Archives de catégorie : Je l’ai dit

Les menteurs sincères

Quand Michel Berger, dans sa chanson Ce que la pop music a fait d’une petite fille, écrit : « L’Amour de nos jours n’est plus rien. Peut-être qu’on l’a trop chanté« , il retranscrit parfaitement ce que je pense des chansons actuelles (telles que « Savoir aimer » de Florent Pagny, ou « L’Important c’est d’aimer » de Pascal Obispo) qu’on nous présente comme « belles » alors qu’elles nous parlent si mal d’Amour puisqu’elles Le vident de désir, d’engagement, de volonté, de durée, d’humour, et que, si on s’y penche un peu, elles ne veulent rien dire. Cette platitude sur le discours amoureux n’est pas circonscrite à ces chansonnettes : elle s’étend à l’ensemble de nos contemporains, y compris chez les blasés de l’Amour qui n’ont pas réellement renoncé à cet amour romantique à deux balles chanté par nos artistes populaires. Le plus sidérant dans l’histoire, et finalement le plus drôle, c’est qu’on se fout ouvertement de notre gueule MAIS avec une sincérité que même celui qui se fout de notre gueule trouve belle et émouvante.

 

Mes sources d’inspiration d’écriture

Comment j’ai fait pour écrire un tel bouquin (Homosexualité intime + Homosexualité sociale) ? Je dirais que c’est surtout la marche à pied qui m’a inspiré ! Sans rire : c’est en marchant qu’on trouve toutes les bonnes idées, j’en suis persuadé. Pendant mes 8 années d’études universitaires (de 1998 à 2006), je faisais quasiment tous mes trajets en stop, et je refusais d’utiliser les transports en commun (bus, métro, vélo…). Tout à pied ! Par radinerie, certainement, mais aussi et surtout pour me retrouver, me calmer, avancer avec le Seigneur qui était là sous la pluie, dans le froid, au soleil, parmi les automobilistes et les passants, dans la Nature, dans la ville… C’est comme ça que j’ai écrit mon livre. Tout simplement. Sinon, un autre conseil que je donnerais pour vraiment se lancer à fond dans l’écriture : je ne m’éternisais pas aux soirées entre amis, j’avais (ou/et je faisais semblant d’avoir) un train de vie de « Speedy » célibataire. Par exemple je ne perdais pas mon temps devant la télé, et l’absence de vie de famille ou d’histoires de coeur a eu du bon : un père de famille, ou bien une personne qui doit assurer son quotas de présence auprès de son « petit copain » ou de sa « petite copine », est forcément moins disponible qu’un célibataire. Et surtout j’ai fait le choix de l’isolement quasi-total. Jamais de vacances, pas d’année Erasmus à l’étranger, peu d’excursions. Je me suis cloîtré pendant un an entier dans une chambre d’étudiant à Rennes (année scolaire 2004-2005). J’avais presque pour seul interlocuteur mon ordinateur portable. Alors que personne ne me l’imposait – puisque j’étais en « année sabbatique » si on peut dire –, je me levais tous les jours à 7h et me couchais à 23h. Certaines personnes de mon entourage ne comprenaient pas ma démarche : elles croyaient que je m’isolais, que je stagnais existentiellement, que je m’enfermais dans mes certitudes, que je perdais mon temps et que je ne m’ouvrais pas l’esprit. Cela peut sembler curieux, mais je crois que j’ai autant voyagé (si ce n’est plus !) dans une chambre de 12 m² que si j’avais parcouru le monde entier avec un sac à dos pendant un an. Chaque jour d’écriture était différent, même si je m’asseyais au même bureau, à la même chaise, devant la même fenêtre (le jardin de la famille Bagot enneigé, pluvieux, ensoleillé, obscurci par la nuit, ou dans la rosée du matin, aurait mérité un traitement des peintres impressionnistes !) et devant le même ordi, usé, à force, par le frottement de ma main droite ! Non, je ne me suis pas isolé ; je me suis juste enfermé un temps pour me donner à la rencontre future avec vous. Enfin, ma meilleure source d’inspiration pour l’écriture, c’est la Parole de Dieu et l’Eucharistie chaque dimanche. Cela pourra vous étonner, mais je crois vraiment que la Bible et la messe hebdomadaire donnent finalement le meilleur bagage culturel qui soit puisqu’elles nous apprennent que l’Homme est beau, que la vie est plus forte que la mort. C’est aussi cela que nous apprend toute vraie Culture humaine: la vocation première de la Culture est bien de nous révéler la grandeur divine de l’Homme. Avec la foi, même l’Homme démuni matériellement parlant peut devenir plus sage qu’un universitaire bourré de diplômes mais avec une tête trop pleine et un cœur sec. Être chrétien, cela permet, dans le meilleur des cas, de comprendre profondément sa société, de s’intéresser à tout (même à la merde !) et de privilégier les Essentiels, de douter sans arrêt, de devenir intelligent (même quand on est né loin des bibliothèques et sous l’influence d’une culture télé pitoyable…), d’être un vrai humaniste en somme. L’Homme humaniste, ce n’est pas, contrairement à l’idée reçue, celui qui fonde tous ses espoirs sur « l’Homme sans Dieu », mais au contraire celui qui croit en « Dieu fait Homme » (= Jésus) et qui a mesuré que l’Homme ne serait rien sans ce Dieu crucifié par amour pour lui. C’est pour cette raison que mes profs de fac – pourtant athées et anticléricaux pour la plupart – trouvaient mes dissertations géniales et érudites, alors que je me gardais bien de leur dévoiler explicitement mes sources d’inspiration et d’avouer qu’au fond, je n’ai jamais été un grand « intello » : j’ai juste eu la chance inouïe de recevoir une éducation catholique de mes parents et d’avoir grandi à côté de la bonne source de vie et d’intelligence. La vraie Culture (dans le sens d’« intelligence du cœur » et d’ « Amour de l’Homme »), il n’y a que la foi en un Dieu serviteur et aimant qui la donne. Vraiment, je le crois.

Les Genders Studies : nid d’homophobie

Scoop saisissant que la majorité des personnes homosexuelles mettra des années à comprendre : il y a autant de personnes homophobes chez les ennemis affichés ou masqués des personnes homosexuelles que chez les personnes homosexuelles fières de leur homosexualité et qui barrent l’accès à la réflexion sur leur désir homosexuel pour défendre la soi-disant vérité de leur identité homo ou de leur amour homosexuel par les arguments passe-partout de la tolérance, du « genre », de la beauté de la diversité et de l’égalité. Les Queer et Gender Studies sont des nids d’homophobie, même si elles défendent en apparence les personnes homosexuelles et leur liberté.

Les cathos : les pires et les meilleurs

S’il y a une seule chose dont je suis fier dans ma vie, c’est bien de ma foi catholique. Parce qu’elle ne m’appartient pas, et qu’elle m’apparaît comme juste, et ce, de jour en jour. Ça dépasse de loin toutes les autres dimensions de mon existence. J’ai beau évolué dans des univers artistiques et professionnels athées et particulièrement laïcs, vivre au quotidien au contact d’amis très différents de moi et pour la plupart aux antipodes de mes convictions religieuses, je n’y peux rien : les gens de mon entourage les plus stables, les plus apaisants, les plus drôles, et qui me disent le plus de vérités sur moi-même et sur le monde, je finis toujours par me rendre compte à mon insu qu’ils sont catholiques. C’est logique, quand j’y pense: plus on crée des choses belles et on est un grand acteur social, plus on se rend compte qu’on ne fait que participer à une grande oeuvre divine qui ne vient pas de nous, qui nous dépasse, qui s’incarne en Jésus. Tous mes amis les plus humanistes finissent par venir à la foi, parce que leur expérience de l’amour humain les amène à reconnaître l’amour divin, le service de Dieu auprès des frères. Je vous jure que je ne le fais pas exprès. J’essaie de m’ouvrir, de me persuader que les chrétiens n’ont pas le monopole de l’Amour et de la Vérité (ce qui reste vrai : la grandeur de Dieu, c’est qu’Il peut Se dire à travers tous les êtres humains, sans distinction de sexes, de races, de nationalités, de religions), que je peux trouver mes vrais amis ailleurs, mais rien à faire. Le partage de l’amitié dans la foi, pour moi, il n’y a rien de plus fort. Ça s’appelle la Communion des saints.
 
Mes amis non-croyants m’apprennent aussi beaucoup de choses sur la vie, bien sûr, mais ils ne vont pas aussi loin que mes amis cathos. Et je dis pourtant tout cela en étant conscient qu’il est possible de trouver dans l’Église catholique à la fois les gens les plus cons de la Terre, et aussi les plus géniaux. Pourquoi les plus cons ? Parce que l’illusion de possession de la Vérité et l’instrumentalisation de l’Amour à des fins autres que le service de Jésus et des êtres humains produisent les plus grandes catastrophes humaines (guerres de religion, mensonges, chantages aux sentiments, faux témoignages, embrigadements, meurtres, etc.) et guettent plus spécifiquement ceux qui ont la connaissance de la bonne Source (N’oublions que le diable sait les Écritures par coeur!). Parce que la Vérité, en ayant consenti à s’abaisser à la liberté de l’Homme, n’est pas à l’abri d’être récupérée par ceux qui se revendiquent d’Elle sans l’appliquer concrètement. Pourquoi les plus géniaux ? Parce que le Christ a dit explicitement qu’il était le Chemin, la Vérité, et la Vie, et que ceux qui suivent humblement sa Parole ont fait le meilleur choix qui soit. Ils tendent donc un peu mieux que les autres à la Source d’Amour, d’Humour, et de Vérité, même s’ils ne sont pas infaillibles. Si vous voulez en avoir le cœur net, allez écouter des personnes catholiques qui ont une foi vivante et qui se bougent pour les autres, et vous comprendrez que je ne vous raconte pas de salades. Elles n’ « ont » pas quelque chose de spécial : elles suivent Quelqu’un de spécial.

Sexion d’Assaut ou la preuve que l’hétérosexualité est l’homophobie

Samedi 25 septembre 2010. Je lis les propos du groupe Sexion d’Assaut à propos des personnes homosexuelles dans le magazine International Hip HopPendant un temps, on a beaucoup attaqué les homosexuels parce qu’on est homophobes à 100 % et qu’on l’assume. Mais on nous a fait beaucoup de réflexions et on s’est dit qu’il était mieux de ne plus trop en parler parce que ça pouvait nous porter préjudice. Pareil pour les autres religions, on ne les attaque pas parce qu’on respecte quand même un minimum les autres et qu’on ne peut pas les forcer à être dans le vrai et musulmans comme nous. (…) Il y a quand même des gays qui viennent nous voir ! On ne peut pas se permettre de dire ouvertement que pour nous, le fait d’être homosexuel est une déviance intolérable. »). Ce qu’ont du mal à comprendre ces rappeurs musulmans qui clament fièrement leur homophobie, c’est d’une part qu’originellement l’Islam n’est pas une religion de la haine mais une religion de l’amour, et d’autre part que l’affichage de l’hétérosexualité n’est pas une preuve de sa non-déviance sexuelle (les couples femme-homme solides et qui s’aiment vraiment ne se définissent pas comme « hétérosexuels » mais comme des couples d’êtres humains, tout simplement) mais au contraire un aveu inconscient de sa déviance, une preuve non pas toujours d’une homosexualité refoulée (quoi que… parfois, on a des surprises…) mais en tout cas d’une sexualité violente, machiste, déséquilibrée, dans le cadre pourtant classique des relations femme-homme. Il ne suffit pas qu’un couple intègre la différence des sexes ou la durée pour qu’il soit aimant. L’hétérosexualité et l’homosexualité sont jumelles. Je me tuerai à le dire. Je crois beaucoup plus un homme marié qui refuse de s’étiqueter « hétérosexuel » mais qui aimera véritablement sa femme qu’un homme à la sexualité incertaine qui va se précipiter à se définir comme « hétérosexuel » ou « 100 % homophobe » pour nier les violences qu’il inflige à sa femme dans le cadre normé et apparemment légitime du mariage religieux.

 

Écouter, ce n’est pas juste se taire

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, on est dans l’écoute même quand on parle. Il ne suffit pas de se taire pour bien écouter. Quelqu’un qui parle beaucoup peut aussi être un grand écoutant. L’écoute n’est pas fondamentalement une question de débit de paroles, de quantité, mais bien de qualité de présence (à ce qu’on dit, à qui on le dit, et à ce qu’on dit ensemble), de relation. Écouter profondément, c’est être là pour l’autre, adapter son discours à lui, ne pas lui proposer un disque qu’on ferait écouter pareil devant une autre personne, se taire parfois (mais pas tout le temps!). Écouter, c’est donc AUSSI ouvrir sa gueule! Je dis cela parce que, dans notre société où on nous bassine avec l’idée selon laquelle « l’important serait dans la communication », dans la soumission passive au déballage verbal de notre interlocuteur qui se sentirait forcément mieux après qu’on l’ait laissé faire, on croit qu’on favorise l’écoute. Mais bien des personnes ne sont pas présentes à ce qu’elles disent quand elles saoulent tout leur entourage avec leurs problèmes qu’elles ne veulent pas régler, et que personne ne le leur dit ou ne les aide à s’approprier leurs mots pour mieux les contextualiser, les humaniser, se les approprier ; et notre silence (qui est une fausse écoute) ne les soulage pas du tout.

 

Difficile de retourner aux gros concerts

Plus je me rends à des concerts (des concerts de grande envergure, comme celui du groupe Indochine ou de Mika à Bercy, de Mylène Farmer au Stade de France), plus je trouve ma position complètement déplacée. Je vois ces chanteurs jouer aux dieux qu’ils ne sont pas, accueillir des applaudissements excessifs, susciter des cris hystériques qu’ils ne méritent pas, s’émouvoir d’une communion pas si effective et conviviale que cela, contenter leur propre narcissisme. Et je n’arrive plus à jouer au fan. Je les trouve tellement plus fades que mon Dieu!