inédits.

 

Je m’adresse à toi, l’homme marié ou le jeune père de famille avec enfant(s)/adolescent(s) à charge, qui te rends compte que ton homosexualité ne part pas, voire qu’elle risque à tout moment de s’exprimer, de faire exploser ton couple parce que tu ne sais plus comment gérer ton éloignement du monde homosexuel dont tu ressens le besoin, tu ne sais plus comment gérer ce que tu vis comme une double vie.

 

Non, tu ne fais pas partie de la génération des vétérans homosexuels qui n’ont pas eu besoin de faire leur coming out (vu que le temps écoulé ne le justifiait plus) et qui se sont laissés surprendre par leurs inclinaisons érotiques pour le même sexe sur le tard. Tu n’es pas de ces hommes homosexuels qui vont à l’homosexualité par impuissance sexuelle et par peur insurmontable de l’autre sexe ou de la génitalité avec l’autre sexe (tu es capable de pénétrer une femme et de vivre le coït avec elle : le problème n’est pas celui de la faisabilité technique, mais celui de l’envie). On ne te classera pas davantage du côté des papys gays venant d’une époque où l’homosexualité n’était pas reconnue et ne pouvait absolument pas être dite, pensée, tolérée ou pratiquée socialement, avec la rapidité et la facilité que nous connaissons aujourd’hui.

 

Pour toi, le vertige s’annonce autrement plus fort. Il ne prend plus la forme du remord, de la nostalgie passéiste, de l’impossible et de l’irréversible, du « il est trop tard ». Au contraire. Tu vis le vertige du « tout est possible et tout est dangereux ». Quelle angoisse ! Tu as une toute autre difficulté : tu fais partie d’une nouvelle catégorie d’hommes contemporains, ceux qui ne peuvent se dire ni bisexuels ni homosexuels (à cause de leur compagne/femme, des enfants, de leur situation sociale), mais qui pourraient socialement se dire « homos », pourraient tout plaquer du jour au lendemain, ou bien auraient largement les occasions de « craquer » et de tomber amoureux, parce qu’ils sont jeunes, encore beaux et prêts à l’emploi, avec un accès très facile à internet et aux vitrines du « monde gay », avec des tentations de tous côtés.

 

Je vais essayer d’être clair : même si je ne suis pas exactement dans ta situation, je comprends ton vertige, ton excitation, ton bouillonnement intérieur, ton immense point d’interrogation intérieur (J’assouvis ou j’assouvis pas ? Je me passe du plaisir et de la tendresse homosexuelle ou pas ? Je prends un risque monumental ou je me calme et me soumets à mon engagement d’amour et à mon statut social de jeune papa ?). Ce vertige (pas toujours désagréable et paniquant, d’ailleurs), je peux même le ressentir dans mon corps. Je peux crier avec toi. Et je veux juste te dire que JE SUIS AVEC TOI. Ça peut paraître des mots appris, mais c’est important que tu l’entendes.

 

Et enfin, dernière autre chose que je voudrais te dire pour apaiser ta proximité de la ligne de crête qui te donne l’impression que tu te mens à toi-même ou que tu vas tomber dans peu de temps : tu ne perds pas grand-chose en renonçant à la relation amoureuse homosexuelle. Elle est moyenne et insatisfaisante pour tout le monde, sans exception, et à tous les âges. Donc relativise la hauteur que tu attribues à ton précipice. Cela t’aidera à avoir moins le vertige, à moins te sentir envieux de la vie que tu n’as pas, et moins étranger de ta situation conjugale et familiale, situation certes inconfortable mais pas malheureuse, ou en tout cas pas plus malheureuse que celle que tu vivrais dans les bras d’un homme. Paix, joie et humour, mon frère. Ce que tu es parvenu à construire dans la différence des sexes, apprends à le regarder autrement, avec indulgence et émerveillement. Ce que vivent les personnes homosexuelles qui décident de pratiquer leur homosexualité, essaies aussi de le désacraliser.

 

Le Réel est ton meilleur maître. Le temps, ton meilleur allié. La patience et l’humour, tes meilleurs consolateurs. Tout engagement humain, même heureux soit-il, passe par un renoncement crucifiant. Personne, en amour, n’échappe à la porte étroite. Tu n’es pas plus malheureux qu’un autre. Il est même probable que tu sois plus heureux qu’une personne qui pratique son homosexualité.

La « bonté » du diable

Cela aura de quoi étonner beaucoup de monde. Mais le diable, pour mal agir, singe de faire le bien. Et le pire, c’est qu’il croit en la beauté de sa comédie.
 

Photo de Slate sur Twitter le 28 octobre 2014... ou Le fascisme des anti-fascistes.

Photo de Slate sur Twitter le 28 octobre 2014… ou Le fascisme des anti-fascistes.


 

Ce que la plupart des gens a du mal à comprendre, c’est qu’en bon hystérique, le diable veut à l’Homme tout le bien du monde (pour qu’Il se détruise Lui-même sans que lui en porte la responsabilité et ait à intervenir) et non pas tout le mal du monde. C’est le paradoxe souligné par l’adage « L’enfer est pavé de bonnes intentions ». Le diable pleure sur nous, compatit à la souffrance et à l’orgueil qu’il nous attribue, prie même pour nous. Il est désolé, révolté par notre situation, éploré, gémissant, indigné par notre soi-disant « monstruosité ». Au milieu des barricades, il veut sauver « l’ignoble bourreau » – que nous serions – de lui-même. Il veut nous prendre dans ses bras, nous raisonner, nous convertir, nous faire participer à l’Histoire. Il veut que nous nous en sortions (de la merde où il nous a foutue… mais ça, il se garde bien de le reconnaître). Sa comédie et son alibi pour nous détruire, c’est la compassion. La compassion qui est le péché d’Ève.

Saint Antoine de Padoue, mêmes combats

De son vivant, Saint Antoine de Padoue a lutté contre trois grands ennemis : l’invasion musulmane, les riches et les hérésies cathares. Et c’est drôle comme je me sens appelé à lutter exactement pour les mêmes combats (les cathares s’appelant aujourd’hui les bobos).

La fausse avancée de la France dans l’échiquier de la lutte pro-life et pro-famille : comme dans les jeux vidéo, on est juste passés au plateau suivant.

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Internationalement, en ce moment, la Manif Pour Tous fait figure d’exception avec ses manifestations anti-mariage gay multimillionnaires. Et moi qui commence à voyager dans d’autres pays rêvant d’égaler notre mobilisation, je me retrouve dans la position grotesque de devoir répondre à la question « Quel est votre secret ? » par un : « Ben nos chefs l’ignorent ! » Comme dans les jeux vidéo, mon pays a apparemment gagné numériquement parce qu’il a franchi « avec succès » le plateau suivant, plateau que personne n’avait atteint jusque-là… mais comme ça s’est fait sans intelligence, sans les bons arguments, sans conscience, sans débat commun, sans compréhension des enjeux, en serrant les fesses, en appuyant sur n’importe quel bouton de la manette, ne demandez pas à nos responsables comment ils ont fait et quel est leur secret : ils l’ignorent ! Et concrètement, même s’ils se gargarisent de nos chiffres et de nos points accumulés (comme un gagnant du loto qui n’a eu que le mérite de miser gros et de gratter), même s’ils semblent avoir trouvé la solution, ils ne connaissent pas la manip qui les a conduit à la solution. Ils ont juste le sentiment de « tenir quelque chose », de ne pas « lâcher » ce qui ressemble à un fil d’Ariane… mais ils restent quand même dans le noir. Leur victoire n’est surtout que numéraire. Bon, ok, voilà, ils ont changé de monde, ils ont progressé dans le jeu. Et alors ? Ça ne leur fait pas gagner la partie. Et loin de là ! Ils accumulent – moins rapidement mais tout autant que nos pays voisins – les défaites. Ils ont juste la maigre consolation des photos souvenirs, la chance de dilapider un peu moins vite que les autres leur richesse et leurs forces de vie, la maigre consolation d’avoir passé une frontière. Mais ce passage n’a rien d’historique. L’union civile et le mariage gay ont été votés en France. Nous avons vécu une défaite. C’est une réalité.
 

La vérité, c’est que la France n’est pas tellement plus avancée que les autres pays en matière de lutte contre le tsunami des lois transhumanistes prenant appui sur les lois pro-LGBT. Car elle n’aurait jamais dû faire d’un de ses moyens de combat (= les manifs) son but, son combat. Elle n’aurait jamais dû faire de sa dernière cartouche sa première. Et c’était très clair à la réunion du 5 septembre 2012 à Saint Sulpice (LA réunion des généraux, en quelque sorte) : dans tous les moyens d’action qui se présentaient à nous, les manifestations de rue auraient dû passer en dernier, quand ni les idées, ni les négociations n’auraient eu le dessus. Nos opposants, quoi qu’on en dise, étaient, pour certains, prêts aux débats d’idées, et dans l’incertitude quant à leur projet de « mariage pour tous ». Et un combat ne se gagne pas d’abord à la force numéraire des troupes, mais à la force des idées, des mots, des débats, des personnes incarnant nos valeurs.
 

Nous, Français, avons zappé la phase de débat et d’affirmation de nos idées, tout comme nos détracteurs, car nous-mêmes ne voulions pas parler d’homosexualité. Nous avons juste eu la chance de deviner que nous devions le faire, et d’avoir amorcé un peu de le faire. C’est le fait de parler d’homosexualité, et seulement cela (avec la force symbolique du mariage), qui a permis aux Français de se décomplexer, de se déplacer en masse et de comprendre qu’ils n’étaient pas contre les personnes homos en s’opposant à une loi qui se faisait passer pour elles. Mais malheureusement, à cause de l’impatience de Frigide Barjot et de Civitas à aller manifester et à « se faire voir », à cause du manque d’autorité d’associations plus qualifiées pour le débat d’idées serein (VITA en première ligne : Tugdual Derville n’a pas assumé son groupe ni son rôle), à cause de mon éviction des débats, à cause du traitement superficiel du thème de l’homosexualité par Frigide Barjot, nous sommes passés à côté de notre magnifique opportunité d’inverser la vapeur. Nous avons perdu notre Joker homosexuel et l’avons passé à l’ennemi, qui n’avait que le mot « homosexualité » en bouche, et qui veut encore nous faire croire qu’il en a le monopole. Mais j’explique le relatif « succès » et l’exception française par le début courageux du traitement du sujet de l’homosexualité… et j’explique aussi le feu de paille qu’est ce succès par la peur homophobe qui a suivi. L’intuition des Français n’est pas raison.

Nos 3 belles Croix : les sentiments – Amitié – Adoption (ou Pourquoi on se fait souvent couillonner dès qu’on parle d’homosexualité en société ? Et pourquoi c’est bon signe ?)

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Pourquoi on se fait souvent couillonner dès qu’on parle d’homosexualité en société et que les autres apprennent qu’on a manifesté contre le « mariage gay » ? Et surtout, pourquoi ça reste quand même bon signe (même si c’est regrettable et frustrant) ?

 

Ça n’est un secret pour personne. L’homosexualité : sujet pas facile à traiter en soirée en famille, entre potes, au boulot, sans que ça finisse en baston ou en incident diplomatique. Si vous ne voulez pas perdre des amis, « Fermez-la » nous conseille-t-on. Profil bas ! Et pour les valeureux inconscients comme moi, qui, par charité chrétienne et Vérité, décident de sortir de l’omerta, il faut reconnaître que « nous l’avons trop souvent dans le baba » dès qu’en société nous commençons à discuter d’homosexualité et de notre opposition au « mariage gay ». Pourquoi ces échecs cuisants à répétition ? On n’est pas bons ? On dit le mauvais texte ? On aurait loupé un épisode ? Que se passe-t-il avec ce savon glissant de l’homosexualité ? Pourquoi on s’y casse souvent les dents ? Et bien, je crois, pour trois raisons très simples (si on les identifie, ça nous aidera peut-être à faire contre mauvais accueil bon cœur…). Et je vous préviens : ce ne sont pas « les médias », ni « l’UMPS » , ni « le Gender », ni les « conséquences de la loi Taubira », ni « la dictature libérale libertaire (niant la dignité humaine et les limites) », ni la « force du lobby LGBT » , ni le « transhumanisme » : nous glissons pour des réalités bien plus positives.

 

Dans tous ces combats pro-famille, pro-sexuation femme/homme et anti-actualisations du désir homosexuel, notre beau drame (je dis « beau » car il concerne au fond la vulnérabilité intangible de l’Amour et de la Vérité : si la différence des sexes et Dieu s’imposaient dans toute leur évidence, Ils ne seraient plus des Réalités d’Amour qui nous laissent la liberté et le temps de Les choisir ; Jésus et Marie apparaîtraient illico dans le Ciel…) qui nous empêche de dénoncer efficacement et rapidement l’homosexualité comme mauvaise (alors que je peux vous assurer que mauvaise, elle l’est : le rejet de la différence des sexes – différence qui nous fait tous exister et aimer pleinement – est objectivement inhumain et violent, même s’il est parfois subi et involontaire au niveau du psychisme humain), c’est que celle-ci est enrobée de 3 réalités qui objectivement restent bonnes, magnifiques ou peu dangereuses tout pendant que l’homosexualité demeure à l’état de désir non-essentialisé, non-sentimentalisé, non-érotisé, non-acté.

 

Ces trois 3 réalités qui nous empêchent de dénoncer facilement l’homosexualité, ces 3 (bons) bâtons dans nos roues, qu’on peut difficilement attaquer, dont on ne doit pas se débarrasser (mais dont on doit seulement se méfier), et qui donnent à l’homosexualité l’apparence d’un bien, c’est : 1) le statut de DÉSIR-SENTIMENT (non-essentiel et non-acté) de l’élan homosexuel ; 2) la force objective de certaines AMITIÉS HOMOSEXUÉES ; 3) la beauté de certaines ADOPTIONS parentales.

 
 

Je m’explique. Nous souffrons :

 

1 – du fait que l’homosexualité ne soit à la base qu’un DÉSIR (et, de surcroît, un désir qui, dans bien des cas, s’impose à la personne qui le ressent). Cela fait à la fois notre bonheur (l’homosexualité ne peut pas enfermer l’être humain dans une identité ni une pratique : elle le laisse libre, d’une certaine manière, et ce malgré le conditionnement forcé qu’imposent certains fantasmes sexuels inconscients) à la fois notre inconfort (il serait plus facile de s’attaquer à une réalité indiscutable, palpable, à une volonté sciemment posée, ou à une personne de chair et en os… mais un désir muet, un fantasme en suspension, ça glisse des mains !)

 

2 – de la force des AMITIÉS humaines entre personnes de même sexe (on a tous un ou une meilleur(e) ami(e) de notre sexe, et sans pour autant que cette relation soit amoureuse, on mesure combien elle est précieuse et forte, combien elle n’est pas négligeable ! D’autre part, l’expulsion de la différence des sexes dans une relation humaine homosexuée n’est pas violente si et seulement si elle se vit dans le cadre de l’amitié ; c’est simplement en amour qu’elle devient violente, car l’amour est un don total seulement permis par la différence des sexes. Pour le coup, « à cause » de la beauté de certaines amitiés humaines privilégiées entre personnes de même sexe, il devient alors extrêmement difficile, dans les cas d’une homosexualité active, de nier la part bénéfique d’amitié – malgré tout pervertie/travestie par les gestes de l’amour – qui se vit dans certaines unions homosexuelles ; et il devient aussi extrêmement difficile de dissocier l’amitié forte que nous pouvons ressentir à l’égard de telle ou telle personne homosexuelle, et ce qu’elle vit en « couple » homo. Nous sommes donc fortement handicapés pour garder notre lucidité sur la violence de l’homosexualité pratiquée à cause d’un trésor objectivement fort : l’amitié désintéressée qui peut exister dans beaucoup de relations humaines, lien qui est déjà très forte, même s’il n’égale pas la force de l’amour entre une femme et un homme, ni entre un célibataire consacré et Dieu. Dans les débats sur l’homosexualité, c’est un trésor – l’amitié – notre frein ! C’est dingue, mais c’est comme ça.)

 

3 – de la beauté de l’ADOPTION parentale (s’il suffisait d’être parent biologique pour aimer son enfant, ça se saurait ; s’il suffisait d’avoir un enfant pour qu’un couple femme-homme s’aime, ça se saurait aussi ; si toutes les unions homosexuelles étaient infécondes dans d’autres domaines que la procréation biologique, ça se saurait ; si ces unions homos élevaient toutes mal les enfants qu’elles ont parfois à charge, ça se saurait ; si la seule présence de la différence des sexes ou de la capacité à procréer étaient une garantie de réussite d’un couple puis d’une famille et d’une éducation et d’un équilibre filial, ça se saurait ; si certains cas d’adoptions parentales – même si elles ne sont pas équivalentes à la réalité et à la force de certaines paternités biologiques – n’étaient pas déjà magnifiques, ça se saurait. Bref, l’adoption parentale complète, pallie un manque et une situation non-idéale, ne comble jamais complètement ce manque… mais parfois, grâce à l’aide de la différence des sexes aimantes et de Dieu, y pallie super bien : bons nombres d’enfants adoptés peuvent en témoigner ! Donc là encore, dans les débats sur « l’homoparentalité » et le « mariage gay », on est mis dans la merde par le trésor incertain de l’adoption !).
 
 

Derrière tout cet inconfort que je vous décris dans les débats sur l’homosexualité – inconfort largement expliqué par le fait que nous nous retrouvions à défendre des réalités humaines « positives mais pas les plus abouties, pas les plus totales, pas les plus données, pas les meilleures, pas les plus fondamentales et pas les plus universelles qui soient » (= les pulsions sexuelles, les sentiments, les amitiés, les paternités adoptives et éducatives mais pas de sang, c’est cata ou neutre quand il n’y a pas d’amour et très bon quand il y a de l’amour ET des corps sexués complémentaires, c’est en soi mi-figue mi-raisin, c’est rare quand c’est réussi, c’est tout sauf généralisable à l’ensemble de l’Humanité) se trouve une Bonne Nouvelle : nous souffrons que la différence des sexes (sexuation + génitalité + amour conjugal + procréation et construction d’une famille) et Dieu (Jésus + son Église institutionnelle) soient des trésors fragiles parce que des trésors d’Amour, soient des grains de sénevé (déjà éclos dans le temps éternel et pas encore éclos dans notre temps humain), des pierres d’angle encore rejetées, des toutes-puissances aimantes qui prennent (par amour !) l’apparence de détails. Notre douleur, c’est leur humilité (et beaucoup notre orgueil !). S’ils n’étaient pas Amour, s’ils pouvaient se prouver et s’imposer à tous comme des évidences indiscutables, jamais ils ne seraient des Mystères d’Amour, de douceur, de pardon, de discrétion, de délicatesse, d’humour, de miséricorde, de patience. Nous payons donc, à chaque fois que nous essayons de discuter d’homosexualité en vérité et en aimant les personnes (homos, hétéros gays friendly, et autres) le prix fort de la Croix et de notre liberté ! Bref, il n’est pas heureux qu’on se fasse couillonner, mais heureux que Jésus permette qu’on se fasse couillonner pour nous rappeler qu’Il ne nous appartient pas, que nous sommes libres de Le servir, et que l’Amour est humilité. Alors surtout, pour toutes ces bonnes causes de douleur, pas de raison de s’énerver ou de s’attrister quand on parle d’homosexualité ! Celle-ci est une occasion rêvée pour nous de manifester la tendresse de « looser » (Vainqueur) de Jésus.
 
 
 

Schématiquement, ça donne ça :
 

Trinité dans la différence des sexes (RÉELLE, POSITIVE et la MEILLEURE):

personne sexuée / couple femme-homme aimant / famille procréative aimante ou famille stérile aimante
 

Trinité divine (RÉELLE, GRANDIOSE et la MEILLEURE) :

Esprit Saint / Jésus-Fils et les êtres humains / Dieu le Père et les célibataires consacrés
 

Trinité homosexuelle (CONCRÈTE, IRRÉELLE et NÉGATIVE) :

désir homosexuel essentialisé en « l’homosexuel »/ le « couple » homosexuel sentimentalisé en « L’Amour universel » / la « famille » homosexuelle ou hétérosexuelle
 

Trinité humaniste (pas nécessairement avec la différence des sexes ni avec Dieu ; NEUTRE ou BIEN) :

désirs, sentiments et fantasmes/ l’amitié / la paternité adoptive ou famille procréative peu aimante
 

L’arc-en-ciel est dans l’école (« Ceci n’est pas un film de cow-boys » dans les collèges)

Appel à toutes les voitures : l’arc-en-ciel est dans l’école, je répète, l’arc-en-ciel est dans l’école.
 

 

J’apprends à l’instant que le court-métrage « Ce n’est pas une histoire de cow-boys » va être proposé prochainement à plusieurs collèges. Je n’aurai pas le temps d’en faire une critique (contrairement à ce que j’ai pu fournir pour les films « Au premier regard » ou encore « Pride » ). Mais bon, c’est la même recette. La thématique homosexuelle est justifiée et diluée dans ces films de propagande parce qu’elle est couplée à un thème dramatique suscitant la compassion (le handicap, la discrimination raciale, la pauvreté, un accident, un conflit armé, une intolérance religieuse, etc.). « Ce n’est pas un film de cow-boys » de Benjamin Parent, en utilisant les jeunes des cités, surfe sur la même vague démago et le même chantage affectif que les récents films « La Vie d’Adèle » d’Abdellatif Kechiche, « Métamorphoses » de Christophe Honoré, ou « Bande de filles » de Céline Sciamma (qui sort aujourd’hui en salles), avec toujours la classique confusion de la thématique homosexuelle avec celle du racisme, de l’immigration, de la jeunesse « artistique », et de la misère économique/culturelle, pour faire passer la première comme une lettre à la Poste. Amalgame classique entre différence des sexes (souplement intangible) et différence des espaces (sans cesse changeante). Malhonnêteté et mensonge, en plus d’une exploitation des plus pauvres (qui, dans la réalité, ne justifient absolument pas l’homosexualité), et d’un racisme positif (« Puisque je t’ai dit que t’étais FORT ! Félicitations, putain ! T’es ouvert et tolérant et gay friendly, et tu fermes ta gueule, compris ?! » : cf. le compliment agressif et autoritaire de l’extrait Youtube ci-dessus).

Synode : l’occasion ratée

pape

 

Fin du Synode sur la famille. La question de la pastorale spécifique à l’égard des personnes homosexuelles et des moyens concrets pour assurer leur accueil par l’Église est tombée à l’eau. Balayée. Étouffée. Reportée.

 

Comme le signale cet article : « Le paragraphe s’interrogeant sur ‘quelle attention pastorale soit opportune‘ pour les situations des ‘personnes avec une orientation homosexuelle au regard de l’enseignement de l’Église‘ et indiquant qu’elles doivent ‘être accueillies avec respect et délicatesse‘ a manqué de seulement une poignée de voix pour être adopté aux deux-tiers (118 pour, 62 contre, 3 abstentions). La majorité requiert aux deux-tiers requiert 122 voix. »

 

Sujet jugé trop glissant et pas assez mûr (mais dans la tête et le coeur de qui ?), alors que pourtant les besoins sont énormes et urgents : la thématique de l’homosexualité dépasse largement les seules personnes homosexuelles (on a vu avec les récentes lois sur la famille qu’elle déborde sur le mariage, la filiation). Et le problème du dossier sur la « pastorale spécifique », c’est que la question reviendra, qu’elle met déjà en difficulté notre Église, et qu’elle était au centre des attentes des gens non-croyants, des médias mais aussi des catholiques. Notre Pape a eu le mérite de la poser, mais pas le courage (à cause de la pression alentour, sûrement) d’y répondre. Le bilan du Synode est donc forcément un peu triste… même si je n’en ferai pas tout un plat. Cet événement était juste une occasion rêvée pour enfin sortir un discours clair sur l’homosexualité, pour se débarrasser du problème du non-dit, pour s’approprier la thématique et s’en libérer, pour aller vraiment à la rencontre des personnes homosexuelles… et force est de reconnaître qu’on a une nouvelle fois loupé le coche. L’esquive n’est pas la solution, et elle est même inquiétante et inconfortable pour l’avenir de notre Maison. Mais ça m’a au moins permis/forcé d’écrire ce texte il y a quelques jours, qui sera peut-être utile un jour.