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Neuf clés concrètes pour arrêter la masturbation et le porno

NEUF CLÉS CONCRÈTES POUR ARRÊTER LA MASTURBATION ET LE PORNO (à destination de ceux qui reconnaissent que ces pratiques ne rendent pas pleinement heureux, et qu’au contraire elles nous frustrent plus qu’elles ne nous libèrent de la frustration !)

Concernant mon livre « L’homosexualité en vérité » (2012), plusieurs fois on m’a gentiment reproché d’avoir été trop court et évasif dans ma réponse sur la question de la masturbation. En effet, proposer comme seul moyen d’arrêt de cette pratique « l’amour de l’Église », c’est bien beau, c’est bien gentil (lol), c’est bien pieux, c’est bien vrai (car l’amour de l’Église-institution est tout à fait l’aboutissement et la synthèse de tous les moyens que je vais vous décliner maintenant)… mais pas très concret pour celui qui a de temps en temps du mal à envisager l’Église comme une épouse et une personne concrète pour laquelle se battre sans discuter. Alors, rapidement, je vais essayer de dresser une liste des méthodes pratiques qui m’ont permis d’arrêter mon caprice sensuel/sensoriel.

1 – La méthode trash (lol) : se couper le bras ou s’arracher l’œil (dans le sens figuré, je vous rassure, et pourtant, déjà très littéral et concret de la Bible : « Si ta main t’entraîne au péché, coupe-la ! Si ton œil t’entraîne au péché, arrache-le ! », Marc 9). En gros, cela revient ni plus ni moins à avoir l’audace de fermer les yeux quand la scène chaude d’un film arrive, ou quand le clic de l’icône internet d’un lien érotique nous démange. Détourner le regard. Et comme en général cette scène chaude arrive avec d’énormes sabots, nous risquons très peu d’être pris au dépourvu ! 😉 Donc usons et abusons de la fonction « Switch off » de notre nerf optique ! Cette action est fragile (donc difficile), intime, mais ô combien efficace !

2 – Deuxième proposition : Ne plus négocier avec soi-même. Savoir se dire clairement « NON », sans revenir dessus. C’est une incroyable expérience de sa petite Liberté. Mais il faut le faire ! Je reconnais que c’est cette action qui m’épargne le plus de fatigue et de dilemme, franchement (Quand on me dit que je suis courageux d’avoir arrêté la masturbation depuis janvier 2011, je me marre, car ce qui était coûteux, c’était d’essayer d’arrêter sans s’en donner vraiment les moyens ; arrêter « tout court », ce n’est ni fatigant ni courageux : au contraire, c’est net, sans bavure – ou presque lol – et reposant). Bien souvent, nous tombons et nous faisons le mal de la masturbation simplement parce que nous avons grillé/négligé les étapes préliminaires qui nous ont conduit ensuite à nous retrouver le pantalon baissé devant notre écran, à sortir notre carte bancaire au vendeur du sex-shop, à payer notre place au sauna. Nous avons joué sincèrement les ingénus, en tournant autour du pot, alors que c’était déjà là (au « tournage de pot ») qu’il fallait se prendre en main et se dire clairement « non » à soi-même. Au lieu de s’attaquer au sommet (l’acte ultime du péché) pour mieux justifier notre découragement et notre démobilisation, c’est déjà les premières marches qu’il faut refuser. C’est sur les mini-tentatives de séduction de l’enfant capricieux qui est en nous qu’il faut travailler, et non sur le gros caprice, qui est déjà en soi une suite logique du « mal déjà fait », un après-péché. Au fond, nous savons tous quand nous commençons à faiblir, à être complice de notre mal intérieur. Et comme me le disait un jour un ami prêtre (concernant le fait d’arriver à ne pas coucher avec une personne qui nous attire), il est plus facile de dire « non » en bas de l’immeuble qu’au seuil de la porte de l’appart’. Pareil pour la masturbation : il est plus facile de se dire « non » à soi-même sur les étapes antérieures à la masturbation que juste au moment de passer à l’acte.

3 – L’évangélisation. Le fait que j’aie rendu public l’arrêt de la masturbation m’a énormément responsabilisé et aidé à tenir parole. Je dois le reconnaître. Autant l’exhibitionnisme enchaîne et doit choquer à juste titre (la génitalité, c’est prioritairement de l’ordre de la sphère privée  et du secret, même si elle concerne aussi la sphère publique), autant le cadeau de sa génitalité à Dieu et l’explication de son sens universel brisent beaucoup de nos propres chaînes et des chaînes de nos contemporains ! Le don de sa fragilité aux autres et à Dieu, c’est la vraie libération. Et j’ai remarqué que si je retombais dans la masturbation, je n’aurais plus la force de dire que j’ai arrêté, de mentir. Sur le terrain si honteux de la masturbation, sur le terrain si audacieux de l’arrêt de la masturbation, soit on FAIT et la parole est libérée, soit on ne fait pas et la parole est morte. C’est systématique. Sans la masturbation, nous goûtons aux grandes choses.

4 – Arrêter de donner trop d’importance à nos actes mauvais et au mal : ce n’est quand même pas eux qui nous définissent entièrement, qui remettent en cause notre dignité humano-divine. Ce ne sont pas eux qui ont gagné, que je sache !

5 – S’efforcer de pratiquer la prière-oraison (de temps en temps, même si, selon les personnes, ce n’est pas toujours trop notre tasse de thé). C’est elle qui, seule, peut nous faire découvrir que nous avons une Vie intérieure, une vraie liberté, que nous abritons le Prince de la Paix dans notre cœur. Si nous ne prenons pas le temps de nous poser et de mesurer que notre corps est sacré, qu’il est réceptacle de Jésus, qu’il abrite une V.I.P., c’est évident que nous allons le maltraiter dans la jouissance égocentrique, l’auto-consommation.

6 – Admettre d’une part que nous sommes tous sans exception abstinents, qu’on le veuille ou non (même l’homme marié, il ne passe pas son temps à coucher avec sa femme : à un moment donné, il arrête !lol ; après, il y a ceux qui subissent cette abstinence, et qui s’appellent les libertins ET les frustrés, et puis il y a ceux qui la choisissent et qui y mettent de la liberté, et qui s’appellent les continents – s’ils sont religieux ou personnes homos – ou chastes – s’ils sont mariés dans la différence des sexes ; la continence n’est donc pas un exploit surhumain, une bizarrerie, un choix insurmontable et irréalisable : c’est juste notre condition humaine du bonheur en matière de sexualité) ; comprendre d’autre part que l’abstinence n’est pas la mère de la frustration, pas l’ennemi du plaisir mais au contraire LA condition du plaisir (Par exemple, le vrai amateur de chocolat, ce sera celui qui saura ne pas s’en goinfrer à s’en rendre malade). On ne goûtera au vrai plaisir de la génitalité que si nous savons nous en priver de temps en temps et en choisir le meilleur usage.

7 – En général, la tentation de masturbation arrive quand existentiellement on s’emmerde et qu’on n’ose pas s’avouer qu’on souffre de ne pas avoir trouvé son grand projet d’Amour (ou pire, qu’on n’est pas comblé en couple). Alors, je serais tenté de dire : « T’es pas content ? Et bien CHANGE DE VIE ! » Des fois, cette décision peut prendre le chemin de la radicalité, avec les grands moyens. Mais le mieux, c’est quand elle se fait sans grands changements apparents. On a toujours le même boulot, les mêmes activités, la même famille, les mêmes collègues, les mêmes amis. On a juste réussi à se maîtriser dans l’intimité de sa chambre… puis, tout d’un coup, on se rend compte que notre manière de vivre cette même vie d’avant et de regarder les autres a changé du tout au tout. En douceur et en liberté.

8 – Appliquer à soi-même le premier commandement christique « Aime ton prochain COMME TOI-MÊME ». Ce ne sont pas des mots en l’air. Si nous pensons que l’arrêt de la masturbation ne tient qu’aux preuves d’amour verbales que nous formulons à Jésus (prières, chants, sacrifices, confessions, expositions au Saint Sacrement, promesses répétées, supplications, etc.), nous nous foutons le doigt dans l’œil. Jésus semble nous dire : « C’est bien beau de m’aimer en parole. Je ne doute absolument pas de ton amour pour moi. Ce dont je doute, c’est de l’amour que tu te portes à toi-même ! ». J’ai compris, en arrêtant la masturbation, que mon problème d’avant l’arrêt ne venait pas de l’amour apparent que je formulais à Jésus, mais bien de mon manque d’amour de moi-même (qui finalement se reportait, par ricochet, sur la qualité de mon amour pour Jésus). Quand ma voix intérieure m’a dit : « Jésus se fout que tu l’aimes si tu ne t’aimes pas toi-même ! », c’était terminé. Le véritable ami de Jésus, ce n’est pas celui qui connaît par cœur Ses préceptes, qui sait qu’il doit les mettre en pratique, et qui crie (tout en s’enfonçant dans la mer, au moment de pécher) « Seigneur, sauve-moi !!! ». C’est bien celui qui applique sans bruit Ses commandements et qui s’aime concrètement lui-même.

9 – Aimer Vivien Hoch, même quand il vous traite d’« impudique ».

Si jamais les méthodes que je viens de vous exposer fonctionnent, vous verrez que malgré tout, les tentations perdureront (et que vous continuerez de trouver les mecs beaux, si vous êtes un homme à tendance homo). Cependant, alors que votre quotidien n’aura pas radicalement changé, votre horizon (amical, professionnel, artistique, intellectuel, familial, spirituel) va pourtant s’ouvrir considérablement. Un truc de fou ! Vous gagnerez en joie et en liberté. Les gens vous feront inopinément beaucoup plus confiance (alors qu’ils ne sauront rien de ce que vous avez décidé de vivre dans votre intimité sexuelle). Mystère des ponts entre le monde visible et le monde invisible. Et puis si vous devenez un champion de la continence, vous aurez en plus le privilège et la bonne surprise de découvrir que même la vue d’images érotiques ou pornographiques ne vous ébranle plus autant qu’avant, ne vous excite plus au point de vous donner envie de vous masturber. Vous ferez l’expérience d’une vraie libération durable ! d’une vraie joie ! Alors n’attendez plus, et commencez tout de suite. C’est MAINTENANT le moment favorable ;-).

N.B. : Ce petit article vient bien sûr compléter le Phil de l’Araignée n°12 « Éloge de la masturbation ».

 

« De quelle autorité parles-tu ? »

Pendant mes conférences, les rares fois où j’ai été attaqué, ce n’était pas sur ce que je disais, mais sur ma légitimité à parler. « De quelle autorité tu parles ? » ; « Au nom de qui ? » ; « Qui se cache derrière ton discours ? » ; « Pourquoi employez-vous le ‘nous’ ou le ‘on’ ? » ; « Qui vous envoie ? » ; « Quelle est votre secte ? Votre patron caché ? ». Derrière ces questions, on peut lire une attente que je parle de Dieu, mais aussi, en filigrane, un piège : mes contradicteurs veulent me prendre en flagrant délit d’audace et/ou de blasphème, car si je réponds « Jésus » ou l' »Église catholique », ils trouveront à leurs yeux la preuve que je me prends pour Dieu, et donc la justification de leur indignation. J’ai quand même toujours pris ce risque de l’audace en ne reniant pas la raison religieuse de ma prise de parole.

 

« HOMOPHOBIE = MORT »

Quand les anti-homophobie, au lieu d’arborer des affiches géantes « HOMOPHOBIE = MORT », dérouleront des banderoles marquées « HOMOPHOBIE = VIOL (perpétré uniquement entre personnes homos) » ou « HOMOPHOBIE = PRATIQUE HOMO », je commencerai à les suivre.

L’accusation de personnes est le reflet du libertinage

L’accusation de personnes est le reflet et la jumelle du libertinage. Les mêmes qui permettent tout ne pardonnent rien. Les mêmes qui jugent les fautes « impardonnables » sont ceux qui, en secret, les pratiquent. Pensons par exemple à la mise au pilori publique des pédophiles, des violeurs, des gens comme DSK, à la traque à l’homophobie. Il n’y a qu’un moyen, finalement, que cet effet miroir ne fonctionne pas : c’est le pardon après la condamnation de l’acte mauvais. C’est la Miséricorde. Pour Elle, rien n’est « impardonnable ».

 

À quoi sert de parler avec M. Binet ?

À quoi sert de parler avec M. Binet qui n’a même pas lu mon livre et qui refuse de voir l’homosexualité en face ? Cet homme est un imposteur, qui se fait passer pour « gay friendly«  alors qu’il ne pense qu’à lui. Les personnes homosexuelles, au-delà de ce qu’elles peuvent lui apporter comme notoriété et belle image de justicier, il s’en moque totalement. Par ailleurs, je dis cela sans justifier le fait que certains militants anti-mariage-pour-tous l’empêchent de s’exprimer : c’est finalement réagir pas mieux que lui.

 

Je pars au Liban (Adieux ! ^^ Heureux de vous avoir connus)

 

À la veille de mon départ au Liban (voyage prévu du 12 au 19 avril), je vois bien les fortes résistances à ma venue, mais aussi des confirmations qu’elle a particulièrement du sens : les Libanais qui diabolisent l’homosexualité sont ceux-là mêmes qui la pratiquent dans le secret. C’est une folie d’aller là-bas, et en même temps, il y a d’énormes besoins et enjeux. Des enjeux de Paix, d’unité, de guérison, d’amitié. Tel que la société libanaise évolue, ma démarche aurait toujours été, de toutes manières, prématurée, risquée, inconsciente. Donc c’est toujours le bon moment pour y aller et jamais le bon ! Si j’attends que le Liban soit prêt à m’accueillir, je n’y vais plus ! 😉

Je constate que c’est un pays complètement schizo par rapport au sujet : ils pratiquent à donf l’homosexualité, les cas d’inceste, de viols et de double vie homosexuelle pullulent… mais NON, ça n’existe pas ! Faut pas en parler ! Le Liban n’est pas prêt ! En toute logique, un chirurgien de l’homosexualité comme moi, même s’il vient de France, ne peut pas être ovationné ni être ‘persona grata’. Il peut même être perçu comme dangereux. Je m’en moque. Moi, je pense aux gens libanais qui portent la blessure secrète de l’homosexualité, et qui la pratiquent d’autant plus douloureusement que personne ne les aide à la nommer. La perspective de l’opération chirurgicale n’a jamais été, à première vue, une partie de plaisir… même si, sur le long terme, on la sait nécessaire, libérante et positive. Mon voyage sera donc de toutes façons utile, au moins pour faire reculer cette schizophrénie nationale autour de l’homosexualité, schizophrénie dont le contexte géo-politique explosif libanais est le signe le plus latent. Au moins pour les rencontres d’amitié vraies que j’y ferai. Yallah !

Courage, petite flamme !

Les flammes des bougies sont belles parce que fragiles. Il ne peut pas en être autrement. Alors tu ne dois pas craindre d’être parfois fragile, d’être tenté par des personnes du même sexe, d’être balloté par le vent. C’est cette fragilité qui te rend beau et qui peut te permettre d’aimer vraiment. Tu as le droit de sentir tes forces et ton courage te quitter. Ça ne fait pas de toi un lâche ou un pécheur. En revanche, ce qui serait dommage, c’est que tu joues au tout-puissant, que tu nies ta blessure, que tu t’énerves contre elle, et que pour le coup tu t’y adonnes. Être tenté n’est rien : il n’y a que l’entrée en tentation qui est grave. « C’est pas gagné! » dis-tu. C’est pas gagné si tu le veux. De même, c’est gagné si toi et Jésus le voulez et le faites. Courage, petite flamme ! Tu es beau. L’interdit du passage à l’acte homosexuel n’est que l’écrin un peu rebutant et glacial qui protège le trésor inestimable de ta fragilité, de ton amour, de ta flamme.