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Traduction française de l’interview polonaise pour la revue Christianitas


 

Philippe Ariño a été interviewé par la journaliste polonaise Monika Holvoote pour le journal Christianitas, très connu en Pologne. Et comme les Polonais ne font pas les choses à moitié, l’entrevue fait 16 pages et a respecté à la lettre l’esprit et les mots de l’auteur. Elle a été publiée le 3 janvier 2017 et risque de faire l’effet d’une bombe. Elle vient compléter l’interview radio de Nathalie Cardon à Lourdes, ainsi que la sortie du dernier livre de Philippe Ariño, Homosexualité, la Priorité niée. Voici en intégralité la traduction originale ci-dessous. Vous pouvez également souscrire à la page Facebook de Christianitas. Bonne lecture.
 
 

 
 

– Philippe Ariño, la lecture de tes « codes homosexuels » donne une image triste de l’homosexualité. Notamment, tu parles de la violence qui fonde le couple homosexuel. En quoi consiste cette violence ?
 

Triste lecture dans un premier temps peut-être. Car elle brise des illusions. Mais elle finit bien, rassurez-vous! Car tout lecteur, homo ou pas, est heureux de se reconnaître ou de découvrir dans mon Dictionnaire un reflet de soi inédit, un nouveau monde qu’il croyait fermé, une connivence nouvelle avec l’homosexualité, une proximité insoupçonnée avec les personnes homosexuelles. Au fond, la violence de l’homosexualité vient du fait qu’elle est, en amour et en identité, le rejet de la différence des sexes. La différence des sexes est le socle de notre existence, la condition de l’amour humain. Quand on accueille la différence des sexes, on s’accueille soi-même parce qu’on porte une partie de cette différence des sexes par notre sexuation. Grâce à elle, on accueille également l’autre tel qu’il est, et on peut se donner à lui pleinement. C’est le miracle permis par la sexualité. L’homosexualité, encore au stade de désir, est une peur de la différence des sexes, de l’Humanité… et quand elle s’actualise, cette peur se transforme inconsciemment en violence et en rejet de l’autre/de soi, de la sexualité et de l’Humanité. En violation de l’amitié, finalement.
 

– La peur ? À la surface, on ne voit aucune peur ou rejet de la différence des sexes chez les personnes homosexuelles.
 

Si. Vous la voyez quand vous regardez de plus près notre passé. Avant même de sentir un désir homosexuel, nous, personnes homosexuelles, avons eu peur de ne pas être « un vrai mec », de ne pas être « une vraie fille ». Dès le départ, nous avons eu peur de notre sexuation, donc de la part de différence des sexes qu’intègrent notre identité, notre corps. Bien avant que la différence des sexes soit reliée à la relation aux autres, à une conjugalité, au mariage ou à la procréation, notre peur était déjà existentielle, identitaire, personnelle. Nous avons eu peur d’être ce que nous sommes, et après, forcément, peur d’intégrer l’altérité sexuelle des autres, avec les autres. Quand j’interroge mes amis durablement homosexuels, ils me disent tous qu’à l’origine, ils ont cru qu’ils n’étaient pas comme les autres. Ils ont fait de leur sentiment de différence une raison de se séparer des autres, et un élan érotique pour les rejoindre plus tard à l’âge adulte dans la fusion narcissique.
 

– Elle vient d’où, cette peur ?
 

En général, elle vient d’un mauvais rapport à notre propre corps, à nos semblables sexués, à nos parents, à notre existence, bref, d’une relation blessée. Même si, avec le temps, nous jouons la carte de la fierté, surjouons même une masculinité que nous pensions avant étrangère à nous, faisons de la musculation ou adoptons une attitude cinématographique, c’est une carapace, un vernis. En fait, nous avons une vision très violente des hommes et une vision très violente des femmes. Ou bien, très esthétique, très extérieure. La femme fragile, limitée, nous ne l’aimons pas beaucoup. Chez les femmes, nous adorons la surféminité et chez les hommes – l’éternel masculin, « l’homme tout puissant ». Je pense que nous avons eu peur de cette force et de cette fragilité, alors qu’à mon avis, la « douceur de la force », la « force fragile » est l’essence même de la masculinité, comme d’ailleurs de la féminité.
 

– Philippe, tu t’es fait connaître lors de la Manif pour tous* en tant qu’opposant homosexuel au projet de loi ouvrant le droit au mariage à des personnes homosexuelles. Tu as donc une bonne vision de l’impact social de l’homosexualité. Est-ce que l’homosexualité est un enjeu politique?
 

Assurément oui. Même si beaucoup ne veulent pas lui voir donner trop d’importance et trouvent qu’on en entend trop parler avant même d’en avoir parlé. Quand elle reste à l’état de désir ou d’attraction, elle est quelque chose d’anodin. En revanche, quand elle est actée, et après, justifiée légalement, nationalement, internationalement, médiatiquement, politiquement, tout d’un coup, elle prend une place démesurée. Pourquoi? Parce que la différence des sexes est humaine et universelle, et le rejet de celle-ci – par l’homosexualité active – par conséquent aussi. Ceux qui me disent qu’il faut cesser de voir de l’homosexualité là où elle ne serait pas, qu’il y a des choses bien plus graves telles que le chômage, les guerres, le terrorisme, le clonage, la crise migratoire, l’Islam, sont vite rattrapés et contredits par les événements : je pense notamment à l’homosexualité inattendue du djihadiste d’Orlando aux États-Unis (Omar Mateen), ou bien encore à la bisexualité du tueur islamiste au camion à Nice (Mohamed Bouhlel), dont les médias ont très peu parlées. Comme l’homosexualité est le seul mal au monde qui n’est pas identifié comme tel parce qu’il est appelé « nature » ou « amour », c’est logique qu’elle serve d’alibi et de rideau rose pour justifier et cacher tous les maux, les violences et les lois humanistes homicides de la terre. Par exemple, lors des récents débats sur l’euthanasie en France, on retrouvait partout Jean-Luc Romero*, homme politique qui justifie à la fois l’euthanasie et sa pratique homosexuelle. Sur la scène politique internationale, l’homosexualité sert fréquemment d’instrument de chantage affectif pour imposer n’importe quelle loi ou idée, y compris sur des thématiques qui n’ont rien à voir avec elle : le mariage, l’écologie, l’éducation, la religion, etc.
 

– Mais pourquoi l’homosexualité serait un instrument de chantage ? Qu’y a-t-il derrière ?
 

Il y a des choses qui font peur : la souffrance, la peur et parfois même la violence, accentuées par une quasi totale ignorance de celles-ci et un fort déni social autour de celles-ci… ce qui donne à l’homosexualité un pouvoir encore plus fort de dissuasion et de censure. Ainsi, comme un tabou violent qu’on rêve anodin, elle attire autant qu’elle dégoûte et indiffère. En plus, avec elle, il est facile d’exciter ou d’émouvoir les foules et de s’en servir comme épouvantail. En effet, l’homosexualité est un terme flou qui amalgame fantasme, acte et personne, trois réalités liées mais pourtant distinctes pour des raisons de liberté. Et c’est cette confusion qui la rend si imposante et troublante à la fois. On se dit qu’en dénonçant la violence et/ou l’irréalité des actes homos, on va commettre le crime irréparable de « juger des personnes », de « juger l’amour », qu’on va vivre la mort sociale de la présomption d’homophobie, voire même la présomption d’homosexualité latente/refoulée ! L’homosexualité, de part son statut de « nature » – alors qu’elle n’est pas une nature –, et d’« amour » – alors qu’elle n’est pas de l’amour –, en impose. Et comme il y a beaucoup d’ignorance autour, elle devient un instrument de chantage extrêmement puissant. Actuellement en Occident, nous, personnes homosexuelles, avons un pouvoir phénoménal. Nous gagnons les concours de téléréalité, nous sommes dans les médias, nous avons une place confortable en politique. Personne n’ose nous contredire ou nous dire malheureux. Nous sommes les rois du pétrole !
 

– Et ça passe par le lit?
 

Il y a le lit, mais aussi le copinage. À part cela, comme les gens sentent qu’il y a un lourd secret derrière notre coming out, nous, personnes homosexuelles bénéficions d’un capital sympathie et d’un capital solidarité. Déjà le SIDA a créé une empathie et a renforcé l’omerta. L’homosexualité s’est drapée de misérabilisme. Elle suscite des émotions de compassion très fortes mais aussi très refoulées. Les gens veulent en rire ou s’en foutre, et ils ne savent pas comment.
 

– Qui sont les militants LGBT ? les « homos » ?
 

Il y en a, bien sûr, des personnes « homosexuelles » déclarées qui sont d’accord pour servir de caution morale, de potiches ou de reines de carnaval. Mais en général, nous sommes très peu nombreuses à nous engager politiquement et à nous montrer. Quasiment toutes se disent « hors milieu », se désintéressent de leur reconnaissance sociale et politique. Par exemple peu savent que le président de l’inter-LGBT en France est Nicolas Gougain*. Aussi incroyable que ça paraisse, le lobby LGBT est avant tout hétérosexuel, et porté par les gens qui se disent « hétéros » et qui veulent notre bonheur dans l’« amour » homo à notre place (et pour se venger de leur mariage raté et douloureux) !
 

– Tu penses à des membres de la classe politique ?
 

Oui, à François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem, Christiane Taubira, Dominique Bertinotti*, à tous ces gens qui se prévalent de leur « hétérosexualité » pour prouver qu’ils sont bons, et que s’ils s’occupent d’homosexualité, c’est par pure gratuité, innocence, solidarité, altruisme, ouverture à un monde qui n’est pas le leur mais un peu quand même.
 

– Ce qui est faux.
 

Oui, c’est faux, car ils nous aiment davantage pour l’image que nous leur donnons que pour résoudre vraiment nos problèmes. Ils gagnent énormément en pouvoir, en carrière. Par exemple, Erwann Binet* était un député qui sortait de nulle part, mais vraiment, de nulle part! Et tout d’un coup, il s’est vu porter le projet de loi en faisant croire, en plus, que c’est juste un acte citoyen.
 

– Et Pierre Bergé*, est-il un personnage-phare du mouvement gay?
 

Certains voudraient voir en lui le chef caché d’un terrible Empire totalitaire, le parrain d’une mafia souterraine extrêmement puissante infiltrée dans les médias et la politique. C’est sûr que pour avoir autant d’influence dans les médias, il faut des sous, mais ça ne vient pas de Pierre Bergé exclusivement. Pierre Bergé lui-même reçoit son argent d’un lobby hétéro gay-friendly, autrement dit, du lobby libertaire. Ce lobby veut banaliser la différence des sexes avant de la neutraliser et surtout veut faire de la volonté/sensibilité individuelle le constructeur et le gestionnaire du monde. L’individualisme libertaire dit : J’ai le droit d’aimer qui je veux, j’ai le droit de décider qui je suis. Du moment où je ne dérange personne, j’ai le droit. Hétérosexualité : culte de l’altérité absolue ! Tout est possible si on le veut et on le sent vraiment !
 

– Le mouvement pro-gay ce sont donc, d’une part, des militants homosexuels locaux et, d’autre part, de gros joueurs politiques hétéros?
 

C’est surtout eux. Ayant fait partie de beaucoup d’associations homosexuelles, que ce soit étudiantes, chrétiennes, politiques ou festives, je trouve qu’il n’y a pas de forte promotion de la culture gay par les personnes homosexuelles. Par exemple le centre LGBT à Paris n’est pas très fréquenté. Ils ont du mal à rameuter du monde parce que les droits pour lesquels on lutte sont des abstractions; et les slogans des gay-pride, franchement, font suer tout le monde. Je ne dis pas qu’il n’y a pas une visibilité homosexuelle qui va crescendo dans les médias et dans la rue. Je constate juste que plus elle se généralise, s’exhibe, et plus elle se dilue, ne s’assume pas, et lutte contre elle-même et pour son invisibilité, son « droit à l’indifférence »…
 

– Oui, mais il y a des parades gay. L’image d’un « homosexuel » est celle d’un pervers qui, en plus, détourne des symboles religieux.
 

C’est vrai. C’est une image qui marque l’imaginaire collectif. Mais les gens comprennent de plus en plus son caractère isolé et homosexuellement anormatif. Ceux qui s’affichent – les drag-queens, les soeurs de la perpétuelle indulgence* ou les gars qui sont torse-nu –sont une extrême minorité. Il n’y a pas beaucoup de personnes homosexuelles qui défilent. La plupart des personnes homosexuelles ne s’identifient pas aux « homos visibles ». Les gens qui vont aux gay prides sont majoritairement des hétéros. Je le sais parce que j’étais enseignant au lycée et j’ai constaté qu’aux rares Marches des Fiertés où je suis allé, s’y trouvaient énormément de mes élèves (pas du tout homos) ! Ce qui est difficile à comprendre c’est que la communauté homosexuelle a été créée par ceux qui se présentent comme hétéros pour cacher leurs angoisses, leur libertinage, leurs divorces, leurs adultères, leur mépris de l’Église. L’activisme homosexuel, pour moi, vient de toutes les personnes qui veulent régler des comptes avec le mariage, avec la différence Créateur/créature, avec la relation homme/femme telle qu’elle est conçue par l’Église. Le lobby LGBT n’est pas un lobby homosexuel. C’est le lobby hétéro gay-friendly.
 

– C’est complètement l’inverse de ce qu’on pense !
 

Bien sûr. Ce qui est affreux c’est que les gens s’imaginent encore que nous, personnes homosexuelles, réclamons les droits qu’on nous fait porter. Alors que « le mariage pour tous » c’est un cadeau imposé. À part un ou deux couples qu’on a vus à la télé, aucune personne homosexuelle ne l’a demandé. Nous avons eu juste peur de le refuser. Et on nous a utilisées comme faire-valoir de « démocratie ».
 

– Et comment se présente la situation du « bon » côté de la barricade? En 2012, tu as rejoint le collectif « La Manif Pour Tous », mais depuis la promulgation de la loi sur le « mariage-gay », tu t’en es détaché, et même, devenu très critique.
 

Je m’en suis détaché dès le départ. Dès que j’ai compris que les leaders du mouvement ne voulaient pas revenir sur l’Union Civile et ne voulaient pas parler de la Loi Taubira en elle-même (sinon, ils auraient été obligés de parler d’homosexualité et donc de me céder leur place), mais uniquement de ses conséquences sur la filiation une fois la loi votée. Ils partaient d’office perdants, en tolérant que la loi passe dans sa version amoureuse, sentimentale, romantique, cérémoniale à la mairie. Ils avaient déjà tout lâché bien avant la création de LMPT. Paradoxal pour un mouvement qui s’est choisi comme slogan « On ne lâche rien ! ». Et ils se sont servis de l’enfant comme d’un objet… exactement comme les promoteurs de la GPA (Gestation Pour Autrui), finalement.
 

– Ils se sont opposés à la loi sans l’analyser?
 

Effectivement. Par peur de l’accusation d’homophobie, et au fond parce qu’ils ne connaissent pas la réalité amoureuse des personnes homosexuelles et ne croient plus en la véracité du jugement que pose l’Église sur celle-ci, ils ont préféré ne traiter que des ramifications de la loi pour ne pas s’attaquer à sa racine idéologique et affective : l’homosexualité, et la justification sociale de « l’amour homosexuel » en tant qu’amour universel. Ils n’ont pas osé dénoncer la loi !

C’est extrêmement étonnant parce qu’ils se sont donnés l’impression du contraire. Ils annoncent victoire sur victoire, alors que concrètement, nous enchaînons les défaites. Ils font croire au réveil d’un grand mouvement de consciences, alors qu’en fait, la mobilisation reste très intuitive, instinctive, peu réfléchie et dénuée d’arguments qui peuvent tenir tête au rouleau compresseur de « l’amour et de l’homosexualité » en face. Déjà, rien que le nom du mouvement – la « Manif pour tous » – indique une soumission mimétique et bête au « Mariage pour tous »*. Beaucoup de gens au sein de la Manif et au sein de l’Eglise ne se sont pas reconnus dans le message qui était très centré sur la filiation, alors que le mariage concerne tout le monde : les époux avec ou sans enfants, des veufs, des célibataires, des divorcés, des personnes homosexuelles, etc. Beaucoup se sont sentis mal à l’aise aussi de devoir cacher leur foi. Pour ma part, j’ai été éjecté de la Manif parce ce que j’étais le seul en France à parler publiquement de l’homosexualité mais également en lien avec Jésus et la continence (abstinence pour Jésus). La Manif pour tous a travesti énormément de désirs de réflexion sur l’amour humain. Les leaders ont eu peur de parler de sexualité. Ils disent encore aujourd’hui que la sexualité relève du privé…
 

– Et elle ne relève pas du privé?
 

Non, puisqu’elle est ouverte à la Vie et elle est don. Elle n’existe qu’en partage et tournée vers autrui. La sexualité n’est pas réductible uniquement à la génitalité, à la sentimentalité, à la conjugalité et à la procréation. C’est aussi la sexuation, donc la personne et tout son rapport au monde. On est en sexualité quand on fait de l’art, de la politique, quand on s’engage pour les autres, en tant qu’homme ou femme. En fait, LMPT est rentrée complètement dans le discours des pro-Mariage pour tous, parce qu’eux aussi sont pour la vie (« la vie » en tant qu’« énergie et volonté de faire ce qu’on veut »), eux aussi sont pour la famille (car ils prônent toutes les formes de « familles »), ils sont même contre le Gender et le disent ouvertement (« Nous voulons casser les stéréotypes du genre ») ! Tous ça parce que nos leaders n’ont pas voulu parler de l’homosexualité, de l’hétérosexualité et de l’homophobie.
 

– Il paraît que la Pologne est encore loin de l’institution du mariage pour les personnes du même sexe. Dans la logique du mouvement qui milite pour cette loi, on passe d’abord par la légalisation de l’Union Civile. Tu peux dire brièvement en quoi consiste le mal de l’Union Civile?
 

L’Union Civile est la première loi qui mondialement a remplacé l’être humain par une orientation sexuelle, donc qui l’a réduit à ses sentiments (comme s’il était un ange), à ses actes (comme s’il était un robot asexué ou/et un animal) et à ses possessions matérielles (comme s’il n’était que ce qu’il veut/fait/a). Elle a violé les Droits de l’Homme en les travestissant en « droits des homos et des hétéros » puis en « droits du ressenti amoureux individuel vécu comme universel ». En résumé, l’Union Civile est antéchristique. C’est l’Homme qui se prend pour Dieu. Cette alliance, qui remplace le mariage et la différence des sexes par le partenariat asexué, est extrêmement grave. Elle a fait de tout lien humain un contrat commercial sans engagement réel et a déshumanisé les personnes homosexuelles en se servant de leur fragilité et leur orgueil. Elle est non seulement le « mariage gay » déguisé (ce fut particulièrement manifeste en Italie) mais aussi la première loi homophobe au monde, qui a entériné le remplacement dramatique de la différence des sexes par l’hétérosexualité.
 

– Philippe, pourquoi, dans tes livres L’homosexualité en Vérité, L’homophobie en Vérité et, sur ton blog, développes-tu l’idée que l’homosexualité n’est pas de l’amour? Dans un couple homo, il y a l’amitié, les sentiments, le respect, parfois l’engagement ou la fidélité – toutes ces valeurs qui sont mises en avant par des sympathisants des couples homosexuels. Même dans certains milieux catholiques on dit que les unions homosexuelles peuvent évoluer vers agapè. Dans un document synodal, il est dit qu’il existe des cas [d’unions homosexuelles] où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires*.
 

L’attribution du mot « amour » à toute union de personnes voulue amoureuse ou idyllique ne suffit pas à rendre cette relation aimante. Par exemple, une mère possessive soutient qu’elle aime vraiment son enfant ; en revanche, concrètement, elle l’étouffe. L’amour vrai est avant tout un don et a ses lois. On ne se l’attribue pas et on ne l’invente pas à deux, même entre personnes adultes et consentantes. Une de ses lois, c’est l’accueil de la différence, et surtout de la différence des sexes qui est le socle de notre humanité et de l’ouverture à la vie. En effet, dans notre vie, dès que nous n’accueillons pas la différence, c’est que nous n’aimons pas. Moi, j’ai vécu des relations homosexuelles et je peux dire qu’elles contiennent leur part de satisfaction et d’amitié (même si elles deviennent une amitié ambiguë parce qu’amoureuse, donc compliquée, dénaturée) mais qu’elles n’étaient pas de l’amour vrai. Et je fais le même constat avec des « couples » homos de mon entourage, y compris les plus durables et les plus respectables. Dans la relation homosexuelle, la part de plaisir, de sincérité et de bonheur liée à l’amitié, est présente. Il y a apparemment tout ce qui fait partie du couple. En revanche, il n’y a pas la sexualité. L’homosexualité est une sexualité sans sexualité, c’est-à-dire sans différence des sexes. C’est pour cela qu’elle fait vivre des amours complexes, inabouties, fragiles. La sexualité c’est ce qui permet de se donner pleinement et d’être complété, pleinement donné et reçu, comblé et parfois fécond. Les unions homosexuelles ont leur part de satisfaction, mais ne sont ni les meilleures ni aussi comblantes et complémentaires que certaines relations femme-homme dans le mariage et que certains célibats consacrés dans la vie religieuse.
 

– Et pour l’identité: on dit « un homosexuel ». Toi, tu ne le dis jamais…
 

Je préfère dire « une personne homosexuelle ». Dire « un homosexuel », ça essentialise le désir homosexuel. « Les homosexuels » en tant qu’espèce n’existent pas. L’idéal, ce serait de dire « un homme, une femme habité(e) par une attraction plus ou moins durable envers la personne du même sexe ». Néanmoins, pour des raisons pratiques de compréhension et de discrétion, et pour éviter l’adjectivation sèche « un homosexuel »/« une lesbienne », la périphrase « personne homosexuelle » constitue un bon compromis. Actuellement, il y a un sigle reconnu internationalement, venu des milieux évangélistes américains : SSASame Sex Attraction, mais il peut être stigmatisant du fait de remplacer un être humain par des lettres. Le terme « personne homosexuelle » est incomplet, mais il a au moins le mérite de dissocier la personne de la tendance.
 

– Quels sentiments traversent une personne homosexuelle croyante dans son quotidien d’Eglise?
 

C’est compliqué. Car nous pouvons vivre de grands moments de dépression, de tristesse, de révolte, de dégoût, de découragement, couplés à de grands moments de libération et de jubilation. Étant souvent très sensibles, à fleur de peau, exigeants, intelligents, fins analystes, nous vivons très mal nos chutes ou rechutes, nos fragilités, notre condition homosexuelle. Nous avons du mal à nous pardonner d’être « comme ça ». Et comme nous ne comprenons pas toujours pourquoi notre corps, notre cœur – et même notre foi ! – nous entraînent vers ceux que nous ne pourrons jamais aimer vraiment, nous sommes tentés de rentrer en révolte envers nous-mêmes, envers l’assemblée dominicale, envers l’Église toute entière, un peu comme un célibataire qui crise de se sentir seul au milieu d’une foule apparemment « heureuse » et familiale. C’est ce genre de décalages vertigineux ! Même si nous pouvons connaître de longues phases de repos (parfois trois-quatre ans sans la moindre tentation), nous vivons extrêmement mal les turbulences de notre désir, les « intermittences du cœur » dont parle Marcel Proust. Ça peut devenir physique, viscéral, très violent. Au tréfonds de nous-mêmes, nous ressentons un grand besoin d’amour et d’engagement, mais aussi l’impossibilité de le voir exaucé.
 

– Quels sont les inconvénients d’être la personne homosexuelle et fidèle catholique ?
 

C’est plus qu’un inconvénient. C’est une Croix ! C’est une contradiction existentielle quasi imposée. Dans l’homosexualité, l’appel ecclésial à l’indigence est une douleur vive et lancinante qui ressemble parfois à un sadisme divin, à un supplice, à une folie, à un problème insoluble, à une maladie. À toi homosexuel, on t’annonce que, si tu veux vivre en conformité avec ce que te demande l’Église, tu dois abandonner un des cinq sens humains les plus importants pour être heureux : le goût. Tu dois manger sans sentir la joie de ce que tu ingères. Tu dois renoncer à la jouissance, à la chair, et même aux sentiments amoureux. En gros, tu aimes et vis sans plaisir ! On t’annonce que, pour être pleinement heureux, tu dois passer à côté de ces bonheurs simples et souvent intenses que sont la tendresse et le couple. Et démerde-toi avec ça pour aimer quand même ! En réalité, en étant homo et catho, tu es attiré par ce que tu ne peux pas aimer ; et tu es révulsé par ce qui seul pourra te permettre d’aimer (= le mariage femme-homme aimant ou le célibat consacré). Pareil : démerde-toi avec ça pour trouver la sortie !
 

– Et quels en sont les avantages?
 

D’abord c’est la grande liberté. Après, ce sont les rencontres rares, drôles, fulgurantes, solides et improbables : sans rire, j’ai remarqué qu’être homo et catho nous ouvre la porte de quasiment tous les cœurs. Y compris des gens qui ne veulent pas le donner à des ministres de l’Église officielle. Et enfin, le grand avantage de l’assortiment homosexualité/catholicisme, il me semble que c’est l’humilité. L’homosexualité n’est forte que d’être faible et au service de la foi. Vécue dans la foi, elle contient sa puissance et sa propre mort.
 

– Comment on vit la continence au quotidien et qu’est-ce qui aide à la maintenir?
 

Xavier Thévenot désignait la continence comme la « Voie Royale ». La continence, c’est pourtant le début des vraies tentations: c’est au moment où tu parviens à être vraiment continent que tout d’un coup, sans que tu n’aies rien calculé, les opportunités amoureuses sérieuses se présentent ! En voyant ça, on a comme une envie de se tourner vers Jésus en lui demandant s’il le fait exprès ! Il n’y a pas de vrai bonheur sans la Croix, sans combat, sans renoncement à soi. Ainsi l’a voulu Dieu pour que nous aimions. Elle a une saveur unique, intense, amère, indépassable et divine, cette beauté fraternelle qui n’apparaît que dans la limite fixée par la Croix de Vérité du Christ.

Ce qui peut aider à être continent, c’est la douleur de la perspective de se priver de l’Eucharistie. Je sais qu’en vivant l’adultère/le concubinage, je n’aurais plus accès à l’Eucharistie et je ne le supporterais pas. En 2010, c’est ma non-conformité avec l’état de réception de la Communion qui m’a fait quitter successivement mes amants. Aujourd’hui, l’Eucharistie, c’est la seule Personne qui me retient. Son absence est mon cauchemar autant que sa consommation – que mon état de vie autorise – est ma Joie et mon plus puissant garde-fou.
 

– Quel est l’enjeu de parler ouvertement de son homosexualité? Certes, il est déjà difficile de déclarer publiquement qu’on est « homo » et qu’on vit en couple. Mais celui qui dévoile juste son attraction homosexuelle doit se mettre à dos même les gens d’Eglise.
 

C’est sûr. On se met à dos, d’une part, ceux dans l’Eglise qui sont trop rigides et qui pensent que parler du sujet c’est justifier les actes, et, d’autre part, on se met à dos ceux dans l’Eglise qui pensent qu’on peut tout à fait être pratiquant catholique et pratiquant homosexuel tout en restant « chaste ».
 

– Raconte un peu la réaction de l’ensemble des fidèles catholiques face à l’homosexualité.
 

En discutant avec des catholiques tradis assumés et éclairés, ils en conviennent eux-mêmes de l’homophobie (peur de l’homosexualité et des personnes homosexuelles) globalement observable chez leurs rangs, sans que j’aie besoin d’insister. Ils la trouvent d’autant plus dommageable qu’ils me connaissent en vrai et savent combien je suis plus proche des tradis que des progressistes : « C’est trop bête. N’y aurait-il vraiment pas moyens qu’ils t’écoutent ? » Cela dit, pour rassurer les catholiques tradis qui m’écoutent et me respectent, la pression des milieux catholiques progressistes à l’égard des personnes homosexuelles est autrement plus violente. Car eux, ils nous détestent en croyant nous aimer. Donc ils ne s’en rendent même pas compte.

Les catholiques, dans leur ensemble, font de l’homosexualité un tabou, un « non-sujet », un danger, voire même, par relativisme « charitable », un amour dont il ne faudrait surtout jamais parler. Ils confondent acte homo et personne homosexuelle, ou bien péché et signe de péché. Ils sont tétanisés à l’idée de seulement prononcer les mots « homosexualité » et « homophobie ». À leur décharge, et pour rendre à César ce qui est à César, les personnes homosexuelles, dans l’Église catholique, sont un peu moins mal reçues qu’ailleurs. Car les cathos sont davantage préparés à ne pas juger les personnes selon leurs actes ou blessures. Mais même chez eux, il y a encore de sérieux progrès à faire pour se détendre sur l’homosexualité !
 

– Tu parles du rejet de la part des communautés ecclésiales. Quelle en est la cause ?
 

L’ignorance comme explication principale ; la peur, la bêtise, l’orgueil et la méchanceté, comme explications annexes. Et souvent, le soutien voile ou affiché d’une pratique homosexuelle, voire même une pratique homosexuelle cachée en leur sein.
 

– Quelle est l’attitude des prêtres vis-à-vis des personnes homosexuelles?
 

On est en général très bien accueillis car il y a de plus en plus de prêtres qualifiés. Mais ça arrive encore trop souvent qu’on soit rejetés, malheureusement. Soit parce qu’on tombe sur un prêtre rigide qui confond Vérité et Charité, ou homosexualité et personne homosexuelle. Soit parce qu’on tombe sur un prêtre trouillard qui prend la chose au tragique, qui en fait une affaire d’État, qui sort systématiquement la carte joker « Va voir un psy ». Soit parce qu’on tombe sur un prêtre qui nous accueille trop bien, qui est trop complaisant vis à vis de la pratique homosexuelle. Alors qu’ils avaient une grande soif de Vérité-Charité, beaucoup de mes amis catholiques homosexuels ont été éjectés par certains clercs du fait que ces derniers voulaient trop bien les accueillir par une indifférence gay friendly relativiste. Ils passaient alors de confessionnal en confessionnal, et leur mal-être s’accentuait, au point de quitter parfois définitivement l’Église. Il n’y a que la Vérité qui est attirante, que voulez-vous.
 

– L’homosexualité menace-t-il l’Église?
 

C’est un sujet qui la divise énormément. Je le vois dans les paroisses, les établissements scolaires privés catholiques, les médias chrétiens, les séminaires, le clergé séculier et les monastères… Je pense qu’au moins la moitié des fidèles catholiques croient en l’« amour » homosexuel et sont favorables à l’Union Civile. Et ceux qui n’y croient pas ne savent pas expliquer pourquoi ils s’y opposent ! Il faudrait à mon avis que l’Église fasse mieux que ce qui a été déjà très bien dit dans le Catéchisme. Il ne suffit pas de nous assurer accueil, accompagnement et non-jugement, ni de nous conseiller de gérer comme nous pouvons notre désir homosexuel dans le self control. Il s’agit plutôt de nous donner un vrai chemin de vie, une vocation. Il s’agit de nous proposer quelque chose de grand, de joyeux et de tout donné, en y incluant notre homosexualité : la sainteté dans un apostolat et une oblature consacrés, quoi ! Le haut clergé ne s’est toujours pas risquer à parler de la continence. Ils préfèrent nous proposer timidement la chasteté* qui est une vertu universelle et qui peut être comprise comme un contournement du célibat et une validation tacite de certains « couples » homos. Mais les personnes durablement homosexuelles ne peuvent pas vivre la chasteté dans le couple. Pour elles, la chasteté passe nécessairement par la continence. Malheureusement les gens de l’Eglise ont très peur de le dire. Oser proposer la continence comme meilleur chemin d’homosexualité durable, c’est ouvrir la voie concrète à la sainteté aux personnes homosexuelles. Quelle bombe pour les pharisiens d’aujourd’hui !
 

– Oui, mais pour faire ça, il faut avoir des moyens…
 

Les gens d’Eglise n’ont surtout pas les moyens humains, c’est-à-dire les personnes qui pourraient témoigner de leur foi en tant que personnes homosexuelles continentes. En tout cas, ils n’ont pas fait appel à des gens comme nous. Tant que nous ne sommes pas appelés, nous ne répondons pas.
 

– Oui, mais en parlant des moyens, je pense à la crise dans laquelle est tombée l’Église. Les fidèles, comme tu as dit, croient que l’homosexualité est l’amour et pensent que la pratique homosexuelle sous forme de couple est compatible avec la foi. Le clergé est, pour ainsi dire, inconscient du pouvoir de sanctification que sont les sacrements de réconciliation et d’Eucharistie. Une grande partie du clergé semble oublier que le christianisme est un passage par le trou d’une aiguille, que le Christ nous demande de passer par la porte étroite. Devant l’énormité du problème lié à la décomposition de la famille, devant le besoin d’aller chercher des brebis perdues, l’Église ne montre pas suffisamment que l’issue est le passage par le Christ (la Porte) agissant à travers ses sacrements et par sa Croix.
 

Ce que tu dis rejoint mes réflexions sur la question de la pastorale spécifique. J’ai écrit un texte à ce propos que j’ai envoyé à des évêques. La question n’est pas tellement : Faut-il accueillir ou pas les personnes homosexuelles ? C’est un faux débat puisque l’Eglise accueille/doit accueillir les personnes homosexuelles en tant qu’hommes, femmes et Enfants de Dieu. La question est plus profonde : elle concerne la forme de cet accueil, elle ne concerne pas tant l’accompagnement ponctuelle que la vocation et la responsabilisation. Elle touche donc d’une part au Salut de l’âme après la mort et à l’avertissement du risque de damnation éternelle de la personne homosexuelle en état de péché mortel (ce qui n’est pas une mince affaire à annoncer !), et d’autre part elle touche à l’accompagnement sacramentel des personnes homosexuelles en vue du Royaume et à leur vocation ecclésiale. Il existe d’ailleurs des congrégations religieuses formées par des ex-prostituées, des ex-drogués auxquels l’Eglise fait appel et qui, de par leur abandon de leur pratique désordonnée, peuvent évangéliser. Il ne s’agit pas de proposer une Troisième Voie, comme l’a fait l’association Courage dans le reportage The Third Way, qui enfermerait les personnes homosexuelles dans leur tendance sexuelle, même sous couvert de continence. La personne durablement homosexuelle n’est pas appelée à contourner les deux seules vocations d’amour entier indiquées l’Église, à savoir le mariage et le célibat consacré, mais au contraire, à rejoindre le mariage que les prêtres et les religieux accomplissent sous forme spirituelle et oblative.
 

– Revenons aux trois « H » – Homosexualité, Hétéosexualité, Homophobie – qui reviennent comme un leitmotiv dans tes écrits. Qu’est-ce que c’est l’hétérosexualité…?
 

Le terme « hétérosexuel » est apparu en 1869, un an après « homosexuel ». Avant de désigner une sexualité « bourgeoise », orientée vers la procréation, l’hétérosexualité était au contraire classée au rang des perversions sexuelles et désignait les personnes libertines qui voulaient une sexualité sans règles et sans limites, non encadrée par l’Eglise ou l’Etat. Elles prônaient l’hétérosexualité au sens propre du terme : toute les altérités au niveau de la sexualité, y compris, par conséquent, l’homosexualité, l’asexualité et l’abstinence. Aujourd’hui, on qualifierait volontiers les premiers « hétérosexuels » de « bisexuels ». L’hétérosexualité est née au moment de l’apogée du cinéma, de la psychanalyse et de la médecine légale. C’était une l’époque où l’Homme imitait l’homme et la femme-objet de la fiction littéraire et cinématographique, prétendait se créer lui-même, inventer l’amour par lui-même. Le terme « hétérosexuel » est non seulement hybride comme « homosexuel » (puisqu’il associe du grec et du latin), mais il est aussi redondant, car on y dit deux fois « autre », puisque le mot « sexualité » désigne déjà la différence des sexes. Cela prouve donc que l’hétérosexualité n’est qu’une différence des sexes forcée et caricaturée.
 

– Tu penses que l’hétérosexualité est une construction idéologique, une invention récente?
 

Totalement. Aujourd’hui on essaie de nous faire croire que le monde se divise entre « les homos » – dits minoritaires – d’un côté et « les hétéros » – dits majoritaires – de l’autre… plus les sous-catégories (bisexuels, transsexuels, transgenres, intersexes, queer, et plus largement « les amoureux libres ») parce qu’il faut bien s’ouvrir aux minorités de « genres ». Or ce découpage est un mensonge. La seule division réelle de l’Humanité, celle qui de surcroît donne la vie, c’est la différence femme-homme. Personne n’est hétérosexuel ni homosexuel. Car personne ne se définit selon sa génitalité ni ses pulsions ni ses sentiments ni les personnes qui l’attirent sexuellement. L’unique réalité qui nous définit humainement, sans nous ôter notre liberté, c’est notre identité d’homme ou de femme. Néanmoins, il ne faut pas croire que, du fait que l’hétérosexualité soit une caricature de la différence des sexes, elle n’existerait pas. Au contraire. Elle existe en tant que système idéologique et croyance qui pèse lourdement sur l’identité, les lois, les médias et la politique mondiale. Beaucoup de catholiques font l’erreur de mépriser le mot hétérosexualité sous prétexte qu’il est trompeur. Ils doivent oser nommer le mal. Sinon, ils continueront eux aussi à laisser la différence des sexes être travestie. Je dis maintenant franco que l’hétérosexualité est le diable déguisé en différence des sexes. D’ailleurs, les gens qui croient en l’hétérosexualité en tant que différence des sexes, sont particulièrement anticléricaux, permissifs en matière de sexualité ou, à l’inverse, extrêmement rigides. Et même quand ils sont en couple femme-homme, ou bien attirés sexuellement par le sexe complémentaire, ils ont en général un rapport méprisant, obsessionnel et tourmenté à la différence des sexes et à l’Église.
 

– Et pour ce qui y est de l’homophobie?
 

Contrairement à l’homosexualité et à l’hétérosexualité, c’est un mot où les deux composantes sont grecques. À proprement parler, il veut dire peur du même, voire peur du semblable. Avec le temps, l’homophobie est devenue aussi la peur de l’homosexualité ou peur de la personne homosexuelle, et donc souvent attaque de celle-ci. Les deux étymologies sont signifiantes et bonnes à garder car elles sont confirmées par les faits. Les médias d’aujourd’hui, qui refusent de les prendre en considération, s’arrangent pour réduire l’homophobie à tout lien qui est fait entre l’homosexualité et la violence, ou bien à tout ce qui donne une image négative de l’homosexualité. Actuellement, on nous fait croire que l’homophobie c’est aussi tout frein à une loi portée par des personnes homosexuelles ou plutôt qu’on leur fait porter. Elle serait donc le fait de s’opposer par exemple à « l’égalité des droits ». Les gens qui utilisent ces définitions ne parlent plus du tout des violences faites à l’encontre des personnes homosexuelles, et encore moins de la haine venant des personnes homosexuelles, ni de la haine de soi.
 

– Qu’est-ce que c’est que l’homophobie concrètement?
 

C’est une attaque contre une personne homosexuelle à cause de son homosexualité, faite par une personne homosexuelle ou par celle qui a un problème avec la différence des sexes, avec sa sexualité, y compris dans son mariage. Je ne connais pas de personne qui est bien dans sa sexualité et qui se soit sentie mise en danger par une personne homosexuelle au point de l’attaquer. L’agression homophobe fonctionne presque toujours en miroir : elle ne survient que lorsque l’agresseur ne supporte pas de voir reflétée chez sa victime sa propre blessure de sexualité, sa propre pratique hétéro-bisexuelle ou son désir de pratique homosexuelle. C’est donc bien la peur du même.

Pour expliquer généralement la violence de cet effet-miroir paradoxal, les rares fois où les gens admettent que les personnes homos s’attaquent entre elles, on nous fait souvent croire que la personne homophobe a refoulé son attraction homosexuelle. L’acte homophobe est transformé en alibi pour renforcer les coming out et la pratique homo, et pour nier les viols ! Alors que je prouve que la plus redoutable des homophobies, c’est précisément le coming out (qui est une caricature de soi), la pratique homo (qui est un rejet de soi et de l’autre car elle est un rejet de la différence des sexes), et donc les viols entre personnes homos ! D’accord, il y a une part de refoulement dans l’homophobie. Sauf que le pire homophobe est la personne qui essentialise son désir homosexuel sous forme d’identité ou qui vit son homosexualité sous forme de couple. Il se sert du couple ou de son pseudo militantisme pro-gays comme d’un masque pour ne pas montrer sa haine de soi et sa peur du semblable. Le pire, ce sont les personnes homosexuelles soi-disant assumées qui banalisent et justifient l’homosexualité. Ce sont elles qui ne supportent pas le « milieu », ne supportent pas les mecs un peu effeminés, les filles un peu masculines, les personnes médiatiques homosexuelles, ne supportent pas d’entendre parler du sujet, se vengent de leurs amants, s’en prennent hyper violemment aux rares analystes de l’homosexualité. Moi, par exemple, je ne suis attaqué que par des personnes homos ou hétéro-gay-friendly ! Et quand je vois quelqu’un qui agresse une personne homosexuelle ou qui m’agresse, je suis tenté de lui dire : « Bienvenue au Club, mon vieux ! Tu viens de faire ton coming out à ton insu ! » L’homophobie ce n’est pas seulement la non-acceptation sociale de l’homosexualité, mais bien sa promotion, sa justification et son essentialisation sous forme d’« amour ». Tous les cas d’homophobie que je connais ont lieu dans des cadres de pratique homosexuelle, donc dans les sphères amoureuses ou prostitutives. Il n’y a pas plus homophobe que la gay friendly attitude.
 

– D’où cette violence au sein des couples dont tu parles ? Libertinisme, fétichisme, sadomasochisme, porno…
 

Oui. Sans aller jusque-là, et plus banalement, insidieusement, mielleusement : matérialisme, consumérisme, excès de tendresse puis ennui et infidélité, utilisation de l’autre ou sentiment d’être utilisé, infantilisation, rapport de forces (domination-soumission, possession, en particulier chez les « couples » de femmes), fusion, jalousie, manque d’espace et de compréhension mutuelle, frustration, insatisfaction, règlement de comptes, humiliation, humour cynique, agacement… J’observe souvent, dans la vie quotidienne, les amants homos se prier de se laisser respirer, et souffrir de ne pas se sentir pleinement compris ou à leur place, malgré la sincérité et les quelques plaisirs partagés.
 

– En ce qui concerne les clichés – la pédophilie et l’inceste – est-ce vrai que le milieu homosexuel pratique la pédophilie plus que les autres?
 

Disons qu’il y a autant de pédophilie et d’inceste dans l’homosexualité que dans l’hétérosexualité, puisque l’hétérosexualité englobe toutes les altérités au niveau de la sexualité. La pédophilie et l’inceste ne sont pas des particularités homosexuelles, mais comme le désir homosexuel s’éloigne de la différence des sexes, il s’éloigne aussi de la différence des générations… donc il expose à l’inceste et à la pédophilie. J’ai beaucoup traité des liens non-causaux entre homosexualité et pédophilie, ou entre homosexualité et viol/inceste dans mon Dictionnaire des Codes homosexuels.
 

– Dans ton Dictionnaire des Codes homosexuels, tu cites énormément d’exemples cinématographiques qui présentent l’acte homosexuel comme brutal. Que pourras-tu dire de la pratique homosexuelle – du coït, de la strangulation, du sado-masochisme ?
 

Au niveau de la fiction, il faut dire que les artistes homosexuels aiment nourrir l’inconscient collectif en amplifiant iconographiquement la violence homosexuelle, à la fois pour l’exagérer et pour la nier. Cette vision des coïts homosexuels est souvent très éloignée de la réalité, car bien des accouplements entre amants homosexuels se déroulent pacifiquement, avec beaucoup de respect et de tendresse, sans forcément passer par la pénétration anale par exemple. Dans les faits, la sodomie n’est pas tellement monnaie courante, du fait aussi de sa brutalité : selon une étude, elle serait pratiquée par près de 25% des hommes homo–bisexuels*. Dans l’accouplement homosexuel, la violence se situe plus dans l’envahissement du mythe sur la réalité concrète qu’en actes désignés socialement comme violents. C’est ce qui motive l’acte homosexuel qui fait violence : la jalousie, la fascination narcissique, le rejet de réalité et d’humanité qu’est l’expulsion de la différence des sexes, l’exclusion de l’amitié, la grande part de fantasmes, etc. Déjà, l’homo-génitalité est davantage une simulation d’orgasme qu’une communion réelle vécue à deux. Moins il y a de face-à-face entre deux personnes, plus nous nous éloignons du relationnel. Cette approche du sexe dans la pratique homosexuelle est en partie désincarnée, déséquilibrée, et donc potentiellement sadomasochiste.
 

– Quels sont les moyens pour un non-croyant de rompre avec la pratique homosexuelle ?
 

Quand quelqu’un se rend compte que la pratique homosexuelle n’est pas comblante, différents moyens rationnels lui sont proposés, comme le retour au bons sens, la pratique de l’amitié, une psychothérapie. Ces derniers peuvent l’aider un peu à prendre de la distance par rapport à sa tendance, à voir qu’il « n’est pas que ça », à canaliser sa compulsivité et à sa « boulimie d’affection ». C’est ce qui lui est proposé pour ne pas se réduire à la génitalité. Mais ça reste très clinique. Et puis, ça peut centrer la personne sur elle-même ou focaliser l’insatisfaction sur son ex-partenaire de sorte qu’elle se dise : « Si ça n’a pas marché avec cette personne, je vais réessayer avec la prochaine. » Plus solide et plus positif est ce que propose l’Eglise, qui affirme non seulement que le chemin homosexuel n’est pas comblant, mais que la blessure homosexuelle peut faire passer la lumière du Christ, peut être recyclée dans la continence, l’amitié désintéressée et l’apostolat. Elle explique que ce n’est pas la personne homosexuelle qui ne sait pas aimer, mais que c’est la pratique homosexuelle qui l’empêche d’aimer pleinement telle qu’elle est, y compris avec sa tendance homosexuelle.
 

– Et qu’est-ce qui peut justifier ton discours sur l’homosexualité ? Est-ce le témoignage de ta continence?
 

Non. Car mon témoignage personnel, à lui seul, peut sembler minoritaire, subjectif et isolé. Donc peu crédible. La continence m’aide surtout personnellement à avoir la force de le porter publiquement et à supporter les attaques. En revanche, ce qui justifie mon discours, c’est le Christ, c’est la Vierge Marie, et ce sont aussi tous mes amis et toutes les personnes homosexuelles. Les idées seules, même très pures, ne démontrent rien. Il n’y a que les personnes qui prouvent la Vérité. Et l’humanité de ce que j’écris, le vécu, car mon Dictionnaire n’est fait que de vies humaines. Les personnes homosexuelles et ma propre vie m’ont tout apporté. Si le Christ, à travers ma personne et mes écrits, n’était pas là, si je n’avais pas entendu parler de Lui de mes propres oreilles par les personnes homosexuelles qui Le rejettent dans leur pratique, j’aurais beau avoir raison, tous mes mots sonneraient faux. Dieu s’est incarné dans le pécheur que nous sommes tous pour le racheter.
 

– À la fin, je voudrais te demander de commenter la campagne publicitaire « Donnons-nous un signe de paix » qui a eu lieu récemment en Pologne. Dans les interviews on voit les personnes homosexuelles vivant « en couple », qui se présentent comme parfaitement « comme les autres », équilibrées, heureuses. Ce qu’on ne nous montre pas, ce sont les profits promotionnels et peut-être matériels dont elles étaient bénéficiaires, puisque la campagne a été sponsorisée par Open Society Foundations de Georges Soros*. Je veux dire par là qu’au tout début, il y a bien une faute de ceux qui utilisent leur homosexualité à des fins qui ne sont pas des plus nobles. Ce qui est particulièrement offensant, c’est cet air de demander le respect auprès des catholiques, de les inciter à se sentir coupables, tout en cachant ces motifs. Qu’est-ce que tu en penses?
 

Oui. Le même chantage affectif sur fond d’accueil et d’amour des personnes homosexuelles soi-disant « victimes de l’Église » se produit actuellement en France, en particulier avec le collectif Homovox, et maintenant avec l’instrumentalisation du Synode sur la famille de 2015, mais également les tentatives de mise en application du Dicastère et d’obéissance scolaire à l’appel du Pape François à instaurer une pastorale d’accompagnement des personnes en périphérie de l’Église. Beaucoup de personnes homosexuelles « catholiques » ont compris tout l’intérêt narcissique, médiatique, émotionnel de se raconter, de s’épancher sur leur double identité « homosexuelle-catholique », de faire leurs intéressantes et d’avoir leur minute de gloire télévisuelle, politique et surtout ecclésiale, en pleurant finalement sous les jupons des évêques leur désobéissance à ce que demande l’Église, à savoir la continence. En ce moment, les « groupes de parole » diocésains poussent comme des champignons partout en France, pour culpabiliser… pardon… « sensibiliser » les fidèles catholiques à la réalité homosexuelle. Et c’est une mini-catastrophe, car beaucoup de personnes – des prêtres mais aussi des catholiques homosexuels – prennent le micro pour ne rien dire, pour censurer la réalité homosexuelle et l’analyse de l’homosexualité, et pour demander au final carrément une révision du Catéchisme de l’Église Catholique. Alors je comprends ta crainte. En quelque sorte, on nous méprise, nous catholiques fidèles à la sainte doctrine (et parfois homosexuels continents). Et le pire, c’est qu’on nous méprise dans notre propre famille, et avec le sourire ou bien avec des larmes dans les yeux, pour nous aider à sortir de notre soi-disant « conservatisme » et notre soi-disant « manquement à la charité chrétienne ». C’est le monde à l’envers ! Ce que ces chrétiens démagos oublient, c’est qu’il n’y a pas de respect sans Vérité et dans le relativisme de « l’amooour » (un relativisme qui n’est au fond qu’une indifférence déguisée en bonté). Il n’y a pas de Paix sans Croix et sans obéissance. Il n’y a pas d’Amour vrai sans accueil de la différence des sexes et sans accueil de la différence Créateur-créatures (Jésus et l’Église). Bref, en ce moment, à travers l’homosexualité, on peut voir que l’Église se prépare à vivre un sacré bordel, un véritable schisme, sans même les voir venir. Il va falloir tenir bon. Et il est urgent de se former sur l’homosexualité et de ne mépriser ni le mot ni l’étude du sujet.
 
 
 
 

*La Manif Pour Tous (LMPT), collectif d’associations à l’origine des grandes manifestations d’opposition au projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Même avant la promulgation de la loi en mai 2013, les revendications du collectif se sont centrées sur le rejet de « l’homoparentalité » (adoption, PMA, GPA = in vitro ; surogacja) et sur la protection de l’enfant. Pas du tout sur l’homosexualité, qui était pourtant le principal alibi de la loi.
 

*Le premier homme politique français qui a révélé sa séropositivité au VIH. À part ses nombreuses responsabilités dans la lutte contre le sida, il agit pour la légalisation de l’euthanasie, entre autres au sein de World Federation of Right to Die Societies.
 

*Porte-parole de la fédération Inter-LGBT (2010-2013). Actuellement il milite pour la cause LGBT au sein de la Commission nationale consultative des droits de l’homme où il a été nommé par le premier ministre du gouvernement Hollande Jean-Marc Ayrault.
 

*Respectivement: président de la République, ministre de l’Education nationale, ministre de la Justice, ministre délégué à la Famille – tous partisans de la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles au mariage dont aucun n’est homosexuel.
 

*Le rapporteur du projet de Loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Né en 1972 et père de cinq enfants, il était premier secrétaire du Parti Socialiste en Isère (2008) et député du PS (2012).
 

*Né en 1930, il était entrepreneur en confection de luxe et compagnon d’Yves Saint-Laurent. Propriétaire du magazine gay Têtu, actionnaire majoritaire du quotidien Le Monde et mécène, il soutient financièrement et médiatiquement le Parti socialiste de François Hollande.
 

*Groupe de militants homosexuels créé à San Francisco en 1979 qui utilise dans ses happenings la tenue les religieuses catholiques de façon détournée et théâtralisée.
 

La Manif Pour Tous » est « la réponse » au « Mariage Pour Tous », tout comme phonétiquement le sigle LMPT fonctionne en homophonie avec le sigle LGBT.
 

*Le rapport du débat de l’Assemblée des évêques réunis au Synode pour la famille intitulé Relatio post disceptationem, 13.10.2013, n° 52. (istnieją przypadki [związków homoseksualnych], w których wzajemna pomoc, posuwająca się aż do poświęcenia, staje się cennym wsparciem dla życia partnerów.)
 

*Philippe Ariño fait une distinction entre la chasteté, l’abstinence et la continence : La chasteté, c’est la vertu universelle à laquelle tout le monde est appelé dans ses relations, quel que soit l’état de vie. […] L’abstinence […] n’est pas toujours liée à un choix, donc elle n’est pas à prôner comme un chemin de vie et de don entier de sa personne épanouissant […] . La continence, c’est une abstinence choisie et vécue uniquement par les célibataires consacrés, c’est une abstinence non-frustrante car donnée à Dieu et aux autres. Les couples femme-homme mariés ne sont pas appelés à la continence […] contrairement à la continence des célibataires consacrés (dans le sacerdoce ou par des vœux non-sacramentaux). La continence est donc en effet l’état transitoire de toute personne qui vit hors mariage […] , un don entier de toute notre personne unique. (www.araigneedudesert.fr, 26.10.2015)
 

Quant aux hommes homo-bisexuels, […] la pénétration anale est souvent pratiquée par près de 25% d’entre eux (24,9% pénétration insertive et 24,1% pénétration réceptive) contre 2,5% chez les hétérosexuels. » (Enquête sur la Sexualité en France (2008) de Nathalie Bajos et Michel Bozon, p. 253).
 

*Dont fait partie la Fondation Batory polonaise, créée en 1988 par Georges Soros.
 
 
 

 

Film « Au-delà » de Clint Eastwood : la déchristianisation bobo de la vie après la mort


 

a) Boboland nous parle de la vie après la mort :

J’ai vu hier soir le film « Au-Delà » (« Hereafter », 2010) de Clint Eastwood, diffusé sur France 3. C’est tellement un condensé de boboïsme et de la Religion Naturelle antéchristique que je me suis vu obligé d’en faire une critique. Oh my God… c’est vraiment le tsunami spirituel en ce moment… C’est incroyable comme l’Antéchrist est proche d’arriver (et Jésus derrière pour lui later la gueule et lui rappeler qui est le Maître !)
 

 

De prime abord, le film d’Eastwood aligne les lieux communs du boboïsme (cf. je vous renvoie aux 60 codes bobos de mon livre Les Bobos en Vérité : la ville européenne (exemple : Paris et Londres), les bougies, les bouquets de fleurs blanches, le voyage en Asie du Sud-Est, le gauchisme (exemple : la défense de François Mitterrand comme un héros visionnaire, l’autocollant du Che Guevara sur les casiers, etc.), la casquette de Gavroche (l’objet sacralisé qui sauve la vie), le barbu (Didier), la chambre et le mobilier bobo (la chambre d’hôtel de Marie), l’adjectif « petit » et le goût du rétro (exemple : Little Dorrit de Charles Dickens), la confusion entre goût et amour (Mélanie et George prennent des cours hebdomadaires de cuisine, le soir à San Francisco), l’enterrement bobo (avec les cendres), etc. Mais ça, on va dire que c’est le côté folklorique anecdotique. Ce qui nous intéresse le plus, c’est le sens profond de ce boboïsme.
 

 
 

b) Le rejet de la différence des sexes :

Ce qui caractérise le boboïsme franc-maçon, c’est d’une part le rejet de la différence des sexes, d’autre part le rejet de l’Église Catholique et de Jésus (et non du spirituel).
 

 

Concernant d’abord l’expulsion de la différence des sexes, Clint Eastwood donne dans son film une image des hommes (excepté le personnage de George) et des pères minable (par exemple : Didier, l’homme marié volage, qui finit même par tromper sa maîtresse Marie), une image des mère et des femmes (excepté le personnage de Marie) déplorable (exemple : la mère de Marcus et Jason est alcoolique, les assistantes sociales et les mères des familles d’accueil sont des vampires). Le sous-texte misandre et misogyne du film ressort bien. Au passage, le spectateur peut identifier une légère promotion de l’homosexualité (exemple : le jeune guichetier homo) et aussi de l’asexualité (exemple : les jumeaux sont désignés comme un seul et même être : l’unicité des personnes est niée).
 

 

En clair, à travers le film « Au-Delà », c’est le mariage et la famille qui passent à l’échafaud. Aux yeux de Clint Eastwood, visiblement, la famille de cœur, et surtout la famille irrationnelle/intuitive, serait plus forte, plus authentique que la famille de sang, biologique. Il nous fait croire à une connexion surnaturelle et divine (mais sans le Christ) entre les voyants (Marie, Marcus et George), eux-mêmes rejetés par leur entourage. Il nous fait croire à une insoupçonnée universalité des isolés, des anticonformistes, à une interconnexion des élus. Trois « destins », trois « univers » apparemment incompatibles, se croisent et se complètent mystérieusement… C’est la nouvelle Famille de l’Irrationnel. Les humains sont transformés en messagers les uns des autres, en anges gardiens laïcisés placés sur la route les uns des autres. Il s’agit d’une sorte de Trinité ou de Famille du Troisième Type.
 

Mélanie et George


 

Eastwood va même un peu plus loin que le bobeauf : selon lui, le goût rassemble moins que la croyance/l’expérience de l’irrationnel. La spiritualité, c’est le nouveau conte de fée moderne, c’est le nouveau filtre d’amour (exemple : la scène finale du film, cucul à souhait, où George et Marie vont s’unir, sous une pluie de violons, grâce à leur expérience et conscience communes de l’Au-Delà). Là, c’est le comble du boboïsme (= croyance en l’amour énergétique) : on ne croit pas en Dieu mais on fait comme si.
 

c) Rejet spiritualiste de la différence Créateur-créatures :

Parlons-en, de Dieu, justement ! Concernant dans un second temps le rejet de la différence Créateur-créatures (c’est-à-dire Jésus et l’Église Catholique) propre au boboïsme, on peut constater que Clint Eastwood est parfois applaudi par les catholiques comme un catholique, à l’instar de Mel Gibson, alors que pourtant, il prône la Religion Naturelle de l’Antéchrist. Le film « Au-Delà » traduit un refus catégorique non de l’irrationnel ni du spirituel ni de l’éternel, mais de connecter ces derniers (appelés « l’Au-Delà ») avec Jésus. La personne de Jésus, ainsi que sa croix et son Église Catholique, sont clairement rejetés. Regardez par exemple la scène de l’enterrement du petit Jason : pas de croix dans l’église, incinération (ce qui n’est pas conseillé par l’Église), curé sans croix (pas sûr que ce soit un prêtre catholique), homélie christique mais protestante, etc. Autre exemple parlant : lorsque Marcus visionne, pour trouver des réponses sur la vie après la mort, une vidéo Youtube d’un conférencier chrétien qui en appelle à s’en remettre entièrement à Jésus (« Si vous avez foi en Jésus, vous ne craignez rien du tout. »), le spectateur le voit clairement faire « Non » de la tête.
 

Dr Rousseau et Marie


 

Çà et là dans le film, les personnages, qui se présentent parfois comme athées, mais qui sont en réalité déistes ou théistes (cf. voir la différence entre les deux dans cet article), tirent sur l’Église et le catholicisme. Par exemple, le docteur allemand Rousseau, femme qui dans sa clinique en montagne se retrouve en contact fréquent avec des accidentés graves qui ont vécu des expériences de mort imminente (les fameuses NDE : Near Death Experience), s’avoue vaincue par l’évidence de l’existence de la vie après la mort, et affirme que si ses patients ont cru voir Jésus-Christ ou une lumière Lui ressemblant ou un Jardin d’Éden, c’est juste parce qu’ils étaient « culturellement conditionnés » pour ça. Autrement dit, ce médecin croit en une force énergétique mais ne l’identifie pas à Jésus. C’est bien cela, au bout du compte, l’Antéchrist : une force énergétique désincarnée, angélique. Un peu plus tard, Marie Lelay, une autre des voyantes, défend bec et ongles son nouveau livre-témoignage intitulé Au-Delà : la Conspiration du silence, où elle relate ses visions de l’Au-Delà. Elle reproche à Michel, son manager, de ne pas se mouiller pour l’aider à se faire éditer, et de la prendre pour une folle. Pour prouver sa bonne foi et sa bonne santé mentale, elle tacle au passage l’Église Catholique et Jésus, en soutenant que la censure et le désamour du sujet des NDE viendrait de la récupération malsaine des croyants officiels qui l’auraient impopularisé (« C’est un sujet traqué par les lobbys religieux ! »). En filigrane, on entend que jusqu’à présent, ce serait l’Église Catholique qui se serait appropriée (le traitement de) la mort et la vie après la mort. En gros, Jésus a piqué la Résurrection ! Dans l’imaginaire collectif, Lui et son Église auraient monopolisé l’Éternité ! Alors que le sujet appartient à tous : c’est une quête personnelle ! Bienvenue en Franc-Maçonnerie.
 

Dans « Au-Delà », la spiritualité est considérée comme une propriété privée, et non d’abord comme un don gratuit de Jésus. En effet, les personnages du film disent « avoir un vrai don » (comme George, le médium), ont des flashs, « vivent avec des hallucinations ». Dieu est le produit de leur subjectivité, de leur perception, d’une quête, et non une personne qui les a créée et qui les dépasse. Pour le coup, dès que les héros de « Au-Delà » appliquent leur conception égoïste et magique de la spiritualité, ils violent l’intériorité des autres (exemple : Mélanie se sent violée par les prophéties de George), les perdent et s’isolent, en pensant (à raison) qu’ils sont habités pour une force maléfique. Et en effet, une divinité déconnectée de Jésus devient maléfique. C’est la raison pour laquelle, à certains moments du film, on entend carrément parler de l’Antéchrist. Par exemple, le jeune Marcus, en regardant un site Internet avec un télévangéliste américain, reçoit l’avertissement général selon lequel personne ne pourra pas échapper à l’Antéchrist : « L’Ange de Dieu te retrouvera. » Clint Eastwood joue même avec la numérologie (exemple : « la salle n°133 »). Il tue le hasard. Il veut nous faire croire en la prédestination, au pouvoir de l’intuition. Son film louvoie avec la croyance en la réincarnation, au monisme (= le Moi dilué dans un Tout énergétique) : « Tu ne peux pas savoir ce que c’est que d’être n’importe quelle chose et tout à la fois. » (l’esprit de Jason mort s’adressant à son frère Marcus vivant, à travers George) ; « Jason est là en toi. Pour toujours. Une seule cellule. Une seule personne. » (George s’adressant à Marcus à propos de Jason, le frère jumeau de ce dernier)
 

 

À noter que l’au-delà est toujours lié dans ce film à la technologie. Internet sert davantage d’interface et de porte vers l’Au-Delà que la science (on voit plein de scientifiques charlatans), que l’argent (Billy, le frère de George, veut ouvrir un cabinet pour son frère et faire des pouvoirs de médium de ce dernier un business : en vain), que l’Église (présentée comme une institution racontant des salades), et que l’humilité. La technologie est montrée comme la vraie et seule voie vers la transcendance. « J’ai été voir sur internet. Vous êtes médium ! » s’exclame le jeune Marcus en reconnaissant George le médium dans un salon du livre ; « Si c’est une séance que tu veux, c’est hors de question. » le repousse George. En gros, rejeter Internet ou la séance de spiritisme revient au même, dans la bouche des protagonistes. À ce propos, il n’est pas anodin que le film d’Eastwood fasse de la main technologisée le vecteur et la clé de la communication entre les êtres humains et les esprits disparus. Mains serrées, mains jointes, poignées de main… Vive le digital ! Prendre la main, c’est entrer en connexion avec l’Au-Delà. Et la perdre, c’est couper cette connexion : « J’ai dû perdre la main. » conclut par exemple George, le médium qui entend les voix des morts-vivants, lorsqu’un de ses patients le contredit à tort dans l’une de ses inspirations.
 

 

Malgré la teinte clairement ésotérique que se donne « Au-Delà » de Clint Eastwood, je vous le dis très sérieusement : ce film est dangereux et antéchristique. Il n’est même pas vaguement crypto-catholique, et n’aide pas « un peu » l’Église. Au contraire, il La méprise et cherche clairement à La couler. Alors sans paranoïa et avec joie, allumons les Warnings, restons en alerte, et récoltons tous les indices qu’il sème pour mieux identifier le langage de l’Antéchrist et le transhumanisme.

Journal de l’Antéchrist : L’Antéchrist aux portes de l’année 2017

« Chez le bobo, tout est rituel, rien n’est sacré » (Marie Pinsard)


 

Ma bonne résolution pour l’année 2017, c’est que mon père se désabonne de la revue La Vie (J’y arriverai !). Le pire, c’est qu’il m’avoue ne jamais la lire ! Il y est abonné et donne des sous à ce torchon sans même chercher à s’en libérer.
 

Notamment pour le n°3720 de La Vie de la semaine du 15 au 21 décembre 2016, j’ai été sidéré de voir le niveau analytique bébé de cette revue. Je ne m’attarderai pas sur les pages moralisantes qui chantent les louanges de la « solidarité » et de la « charité en action », en gommant toute intériorité ou sens ou Christ dans ces « actions ». C’est bien le propre du catholicisme bobo gauchiste défendu par le directeur de La Vie, Jean-Pierre Denis, que de redire des évidences sans risquer l’impopularité. Je me contenterai simplement de souligner la naïveté, l’aveuglement, l’incompétence, la soumission, de beaucoup de nos intellectuels et journalistes « catholiques » actuels, reflétés par le dossier de La Vie consacré à (attention… les cerveaux vont fumer de suractivité…) « la morale cachée de Disney ».
 

 

En arrivant pour Noël chez mon papa, et en voyant ce titre de couverture sur la table du salon, je me suis dit : « Ce journal brille tellement par sa nullité et par sa collaboration au Système Mondialiste qu’il ne va même pas avoir le courage de dénoncer que la firme Walt Disney est une antenne de la Franc-Maçonnerie antéchristique. » Pas loupé ! Les journalistes de La Vie sont si peu catholiques qu’ils n’ont rien vu. Ils se contentent de singer le décryptage analytique (en parlant de « codes », pour faire du Ariño… mais en raté). Et au lieu de décrypter, c’est-à-dire de donner du sens, à la lumière des Évangiles, au lieu de regarder concrètement les messages diffusés, ils restent à la surface de l’univers de Walt Disney, en parlant de la perception extérieure qu’en auraient les autres, ou en partant de paradigmes moralisants datant de mai 68.
 

 

Croyez le fan de Walt Disney que j’ai été de mes zéro à dix-huit ans : tout l’univers des créations cinématographiques disneyennes visent à crier la toute-puissance du rêve individualiste sur le Réel et sur le Christ. Tout récemment, en revoyant à la télé « l’église » disneylandisée/protestantisée du film « La Reine des Neiges » (vidée de crucifix, de Jésus, de Vierge, de sacrements, de Jésus) diffusée pour Noël sur M6, je l’ai à nouveau constaté. La fantasmagorie de Disney est antéchristique, cathophobe. Elle célèbre « l’imaginaire » (l’autre nom du mal et du diable), asexualise l’être humain et ses relations, transforme ce dernier en animal et en ange.
 

Évidemment, La Vie ne dit rien de tout cela : ses critiques parlent de l’imaginaire comme de l’imagination (parce qu’ils confondent les deux termes et n’ont pas identifié la différence), paraphrasent les intentions des films Disney (« garder une âme d’enfant » ; « Jiminy Cricket, la morale incarnée » ; « Pouvoir rêver sa vie et la réaliser, accomplir ce pour quoi on existe, est le schéma directeur des films Disney. » ; « Des héros de notre temps : Disney brise des tabous. » ; « Les films de Disney représentent le rêve américain. » ; etc.), font une analyse manichéenne et pseudo sociologique-symboliste du monde (« Disney est-il puritaniste, conservateur, aseptisé, trop naïf, bourgeois, caricatural, libertaire, émancipateur, engagé, actuel ? »), se risquent à un semblant de dénonciation (« Walt Disney passe les contes populaires à la moulinette. »). Analyses au ras des pâquerettes. À pleurer. Le mal (la sacralisation mondiale de « l’indépendance », de « l’imaginaire », du « rêve individuel », de la « volonté » personnelle, de la « désobéissance » : marotte des bobos francs-maçons) n’est pas dénoncé car il n’est pas vu. Au lieu de ça, La Vie fait dans le folklore (ils parlent du « Carnaval des méchants », par exemple), la carte postale nostalgique (Nous vous racontons l’histoire des studios Disney), la psychologie de bazar à la François-Xavier Bellamy (« Disney est une projection de nos attentes morales » ; « Disney, symbole de la transmission entre les générations » ; etc.), l’érudition adolescente (les « indices d’intertextualité » comme diraient les mauvais analystes de l’Éducation Nazionale : La Vie cite Hamlet, les influences « cachées » telles que Groucho Marx et Schwartzenegger, et fait même de vaseux parallèles « exégétiques » avec la Bible : la grosse pitié) et dans la collaboration à l’esprit du monde. Pathétique. Ils n’ont pas compris ce qu’étaient les codes et ce qui est caché (= Jésus). Rendez-vous compte de l’état lamentable dans lequel se trouve le journalisme « catholique » français actuel
 

 

Le drame de nombreux catholiques en ce moment, c’est le cléricalisme, l’entrisme, le clientélisme, le nominalisme (phraséologie sage et apparemment « vraie », mais qui enchaîne les métavérités telles que je les décris dans mon dernier livre Homosexualité, la priorité niée) et finalement le boboïsme. C’est aussi le remplacement de la réalité de la Charité par la technologie (je pense à l’application Entourage, terrible éloignement bobo des catholiques ; je pense également à ces bougies virtuelles qui évitent de se déplacer dans les églises : cf. le code « Bougies » de mon livre Les Bobos en Vérité). C’est un drame car, comme nous a prévenus le Pape François, « La route que Jésus a voulue pour son Église est la route des difficultés, la route de la croix, la route des persécutions et non pas celle d’une entreprise humaine, où l’on signe des accords pour s’agrandir. » (cf. l’homélie du dimanche 21 avril 2013 à la chapelle de la Maison Sainte-Marthe)
 

 

Le « meilleur » exemple de ce lamentable entrisme sous couvert d’« Unité et de Charité », ce sont les posts épate-bourgeois (bourgeoisie bobo) et mondains de Koz Toujours (Erwann le Morhedec) : en ce moment, ce dernier s’extasie devant les quelques œuvres « cathos » de l’art contemporain qu’il conspue en temps normal (exemple : la crèche de la Madeleine de Samuel Yal), il est resté bloqué politiquement sur une idéalisation du gaullisme (c’est pour cela qu’il défend bon gré mal gré Fillon, dernier héritier spirituel de son De Gaulle chéri), il dénonce mollement la grâce présidentielle de Jacqueline Sauvage (alors qu’elle est carrément un scandale), il dénonce aussi mollement les attaques du FN contre l’Église (alors qu’elles sont un véritable scandale). Bref, il n’a pas lu le chapitre 38 de mon livre sur les Bobos… parce qu’en réalité, ses actes et discours en sont la parfaite incarnation.
 

 

 

 

En général, la manière tiède des cathos bobos (et des prêtres frileux) de dire leur désaccord ou de s’opposer, c’est de se montrer « dubitatifs » (tout comme leur manière molle de dire leur accord ou de « soutenir », c’est d’énoncer que quelque chose est « intéressant »).
 

 

Toute aussi sidérante est la langue de bois catholiquement correcte d’un Tugdual Derville. On se croirait revenus au temps du caté soixante-huitard où on nous faisait recracher les formules qui font bien (sur la fragilité, l’Espérance, la Rencontre, la bienveillance, le Bien commun, blabla), qui disent le bien, mais qui ne nomment pas le mal ni Jésus. Les porte-parole des catholiques en France aujourd’hui sont soit des brutes, soit des bébés.
 

 

En parlant bobos, je vous renvoie précisément à mon analyse du dernier film d’Omar Sy (qui a nourri certains codes de mon Dictionnaire des Codes homosexuels) « Demain tout commence » pour comprendre l’invasion du boboïsme antéchristique en France.
 

Pour continuer sur la progression de la Blockchain et de la phraséologie de l’humanisme intégral de la Nouvelle Religion Naturelle antéchristique, je constate que de plus en plus de chaînes d’entreprises « bios » profanes reprennent des expressions de la Bible à leur compte pour La désacraliser et La déchristianiser. En passant hier près de Bordeaux, par exemple, j’ai vu des magasins de jardinage rebaptisés « L’Eau vive ». C’est toute la ruse de l’Antéchrist que de singer/citer la Bible en enlevant le Christ et Sa Croix (cf. j’ai découvert tout récemment que le mot anglais « pain », qui signifie « douleur » se prononce en français comme l’Eucharistie : et ce jeu de mots est très signifiant pour comprendre le lien entre le Pain et la Croix).
 

Concernant également la puce électro, toujours hier, à Pau, j’ai déjeuné avec un père blanc, prêtre français missionnaire au Burkina-Faso pendant une trentaine d’années. Je lui ai demandé s’il avait vu des changements dans ce pays africain. Il m’a dit, sans dénoncer le phénomène ni le voir comme un danger, que la révolution spectaculaire qu’a connue dernièrement le Burkina, c’est le téléphone portable. Maintenant, quasiment tous les pauvres en ont un.
 

 

Autre nouvelle du Journal de l’Antéchrist : l’épidémie d’un nouveau virus appelé comme par hasard « W » (cf. je vous renvoie à mon article « Le Langage du diable », sur les W, V et les cubes). On ne sait pas quel est ce virus, ni ce que contient le vaccin pour lutter contre ce dernier. Mais je ne fais que souligner cette coïncidence non-hasardeuse avec le W. Et un peu plus tard que ce matin, je me faisais la réflexion que la quasi totalité des lettres que j’attribue à l’Antéchrist (V, W, X, Y et Z) composent la fin de l’alphabet, autrement dit indiquent la fin des temps.
 

 

Concernant le cube (dont je parle très régulièrement en tant que rationalité divine), on le voit de plus en plus sur nos écrans : regardez cette publicité, ainsi que celle-ci, du café Carte Noire. Le Cube est au centre du Royaume du Plaisir des Sens.
 

 

Enfin, pour terminer sur une bonne nouvelle (quand même !), mon grand frère dominicain Miguel (frère Louis-Marie Ariño-Durand) est en pleine rédaction de son prochain livre aux éditions du Cerf : un ouvrage sur les secrets de Fatima, à l’occasion du centenaire des apparitions de Fatima en 1917. Et de tout ce qu’il a publié (après Marie m’a bien aimé et Rosaire un jour rosaire toujours), c’est à mon avis son premier livre risqué et, je crois, évangélique. Je m’avance peut-être pour dire que c’est déjà une bombe, mais tant pis. Et je m’en réjouis.
 

 
 
 
 

N.B. : Voir d’autres éditions du Journal de l’Antéchrist : celle-ci ou celle-là.

 

N.B. 2 : Une raison supplémentaire pour vous demander de lire mon livre Homosexualité, la Priorité niée que je viens de mettre en libre accès ici : cette caricature de Trump et Poutine par Willem, illustrant ce que je dis sur la primauté médiatique et politique de l’homosexualité dans notre monde d’aujourd’hui, pour sacraliser ou diaboliser quelqu’un.
 

Film « Demain tout recommence » avec Omar Sy : le film néo-nazi

Souriez : on vous prend pour des cons


 

Je reviens d’aller voir au cinéma « Demain tout commence » de Hugo Gélin, avec Omar Sy. Mon livre Les Bobos en Vérité tape en plein dans le mille. Je suis tellement scandalisé ET des messages que j’y ai entendus (propagande Najat Vallaud-Belkacem : anticléricalisme, anti-mariage, filiation désincarnée et sentiment asexué/bisexuel) ET de l’aveuglement général du public (qui trouve tout beau et normal) que je suis obligé d’en dire un petit quelque chose, même si ça mériterait un plus long développement et que je manque de temps.
 

 

Le propre du boboïsme, c’est le rejet de la différence des sexes et le rejet de la différence Créateur-créatures c’est-à-dire l’Église. Et le film de Gélin (qui a une bonne tête de bobo !) nous le montre bien : les couples femme-homme sont catastrophiques et en conflit ; l’homosexualité est présentée comme merveilleuse voire un parfait substitut maternel ; la paternité sentimentale ou adoptive est présentée comme plus essentielle, vraie et grande que la paternité de sang ; et c’est l’institutrice catholique, avec sa croix en pendentif, qui est montrée comme la grosse conne et la méchante de l’histoire.
 

Les Gentils


 

Le film, en plus, enchaîne les maximes creuses de l’optimisme bobo, les messages « philosophiques » hédonistes collège mais aussi hyper individualistes, désabusés et orgueilleux (« Il faut vaincre ses peurs » ; « Payer 20€ de taxi est la clé d’un bonheur absolu » ; « Il n’y a pas de père ni de mère idéal : on fait comme on peut. » ; « Seul compte l’instant présent. » ; « Demain tout recommence. » ; « Il faut écouter sa petite musique intérieure. » ; « Finalement, ça en valait la peine. » ; « T’es immortel. » ; « Il faut faire en sorte que chacune de ces chutes de la vie soit une fête. » ; « Mentir pour le bien des gens, on a le droit. » ; etc.). Comme je le disais, c’est de l’idéologie Najat Vallaud-Belkacem, servie par Omar Sy, le « Saint Noir » de la dictature laïciste. Bref : le bon soldat du Système totalitaire à savoir de l’anti-fascisme moralisant et de la bienpensance hétérosexuelle (Par hétérosexualité, j’entends l’absolutisme de la subjectivité individuelle et de toutes les différences… sauf bien sûr la différence des sexes et la différence Créateur-créatures).
 

Dans « Demain tout recommence », on retrouve en plus tous les symboles maçonnico-bobos de la Nouvelle Religion Naturelle mondiale (cf. les 60 codes bobos des Bobos en Vérité) : les guirlandes électriques, la mer, le matricide, le Noir ambassadeur de la société multiculturaliste donneuse de leçons, les cubes, les roof-tops, parler anglais, la chorégraphie, la bière, l’enfant-copain, le déni du regret et de la culpabilité, la promotion de l’homosexualité, l’optimisme, les parents démissionnaires, le loft, l’adjectif « petit », pas d’humour, la ville européenne, le barbu, la casquette, etc.
 

Bernie, le héros homo super sympa (et super bobo aussi)


 

La salle de cinéma (à Cholet) où je me trouvais était pleine à craquer. Et visiblement, à en voir les réactions de tout le monde à la sortie, c’était la satisfaction et l’émotion générales. C’est affolant le niveau d’endoctrinement et d’aveuglement de nos contemporains, prêts à gober tout ce qu’on leur présente comme de l’« amour » ou de la « parenté », alors même que c’est plein de « bons sentiments » désincarnés (je ne parle même pas du scénario sans queue ni tête et des scènes invraisemblables qui ponctuent « Demain tout recommence »). Dans quelle époque vivons-nous ? On se croirait revenus au temps du nazisme, avec le Peuple qui dort face à des répliques et un scénario surréalistes, où les réalisateurs et les gens – c’est carrément pathologique – ne se voient même plus raconter des conneries tellement ils mordent à l’hameçon de leur propre sincérité, tellement ils croient en la mise en scène de leurs fantasmes (hyper manichéens et moralistes, en réalité). Autour de moi, les spectateurs avaient la larme à l’œil, n’avait aucun sens critique, riaient et trouvaient le film hyper beau. Grand moment de solitude. Il est urgent de se pencher sur le boboïsme au lieu de mépriser et le terme, et l’usage du mot !
 

 
 
 

N.B. : Pour tous les cons qui me prendraient pour un gros paranoïaque ou un fou parce que je traite ce film de « néo-nazi », je tiens à préciser que « nazi » signifie à la base « national-socialisme » (et non seulement « extrême droite »), et qu’avec ce film d’Omar Sy, on se retrouve devant un « international-socialisme », donc finalement un internazisme, en fait.

Journal de l’Antéchrist de Noël

 

Voici une nouvelle édition du « Journal de l’Antéchrist » (sur le modèle de celui-ci ou de celui-là). Comme les temps s’accélèrent à cause de l’accroissement de l’attachement hypnotique de la population mondiale à l’image de la Bête (= les médias) plutôt qu’au Réel (= Jésus), les nouvelles ne manquent pas !
 
 
 

L’Antéchrist veut mettre l’Humanité en danse contemporaine de groupe, pour permettre justement par ces flash-mobs, des égrégores. Je l’ai encore constaté hier dans la finale Danse avec les stars ; mais on la retrouve dans le dernier clip de Zaho, dans les chorés de Miss France, Sia ou Loïc Nottet, et dans toutes sortes d’inaugurations (le tunnel du Gothard, les gamins courant entre les tombes d’un cimetière juif à Verdun, etc.). Ça danse avec les stars/étoiles et surtout Lucifer.
 

L’idée antéchristique de divinisation de l’Humanité, c’est de nous transformer tous en héros. Je l’ai entendu récemment de la bouche d’Éric Giacometti (très proche de la Franc-Maçonnerie). Pour l’Antéchrist, il s’agit de remplacer les saints (= suiveurs de Jésus) par les super-héros (ses suiveurs à lui). La Manif Pour Tous et les mouvements pro-Life copient malheureusement ce concept en sacrant les « héros de la vie » au lieu de Jésus.
 

 

Autre nouvelle de l’Antéchrist : Comme j’essaie de l’expliquer depuis longtemps, l’imposition mondiale de la puce électronique se fait passer pour une rébellion, une révolution incroyable. Autrement dit, le Gouvernement Mondial essaie de nous faire intégrer la puce comme une anti-puce pour que nous nous y soumettions en ayant l’impression de la rejeter. En ce moment, beaucoup de publicités nous appellent à la rébellion, uniquement dans le but de donner une touche sexy et insoumise à ce qui n’est en réalité qu’une soumission à la technologie et à un hologramme/avatar de nous-mêmes.
 

« Entrez dans la rébellion avec E.Leclerc »


 

 

« Une Rébellion fondée sur l’espoir » (Je vous renvoie au code « Espoir et Optimisme » dans mon livre Les Bobos en Vérité)


 

 

Autre signe que le monde technologique est en train de submerger la politique et lui ravir son pouvoir : les probables attaques et falsifications des élections dites « démocratiques » (cf. le piratage des États-Unis par la Russie).
 

Côté bobos anars d’extrême droite (cf. mon code n°39 des Bobos en Vérité), le maire de Béziers, Robert Ménard, qui semble n’aimer du catholicisme que le décorum culturel et cultuel (comme je l’ai écrit en épitaphe de mon livre, en citant l’historienne Marie Pinsard, « chez le bobo, tout est rituel, rien n’est sacré »), vient de prouver qu’il était plus attaché à ses crèches (rituel) qu’au Pape (Esprit Saint) en s’attaquant à ce dernier de manière hallucinante sur Twitter (et en plus sur la base d’une désinformation puisque le Pape n’a pas félicité la maire de Paris Anne Hidalgo en personne, mais les maires de toute la région parisienne pour leurs efforts en faveur de l’accueil des migrants). C’est dans des moments comme ça qu’on voit les vrais catholiques (qui aiment le Pape et lui sont obéissants) et les pharisiens (obéissants au ritualisme sacré et formaliste de leur idée d’Église, mais régis par la peur, le purisme et le manque de confiance en Jésus et en l’Esprit Saint).
 

 

 

Autre news, cette fois concernant à nouveau la puce électronique et la virtualisation progressive de la monnaie (cette désintermédiarisation de la Blockchain) : d’abord le cas de l’Inde (la démonétisation qui date d’il y a un mois + le Peuple indien qui se fait piquer tout son or en ce moment, donnant ainsi à l’étalon or toute sa puissance mondiale), ensuite la suppression des billets au Venezuela.
 

 

 

L’Humanité court vers la cubisation d’elle-même. Inutile de rappeler que le cube est la figure du Gouvernement Mondial privilégiée par la Franc-Maçonnerie, Franc-Maçonnerie dont les deux champs lexicaux sont l’architecture et la lumière (so Antechristic…). Les Illuminati sont en train de nous réduire à ce que nous aimons (nos goûts) et ce que nous faisons (cf. la dernière pub de McDo nous transformant en « amoureux des hamburgers », la dernière pub de voiture Skoda créant la nouvelle race des « conducteurs de Skoda » avec son panel typologique pseudo divers).
 

 

Photo prise le 14 décembre 2016 en Suisse, près de la Cathédrale


 

Par ailleurs, la dernière publicité de parfum Diesel traite de la main pucée codifiée (par un tatouage ou une inscription) et de la toute-puissance humaine qui vaincrait les cubes et les animaux (cf. noachisme et toutes les publicités basées sur le dépassement de ses peurs, l’audace, les projets).
 

 

Je suis étonné également de l’encouragement social croissant à être méchant, diabolique, désobéissant.
 

 

J’ai regardé le super documentaire de France 2 sur Poutine jeudi 15 décembre 2016 dernier, certes un peu orienté idéologiquement mais justement pas trop. Il était plutôt honnête et impartial. Il faut vraiment se méfier de ce pharisianisme justicier, implacable, intransigeant et populiste qu’incarne à l’évidence Poutine et qui dirige la grande nation russe. Dans ce reportage, bien sûr, il y avait des contre-vérités (notamment dues à la propagande gay friendly occidentale dont je parle dans mon prochain livre) et il n’y a pas lieu de justifier la peste par le choléra (les « Chrétiens d’Orient » et Bachar ne sont absolument pas des enfants de chœurs, contrairement à ce que donnent à croire les médias occidentaux en diabolisant parfois Poutine), mais néanmoins, l’impitoyabilité de Poutine reste effrayante. J’avais entendu à Brignoles à l’été 2015 des prophéties m’avertissant déjà contre ce cow-boy (« Il y a du diable là-dessous. »).
 

 

La population mondiale est en train d’être encodée. C’est le cas de l’Inde où sont en ce moment recensées toutes les données biométriques.
 

 

Par ailleurs, en ce moment, l’Église de France est tellement mal représentée que je ne sais pas s’il faut en rire ou en pleurer.
 

 

 

Les pseudo « catholiques » bobos continuent de jouer le jeu de ce fichage technologique sous prétexte de « charité », de « Miséricorde », de « solidarité », d’« aide aux plus démunis », d’« obéissance au Pape François », à travers des associations comme Entourage (application Smartphone pour pister les SDF), qui promeuvent un puçage déshumanisant et désincarnant l’aide aux plus démunis : l’expression « Aidez un pauvre juste avec votre Smartphone » devrait humainement nous horripiler.
 

 

Comme par hasard, Entourage, dans son logo, reprend peu ou prou une affiche du prochain Stars Wars qui promeut la puce. Le boboïsme, l’humanisme intégral et l’écologisme sont des chevilles ouvrières du Gouvernement Mondial.
 

 

 

La Nouvelle Religion Naturelle de l’Antéchrist est en train de reprendre à son compte tout le vocabulaire pseudo religieux de l’Église (« prière », « amour », « foi », « résurrection », « pureté », « vénération », etc.) mais en retirant Jésus. Par exemple la publicité Nikon « Je suis en mission », ou encore la publicité Apple « Ouvrez votre cœur » (cf. le code « vieux marin breton » dans Les Bobos en Vérité).
 

Plus je regarde des émissions comme The Voice ou Danse avec les stars, plus j’écoute les chansons d’Amel Bent ou de Tal ou de Sofia Essaïdi, et plus j’y vois l’expression d’une toute-puissance de la volonté et de la subjectivité humaine, la défense de la gnose (= raison) maçonnique de l’humanisme intégral.
 

 

Enfin, dernière news montrant que le paganisme anti-catholique grimpe en ce moment même en Europe. La mairesse de Madrid, Manuela Carmena, membre du parti de gauche Podemos, a interdit la présence d’une crèche de Noël à la fameuse Puerta de Alcalá de la capitale espagnole, comme elle l’avait déjà fait l’année dernière : elle ne veut que des décorations sans connotation religieuse chrétienne pour les « fêtes ».
 

Publication de mon livre Les Bobos en Vérité !

 

Ça y est ! Mon seul et unique exemplaire papier (publié à compte d’auteur, en auto-édition) des Bobos en Vérité : la Religion Mondiale écolo-rebelle de l’Antéchrist est enfin arrivé ! Je vais pouvoir l’offrir aux Suisses dans une semaine! Et mes maigres finances m’ont permis d’en relancer deux autres exemplaires avec une couverture similaire. L’important, c’est que mon bébé EXISTE ! D’autant plus que je lui ai dernièrement apporté de très bonnes retouches.
 
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Je viens de relancer l’édition de 10 exemplaires (avec cette nouvelle couverture). Les intéressés, je prends note si vous voulez que je vous en envoie un (écrivez-moi sur « Contact »). C’est 15 euros (10 euros le livre + 5 euros de frais de port). Je vous donne en message privé mes coordonnées bancaires, et comme ça, vous me faites le virement, et le tour est joué !^^

 

Quand je vois ce qui s’annonce dans le monde « catholique » (avec le boboïsme et les W, V), mon livre tape vraiment dans le mille…
 
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Pour terminer, Vincent de Longueville, intellectuel et père de famille catholique, m’a écrit récemment ce gentil message sur Twitter, suite à sa lecture des Bobos en Vérité : « Philippe, je suis en train de digérer ‘Les Bobos en Vérité’, une lecture des plus stimulante. La forme est impeccable, l’écriture limpide, et c’est un plaisir de se laisser porter par ta plume. Le fond, surtout, est éclairant. Tu as une sensibilité immense, qui te permet d’embrasser au premier regard ce qui est mal positionné chez les uns et les autres. Et tu ne te prives pas de le dire, mais par amour, c’est ça que j’aime chez toi. Tu me rappelles ces prophètes tempétueux de l’ancien testament, qu’on appelait sans doute à tort ‘prophètes de malheur’, et qui alertait leurs contemporains assoupis pour les remettre en chemin. J’ai encore besoin de ruminer tout ça, par exemple en quoi la notion d’hétérosexualité est le nœud gordien qu’il faut trancher pour sortir des catégories qui nous divisent, et revenir aux différences qui nous unissent : celles que tu cites tout au long de ton livre, la différence des sexes, et la différence Créateur/créature. M’est avis que si cette notion d’hétérosexualité doit être prise à bras le corps pour être combattue, il faudra que tu sois (nous soyons ?) encore plus pédagogique, afin de pouvoir toucher les âmes les plus simples (encore que ce sont souvent les plus clairvoyantes !). Je te remercie, en tout cas, pour cet énorme travail, qui me paraît être une réponse pleine d’espérance aux doutes et errances, pour ne pas dire pire, de nos sociétés occidentales. Et je prie pour toi, Philippe, pour que tu aies le courage et surtout la joie de poursuivre ton travail au service de notre Vérité humano-divine, car j’imagine tous les sacrifices que cela doit te demander. Je te dis ça à cœur ouvert, en sachant bien que je m’expose à ton regard perçant, mais la sincérité m’emporte ! Bien à toi, camarade ! »

Émission Mariés au premier regard : 5 scoops que vous n’avez pas vus au premier regard


 

Voici les 5 scoops que je vais développer ici et auxquels vous ne vous attendiez pas :
 

1) Thomas n’est pas un salaud ! (C’est même le seul qui a un peu compris l’émission)
 

2) C’était pas une émission sur le mariage mais sur la prostitution et l’inceste
 

3) Mariés au 1er regard promeut l’homosexualité, en fait
 

4) C’était une émission islamiste
 

5) Mariés au 1er regard a été programmée par le Gouvernement Mondial antéchristique (hahaha : rire sardonique)
 
 
 

N.B. : Voir aussi, en complément, mon décryptage de The Voice, mon livre sur les bobos, mon article sur l’Antéchrist ainsi que « l’homosexualité à l’intérieur de l’Église catholique ».
 
 

Moi aussi, j’ai regardé…

 

J’ai regardé l’émission d’M6 en 4 épisodes Mariés au premier regard, dont le concept, testé dans plusieurs pays du monde, repose sur la formation de couples sur la base de la science : des hommes et des femmes acceptent de faire confiance à des « experts » pour se marier officiellement à la mairie sans se connaître du tout avant et sans s’aimer.
 
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On pourrait se questionner éternellement sur le bien fondé de l’existence d’un tel programme. Mais je crois qu’au fond, le débat moraliste (« Est-ce bien ou mal que cette émission existe et qu’elle soit regardée ? »), ou le débat de goûts (« J’ai détesté/J’ai aimé »), ou le débat de réactions (« Ça m’a choqué/indigné/excité/scandalisé ? »), est un concert stérile, car on a déjà la réponse : « Tout le monde » a adoré détester et regarder cette émission de merde ; et peu y ont cru.
 
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En revanche, ce qui m’intéresse, personnellement, c’est justement les nombreuses choses auxquelles les gens (même les méprisants, les ricanants, les voyeurs, les curieux, les beaufs et même ceux qui ont refusé de regarder !) ont crues sans s’en rendre compte ou n’ont pas vues ! C’est pour ça que j’ai préféré regarder Mariés au premier regard ! En prenant plein de notes, au lieu de m’offusquer ou de mépriser, au lieu finalement de rentrer – par le rejet – dans le jeu affectif de ce genre d’émissions. En reconnaissant que j’y ai pris du plaisir, que je me suis pris au jeu. Et surtout, en me disant qu’en donnant ma propre interprétation, je rejoindrai plein de Français et les aiderai à décoder d’une manière constructive et vraiment catholique une émission qui sera méprisée/ignorée par l’ensemble des catholiques qui se sont boboïsés/endormis/révoltés contre leur époque.
 

Le paradoxe de l'idôlatrie : dire à la fois qu'on n'y croit pas en même temps qu'on y croit ("choqué et déçu")

Le paradoxe de l’idôlatrie : dire à la fois qu’on n’y croit pas en même temps qu’on y croit (« choqué et déçu »)


 
 

1er scoop : Thomas n’est pas un salaud ! (C’est même le seul qui a un peu compris l’émission)

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À en croire les réactions sur les réseaux sociaux, Thomas, l’un des candidats de Mariés au premier regard, le prototype du beau gosse ténébreux, qui s’est marié avec la jolie Tiffany, qui a fait rêver/languir de nombreux téléspectateurs, et qui a décidé contre toute attente de finalement divorcer « parce qu’il ne ressentait plus rien » (face à une jeune mariée effondrée et prise de court juste après le voyage de noces), a été considéré par l’opinion publique comme le grand Traître de l’émission (la mère de Nathalie arrive un peu derrière dans le classement des renégats). Le salaud ! clame en chœur le Peuple cathodique. Il ne sait pas ce qu’il veut ! Il ne va pas au bout de l’expérience, alors qu’en plus il nous a fait croire de manière belle et vraisemblable que le conte de fée scientifique était possible ! Ça c’est bien les mecs d’aujourd’hui ! Thomas a été une nouvelle occasion pour la France d’exprimer sa misandrie, son féminisme sexiste, son incroyance idolâtre au mariage et à la science.
 

La positive attitude et le "bonheur" à la gueule, ça fait mal

La positive attitude et le « bonheur » à la gueule


 

Est-ce aussi simple ? Rassurez-vous, je ne viendrai pas à la rescousse de Thomas. Lui-même a joué le jeu du lynchage par son mutisme, par l’interprétation très réussie du gars désolé qui s’est fait surprendre par sa propre « lâcheté », qui esquisse un mea culpa, et dont les dégâts sont rattrapés in extremis par Justin, le lot de consolation de Tiffany.
 
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Cependant, le cas de Thomas est très intéressant. Car loin d’en faire un héros, un génie, un rebelle, une victime du Système télévisuel dans lequel il est rentré volontairement, ou une exception de bobos, car je ne pense pas qu’il ait compris exactement pourquoi il a refusé de rentrer complètement dans le piège que lui a été tendu, Thomas est un vrai bobo. Et il s’est retrouvé confronté à la nuance subtile entre Boboland et Bobeaufland. Mariés au premier regard est un concentré de boboïsme : du blanc partout, bougies, guirlandes lumineuses, psychologisation, théisme déchristianisé, amour énergétique, espoir, etc. Et en même temps, l’émission est à la charnière entre boboïsme et beaufisme.
 
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La « chance » (ou plutôt la malchance : ça dépend de quel côté on se place) de Thomas, c’est qu’il appartient beaucoup plus à Boboland (c’est un bobo à 100% : photographe, bonnet, séducteur indépendant, barbe de trois jours, citadin, etc.) qu’à Beaufland, contrairement aux autres candidats, et a fortiori contrairement à Tiffany qui, elle, se trouve à mi-chemin entre Boboland et Beaufland : elle appartient à Bobeaufland, en fait ! Du coup, son « mari » s’est retrouvé piégé à son propre boboïsme, ainsi qu’aux inattendues mutations hybrides de celui-ci. Quand il a pénétré la dînette bobo dans laquelle allait l’installer/le momifier sa « femme », la maison de poupées Bobeaufland d’adolescente attardée, toute en blanc avec des cœurs partout et des bougies parfumées, je comprends sa panique et son étouffement ! J’aurais réagi pareil. Vision d’horreur pour un gars comme Thomas un chouia plus artiste, plus cultivé, plus fantaisiste, plus wild, plus dark, plus libre, moins empoté (cf. la séance du shooting où Tiffany n’avait pas la pose attitude de la nana décomplexée et audacieuse que Thomas aurait espérée), moins ordonné et moins conventionnel que les bobeaufs.
 
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Rien à voir chez lui avec une « incapacité à s’engager », comme ça lui a été reproché. Son refus de moisir au Musée Bobeaufland reconstitué par Tiffany est plutôt un signe qu’il sait justement un peu plus s’engager que les bobeaufs immatures qui l’entourent. Il n’a juste pas encore le bagage culturel et spirituel pour mettre des mots sur son mal-être. Alors il s’est senti l’obligation de sortir des excuses-bidon qu’on sort à chaque fois qu’une rupture amoureuse est tellement évidente qu’elle se passe de commentaires : « Je ne ressens plus rien. » ; « Je pense qu’on se correspond pas. » ; « J’ai jamais menti sur ce que je ressentais. » ; etc. Bref, l’éternelle confusion – classique dans le boboïsme – entre sincérité et Vérité, ou bien entre « être amoureux » et « aimer ». Lui et les « experts » de l’émission ont préféré conclure à la toute-puissance de « son mutisme », à sa « difficulté (dite typiquement masculine) à exprimer ce qu’il ressent ». Mais en réalité, même si presque personne ne l’a vu, Thomas sortait un peu du lot. Il était bien plus bobo et un peu moins beauf que tous les autres, c’est tout.
 

"Deviens mon bibelot bobo"

« Deviens mon bibelot chéri »


 
 

2e scoop : C’était pas une émission sur le mariage mais sur la prostitution et l’inceste

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Même si on enrobe le concept mercantile de romantisme, de suspens, de « science » et de sincérité, Mariés au premier regard demeure un commerce : les candidats exhibent leur intimité et leur engagement en échange d’argent et de notoriété, la chaîne M6 les corrompt en leur « offrant » un mariage tous frais payés (en échange en réalité de la violation de leur intimité), le divorce se profile comme un « service après-vente » quasi incontournable (retour à l’employeur : pas un des couples-candidats n’a finalement accepté de rester marié).
 
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Le « mariage » tel qu’il est conçu et travesti par les concepteurs de l’émission apparaît surtout comme un contrat professionnel. Par exemple, Benoît, l’un des candidats (qui se mariera avec Nathalie), va voir les parents de sa femme à la table des noces pour leur promettre qu’il fera ce qu’il faut pour « assurer le boulot ». C’est carrément l’entretient d’embauche avec l’employeur ! Dans Mariés au premier regard, tout le monde s’exploite et se considère comme des objets. Voici quelques répliques d’anthologie : « Il faut laisser la chance au ‘produit’, entre guillemets » (Justin face aux caméras, à propos de Valentine, sa future épouse qu’il essaie de rassurer et de défendre après le coup de stress de celle-ci à la mairie) ; « C’est pas qu’un petit bout de papier : c’est un bout d’âme sœur. » (Wilfrid face au faire-part qui l’invite à son propre mariage) ; « C’est seule qu’elle retourne voir sa robe de mariée. » (la voix-off à propos de Valentine et son costume, personnifié) ; « Thomas traite Tiffany comme un mannequin professionnel. Pas comme sa femme. » (Jacques de Sutter) ; « J’ai gagné le gros lot… mais pas au loto. » (Justin faisant deviner en boutade à ses proches qu’il va se marier… mais avec une inconnue) ; etc.
 

Les candidats parlent d’eux-mêmes comme des objets : « J’ai envie de me caser, de me ranger. » (Justin) ; « J’ai envie de m’investir. » (Benoît) ; « Ils vont se filmer eux-mêmes jour après jour avec une caméra. » (la voix-off par rapport au couple Benoît et Nathalie) ; etc. Et entre eux, ils se jaugent et se jugent au paraître. Ils se considèrent comme des souris de laboratoire, lancés dans une « expérience ». Le mot revient tout le temps : « Aller jusqu’au bout de cette expérience » ; « L’expérience est scientifique certes mais scientifique-humaine », etc. Dans ce programme de télé-réalité, « le futur » ou « la future » époux est vu(e) comme un objet et un résultat scientifique qui plaira ou pas au premier regard à tous les proches et à son « promis »/sa « promise ».
 

Les « experts » quant à eux s’amusent à établir les « taux de compatibilité » entre les candidats, comme si l’amour et les personnes se mesuraient, se quantifiaient, se calculaient (d’ailleurs, le concept de « probabilité » ou de « potentialité » ou de « gratuité » ou de « visibilité » induit hypocritement une réserve, une humilité, une transparence sur ce calcul). Les concepteurs de l’émission nous donnent l’illusion que ce n’est pas un business parce que tout est offert (même le divorce !). Mais priver les mariés et les familles de payer leur mariage, c’est finalement les utiliser, les déposséder de leur investissement personnel, les désengager, les exploiter. On les empêche de donner de leur personne et du fruit de leur travail. « Quand c’est gratuit, dit à juste titre l’adage, c’est que c’est vous le produit ! » C’est important de payer son mariage. M6 dérobe ce droit aux mariés et à leur famille.
 

Il ne faut pas avoir peur d’employer les grands mots : avec Mariés au premier regard, on assiste en direct à une forme de prostitution (même si elle est apparemment gratuite et consentie : a priori, personne n’a forcé les candidats à aller jusqu’au bout de « l’aventure »). D’ailleurs, le concept même du programme – s’unir sexuellement et maritalement à un ou une inconnu(e) – est bien la définition de la prostitution, si je ne m’abuse. « Je vais épouser un inconnu. » (une des candidates). Dans l’émission, l’adultère est tacite : par exemple, Tiffany divorce de Thomas puis se marie avec Justin, le promis de Valentine : Mariés au premier regard, en réalité, c’est plutôt On a échangé nos maris. Tout le lexique utilisé dans Mariés au premier regard renvoie à la tromperie, à la débauche, à la luxure, à la prostitution, à l’expérimentation : les mots « aventure », « expérience » reviennent constamment. Le vernis scientifique et émotionnel de Mariés au premier regard n’est que le reflet inconscient d’une soumission, d’un machisme et d’un sexisme sous-jacents : le scandale concernant l’un des trois « psys » de l’émission, Stéphane Édouard, a été gentiment étouffé… mais révèle bien les ressorts prostitutifs de l’émission.
 

Quand on transforme la différence des sexes et le mariage en hétérosexualité (stricto sensu, en « toutes les altérités au niveau de la sexualité » : c’est le sens étymologique du mot « hétérosexualité), il est logique qu’on les ouvre aussi bien à la prostitution qu’au commerce, à l’inceste, à l’adultère, à l’homosexualité (comme vous allez le voir un peu plus précisément dans la troisième partie de cet article), et même à la zoophilie.
 
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J’exagère en parlant de zoophilie ? Vous allez voir que pas du tout. Il suffit d’entendre les quelques allusions ou comparaisons animales qui ont été faites par les candidats, les animateurs de l’émission, ainsi que le public, pour s’en persuader. Par exemple, l’un des psychologues de Mariés au premier regard, Pascal de Sutter, a fait l’analogie entre l’acte de donner à manger à l’autre directement dans la bouche (ce qu’a fait Benoît avec Nathalie) et la « becquée » qu’un animal donne à ses petits, en justifiant la comparaison dégradante et déshumanisante par la soi-disant « beauté du geste d’intimité ».
 
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L’une des réalités les plus choquantes – je trouve – de ce programme télévisé, c’est le viol de la différence des générations (différence entre adultes et enfants, ainsi qu’entre père et fils) : autrement dit l’inceste. Tous les protagonistes et les membres de leur famille participant à Mariés au premier regard sont pris en otages. Ils perdent complètement la main sur le mariage (de leur enfant, de leur frère). Ils se voient offrir un Kit Mariage tout fait, sans engagement et sans effort obligatoire, dans la même salle de mairie, le même maire, la même salle de noces, le même voyage de noces. Ils n’ont que le choix de leur costume, quasiment ! À part ça, on les force à dire oui. S’ils affichent un scepticisme ou un refus, ils sont brûlés en place publique. Par exemple, il n’y a qu’à voir les procès en « impolitesse », en sorcellerie, et même en prostitution, qu’a subis la mère de Nathalie pour avoir osé faire valoir son droit d’opinion : hallucinant.
 
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Dans Mariés au premier regard, les générations sont totalement inversées et/ou confondues. Les sœurs et les mamans se transforment en mères maquerelles. Ce sont les mariés qui donnent la main de leurs parents à leur « futur(e) » et à la France entière (… les rares fois où ces derniers acceptent d’être présents au mariage, bien sûr, car souvent, ils refusent à juste raison cette humiliation et ce vol). Les pères biologiques – dont beaucoup sont divorcés ou absents – sont spoliés de leur rôle de transmetteurs, de donneurs, de sacrificateurs : ils ne conduisent même pas jusqu’au bout leur fille à l’autel laïciste télévisuel, et n’ont pas l’opportunité de donner sa main à un homme qu’eux-mêmes ne connaissent pas. Les parents sont maltraités, terrorisés (dans le sens propre de l’adjectif : soumis à un terrorisme) : « On est venus réellement avec la peur au ventre » avoue le père de Thomas ; « J’arrive au mariage de mon fils en tant qu’étrangère » rajoutera la mère d’un autre candidat. Les familles ne se connaissent pas entre elles, et se disent timidement bonjour à la mairie, comme dans une salle d’attente de médecins (c’est le cas de le dire !). Et la seule amorce de dialogue et de blague qui permet de briser la glace entre elles, c’est d’admettre la misère de leur situation commune : « On est tous embarqués dans la même galère ! » L’unique petit privilège que la chaîne de télé concède aux parents et à la famille par rapport aux mariés – et il est de courte durée -, c’est d’une part de connaître avant la mariée l’identité et le physique du marié, et d’autre part d’avoir le temps de fantasmer sur lui et de voter « pour » ou « contre » (à la place de leur sœur ou fille ou amie) comme des collégiennes : « Je valide » (la sœur de Tiffany, face à son probable futur beau-frère, Thomas) ; « Je pense qu’elle va dire oui. » (la mère de Tiffany). On a atteint le summum de l’inceste avec le regard lubrique dégueulasse de la mère de Tiffany posé sur son futur gendre. À la place de cette « belle-mère », je ne saurais plus où me foutre pendant des années ! Draguer son gendre devant des millions de Français, c’est quand même la honte magistrale…
 
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Dans Mariés au premier regard, la famille est à ce point niée que certains parents des candidats, ainsi que les rares petites têtes blondes présentes à la mairie, apparaissent floutées (et heureusement pour eux !). On voit bien que ces vrais-faux mariages violent le mariage et la famille. Les familles filmées sont d’ailleurs rétrécies spectaculairement au lavage : on ne se retrouve qu’avec la famille nucléaire la plus réduite.
 
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De même, dans cette émission, ce sont très souvent les frères et sœurs des candidats qui remplacent les parents au moment de l’annonce de l’événement puis à la mairie. Ce ne sont plus les parents qui marient leur enfant, mais les frères qui marient leurs frères ! « Le frère de Justin représente un peu leurs parents qui ne sont pas là. » (Catherine Solano) Là aussi, bonjour la consanguinité symbolique !
 
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Concernant la violation de la différence des générations, ce n’est pas tout. Les mariés s’infantilisent et se paternalisent entre eux : « C’est comme un accouchement : c’est le moment que j’attendais, je vais le voir. » (Tiffany parlant de son futur mari Thomas, face à la mairie). Les trois « experts » de l’émission jouent aussi les parents de substitution, en particulier Catherine Solano, la « psy » du programme, la gamine attardée qui siège carrément aux côtés de la famille à la mairie, ou qui prend les photos pendant les essayages de robe de mariée. Catherine, c’est la maman-copine (concept top bobo).
 

Catherine prenant la photo

Catherine prenant la photo


 

Les « psychologues » du programme, loin d’aider les familles et d’intervenir, se contentent de les analyser à bonne distance, de les scruter au microscope (leurs moindres faits et gestes sont « interprétés » : la maman se mord les lèvres… donc elle est angoissée ; le papa se gratte l’oreille… donc il vit mal son Œdipe), de voir les liens de sang s’émietter, et de donner raison aux velléités d’indépendance des candidats qui se marient contre l’avis de leur famille. Par exemple, lorsque Justin décide de se marier coûte que coûte avec Valentine et sans la présence de ses parents (« On n’a pas forcément besoin du consentement de ses parents sur toutes les décisions qu’on prend dans sa vie. » assure-t-il), Pascal de Sutter l’en félicite (« Justin n’a pas besoin de l’approbation de ses parents. Il est autonome. ») et ose parler à son sujet de « courage » et de « maturité ».
 

Tous les candidats sont à la fois en rupture avec leurs parents, à la fois en fusion. C’est cela, le rapport incestuel/incestueux. « On est très proche, ma mère à moi. On est très fusionnelles. » (Nathalie) Il n’y a pas la juste distance. On l’observe en particulier à travers les candidates féminines de l’émission (Tiffany, Delphine, Nathalie, Delphine, et même Catherine Solano), qui sont des caricatures de femmes-enfants, de petites princesses refusant de grandir et recherchant un papa protecteur en leur futur mari. Elles demeurent dans un rapport très narcissique et adolescent avec leur père biologique : « On est trop beaux… » s’extasie par exemple Tiffany face à son père, le matin du mariage ; « Tu m’abandonnes ? » poursuit-elle devant la mairie, quand son père la laisse seule face à la porte d’entrée de la salle des mariages.
 

L’un des signaux forts du boboïsme et de l’inceste, c’est la substitution de la famille ou de l’amour par l’amitié. En gros, notre époque considère que les liens sentimentaux valent bien (voire « priment sur ») les liens du sang. C’est particulièrement visible dans Mariés au premier regard. Les amis sont mis sur le même niveau que les parents, et même prennent leur place. Par exemple, Justin, le jour du mariage, n’a invité que ses amis. Ce mélange malsain entre amitié et amour, ou amitié et famille, donne lieu à des réflexions ambiguës prouvant et justifiant symboliquement le sexe entre amis, le triolisme : « Tu vas la rencontrer en même temps que moi, sauf que moi je n’aurais pas la bague au doigt. J’ai hâte de la voir. Pas autant que toi. Mais j’ai hâte ! » (Fredo, le meilleur ami de Thomas, s’adressant à ce dernier à propos de sa future femme)
 

Pour clore cette partie sur la prostitution et l’inceste encouragées par Mariés au premier regard, je reste sidéré par la manière dont la sphère intime (le couple) est actuellement violée par la sphère publique (le mariage civil est lui-même violé par les caméras de télévision et par tout un pays). Je suis également sidéré par la manière dont un Peuple est capable de faire sa pute et de s’offrir corps et âme à un inconnu télévisuel (ici, Thomas), capable de se projeter passionnément/puis pas du tout sur des « couples mariés en carton ». Certains spectateurs, par leurs réactions de femmes bafouées demandant le divorce (comme si c’étaient eux qui s’étaient unis maritalement à Thomas à travers Tiffany !), illustrent à leur insu que la prostitution, l’adultère, le libertinage, la pornographie, se sont bien généralisés dans notre pays. « On te faisait confiance pour la rendre heureuse ! peste le public-pute, Rolalala t’as qu’une belle gueule en fait. Méchant Thomas. » (cf. le tweet réel d’une spectatrice sur Twitter)
 
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Je suis enfin sidéré par l’actuelle défense du mariage par ceux-là mêmes qui s’en sont fichus au moment du « mariage pour tous », et qui sont les premiers à tirer sur Mariés au premier regard au nom de leur défense du mythe totalitaire et angéliste de « l’égalité homme-femme » (c’est un mythe car les hommes et les femmes n’ont jamais été égaux en identité, et heureusement ; ils ne sont égaux qu’en dignité humaine et spirituelle), alors qu’ils ne vivent plus le mariage et ne le respectent plus. Valérie Damidot en tête.
 
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3e scoop : Mariés au 1er regard promeut l’homosexualité, en fait


 

Les mêmes qui prônent « l’égalité homme-femme » (socle de tous les systèmes dictatoriaux d’aujourd’hui) et « l’amour homo » (à travers le « mariage gay »), comme je viens de l’expliquer, sont les premiers à s’insurger contre Mariés au premier regard, contre l’irrespect du mariage dans cette émission (alors qu’ils divorcent à gogo – Benjamin Castaldi par exemple s’est marié 4 fois et trouve MAPR affreuse – et se moquent du mariage religieux), contre le sexisme, voire même sont les premiers à réclamer réparation (au nom de « l’égalité ») en imaginant/proposant une version gay (qu’ils s’empresseront de fustiger une fois créée). C’est déjà le cas dans d’autres pays depuis un ou deux ans : l’Espagne, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, ont inclus des « couples » homos dans Mariés au premier regard, prouvant ainsi que la défense de l’hétérosexualité n’est qu’une promotion déguisée de l’homosexualité, du libertinage et d’une sexualité sentimentale asexuée. La France, quant à elle, a préféré la jouer mollo pour cette première édition de Mariés au premier regard, estimant qu’elle aurait déjà à gérer tout un vent de protestations rien qu’avec les couples homme-femme : « La production considère que ‘l’enjeu est déjà assez fort’. Elle n’a pas retenu pour cette première de candidats homosexuels. M6 ne ferme cependant pas la porte en cas de deuxième saison. »
 
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Même si le spectateur a l’impression que la première édition 2016 de Mariés au premier regard ne concerne que la différence des sexes sans amour donc l’hétérosexualité, en réalité, je peux vous dire qu’elle porte en germe la promotion de l’homosexualité : le public d’internautes et de téléspectateurs ne s’y est d’ailleurs pas trompé, puisqu’il n’a pas arrêté de faire mention du « mariage pour tous » et des reflets homosexuels de la formule d’accouplements choisie par M6. On a beau ne voir que des hommes attirés par des femmes – et inversement – dans Mariés au premier regard, les candidats rentrent tous inconsciemment dans une recherche amoureuse homo-érotique : quête narcissique de la personne aimée selon ses propres goûts et ses fantasmes, recherche du jumeau de désir (« J’espère qu’elle sera à la hauteur de mes attentes » déclare l’un des candidats), accouplement avec une personne inconnue désincarnée, démarche commerçante du donnant-donnant en amour (« C’est ça que tu mérites. » affirme Nathalie par rapport au surcroît d’attentions de son mari Benoît), conception hyper individualiste du mariage (« Valentine est seule face à elle-même »), etc. Comme sur les sites de rencontres, dans Mariés au premier regard, la personne aimée recherchée n’a pas de prénom, de genre sexué, de visage. Elle est baptisée par le pronom indéfini neutre et asexué « quelqu’un » : « J’ai envie de me caser, de me ranger, avec quelqu’un de stable et avec plein de projets comme moi. » dit Justin ; Nathalie décrit les avantage de « la vie quotidienne avec quelqu’un, se réveiller auprès de quelqu’un, se faire embrasser par quelqu’un » ; etc.
 
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L’anticonformisme et la désobéissance sont la quintessence du boboïsme et également de la bisexualité, comme je l’explique longuement dans Les Bobos en Vérité. Et chez la plupart des humains-moutons d’aujourd’hui, ainsi que chez les candidats de Mariés au premier regard, ce fantasme d’incarner l’anti-norme est très présent : « Cette union hors-normes » ; « C’est atypique ». Cela va les pousser eux-mêmes à valider, voire à pratiquer l’homosexualité. Je tiens les paris auprès de Valentine, Wilfrid, Delphine, Tiffany, Thomas, Justin, Nathalie et Benoît, qu’ils « se foutent de l’homosexualité » en même temps qu’ils sont tous « pro-mariage-gay » ! Les « experts » de l’émission, idem. Aussi excessif que cela puisse paraître, la cheville ouvrière de Mariés au premier regard est la bisexualité asexualisante, autrement dit la bipolarité homosexualité-hétérosexualité (qui est une violation de la différence des sexes).
 
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Comme Islam et Homosexualité sont extrêmement imbriqués, il est signifiant qu'on les retrouve associés à travers Mariés au premier regard, comme nous allons le constater tout de suite...

Comme Islam et Homosexualité sont extrêmement imbriqués, il est signifiant qu’on les retrouve associés à travers Mariés au premier regard, comme nous allons le constater tout de suite…


 
 

4e scoop : C’était une émission islamiste

Mariés au premier regard (Attention les yeux...)

Mariés au premier regard (Attention les yeux…)


 

Il est également étonnant de découvrir les nombreux échos et similarités entre l’émission Mariés au premier regard et l’Islam : le mariage arrangé et sans liberté, le retour au mariage volontariste et réglé comme du papier à musique, la collectivité (télévisuelle ou sociale) décidant pour l’individu, la virginité (sans amour) avant le mariage, la prévalence du mariage civil sur le mariage religieux (Dans l’Islam, rappelons que le mariage est juste civil), la disparition des parents au profit de l’individualisme et du collectivisme, le refus du sentiment en tant que critère de formation des couples, la vénération – athée et musulmane – du consentement (Avec l’Islam et les scientistes romantiques, en effet, c’est le subjectivisme absolu… habillé d’objectivisme scientifique ou coranique), absence du Salut (Dans l’Islam, le Salut n’existe pas et n’est pas donné ; idem pour les libertins scientistes), l’indifférence à la femme et la réification de cette dernière, l’émasculation de l’homme et du père, le refus de l’incarnation de l’Amour (divin), la transcendantalisation de Dieu (en énergie, en destin, en puissance instinctive, etc.), etc.
 
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Même si les libertins et les musulmans croient s’opposer, se détester et ignorent leurs ressemblances, ils sont à peu de choses près jumeaux. D’ailleurs, les nombreux maghrébins, musulmans d’éducation et de culture, blédards, qui ont suivi le programme de M6, se sont spontanément écriés d’eux-mêmes qu’à part pour le côté scientifique (mais finalement, l’Islam n’est-il pas autre chose qu’un scientisme spiritualiste né de l’athéisme et du rejet du christianisme ?), Mariés au premier regard ferait un malheur au bled ! Mariés au premier regard et l’Islam sont une même réponse insatisfaisante au libertinage et à la déchristianisation qu’ils sont, qu’ils expriment et alimentent en pensant les éradiquer. J’ose le dire (et tant pis si je passe pour un fou, un facho ou un islamophobe) : Mariés au premier regard est une émission islamiste/musulmane.
 
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5e scoop : « Mariés au 1er regard » a été programmée par le Gouvernement Mondial antéchristique

 

Terminons par l’aspect le plus inattendu et mal famé de cette émission – car il n’est en général abordé que par les complotistes, malheureusement : c’est le visage antéchristique (donc diabolique), maçonnique, mondialiste de Mariés au premier regard. La caractéristique de la Religion Naturelle de l’Antéchrist, c’est d’une part de vouloir détruire la différence des sexes (le mariage, la sexualité) et la différence Créateur-créatures (l’Église Catholique, Jésus), et d’autre part de les faire remplacer par un monde angéliste où écologie (Nature) et technologie (technologie de la puce, technologie rationaliste et psychologiste) ne font plus qu’Un, où l’amour devient une énergie dans laquelle les Humains se fondent et disparaissent en croyant y trouver l’immortalité.
 
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Mariés au premier regard rentre tout à fait dans ce mouvement de « perdition magique ». C’est une émission qui désacralise le mariage dans le sens où les « experts » se prennent pour Dieu, où la chaîne M6 fait du mariage un divertissement mais non un sacrement d’amour, où l’expérience désunit plus qu’elle n’unit les couples. Même Nathalie et Benoît, le seul couple qui a obéi au pronostic scientifique qui pesait sur eux, et qui est finalement resté ensemble, a décidé de divorcer. Mariés au premier regard fonctionne sur la peur : « J’ai peur qu’elle dise non » lâche par exemple Thomas à propos de sa future femme le jour de son mariage, angoisse qui ne risque pas d’arriver dans un vrai mariage : le mariage tel qu’il est déformé dans l’émission devient un événement impressionnant, effrayant, et n’est plus placé sous le sceau de la confiance. Il est donc impossible qu’il dure (sereinement).
 

Les quatre piliers indispensables du mariage (liberté, indissolubilité, fidélité, fécondité) ne sont certes pas gommés au départ mais rendus optionnels : selon les programmateurs, « ils sont là… ou pas ». C’est le ressenti – dont l’intensité est scrupuleusement examinée par la soi-disant « Science » – et « le destin » qui feront le mariage, qui offriront la solution (au sens chimique du terme). Le mariage devient un jeu calculé, et non plus d’abord une question d’amour. Il n’en perd pas pour autant sa dimension d’engagement, mais ce dernier est rendu optionnel : « Ça le fait ou ça le fait pas » comme dira Nathalie, l’une des candidates, au seuil de la mairie. C’est une question de feeling… et de physique quantique !
 

L’idée d’engagement est paradoxalement très présente dans Mariés au premier regard, et souvent répétée. « Justin croit à son projet » (Jacques de Sutter) Néanmoins, l’engagement ici n’est pas seulement optionnel : il est aussi risqué (un risque inconsidéré) et tacitement imposé. Ce sont l’audace quasi aveugle, puis le « dieu Feeling », qui jouent aux apprentis sorciers pour créer et devancer l’amour. De manière publique et intime à la fois, ludique et sérieuse à la fois, contrôlée et aléatoire à la fois, lourde de conséquences et banalisée à la fois. Cette dualité est d’ailleurs tout à fait troublante. Mariés au premier regard donne à tous l’illusion de liberté, l’illusion de maîtrise, l’illusion de la toute-puissance de la volonté et des sens : « Delphine est mature, elle sait ce qu’elle veut » (un des « experts ») ; « Aller jusqu’au bout de sa décision » (idem) ; « son projet » (Jacques de Sutter parlant de Justin) ; « Ma personnalité c’est d’aller jusqu’au bout des choses plutôt que de ne pas regretter » (Delphine) ; « Je marche beaucoup au feeling. » (un des candidats) ; « Je me laisse porter par ce que je ressens. » (Valentine) ; « le feeling » (un des candidats) ; « le déclic » (Valentine), « Ça matche » (un des candidats) ; « Méfiez-vous de la première impression : c’est souvent la bonne ! » (les trois « experts » rieurs)
 

Ceux qui refusent de « se lancer dans l’aventure », d’« y croire » et « d’aller jusqu’au bout de l’expérience », sont dits incapables de s’engager, lâches, traîtres ! L’engagement est confondu avec le pari : « Valentine et Justin réussiront-ils à aller jusqu’au bout de cet engagement ? » (la voix-off de l’émission) T’as le droit de ne pas le faire… mais t’as promis devant des millions de téléspectateurs et devant ta famille, donc t’es quasiment obligé ! L’inconséquence de ce risque est considérée comme « le véritable courage » (Pascal de Sutter)… alors que le vrai courage n’est jamais déconnecté de l’intelligence, du bon sens et de la paix (N’est pas courageux celui qui se jette du 10e étage pour se suicider, même s’il faut quand même une dose de courage pour sauter !).
 
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Derrière l’assurance et le volontarisme affichés par la prod et les candidats de MAPR, il y a en réalité beaucoup de fragilité psychologique, de naïveté (car tous nos désirs ne sont pas des réalités), d’angoisse, de superstitions et de prétention. Les candidats, même s’ils ne font pas référence à Dieu, croient à ce qu’ils appellent « le destin », une sorte de déterminisme scientifique et sensitif qui dépasserait la Science et Dieu, une sorte de « force » ou d’« avenir préécrit »… mais pas préécrit par Jésus puisqu’il s’agit d’une imposition d’événements et de rencontres sans amour, « juste comme ça », « parce que les choses doivent se vivre, se faire et s’expérimenter pour elles-mêmes », sans réel sens ni direction ni autre but que la « réalisation de soi par soi-même » (C’est tout le message contradictoire du rapport au destin qu’on trouve dans les paroles d’une chanson comme celle de la comédie musicale Cléopâtre « Une autre vie », qui dit qu’il croit en ce qu’il ne croit pas : « Je ne crois pas au destin mais que tout peut changer. Qui sait ce que demain peut réserver ? Je ne crois pas au hasard mais que tout est écrit. Comme il n’y a pas d’histoire que l’on choisit. ») : « Le destin est malgré tout imprévisible. » (la voix-off) ; « Ils ont scellé leur destin pour la vie. » (la voix-off par rapport à Tiffany et Thomas) ; « Je crois au destin. » (Tiffany) ; etc. « Une part de votre destin se trouve dans cette enveloppe » disent les experts d’un air grave, annonçant aux candidats sélectionnés (selon leurs physiques et des critères purement marketing, médiatiques) le pacte faustique qui les lie à eux : une date de mariage et un époux/une épouse fixés par leurs soins. On pourrait tout à fait parler de fatalisme déiste ou théiste, comme chez les francs-maçons, avec ses aspects paradoxalement combatifs et optimistes.
 

Jeux de lumière entre le X et le Y, mais aussi une Croix écartelé comme dans le projet Blairwitch

Jeux de lumière entre le X et le Y, mais aussi une Croix écartelée comme dans le projet Blairwitch


 

Avec Mariés au premier regard, on se retrouve face à la religion de l’« amour énergétique » dont je parle plus longuement dans cet article sur le handicap, une sorte d’égrégore collectif où le mythe de la création d’amour par la science et la volonté humaine va prendre vie grâce au partage social des émotions. La « fusion » dont parle notamment Tiffany à propos de Justin, est finalement la quête de tous les candidats (et la définition même de la bipolarité hétérosexualité-homosexualité). Les metteurs en scène de Mariés au premier regard ont d’ailleurs tout mis en place pour que les milliers de papillons de nuit (candidats + public) qu’ils ont réussi à capter aient envie d’aller se cramer à la lumière de la fusion amoureuse qu’ils ont créée : fond musical hyper émotionnel (Adèle et compagnie), ralentis via une débauche de cuts, Epic Music à fond les ballons, larmes et lumières, etc. Dans l’émission, l’amour est vraiment présenté comme une puissance, une probabilité et une potentialité. Il s’agit bien de l’idéologie de l’amour énergétique : « C’est un très beau couple potentiel » (un des « experts ») ; « Si on met de l’énergie, on peut retrouver l’amour durable. » (Jacques de Sutter) ; « Le jour du mariage, j’étais sur un petit nuage avec beaucoup de belles émotions. Avec la présence des familles et des proches, j’ai pris une grande bouffée d’énergie positive. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas senti aussi bien mais, malheureusement, ça n’a pas duré. » (Thomas après l’émission) ; etc.
 

Le drame de Mariés au premier regard, c’est que même si elle donne l’illusion à ses candidats-cobayes et à son public de monter haut, de s’enflammer à la chaleur d’une fusion réelle et exceptionnelle, elle les fait chuter aussi d’encore plus haut. En ce sens, c’est une émission diabolique. Elle fait vivre une descente aux enfers. « Je suis en train de me jeter dans le vide. Et adviendra ce qu’il adviendra. » (Valentine). Même dans la bouche des « psychologues », il est question d’une chute : « C’est pas au moment de sauter qu’il faut douter du parachute » (Catherine Solano) C’est dire !
 
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Les candidats ne sont pas acteurs ni maîtres des événements. Ils ne contrôlent quasiment rien au final : ni leurs « choix », ni leur décision de se marier, ni l’enchaînement des épisodes qu’ils vivent, ni le montage télévisé, ni les pensées et les évolutions de leur « femme » ou « époux », ni la réaction du public, ni les conséquences désastreuses de leur passage télé. Ils passent de la magie au cauchemar, quand ce n’est pas les deux en même temps : « Y’a un côté magique. » (Delphine) ; « J’ai l’impression de vivre un conte de fée. C’est magique. » (une des candidates) ; etc. Ils ont tout le décorum du mariage de rêve, l’effet de surprise et les caméras en prime. C’est une magie qui ressemble plutôt à une folie, dans le sens d’« inconscience » mais aussi pathologique du terme « folie » : « C’est de la folie, et c’est de la bonne folie. » (une des candidates). Très vite, ils déchantent : « Tout est allé trop vite. » avoue Thomas.
 

Cela crève les yeux. Pour les candidats et leur famille, c’est l’ascenseur émotionnel. Avec pour eux beaucoup de moments d’angoisse, de vrai malaise, de profonde solitude, de torture mentale, d’isolement amical et familial. « Mille questions me traversent l’esprit. » (Tiffany devant la mairie, en robe de mariée) C’est particulièrement visible à travers le discours de Valentine, Thomas, Tiffany. « J’ai l’impression que je suis seule au monde. J’ai trop peur. Je vais mourir. » (Tiffany) ; « J’ai l’impression d’être dans la quatrième dimension. » (Valentine) ; « C’est dur. Même si c’est tout beau et bien et incroyable. » (idem)
 

Qui veut se faire pucer?

Qui veut se faire pucer?


 

Dans le cadre de Mariés au premier regard, je parlerais carrément de hold-up symbolique, spirituel et psychologique. C’est l’âme et la liberté des candidats et des téléspectateurs qui sont dérobées : « Si je comprends bien, on est totalement dépendants de vous ? » (Delphine comprenant le concept de l’émission et s’adressant aux trois « experts »). Les trois « psychologues » se gargarisent d’ailleurs de leur petit pouvoir télévisuel : « Ils nous ont remis les clés de leur intimité. » Avec Mariés au premier regard, on n’est pas devant autre chose qu’un piège (les candidats n’étaient d’ailleurs pas au courant dès le départ de la finalité de l’émission), qu’un enchaînement (M6 est bien une chaîne de télé, non ? Et les candidats ont parfois reçu au poignet un bracelet ou un code qui les a marqué comme des bêtes qu’on mène à l’abattoir), qu’un ensorcellement, qu’un envoûtement, qu’un ravissement, qu’une manipulation de type démoniaque, même si le décor scientifique, cartésien, réaliste, émotionnel, optionnel, laisse croire le contraire. Où est le mal à se prêter à un jeu plaisant, excitant, surprenant, et sérieux que si on veut ? Le spectateur, tout comme les candidats, sont séduits par la carte postale qu’on leur fournit « gratos » : la musique de princesse, la robe de mariée, le mariage provençal, la séance photos, l’amour et le mariage offerts sur un plateau (aux frais de la Princesse M666), la surprise de découvrir que l’expérience a l’air de marcher (Finalement, la Science aurait-elle raison ?), etc.
 

Les équipes et les « experts » qui entourent les candidats et les téléspectateurs ont tout des gourous-copains, des charlatans manipulateurs. Comme les indics ou les espions, ils laissent échapper des scoops pour créer une illusion de proximité : « Y’a une info » glisse par exemple Stéphane Edouard, le « coach en séduction » de MAPR, à Delphine, la première nana de France qui apprend qu’elle s’est fait larguer par un gars qu’elle ne connaît pas !
 

Les magistrats – notamment le maire chez qui sont célébrés les trois mariages de l’émission – qui se prostituent à ce genre de programmes de télé-réalité, se comportent comme de dociles fonctionnaires, appliquant aveuglément la loi, en ayant en plus le culot de nous assurer que leur corruption est très sérieuse (les mariages qu’ils acceptent de présider sont vraiment inscrits en mairie et font l’objets de vrais actes notariés) et qu’ils ne détruisent personne ni aucun sentiment puisque leur rôle n’est pas de protéger l’amour : « Je suis curieux de nature. Moi, je ne célèbre pas des amours. Je fais un acte administratif. Le mariage n’est pas un acte d’amour. » La lâcheté incarnée !
 
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Concernant à nouveau nos trois « experts » de l’émission (Stéphane Édouard, Catherine Solano et Jacques de Sutter), ils incarnent tout à fait les encodeurs du Gouvernement Mondial, ces Frankensteins peu aimants mais capables d’empathie et de jeu avec les sentiments, qui dissèquent froidement les émotions de leurs souris humaines de laboratoire, en faisant mine de les laisser gambader librement dans leur cage et en s’affranchissant de la moindre responsabilité si jamais ça se passe mal entre elles.
 
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Tout le jargon de l’émission Mariés au premier regard tourne autour du CODE. Il est question de « taux de compatibilité ». L’amour et la personne sont réduits à des codes, des numéros, des combinaisons et des formules mathématiques pour mesurer l’attraction et la complémentarité des individus entre eux (comme si la complémentarité homme-femme n’était pas un Mystère, ou bien était automatique et quantifiable !). « Je suis tombé amoureux d’un numéro » s’exclame très sérieusement Wilfrid, l’un des candidats, à l’issue des tests qu’on lui a fait passer. Les participants à l’émission, castés sur des sites de rencontres et des réseaux sociaux (déjà très encodés), sont mesurés comme des chevaux. En même temps qu’ils sont codifiés, le pire, c’est qu’ils ont l’impression de sortir des codes ! Ils intègrent la puce (ou le code) en s’auto-persuadant qu’ils la rejettent : « Il faut être fou, sortir des codes. » (Valentine) ; « C’est fou, insensé, hors des codes avec tout ce qu’il y a autour du mariage. » (idem) Ils se croient sortis des codes, alors qu’ils vivent avec leurs portables, se filment et se surveillent sans arrêt, se font tatouer, se laissent tracer par les caméras de télévision jusque dans leur intimité.
 
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Comme je le signalais un peu plus haut, on les marque, on les numérote, on leur met un bracelet au poignet pour les différencier et les classer, on interprète leurs réactions après les avoir stimulées. Les « experts » de l’émission enchaînent d’ailleurs les analyses psychologiques à deux balles à leur encontre : soit ils ne parlent qu’en employant des infinitifs (exemple : « Faire cela signifie ou symbolise que… »), soit ils font une lecture généraliste et comportementaliste qui identifie des symptômes sans en souligner les causes, et qui dégage de ces mêmes symptômes une lecture très appauvrie, manichéenne et limite tautologique (exemple : « Enlever son alliance, c’est un symbole très fort de rejet. » ; « La maman de Untel mord ses lèvres : ça signifie qu’elle est mal à l’aise et ça ne va pas aider son fils à se sentir en confiance. »). Ils demeurent dans le factuel, dans le microscopiquement/macroscopiquement descriptif, pour lui donner du sens. Ils ne partent jamais du sens comme base des actes : c’est le propre de l’évolutionnisme qui a des prétentions créationnistes cachées et qui va même jusqu’à s’annoncer comme créationnisme.
 

Chez le marabout, au service de l'Empire X

Chez le marabout, au service de l’Empire X


 

En effet. Les « experts » jouent les devins, les prédicateurs, les marabouts, les voyants, les créateurs divins : « Nous savions qu’ils pouvaient s’aimer ! » (Jacques de Sutter par rapport au seul couple qui « tient », Nathalie et Benoît). En réalité, c’est complètement bidon. Par exemple, Tiffany connaissait Justin avant l’émission : les « spécialistes » n’ont donc rien créé, contrairement à ce que laisse penser le montage.
 

En conclusion, « experts » comme candidats de Mariés au premier regard sont à la recherche d’une entité qu’ils ne préfèrent/peuvent pas nommer, et qu’ils humanisent à peine. Et pour cause. Elle n’est pas humaine. C’est un Homme invisible qui hypnotise par le (premier) regard. C’est une force émotionnelle et scientiste angélique. C’est l’Antéchrist : « Bizarrement, je ne l’imagine pas » (Tiffany) Il est à l’image de leurs fantasmes de devenir ange. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard que Tiffany, l’ambassadrice la plus charismatique de Mariés au premier regard première édition, se soit fait tatouer le corps, et notamment deux ailes d’ange sur le dos. Et dans son appartement, elle possède une statue de Bouddha, des bougies et même un Rubik’s Cub sur sa table de salon : tout l’attirail de l’adepte bobo de la Nouvelle Religion Naturelle mondiale, en somme.
 

Regardez le coussin de Tiffany : c'est exactement le symbole de l'Antéchrist

Regardez le coussin de Tiffany : c’est exactement le symbole de l’Antéchrist

Handicap et la solidarité comme nouveaux Eldorados de l’Antéchrist (l’« Amour énergétique »)


 
 

Voici une nouvelle édition du Journal de l’Antéchrist (avant que celui-ci ne soit un jour télévisé), spéciale « Handicap et la solidarité comme nouveaux Eldorados de l’Antéchrist : l’Amour énergétique ». Vous allez comprendre.
 
 
 

a) Handicap mon amour : le support du chantage antéchristique technologiste

Humanité "restaurée" sous la (bonne) excuse du handicap

Humanité « restaurée » sous la (bonne) excuse du handicap


 

 

En ce moment, le handicap a le vent en poupe (Je n’ai pas dit « les personnes handicapées », et encore moins « toutes les personnes handicapées »… car elles, malheureusement, le Gouvernement Mondial veut s’en débarrasser au plus vite pour établir un « monde parfait », sans souffrance, sans erreurs, sans imperfections, sans limites et sans mort, et finalement sans humanité). Ah ça, les transhumanistes l’aiment, le handicap ! Ils l’applaudissent à fond !… à la veille de le supprimer, et dans le but de l’utiliser comme alibi émotionnel pour imposer à tous les êtres humains la Nouvelle Religion naturelle fondée sur la technologie, l’égalitarisme, la sécurité, la santé, l’amélioration de l’Humain, le progrès, le succès, l’optimisme, le développement personnel, la réalisation de soi grâce aux autres, le dépassement des limites. À l’heure actuelle, aux côtés de l’homosexualité, le handicap rafle tous les concours de télécrochet (Yoann Fréget, Jane Constance, Grégory Lemarchal, Sly, Sophie Vouzelaud, etc.). Sublimation collective de la faille, de la maladie, de la difficulté, de l’épreuve, des obstacles, de la force pour se battre et s’en sortir. Ça a l’air cool et magique, le handicap. C’est la course à la plus grande victime qui émouvra le plus, « fera dresser les poils », donnera une inégalable et incroyable « leçon de vie » à toutes les caméras de télé, et prouvera que finalement tout est possible à partir du moment où on est fidèle à soi-même. C’est le handicap au service de l’individualisme, de la subjectivité personnelle, de la technologie, de l’autonomie, de la détermination, de la volonté humaine.
 

 

Le cas de la chanteuse réunionnaise Jane Constance, adorable aveugle de naissance et grande gagnante de The Voice Kids 2 en 2015 en France, en fournit un excellent exemple : avec toute le respect et le courage qu’on peut attribuer à la jeune fille, il est facile d’entendre dans son discours tout le jargon de l’humanisme intégral antéchristique, avec son cortège de « valeurs », de convictions et de bons sentiments : la grâce, la pureté, la combattivité, la force et la foi, la solidarité, le travail, le naturel, l’espoir, la sincérité, la fragilité, la rage de s’en sortir, l’amitié, le courage de surmonter ses peurs et ses épreuves, etc. Dans ce cadrage spécifique du handicap, on s’appuie uniquement sur ce qui est touchant, émouvant, et on enlève tout ce qui nous confronte aux ambiguïtés du handicap au quotidien et qui ne redore pas la personne handicapée, tout ce qui la rend responsable de sa vie et de la manière dont elle gère son handicap. Ce n’est finalement pas un portrait qui respecte vraiment la liberté et l’identité des personnes handicapées. L’Amour vrai, Lui, s’arrête sur les fragilités qui ne sont pas touchantes et qui sont même impopulaires : les péchés, la bêtise, la souffrance, la révolte, l’agressivité, les crimes, les défauts insupportables, la complicité des « victimes » avec le mal qu’elles portent, les échecs, les impossibilités, etc. L’abord médiatique actuel du handicap, même s’il est embellissant et qu’il place sur un piédestal pendant 15 minutes les personnes souffrant d’une déficience, isole – j’ose le dire – les personnes qu’il prétend honorer. Il les isole sous couvert d’autonomie et en leur faisant miroiter un avenir meilleur et sans leur handicap (donc finalement sans elles !).
 
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C’est ce paradoxe qui m’a frappé quand j’ai entendu il y a trois jours (samedi 26 novembre) l’intervention radiophonique de la scientifique Hélène Dollfuss sur France Info : entre ce qu’elle proposait d’apparemment révolutionnaire/louable (un soulagement de la cécité par la greffe de rétines, qui permettra peut-être dans 20 ans de rendre la vue aux aveugles) et son obsession de « l’autonomie » (elle a répété le mot plusieurs fois), on a de quoi se dire que la solidarité progressiste des scientifiques prend une tourne bien plus isolante et individualiste qu’elle n’en a l’air. On ne veut pas accueillir la personne handicapée pour l’accompagner sur la durée : on veut la libérer de son handicap pour la rendre autonome et la mettre à distance, l’écarter. Sublime paradoxe des bonnes intentions dont l’enfer est pavé… On le constate d’ailleurs avec toutes les ambiguïtés soulevées par le Téléthon ces dernières années.
 
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À l’heure où je vous écris, le handicap devient le grand ambassadeur du transhumanisme, du déni des limites, de la toute-puissance des Super-héros, tous ces mythes progressistes qui paradoxalement s’éloignent des Hommes réels, vulnérables, et même des personnes handicapées qu’ils se proposaient au départ de servir. Le message du Gouvernement Mondial handicapés friendly pourrait se résumer ainsi : l’Homme doit se débrouiller pour être, dans les limites imposées par la vie et surtout celles qu’Il s’imposerait (en refusant les progrès de « sa » science), ce qu’Il veut. Quel programme orgueilleux et bien peu humaniste, en réalité !
 
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Même la plupart des catholiques s’y mettent. En travestissant, au besoin, saint Paul et la BibleQuand je suis faible, c’est alors que je suis fort » 2 Corinthiens 12, 10), ou en se servant de leurs témoins publics ouvertement handicapés pour faire l’éloge des défauts, des handicaps, des fêlures, des imperfections. Le message a l’air évangélique, en plus : tirer partie de sa faiblesse pour devenir plus fort, transformer tout ça en « électricité » (comme le propose Jean-Baptiste Hibon : amour énergétique, quand tu nous tiens…), après tout, pourquoi pas. On a envie de signer en bas, de sourire à la vie face à tant de vulnérabilité joyeuse. Et effectivement, ce message devient vraiment magnifique si et seulement s’il est vraiment pratiqué et enduré dans la Croix et le Réel, dans la rencontre sur la durée, s’il est vécu dans l’annonce explicite et impopulaire du Christ. Mais pour lui-même, et sans le Christ, il se perd dans les oubliettes du souhait humain d’immanence, un souhait détestablement égoïste en même temps qu’émouvant. La personne handicapée, c’est vraiment la proie facile du bobo. Je connais quelques « catholiques » qui, avant de claquer (définitivement ?) la porte de l’Église, sont passés par le sas de l’engagement à l’Arche de Jean Vanier (structure d’accueil catholique des personnes handicapées), pour se trouver une excuse de bien juger ensuite les soi-disant « embourgeoisement » et « inactivité » des catholiques réguliers « valides » et se justifier de trouver la véritable Église hors de l’Institution !
 
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Les agents bobos du Gouvernement Mondial veulent absolument libérer et soulager les autres (les pauvres, les personnes homosexuelles, les personnes malades, les migrants, les personnes « en situation de handicap ») pour prouver qu’ils sont très bons et capables de s’émouvoir, de se sentir vivants et vibrants, qu’ils aiment l’Homme même quand ils Le tuent. Ils veulent le bien des personnes handicapées sans le faire concrètement, ils se rattrapent en leur écrivant une vie cauchemardesque (exemple avec Vincent Lambert), parce qu’ils projettent sur eux leur propre malheur de les voir ainsi limitées, leur propre libertinage ou impuissance/égoïsme à ne pas chercher à les aider toutes. Mais leur ont-ils demandé leur avis ? Sont-elles aussi malheureuses qu’ils le pensent ? Et aussi heureuses qu’ils l’imaginent quand ils leur mentent sur leurs limites et qu’ils leur promettent d’éradiquer la soi-disant « source de leur mal-être existentiel » ? Certes, elles ne se complaisent pas (toujours) dans leur handicap, auraient souvent préféré ne pas être handicapées. Mais certaines ne demandent pas du tout à être libérées de leur handicap à tout prix (comme par exemple certains aveugles), ne souhaitent pas d’acharnement thérapeutique ni biométrique, ont appris à bien vivre avec ce qu’elles n’ont/n’auraient pas choisi : leur handicap.
 
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Je trouve l’instrumentalisation des personnes fragiles (physiquement et parfois psychologiquement) assez ignoble, même si elle se veut sincère et justicière, même si elle vend parfois du rêve, même si elle ouvre une vitrine pour une visibilité inédite (exemple : Jeux Paralympiques, accueil d’un petit trisomique par des footballeurs professionnels devant les caméras du monde entier, etc.), même si elle permet une forme d’aide et qu’elle fait quelquefois concrètement du bien. « C’est mieux que de ne rien faire » me rétorqueront ceux qui ne voient pas le mal derrière la technologisation universelle que les personnes handicapées endossent à leur insu. Mais qui a laissé croire que le diable n’était pas capable d’émouvoir et de s’émouvoir face à ses proies avant de les écrabouiller ? n’était pas capable de se persuader qu’il aimait ceux que concrètement il déteste et jalouse ?
 

 

Je ne crois pas en cette vénération de la faiblesse pour elle-même, de l’erreur, de la maladie, des imperfections, des signes de péchés. Je la trouve suspecte, car elle prétend remplacer la Force qui transcende la faiblesse/blessure (cette force étant Jésus) par la faiblesse elle-même. Comme si le mal contenait son propre antidote, constituait sa propre solution, avait des vertus aussi bonnes que le Bien qui l’utilise et le dépasse. En défendant ce pseudo « équilibre » entre force du Bien et force du mal (forces dites « équivalentes »), on se trompe de Dieu et on confond le moyen avec le but. C’est du manichéisme pervers et orgueilleux.
 
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En ce moment, je suis saisi par la propagande qui travestit le mal en bien, et qui opère une sorte de hold-up de Jésus, de prise d’otage de tout ce qui est bon, pour l’utiliser comme alibi pour la technologisation du monde et pour imposer entre l’Homme et l’Amour l’interface technologique : la solidarité (Le boboïsme n’est pas autre chose que la croyance que l’Homme pourrait se créer et se sauver par ses propres actes de solidarité), la gratuité (J’ai carrément vu dans la galerie marchande des Halles à Paris des panneaux géants diffusant des publicités du site Welp, sorte de AirBnB du service et de la gratuité : encore un W antéchristique qui traîne), le handicap, la fragilité, l’amour (ça fait maintenant vingt ans que les sites de rencontres amoureuses existent), le bonheur (il serait facilité par la technologie, et même carrément technologique !), l’opposition à cette propagande (On nous fait intégrer la Blockchain en nous donnant l’illusion qu’on s’y soustrait : « Rentrez dans la rébellion » nous invite par exemple E. Leclerc ou les réalisateurs de la « 5e Vague ») et même Jésus, l’Église catholique.
 

Entre lui et les autres, les écrans… Le Pape face à la réalité numérique "engagée"

Entre lui et les autres, les écrans… Le Pape face à la réalité numérique « engagée »


 

Je pense avoir compris une chose très importante en échangeant dernièrement sur la Place de la Bastille avec des protestants qui ont poussé des hauts cris quand j’ai sorti de la poche de mon manteau ma grosse Croix du Christ : il existe une forte tendance, chez les bobos cathos gauchistes protestantisants et les bobos cathos gauchistes ou d’extrême droite (cf. les codes 38 et 39 de mon livre Les Bobos en Vérité), à rejeter la réalité de la Croix (même si intellectuellement et spirituellement, ils n’ignorent pas que Jésus est mort sur la Croix ; et même si certains arborent la Croix en label). À la fois ils ne parlent que de Résurrection, à la fois ils considèrent que le mal ou la souffrance n’existe pas sous prétexte qu’il/elle ne devrait pas exister. Je retrouve vraiment cela dans le témoignage d’une personne handicapée internationalement très connue, l’Australien Nick Vujicic, qui incarne la possibilité/la chance de s’en sortir au-delà de l’imaginable et de l’handicap, et surtout « grâce à Jésus ».
 

 

Pas de bol pour lui : il est porteur d’un handicap qu’il n’a pas encore identifié (car il s’agit d’un handicap spirituel), et qui certainement fait plus de ravages en lui et sur les autres que son handicap physique de naissance qui l’a privé de ses mains et jambes. Je veux parler du protestantisme. Se couper des sacrements de l’Église Catholique (l’Eucharistie, la confession, le sacrement de l’ordre, la vénération de la Vierge Marie, etc.), ce n’est pas un petit manque ! Ce n’est pas un petit handicap ! Nick Vujicic incarne pour moi – et là, je ne parle pas de sa personne, infiniment aimable, mais bien de son attitude et de ses paroles – exactement ce que fait le Gouvernement Mondial avec le handicap (cf. le décor plein de cubes derrière lequel Nick parle, ainsi que le fond musical New Age à la fin de la vidéo ci-dessus), à savoir un stand-up humoristique à l’américaine, pêchu, émouvant et spiritualiste, en l’honneur d’un narcissisme insoupçonnable puisque ce dernier se fait appeler « Dieu », « fragilité », « humilité », « victoire surnaturelle sur le handicap », et qu’il revêt objectivement et corporellement l’apparence d’une limite physique impressionnante et incontestable.
 

Dans les shows de Vujivic, il est beaucoup question de « Jésus », de sa Puissance, de la Résurrection, de l’Amour qu’il porte à chacun au cœur de ses fragilités… mais il n’est pas du tout fait mention de la Croix et du péché. C’est la popularité qui est recherchée, la récolte de « Amen », d’assentiments et d’« Alléluia » automatisés ponctuant les fins de phrases qui est visée. Mais le péché n’est pas abordé de manière concrète et personnelle. Vujivic veut à tout prix prouver aux yeux du monde sa coolitude, prouver le désintérêt personnel qu’il trouve à sa démarche de témoignage public, et même son désintérêt personnel par rapport à son handicap (sans doute ne veut-il pas être soupçonné de faire de ce dernier un business pour se mettre en avant)… mais il fait tellement de bruit pour s’effacer qu’il ne s’efface finalement pas. Il nous parle sans arrêt d’humilité et du Christ. Mais concrètement, l’humiliation, il la fuit. Il aborde le mal qu’on lui a fait et qui l’a fait souffrir, le mal qu’il porte encore et qu’il n’a pas choisi. Mais il ne parle pas du mal qu’il fait ou qu’on lui fait présentement. Il ne prend pas le risque de nommer les maux universels plus ambigus qui lui feraient perdre son audience. C’est toujours plus facile de déclarer victorieusement « Le mal, c’est pas bien, et je lui fais la nique grâce à Jésus ! » que « Le mal, c’est ça. Et je le fais encore. » C’est déjà bien, me direz-vous, d’avoir un message d’espoir positif sur la grandeur de Jésus par nos faiblesses et ce que nous sommes (il m’est arrivé de tenir ce discours positif et encourageant à propos de l’homosexualité aussi). Mais plus grand est le témoin qui parle des péchés plutôt que des signes de péché, plus grand est le pécheur qui dit son péché et sa difficulté à pardonner, que celui qui parle des péchés qu’on lui a faits, du handicap qu’il « subit » et des maux qu’il porte involontairement. C’est facile de pardonner à celui qui nous a fait du mal, ou d’émouvoir sur des choses qu’on n’a pas choisies (par exemple le handicap) et qu’on nous a faites ; c’est beaucoup plus difficile de reconnaître ses torts et le mal qu’on a choisi. C’est dur de porter l’infamie de la Croix, l’impopularité de la Croix et du discours de Vérité, de porter la Croix qui divise et qui ne brille pas, Celle qui inquiète et fait honte ou fait douter, Celle qui nous fait passer pour un fou ou un psychopathe ou un gars pas saint, Celle qui n’émeut pas et n’amuse pas. La sainteté, c’est humainement minable et mortel, ne le perdons pas de vue.
 

Dans le discours de Vujivic qui (et je m’en réjouis) ramène sans doute des gens à Jésus (mais est-ce le bon Jésus ? c’est là toute la question…), je n’entends aucune crainte de Dieu. J’entends au contraire une inquiétante assurance de son propre Salut. Où est l’humilité là-dedans ? On peut espérer, on peut croire et placer son Espérance en son Salut. Je ne dis pas le contraire. Mais qu’en savons-nous ? Est-ce nous qui décidons d’être sauvés ? Non. C’est Jésus (même si les protestants, contrairement aux catholiques, sont convaincus qu’ils sont davantage sauvés par leur foi et leur conviction d’être sauvés par Jésus que par Jésus Lui-même : un comble !). Moi, personnellement, je tremble et je continue de trembler. Je suis terrorisé à l’idée d’aller en enfer. Et je connais trop mes péchés, mes incohérences, mes contradictions, ma fausse humilité, pour accepter qu’on me dise saint ou prophète. Sans fausse humilité, je réponds aux rares qui s’emballent sur mon cas personnel : « Mais de quel droit vous me tressez une couronne de saint ?? Seul Jésus connaît mon cœur et sera à même de le juger. Seul Dieu dit qui est saint ou pas ! » Moi, je n’en ai rien à faire que vous me croyez saint. Si jamais c’est le cas, je ne veux l’entendre que de Jésus !
 

Vujivic raconte également les miracles qu’il a opérés par sa prière. Certes, il conclut, « à la évangélistes », que « tous les honneurs vont à Dieu »… mais le problème, c’est que « Dieu » est le nom qu’il donne inconsciemment à ses prières. Et pour couronner le tout, il se permet de prédire ce que Dieu va faire pour les autres, et parle de Lui au futur. À mon avis, parier sur l’efficacité humaine de Jésus est typiquement protestant. La Croix et le fait que Jésus ait été identifié au péché à travers Elle, ça échappe complètement aux évangélistes et à leurs télévangélistes. Cet éloignement de la réalité de la Croix et de l’indignité peu bling-bling de la Croix de Jésus vient certainement du fait que les protestants, en ayant enlevé tous les crucifix de leurs lieux de culte, n’ont plus l’occasion de contempler le sens profond de la honte du supplice de leur Roi, de notre Roi. Et pour le coup, beaucoup de témoins évangélistes, dont la vie a l’air édifiante et courageuse car elle semble souffrante et brillamment joyeuse à la fois, se transforment en publicistes de Jésus et passent à côté des versets bibliques qui démasqueraient leur arrivisme : « Plusieurs viendront sous mon nom, disant : ‘C’est moi qui suis le Christ’. Et ils séduiront beaucoup de gens. » (Mt 24, 5) ou bien « Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous, car c’est ainsi qu’agissaient leurs pères à l’égard des faux prophètes ! » (Luc 6, 26) ou encore « Tu n’invoqueras pas le Nom du Seigneur ton Dieu en vain ; car le Seigneur ne laisse pas impuni celui qui invoque Son nom en vain. » (1 Rois 18).
 

La sainteté, je crois, c’est renoncer à la renommée, c’est accepter d’être impopulaire (sans le chercher et sans se rendre détestable) au nom du Christ et à cause de ce qu’Il nous fait dire, c’est même consentir à recevoir un diplôme de « faux saint », de « menteur », de « fou diabolique » et d’« imposteur (la pancarte INRI sur la gueule, la couronne d’épines sur la tête) de la part des athées et des « catholiques » pharisiens suite à leurs faux témoignages. Chez les personnes handicapées physiques connues (et pas que protestantes) ou bien chez les personnes souffrantes médiatisées (maladie, combats, histoire personnelle et familiale éprouvée, etc.), il y en a actuellement peu qui soient impopulaires. Personnellement, je n’en connais pas. Il y en a en revanche beaucoup qui sont « populairement impopulaires », « populairement incorrectes » ; elles disent des vérités parfois christiques, mais pas celles qui les rendraient impopulaires ou qui feraient polémiques. Le handicap doit, selon les critères médiatiques et ecclésiaux, briller, ne pas diviser. Je pense qu’il s’agit là d’une atteinte qui est faite à l’ensemble des personnes handicapées, et qu’il faut nous méfier de l’handicap en tant que vitrine du Gouvernement Mondial, et même en tant que vitrine de « Miséricorde catholique ».
 

Actuellement, le handicap sert d'alibi à la percée du digital (prothèse, puce, etc.)

Actuellement, le handicap sert d’alibi à la percée du digital (prothèse, puce, etc.)


 
 
 

b) Le phénomène David Laroche : la dictature de l’optimisme et de l’amour énergétique

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Noachisme et Handicap

Noachisme et Handicap


 

En lien avec l’idolâtrie antéchristique et bobo pour le handicap (ce n’est pas un hasard que Jean-Baptiste Hibon soit d’ailleurs tombé dans le panneau : il n’est jamais facile d’admettre qu’on a pu exploiter son propre handicap et sa propre foi ; et Jean-Baptiste a comme par hasard refuser de lire mon livre sur les bobos), je voulais m’arrêter sur un cas d’école de l’humanisme intégral du Gouvernement Mondial : les conférences et vidéos de David Laroche. Laroche est un jeune blond apparemment très en vogue sur les réseaux sociaux, et dont le discours positiviste (au double sens de l’adjectif) martèle exactement ce que l’Antéchrist essaie d’imposer à l’Humanité : l’autocréation (et en toile de fond, l’autodestruction) de l’Homme par sa « propre » bonté et volonté.
 

 

Avec David Laroche, on est servis question positive wording de l’humanisme intégral, humaniste intégral qui est le pendant extrême d’un spiritualisme intégral porté par le monisme, le noachisme, le New Age, et par bon nombre de catholiques bobos (gauchistes, fillonistes et surtout d’extrême droite). En résumé, l’humanisme intégral soutient la Religion Naturelle technologiste et une divinité qui n’est plus Jésus mais une fraternité purement humaine et énergétique reliant tous les Hommes (que j’appelle « l’amour énergétique ») ou encore une « chrétienté » identitaire, politisée, culturalisée. Cette « religion » – qui se fait plutôt appelée « foi » les rares fois où elle est nommée – est pensée et organisée par la Franc-Maçonnerie au sens large, et par une frange sédévacantiste (anti-Pape) de l’Église catholique d’autre part. Elle planifie la création, la réalisation, et l’amélioration sans fin de l’Homme par Lui-même.
 
architecte
 

Le discours positive attitude de David Laroche aligne tous les lieux communs de l’idéologie des Lumières : les valeurs du Christ sans le Christ (la vérité, la charité, le respect, l’espérance, la résurrection, etc.), les deux champs lexicaux de la Franc-Maçonnerie (l’architecture + la lumière), les méta-vérités (c’est-à-dire un « discours sur le vrai » pour ne pas nommer le Vrai, ainsi qu’une succession de lapalissades, d’évidences anthropiques), l’accent sur l’agir ou le faire (on retrouve cette obsession pour l’action identitariste dans le boboïsme : cf. le livre Faire de François Fillon ; le discours sur l’engagement du père Pierre-Hervé Grosjean et sur la transmission du culturel chez François-Xavier Bellamy ; les slogans « dynamiques » d’Emmanuel Macron comme « En marche » et « défi » ; le discours mondial omniprésent sur la création/créativité), la sacralisation sociale du mot « Amour » (et ses dérivés : la charité, la vie, la confiance, la foi, le partage, le faire ensemble, le bien commun, etc.), le primat de la subjectivité individuelle (point de vue, regard, opinion, pensée, volonté, intention, concentration, détermination, perceptions, sentiments, imagination, intuition, etc.). Les pages Facebook intitulées Inside Project – qui portent bien leur nom puisqu’il s’agit d’enfermer l’Homme sur Lui-même en lui faisant croire qu’Il s’ouvre aux autres et au Cosmos – sont un festival de boboïsme transhumaniste. Laroche y étale ses proverbes creux de Maître Yann, à pleurer de naïveté et de volontarisme. Et le pire, c’est que beaucoup de gens plébiscitent. Évidemment : difficile de s’opposer frontalement à l’optimisme (cf. mon code bobo n°9 « Optimisme et espoir » dans mon livre Les Bobos en Vérité) !
 
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Mais derrière l’optimisme de fond, derrière l’altruisme désintéressé affiché, il ne faut pas croire : il y a de la conquête, des dents qui rayent le parquet, de l’égoïsme et très peu d’humilité. Laroche n’est pas du tout là pour aimer : il est là pour dire à chacun d’entre nous (cliniquement, combativement, comme un coach de développement personnel, employé pour « accroître la confiance en soi ») qu’il peut être aimé et qu’il peut aimer… ce qui est bien différent de l’Amour vrai. Il est là pour diffuser au maximum les ondes positives et que ça circule, que ça prolifère, que ça augmente (c’est l’idéologie de l’Humain augmenté) pour nous débarrasser des « énergies négatives » qui sont en nous, pour nous dire que nous sommes tous supers (grâce à nous-mêmes et à notre volonté). Et surtout, il défend l’idée très mégalomaniaque selon laquelle on serait ce qu’on veut (si, bien sûr, on se dépouille de ses peurs, des regards et des clichés, blabli blabla).
 
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Ce n’est pas – et il le dit lui-même – un discours Bisounours. C’est plutôt un discours idéologique et antéchristique (même si lui ne l’identifie pas du tout ainsi). D’ailleurs, sans le savoir, David Laroche édicte quelques grands préceptes du Gouvernement Mondial et de la Franc-Maçonnerie : 1) l’ordre par le chaos (Ordo Ad Chao) ; 2) l’amélioration de l’Humain par Lui-même et avec les autres humains (« Making good men better men » ai-je entendu au 14e Salon maçonnique de Paris) ; 3) la toute-puissance de la potentialité et de la subjectivité humaines sur le Réel et la Transcendance (la règle de Gabor, le physicien hongrois inventeur de l’holographie et Prix Nobel de physique en 1971, c’est « tout ce qui est techniquement faisable doit être réalisé, que cette réalisation soit jugée moralement bonne ou condamnable »). Bref, selon les transhumanistes pro-choix, tout ce qui est possible doit être réalisé, et peu importe l’éthique des moyens. C’est ni plus ni moins l’orgueil de penser pouvoir se créer sa propre vie. Le seul horizon recherché, c’est ÊTRE SOI et ÊTRE FIDÈLE À SOI-MÊME. Je vous laisse admirer la platitude et l’orgueil de cet anthropocentrisme théiste et énergétique (Laroche va jusqu’à parler du « fuel de détermination » et Jean-Baptiste Hibon d’« électricité » de l’âme) :
 
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David Laroche n’est évidemment pas le seul à croire en « l’amour énergétique » (il ne l’appelle pas comme ça, d’ailleurs). Il est l’enfant de son époque et l’un des nombreux faux prophètes zélés qui se multiplient en ce moment. Un mélange de panique enthousiasmée appelant à la mobilisation de l’Humain tout entier (sans le Christ). Dernièrement, j’ai découvert le vidéo-clip de la chanson « Comme avant » de David Hallyday. Dans la même veine musicale que les chansons « de stade » planantes de Coldplay, Pink Floyd, Mylène Farmer, Tom Chaplin, ou des films comme « Tree of Life », mêlant personnification noachide de la Nature, réminiscences d’enfance fantasmée, transhumanisme (la vie après la mort, les NDE – Near Death Experience), angélisme écolo, archéologie et astronomie, ambiance onirique hallucinogène et transcendantale, fin/fusion des temps, aurores boréales, etc.
 

 
faire
 

L'impossible qui deviendrait possible d'être impossible

L’impossible qui deviendrait possible d’être impossible


 
Le fameux "Ils ne savaient pas que c'était impossible... et c'est pour ça qu'ils l'ont fait"

Le fameux « Ils ne savaient pas que c’était impossible… et c’est pour ça qu’ils l’ont fait »


 
hedonisme
 
 
 

c) Festival des CathosCons :

 

Je vous donne maintenant quelques nouvelles des pharisiens pseudo « catholiques », car en ce moment, ils sont de sortie, surtout depuis la victoire de leur candidat François Fillon (que les mass médias font passer pour un ultra-conservateur alors qu’il est pro-mariage-gay et pro-Union Civile et donc pro-GPA, et qu’il est aussi progressiste que les autres… et même que le Front National) !
 
chatel
 

Par exemple, les pourfendeurs des « idéologies » (je rappelle que le propre d’une idéologie, c’est de mettre une idée – même humaniste et même chrétienne – au-dessus de la personne humaine et du Christ qu’elle est censée servir) se félicitent à présent de la réussite de leurs idées : François Fillon puis Luc Châtel parlent de leur « victoire idéologique », les catholiques à la Poisson de leurs « convictions » et de leurs « valeurs », comme au bon vieux temps du fascisme… mais personne ne bronche et ne s’en alarme.
 
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Plus tard, celle qui ressemble à l’archétype de la bobo anar de droite et « catho identitaire » – Valérie Boyer – est défendue comme une prophète simplement parce qu’elle a été attaquée d’avoir porté une Croix du Christ à la télé. Mais quand est-ce que les catholiques vont cesser de prendre Jésus pour un label ? J’entends même des « catholiques » (les mêmes qui déifient la droite, et crachent sur « la gauche » parce qu’ils n’osent pas encore ouvrir les yeux sur la droite) dire, suite aux résultats de la primaire de droite et du centre, que « leurs prières ont été entendues »… Mais ils vivent sur quelle planète, sérieusement ? « Saint Fillon, priez pour nous. » (Prière du #CathoCon)
 
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Par ailleurs, Jean-Pierre Denis a signé dimanche le tweet le plus con du Siècle. Fillon et Juppé étaient au champ…
 
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Sens Commun s’illustre quant à lui par ses formules creuses.
 
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François Huguenin-Maillot et Koz Toujours débouchent la bouteille de la victoire de Fillon aux primaires de la droite et du centre, sans comprendre que Fillon ne portera pas le Christ.
 
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Frigide Barjot (Virginie Tellenne) avoue carrément qu’elle est pour le « mariage gay », et que Fillon, son candidat, est pour aussi, et même qu’il est pour la reconnaissance des « familles homoparentales ». Il y a une semaine, au micro de France Info, le 21 novembre 2016 : « On n’a jamais été contre le mariage gay. Le principe du mariage, c’est-à-dire d’union légale, sociale, en tout droit, en mairie, [pour les couples homosexuels], nous avons même été pour. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai quitté le mouvement [LMPT] quand il a changé de ligne. […] Le principe du mariage [gay], nous y sommes tous favorables, et il ne changera pas. On ne démariera pas. Et François Fillon, comme la majorité des élus de droite sont POUR. Y’a pas de problème avec ça. Y’a que les gens qui prônent l’abrogation qui veulent enlever des droits aux couples. Aujourd’hui, on ne TOUCHE PAS au principe de mariage de la loi. En revanche, l’enfant doit avoir et connaître son père et sa mère biologiques. » ; « Fillon reconnaît la diversité des familles. »
 

Dimanche dernier, Frigide Barjot – c’est plus fort qu’elle – voit une caméra de TF1 et la courtise au passage...

Dimanche dernier, Frigide Barjot – c’est plus fort qu’elle – voit une caméra de TF1 et la courtise au passage…


 

Par ailleurs, je me fais ces derniers temps traîner en procès de diffamation parce que j’explique dès le départ que les gens qui sont derrière la revue d’« écologie intégrale » pseudo papiste Limite ne sont pas catholiques (et je ne dis pas qu’ils ne le seront jamais : il faut toute une vie pour devenir catholique, et c’est donné par grâce de Jésus). Mais pourtant, voici la preuve de ce que je dénonce en image, avec ce tweet d’Eugénie Bastié, « catholique et pro-Pape » quand ça l’arrange.
 
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Enfin, je terminerai par cette mise en garde et cet appel pressant de ma part à lire mes « 247 questions sur l’homosexualité à l’intérieur de l’Église » et à s’armer à propos de l’homosexualité. Les prêtres et cardinaux parlent en ce moment beaucoup de l’avortement (dernièrement, le Cardinal Vingt-Trois et Mgr Pontier) plutôt que d’homosexualité (Mgr Vingt-Trois vient lui aussi de botter en touche par rapport aux affiches de prévention VIH, en soutenant que le problème était les messages des affiches et non les photos de couples homos) : comme au temps de la Loi Taubira, il est toujours plus facile, même si c’est déjà courageux, de se planquer derrière les problématiques natalistes et familialistes (avortement, pédophilie, GPA, enfant, famille…) que d’affronter les problématiques amoureuses (cristallisées par la promotion de « l’amour homo » et des sentiments, et par la loi du « mariage gay »). Mais ce sont pourtant les problématiques amoureuses affectives (« l’amour », « le droit », « la liberté », « l’homosexualité », « l’hétérosexualité », « l’homophobie », « le respect », « la tolérance », etc.) qui remportent largement le plus d’adhésion dans le cœur de nos contemporains et de nos politiques. Et en ce moment, les détracteurs des catholiques sont en train de s’énerver et de préparer, à travers leur incompréhension des Manif Pour Tous (qui en effet n’étaient pas claires et étaient homophobes car elles ont refusé de parler d’homosexualité et d’homophobie), une répression sans précédent contre nous. La colère monte. Je pense notamment à la réaction d’Élizabeth Badinter, à celle de Muriel Robin, mais également un croissant nombre de prêtres catholiques qui viennent me parler en privé de la présomption d’homosexualité sacerdotale qu’ils subissent de plus en plus au quotidien. Et il est vrai que j’entends aujourd’hui énormément de gens anticléricaux (ou qui se disent « athées ») m’assurer que « tous les curés sont gays », comme une évidence. Et c’est logique : les prêtres parlent tellement peu d’homosexualité (ça doit être quasiment le seul sujet dont ils ne parlent pas ; même l’avortement, c’est quelque part plus facile à aborder et à dénoncer, puisqu’il existe le commandement biblique « Tu ne tueras point » sur lequel se « reposer ») que la présomption d’homosexualité généralisée leur reviendra très vite et tacitement en boomerang. Plus encore que « pédophiles » ou « intégristes ». Pour nos détracteurs, il est beaucoup plus ignoble (même si factuellement c’est inversé et disproportionné) de s’être opposé au « mariage gay » et d’avoir défilé à La Manif Pour Tous, que de s’opposer à l’avortement et à la pédophilie. Ça, bon nombre de nos prêtres et cardinaux ne l’ont pas compris. La pédophilie et l’avortement sont les faux nez de l’homosexualité. Et diaboliser le Gender comme le fait le Cardinal Sarah envenime la situation.
 
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d) Autres mini-news du Gouvernement Mondial :

Dernières petites news sur l’Antéchrist et la progression mondiale du prince du mensonge.
 

D’abord Le Grand Journal de Canal + et la prochaine élection de Miss France 2017, qui se mettent au diapason du cube.
 
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Miss Tahiti

Miss Tahiti


 

Ensuite, j’attire votre attention sur le clip « Love Life » de John Mamann, qui collectionne les codes bobos de mon livre les Bobos en Vérité (la nuisette blanche, les banjos et sifflotements, la mer, le vent, la communauté, les barbus, la célébration de la vie et de l’amour, les chapeaux, le fantasme de l’angélisme, l’obsession progressiste d’être « plus fort », Toi + Moi, le road trip, etc.). Question : John Mamann est-il lyonnais ?
 

 

L’Aide précieuse des francs-maçons (Il est urgent que nous, catholiques, nous laissions enseigner par eux : ils nous conduisent à la sainteté et décrivent mieux que personne l’Antéchrist)

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a) Un plaisir de les rencontrer :

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En me rendant au 14e Salon maçonnique du Livre le week-end dernier (19-20 novembre 2016 à Paris), qui est un événement annuel faisant office de Grandes Assises inter-obédientielles des Loges maçonnes françaises, je dois vous avouer que je ne pensais pas me sentir aussi à l’aise, aussi bien accueilli, ni tomber sur des personnes aussi cordiales et parfois brillantes intellectuellement, loin des clichés diabolisants sur la Franc-Maçonnerie. J’ai vraiment passé deux jours agréables. Pas au point de devenir maçon (loin de là). Mais j’en suis ressorti au moins avec l’envie de revoir certaines personnes pour poursuivre l’échange. J’ai été en particulier ébloui par la finesse et la gentillesse de quatre francs-maçons, qui ne ressemblent en rien à des individus manipulés et manipulateurs (même si, au fond, ils le sont, comme nous tous parfois) : Lénaïc (d’une obédience maçonne multi-spiritualiste, la GLISRU, Grande Loge Indépendante et Souveraine des Rites Unis), Alain Roussel (un franc-maçon ressemblant à un pasteur écossais du XVIIIe siècle), Éric Giacometti (romancier et « profane », c’est-à-dire non-officiellement-franc-maçon) et Jean-Marc Pétillot (ancien Grand Maître de la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra). Je ferai un focus sur certains d’entre eux en cours d’article.
 
bobos
 

Pendant ces deux journées, j’ai appris à démystifier un peu plus la Franc-Maçonnerie, à comprendre que je me trouvais face à des personnes plutôt qu’à un Système, ou un appareil institutionnel, ou une confrérie secrète malveillante et sciemment déconstructrice. J’ai appris à respecter ce que j’entendais, à écouter (même s’il me reste encore beaucoup à apprendre), à comprendre la sincérité des francs-maçons, souvent blessés par les caricatures qui sont faites d’eux et qui se méprennent autant sur leurs intentions que sur la portée de leurs actions (même si mon propos ne vise pas à édulcorer ni innocenter la gravité de cette portée). Beaucoup d’entre eux soulignent d’ailleurs la fraternité réelle, la bulle d’oxygène, d’écoute et de dialogue constructif, l’apaisement et la confiance en soi retrouvée, le soutien, le grandissement intellectuel et spirituel, l’enrichissement et l’ouverture, la méthode de travail, qu’ils expérimentent vraiment dans leur loge. Et rien qu’en entendant par exemple Jean-Marc Pétillot, ancien Grand Maître, je me dis qu’on est loin du discours orgueilleux, mégalomaniaque, relativiste, libertaire et gauchiste qu’on pouvait attendre logiquement de l’humanisme franc-maçon : « Il y a des limites à la tolérance. » ; « Nous sommes tous plus ou moins profanes. » ; « Il existe des intégristes de la Franc-Maçonnerie. » ; etc. Je peux en témoigner : il y a de l’auto-critique, de la réflexion profonde, de la nuance, de l’humilité et de la remise en question, au sein de la Franc-Maçonnerie. L’ouverture et la construction ne sont pas que des vœux « pieux ».
 

Table ronde "Le Graal, une quête intemporelle" (lumière rouge éclairant tous les plateaux), avec Jacques Varenne et Éric Giacometti

Table ronde « Le Graal, une quête intemporelle » (lumière rouge éclairant tous les plateaux), avec Jacques Varenne et Éric Giacometti


 

Et franchement, le peu que j’en ai vu, je les crois sincères, je les crois de bonne foi… même si leur foi n’est pas bonne car elle est anthropocentrée (c’est l’Homme qui se fait Dieu), libertaire (ils n’ont que le mot « liberté » à la bouche), individualiste (c’est l’introspection et le travail sur soi qui priment, et qui parfois éventuellement se partagent, s’altruisent et s’universalisent, mais ce sera dans un deuxième temps : la Franc-Maçonnerie, c’est vraiment l’individualisme de masse), productiviste et actionnelle (tout est centré sur l’agir, le travail, la construction et le développement personnel), évaporée (les maçons insistent sans arrêt sur les mythes, le questionnement sans but, le « processus », l’« évolution », l’« ouverture », le perfectionnement de soi, la « transformation » : que des concepts éthérés), sans véritable amour (c’est juste de l’humanisme, du progressisme, et de l’altruisme d’« amélioration de soi »), sans véritable foi (car le doute est absolutisé, le questionnement est recherché pour lui-même, et la Vérité unique en Jésus est complètement bannie).
 
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En gros, la maçonnerie est un RATIONALISME SPIRITUALISTE SANS JÉSUS. Et tous ses membres sont prisonniers de cet inextricable binarisme sans fond, sans Incarnation, sans l’Amour en Personne (= Jésus). Ils s’emmêlent perpétuellement les pinceaux avec cette réalité antinomique qu’est le rationalisme spiritualiste déchristianisé, c’est-à-dire une idéologie des « moyens qui sont devenus des buts qui ne s’assument pas comme buts ». Une chrétienté sans le Christ.
 

Modern Talking, Brothers Louie (Bon, ok... Jacques Varenne et Éric Giacometti)

Modern Talking, Brothers Louie (Bon, ok… Jacques Varenne et Éric Giacometti)


 

Par exemple, ils passent leur temps à dire qu’ils sont francs-maçons mais pas vraiment francs-maçons (C’est typiquement homosexuel, comme fonctionnement, soit dit en passant). Le jeu taquin de jumeaux siamois faussement opposés qu’interprètent publiquement Jacques Varenne – ouvertement franc-maçon – et Éric Giacometti – qui feint de ne pas l’être – (les deux pères de la saga romanesque des Marcas) en fournit la parfaite illustration. L’un se dit ironiquement « dans l’ombre », l’autre « dans la lumière », l’un dans l’ignorance, l’autre éclairé par la science gnostique, pour cacher qu’ils sont tous les deux dans le gris, donc finalement dans l’ombre. J’ai compris grâce à leur petit manège de francs-maçons-qui-ne-s’assument-pas-et-qui-s’assument-trop qu’être « initié » en Franc-Maçonnerie ou pas n’avait que peu d’importance : c’est l’adhésion aux idées maçonnes qui prévaut et qui rend maçon. Giacometti, par dandysme et schizophrénie bobo, refuse le « Système maçon » pour en épouser secrètement toute l’idéologie… comme tout franc-mac, finalement ! Les disciples aveugles du règne de Satan sont, comme lui, divisés contre eux-mêmes. C’est complètement logique. Ils se gargarisent de ne pas savoir ce qu’ils veulent… ou plutôt, ils simulent de ne pas savoir ce qu’ils veulent, et mordent à l’hameçon de leur propre sincérité, parce qu’ils sont au fond terrorisés par la Vérité.
 
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Ça, c’est la facette plus sombre. Mais ce qu’il faut se dire, c’est que le caractère polymorphe, lâche, et de plus en plus aléatoire/optionnel de l’étiquette « franc-maçon » et de l’initiation en Franc-Maçonnerie, permettent beaucoup plus positivement de désenclaver les maçons de leur propre cinéma/structure. La frontière poreuse entre francs-maçons et profanes nous indique que nous pouvons, en étant catholiques, complètement rejoindre les francs-maçons, d’autant plus que nous sommes cernés par les maçons non-officiels, y compris dans nos églises et nos assemblées dominicales ! C’était une belle expérience – que j’aimerais renouveler – que de m’inviter chez les Francs-Maçons officiels : ils sont les premiers étonnés qu’on vienne sur leur territoire, qu’on s’intéresse à eux gratuitement, qu’on ne se méfie pas d’eux et qu’on ne les traite pas comme des pestiférés et des gens dangereux ! Ça m’a touché, leur surprise et leur accueil. Et notre gémellité, nos nombreux points communs, aussi ! De même, j’ai aimé parler leur langue, me prêter à l’exercice de me faire comprendre d’eux sans les heurter et en cachant humoristiquement mon identité et ma recherche. Aoutsu chihila. Je peux maintenant dire que je parle franc-maçon (les rudiments de la langue maçonne, du moins) : Je m’appelle Philippe, j’ai 36 ans, je suis un profane qui a compris que la Franc-Maçonnerie, toutes obédiences confondues, était un rationalisme spiritualiste, refusant l’athéisme mais aussi Jésus-Fils-de-Dieu (pas Jésus en tant que croyance strictement privée, ni même en tant que « pratique extérieure parallèle à la franc-maçonnerie » ou « option comme une autre »). Je vais maintenant m’atteler à expliquer ce paradoxe.
 
 

b) Un athéisme théiste (les francs-maçons sont tous des chrétiens… contrariés) :

Affiche que j'ai trouvée dans la même rue (rue Boyer) que le Salon, quartier on ne peut plus bobo. L'identité humaine réduite à un processus et une transformation spirituelle, c'est tout à fait ça ! C'est exactement la Franc-Maçonnerie

Affiche que j’ai trouvée dans la même rue (rue Boyer) que le Salon, quartier on ne peut plus bobo. L’identité humaine et divine réduite à un processus et une transformation spirituelle, à une chaîne énergétique méliorative sans but, c’est tout à fait ça ! C’est exactement la Franc-Maçonnerie


 

Le rationalisme spiritualiste sans Jésus pousse fatalement les francs-maçons à dire qu’ils croient en Dieu sans y croire, en faisant notamment l’artificielle distinction entre foi et religion (Pour eux, la foi est bonne et respectable tant qu’elle reste une option non imposée et non révélée à tous ; alors que la religion est forcément dogmatique, normative et liberticide), en faisant l’artificielle distinction entre raison et religion (Pour eux, la raison respecte l’individu, alors que la religion le détruit), en faisant l’artificielle distinction entre spiritualité et foi (Certains francs-maçons, peu à l’aise avec la teinte religieuse trop marquée sur les mots « foi » ou « transcendance », leur préfèrent les termes plus scientistes d’« irrationalité » ou d’« imaginaire », voire carrément le silence « laïc »), en faisant l’artificielle distinction entre le Grand Architecte et Jésus (Pour eux, le Grand Architecte ou Dieu n’est pas une personne, mais un symbole), en faisant l’artificielle distinction entre vérités et Vérité (Pour eux, il n’existe que des vérités parcellaires et relatives qui se contredisent et s’empilent indéfiniment les unes sur les autres – sous forme parfois de secrets – pour s’annuler et se nourrir de leur propre annulation), en faisant l’artificielle distinction entre personne et cheminement existentiel (Avec les francs-maçons, l’être humain est perpétuellement confondu avec son processus de croissance, de construction, son travail : il n’est que devenir, faire et penser ; il n’est que fuite en avant et en arrière), en faisant l’artificielle distinction entre personne et symbole (d’où leur iconoclastie anticléricale qui se déporte en fétichisme carnavalesque : les épées, les gants, les armures, des accessoires de ouf !), en faisant l’artificielle distinction entre Histoire et mythes (Pour eux, l’archéologie réactive les mythes et les légendes, et réenchante l’avenir : les mythes occupent une place prépondérante dans la Franc-Maçonnerie, alors que l’Histoire réelle importe peu), en faisant l’artificielle distinction entre imagination et imaginaire (Ils privilégient l’imaginaire, par définition éloigné du Réel et de Jésus, imaginaire qui selon eux peut paradoxalement émaner de la matière, ou plutôt de l’étude de la matière), en faisant l’artificielle distinction entre doute et objet du doute, entre recherche et sacralisation de cette même recherche, en faisant l’artificielle distinction entre déisme et théisme (Alain Roussel explique très bien que dans le déisme, il n’y a pas de relation entre l’Humain et le divin, pas de Providence, tandis que dans le théisme, il y a une relation entre le divin et l’Humain : l’Humain s’emploie à s’accorder avec le divin, notamment par des pratiques telluriques, par des prières, par des invocations et des incantations, en espérant que la divinité interagisse. Roussel regrette d’ailleurs que la frontière entre les deux soit de moins en moins respectée dans la Franc-Maçonnerie), en faisant l’artificielle distinction entre foi et croyance (Pour les francs-maçons, la foi est une « hypothèse confiante », une « perpétuelle recherche et un perpétuel inachèvement », une « quête » sans fin et sans visage… alors que la croyance, du fait d’avoir un but et un seul corps, est forcément dogmatique, fasciste, bouffie d’orgueil et pétrie de « certitudes » dangereuses et prétentieuse. C’est simple : ils ont diabolisé la prétention à la recherche de Vérité unique et universelle qu’est Jésus. À les entendre, il ne s’agit pas de croire mais d’entamer un cheminement. C’est le cheminement en tant que tel qui est devenu tacitement leur dogme invisible, leur dieu. On taille chacun sa propre pierre, et on se regarde avec émotion dedans, comme un miroir embellissant !), en faisant l’artificielle distinction entre chrétienté et catholicisme (Ils « respectent » – comprendre « ignorent/tolèrent » – la première pour mieux nier et singer le second), etc.
 

D’une manière ou d’une autre, à plus ou moins long terme, le rationalisme spiritualiste sans Jésus engage forcément les francs-maçons dans un labyrinthe de contradictions insolubles (insolubles… sauf bien sûr en Jésus). Ces derniers passent leur temps à dire qu’ils sont « rationalistes mais pas que »… car la raison humaine bute très vite sur ses propres limites et convoque à un moment donné la transcendance ; et la fameuse « quête » du maçon appelle d’elle-même à une mission, à un partage de gnoses, à une sortie de soi vers un théisme/déisme (Même Emmanuel Pierrat, le « bouffeur de transcendantalistes », l’avoue !). Autres contradictions flagrantes de leur athéisme théiste : les francs-maçons nous assurent sans arrêt qu’ils sont « discrets » mais pas « secrets » (la nuance est ténue et bien subjective…), qu’ils accueillent officiellement tout le monde sans distinction de classes sociales, d’opinions et de pensées (… sauf ceux qui s’opposent au « mariage gay » et ceux qui leur apparaissent comme une « minorité chez les catholiques » à savoir « les catholiques croyant que leur religion s’inscrit sur le meilleur chemin de Vérité et obéissant aux dogmes d’une Église-Institution préférée et authentifiée comme supérieure aux autres religions »). Autant vous dire que c’est une drôle de conception de l’ouverture, de la tolérance et de la recherche de Vérité… Selon ces dogmatiques de l’adogmatisme, chacun va trouver sa vérité intérieure, sa propre ligne de sagesse, mais elles ne se conjuguent qu’au puriel ! Quels tristesse et isolement, quand on y pense, malgré le vernis de partage des découvertes sur soi qu’ils font en groupe…
 

Maintenant, à nous de comprendre les subtilités de leur foi contradictoire. Loin d’attribuer et de circonscrire ces contradictions à la seule Franc-Maçonnerie, la tentation du repli spiritualo-scientiste nous concerne surtout nous, catholiques. La Franc-Maçonnerie est l’un des reflets possibles et peu souhaitables du catholicisme. C’est la raison pour laquelle il nous est vital de réaliser combien les francs-maçons ont glissé du catholicisme au rationalisme spiritualiste antichristique. Ils doivent nous servir de modèles. Qu’au moins, ils ne chutent pas pour rien et ne nous entraînent pas dans leur chute ! Qu’au moins nos ressemblances nous aident tous, francs-maçons et catholiques, à nous relever ensemble en Jésus !
 

Ce qu’il faut bien comprendre (car c’est tout sauf évident), c’est que les francs-maçons ne rejettent pas le mot « Dieu » ni même la « chrétienté » (et j’oserais dire qu’une part d’eux ne rejette pas le catholicisme et s’imagine l’intégrer harmonieusement). La chrétienté est ontologique à leurs obédiences. Ce fut un peu une découverte pour moi, car j’avais été influencé à croire le contraire, d’une part à cause du visage anticlérical caricatural que les complotistes anti-francs-maçons dépeigne sur internet (Ces hystériques rêvent que les francs-macs soient à tout prix contre nous : connerie monumentale), et d’autre part à cause des nombreuses piques anti-Église-Institution que les francs-maçons, surtout les Français, lancent contre Jésus et contre les catholiques (Pendant cette 14e édition du Salon Maçonnique, Jacques Varenne, Stéphan Hébert, Emmanuel Pierrat, Jean-Michel Ducomte, Laurent Kupferman, entre autres, ne se sont pas privés d’attaquer l’Église). En réalité, ces francs-maçons anticléricaux et anti-transcendance ne connaissent pas leur propre baraque. Ce que je dis est historique. La Franc-Maçonnerie, à la base, au XIIe siècle, est une hérésie chrétienne. Sa souche est chrétienne ! Et aujourd’hui, dans le monde, seuls 3 à 4 % des obédiences maçonnes ne sont pas chrétiennes ! « La maçonnerie chrétienne, c’est non seulement massif mais C’EST la maçonnerie. » m’a dit très calmement une franc-maçonne qui s’auto-proclamait « bibliste », au stand de la loge Renaissance Traditionnelle. Difficile d’être plus explicite !
 

Joseph Macé-Scaron, homosexuel, dans un Temple franc-maçon

Joseph Macé-Scaron, homosexuel, dans un Temple franc-maçon


 

C’est hallucinant de le constater – et ça fait bondir Joseph Macé-Scaron qui hurle au « relativisme religieux » et à la « récupération confessionnelle » dès qu’il entend que sa conscience pensante puisse être liée de près ou de loin à la chrétienté – mais c’est pourtant la vérité. Comme la France, aux côtés de la République Tchèque, est un des pays les plus sécuralisés et laïcards au monde, beaucoup de francs-maçons français sont persuadés que la Franc-Maçonnerie est plus rationaliste et scientiste qu’irrationaliste, spiritualiste et déiste/théiste… mais ils se leurrent. Christianisme et Franc-Maçonnerie sont les deux faces d’une même pièce de monnaie. En particulier dans le monde occidental anglo-saxon et nord-américain (qui forme le gros des troupes francs-maçonnes :on compte 2 300 000 francs-maçons dans le monde, dont 1 300 000 rien qu’aux États-Unis : excusez du peu !), la Franc-Maçonnerie est largement chrétienne, et ne voit aucun inconvénient à marier maçonnerie et christianisme évangéliste – les protestants sont d’ailleurs les pères des premières loges francs-maçonnes historiques – et plus dramatiquement à marier maçonnerie et catholicisme (comme si c’était concrètement possible et souhaitable !) Pour la petite histoire, au Salon, un vieux franc-maçon m’a avoué qu’il était « catholique et franc-maçon », que ça ne « posait aucun problème », et que selon lui, « seuls 10% des catholiques – la frange la plus ‘intégriste’ – trouvaient que Franc-Maçonnerie et catholicisme étaient inconciliables, alors que la grande majorité des catholiques et des prêtres s’en accommodaient très bien », alors… Et pour prendre un autre exemple illustrant parfaitement cette ambivalence chrétienne du rationalisme spiritualiste franc-maçon, lors de sa conférence aux côtés Éric Giacometti, le romancier maçon Jacques Varenne a déclaré publiquement qu’il voulait « déchristianiser le Saint Graal » – la Coupe qui a porté le Sang du Christ – et Lui enlever les « oripeaux d’un mysticisme chrétien qui se L’est accaparé » (il a notamment dénoncé la « christianisation du Graal pendant les Croisades »). Mais là encore, malgré tous ses efforts, il n’est pas arrivé à gommer le christianisme de la Franc-Maçonnerie. Certes, il « laïcise » le Graal. Certes, il Le décrète arbitrairement « non spécifiquement chrétien » pour L’ouvrir à d’autres champs spatiaux-temporels extérieur au christianisme. Certes, il tente de Le disperser dans un universalisme « intemporel », dans un passé et un temps mythiques qui Le désincarnent. À entendre Varenne, le Graal s’étend à « toute quête de soi-même », à tout combat humain inaccessible mais à tenter quand même, il se réduit à une « Puissance archétypale », à un « objet d’imaginaire » qui nous conduirait vers un endroit et un état inénarrables, « forts », impossibles à définir. On est d’accord, c’est du christianisme qui ne s’assume pas lui-même. Mais il n’empêche que Varenne utilise quand même une Relique importante du catholicisme et y reste attaché. Il ne parvient pas à La dépouiller de sa dimension sacrée, transcendante et spirituelle. De sa dimension chrétienne et catholique ! Quoi qu’il en dise !
 

Ce n’est pas une blague. Pendant ces deux jours de Salon, j’ai découvert qu’il existait des maçons qui se définissent comme « biblistes » (exemple : Roger Dachez) voire carrément comme « catholiques » (j’en ai rencontrés plusieurs en vrai… même si j’ai compris qu’ils n’allaient plus à la messe). À la différence des catholiques et des protestants, ils se croient héritiers d’une vérité transmise par l’expérience personnelle rendue ensuite collective, et non d’une vérité révélée par Jésus, son Église, les sacrements et les prêtres. Derrière « la Bible », les francs-maçons n’identifient juste pas une personne, et encore moins Jésus ou une institution ecclésiale. Pour eux, Elle se limite à un corpus de jolies légendes inspirantes pour la raison et l’amélioration de soi, à une modeste contribution au patrimoine de la « sagesse » universelle. Au lieu de nommer « Dieu », ils préfèrent parler de « principe supérieur », de « tradition immémoriale ». Beaucoup de francs-maçons sont capables de se dire à la fois catholiques/chrétiens et « adogmatiques » (= ce qui signifie selon eux qu’ils ne pratiquent pas de rite religieux), à la fois catholiques/chrétiens et « non-croyants » (ils distinguent, comme je l’ai signalé plus haut, « foi » et « croyance »). « Adogmatique… et plus encore ! » insiste par exemple Emmanuel Pierrat, qui estime que « la transcendance n’est pas son affaire » et qui souhaite remplacer celle-ci par le terme « perspective » (Ça ne l’empêche pas de s’adresser à ses masques africains juste avant de s’endormir…). Inconsciemment ou non, les francs-maçons voient la chrétienté comme une source d’inspiration rituelle, une mémoire anhistorique, un ensemble de « valeurs » personnelles, un « symbole », « une force » et une « puissance » qu’ils ne veulent surtout pas nommer et qui émanerait de leur propre « moi/quête/travail/recherches/humanisme/intuition/sensibilité/altruisme libertaire/actions solidaires/réflexions ».
 

Mais malgré cela, les francs-maçons dans leur ensemble, tout cartésiens et « libres penseurs » qu’ils veuillent paraître, sont rattrapés par le mysticisme, l’ésotérisme, les sciences occultes, la magie, l’alchimie, le transhumanisme, l’irrationnel, le transcendant, même si leur rêve d’immanence leur interdit d’en parler. Beaucoup de livres vendus pendant le Salon littéraire prouvent la forte imprégnation de la transcendance dans la Franc-Maçonnerie. Je peux vous citer quelques titres de bouquins que j’ai aperçus çà et là : La Foi d’un franc-maçon de Richard Dupuy, Franc-Maçonnerie et Révélation spirituelle de Jean Bartholo et Claude Gilbert, La Franc-Maçonnerie : une spiritualité vivante de Rémi Boyer, etc. Fuyez le spirituel, il revient au galop ! Et fuyez le Christ : son rejet vous reviendra sous forme d’Antéchrist !
 
 

c) Francs-maçons, précieux prophètes de l’Antéchrist (focus sur Éric Giacometti et Alain Roussel) :

Vous voyez, le gars avec son ordi allumé en bas, adossé au pilier de gauche, eh ben c'est moué (héhé!)

Vous voyez, le gars avec son ordi allumé en bas, adossé au pilier de gauche, eh ben c’est moué (héhé!)


 

Les seuls intervenants du Salon Maçonnique – et c’est la raison pour laquelle ils m’ont davantage intéressés et que je vais maintenant m’y arrêter en conclusion – qui ont osé donner accidentellement à cette force divine un contour personnifié, humano-christique, autrement dit antéchristique, ce sont Alain Roussel – qui m’a parlé des « égrégores » (ces « condensation d’énergies astrales » brillamment décrites par le père bénédictin catholique Verlinde https://www.araigneedudesert.fr/les-egregores-qui-guettent-leglise-catholique/) – et Éric Bertinotti – qui m’a parlé quant à lui des « héros », une sorte de conscience « pas humaine » qui parviendrait à répondre à l’intuition d’un large nombre d’entités raisonnantes humaines.
 

Là où j’ai trouvé ma brève incursion dans le petit monde des francs-maçons vraiment sainte – ce fut pour moi un cadeau de Marie et Jésus, une véritable Révélation, j’ose le dire ! -, c’est que j’ai entendu de la bouche de ceux qui rejettent Jésus et même qui rejettent l’Antéchrist (car les francs-maçons ne croient pas au diable ; ils rejettent le concept d’incarnation, de Vérité révélée, de Dieu-personne, d’anges, et même de mal : leur « Dieu », ce sont leurs idées et les moyens réflexifs pour les atteindre, ce sont l’émotion émanant d’une assemblée réunie par le génie humain et la compréhension émotionnelle/irrationnelle de ce dernier) parler de Jésus et de l’Antéchrist comme nulle part ailleurs (excepté bien sûr dans l’Église catholique), avec une précision bluffante. Face à Éric Giacometti par exemple, je suis resté scotché. Et ce n’était pas sa personne ni même sa personnalité qui m’ont épaté : c’est le fait que Jésus parlait à travers cet homme snob et imbus de sa raison/sa perception !
 

Alors je le dis pas du tout ironiquement ni hypocritement : Nous, catholiques, devons écouter les Francs-Maçons, et de toute urgence. Avec attention et bienveillance. Car ils sont prophètes malgré eux. Ils annoncent à leur insu l’arrivée de l’Antéchrist et décrivent parfaitement son terrain d’atterrissage bobo humain (= la Religion Naturelle) : merci à eux. Nous devons les écouter et partir à leur rencontre. Sans renoncer à notre foi et en la juste croyance que l’Église Catholique et Jésus-Fils-de-Dieu sont les meilleurs chemins de Vérité, sont les personnes incarnant la plénitude de la Grâce. Sans diaboliser non plus nos frères maçons (c’est d’ailleurs l’excellente démarche de Serge Abad-Gallardo, ex-franc-maçon, qui appelle à partir à la rencontre des personnes maçonnes). Les Francs-maçons détiennent sans le savoir une clé capitale de compréhension du terrain rationaliste-spiritualiste mondial sur lequel va précisément s’appuyer l’Antéchrist.
 

Sur les étalages des livres en vente, et à côté des Évangiles apocryphes, une B.D. franc-maçonne, Lacrima Christi de Didier Convard et Denis Falque, traite ouvertement de l’Antéchrist

Sur les étalages des livres en vente, et à côté des Évangiles apocryphes, une B.D. franc-maçonne, Lacrima Christi de Didier Convard et Denis Falque, traite ouvertement de l’Antéchrist


 

En outre, chercher à les comprendre et à les écouter nous mettra en lien non pas avec une élite fermée, mais avec le monde entier, avec nous-mêmes, puisque ce qu’il faut bien réaliser, c’est que sont maçons non pas seulement les francs-maçons officiels (très peu nombreux : en France, ils ne sont que 170 000 à tout casser, soit 10% de la totalité des francs-maçons dans le monde), mais tous ceux qui, sans le savoir, en adoptent la foi laïque humaniste déchristianisée (c’est-à-dire énormément de gens non-maçons, énormément d’Éric Giacometti, énormément de musulmans, énormément d’athées, et même énormément de catholiques et de cardinaux corrompus à l’esprit égalitariste du monde). Face à un franc-maçon, en réalité, je me trouve nez à nez avec mon propre pharisaïsme, ma propre tentation de me penser supérieur (à lui !) parce que j’aspire à une transcendance, de me croire auteur et constructeur de mon propre Salut. C’est pourquoi le Franc-Maçon m’aide à être saint.
 

J’ai réalisé que la Vérité catholique sortait de la bouche des francs-maçons en assistant à deux conférences hyper importantes pendant ces deux journées de Salon littéraire : la première, c’était la table ronde du samedi 19 novembre 2016 sur le thème « Le Graal, une quête intemporelle » où participait Éric Giacometti ; la seconde, c’était la table ronde du dimanche 20 intitulée « La Franc-Maçonnerie, Dieu et les religions », où s’est illustré Alain Roussel. Je vais les résumer l’une après l’autre, pour vous expliquer combien Giacometti et Roussel m’ont informé sur l’Antéchrist bien mieux que ne l’auraient fait les catholiques.
 

Éric Giacometti

Éric Giacometti (Parce qu’il le vaut bien)


 

Éric Giacometti, étonnamment, s’est mis en public, à remettre en cause son propre scepticisme d’une part à l’égard de la Franc-Maçonnerie en tant que statut et institution, et d’autre part à l’égard de son propre rationalisme/agnosticisme, en expliquant que ce dernier débouchait malgré tout et irrémédiablement vers un spiritualisme, tout profane et « non-illuminé » qu’il se présentait. Giacometti, c’est vraiment pour moi l’archétype du néo-franc-maçon, de l’athée bobo qui va basculer très vite vers un illuminisme spiritualiste et antéchristique : un homme se croyant suffisamment libre (« la liberté de penser », la « pensée en construction », toutes ces conneries florentpagniennes) et suffisamment rebelle d’adhérer à la croyance franc-maçonne sans en assumer ni le nom ni l’étiquette ni l’appartenance ni la réputation ni l’adhésion ni l’influence toxique. Et son cas est tout à fait signifiant, car je crois en effet que le rationalisme/cartésianisme/humaniste absolutisé constitue le terreau parfait pour l’arrivée d’une entité non-humaine (= l’Antéchrist) et pour l’émergence d’une foi scientiste anti-religieuse, anti-Jésus, fondée sur ce que Giacometti appelle « l’irrationel », « le symbolique » (ou « image archétypale ») et « la science de l’imaginaire » (l’imaginaire étant l’autre nom du mal, comme l’écrivait à juste raison Jean-Paul Sartre). En écoutant soigneusement Giacometti, j’ai halluciné : il nous parlait mot pour mot (sans même s’en rendre compte, et sans le nommer ainsi) de l’Antéchrist ! Il a évoqué devant nous, dans un moment surréaliste, l’existence d’une « force cosmique qui est extérieure à nous et qui nous rendrait humbles » Je le cite : « On ne peut pas tout ramener à l’Homme. Je pense qu’il y a quelque chose qui me dépasse. Cette force, je l’associe aux héros dans l’Histoire, et notamment à la possibilité de l’arrivée de l’un d’eux. Quelqu’un qui surgit comme ça et qui va être en résonnance avec une collectivité, un très grand nombre de personnes. Ces héros-là sont en contact avec une sorte de Conscience universelle. C’est pas humain, ce dont je vous parle. » À l’issue de la table ronde, je suis parti à la recherche de l’orateur pour obtenir un rendez-vous individuel avec lui, pour lui poser des questions sur sa vision des « héros » dont ils parlaient, au départ en pensant cacher mon identité et mon intérêt pour l’Antéchrist. Puis, une fois face à lui (j’ai eu de la chance, car je suis tombé sur Éric Giacometti au moment où il n’était pas accaparé par la foule de lecteurs se pressant autour de lui pour la séance de dédicaces : c’est saint Antoine de Padoue qui a exaucé ma prière et a arrangé le coup !), j’ai finalement tout dévoilé de mes intentions. Le romancier a infirmé mes dires quand je lui ai formulé qu’il prônait un « rationalisme spiritualiste ». Il ne m’a en revanche pas suivi quand j’ai prononcé le mot « Antéchrist » : rien d’étonnant à cela, puisqu’il n’y croit pas, ou bien l’associe à un méchant de dessin animé 100% mauvais et 100% diabolique (alors qu’en réalité, le vrai diable, c’est 99% de bon et 1% de mal). Concernant l’interview particulière, il m’a gentiment fait comprendre qu’il était en phase d’écriture avec son acolyte Jacques Varenne et qu’il allait très prochainement hiberner. Donc elle tombait à l’eau. Néanmoins, notre court entretien individuel improvisé a été fructueux puisque, lorsque j’ai évoqué l’Antéchrist et les « héros » afin qu’il développe sa pensée, Giacometti m’a immédiatement parlé d’« avatars négatifs » et d’« avatars positifs », certes pour caricaturer ce qu’il pensait être l’Antéchrist, mais également pour donner raison à son insu à la Bible d’une part (car saint Jean, dans l’Apocalypse, aborde beaucoup plus l’Antéchrist comme une image de lui-même – il est question d’« image de la Bête » – et comme une virtualité, que comme un être unifié) et pour faire écho d’autre part à ce qu’il appelle une « Puissance archétypale » (Jung parle quant à lui de « monde archétypal »). J’ai donc pu avancer sur ma connaissance de l’Antéchrist qui, pour les gens qui suivront ce prince de lumière, prend plus la forme d’une puissance énergétique lumineuse, d’un symbole, d’un mythe ou d’une légende, d’une illumination, d’une fulgurance massivement intuitive, d’un « état de conscience », d’un « chemin de transcendance », d’une spiritualité, d’un travail sur soi (mais sans relation à Dieu : on reste dans l’immanence, l’illusion d’autonomie) que d’une personne.
 

Alain Roussel

Alain Roussel


 

Le lendemain matin (dimanche), à la table ronde « La Franc-Maçonnerie, Dieu et les religions », en interrogeant Alain Roussel (l’un des pontes francs-maçons les plus ouverts à l’irrationnel et à la spiritualité, et les plus à même de me parler inconsciemment de l’Antéchrist) sur ce qu’il entendait derrière « le Grand Architecte de l’Univers » et derrière le mot « Présence » qu’il a utilisé, j’en ai appris encore davantage sur qui est l’Antéchrist. J’ai osé demander devant tout le monde s’il pensait que le fameux Grand Architecte allait « se manifester un jour ». Je l’ai fait doucement rigoler, ainsi que l’assistance. Pourtant, ma question était loin d’être sotte,, car l’ambivalence crypto-christique de la Franc-Maçonnerie est bien réelle : le fait que les maçons empruntent aux rituels chrétiens, le fait qu’ils œuvrent pour organiser et construire quelque chose, le fait qu’ils parlent parfois d’une « Présence », le fait qu’ils baptisent (pour ceux qui croient encore au « Grand Architecte ») leur Grand Architecte d’« Organisateur », tout cela montre qu’ils se préparent à accueillir quelque chose qui n’a pas forme humaine mais qui a de l’énergie. Le modérateur, Stéphan Hébert, a ri dans sa barbe quand il m’a entendu, en soutenant que, par « Grand Architecte », il s’agissait plutôt d’une abstraction allégorique, d’une sublimation de la pensée humaine, et que « le Grand Architecte, c’est sans doute pas humain. » Quant à Alain Roussel, il m’a rétorqué que le Grand Architecte n’était pas à appréhender en tant que « personne » ni comme un Créateur ex nihilo, mais bien en tant que « Symbole », « puissance », « Présence divine » déshumanisée (il a employé le mot juif kavod), « Gloire ». Je le cite :« La Grand Architecte, on l’approche comme symbole mais on ne le définit pas comme personne. On s’approprie chacun son approche du Grand Architecte. La notion de symbole, on ne peut pas la définir. Le Grand Architecte, c’est un symbole ou une personne. Chaque franc-maçon décide ou non d’adhérer à la Vision anthropique du Grand Architecte » Ça paraît un peu confus, son explication, vue de l’extérieur, mais pourtant, en évoquant un « ressenti du divin », une « reconnaissance de la Présence », Alain Roussel a apporté de l’eau à mon moulin et a mis sans le savoir des mots exacts sur ce que moi j’identifie comme l’Antéchrist. Selon notre « théosophe », l’agnosticisme ou l’athéisme ne suffisent pas et n’ont pas durablement leur place dans la Franc-Maçonnerie : arrive toujours un moment au cours duquel la Franc-maçonnerie se dirigera d’elle-même vers une transcendance (c’est la marche logique de son processus gnostique qui l’exige), vers un esprit sans forme, vers une présence que moi je qualifierais d’« angélique » et « antéchristique ». Un peu plus tard après la conférence, je suis allé enquêter et creuser davantage auprès d’Alain Roussel pour savoir ce que ce vieux sage écossais imaginait sous le vocable de présence. Il m’a répondu ceci, avec une grande douceur et attention paternelles, avec un flegme britannique protestant : « La Présence, c’est de l’ordre du ressenti. Je ne cherche pas à lui donner une définition. » Comme il me voyait insatisfait et curieux, il a fini par cracher le morceau en associant ce qu’il appelle « Présence » au mot « égrégore » : « L’égrégore, a-t-il rajouté, c’est ressentir une entité qui dépasse la somme des individualités d’un groupe. Je ne ressens pas le besoin de définir cet égrégore. » À mon sens, l’égrégore est une émanation énergétique d’un groupe spirituel rejetant Jésus et qui veut faire de son humanisme le remplaçant de Dieu. Quand je me suis permis de reformuler sa notion de « Présence » comme une « personne-processus », Roussel a acquiescé d’un air coquin et entendu : « On peut dire ça comme ça. »

Les affiches de la « honte » : l’homophobie des catholiques contre l’homophobie des gays friendly

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Je n’avais pas pris la parole sur la récente polémique des affiches de prévention Sida/VIH, parce que je n’y voyais pas clair. À présent, je me permets juste de relever la bassesse des débats, chacun des deux camps (progressistes ou traditionnalistes) jouant le même jeu de l’indignation et de la censure/promotion de l’homosexualité/homophobie. Et ce sont toujours les mêmes qu’on n’écoute pas : nous, les personnes homosexuelles.
 

Je suis surtout navré de l’homophobie dans mon propre camp… car eux, les catholiques, ont les moyens intellectuels, de cœur, humains, et spirituels, pour nous sortir du pétrin et nous aider à comprendre l’homosexualité. Mais par orgueil, carriérisme et cupidité, ils cherchent encore à se placer, et étouffent la Vérité.
 

Je suis stupéfait de voir, en les entendant, leur complaisance au sujet de l’homosexualité active et discrète. À les entendre, si on avait montré un couple homo fidèle sur une affiche, ils n’auraient rien trouvé à redire (ça a déjà été le cas à Montpellier pour des affiches de Nouvel An en 2014, même s’il s’agissait d’une initiative isolée, locale, et non nationale). Ils n’assument pas de se positionner sur « l’amour » homo. Ils font de l’homosexualité un non-sujet (« L’infidélité, l’adultère, la différence d’âges, l’impudeur, c’est ça le vrai problème de ces affiches, disent-ils : pas le fait que ce soit deux hommes ») ou une abstraction idéologique lobbyisée (« Le fait de confondre prévention contre le Sida et promotion idéologique LGBT, c’est une instrumentalisation homophobe des personnes homosexuelles »).
 

Autrement dit, les catholiques coupent artificiellement le « milieu homosexuel » en deux : les couples homos publics, instrumentalisés par les médias et la politique, et puis les couples homos discrets, dont il ne faudrait rien dire, et que finalement ils promeuvent (« On met sur le même plan une relation d’amour stable et un ‘coup d’un soir’ ou une relation avec un inconnu… » déclare le maire de Joinville-le-Pont, Olivier Dosne). Ils n’assument pas ce que dit leur Église sur l’homosexualité.
 

L'agenda (avec plein de petits coeurs arc-en-ciel) de la collégienne

L’agenda (avec plein de petits coeurs arc-en-ciel partout) de la collégienne


 

C’est inconsciemment cette couardise, ainsi que cette schizophrénie hypocrite, que les Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem et la plupart des personnes homosexuelles – qui attendent une parole de Vérité sur ce qu’elles vivent, même si une part d’elles la redoutent fortement – dénoncent. Et à raison. Dans les débats, on fait intervenir des Tugdual Derville (qui versent dans l’abstraction manichéenne, en dénonçant une propagande avec un sombre « message politico-idéologique », en faisant de l’homophobie un non-sujet, en réduisant spectaculairement l’homophobie à une insulte et en court-circuitant la richesse de son étude : « L’accusation d’homophobie est immédiatement brandie pour étouffer tout débat sur cette campagne et annihiler la liberté de conscience et d’expression » : il n’a rien compris), des François-Xavier Bellamy (qui déplacent lâchement le problème de l’homosexualité sur celui de l’infidélité ou de la protection de l’enfance : « L’État n’est pas dans son rôle quand il promeut la fragilisation des liens affectifs en valorisant une sexualité sans lendemain» : lui non plus n’a rien compris), et tout un tas d’autres interlocuteurs qui ne sont pas légitimes sur ces questions d’homosexualité. Les catholiques ne laissent toujours pas la place aux personnes homosexuelles catholiques, et c’est attristant. Leur homophobie fragilise à nouveau l’Église.
 

Affiche à Montpellier en 2014

Affiche à Montpellier en 2014


 

S’il est vrai, comme le dit François-Xavier Bellamy, qu’il y a une homophobie d’État subtilement/perversement cachée par une gay friendly attitude « préventive » et « sentimentale », il n’en reste pas moins que son homophobie à lui et à quasiment l’ensemble des catholiques français est elle aussi bien existante, et consiste à étouffer le débat de l’homosexualité et de l’homophobie en prenant médiatiquement la place des personnes homosexuelles, ou en méprisant le mot « homophobie ».
 

Donc entre les deux homophobies – celle des catholiques et celle des gays friendly – (persuadées de ne pas être homophobes), comment on avance ? C’est le dialogue de sourds. Moi, j’ai honte de l’apostasie invisible qui gagne l’Église Catholique en France en ce moment. Quelques journalistes dits « catholiques » se réjouissent déjà du retrait des affiches dans certaines villes, comme s’il s’agissait d’une victoire, alors que tout le monde sait pertinemment que rien ne sert d’arracher la mauvaise herbe si on ne s’occupe pas de la cellule souche (à savoir l’imprégnation de la croyance sociale – surtout chez les jeunes – de « l’amour homo », et l’ignorance bien-intentionnée des gens par rapport à l’homosexualité). Elle repoussera ailleurs.
 

Le Cardinal André Vingt-Trois, sur Twitter, le 25 novembre 2016

Le Cardinal André Vingt-Trois, sur Twitter, le 25 novembre 2016, à qui j’ai répondu : « Faites votre travail et nommez le vrai problème, Monseigneur »