Archives de catégorie : Je l’ai dit

Égalité hétéros/homos

Vendredi 5 avril 2013. Je lis sur Twitter le message d’un prêtre : « L’argument unique à propos du mariage: RT@Yagg ‘Refuser l’égalité homos/hétéros, c’est de l’HOMOPHOBIE’. Toujours la même chose. Comprendront-ils 1 jour ? »Et j’aurais envie de défendre (pour une fois!) Yagg et de répondre à cet ecclésiastique : « Comprendrez-vous un jour, mon père, combien cette phrase dite par Yagg est d’une incroyable justesse ? (même s’il y a de fortes chances pour que cette justesse ait échappée à celui qui l’a écrite, car je doute que celui-ci ait fait la différence entre l’hétérosexualité et l’amour dans certains couples femme-homme, ou bien qu’il ait conscience de l’exacte gémellité de violence entre l’hétérosexualité et l’homosexualité) Il n’y a pas que les pro-mariage-pour-tous qui doivent être éduqués à la compréhension et à la dénonciation de l’hétérosexualité. Il n’y a pas que les personnes homosexuelles ou gay friendly qui n’ont pas compris les débats sur le « mariage pour tous »! Comme la route est longue pour s’enlever la poutre de l’oeil et cesser d’accuser son interlocuteur… surtout quand ce dernier nous révèle une vérité qui nous dépasse et qui le dépasse !

 

Le taureau par les cornes

Avec les débats sur le « mariage pour tous » en France, j’ai mesuré combien l’immense majorité des opposants à cette loi sous-estimait à tort le sujet de l’homosexualité. Ils pensent que c’est ma petite lubie personnelle, que c’est une mode passagère, un faux débat, ou en tous cas un débat ponctuel et annexe qui ouvrira à d’autres dossiers beaucoup plus inquiétants. C’est faux et archi-faux. Je vous le dis. L’homosexualité est LE sujet le plus central et le plus grave que l’Humanité ait compté. Bien plus grave encore que la pauvreté, que les crises, que les meurtres, que les guerres, que les viols… puisque l’homosexualité, c’est le viol (ou le fantasme de viol) justifié par le sentiment, c’est la guerre habillée en « Amour » ou en « coming out », c’est l’enfer pavé de bonnes intentions. Tant que nous nous refuserons à identifier et à dénoncer collectivement le phénomène, ce mot – et les actes et identités qui lui sont associés, c’est-à-dire « les » homos et « les hétéros » –, continuera à hanter et à parasiter les débats de bio-étique, d’anthropologie, de sociologie, de morale sexuelle, que nous mènerons sur le plan politique, économique, législatif et religieux, dans le futur. Il servira de fer de lance et de prétexte pour faire valider toutes les étapes les plus invraisemblables du transhumanisme (euthanasie, manipulations génétiques, encouragement aux avortements, modification du statut de l’embryon, trafic d’organes, mères porteuses, clonage, l’homme-machine congelé et immortel…). Il sera utilisé, comme c’est déjà le cas, comme matraque idéologique pour faire plier et pour diaboliser n’importe quel intellectuel, tout en se donnant bonne conscience. Voyez. L’homosexualité est une réalité puissante qui a été capable à elle toute seule de renverser l’institution du mariage, alors qu’en théorie, elle n’avait rien à voir avec ce dernier ! Combien plus ce mot, qui renvoie à une semi-identité ou à un amour forcé, annulera tous nos jolis argumentaires scolaires et jargonnants sur les dangers du « Gender », sur la défense de l’« Écologie humaine », sur l’« Humanité durable », etc. ! Tant que nous ne prendrons pas le taureau de l’homosexualité par les cornes, tant que nous ne ferons pas du désir homosexuel (et de l’Amour, incarné exclusivement dans la différence des sexes) une priorité discursive internationale, vous allez voir que sur des terrains totalement périphériques à l’homosexualité, le rouleau compresseur facile de « l’amour asexué universel » (et donc, entre autres et surtout homosexuel) sera, impunément et en toute bonne foi, utilisé. Vous avez peur de juger l’Amour et d’identifier Ses règles ? Vous êtes tétanisés à l’idée de condamner la souffrance, la mort, et le viol, parce que socialement ils sont appelés « identités » ou « amours » ? Votre lâcheté vous reviendra à la figure puissance 1000 ! L’Histoire me donne malheureusement déjà raison.

 

Mes anciens élèves se réveillent !

Signe très révélateur et encourageant pour notre société française : beaucoup d’anciens élèves que j’ai eus au lycée (lycée public, général comme professionnel, je précise ; a priori pas beaucoup de cathos, ni « de droite ») m’écrivent en ce moment pour me féliciter pour mon combat contre le « mariage pour tous » (ou « mariage homo »). C’est dire si nos jeunes adultes ont une conscience citoyenne réelle et du bon sens. Nous n’avons pas à nous décourager pour la jeunesse en France. La relève arrive !

 

La lutte contre la Loi Taubira n’est pas prioritaire ?

Aux gens qui me disent que la lutte contre la circulaire Taubira n’est qu’une « perte de temps », qu’elle n’est pas une priorité nationale, et qu’il vaudrait mieux que les opposants au « mariage pour tous » s’occupent des « enfants malheureux qui meurent de faim ou qui sont malheureux avec des parents hétéros dans le monde entier », je réponds ceci : Non seulement notre opposition n’est pas inutile, mais en plus, nous nous occupons de tous les enfants dans la mesure de nos moyens : des enfants malheureux que les pro-mariage-pour-tous décrivent, et aussi de ceux qui vont être tués à cause de la PMA, de ceux qui vont être volés et achetés à cause de la GPA, et de ceux qui vont être privés de la différence des sexes à cause de l’adoption ouverte aux couples de même sexe. Ce ne sont pas des situations moins graves que les enfants « qui meurent de faim et qui sont malheureux avec des parents hétéros ». Les pro-mariage-pour-tous veulent défendre les enfants? Et bien qu’ils les défendent TOUS, y compris les nombreuses victimes que cette loi du « mariage pour tous » va engendrer.

 

Sommes-nous en train de couler notre propre barque ?

Désolé les amis si cette fois-ci j’utilise beaucoup trop de conditionnels et de « si » à votre goût. Mes observations semblent alors confiner au défaitisme et à la désespérance… et pourtant, je vous assure que je suis plein d’Espérance ! Mais là, je ne peux pas cacher mes intuitions et mes peurs pour l’avenir par rapport au contexte politique français actuel et au projet de loi Taubira.

Si nous avions voulu éviter le pire, c’est-à-dire l’adoption du « mariage pour tous », il aurait fallu démontrer à François Hollande que retirer son projet ne retirait absolument rien aux personnes homosexuelles. Autrement dit, il eût fallu que nous parlâmes calmement avec lui de l’homosexualité, et que les responsables de la Manif Pour Tous ainsi que les manifestants le traitent avec respect, et surtout qu’ils reconnaissent sa sincérité (à défaut de la vérité) de sa démarche. Or pour l’instant, ça n’a toujours pas été le cas, et les occasions s’amenuisent sérieusement de jour en jour, voire sont nulles. Malgré les mutineries-insurrections impressionnantes que l’on voit exploser çà et là cette semaine (M. Montebourg coincé en Gare de Lyon, Mme Taubira cernée à la sortie de l’Opéra à Lyon, prochaine intervention télévisuelle de M. Hollande boycottée demain soir, etc.), le cheminement intérieur – je parle du coeur – de nos ministres et de notre gouvernant n’a pas été fait, n’est pas respecté et n’est que très peu accompagné. Au contraire. Nous brusquons les choses par notre mépris et constatons que les porte-parole de notre mouvement d’opposition, en plus d’être incapables de fédérer, ne comprennent pas qu’ils ne sont pas les plus crédibles et les plus qualifiés pour parler d’homosexualité.

Il y a donc peu de chances pour que notre Président fasse encore machine arrière. Il est même probable qu’il reprenne inconsciemment à son compte le slogan préféré des anti-mariage-pour-tous « On ne lâche rien ! » tellement sa crispation du moment le pousserait à la tétanie mimétique. Sa radicalisation probable n’arriverait pas s’il savait pour quelles raisons valables il doit retirer la loi. Maintenant, l’orgueil risque de prendre le dessus et peut le mener à un durcissement encore plus incohérent et inattendu que prévu.

Et les anti-mariage-pour-tous seraient responsables de cet entêtement. Car ils n’expliquent rien : ils s’opposent maintenant frontalement, et sont même prêts à terroriser (« pacifiquement »). En zappant la phase de négociation et d’explication par des opérations « coup de poing », ils sont en train de griller toutes nos cartouches, et d’encourager notre Président à tout casser avant de se casser (ou d’être délogé). Il va vouloir faire passer au moins la loi avant de capituler et de sortir par les coulisses. C’est le seul acte d’autoritarisme qu’il lui reste. Je suis donc très inquiet.

 

27 mars 2013

 

Ne méprisons pas « les médias »

Ce qui m’attriste le plus dans notre société mondialisée actuelle, c’est notre rapport idolâtre aux médias. C’est la haine complice vis à vis de ceux-ci ou du pouvoir, comme s’ils étaient le diable en personne. Vraiment, je le crois : les médias ne sont pas assez aimés/sont trop aimés. C’est pour cela que la majorité de nos contemporains en sont esclaves, et que le monde se virtualise, perd la boule. C’est là le scandale, la cause principale de beaucoup de nos maux individuels et sociétaux. Il n’y a jamais eu autant de moyens de communication, ni paradoxalement de censure de la liberté de la presse et de journalistes assassinés qu’aujourd’hui. Alors je suggère ceci : si nous cessions de diaboliser les moyens de communication ou de les sacraliser ? Et si nous essayions de les aimer un peu plus, pour mieux les laisser à l’état d’instruments, et non plus les transformer en but ou en personnes ? C’est la raison pour laquelle je me force le plus possible, dans mes écrits et dans mon discours, à ne plus dire « LES médias » mais plutôt « beaucoup de médias » ou « les mass media ». À ne pas généraliser. Employer dans l’anathème l’expression « LES médias », ça ne veut rien dire ! C’est comme le mot « société ». De par notre humanité et notre place sur Terre en tant que lien social, nous sommes tous un maillon des médias et de la société. Les médias, c’est nous ! La société, c’est nous ! Alors arrêtons de nous mépriser et de nous nier à travers eux !

 

Retours de « C’est bien gentil ! »

Pour 1000 méchancetés que je me prends dans la figure pour « C’est bien gentil! », un seul remerciement spontané d’un fan inconnu suffit à faire ma joie ! J’ai eu des mères de famille qui sont venues me voir juste pour me dire que leurs jeunes ados connaissaient la chanson par coeur et l’avaient chorégraphiée puis filmée en soirée scout. J’ai eu des curés qui m’ont dit que des paroissiennes étaient venues exprès avec leur carré Hermès à la messe, et que leur évêque avait adoré « C’est bien gentil ». J’ai entendu des prêtres qui ont cité ma chanson en pleine homélie. Je suis allé dans des villes pour des conférences où mon public vantait davantage « C’est bien gentil » que mon livre (c’est dire si les sensibilités varient selon les régions!)! J’ai eu des jeunes ados qui avaient réussi, grâce à l’envoi du clip par mail, à remotiver des potes qui n’avaient plus envie de retourner à la messe. J’ai eu une ancienne amie du Capès d’espagnol qui m’a écrit qu’elle connaissait des copines à elle qui, en soirée, prenaient beaucoup de plaisir à passer « C’est bien gentil! ». J’ai vu Jean-Baptiste Hibon et sa femme se filmer en train de s’éclater sur une piste de danse, en fin de soirée d’anniversaire, sur ma chanson. J’ai entendu dire que mes propres nièces connaissaient les paroles de « C’est bien gentil! » sur le bout des doigts (surtout « Viens bouger tes fesses », évidemment ^^. Comment se priver d’avoir exceptionnellement l’autorisation de dire devant les parents ce qui ressemble presque à des gros mots ? lol) et qu’elles s’étaient essayées à la scénographie. Tout ça me fait dire que cette chanson porte bien son nom.