Archives de catégorie : Je l’ai dit

Être catho homo ou homo catho ?

J’entends parfois certaines personnes homos cathos (plus « homos cathos » que « cathos homos » d’ailleurs…) justifier l’amour homo en se servant de leur foi, de leur connaissance approximative de la Bible, et de leur religiosité sentimentaliste, pour masquer qu’ils ne suivent pas entièrement ce que leur demande le Seigneur. En bons commerciaux qui considèrent Dieu comme un patron dont l’entreprise serait une institution à la fois méprisable mais tout de même à respecter, ils négocient un compromis avec Lui, pour contourner l’exigence de la Croix. Ils troquent la Vérité et ce qu’ils devinent de l’Amour vrai contre un semi mensonge, un pastiche d’amour, un don amoureux moins entier. En somme, ils s’opposent à la radicalité et au don total proposé par le Seigneur.  Ils saupoudrent leur homosexualité et l’existence de leur partenaire – avec qui, assurent-ils, ce n’est pas que « sexuel » : ce ne serait même quasiment que « spirituel » ! – d’intentions divines… intentions que même Dieu ignore (« Je te rends grâce, Seigneur, de m’aimer tel que je suis, de m’accepter pleinement avec ma différence homosexuelle. Je suis même persuadé que c’est toi qui m’as voulu homosexuel, et qui m’a donné mon compagnon. » etc. etc.). Mais au fond d’eux, s’ils écoutent vraiment la voix de Dieu, ils savent ce qu’ils doivent faire. Ils savent qu’ils ne sont pas exactement à leur place. S’ils ne décident pas de se donner pleinement, s’ils ne choisissent pas le renoncement, ils s’exposent à vivre l’amertume de l’esquive du jeune homme riche de l’Évangile, celui qui a un trésor inestimable entre les mains, mais qui finit par le perdre parce qu’il veut le garder pour lui et a peur de se donner totalement à Jésus.

 

Vie de foi et pratique homo : incompatibles ?

Je ne suis pas en train de leur jeter la pierre : j’ai moi-même, pendant 2 ans, été tenté par un arrangement/partenariat entre ma foi et mon désir de former un couple homo. Cela se révélait, sur la durée, assez foireux et tiède. Je forçais au final le Seigneur à rentrer dans « ma » case, en prétextant que s’Il était le centre du couple que je formerais avec un garçon dans une structure « conjugale » homosexuelle pourtant d’habitude bancale et fragile, Il en serait quand même la condition, le roc, la raison pour laquelle je pourrais plier à l’amour homo et le vivre de manière grande quand même. Un peu comme le diable tentateur au désert, qui promettait à Jésus de le rendre plus grand que lui et de lui offrir le haut de SON piédestal doré une fois qu’il l’aurait soumis à ses exigences. Je voulais sincèrement transformer Dieu en partenaire de mon projet amoureux, et vivre avec un compagnon catho, qui mettrait lui aussi Dieu au centre. Je rêvais d’un « apostolat de couple » en faveur des pauvres et du Christ. Je souhaitais construire un duo homo exemplaire, qui rendrait à la fois témoignage à l’amour homo (limité, exceptionnel, mais quand même réel) et à l’Église catholique. Ce terrain d’entente, séduisant intellectuellement et spirituellement, je me suis rendu compte avec le temps qu’il ne laissait pas vraiment la première place à Dieu, même s’il feignait de le faire. Car c’est moi qui imposait d’abord le couple homo au Seigneur, pour ensuite Lui laisser carte blanche et Lui dire qu’Il en serait le maître. Mais le socle de mon projet, c’est bien moi qui le Lui commandais. Et ça, ce n’est pas la démarche chrétienne du serviteur.

 

Le mal ne doit pas nous toucher

Si nous sommes vraiment en Dieu, rien ne doit nous atteindre profondément. La tristesse, la souffrance, la colère, la jalousie, la cruauté, le sarcasme, n’ont pas d’emprise durable sur nous. Si nous sommes touchés par eux, c’est parce que nous nous éloignons de Dieu sans nous l’avouer.

 

Abandon mondial de l’unicité de la Vérité

Nos contemporains, athées par principe, anti-cléricaux par ignorance, « sans-opinion » (parce qu’avoir un avis c’est « fasciste », « arrêté », « figé »), s’auto-sanctifiant dans une pseudo « neutralité » confortable, sont pleins d’espoir (optimisme, bonnes intentions, valeurs humanistes…) mais vides d’Espérance. Car ils ne croient pas en la Vérité unique pour tous. Dès qu’ils entendent parler de Dieu ou de LA Vérité, ils s’énervent, sans mesurer que leur phobie de LA Vérité est plus fondamentaliste que les croyants qu’ils jugent ainsi. Je me rends compte de plus en plus qu’il existe vraiment des ennemis des chercheurs de Vérité, parce qu’ils ne croient pas en LA Vérité unique (donc en la Vérité tout court) et prennent toute croyance en Celle-ci pour un fondamentalisme redoutable, une terrible prétention, une possessivité dangereuse. Comment, selon eux, la Vérité peut-elle être partagée et sociale, étant donné que dans leur schéma de pensée étriqué et individualiste, Elle n’est qu’une donnée purement personnelle et relative, qui ne doit pas sortir de l’individu ? « La Vérité universelle en partage », c’est une abomination à leurs yeux !  Or ce sont leur manque de foi et leur tentative d’éclatement de LA Vérité, réduite à une simple somme innombrable de point(s) de vue subjectif(s), qui sont finalement fondamentalistes et qu’ils essaient d’imposer à tout le monde sous la forme souriante de l’optimisme, de l’ouverture, de la tolérance, de la diversité, et des bons sentiments. Mais  tendre au Vrai unique, ce n’est pas prétendre Le détenir : c’est justement renoncer humblement à son appropriation. Et l’espoir n’a finalement rien à voir avec la force simple et audacieuse de l’Espérance. Oui, vraiment, les gens gonflés d’orgueil et aveuglés par « leurs » petites vérités éphémères ne sont pas ceux qui ont choisi comme chemin LA Vérité, mais bien ceux qui ont renoncé à LA Vérité, trop déçus qu’ils étaient/qu’ils sont d’avoir cherché/de chercher à La posséder.

 

Profession : démonologue

Profession : démonologue. Quand Philippe Muray affirme, dans Festivus festivus (2005), que « Ce n’est pas de chercheurs sociologues ou de prétendus philosophes que ce monde a besoin, c’est à proprement parler de démonologues. Il faut, et je ne m’excuse pas d’employer ce langage quasi médiéval, des spécialistes de la tentation ; du moderne en tant que tentation démoniaque. (…) Il faut inventer une nouvelle démonologie, cela me paraît être la mission de la littérature d’aujourd’hui. » (pp. 24-29), je suis complètement d’accord. La tentation et les fonctionnements du diable m’ont toujours passionné. C’est d’ailleurs un travail de démonologue que j’ai tenté de faire en traitant dans mon livre de la merde, du mal, des satanismes collectifs, des dictatures et des dictateurs, des techniques amoureuses homosexuelles et des paradoxes du libertin, des manoeuvres et du cheminement bien-pensant du diable. Nous avons à nous frotter au mal (sans agir pour autant comme lui). Au mal qui est en chacun de nous et qui est universel. Au mal qui n’en supporte pas le nom (car n’oublions pas que satan se déteste, ne veut pas entendre parler de lui). Nous avons le devoir de nous approcher du mal, sans peur d’être magiquement contaminé par lui. Avec humour et finesse. Nous avons à parler du mal en tant que force inférieure au Bien, à tenir tête à ces diabolisateurs manichéens laïcards qui ne veulent pas qu’on prononce le mot « mal »… mais qui pourtant partagent précisément le monde entre amis du mal (qu’ils ne seraient jamais, évidemment) et ennemis du mal (qu’ils seraient toujours dans l’idée… mais qu’ils sont rarement dans les faits et les pensées). Il ne s’agit pas du tout de se lançer dans une « croisade contre le Mal pour s’innocenter à son contact », mais bien d’identifier le mal en soi, de se l’attribuer un peu, et de comprendre sa logique démoniaque agissante en soi et chez les autres (car logique, mécanique et rouerie, du mal il y a!) pour mieux le combattre et ne pas le justifier inconsciemment dans un relativisme bien-pensant ou une extériorisation systématique sur les autres. La littérature est un combat, et un combat spirituel pour la définition du mal et en faveur du plus réel des réels : Jésus vivant, amour ressuscité. Écrire c’est tâter le diable en soi. »

 

Compliment à Lorient

Mardi 19 avril 2011. Pendant le merveilleux Café-Philo du Café du Port de Lorient, où j’étais l’invité pour parler de mes livres et du thème « L’homosexualité, c’est quoi le problème? », j’ai reçu le meilleur compliment qui soit de la part d’un garçon homo de mon âge. Il m’a dit, devant une salle pleine et attentive, qu’il aurait rêvé d’écrire mon livre avant moi ; et, un peu envieux, il regrettait d’arriver trop tard… comme si tout avait été dit, et que rien de nouveau sur l’homosexualité ne pourrait succéder à mes ouvrages !

 

Folie mondaine pour la vérité

Bien souvent, on ne peut pas reprocher à notre monde son manque de zèle pour rechercher la Vérité. Mais on peut en revanche lui reprocher de ne pas associer la Vérité à l’Amour. Il veut d’une vérité 100 % sûre et vérifiable scientifiquement, d’une vérité absolutiste, individuelle, quantitative, négative ; il veut tout savoir, tout goûter, avant de se faire une opinion et de hiérarchiser ses avis pour mieux s’engager et aimer. Mais si on sépare la Vérité du Réel ou de l’Amour, on n’est finalement plus du tout dans la Vérité vraie, on n’approche plus le coeur brûlant de la Vérité. Celle-ci devient froide comme la mort, car elle n’est pas associée à une Personne vivante, à une relation, elle n’est pas don de soi.

 

Désir = liberté ?

Ce n’est pas parce qu’il y a désir qu’il y a forcément liberté (… d’autant plus si ce désir est provoqué mécaniquement). C’est sûrement ce que notre époque a du mal à comprendre. Pour elle, tout désir exprimé, toute jouissance ressentie dans l’instant, toute envie, toute attraction, tout élan de tendresse, tout plaisir, est légitime et signe d’amour du simple fait d’être une manifestation du désir. Mais à quel état de frustration affective nous en sommes arrivés pour sentimentaliser ainsi la pulsion…