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Décryptage du « Tout Nouveau Testament » de Jaco Van Dormael : Et en plus, ça nous fait la morale !

Nouveau Testament affiche
 

Le problème d’un film comme « Le Tout Nouveau Testament » (2015) de Jaco Van Dormael, pur navet de et pour soixante-huitards attardés, c’est qu’il n’est ni assez qualitatif pour s’en gendarmer (c’est pourtant ce qu’il rêverait de faire : choquer du catho et construire une œuvre blasphématoire hyper dérangeante, iconoclaste, originale et profonde à la fois…), ni assez insignifiant et inoffensif pour mériter notre silence. Alors, bien que le ver bobo (bourgeois-bohème) soit déjà depuis longtemps dans le fruit, et que la dénonciation d’une énième merde cinématographique ne changera apparemment pas la face du monde, si mon insoumission et la lecture de cette critique peuvent déjà faire réfléchir au moins une personne qui tombera sur mon blog et qui n’a pas encore compris le bain bobo dans lequel nos cerveaux sont mondialement ramollis depuis longtemps, ce sera déjà ça de gagné. Allez, on y croix !
 

Jaco Van Dormael, le réalisateur

Jaco Van Dormael, le réalisateur


 

Je ne vais pas m’étendre trop sur le côté énervant de bêtise de ce film rempli de poncifs dégoulinants de bien-pensance et paradoxalement aussi de désespérance. Toujours on y retrouve l’éloge de la désobéissance. Tu n’es vrai que si tu t’opposes, que si tu détruis toutes les règles, et que si tu désobéis. Je pense qu’on a compris le message.
 

Une fois identifié cela, le plus inquiétant reste que « Le Tout Nouveau Testament » récolte étonnamment pas mal de rires (forcés et ricanants) dans les salles de projection où il passe. Soudain, quand tu les entends, tu as l’impression d’être seul au monde, ou d’assister à une profonde amnésie collective. Et les critiques négatives lues çà et là sur internet ou dans les journaux, aussi intuitives soient-elles, sont rarement argumentées. C’est donc pour cette raison que j’ai voulu quand même le décrypter et le passer au tamis de mon futur livre sur les bobos, avec ses 59 codes bobos. Pour qu’au moins les gens qui ne l’aiment sachent un peu mieux exprimer pourquoi ! Jugez par vous-mêmes :
 
 
 
 

Code 1 – Petit-fils de 1968

Dans le film de Dormael, tous les personnages, même celui qui interprète Dieu, ne croient plus en l’Humain, en l’Amour, en la différence des sexes, en leur famille, en eux-mêmes, en Dieu. « Je me déteste ! » avoue Dieu. Ils sont tous porteurs de la même négativité de fond : « On vit dans un monde complètement merdique. » se lamente Willy, le gamin transgenre M to F qui se prend pour une fille.
 

Épris d’une soif de liberté sans limites, et pourtant sans Espérance, ils envoient tout balader, à commencer par leurs racines et leurs parents, puis les représentants du Réel et de l’ordre que sont les pères, les hommes. Dans le film de Dormael, les mâles sont présentés comme des gamins asexués, des assassins, des obsédés, des brutes, des êtres diaboliques, des infidèles. « Le Tout Nouveau Testament » est un film à la gloire du matriarcat. Il veut tuer le père (biologique et spirituel). Un vrai film de soixante-huitards.
 
Nouveau Testament Parricide
 

Code 2 – Je suis original !

L’idéologie bobo érige l’anticonformisme et la désobéissance en valeurs absolues. La Vérité serait dans le « non », dans l’altérité absolue, dans l’orgueil de se croire autre et original. « Le Tout Nouveau Testament » cadre complètement avec celle-ci. Tous les personnages se prennent pour l’Original qu’est Dieu. De plus, même le prénom de la jeune héroïne (Éa… comme tous les prénoms monosyllabiques bobos actuels qui se veulent non-conventionnels – Léo, Ninon, Lilou, Thaïs, etc. – mais qui finissent par être choisis par tout le monde) respire le conformisme du mouton de panurge qui a fait de l’anti-norme la norme mondiale. L’une des actrices-phare du film, Catherine Deneuve, est la quintessence de ce snobisme misanthrope obsédé par ce désir de ne faire absolument pas comme les autres parce qu’on est en réalité complètement mimétique sans s’en rendre compte : « Je ne suis pas conventionnelle. »
 

Code 3 – Haine de la matière et des richesses

Dans le boboïsme, il y a un apparent rejet des richesses matérielles, de la société de consommation, du capitalisme et des moyens de communication (télé, internet). C’est ce qu’on observe chez les héros du « Tout Nouveau Testament ». Par exemple, Martine la bourgeoise tire un trait sur les conventions sociales en vivant avec un gorille ou encore en louant les services d’une racaille escort boy (d’ailleurs, son gorille casse tout dans l’intérieur bourgeois). Jean-Claude, quant à lui, démissionne de son boulot stressant de businessman de bureau. Victor, le SDF-scribe, est présenté comme un sage parce qu’il n’est pas connecté aux nouvelles technologies : « Je sais pas la date de ma mort : j’ai jamais eu de téléphone. » Éa vomit le hamburger qu’elle trouve entier dans une benne à ordures, parce que forcément « McDo c’est dégueulasse » et que la mal-bouffe est composée de « cadavres de baleines » échoués. Et même le personnage de Dieu, joué par Poelvoorde, exprime sa haine contre le monde moderne, les villes et les ordinateurs… alors que c’est quand même lui qui les a créés pour asservir ses créatures et les manipuler à distance.
 
Nouveau Testament haine ordi
 

Code 4 – Le consommateur masqué

Même s’ils se veulent anti-matérialistes et anti-ordinateurs, la vie des personnages du « Tout Nouveau Testament » ne tient qu’à un ordinateur, qu’à une connexion. Ils sont tous suspendus à leur téléphone et programment leur vie en fonction de lui. Le personnage de Marc est totalement soumis au porno, au fric, à la luxure : il consomme du sexe pour le sexe. Martine, quant à elle, a les yeux scotchés devant la télé. Le personnage de Dieu est accro à sa télé et à son ordi. Il communique avec les terriens qu’il a créés par téléphones portables. Les médias sont son interface privilégiée. Et son ordi, tout pourri soit-il, est comme sa propre oxygène. Il supplie sa fille de le lui rendre : « J’t’en supplie ! Redémarre mon ordinateur ! »
 

On observe aussi ce mimétisme consumériste chez le réalisateur, qui régurgite des références ciné (King Kong, Amélie Poulain), journalistiques (images d’archives), musicales (« Il venait d’avoir 18 ans » de Dalida, « La Mer » de Charles Trénet, etc.), à qui mieux mieux.
 

Code 5 – La solidarité d’apparat

Nouveau Testament racisme

Le bobo a coutume de se faire passer pour une Mère Teresa, et au final pour une victime plus à secourir que les pauvres qu’il prétendait initialement aider. C’est exactement ce qui se passe avec le Dieu du « Tout Nouveau Testament », qui fait la queue dans la file de soupe populaire des migrants dans l’église, et qui double tout le monde en provoquant une émeute. Cette xénophobie inattendue du représentant gauchiste de Touche pas à mon pote ! se voit jusque dans le choix final du réalisateur d’envoyer travailler le personnage de Dieu au goulag infernal que serait l’Ouzbékistan.
 
Nouveau Testament sans-papiers
 

Code 6 – Plus bourgeois que bourgeois : l’élite du bon « mauvais goût »

Le comble, c’est que le bobo, même s’il ne renonce pas à ses privilèges, s’imagine être une exception de bourgeois. Y compris dans le mauvais goût. Il est fort probable en effet que les acteurs et les créateurs du film « Le Tout Nouveau Testament » aient l’impression de ne pas être bourgeois, d’avoir composé une œuvre militante non-conventionnelle et ultra-poétique, de ne pas être vulgaires, d’avoir été (même dans leur incorrection) des pourfendeurs « sans prétention » de l’ordre moral. Écoutez la « rebelle » qui croit avoir cassé son image de bourgeoise : « Je pense que ceux qui ne me connaissent pas très bien me voient comme une femme, blonde, élégante, parisienne… Mais les gens ne me connaissent pas vraiment, et je pense que me voir dans des situations un peu étranges et différentes, ça les choque particulièrement. Tous les gens aiment être surpris dans la vie. Même moi, j’aime beaucoup les surprises. » a déclaré cette bobo presque finie de Catherine Deneuve. S’il vous plaît, on ne rigole pas.
 

Code 7 – Jargon vulgos-pédant

Pour cultiver son côté « outsider décontract », le bobo s’illustre souvent par un mélange langagier des genres qu’il rêve naturel : mi-beauf mi-bourgeois, mi-poétique mi-grossier, mi-châtier mi-charretier. On retrouve cette ambiguïté travaillée par exemple dans la manière qu’adopte Éa, l’héroïne, pour décrire la vie de bureau ennuyeuse de Jean-Claude, l’un de ses prophètes : « Jean-Claude avait une petite vie de merde, avec des horaires de merde. »
 

Code 8 – Parler anglais

Habituellement, quand le bobo s’exprime pour faire snob tout en restant cool et connected people, il case des mots d’anglais et de franglais quand il peut. Dans le film, l’anglais est néanmoins remplacé par l’allemand. Et la Belgique, cadre béni de Dieu apparemment, est l’archétype du pays bobo, dans le sens de « plaque tournante du multiculturalisme international sans saveur », « tout-venant des idéologies libertaires » et « no man’s land religieux » : the place to be du libéralisme libertaire.
 

Code 9 – Optimisme et Espoir

Le leitmotiv du boboïsme, c’est le remplacement de l’Espérance (celle qui croit en la victoire de la Vie sur la mort… mais en regardant la mort en face !) par l’optimisme et l’espoir (une positive attitude scolaire et sans fond, qui nie les limites du Réel et la gravité joyeuse de la Résurrection christique). Malgré sa noirceur, le film « Le Nouveau Testament » entre complètement dans cet optimisme téléphoné qui contrebalance de manière forcée une grande désespérance de fond, dans le seul but de sauver la face et surtout de se dresser en donneur de leçons. Le crédit de la positivité boboïsante repose sur un grand renfort de poncifs poétiques, sur des phrases qui font joli mais qui ne veulent rien dire, sur la profusion de fleurs partout (dans le ciel, dans les habits, dans les mains et les cheveux). L’amour, pour le bobo, ce n’est pas compliqué : c’est les fleurs. Celles-ci remplacent encore le côté cucul et naïf des petits cœurs de la culture kitsch. Dormael a foutu des fleurs partout. Ça fait écolo, en plus.
 
Nouveau Testament fleurs
 

Code 10 – Petit

Chez le bobo, le pastiche d’humilité, qui n’est en fait qu’une arrogance démagogique ou une lâcheté déguisée, se traduit par la passion pour la petitesse et le microscopique (les petites gens, les petits plaisirs de la vie, les détails, etc.). « Ta vie est devenue toute petite. » (Éa par rapport à la vie de Jean-Claude) D’ailleurs, dans le film, beaucoup des personnages ont leur doublure d’eux enfants. Selon le boboïsme, le vrai ne surgirait que de l’anodin, du non-programmé, du sans-prétention, de l’insignifiant. Yolande Moreau, jouant toujours le rôle moralisant de l’imbécile-philosophe dans les films (« Amélie Poulain », « Séraphine », etc.) est abonnée à cette petitesse qui n’a au fond rien à dire. Elle bredouille… et c’est si puissant ! #foutagedegueule
 
Nouveau Testament Gens de peu
 

Code 11 – Je ne souffre pas !

Le boboïsme se caractérise pour une surenchère sensibleriste de l’émotionnel pour masquer tout d’abord un vide abyssal de Sens (le Sens est remplacé par les sens), ensuite une absence d’empathie, et un refus de se reconnaître vulnérable. L’angoissé et le complexé de compétition qu’est le bobo a tellement peur de ne pas gérer son débordement d’émotions – encore faudrait-il qu’il ose se montrer vulnérable – qu’il se jette dans l’émotivité des autres pour ne pas aborder la sienne. On pourrait dire que c’est un businessman des sentiments, mais paradoxalement un sans cœur. « Je prends les larmes des gens. Je ne sais pas pleurer. » avoue Éa en récoltant dans un flacon les larmes de ses prophètes qu’elle écoute froidement. Il ne se laisse pas tant toucher que ça par les autres et par le monde, car il capte l’émotion plus qu’il ne la partage.
 

Code 12 – Globe-trotter

Le bobo se veut électron livre, « universal traveller », Citoyen du monde, grand voyageur capable (de temps en temps) de partir en trek au bout de la planète, sur un coup de tête. On en a un beau spécimen dans le film avec Jean-Claude, l’ex-homme d’affaires, qui plaque tout pour rejoindre le Cercle Polaire seul sur son canoë.
 
Nouveau Testament banquise Jean-Claude
 

Code 13 – Canapé

Dans le film de Dormael, on trouve quelques canapés (le canapé est l’autel sacré du bobo !)… même si c’est plutôt le banc public qui les supplante.
 

Code 14 – Scooter

Dans le film, on a surtout le canoë comme moyen de locomotion roots, ou encore le transport le plus « bio » qui soit : à dos d’homme (Éa sur le dos de Victor le clochard).
 

Code 15 – Mosaïque multiculturelle

Le boboïsme propose souvent une vision de diversité humaine très standardisée, sous forme de « minorités visibles » utilisables politiquement et médiatiquement pour défendre des bonnes intentions (l’égalité, la solidarité, la tolérance, le respect, le handicap, la lutte contre les discriminations, les différences… sauf bien sûr la différence des sexes et la différence Créateur-créatures qu’est l’Église). Le film « Le Tout Nouveau Testament » reproduit tout à fait cette humanité-mosaïque publicitaire United Colour of Bande de Cons, avec les portraits individuels filmés façon selfie, avec la brochette de « tranches de vie » de personnages montrés comme autant d’illustres inconnus extraordinaires auxquels on n’aurait pas prêté attention, avec les foules faites de bric et de broc (mêlant parfois monde réel et monde fictif, à l’instar des pubs de téléphonie mobile) comme c’est le cas avec la foule sur la plage à la fin.
 

Code 16 – Fanfare jazzy

Le bobo aime se croire homme d’un peuple pauvre et créatif, s’imaginer entouré d’une fanfare tzigane ou jazz de la Nouvelle-Orléans, d’une cour des miracles qui fait de la vraie musique artisanale avec pas grand-chose. On retrouve cela à deux reprises dans le « Tout Nouveau Testament », avec d’une part l’adulation de Martine et Victor pour les forains du cirque, d’autre part avec la vidéo amateur du joueur de trombone barbu et à poil (typiquement bobo dans le style).
 
Nouveau Testament Cirque et Victor
 

Code 17 – Le vieux marin breton

Pas de vraie œuvre artistique bobo sans la présence d’un vieux papy, en général barbu, marginal et fantasque, qui sert de Maître à penser et de caution moralisante/amusante au protagoniste. Dans le film de Dormael, c’est bien évidemment le personnage de Victor, le clochard-philosophe, qui joue ce rôle (même si cette œuvre regorge de papys « touchants » : Jean-Claude, Marc, et même l’imbuvable Dieu). Éa, en rencontrant Victor, alors qu’elle décrit l’odeur nauséabonde qui se dégage de lui quand elle est sur son dos, décide d’en faire son père biologico-spirituel de substitution : « Le genre que j’aurais aimé avoir comme père. » Victor, au fur et à mesure de l’intrigue, devient l’Évangéliste qui rédige la Bible retraçant la vie de la Fille de Dieu.
 

Code 18 – Vive le vieux !

Dans le boboïsme, le bourgeois-bohème se rachète une virginité en cultivant dans son style de vie le désuet, le rétro-kitsch, le style « vieux », en affichant son goût des choses antiques/usées et en les agençant de manière hyper moderne et novatrice. Ce n’est pas de la part du bobo un vrai retour au passé ni une main tendue à ses parents et grands-parents réels : au contraire, c’est un semblant de retour, pour faire dire au passé qui aurait appartenu à ses aïeux ce qui arrange ses propres fantasmes libertaires. Le film de Dormael rentre tout à fait dans ce paradoxe : les parents et les grands-parents de sang sont méprisés, et pourtant, c’est leur univers artistique, matériel, musical, rétro, qui est récupéré, travesti et reconstitué nostalgiquement pour servir de prétexte à mettre des fleurs partout dans le ciel. Sur un air de disque vinyle… Mettez du Dalida et du Charles Trénet dans votre vie… #OMG
 

Code 19 – Chapeau Charlie Winston

Dans la série chapeaux de bobo, vous avez le bob de Jean-Claude ! Et les couvre-chefs de Dormael !
 

Code 20 – Clope

Benoît Poelvoorde, qui joue (mais est-ce vraiment un rôle de composition ?) son sempiternel numéro de dieu égocentrique, violent, ingérable et invivable, enchaîne les clopes et les binouzes. Mais comme l’acteur est célèbre et qu’il est soi-disant dans l’autoparodie, il est exempté de l’étiquette du beauf ou du bobo. Suprême ruse du boboïsme (ou de la beaufitude : là, on hésite…) que de croire qu’on n’est pas ce qu’on est et qu’on ne fait pas ce qu’on fait sous prétexte qu’on l’est et qu’on le fait « en connaissance de cause », « pour la caméra » et « pour l’intention de le dénoncer » !
 
Nouveau Testament drogues
 

Code 21 – Ville

La ville qui se met au vert est un lieu commun de la bobo attitude. Et c’est exactement ce qui se passe dans « Le Tout Nouveau Testament », quand on voit Adam nu au milieu de Bruxelles, ou encore le ciel urbain se tapisser en jardin de fleurs à la fin du film.
 
Nouveau Testament Ville
 

Code 22 – La Passion pour la Nature, le vent et la mer

Le bourgeois-bohème rêve d’une fusion avec le Ciel, la Nature, le Vent et la Mer, tous ces lieux de l’infini où son existence et sa volonté peuvent s’évaporer, où son narcissisme mélancolico-nostalgique peut s’exprimer, et qui étanchent sa soif d’une authenticité qu’il ne vit plus dans ses rapports humains. Dans le film « Le Tout Nouveau Testament », c’est exactement ça. « On dirait que tout le monde a eu la même idée : aller à la mer pour y mourir. » (Éa) ; « Quitte à mourir dans une semaine, autant mourir à la mer. » (Willy, le gamin transgenre M to F dont les médecins ont diagnostiqué une maladie incurable) ; « Ta musique, c’est ‘la Mer’ de Charles Trénet. » (Éa s’adressant à Willy) ; etc. La déception collective de l’Humain chez les personnages du film se reporte systématiquement sur une idolâtrie mièvre et suicidaire de la Nature. Par exemple, Jean-Claude finit sa vie au souffle du vent, du bruit des feuilles dans les arbres, des rires d’enfants, en contemplant le Ciel, puis en allant ramer dans la mer polaire. Martine (Catherine Deneuve) vit ses derniers instants aux bras d’un gorille (trop décalé et « jubilatoire » d’avoir osé la zoophilie…). Le film s’achève par un pathétique Regarde le ciel : « Je ne peux m’endormir que si je vois le ciel. » déclare Victor, insistant pour coucher à la belle étoile dans le jardin de la maison luxueuse de Martine.
 

Code 23 – « La Nature me domine et prouve ma méchanceté d’être humain. »

Nouveau Testament King Kong
 

Dans la pensée bobo, il y a souvent une inversion réifiante entre humanité et animalité : les animaux sont humanisés en même temps que les humains sont déshumanisés, robotisés et méprisés par cette personnification. Cette inversion s’origine dans une conception conflictuelle (et erronée) entre l’Homme et la Nature, et surtout entre l’Homme et Lui-même. C’est exactement ce qui se passe dans « Le Tout Nouveau Testament ». Par exemple, Éa discute avec un oiseau qui s’adresse au businessman Jean-Claude qui ne le comprend pas. Elle traduit ce que lui raconte l’animal : « L’oiseau dit qu’il se pose la même question pour vous. » Plus tard, Martine, la bourgeoise qui se momifie en femme-objet dans un univers matérialiste étriqué, va vivre un nouvel amour avec un gorille de cirque qui aura des réactions humaines : « C’est la première fois qu’il m’arrive une si belle preuve d’amour. Je suis heureuse. » Selon le bobo misanthrope, les animaux aimeraient tellement mieux et tellement plus fidèlement que les humains ! Quant au personnage de Willy, il a pour conscience ou pour ange-gardien un poisson volant fantôme lumineux qui l’accompagne partout dans ses déplacements.
 
Nouveau Testament nature méchante
 

Mais cette naturomania bobo ne tarde pas à montrer son réel visage. Contre toute attente, « Le Tout Nouveau Testament » non seulement n’énonce aucune règle morale pour le bien de tous, mais traîne en procès toutes les lois physiques naturelles, comme si celles-ci n’étaient que le fruit d’une décision humaine satanique. Il attribue à la Nature une « méchanceté » dès que Celle-ci freine la marche du progrès technologique et les projets des Hommes : par exemple, dans le film, la loi de la gravité (le collier de perles qui se défait, la pluie qui tombe, la tartine de confiture qui se renverse toujours du mauvais côté…) est présentée comme mauvaise et sera abolie par la Déesse Yolande Moreau à la fin. Autre exemple : l’eau du bain de Jean-Claude constitue un obstacle et un imprévu satanique pour répondre immédiatement au téléphone. Dernier exemple : se retrouver sur la file du supermarché qui n’avance pas serait le résultat d’une machination divine et humaine diabolique. Les nouveaux Commandements qu’édicte le « Tout Nouveau Testament » visent finalement à rabaisser l’Homme et la Nature pour laisser place à la « toute-puissance » de la technologie.
 

Je tue des gens, mais c'est pas grave : je suis/c'est écolo...

Je tue des gens, mais c’est pas grave : je suis/c’est écolo…


 

Code 24 – Je ne crois pas en Dieu mais je fais comme si

Le boboïsme tente de copier à l’identique l’Église-Institution catholique, mais en La vidant de sacré, pour se prouver à lui-même qu’il peut faire largement mieux qu’Elle. C’est ce qu’on voit dans le film de Dormael : les vrais cathos sont considérés comme des potes, des gens bien gentils (Éa surnomme son frère Jésus « Jicé »), des doux rêveurs (« Tu planes. » susurre Dieu à l’oreille du père Ludovic, ce jeune clerc pétri de complexes enfouis), des gens faibles qu’il serait facile de dépasser et de renverser. Tous les personnages du « Tout Nouveau Testament » se prennent pour Dieu. Et même s’ils sont ironiquement filmés comme des dieux ordinaires et sans prétention, ils ont quand même au moins la prétention de penser que leur identité cynique d’« anti-prophètes » ou de « dieux ratés » est plus sainte et plus exemplaire que celle des prophètes, des saints et des cathos officiels. « Dieu existe. Il habite à Bruxelles. Il est odieux avec sa femme et sa fille. On a beaucoup parlé de son fils, mais très peu de sa fille. Sa fille, c’est moi. Je m’appelle Éa et j’ai dix ans. » Éa, avec ses 6 prophètes, voudraient réécrire la Bible, faire un meilleur best-seller que son grand frère Jésus, et se venger de Dieu son père.
 
Nouveau Testament Prêtre
 

Et une fois que ces personnages arrogants et planants à la fois se rendent compte que, malgré leurs dires et le second degré, ils pètent quand même plus haut qu’ils n’ont le derrière question religion, ils finissent par nier dans l’expression d’un athéisme convaincu de lui-même leur orgueil de s’être crus « plus croyants dans l’incroyance que les vrais croyants » : « Y’a rien après la mort. » (Éa) ; « Nom de Dieu de merde ! » (Dieu) ; « C’est moi Dieu. C’est moi qui ai inventé tous les malheurs ! » (Dieu)
 
Nouveau Testament Église-maison
 

Code 25 – Nostalgie de la messe du dimanche et de la vie communautaire

Dans le film, Éa et toute son équipe de prophètes se réunit pour aller mourir à la plage et veiller (en même temps qu’écrire leur propre Bible) le futur cadavre de Willy, le gamin transgenre qu’ils vénèrent comme un nouveau dieu innocent et hermaphrodite.
 

Code 26 – Festi-schisme

Les personnages du film créent leurs propres fêtes athées, leurs propres enterrements, leurs propres mariages et accouplements (zoophiles, Gender, fin du monde…).
 

Code 27 – New Age et psychologie

Dans le boboïsme, il y a bien de la place pour une spiritualité, mais celle-ci se cantonne à rester psychologisante et prétentieuse. C’est la soupe capillotractée que nous propose « Le Tout Nouveau Testament », qui se présente sous la forme d’un conte philosophique enfantin « profond », dictée par les questions innocentes de la « psy » en herbes, Éa. Cette dernière questionne le monde (pour tacitement prouver son absurdité), soumet une interview-confidences-intimes à ses 6 prophètes desquels elle fait accoucher la mémoire émotionnelle. Et ça donne un cortège de phrases insipides qui se font passer pour des vérités universelles à la « Forrest Gump » (« La Vie c’est comme une boîte de chocolat : tu ne sais jamais sur quoi tu vas tomber. »). Exemples : « La vie c’est comme une patinoire. Il y a beaucoup de gens qui tombent. » (Aurélie) ; « Comment ils font les poissons pour respirer ? » (Éa) ; « J’ai plein de souvenir, évidemment, de mon enfance. Ce qui est étrange, c’est que dans chacun, il y a un peu de tristesse. » (Marc) ; « Je ne peux m’endormir que si je vois le ciel. » (Victor), etc. Voilà voilà. Démerdez-vous avec ça.
 

Miss Freud Jr, qui te perce jusqu'à l'âme...

Miss Freud Jr, qui te perce jusqu’à l’âme…


 

Code 28 – Ni remords ni péché

Une des caractéristiques du boboïsme, c’est le déni de la culpabilité, le déni de l’existence du bien et du mal, le déni du remord et du regret : faut tout assumer, même si ce « tout » ne doit revêtir aucun caractère moral (le bobo dira « aucun caractère manichéen ») ! Concernant le film de Dormael, il fait table rase de la moralité. La frontière entre le bien et le mal est totalement gommée. Y compris ce qui est censé représenter le bien (= l’héroïne Éa), y compris ce qui devrait être de l’ordre de la réponse de la moralité à l’immoralité – à savoir l’envoi des SMS par Éa pour annoncer aux êtres humains la date de leur mort, et pour punir la brutalité de Dieu son Père – est immoral. En effet, avertir chacun de la date de sa mort, c’est tuer la liberté de tous. L’acte de vengeance de la fille n’est pas plus moral que la condition humaine éprouvante qu’impose Dieu à ses créatures humaines. Le problème, c’est que dans le film, les deux actions sont mises en opposition, comme si la gravité de l’action paternelle innocentait la gravité de l’action de la fille qui lui a succédé. La preuve symbolique la plus parlante de l’absence de morale du film, c’est, à la fin, la suppression de la loi de la gravité : rien n’est grave, tout se vaut, le bien et le mal n’existent pas et ne sont que là où chacun les voit à un moment donné. C’est l’éloge angéliste du chaos.
 
Nouveau Testament Morts
 

Code 29 – L’enterrement bobo

Le bobo a une fascination identificatoire morbide et narcissique pour la mort. C’est le cas, dans le film, avec le personnage de l’Assassin : « François aimait les enterrements. » (la voix-off de Éa)
 

Code 30 – Croisade iconoclaste contre les «clichés»

Comme le boboïsme est une idolâtrie, il cherche à détruire tout ce qu’il vénère, à savoir les objets, les images, les préjugés, les médias, les clichés, et aussi les corps (puisque le corps est également une image). Le film « Le Tout Nouveau Testament » joue à fond sur l’inversion et sur la dénonciation des images, même s’il en est complètement prisonnier : les prophètes sont des anti-prophètes, les gentils sont les méchants, les filles sont des garçons et les garçons sont des filles, les animaux sont des humains et les humains sont des animaux, les pères sont des bébés et leurs enfants les punissent, la femme de Dieu est fan de base-ball (concept hyper queer), etc.
 

Code 31 – Super-Zéro haut perché

Dans le boboïsme, la place des Supers-Héros ratés est omniprésente. On retrouve un parfait écho à cela dans le film de Dormael, avec le personnage de Jean-Claude petit, habillé en Zorro de carnaval raté : « Jean-Claude avait une petite vie de merde. » (la voix-off de Éa) Par ailleurs, ces Supers-Zéros bobos se placent en général en hauteur et philosophent sur les gens qu’ils observent froidement de loin, parfois en se mettant projectivement à leur place, ou en leur prêtant leurs propres pensées existentielles morbides et désabusées : c’est le cas d’Adam et Éve contemplant la ville de Bruxelles, ou encore de Martine observant sa télé d’un œil vitreux. Bienvenue dans le monde de la schizophrénie narcissique !
 
Nouveau Testament feuilletons de début d'aprem
 

Code 32 – La folie pour le blanc (sali)

Le bobo aime bien rejouer la pureté de la vierge ou du prêtre en blanc. Tout ça, bien sûr, dans l’apparat, et sans don de sa personne, sans Croix. Dans « Le Tout Nouveau Testament », par exemple, c’est tout en blanc dans l’intérieur aseptisé et bourgeois de Martine (qui finira par devenir bordélique et sali). Et le lave-linge est le tunnel entre la Maison de Dieu et la Terre. Ça montre bien toute la sécheresse de cœur des bobos qui ne conçoivent le Paradis que comme une blanchisserie sans âme, une usine à gaz…
 
Nouveau Testament blanc
 

Code 33 – Barbu

Le Christ athée des bobos est très souvent un « libre penseur » barbu. On en trouve plein dans le film « Le Tout Nouveau Testament » : Victor, Jean-Claude, et même dans la vraie vie Jaco Van Dormael. C’est le règne des barbus !
 

Code 34 – Silence et Pudeur sacrés

Dans l’idéologie bobo, le silence et la pudeur sont sacralisés à l’extrême. Même quand ceux-ci sont ennemis de la Vérité. Les scènes de silence sont des simulations sensibleristes d’humilité. Celui qui n’a rien à dire, qui balbutie, qui se tait, aurait cent fois plus raison que celui qui ose parler et défendre la Vérité à laquelle il croit. C’est ainsi que, dans le film de Dormael, on nous fait tout un plat sur la profondeur du vide silencieux, on nous montre comment Jean-Claude le businessman reprend goût à la vie en se taisant et en sentant le vent silencieux sur sa peau, on voit des mains s’effleurer (François et Aurélie, Xénia et Marc), on nous présente la vieille femme de ménage limitée intellectuellement et un peu simplette (Yolande Moreau) comme la nouvelle Voix des anges. Sans compter l’emploi réchauffé (et franchement gonflant) de l’acteur Canal + François Damien, abonné au rôle du timide et du maladroit que tout le monde prend pour un benêt parce que ce n’est pas un canon de beauté, mais qui en réalité cacherait un cœur tendre et une intelligence émotionnelle supérieure (#preneznouspourdescons). Pudeur, à force d’être obligatoire, tu en deviens impudique et pleine de vacuité !
 

Code 35 – La voix-off insupportable

Une des techniques les plus employées par la propagande bobo, c’est la voix-off. Cette voix d’outre-tombe ou de l’inconscient, on l’entend partout dans les films et les chansons bobos. Elle est censée philosopher, « penser tout haut », et nous éduquer à la beauté sensorielle et au bien-être (bon, ok, à nous anesthésier le cerveau et le cœur). On en trouve un bel exemple avec la trame narrative du film « Le Tout Nouveau Testament », qui suit les élucubrations orales et pseudo « intellectuelles » d’Éa, la gamine conteuse commentant sa propre vie et celle des autres. Elle nous emmerde prodigieusement avec ses fausses questions existentielles, son lyrisme philosophico-poétique à deux balles, ses incises répétitives ou reformulantes comme dans la série Bref de Canal +. Et le pire, c’est que l’héroïne et surtout le réalisateur y croient et trouvent ça très beau, très pur, très nouveau et puissant, ce verbiage sans direction. Grosse pitié pour eux.
 

Code 36 – Bougies

En général, dans les œuvres bobos, les bougies, les guirlandes colorées, les barrettes d’encens, ne sont pas loin ! Dans le film de Dormael, comme par hasard, on retrouve la salle d’un loft abandonné habité par Éa et Willy ornée de bougies.
 

Code 37 – Le mariage bobo

Rien
 

Code 38 – Le blogueur catho

Dieu, dans le film de Dormael, est bien blogueur !
 

Code 39 – Dandy Queer & Camp

Dans le film « Le Tout Nouveau Testament », Éa joue le rôle de l’enfant « ange noir » gothique, sorte de Petit Prince déchu des temps modernes, spectatrice du monde nihiliste que lui ont laissé les adultes, qui poserait des questions existentielles ultra-profondes avec la fausse candeur de celle qui juge tout en feignant d’interroger sans arrière-pensée : « Et toi, tu sais quand tu vas mourir ? » ; « Que deviennent les adultes ? Que deviennent les enfants ? » ; « Pourquoi est-ce que sur terre tout n’est pas gratuit ? » Le bobo, c’est le précieux qui dit rose pour présenter le noir, et qui dit noir pour présenter le rose.
 

Code 40 – Style littéraire sobre-trash

Le boboïsme, pour se prouver son originalité incorrecte, et en réalité pour exprimer sa fausse liberté, aime mélanger le classique et le baroque, le kitsch et le camp, le politiquement correct et le politiquement incorrect, bref, mélanger les « genres ». Le générique final du film « Le Tout Nouveau Testament », mêlant broderies et rock métal, en constitue une belle illustration. De même, les images de poupées Barbie filmées en stop-motion empruntent à de nombreuses séquences de films bobos queer militants (tendance féministe, performer et LGBT) singeant cyniquement l’artisanal, le sans-concession, l’innocence violée.
 

Code 41 – Pas d’humour

En général, malgré le ton léger et décalé qu’il veut donner à ses œuvres artistiques, le bobo a du mal à être drôle. Car il s’est trop éloigné du Réel pour que son humour noir ne se transforme pas en amertume, en cynisme agressif. Ses créations sont trop noyées dans l’intention idéologique, ou au contraire dans la simulation d’absence d’intentions, pour rejoindre l’humilité de l’humour. C’est ce que j’ai constaté en allant voir « Le tout Nouveau Testament ». Ce film n’est même pas drôle comme l’humour noir, parce qu’il n’y a pas de Vérité, pas de Réalité, pas de respect de l’Humain ni des personnes parodiées. Du coup, l’humour qu’il essaie de déployer s’évanouit en cynisme, en premier degré beauf, en ricanement glauque. On n’a pas envie de décrocher un seul sourire car les thématiques, objectivement graves (par exemple : le mec en voiture qui se mange une autre bagnole parce qu’il reçoit un texto lui annonçant que sa mort est imminente : comment rire de ça ??) sont traitées avec une légèreté qu’elles ne méritent pas. Poelvoorde n’est pas drôle non plus : le spectateur n’apprécie jamais d’être violenté, pas même par une star aux mimiques familières ni « pour de rire ». La promotion de toutes les bassesses humaines (insultes, menaces, addiction à la prostitution et au porno, divorces, adultère, blasphème, meurtres, décès…), c’est notre merde quotidienne : vous croyez franchement que ça fera rire quelqu’un ? que ça ne nous anesthésie pas assez comme ça ?
 

Code 42 – Photolâtrie

Le photographe, c’est le Dieu du bobo. Et la photographie, avec tous les effets spéciaux à la Matrix qui l’accompagnent (timelaps, rayon de soleil, ralenti, etc.), c’est son péché mignon. Le bobo rêve de faire de sa vie un roman-photos seventies ou un clip vintage mythique. Les portraits et interviews selfie (avec leur lumière blanche frigorifique blêmissant les visages) et les effets photographiques au ralenti ne manquent pas dans le film « Le Tout Nouveau Testament ».
 
Nouveau Testament photolâtrie
 

Code 43 – « J’aime / J’aime pas »

L’exposition de ses goûts sous forme de liste, exposition pensée comme une traversée poétique, philosophique et spirituelle ultra-importante à exhiber à tout le monde (alors que les goûts, c’est ce qu’il y a de moins intéressant et de moins universel dans la vie des Hommes, en fait), est un poncif du boboïsme, et l’occasion d’un épanchement nombriliste sur ses petits souvenirs, ses petits rêves, ses petites contrariétés aussi. On retrouve vraiment ce narcissisme nostalgico-plaintif dans le film « Un Tout Nouveau Testament », qui constitue une sorte de « Fabuleux Destin d’Amélie Poulain » inversé, déniaisé, noirci, beaufisé, sans Espérance. « J’ai plein de souvenir, évidemment, de mon enfance. Ce qui est étrange, c’est que dans chacun, il y a un peu de tristesse. » (Marc) Dans la pensée bobo, je dis ce que j’aime et ce que je n’aime pas, ce dont je me souviens… et je trouve ça hyper profond. Sentir, ça équivaudrait à penser. Pire, ça exempterait de penser ! Et vas-y qu’on nous déroule un bal de sensations et d’événements anecdotiques censé ressusciter en nous un heureux ou un mauvais souvenir oublié, censé décrocher en chacun des spectateurs du film un acquiescement ému et complice « Oui, c’est vrai, c’est bien vu, ça m’arrive souvent et je le remarque intérieurement sans jamais oser le partager ! » : les perles qui tombent au ralenti dans les escaliers, ma file de caisse qui n’avance pas dans le supermarché, la tartine de confiture qui tombe toujours du mauvais côté, le téléphone qui sonne toujours quand on est en train de prendre un bain, etc. Sauf que ces commémorations sont archi nulles, ces « vérités » empiriques archi niaises et peu inspirantes, tant qu’elles ne sont pas connectées à Dieu ni à l’Amour-Vérité. Elles se réduisent à des images d’Épinal sans but, sans message.
 
Nouveau Testament société de consommation
 

Code 44 – Promenade chorégraphique

Le bobo a tendance à confondre sa vie avec un chef-d’œuvre customisé de la « Nouvelle Vague » ou un vidéo-clip musical. C’est la raison pour laquelle le film de Dormael s’organise comme un clip musical géant et convivial, où tout le monde est invité à balancer la tête en fredonnant les tubes de la play-list rétro-classico-kitsch concoctée par la Femme de Dieu (Yolande Moreau) et sa fille christique Éa. D’ailleurs, Éa est venue soutirer à ses 6 prophètes bien plus qu’un simple bilan existentiel : elle approche sa tête du cœur de chacun pour lui révéler « la musique ou la chanson intérieure qui habite son âme et qui lui est propre ». C’est y pas mignon ? « J’écoute la musique des gens. Chacun a sa petite musique. » Notre bobo vit sa vie en chanson. Il pense que l’être humain serait à lui seul une partition vivante ou un juke-box, et que nous aurions tous en nous une chanson rétro cachée, un artiste qui sommeille, un cœur d’artichaut ou une âme d’enfant à réveiller. Ridicule.
 

Code 45 – Sifflotements, xylophones, banjo et piano

Tout comme le bobo, pour paraître cool et proche du Peuple, possède dans son entourage urbain son joueur d’orgue de barbarie (« À vot’ bon cœur, m’ssieurs dames ! ») ou son homme-orchestre baba-cool sifflotant et à la voix écorchée, nous, avec « Le Tout Nouveau Testament », on a droit à DJay Yolande Moreau qui nous lance ses vieux vinyles. C’est teeellement typique…
 

Code 46 – Le monde enfantin désenchanté

Nouveau Testament gothique
 

Souvent, le bobo reprend à son compte le monde des enfants ou le monde de son enfance personnelle, pour y faire passer son idéologie asexuée et athée. Le plus terrible, c’est que cet adulte se venge de sa propre immaturité en utilisant son idée déformée de l’enfance pour pasticher le Petit Prince mais dans une version noire et désenchantée. Pour ce faire, il a coutume de traîner en procès les autres adultes, par le biais d’un personnage (mi-actrice mi-voix-off, parlant face caméra façon selfie) qui revient systématiquement dans les œuvres du boboïsme : la figure de l’Effrontée. En général il s’agit d’une adolescente de dix ans, rebelle, gothique et insolente (c’est le cas de Éa dans le « Tout Nouveau Testament »), fusionnelle et en même temps ennemie avec sa maman, et qui tient le rôle du prophète condamnant le monde adulte, détruisant le mariage, la masculinité et la paternité (cf. le film « Rebelle » (2012) de Mark Andrews, le film « Raiponce » (2010) de Byron Howard, le film « Vice-Versa » (2015) de Pete Docter, le film « Le Petit Prince » (2015) de Mark Osborne, etc.). Le nouveau philosophe en jupons conçu par le bobo nous crache à la gueule et prétend nous apprendre la vie, d’un air béat, nostalgico-capricieux, avec la fausse candeur de celui qui juge rien qu’en posant des questions. Ahurissant. Actuellement, plein d’adultes bobos mettent en scène une enfant adultisée arrogante qui tape sur les adultes à leur place. Et le pire, c’est que cet auto-dénigrement irresponsable se fait passer pour de l’humour, de l’humilité, de la morale, de la beauté, de l’innocence humble, du génie. Le film de Dormael a le culot inconscient de s’annoncer comme un conte philosophique ironico-profond, avec, en générique final, des illustrations en broderies des épisodes du film. C’est « presque beau »…
 
Nouveau Testament effrontée
 

Code 47 – Le divertissement jeunesse confié au bobo

Rien
 

Code 48 – « L’Amour n’existe pas. Les amours (éphémères) oui. »

En règle général, le boboïsme massacre la réalité de l’Amour unique et éternel, incarné uniquement dans la différence des sexes et dans la différence Créateur-créatures (à savoir l’Église). Ce manque de foi en l’Amour réel habite tout le film de Dormael : pas une union amoureuse ne s’annonce durable et fidèle ; l’« amour » ne pourrait être qu’intensément multiple et durablement éphémère ! Par exemple, Martine, le personnage incarné par Catherine Deneuve, mouche son mari qui la découvre au lit avec un gorille (comme ça, il n’a plus rien à redire, ce vieux con !) : « J’aimerais que tu t’en ailles et que tu ne reviennes jamais. »
 

Code 49 – « Je suis vivant » ou « J’ai aimé »

Toute l’idéologie bobo repose sur la sensiblerie amoureuse. L’important, dans l’amour, ce ne serait pas d’aimer, de se battre et de s’engager, de se donner entièrement et une bonne fois pour toutes. Non. L’important pour le bobo, c’est de « vibrer », de profiter de l’instant et de l’étreinte présents, de « se sentir vivant et aimé », de ne pas choisir ni espérer trop, de vivre ses « coups de cœur » quand on le sent, et peu importe si ça dure ou pas. Dans « Le Tout Nouveau Testament », on retrouve cela dans toute les intrigues amoureuses : Éa embrasse Willy, Marc retrouve son amour de jeunesse, François vit son coup de cœur et « sans rien attendre en retour », Martine a un flash pour un gorille, etc.
 

Code 50 – « L’amour s’impose à moi. Je le construis par mon ressenti. »

Dans le film de Dormael, l’amour est présenté comme une rupture de l’ordre et des codes traditionnels : il n’aurait pas d’âge (cf. Marc et Xénia, Martine ; du côté des jeunes, Éa et Willy), pas de frontière (cf. Éa et Willy, Éa et Victor), pas de sexe (cf. Willy, François enceint), pas d’autre maître que la subjectivité individuelle (cf. Aurélie et François, Jean-Claude, la femme de Dieu).
 

Code 51 – « J’aime là où je ne désire pas/ne m’engage pas »

Dans le film « Le Tout Nouveau Testament », par exemple, François découvre « l’amour » parce qu’il a tiré au pistolet automatique sur sa future compagne Aurélie sans la tuer, sans la connaître, et en visant cette passante au hasard. Le grand message du film, c’est que l’amour n’est pas volontaire : il ferait partie à la fois du hasard et du destin. Autant dire que ce n’est pas le véritable Amour qui rend libre et qui veut le bien de l’être aimé !
 

Code 52 – «Je t’embrasse… Prends soin de toi…»

Dans le film de Dormael, une grande place est laissée à l’effleurement des mains, à la retenue des gestes amoureux. Même les queutards se rachètent une vertu en jouant les vierges effarouchées ou les grands adolescents allongés transis de peur au lit.
 

Code 53 – «Je ne drague pas. Et c’est pas sexuel.»

Nouveau Testament Marc nudisme
 

Le bobo, en vrai néo-cathare qui se respecte, sépare (ou fait fusionner) complètement l’âme et le corps. C’est pourquoi, par exemple, il encourage la bisexualité, les amours platoniques, la confusion entre amour et amitié, l’adultère, les viols, etc. Ce qui compte à ses yeux, c’est la fidélité à soi et la liberté sans borne ! Puisqu’il diabolise la sexualité – et en particulier les sentiments et la génitalité –, il part du principe (faux) que « l’amour ce serait pas sexuel » ou « ce ne serait pas que du sexe ». On trouve un bel exemple de cette schizophrénie et de cette promotion du libertinage asexué dans le film « Le Tout Nouveau Testament » avec le personnage de Marc. Les nombreuses frasques sexuelles que ce dernier vit avec les prostituées sont totalement banalisées puisqu’il finit par retomber par hasard, pendant une séance de doublage de film porno, sur son amour de jeunesse, Xénia (comme par hasard, le nom de l’icône lesbienne et féministe par excellence !). Et cet amour est montré comme évident et fort juste à cause de son improbabilité, à cause de la référence culturelle (Xénia lit du Marcel Proust dans la cabine d’enregistrement pendant le temps de pause : c’est trop une libertine-philosophe qui a du goût et qui cachait son jeu !!!), du rationnalisme, et de la concordance des goûts et des souvenirs. On est bien là dans une conception désincarnée, égoïste, adulescente et purement rationnaliste du couple et de la sexualité.
 
Nouveau Testament adultère
 

Code 54 – Mademoiselle

Sainte Yolande Moreau, mère des humbles d'esprits, priez pour nous

Sainte Yolande Moreau, mère des humbles d’esprits, priez pour nous


 

La grande prêtresse du bobo, c’est Mademoiselle. Une femme non-mariée, bafouée par les hommes, libre (comprendre « indépendante », « insoumise », « désobéissante »), déjantée voire lunaire, portant une nuisette blanche, une couronne de fleurs autour de la tête et des tenues printanières. Yolande Moreau, ça a toujours été la mascotte des bobos, celle qui ne paye pas de mine, l’imbécile heureuse, le Ravi de la Crèche (… mais qui a quitté depuis bien longtemps la crèche, la différence des sexes, le mariage et l’Église !). Dans le film de Dormael, le personnage Aurélie occupe la deuxième place, avec ses robes fleuries, son bras en plastique, son statut insoupçonné de vierge végétale à la beauté triste et fragile, sa fausse innocence (elle accepte quand même sans trop de résistance de coucher avec un homme marié, François, puis de lui faire un gosse, comme si c’était elle le père…). Et la troisième Reine des bobos, c’est Éa, la femme-enfant, le p’tit mec dans un corps de femme, la Fille de Dieu (rien que ça !), l’allégorie de la Justice impitoyable. Les demoiselles bobos font tout pour ne pas correspondre au cliché archaïque de la vieille fille !
 
Nouveau Testament la folle qui est sage
 

Code 55 – Trio bisexuel (en plein déménagement…)

Dans les œuvres bobos apparaît souvent le triolisme, c’est-à-dire le « poly-amour » ou l’amour à trois, sur fond de colocation ambiguë et de déménagement. On retrouve cela dans « Le Nouveau Testament » avec François qui décampe pour habiter chez Aurélie, ou encore Martine qui héberge chez elle un gorille qui a mis sa maison bourgeoise sans dessus dessous.
 

Code 56 – Le mariage (ou pas)

Le bobo, en général, même s’il revendique d’avoir le « droit de se marier », méprise concrètement le mariage qu’il voit comme un terrible et hypocrite carcan bourgeois dont il faudrait à tout pris se défaire. Émancipation, émancipation ! Et dans le film de Dormael, le grand massacre, après celui de la paternité, c’est bien celui du mariage. Pas un des couples représentés ne tient. Et les autres personnages sont des célibataires endurcis. Il y est fait ouvertement l’éloge de l’adultère. Par exemple, Martine quitte son mari et l’envoie balader pour un gorille. François quitte sa femme et son fils pour partir avec Aurélie… qu’il cueille par une déclaration-fleuve présentée comme humble et pudique : « J’suis marié. J’aime pas ma femme, j’aime pas mon fils. Si vous ne m’aimez pas, j’attendrai la mort en pensant à vous tous les jours. » Jaco Van Dormael ose nous vendre cette adultère sur un joli air de piano à la Yann Thiersen, comme s’il s’agissait de la pureté d’un premier amour authentique. Pas de problème, voyons ! Les réalisateurs bobos sont vraiment des cas cliniques, en fait.
 

Code 57 – Famille, tu me saoules

Dans le boboïsme, la famille de sang traditionnelle en prend bien sûr pour son grade : le bobo ne supporte pas tout ce qui lui est imposé et qu’il n’a pas choisi ! Tout héritage est à ses yeux « liberticide ». On retrouve cette rupture immature et capricieuse avec ses racines dans le film « Le Tout Nouveau Testament » : toutes les familles sans exception sont représentées comme des tablées ennuyeuses, où ça ne communique pas, voire même où ça se gueule dessus sans arrêt. La famille de Éa, l’héroïne, en première ligne. C’est le parricide généralisé : « Les parents, c’est des connards ! » conclut Willy, le gamin transgenre M to F qui se prend pour une fille, et qui ne fait pas de secret de sa jalousie incestuelle inconsciente avec sa propre maman qu’il présente comme la grande Méchante : « Je savais que quelque chose clochait avec ses piqûres. » Toute l’intrigue du film repose sur la vengeance des enfants contre leurs parents. Et après, Jaco Van Dormael et ses suiveurs s’étonnent qu’on trouve son film violent et choquant ?
 
Nouveau Testament famille
 

Code 58 – L’enfant : mon projet et mon pote

Dans l’idéologie bobo, la frontière entre les sexes, entre les générations, est totalement gommée, inversée : « Que deviennent les adultes ? Que deviennent les enfants ? » se questionne à un moment Éa. Finalement, une fois cette frontière dénigrée, la violence de la confusion du rapport enfant/parent arrive bien vite. Le rapport d’inversion des pouvoirs de soumission/domination entre les générations s’applique aussi bien humainement que spirituellement : dans le film, c’est Éa qui tient tête à Dieu son père (« Tu ne me fais pas peur ! »), qui lui donne des ordres, qui peut même faire des choses que lui ne peut pas faire (comme marcher sur l’eau, par exemple). Le père est complètement dévirilisé, à la merci de sa fille qui lui a pris tout ses pouvoirs. La Fille est plus grande que le Père. Ce n’est absolument pas biblique ni respectueux, ces rapports intergénérationnels.
 

Code 59 – Bobo homo

Le coup de grâce de la destruction des limites orchestrée par le bobo, c’est le déni de la différence des sexes… un déni qui se traduit généralement par une promotion molle et indifférente de l’homosexualité, et plus largement d’une asexualité libertine, d’une bisexualité universelle, d’une indifférenciation des sexes et de l’identité (chacun est ce qu’il croit être et aime qui il veut !), d’une confusion/inversion des genres sexués. The Gender is back !. Le film « Le Tout Nouveau Testament » rejoint tout à fait la grande mouvance de la confusion identitaire et amoureuse qu’est l’hétérosexualité (hétérosexualité = toutes les altérités au niveau de la sexualité). La transidentité est portée aux nues par toute la communauté de prophètes de l’héroïne : « Willy, c’était mon miracle à moi. » déclare Éa parlant de Willy, le gamin transgenre M to F qui se prend pour une fille. François finit même par être mis en cloque par sa compagne Aurélie. Le boboïsme/l’hétérosexualité est bien l’autre nom du transhumanisme, autrement appelé le Gender.
 
Nouveau Testament Willy

Isaïe 54

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« Crie de joie, toi la stérile qui n’enfantais pas ! Connais la joie, la fête, toi qui ne mettais pas au monde, vois ces enfants de ta ruine, plus nombreux que ceux d’une mère installée – dit Yahvé. Élargis l’espace de ta tente, déroule tes toiles, allonge les cordages, renforce les piquets, car tu vas déborder à droite et à gauche ; ta descendance va dépouiller des nations et repeupler des villes désertes. » (Isaïe 54, 1-2)

« Le Petit Prince » transformé en bouillie bobo par les enfants du divorce

 

On se réveille !

 
Petit Prince Bovarysme
 
 
 

Tout film – si ce n’est pas en lui-même ça le devient au moins par l’interprétation qui peut en être faite – est un trésor !
 

Avec mon grand frère dominicain et mon papa, je suis allé voir avant-hier soir (jeudi 30 juillet 2015) au cinéma à Cholet le film d’animation « Le Petit Prince » de Mark Osborne. J’ai hésité entre « Les Minions » (la seule expression artistique par onomatopées que notre monde de plus en plus inculte, tolère, comprend et utilise pour développer une pensée et rire de lui-même… : misère) et l’adaptation de Saint-Exupéry, car pour la seconde j’avais peur de réentendre un texte que je connais par cœur, et donc de ne rien apprendre de nouveau sur notre époque. Finalement, sur l’avis d’un ami journaliste (bobo) qui a aimé l’adaptation du Petit Prince, j’ai quand même risqué la redite. Mon frère et mon père étaient d’accord. Et je n’ai absolument pas regretté le déplacement ! Non seulement je n’ai pas perdu mon temps en allant voir « Le Petit Prince » (ce qui ne m’a pas empêché de trouver le film mauvais), mais j’ai retrouvé d’une manière troublante quasiment tous les codes de mon prochain livre sur les bobos (livre qu’une certaine maison d’édition catho a refusé… alors qu’il y a quasiment toutes les clés de lecture de notre monde actuel) !

 

Pendant la projection, je prenais continuellement des notes sur mon téléphone portable tout en essayant de suivre l’intrigue, ce qui agaçait suprêmement mon grand frère, et interrogeait mon père qui se demandait ce que je pouvais bien fabriquer au lieu de savourer innocemment les images, « comme tout le monde ». À un moment donné, entendant trop de clins d’œil inconscients à mon futur livre, je me disais en moi-même, avant la fin du film, que le pompon serait la promotion, par l’un des personnages, de l’ESPOIR (en effet, dans l’idéologie bourgeoise-bohème, la positivité passe par l’éloge de l’espoir et de l’optimisme… à défaut de l’Espérance…). Et ça n’a pas loupé ! Le Petit Prince adulte du « Petit Prince » d’Osborne nous déclare en conclusion de l’intrigue que ce qui compte le plus pour lui, c’est l’« Espoir ». Je suis ressorti du cinéma excité intérieurement comme une puce, comme après une grande confirmation, avec une immense envie de coucher sur le papier tout ce qu’à l’évidence je ne pouvais pas partager avec mon père et mon grand frère qui disaient (alors que ce ne sont pourtant pas les derniers des cons) qu’ils ont trouvé ce film super voire magnifique. Comme ils ont assez vite joué de méfiance face à mon silence suspect (moi, quand je ne parle pas après un film, c’est mauvais signe !), j’ai bien été obligé assez vite de cracher le morceau, de refroidir leur enthousiasme en leur avouant pourquoi je n’avais pas aimé, en veillant malgré tout à ne pas les vexer, ni les traîner à mon insu en péché de naïveté, d’aveuglement ou de bêtise, et à ne pas passer pour le visionnaire qui se la pète d’avoir identifié des évidences que personne n’aurait été capable de déceler sauf lui. L’entreprise d’explicitation s’avérait de prime abord si périlleuse que, pour amuser mon grand frère et pour parodier ma solitude extrême, je simulais d’être le fuyard fou, en camisole, excité, intimidé d’avoir à parler, courant comme un dératé dans les rues choletaises des Arcades Rougé en hurlant « De toute façon, personne ne me comprend ! C’est horriiiible! Je suis un OVNI !!! », et fatigué d’avance d’avoir à rentrer dans des explications et des illustrations vaines pour justifier ses intuitions confirmées ! Il aura pourtant suffi que je donne l’exemple de l’espoir pour que mes proches parents se dévexent et me prennent un peu au sérieux, en se disant, mi-froissés mi-émerveillés : « Celui-là, il est spécial quand même… Il voit des trucs que personne de normalement constitué n’identifie. Et le pire, c’est qu’il n’a pas tort. Et il fait à son insu injure à notre intelligence à déceler les pièges médiatiques que notre époque nous tend. Allons-nous lui pardonner ? Allez… Oui. »
 

Hier matin, suite à l’expression rapide de mon avis sur « Le Petit Prince », un gars de La Manif Pour Tous – un hystéro de la dénonciation de la GPA et de l’Enfant-Roi – m’a conseillé sur Twitter de « positiver » et de « ne pas tout voir en noir », tout simplement parce que je décryptais la violence et la vacuité de l’optimisme, très bien illustrées par le film d’Osborne : peu, très peu, verront le mal, le mensonge et le simplisme des messages dans cette adaptation ; et celui qui les voit passera aisément pour un rabat-joie « qui a perdu son âme d’enfant ». Ferme ta gueule et ne pense pas ! nous disent les censeurs Bisounours bobos, en citant le Petit Prince en prime : « On ne voit bien qu’avec le cœur : l’essentiel est invisible pour les yeux. » = connards, oui !

 

À l’inverse, une jeune mère de famille, consciente des problématiques que je soulevais (notamment sur le transhumanisme, la propagande LGBT hétérosexuelle, l’homosexualité, le boboïsme, etc.), m’a exprimé un avis auquel je souscris complètement : « Je suis toujours sidérée de voir à quel point les gens, même ‘conscientisés’, sont aveugles sur le sens des films et des dessins animés en général. Et on commence souvent par me prendre pour un OVNI quand j’en parle. Ils sont persuadés que ceux qui réalisent ces films ont pour seul but de les émerveiller… et n’ont aucune autre intention, ni n’ont subi aucune influence idéologique ! Personne ne comprend pourquoi je montre les anciens Star Wars à mes enfants alors que je refuse de leur montrer le Petit Prince ou la Reine des Neiges… Et ensuite, ce sont les mêmes qui sont persuadés que Dora a des vertus éducatives… Parfois, je m’imagine en train de les secouer physiquement et de crier : ‘Hoho ! On se réveille !’. Toute œuvre est EN PREMIER LIEU, le véhicule d’idées ! Punaise, on le sait quand même depuis Voltaire ! » Oui, les films de propagande ont toujours eu pour génie de passer pour innocents, de se draper de leurs intentions (ou de leur soi-disant absence d’intentions), et de faire oublier qu’ils sont précisément des films de propagande.
 
 

L’écho parfait du « Petit Prince » avec mon futur livre sur les bobos

 

Concernant les échos aux 59 codes bobos de mon livre présents dans le film « Le Petit Prince », voici mon relevé rapide :
 

– L’hybridité bobo du film est déjà visible rien que dans forme, c’est-à-dire dans le mélange des techniques d’animation : une qui fait très moderne, l’autre qui fait artisanale, désuète, minimaliste, avec l’emploi du stop-motion, en papier mâché, comme dans les années 1970. À certains moments, la rêverie éthérée du « Petit Prince » d’Osborne cède la place à la noirceur des dessins animés bobos sans Espérance, à la façon de « L’Étrange Noël de Mister Jack » de Tim Burton, dépeignant un monde déshumanisé, monstrueux, dit « réaliste » et over-subversif parce qu’il s’autorise à dénoncer le nihilisme du libéralisme économique contemporain (Cf. Code n°46 – Monde enfantin désenchanté).
 
Petit Prince Stop motion
 

– L’inversion et l’effacement des générations sont récurrents dans l’idéologie bobo (Cf. Code n°58 – L’enfant : mon projet et mon pote). En général, dans les productions bobos, cette inversion va dans les deux sens : de l’adulte vers l’enfant (par démagogie, et surtout par projection incestuelle et pédophile, ce sont les vieux qui jouent et imitent les jeunes générations tel qu’ils imaginent qu’elles seraient) ; et de l’enfant vers l’adulte (c’est la parodie d’enfance des bobos qui transforme les ados en êtres sans sexe et sans âge, qui sortent des phrases qui ne sont pas de leur âge, qui font des « blagues » d’adultes). Le temps est aboli en même temps qu’idéalisé à l’extrême. D’ailleurs, dans « Le Petit Prince », quand on demande à l’héroïne son âge, elle refuse de le donner. Elle s’exprime comme une adulte. Par exemple, elle avance qu’elle « a une intolérance à la mortadelle » pour dire qu’elle n’aime pas un plat : une gamine ne s’exprimerait jamais de cette manière. Elle se voit même proposer le volant de la deux-chevaux par son ami aviateur : « T’as un permis de conduire ? » Et elle est déjà traitée comme une adulte et une working-woman par sa propre mère. Quant au personnage du Petit Prince adulte trentenaire, il est dépeint comme un enfant qui n’a pas grandi. C’est le déni de la différence des générations qui se fait passer pour de la beauté et universalité.
 
Petit Prince Matricide
 

– On retrouve souvent dans les productions bobos la figure de l’adolescente pré-pubère effrontée (une Hérodiade en herbe), couplée à celle de sa mère despotique et incestueuse (Cf. Code n°32 – La folie pour le blanc ; d’ailleurs, dans le film « Le Petit Prince », tout l’univers du bobo est gris et blanc). Comme je le signalais déjà dans d’autres films d’animation (« Raiponce », « Rebelle », « Vice-Versa », etc.), on voit apparaître en ce moment de plus en plus ce que je qualifierais de « films des enfants du divorce qui se vengent – en se mettant de préférence dans la peau d’une gamine rebelle – de la relation fusionnelle et incestuelle avec leur mère célibataire qui les élève seule et qui est présentée comme tyrannique ». Et les bobos prônent, pour contrebalancer ce déséquilibre affectif et éducatif matriarcal, nostalgiquement les désordres exotiques de leurs pères lointains de substitution, en général des amis ou des référents masculins avec qui il n’y aura jamais d’ambiguïté sexuelle (« Là-Haut », « Les Nouveaux Héros », etc.). Se dégage de ces films gynocentrés une misogynie matricide très marquée et un mépris malsain des enfants. Car le mariage n’est toujours pas défendu. La relation d’amour entre les deux parents biologiques reste non-traitée. On sent l’exposition de conflits, des reflux inconscients de manques familiaux. Mais pas de conscientisation ni de résolution des problèmes. La haine des adultes (à quelques exceptions près) est véhiculée. La haine des jeunes aussi. Et plus largement celle des parents, de la famille et du mariage.
 
Petit Prince Matricide 2
 

– La technique de la mise en abyme, illustrant la croyance bobovaryste que la vie ne serait qu’apparence, que la fiction serait plus vraie que la réalité, que l’onirique serait plus concret que l’Humain, est particulièrement présente dans le film « Le Petit Prince » (cf. Code n°44 – Promenade chorégraphique). Ça pue le narcissisme : le réalisateur se filme en train de s’émouvoir (par personnage interposé) d’une œuvre littéraire qu’il a idéalisée et dont il se sert pour pleurer sur lui-même.
 

– Le vieux sage fantasque et incorrect, qui passe pour un fou mais qui dans sa « folie » aurait tout compris (Cf. Code n°17 – Le vieux marin breton), est un leitmotiv des créations bobos. Le vieil aviateur du « Petit Prince », ami de la fillette, rentre tout à fait dans ce cadre.
 
Petit Prince Vive le vieux
 

– L’idéologie bobo remplace souvent l’amour ou la famille par l’amitié. Pour le bobo, l’amitié et le lien sentimental se substituent ou équivaut au lien du sang : l’amitié occupe une place démesurée (Cf. Code n°57 – Famille, tu me saoules ! ; et Code n°55 – Trio bisexuel… en plein déménagement ). Et dans le film « Le Petit Prince », toute la paternité du texte original du Petit Prince est affadie par la relation intergénérationnelle – certes touchante, mais pas de sang – entre l’héroïne et son papy aviateur.
 
Petit Prince Inversion des générations que dans un sen
 

– Dans la pensée bobo, la Nature est personnifiée, et ravit son humanité à l’Homme, confondu avec les machines qu’il a créées (Cf. Code n°23 – « La Nature me domine et prouve ma méchanceté d’être humain. »). On observe ce phénomène dans le film « Le Petit Prince », surtout sur la chanson du générique final : « Parle au ciel et aux étoiles. »
 

– On retrouve dans le boboïsme le mépris de la raison, caricaturée en rationnalisme desséchant, un intellectualisme mortifère (Cf. Code n°7 – Jargon vulgos-pédant ). Dans le film « Le Petit Prince », le monde universitaire est montré comme corrompu et déshumanisé.
 

– Avec l’idéologie bobo, nous sommes face à un matérialisme conservateur masqué, c’est-à-dire à la fois faussement distant des objets (le bobo se la joue détaché du matériel, brocanteur roots), et obsédé par eux (Cf. Code n°3 – Haine de la matière et des richesses ; et Code n°4 – Le consommateur masqué ). On le voit à travers le personnage du vieil aviateur dans « Le Petit Prince », qui avoue à la jeune héroïne : « Je suis comme ça : j’amasse. » Mais également dans la superstition entourant les objets : dans le film, les objets sont considérés vivants (ex : le renard en peluche vit) et collectionnés en tant que témoins réels d’un passé « éternel », à l’instar de la boîte à souvenirs du cycliste d’« Amélie Poulain » : l’avion, la rose, le renard, etc. Les objets s’animent tellement dans l’esprit du bobo qu’une fois confrontés au Réel, ils en deviennent décevants, méchants, monstrueux. Dans « Le Petit Prince », les machines sont des ogres métalliques, avec une gueule mécanique qui engloutit l’Homme qui les manipule.
 

– Le bobo a une relation ambivalente avec l’urbanité : à la fois il ne veut pas se détacher de la ville – en particulier du charme désuet et exotique de la ville européenne mythique – et en même temps il prétend vouloir s’en extraire pour fuir son artificialité (Cf. Code n°21 – Ville… européenne ). On retrouve ce double mouvement idolâtre d’attraction-répulsion par rapport à la ville dans le film « Le Petit Prince », avec l’image d’Épinal du Paris de la Belle Époque, mais également la diabolisation de l’urbanité, montrée comme un enfer carcéral impersonnel.
 

– Les roof-tops (buildings surplombant la ville) sont des incontournables de l’iconographie bobo (Cf. Code n°31 – Super-Zéro haut perché). Dans le film « Le Petit Prince », la conclusion « Regarde le Ciel » et le monde vu de haut, surtout par avion, ne dérogent pas à la règle.
 
Petit Prince Regarde le Ciel
 

– Dans le boboïsme, c’est souvent l’éloge de la Nature… y compris de la nature insulaire en ville (cf. Code n°22 – La Passion pour la Nature, le vent et la mer). Dans « Le Petit Prince », la maison de l’aviateur joue ce rôle du havre de paix printanier au milieu de la forêt de béton.
 

– Le bobo se met souvent aux médecines douces et aux séances de sport/yoga (cf. Code n°27 – New Age et psychologie). C’est ce que fait la fillette du « Petit Prince ».
 

– Dans l’idéologique bobo, la souffrance, le péché et la mort n’ont pas leur place (cf. Code n°11 – Je ne souffre pas !). C’est ce qui se passe dans l’adaptation cinématographique du Petit Prince. La mort et la souffrance, même si elles sont esquissées (l’héroïne se coupant le doigt, le vieil aviateur séjournant à l’hôpital et au seuil de la mort), ne sont jamais expliquées ni justifiées autrement que par un stoïcisme résigné (« C’est comme ça. Il faut consentir. »). Et la mort du Petit Prince par le serpent est interprétée comme la mort symbolique de l’enfance en lui… alors que dans la version originale du Petit Prince, sa mort n’est pas que symbolique : elle est aussi physique.
 

– L’éloge de la petitesse est un cliché récurrent du boboïsme (cf. Code n°10 – Petit ). On le retrouve dans « Le Petit Prince », avec le titre bien sûr, mais aussi la passion pour les petits objets miniatures, pour les choses vues d’avion, mais aussi le goût du microcosmique… allongé dans le jardin de papy.
 
Petit Prince Le vert chanté par le virtuel Écologie
 

– Dans l’iconographie bobo, le canapé (en général usé et qui a vécu) tient lieu d’autel sacré que l’on retrouve partout (Cf. Code n°13 – Canapé). On retrouve les vieux canapés et vieux fauteuils chez l’aviateur du film « Le Petit Prince. »
 

– Comme je le signalais en début d’article, toute l’idéologie bobo se fonde sur la croyance en l’espoir… au détriment de l’Espérance (Cf. Code n°9 – Optimisme et Espoir). Celle-ci est exprimée à la fin du film « Le Petit Prince », d’une manière déterminée (et avec les violons !), par le personnage du Petit Prince devenu adulte : « Je ne suis pas désespéré. Je suis plein d’espoir. Ça, oui ! Plein d’espoir. »
 

– L’esthétique bobo idéalise la figure littéraire de l’électron libre, de l’éternel voyageur, du fugueur errant (Cf. Code n°12 – Globe-trotter), en l’occurrence dans le film « Le Petit Prince » de l’aviateur sans attache. « L’aviateur a besoin de toi. » répète-t-on à l’héroïne.
 

– L’idéologie bourgeoise-bohème voit l’Humanité sous forme de grand patchwork compartimenté en personnages-clichés, en token comme on dit aux States (Cf. Code n°15 – Mosaïque multiculturelle). Tous les personnages du conte de Saint-Exupéry, repris dans le film « Le Petit Prince », font l’objet de ce saucissonnage et de cette redistribution mondialisée, apparaissent comme autant de « facettes d’humanité ». Ils perdent toute la tendresse et la drôlerie du texte original.
 

– Dans la fantasmagorie bobo, les vieilles chansons jazzy et les violons tsiganes occupent une grande place (Cf. Code n°16 – Fanfare jazzy ). On les retrouve dans « Le Petit Prince ».
 

– L’idéologie bobo porte aux nues les goûts et les sensations individuelles (cf. Code n°49 – « Je suis vivant » ou « J’ai aimé » ; et le Code n°43 – « J’aime / J’aime pas »). C’est ce qui se passe dans le film « Le Petit Prince », notamment lorsque le Petit Prince adulte recouvre la mémoire, ou que la petite fille (double du réalisateur) s’émeut devant tous les petits détails, petits objets, petits gestes, petits personnages en plastique qui ont habité son enfance et qui sont reliés à l’œuvre du Petit Prince.
 

– Dans la pensée bobo, c’est l’éloge du style « vieux » : brocante, culture rétro, vieux vinyles, vieil avion, vieille baraque, esthétique du souvenir, vieille deux-chevaux, etc. (Cf. Code n°18 – Vive le vieux !) Et on le constate dans le film « Le Petit Prince » : la mémoire émotionnelle, sensitive et onirique (les rêves, l’imaginaire, les souvenirs) est mise sur un piédestal. « Grandir, c’est pas tellement ça le problème. Le problème, c’est d’oublier » déclare le sage-aviateur, sorte de Maître Dong de l’hédonisme nostalgique. Et à la fin du film, la promesse de la gamine au Petit Prince adulte se veut un vibrant serment d’amour : « Je n’oublierai jamais rien. »… Promesse humainement fausse et intenable. C’est comme assurer « J’aurai toujours des sentiments pour toi ». On oubliera toujours quelque chose. Et nos sentiments ne seront jamais les mêmes à l’égard de la personne aimée. À l’instar du film d’animation « Vice-Versa » des studios Pixar, le thème de l’usine à neurones ou du réservoir à rêves (rêves matérialisés par les étoiles ou les boules de bowling) est très présent dans « Le Petit Prince », et plus généralement dans les dessins animés actuels gangrénés par l’idéologie transhumaniste. La Mémoire est prise pour une énergie qui va remplir le cortex cérébral (individuel ou mondial), le faire « travailler », faire que l’Humain-objet se sente « vivant » et puisse « jouir de vivre », « jouir de lui-même ». La mémoire et les souvenirs, en d’autres termes, sont envisagés comme des biens de consommation, comme un archivage et une accumulation quantitative. Ils sont d’ailleurs souvent entreposés dans une chambre énergétique. Ils se réduisent à une batterie d’intensités transportant l’être humain vers le passé. Finalement, le boboïsme met en place une autre forme de capitalisme, cette fois affectif et émotionnel… même si, en intentions, le bobo le veut anti-matérialiste et anti-capitaliste. Bienvenue dans le transhumanisme peint en vert et rose !
 

– Dans la fantasmagorie bobo, on a souvent droit à la ballade chorégraphique urbaine au ralenti (Cf. Code n°44 – Promenade chorégraphique). Dans le film « Le Petit Prince », elle est aussi présente – avec la ballade en dodoche, avec le ralenti et le papillon – même si elle est encore suffisamment parodiée pour échapper à l’habituel pathos mélancolique du bobo.
 

– Le barbu est un leitmotiv de l’iconographie bobo (Cf. Code n°33 – Barbu). Et dans « Le Petit Prince », il est représenté par le vieil aviateur, bien sûr.

 

– Dans le œuvres bobos, la photographie vintage occupe une place prédominante. Le photographe est le dieu des bobos (Cf. Code n°42 – Photolâtrie ). On le retrouve dans le film.
 
Petit Prince Photographe
 

– L’idéologie bobo a coutume d’éjecter la différence des sexes, donc le mariage (Cf. Code n°56 – Le mariage (ou pas) ; et Code n°48 – « L’Amour n’existe pas. Les amours (éphémères) oui. »). C’est ce qui arrive dans le film « Le Petit Prince » (et pas du tout dans la version originale du Petit Prince !) : la rose est morte ; l’héroïne n’est pas entourée de ses deux parents biologiques, divorcés (le père est absent) ; le Petit Prince est un vieux gars célibataire, tout comme le vieil aviateur. La différence des sexes n’est pas honorée. Son absence est certes pleurée, mais non réparée. La différence des sexes est ici hors-sujet.
 

– Dans le boboïsme, ça psychologise à mort, mais pour éloigner du Réel (Cf. Code n°47 – Le divertissement jeunesse confié au bobo ; et Code n°27 – New Age et psychologie). Dans le film « Le Petit Prince », j’ai été frappé par l’irréalité des situations, les caricatures à prétention pourtant réaliste, l’accumulation de poncifs idéologiques creux se servant de l’esthétique de l’enfance pour maquiller leur vanité. Finalement, le bobo donne à bouffer aux enfants de la merde ou de la pensée sucrée. Ce film essaie de faire entrer les enfants dans la nostalgie mais non dans le passé, dans la sentimentalité mais non dans l’Amour incarné, dans l’immortalité mais non dans l’éternité, dans la déprime mais non dans la joie, dans l’hédonisme Carpe Diem et non dans le mystère de la Croix.
 

– Dans la propagande bobo, l’intertextualité (= la citation) d’une œuvre dite « simple et profonde » est omniprésente (Cf. Code n°35 – La voix-off insupportable). Cette récupération des grands classiques de la poésie philosophique mondiale est malhonnête car elle les vide de toute leur essence, de leurs belles contradictions et aspérités. Dans le film « Le Petit Prince », le fil conducteur est bien sûr le conte philosophique de Saint-Exupéry, conte instrumentalisé sous forme de berceuse, avec la voix-off enfantine du Petit Prince, avec des phrases poétiques anesthésiantes entrecoupant l’intrigue principale et bien connues de tous… tout ça pour tenir un discours moraliste appris et insipide. L’adaptation cinématographique prend la forme du pamphlet anti-modernité et pro-naïveté-enfantine, de la leçon de vie par les sens : être soi-même, savoir savourer la vie, Carpe Diem, cultiver les rires d’enfants intergénérationnels, fermer les yeux et se souvenir, etc. Endormir la pensée, surtout !
 

– Dans l’idéologie bobo, s’il y a souvent la promotion d’une spiritualité voire d’une transcendance, elle s’identifie uniquement à la conscience et à la perception de l’individu, et n’est surtout pas ramenée à Jésus et encore moins à l’Église-Institution (Cf. Code n° 24 – Je ne crois pas en Dieu mais je fais comme si ). C’est ce qui se passe dans le film « Le Petit Prince ». On y entend plein de mentions à l’éternité, mais celle-ci n’est pas nommée ni reliée à Jésus et à sa Résurrection. C’est juste un gentil doigt pointant le Ciel, mais n’indiquant que les Étoiles, pas du tout le Christ. C’est le conte philosophique, pas catho et qui se substitue à la Bible. Par exemple, on n’entend dans l’intrigue aucune démarche de pardon après la fugue de la gamine. Exactement comme la résolution de la fugue de la fillette du film « Vice-Versa », où aucun pardon entre parents et enfant n’est formulé.
 

– L’emphase sur le vent et sur les silences est un classique des œuvres artistiques bobos (Cf. Code n°34 – Silence et Pudeur sacrés ; et Code n°22 – La Passion pour la Nature, le vent et la mer ). Et dans « Le Petit Prince », on voit des fleurs (en papier crépon) partout, le soleil, le ciel étoilé, le vent, les petits oiseaux, etc. Et comme par hasard, notre jeune héroïne bobo aspire, pour son travail, à intégrer au début du film l’« Academy Verte » super écolo…
 

La Nature vers Nature et Découvertes

La Nature version Nature et Découvertes


 

– Dans la musique bobo, c’est toujours la même recette : sifflotements, chansons pas assumées comme telles et chantonnées comme si elles étaient spontanées et improvisées, xylophones infantilisants à la « Amélie Poulain », banjo et piano sautillants, musique conceptuelle avec une originalité artisanale (la machine à sous marquant le rythme, par exemple), voix androgynes et fluettes, etc. (Cf. Code n° 45 – Sifflotements, xylophones, banjo et piano ). C’est exactement le cas des chansonnettes du « Petit Prince », qui ne veulent rien dire (à part la décontraction), qui sont chantonnées l’air de rien, par la chanteuse la plus bobo que la France ait connue (Camille… Ne manque plus que Pauline Croze ou Jeanne Cherhal ou Rose ou Lorène Devienne), qui appellent à l’abandon au bien-être… et surtout à l’abandon de la Vérité : « Suis-moi », « E = MC2 », etc.
 

 

 

– Dans l’idéologie bobo, ce qui prime, c’est l’individualisme collectif, c’est le déni de l’individualité à travers paradoxalement la promotion des modèles relationnels fusionnels et l’idolâtrie pour l’originalité (Cf. Code n°2 – Je suis original !). « Et si moi c’était toi ? » fredonne la chanson du générique final. Et le film « Le Petit Prince » se veut un hommage à l’originalité et à l’excentricité EN SOI. Encore une absurdité et un poncif idéologiques.
 

– Le propre de l’idéologie bobo, c’est la fuite du désir, de la volonté. Il faudrait que tout arrive sans qu’on le cherche, sans qu’on s’y attende, sans programme et sans liberté. Cool Attitude. C’est la soi-disant « liberté » de ne pas être libre. C’est la soumission au désir non-orienté et instantané. Il ne faudrait pas rechercher de Sens à l’existence. Le Sens, c’est l’absence de Sens. Le sens, c’est l’instinct, l’émotion, l’envie, l’inconscient, l’imaginaire, les sens, et basta ! (Cf. Code n°51 – « J’aime là où je ne désire pas/ne m’engage pas »). « C’est si bon, sans savoir où on va. » ; « C’est si beau quand on s’perd. » entend-on toujours dans le générique final.
 

– Le boboïsme prône la désobéissance (Cf. Code n°1 – Petit-fils de 1968). Et dans le film « Le Petit Prince », c’est tout à fait ça : l’héroïne en culotte courte brise les interdits, s’échappe chez son voisin atypique, circule en voiture avec lui sans permis, répond à sa mère, fugue, vole un vélo, pilote un avion sans permis, rentre dans les immeubles et les hôpitaux sans autorisation, contourne les agents de l’ordre, etc. Ça, c’est vraiment une « liberté » tout à fait étrangère à l’esprit du véritable Petit Prince. Jamais, dans l’histoire de Saint-Exupéry, le Petit Prince ne désobéit. Pas même à sa rose capricieuse ! Le vrai Petit Prince est un modèle d’obéissance et de service. Quasiment l’inverse de l’héroïne du « Petit Prince » ! Le film d’Osborne, au contraire, encourage à la désobéissance en faisant passer celle-ci pour du respect, du génie et de la liberté ; il oppose de manière manichéenne le désordre à l’ordre (aussi irréels l’un que l’autre !). Contrairement au Petit Prince qui est une ode à la paternité (à toutes les paternités), là, dans le film, la paternité de sang est complètement zappée : l’héroïne ne verra jamais son vrai père. C’est vraiment un film qui ne défend ni le mariage ni les pères, garants du Réel. C’est l’auto-construction – par soi-même, par ses souvenirs et son ressenti – qui prévaudrait !
 
Petit Prince Effrontée
 

– Dans l’idéologie bobo est promu le goût de l’incorrect (Cf. Code n°6 – Plus bourgeois que bourgeois : l’élite du bon « mauvais goût » ; Code n°7 – Jargon vulgos-pédant ; Code n°28 – Ni remords ni péché ). Et dans le film « Le Petit Prince », idem : manger de la mal-bouffe (la gamine et le grand-père s’en vont acheter des pancakes en cachette en ville), fuguer, rouler sans permis, mépriser la morale, les règles, l’ordre, contourner l’institutionnel et l’organisationnel, c’est montré comme le summum du bon goût et de la liberté.
 

– La marotte du boboïsme, c’est la lutte contre les images, les préjugés, les « clichés », c’est le discours iconoclaste de la haine des apparences (comme si elles étaient toutes trompeuses, ce qui est faux) (Cf. Code n°30 – Croisade iconoclaste contre les « clichés »). Dans le film « Le Petit Prince », on tombe sur la même censure et le même mépris (superstitieux et fétichiste) du corps et des images. La belle phrase du Petit Prince « On ne voit bien qu’avec le cœur : l’essentiel est invisible pour le yeux. » est spectaculairement transformée en « Le plus important, c’est ce qui est invisible. ». Et le détournement interprétatif de la maxime exupérienne est encore plus spectaculaire : implicitement, celle-ci est comprise par les bobos comme le mépris de toute image et matérialité et la haine des apparences. Ils n’ont rien capté.
 

– Dans le quotidien du bobo, le thé occupe une grande place (Cf. Code n°20 – Clope ). Le Papy Mougeot du film a bien entendu sa théière !
 

– Le vélo et le scooter sont les moyens de locomotion de prédilection du bobo (Cf. Code n°14 – Scooter ). Ils ont une large place dans le « Petit Prince ».
 
Petit Prince étoiles luminaires
 

– Dans le boboïsme, la bougie et les guirlandes lumineuses sont considérées comme le paroxysme de la beauté sobre et spirituelle (Cf. Code n°36 – Bougies ). Dans les films bobos tels que « Shortbus » de John Cameron Mitchell, ou encore « Raiponce », on s’en rend particulièrement compte : les étoiles deviennent des luminaires réifiés, des lampions de fêtes foraines. Et dans « Le Petit Prince », la guirlande étoilée symbolise les rêves humanistes et les idéaux humains à portée de main. La Voie Royale du décollage bobo vers le « Rêve », c’est le chemin de guirlandes colorées, bien entendu !
 
Petit Prince Guirlande
 

Conclusion : L’Enfant-Roi Jésus remplacé par le mythe capricieux, planant et individualiste de l’Enfant-Roi angélique

 

Conclusion : Dans l’adaptation cinématographique du Petit Prince, la royauté n’est pas assignée à Dieu, ni à un héritage paternel, ni au mariage… mais au dieu « Enfance » ou au dieu « Souvenir ». Et on voit ce que ça donne : un défilé narcissique de jolies pensées nostalgiques. Un monde sans foi au mariage ni en la Résurrection : quelle guimauve plate ! Pauvre Saint-Exupéry. Je crois qu’il doit être dépité de la récupération esthético-senti-menthe-à-l’eau qui est faite du message délivré par son petit blondinet ! Surtout que l’écrivain, lui, croyait en la Transcendance divine. C’est très clair dans Citadelle. Il doit se retourner dans sa tombe d’entendre son chef-d’œuvre littéraire traduit en insipide « Carpe Diem » ou en rouleau-compresseur d’infantilisation planétaire « Adultes et jeunes, redevenons l’enfant que nous avons tous été ». Je pense que Saint-Exupéry n’aurait jamais cautionné le moralisme anti-fasciste bien-pensant de ces faux naïfs qui veulent se racheter une innocence par l’esthétique. Il n’aurait pas eu le snobisme des bobos qui se gargarisent de dépeindre le non-sens « kafkaïen » (adjectif qu’ils adorent) d’un monde moderne courant à sa perte. Le message de Saint-Exupéry, ce n’est absolument pas ça. Il n’a jamais, dans Le Petit Prince, sombré dans la désespérance. Jamais il n’a infantilisé, même quand il a parlé de l’enfance et fait parler l’enfance. Pour lui, notre royauté ne repose pas sur le mythe capricieux de « l’Enfant-Roi » mais uniquement sur notre fraternité avec l’enfant Jésus et sur notre filiation avec Dieu le Père.
 

Le pire, c’est que la trahison cinématographique de Mark Osborne, qui se veut un hommage vibrant et fidèle à l’œuvre originale, ne sera identifiée de quasiment aucun spectateur. Je suis étonné que l’instrumentalisation bobo de l’œuvre de Saint-Exupéry n’ait pas encore été dénoncée, alors qu’elle est pourtant criante. Actuellement, la construction (sincère) de mausolées et de mémoriaux en l’honneur d’auteurs qu’on croit aimer et dont on dénature la pensée ne fait que commencer. L’entreprise bobo de déconstruction de la Vérité et de dénaturation du Réel a de beaux jours devant elle ! Déjà, on érige des temples aux résistants, aux artistes torturés ou soi-disant « naïfs » et « optimistes » (de préférence homosexuels, athées et juifs : Yves Saint-Laurent, Egon Schiele, Gustav Klimt, Allen Ginsberg, Harvey Milk, etc.). J’attends avec impatience l’adaptation musicale du Journal d’Anne Franck par les Fréros Delavega en duo avec Yaël Naïm…
 

Saint-Exupéry (oui, je sais, ce n’est pas officiellement un saint), priez pour nous et ayez pitié de nous. Et les pleurnicheurs bobos, s’il vous plaît, arrêter de rendre hommage. Car vous ne servez pas ceux que vous chérissez.

« La Femme au tableau » (« Woman In Gold ») de Simon Curtis, l’archétype du film fasciste (… qui nous prépare une sacrée Troisième Guerre mondiale !)

Maria affiche
 

Vendredi 24 juillet 2015. Je viens d’aller voir à Cholet avec mon père le film « La Femme au tableau » (« Woman In Gold ») de Simon Curtis, tout juste sorti au cinéma. Un film nord-américain sur le nazisme.
 

Le synopsis : en Californie, une vieille dame juive autrichienne naturalisée américaine, Maria Altmann, héritière des tableaux de famille réalisés par Gustav Klimt qui ont été volés à sa famille juive lors de la guerre 39-45, se bat, aux côtés de Randy un jeune avocat père de famille, pour récupérer ses biens et obtenir gain de cause auprès de la justice autrichienne.
 

La malhonnêteté de ce film m’a tellement sidéré que j’en laisse une petite critique maintenant. Comment les réalisateurs d’aujourd’hui peuvent-ils nous/se tromper à ce point sur la Seconde Guerre mondiale ? Comment notre monde va faire pour ne pas reproduire un nouveau conflit international avec des productions « biographiques » mensongères pareilles ? Je me pose sérieusement la question. On aurait pu croire qu’avec les avancées de la science et des études scientifiques, les êtres humains allaient mieux se regarder en face et retenir les leçons de l’Histoire. Pas du tout. Ils se servent du cinéma pour La travestir et Lui faire dire ce qu’ils veulent.
 

Sans exagérer, « La Femme au tableau » de Simon Curtis nous dresse le portrait des méchants nazis (et de leurs petits-fils autrichiens d’aujourd’hui, tout aussi « nazis » et fermés) vaincus par les gentils Américains. Ça ne va pas chercher plus loin. L’Autriche est présentée comme l’enfer, et les USA le paradis de la justice et de la mémoire. « Les Autrichiens ne lâcheront jamais, et je ne les laisserai pas m’humilier à nouveau. » (Maria, dans un moment de découragement) ; « On n’est pas aux États-Unis, ici… » se plaint Hubertus, l’Autrichien regrettant le système judiciaire à deux vitesses de son pays. Ce film n’a quasiment aucune valeur historique, mais le drame, c’est qu’il en a la prétention et la forme : biopic, légende chronologique attestant en générique final de la véracité des faits relatés, costumes d’époque, reconstitution partant d’une vie fantasmée autour du tableau de Klimt La Femme en or, volonté de rejuger l’Histoire et les crimes impunis, etc.

 

Comble du mensonge : la non-restitution des œuvres d’art volées par les nazis aux Juifs est mise sur le même plan que la Shoah. Et une telle analogie ne semble choquer personne ! alors qu’on ne parle pourtant pas des mêmes réalités (les êtres humains ne sont pas des objets, que je sache, pas même si ces derniers leur ont appartenus et renvoient à leur mémoire). Elle prouve une chose : la folie idolâtre et fétichiste des bobos (bourgeois-bohème), qui réécrivent l’Histoire à leurs étendards (pro-vieux, pro-féministes, pro-esthétique, pro-droits, pro-désobéissance… mais surtout pas pro-hommes, pro-pères, pro-réel, pro-nation, pro-devoirs, pro-ordre, évidemment) et considèrent leurs sentiments comme des lingots d’or, des droits à réclamer et à collectionner, des reliques sacrées. Et le pire, c’est que cette réécriture se veut commémorative, réparatrice et justicière. « Ce que tu fais est juste. » assure Maria, la grand-mère « héroïque », à son jeune ami avocat Randy ; « Les œuvres d’art volées par les nazis sont les deuxièmes prisonniers de la Seconde Guerre mondiale. » déclare, dans un aveu vibrant, Monsieur Loder à Maria. Le spectateur entend fuser les déclarations d’amour passionnées à l’art, comme tout les bobos qui portent aux nues des artistes soi-disant géniaux/sulfureux qui ne sont en réalité que les « épate-petits-bourgeois » de la pensée unique libérale : Salvador Dalí, Klimt – qui serait l’auteur de « la Joconde autrichienne » (il ne manque plus qu’Egon Schiele, Bernard-Marie Koltès, Lorca et Jean-Luc Lagarce pour que le tableau soit complet…). Pendant toute l’intrigue, les héros se battent plus pour des tableaux et l’application à la lettre d’un testament que pour des personnes concrètes ou pour comprendre les faits réels de la Seconde Guerre mondiale. C’est de l’entêtement matérialiste qui se fait passer pour gratuit et désintéressé. On rêve !
 
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Par ailleurs, tout le film suinte le mauvais féminisme, la déférente galanterie asexuée, inter-générationnelle, misandre, « à l’américaine ». Je dis « mauvais », car il existe un bon féminisme, qui défend les femmes sans le faire au détriment de hommes. Mais dans le cas du film de Simon Curtis, le féminisme idolâtre (la femme est mise sur un piédestal, recouverte d’or : cf. le titre « Woman In Gold ») auréole de gloire une femme inflexible, de fer, vieillissante, acariâtre (quoique touchante), capricieuse, matriarche, blessée, totalitaire, conquérante, n’ayant que le mot « égalité des droits » en bouche, demandant à prendre la place des hommes et de la Justice. Ce n’est ni la femme réelle fragile ni la femme souhaitable. Le matriarcat défendu dans « La Femme au tableau » entend faire plier le soi-disant « patriarcat » fasciste (inexistant dans les faits, car sous la véritable Allemagne nazie, le féminisme battait son plein) : « J’ai toujours pensé qu’il fallait plus de femmes juges. » conclut en a parte Maria au tribunal américain, toute contente de gagner son procès et d’avoir rallié la juge-femme à sa cause.

 
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Je n’ai pas honte de le dire. Ce film est une pourriture de bien-pensance nord-américaine, d’antifascisme moralisant qui ment sincèrement et inconsciemment sur la Seconde Guerre mondiale, et qui ne rend même pas justice aux Juifs.

 

Depuis si longtemps on nous ment sur la véritable identité de la Seconde Guerre mondiale, sur la véritable identité des « Alliés ».

 
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Le grand secret caché par tous ces pères-la-morale anti-fascistes actuels, ces chantres du progressisme libéral et « démocratiques », c’est que :
 

1) les « nazis », ce sont eux (d’ailleurs, dans le film, Maria tout comme Randy, avant d’être naturalisés américains, sont d’origine autrichienne). Et historiquement, l’Allemagne et les États-Unis étaient jumeaux en tous points (artistiquement, sexuellement, économiquement, spirituellement) et se disputaient la place de Première Puissance mondiale.
 

2) la Seconde Guerre mondiale est de la faute des Alliés (autant que des Allemands) et a été orchestrée par eux : pendant la Première Guerre mondiale, ils ont humilié l’Allemagne qui n’avait jamais voulu la guerre, alimentant ainsi le sentiment d’injustice et la soif de revanche de la Seconde Guerre mondiale dans l’esprit des Allemands. Et les pays voisins de l’Allemagne (l’Angleterre – dont la flotte se voyait menacée par la flotte allemande –, la France et la Prusse), par peur de voir cette Première Puissance mondiale empiéter sur leurs territoires et les bouffer tout cru, ont pactisé ensemble (et avec les États-Unis) pour le mettre hors d’état de nuire et l’anéantir.
 

3) Les antisémites, ce sont eux. Par la Déclaration de Balfour (1917), les Anglais ont décidé arbitrairement que le centre mondial du judaïsme ne serait pas Berlin mais Israël, pour à nouveau réduire l’influence de l’Allemagne – alors que Berlin était le nombril juif de la Planète – et se mettre en avant. Les Alliés ont donc, à l’instar des Allemands, tout autant délogé les Juifs d’Europe ! L’Angleterre a voulu faire mordre la poussière à l’Allemagne par jalousie et cupidité parce que les Allemands devenaient Première Puissance mondiale. Comme par hasard, dans le film « La Femme au tableau », la vieille Maria, l’Américaine Juive Donneuse de Leçons universelle des bobos, ressemble trait pour trait à la Reine Elisabeth II d’Angleterre ! Ça alors… quelle coïncidence…

 

La Reine Elizabeth II, toute petite, apprenant à faire le salut nazi

La Reine Elizabeth II, toute petite, apprenant à faire le salut nazi


 

Fascinant retournement des brebis « victimes » en agnelles carnivores et louves despotiques ! Pendant combien de temps va-t-on nous mentir sur la Seconde Guerre mondiale ? Quand est-ce que nos biographes vont se décider à faire leur travail et à sortir de leur vision manichéenne « les gentils Alliés » contre « les méchants nazis » qui les déresponsabilise tout en diabolisant les Allemands, les Russes, les Autrichiens, bref, « les Blonds de l’Est » ?

 
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(J'ai eu un mal fou à trouver des images du "méchant" trio d'Autrichiens "nazis". Aucune trace sur le net et dans la liste du casting...)

(J’ai eu un mal fou à trouver des images du « méchant » trio d’Autrichiens « nazis ». Aucune trace sur le net et dans la liste du casting…)


 

La recherche historique (hystérique, je dirais) de la « Récupération » de la Justice ne justifie ni les mensonges vraisemblables ni les représailles vengeresses. Nos moralisateurs nord-américains (pas tous les États-Uniens, heureusement) feignent de pleurer sur eux-mêmes, s’endorment sur un lit de culpabilité mondiale dont le nazisme est la forme historique paroxystique, et surtout qu’ils utilisent comme matraque discursive pour empêcher le Peuple de penser et de se rebeller contre eux. Ce genre de films, par leur manichéisme puant réécrivant l’Histoire en distribuant les bons et les mauvais points, non seulement ne font pas un travail de mémoire, mais reproduisent les conflits mondiaux qu’ils prétendent sincèrement dépeindre et dénoncer. C’est à cause d’eux que notre Humanité se prépare à revivre une autre Guerre mondiale.
 

HOMOPHOBIE, LE TRÉSOR NÉGLIGÉ (Article publié sur le site suisse CLV)

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Ce texte se trouve initialement sur CLV Magazine, et est une commande de Choisir la Vie en Suisse, pays où la loi contre l’homophobie est à l’ordre du jour.

 

Je n’ai jamais vu personne invoquer l’homophobie sans avoir un viol ou une souffrance inconsciente à dévoiler, un cri à pousser. C’est la raison pour laquelle elle ne mérite ni notre dérision ni notre déni. Si nous savions combien le mot « homophobie » est juste, jamais les opposants aux droits pro-gays ne le mépriseraient autant, et jamais les défenseurs gays friendly ne lui donneraient tant d’importance et projetteraient d’en faire une loi spécifique ! En prenant conscience de la réalité à laquelle il se réfère (le rejet de la différence des sexes), nous l’appréhenderions comme une cause universelle qui devrait tous nous mobiliser, comme une occasion unique de rencontrer vraiment les personnes homosexuelles et de les libérer d’une identité et d’une pratique amoureuse qui les déshumanisent, les violentent et ne les satisfont pas.

 

Fait autant preuve d’homophobie celui qui croit que l’homophobie existe en tant que personnes (en niant qu’elle n’est qu’une peur, qu’un désir non-systématiquement acté, et parfois un acte grave qui ne résume personne, pas même l’individu qui le commet ni celui qui en est victime) que celui qui croit qu’elle n’existe pas du tout (au moins en tant que peur ou violence universelle n’appartenant pas spécifiquement aux personnes homosexuelles).

 

La première homophobie, c’est de censurer la réflexion sur l’homophobie et de mépriser le mot « homophobie »… ce qui est malheureusement le cas de la plupart des gens qui l’emploient aujourd’hui. C’est l’aveuglement généralisé sur l’homophobie, ou l’instrumentalisation émotionnelle dont elle fait l’objet, qui rend le terme si impopulaire, aussi bien du côté de ceux qui y croient de manière magique et jugent dangereuse même sa verbalisation (pour eux, le mot « homophobie » est monstrueux, ignoble et diabolique, s’incarne en des personnes – « les homophobes » – qu’il faut éradiquer et qui sont bien entendu « les autres » et jamais eux-mêmes) que du côté des complotistes paranoïaques qui n’y croient pas du tout (selon eux, le mot est une ruse absurde, un instrument malhonnête de la novlangue qui ferait partie de la rhétorique de la pensée politico-médiatique totalitaire actuelle).
 
 

1) Le sens étymologique d’« homophobie » :

Pourtant, si on s’arrête un tant soit peu sur le mot qui soulève tant de passions, on se rend très vite compte qu’il est tout simplement parfait ! Rien qu’en suivant son étymologie, nous pourrions mener à bien le combat universel et juste contre l’homophobie.
 

a) Le terme « homophobie » est l’alliance de deux mots grecs, « homo » qui signifie « même » et « phobie » qui signifie « peur » voire « haine ». Et en effet, l’homophobie, c’est tout à fait ça : la haine de soi ou du semblable, la peur du même. Je ne connais pas d’agresseur des personnes homosexuelles qui ne soit pas homosexuel lui-même. L’homophobie est une tentation universelle qui atteint tout un chacun : quand ça ne va pas, nous pouvons tous être homophobes.
 

b) Avec le temps, le mot « homophobie » est devenu, dans le langage populaire et pénal, la phobie/haine d’une personne homo (donc attaque/viol à l’encontre d’une personne homosexuelle) et la peur de l’homosexualité en général. Ce sens fonctionne aussi et complète le premier.
 

Les deux définitions, toutes différentes qu’elles soient, sont pertinentes et nous les garderons ensemble. Nous allons voir, au point n°3, les formes et modalités concrètes que prennent ces deux acceptions du mot « homophobie », et qui ont été complètement galvaudées, transformées voire niées par notre monde.
 
 

2) Ce que les mass medias et nos contemporains comprennent de l’homophobie :

Le sens réel et étymologique de l’homophobie, qui renvoie les personnes homosexuelles et leur société à leur responsabilité, les journalistes et nos politiques n’en ont que faire. Il est hallucinant de voir le réductionnisme caricatural qu’opèrent les médias sur l’homophobie (y compris les associations qui s’en disent spécialistes !) puisqu’ils court-circuitent toute enquête sérieuse sur l’homosexualité, et interdisent de parler de souffrance et de viol… alors que l’homophobie n’est pas autre chose que le viol ! Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les anti-homophobie actuels sont les pires censeurs de la lutte contre l’homophobie.

 
 

De l’homophobie, nos contemporains s’imaginent deux mensonges :
 

a) Ils croient qu’elle se réduit à tout lien entre homosexualité et violence/souffrance, c’est-à-dire à tout ce qui donne une image négative, malheureuse, péjorative à l’homosexualité, tout ce qui renvoie à la violence concrète de l’homophobie. Autrement dit, ils pensent que l’homophobie, c’est la dénonciation de la réelle homophobie (la dénonciation de la peur de soi et des attaques contre les personnes homos). Inversion et détournement spectaculaire du sens du concept ! Ils font de l’homophobie une affaire de réputation, de paraître, de regards, de rumeurs, de subjectivité, d’intentions, de « clichés », de mal extérieur, et non de réalité, d’humanité, de personnes, de faits concrets, de relations externes et internes aux liens homosexuels. Ils la vident de substance. Ils censurent spectaculairement la violence des actes homophobes (soi-disant parce qu’« elle donnerait une mauvaise image de l’homosexualité »), simplifient leur mécanisme, et couvrent l’identité/le passé des agresseurs et des victimes.
 

b) Ils considèrent (à tort) que l’homophobie est toute résistance à un désir, un droit, une loi, portés par une personne homo ou qu’on fait porter à une personne homo. Or, l’homosexualité n’a jamais été un gage de vérité et d’amour, ni même un ordre. Ce n’est pas parce qu’une personne homosexuelle, seule ou en « couple », exprime un désir ou demande un droit « par amour », que sa législation nationale doit tout lui céder et qu’elle doit se voir offrir toutes les lois qu’elle veut, d’autant plus celles qui ne correspondent pas à sa réalité.

 

c) Comme je l’ai expliqué au départ, conjointement à ces deux croyances erronées dénaturant l’étymologie pourtant extrêmement signifiante du mot « homophobie », on trouve également – parce que ce sont les mêmes personnes, au final – des gens qui pensent que l’homophobie est une simple insulte, un procès infondé, une irréalité, une stratégie de censure, un bout de scotch qu’on met sur la bouche de tout opposant qu’on essaie de faire taire… tout comme l’accusation de « racisme », de « machisme », d’« intégrisme », de « fascisme », d’« antisémitisme », d’« islamophobie », j’en passe et des meilleures.
 

Si vous préférez, c’est un peu l’hystérie des indifférents et des démagos de l’homosexualité. Une certaine homophobie, très courue même chez les catholiques et dans la pensée boboïsante libertaire qui relativise tout et tout le monde au nom de l’amour et d’un universalisme de bon aloi, consiste à nier l’existence du désir homosexuel et de l’hétérosexualité (hétérosexualité en tant qu’idéologie libertine bisexuelle/asexuelle). On entend souvent ce discours relativisant de la part de ceux-là même qui croient en l’équivalence de l’amour dans la différence des sexes et de l’amour n’incluant pas la différence des sexes : « Homo, hétéro, bi, tout ça, ce sont des étiquettes marchandes qui catégorisent les êtres humains de manière caricaturale (… donc la tendance homosexuelle et l’homophobie, selon eux, n’existeraient pas). Seul compte l’Humain, l’amour universel, la dignité humaine, la différence des sexes. Point ! » Ce syllogisme iconoclaste, apparemment ouvert, est pernicieux car dans ce cas là, l’homophobie (qui ne reconnaît pas l’homosexualité ni la réalité des actes homos) s’habille de très belles intentions (parfois même spirituelles) et se veut anti-étiquettes, lutterait contre le réductionnisme d’une certaine conception de l’homophobie, de l’homosexualité, de l’hétérosexualité et plus globalement de la sexualité (résumée actuellement à la génitalité ou à la sentimentalité). Or l’attraction homosexuelle existe. Et les attaques qu’elle génère aussi !

 

Avec ces trois acceptions incorrectes, vous voyez qu’on est encore bien loin d’une réelle compréhension et résolution de ce qu’est l’homophobie !
 
 

3) Ce que l’homophobie est vraiment :

Fort de l’apport de l’étymologie du mot, mais également de mon expérience personnelle et de mes nombreuses études sur les cas d’homophobie (Je vous renvoie au code « Homosexuel homophobe » dans mon Dictionnaire des Codes homosexuels, consultable sur le blog L’Araignée du Désert, ainsi qu’à mon essai L’homophobie en vérité, Éd. Frédéric Aimard, Paris, 2013), c’est-à-dire des attaques opérées sur des personnes homosexuelles au nom de leur homosexualité, je peux vous assurer deux constats (particulièrement en porte-à-faux avec la mentalité générale précédemment décrite) :

 
 

a) L’homophobie est d’une part l’« identité » homosexuelle et d’autre part la pratique homosexuelle :

 

– Le coming out est le premier acte homophobe : la personne homosexuelle qui se réduit à son attirance sexuelle, à ses sentiments ou à ses pulsions, se caricature elle-même, se considère comme un animal, un ange ou un sexe anatomique sur pattes, et s’impose son chantage aux sentiments à elle-même.
 

– Et la pratique homosexuelle (le « couple » homo, si vous voulez) est le second acte homophobe, plus grave encore que le coming out. En effet, tous les actes homophobes connus ont lieu dans des cadres de pratique homo, c’est-à-dire les sphères amoureuses homo-bisexuelles (qui parfois surjouent l’hétérosexualité) ou les sphères prostitutives. Je ne connais pas d’exception. « J’ai travaillé pendant 4 ans avec une ‘bande de loubards’, tels qu’ils se définissaient eux-mêmes, dans le XVIIe arrondissement de Paris. Fréquemment, ils allaient ‘casser du pédé’ au square des Batignolles. En repensant à eux, à leurs discours, aux descriptions qu’ils aimaient faire, s’intégrant à leur mode de provocation par rapport à l’adulte, à l’éduc, je reconnais volontiers ma cécité. La bande : une cinquantaine de jeunes de 14 à 30 ans, bardés de chaînes, de croix gammées pour certains, de blousons de cuir, vivaient une homosexualité latente. […] Sans vouloir en rien énoncer que ces hommes provoquaient le viol parce que homosexuels, le viol d’hommes est peut-être localisé autour des sphères homosexuelles. » (Daniel Welzer-Lang, Le Viol au masculin (1988), pp. 183-184) Et ceci est bien logique : à chaque fois que l’acte homo se pose, le rejet de la différence des sexes se rejoue, et donc le rejet des deux membres du « couple », issus chacun de la différence des sexes. En expulsant, dans sa génitalité, la différence des sexes, la personne homosexuelle rejette son partenaire et se rejette elle-même, à plus ou moins long terme. Et concrètement, en couple homo, l’homophobie se traduit en général par l’ennui, l’incompréhension, le rapport de forces, puis la possession, l’exploitation mutuelle, l’infidélité, le mépris, la violence intraconjugale, parfois même le crime passionnel.
 

b) Au fond, l’acte homophobe est le résultat d’un désir homo refoulé ou excessivement assumé (sous forme d’« identité » ou de pratique homosexuelle, justement) :
 

Il n’est donc pratiqué que par des personnes homosexuelles, avant et surtout après leur coming out, ou bien par des personnes très mal avec la différence des sexes. Par exemple, je ne compte plus le nombre de personnes homosexuelles se disant « hors-milieu », ne supportant pas les hommes trop efféminés ni les femmes trop masculines à leur goût, refusant toute réflexion sur leur homosexualité, maltraitant leurs amis et leurs amants homos, critiquant voire menaçant les uniques personnalités médiatiques qui osent se présenter comme homosexuelles en public (d’ailleurs, ces dernières me rapportent que les seules lettres d’insultes qu’elles reçoivent ne viennent que de leurs pairs homos !). Malheureusement, cette homophobie de l’« identité » et de la pratique homo n’est pas du tout identifiée ni dénoncée socialement. Les rares fois où les gens gays friendly, s’annonçant comme les chantres de la lutte contre l’homophobie et de la défense des « droits des homos », osent reconnaître que l’homophobie puisse venir des personnes homos elles-mêmes, ils la relèguent uniquement du côté du refoulement de l’« identité » et de l’acte homosexuels. Ils n’ont pas totalement tort : nombreux sont les cas d’actes homophobes venus d’un refoulement du désir homosexuel. Dans la réalité, on rencontre beaucoup de personnes homosexuelles qui avouent cet hallucinant paradoxe : « À 16 ans, je cassais du pédé dans les parcs ; à 20 ans, je couchais avec ! » témoigne par exemple Jacques Nolot dans son film « La Chatte à deux têtes ». Mais il ne suffit pas de dire à tous – et même en actes amoureux et sentimentaux – qu’on est « pour » le désir homosexuel pour le reconnaître tel qu’il est, l’accepter, et pour ne pas le refouler. Surtout quand l’alibi majeur de l’homophobie actuel prend la forme du masque rose du coming out, de l’amitié génitalisée, du « mariage » avec paillettes à la mairie et de la paternité adoptive.

 

Je n’ai jamais vu, à ce jour, une personne, bien dans ses baskets et sa sexualité, attaquer une personne homosexuelle ou se sentir mise en danger par elle. L’agresseur homophobe ne s’en prend à une personne homosexuelle que s’il reconnaît en elle sa propre blessure de sexualité, son miroir de désir et d’acte sexuels. Il arrive même que le violeur homo joue les hétéros pour camoufler sa bisexualité latente.
 
 

4) La Loi contre l’homophobie = une loi homophobe

 

C’est la raison pour laquelle les législations nationales qui se basent sur l’orientation sexuelle des personnes (l’Union Civile, le mariage pour tous, la loi contre l’homophobie, les législations sur l’égalité des droits « entre homos et hétéros », etc.) et non plus sur la sexuation et l’humanité des personnes (les Droits de l’Homme), et qui souhaitent justifier socialement la banalité et la beauté de la pseudo « identité homo » et du pseudo « amour (homo) universel » pour en faire les fondements d’une société, sont extrêmement homophobes à leur insu. C’est aussi pourquoi on observe dans tous les pays adoptant une législation contre l’homophobie – sans comprendre ce qu’est la véritable homophobie – et se croyant en voie d’« ouverture » et de « progrès », voient les actes homophobes augmenter sur leur territoire, et cherchent à imputer la responsabilité de leurs propres méfaits homophobes à l’égard des personnes homosexuelles sur les pays orientaux soi-disant « en retard » en matière de « solidarité » et de « droits LGBTQI » (Lesbiens, Gays, Bisexuels, Transsexuels, Queer et Intersexes).
 

Faire une loi sur l’homophobie, c’est toujours faire une loi sur autre chose que l’homophobie : cela revient concrètement à réécrire une loi sur le viol, à rajouter un pansement noir et victimisant sur une plaie ouverte non-identifiée. L’homophobie n’est qu’un procès d’intention, un rajout ou une circonstance aggravante apposée à un crime qui, sans elle, mériterait déjà sanction. À elle seule, elle ne vaut presque rien. Elle est fragile puisqu’elle repose sur la croyance en l’homosexualité. Dans les procès pour homophobie, une présomption d’homophobie ou une intention homophobe doit toujours être soutenue et concrétisée par une agression physique ou une insulte ou un assassinat ou une bagarre ou un vol ou un viol censé(e) l’avoir précédée.
 

Mais le plus malhonnête dans l’histoire de la création d’une loi nationale contre l’homophobie, c’est que ses promoteurs ne s’intéressent même pas à l’homophobie en pratique, et cache leur réelle intention : la justification du supposé « amour » homosexuel en tant qu’amour universel, autrement dit leur idéologie sentimentale asexuée. Je pense notamment aux associations-bidon S.O.S. Homophobie, ou encore Le Refuge, qui alimentent l’homophobie qu’elles prétendent combattre en se faisant de l’argent et une réputation sur le malheur des personnes homosexuelles. Oui. Une loi nationale contre l’homophobie, qui n’identifie pas l’homophobie telle qu’elle est vraiment – à savoir l’« identité » homo et le « couple » homo – non seulement ne luttent pas contre la véritable homophobie, mais construit celle-ci. Il est de notre devoir de la dénoncer, en comprenant que ce refus sera notre plus bel acte de résistance anti-homophobie.
 

El derroche vocacional de la homosexualidad (el testimonio de Esteban, un amigo boliviano seminarista)

Points Coeur
 

Para empezar, os comparto, con su permiso (y cambiando los nombres, el país), tres maravillosos correos electrónicos recibidos hace una semana, por parte de un amigo ex-seminarista, Esteban, treinta años, que lucha por seguir a Cristo. Un olvidado de la llamada eclesial a la santidad, un hombre fuera de la norma, y que no tiene (aún) mi suerte de vivir la alegría inmensa y liberadora de la evangelización a través de la homosexualidad.
 
 

MAIL 1 :
 

Mi querido hermano, espero que me recuerdes!
 

Me gustaría contarte un poco de mi situación, pero en estos momentos no me encuentro en mi computadora y no estoy solo, jejejee para escribirte necesito un buen cigarrillo y un café… solo escribo este mail para no perder tu correo por que mi cel anda fallando…. en verdad necesito contarte muchas cosas como a un hermano…. solo puedo decirte que por la gracia de Dios sigo en pie después de tres meses de haber salido del seminario. jajaja soltero y solo para Jesús.
 

Te escribo luego.

 

Esteban

 
 

MAIL 2 :
 

Querido hermano:
 

Espero no robarte mucho de tu tiempo…
 

Desde hace algunos días he pensado en escribirte, pero sinceramente no se cómo hacerlo. Pero bueno, comenzaré por hablarte un poco de mí…
 

Como ya te había dicho, salí del seminario hace tres meses, los motivos de mi salida ya te los puedes imaginar, jejeje… no no no hice un gran escándalo allí… Mira, desde un inicio yo intenté ser lo mas sincero con mis superiores, es decir, les dije de esta « dificultad », pero mi director espiritual me dijo que no había ningún problema, siempre y cuando yo hablara con la mayor sinceridad posible… y bueno, la verdad es que siempre lo intenté… Durante cinco años las cosas caminaban muy bien, tanto en mis estudios como en la relación con mis compañeros de comunidad, pero el verano pasado la cosa comenzó a cambiar… comencé a tener mucho apego hacia uno de los hermanos y él hacia mí, pero no era nada grave, es decir, él siempre me veía como a un gran amigo, como a un hermano. Su nombre es Ricardo y la verdad es un hombre con un gran corazón que todo lo que quería era hacer la voluntad de Dios en todo momento, me atrevo a decir que era un santo. Para mí era como el hermano que nunca había tenido (yo soy hijo único), él, me enseñó a nadar y a jugar futbol y siempre estaba dispuesto a escucharme cuando yo me encontraba mal. Cuando yo me di cuenta que las cosas ya no iban bien, al menos de mi parte, le dije a mi director espiritual, y él me aconsejó que me alejara pero de manera gradual… yo no obedecí del todo sus consejos y la cosa empeoró por que yo empezaba a salirse de mis manos y ya no podía pasar una hora sin hablar con él, después de estos ataques de necesidad de hablarle, aunque fueran cosas tontas o sin importancia, me venía a la mente unos escrúpulos inmensos de que él ya no me iba a hablar, de que el sospechaba que era gay o que simplemente ya no me iba a hablar, y bueno, lo que hacía para calmar esa ansiedad era ir otra vez a visitarlo a su habitación para preguntarle lo que él pensaba de mí… Ricardo siempre me ayudaba y me decía que yo era como su hermano y que nunca pensaría algo malo, que él sabía que yo era un chico bueno pero sensible, que tuviera paciencia conmigo mismo y que tratara de controlarme, porque a pesar de que con él no había problemas, con los superiores podía haberlos. Yo me calmaba por unos días pero después la necesidad de estar con él era otra vez insoportable, hasta que un buen día me di cuenta que esto me estaba volviendo loco y que no podía seguir así! Una noche antes de la cena yo tuve un ataque de nervios y corrí por toda la casa como loco y llegué hasta la oficina de mi superior (él ya estaba al tanto de mi situación), al inicio parecía confundido, pero lo que hizo fue tranquilizarme y decirme que no me preocupara que me iba a ayudar en todo, que estuviera tranquilo… días después yo le pedí ir a ver a un psicólogo por que no podía dormir por las noches, tenia ataques de ansiedad y perdí el apetito… mi superior me llevó con un psiquiatra para que me diera algún medicamento… fui a terapia como unos dos meses y también estaba en dirección espiritual. Tanto el psiquiatra como mi director me decían que tenía que aceptar mi realidad y caminar con esta cruz.
 

Hago una pausa para contarte como la pasaba yo en esos momentos: tenía una carga moral terrible, a cada momento me preguntaba por qué a mí me había pasado esto?!… era irónico estar en un seminario y ser así como era, me sentía como un hipócrita. Intenté quitarme la vida y me refugié en el alcohol…por supuesto me alejé de la oración y veía como poco a poco mi vida se iba a la basura… si yo salía del seminario, adónde iría?, no iba a ser capaz de estar en el mundo sin caer!
 

El pasado mes de febrero pedí a mis superiores dejar el seminario y pasar algunos meses en la casa de misión que tenían en Bolivia, ellos aceptaron. Durante tres meses estuve en la casa de misión, pero allí el trabajo consiste en vivir en una casa hogar con niños huérfanos, como te imaginaras los padres tomaron las medidas necesarias conmigo, (y aunque me dolió, lo entiendo) no me permitieron estar con los niños, ni ser responsable de ninguna labor en el hogar y el colegio; mi trabajo consistía en limpiar el jardín y la biblioteca de padres. Mi corazón se apagaba poco a poco, la alegría que me caracterizaba se acabó, sólo buscaba estar solo y olvidar de la manera que fuese mi realidad… El padre general me escribió una carta en la que me decía que ya no podían hacer más por mí, que sinceramente él ya había perdido las esperanzas en que yo pudiera salir de mi situación viviendo allí. Yo acepté y reconocí que era lo mejor, YO TENIA MIEDO de lastimar a alguien de nuestros niños, y aunque el corazón se me partía creí que era lo mejor para todos…¡¿como Dios podía elegir a alguien como yo?!, era imposible, yo me había engañado o me había refugiado en el seminario para ocultar mi realidad… auch! jejeje ahora que te escribo no puedo evitar derramar unas lagrimas. Por qué Philippe sufro con algo que yo no he pedido sentir!, por qué tengo que renunciar a mis sueños!… sinceramente me siento como un monstruo. Me he tenido que enfrentar al vértigo de mi futuro, todo lo veo negro, se me han cerrado las puertas en todo lugar. Como te imaginarás, no puedo ingresar a otro seminario con este historial, tampoco puedo casarme por que sería un mentiroso. No he dicho nada a mis padres a cerca de esto, y no estoy preparado para hacerlo, por ahora me he dedicado al deporte, bicicleta, natación… pero la gente pregunta cuándo voy a regresar al seminario, … el tiempo se me está acabando. Además, hace unas semanas he conocido a un chico con el cual me la llevaba bien, pero me doy cuenta que estoy enfermo, soy posesivo con él, me enojo si no me escribe algún mensaje al día y ese tipo de estupideces! Te das cuenta de lo enfermo que estoy?
 

Reconozco que necesito ayuda, pero por desgracia aquí no la hay.
 

Nunca he hablado con chicos con este tipo de situación, siempre me he alejado de los chicos gays.
 

Si tu me conocieras tal vez te darías cuenta por que lo has vivido, pero aquí no se imaginan lo que pasa conmigo. Aparentemente soy un chico normal que tiene amigos, los más mujeriegos por cierto, amigas. Aquí la gente mayor, de cierta manera me estima mucho por lo de el seminario, los jóvenes me admiran y bueno, para mis padres soy su orgullo.
 

Hermano, necesito tu ayuda.
 

Perdonarme si me he explayado mucho pero necesitaba hablar con alguien por que desde que salí del seminario no lo he hecho, agradezco tu tiempo y me encomiendo a tus oraciones.
 

Tu hermano en Cristo: Esteban

 
 

MAIL 3 :
 

Querido hermano; por supuesto que puedes utilizar mi texto, todo sea para mayor gloria de Dios y para que muchos otros jóvenes que se encuentran en una situación parecida puedan encontrar la fuerza para continuar en e seno de la Iglesia.
 

Tengo que contarte que tengo una madre espiritual, ella estuvo 16 años con las Misioneras de la Caridad de Madre Teresa pero por motivos de salud tuvo que salir, ahora vive en mi pueblo y también ella esta trabajando mucho por apoyar a chicos y chicas en esta situación, le comente que por gracia de Dios te he conocido (por que así lo creo) y me ha pedido la posibilidad de tener tu correo.
 

Bueno hermano, yo se que el demonio me cobrará con intereses esto, por que creo que lo que él quiere a como de lugar es que nos apartemos de Dios y nos sintamos rechazados por Dios.
 

Te agradezco mucho, esperemos que todo esto redunde para mayor gloria de Dios y para el bien de tantas almas.
 

Per Regnum Christum ad Gloriam Dei.

 
 
 

A fuerza de ver a hombres y mujeres homosexuales extraordinarios en la Iglesia católica, pero que no encuentran su sitio porque muchos eclesiásticos no se lo ofrecen, o porque ellos mismos necesitan una energía fenomenal para salir del anonimato, me hago la pregunta: « ¿ Cuándo llegará la hora de la PROPUESTA (y no sólo un acompañamiento tímido) ? ». A veces salen del seminario y son soltados en libertad sin camino vocacional real detrás, con el bebé de su vergüenza en brazos, permanecen en la estacada, porque su homosexualidad es tanto sobreestimada como devaluada (¡sin ser reciclada útilmente y santamente !).
 

Si la Iglesia remite a las personas duraderamente homosexuales – que no están bien en el matrimonio hombre-mujer ni en el sacerdocio – al aislamiento del celibato y a la inhibición, sin proporcionarles un camino vocacional concreto, sin oficializar este celibato de manera sacramental, pública y eclesial, Ella las apagará como si fueran velitas moribundas. Y sobre todo, Ella deja pasar la dimensión fuertemente evangélica de la homosexualidad, se priva de la aportación de individuos que constituyen Su piedra angular y Su factor unificador más importante, individuos que aspiran a grande, que tienen un alto potencial para la evangelización, que no sólo tienen que « convivir » con sus tendencias y « gestionarlas » con discreción sino ofrecerlas al mundo, que despliegan una gran cantidad de cualidades una vez que sus impulsos sexuales son canalizados, dados a la Iglesia y vividos en la continencia. Esta es la dimensión misionera, profética y de santidad de la homosexualidad que de momento se ignora y se deja reposar. ¡Qué desperdicio!
 

Para celebrar el inminente fin de los tiempos (cf. el tercer secreto de Fatima), y frente a esta mano de obra desaprovechada (o subempleada) que no se siente llamada a la práctica homo ni que desea adentrarse por la vía muerta de un sacerdocio clásico o de un matrimonio infeliz, debemos pensar rápidamente en la creación de un movimiento tal vez más ambicioso que Courage, una fraternidad que inunde las esferas políticas, eclesiales, mediáticas, artísticas, intelectuales, y sobre todo el ámbito de servicio a los pobres, una fraternidad que tome su bastón de peregrino y lo deje todo para vivir su misión específica. Las persecuciones y la III Guerra Mundial (ya anunciada por Francisco) nos ayudarán a ello. ¡ Estoy ansioso por ver la cara y la fuerza de mis futuros compañeros-mendigos de esta armada crística rosa ! Nuestra salida de la tumba es inminente.
 
 
 

Evangelio según San Mateo, 10

1. Jesús llamó a sus doce discípulos y les dio poder sobre los malos espíritus para expulsarlos y para curar toda clase de enfermedades y dolencias.

2. Estos son los nombres de los doce apóstoles: primero Simón, llamado Pedro, y su hermano Andrés; Santiago, hijo de Zebedeo, y su hermano Juan;

3. Felipe y Bartolomé; Tomás y Mateo, el recaudador de impuestos; Santiago, el hijo de Alfeo, y Tadeo;

4. Simón, el cananeo y Judas Iscariote, el que lo traicionaría.

5. A estos Doce Jesús los envió a misionar, con las instrucciones siguientes: «No vayan a tierras de paganos, ni entren en pueblos de samaritanos.

6. Diríjanse más bien a las ovejas perdidas del pueblo de Israel.

7. A lo largo del camino proclamen: ¡El Reino de los Cielos está ahora cerca!

8. Sanen enfermos, resuciten muertos, limpien leprosos y echen los demonios. Ustedes lo recibieron sin pagar, denlo sin cobrar.

9. No lleven oro, plata o monedas en el cinturón.

10. Nada de provisiones para el viaje, o vestidos de repuesto; no lleven bastón ni sandalias, porque el que trabaja se merece el alimento.

11. En todo pueblo o aldea en que entren, busquen alguna persona que valga, y quédense en su casa hasta que se vayan.

12. Al entrar en la casa, deséenle la paz.

13. Si esta familia la merece, recibirá vuestra paz; y si no la merece, la bendición volverá a ustedes.

14. Y si en algún lugar no los reciben ni escuchan sus palabras, salgan de esa familia o de esa ciudad, sacudiendo el polvo de los pies.

15. Yo les aseguro que esa ciudad, en el día del juicio, será tratada con mayor rigor que Sodoma y Gomorra.

16. Miren que los envío como ovejas en medio de lobos: sean, pues, precavidos como la serpiente, pero sencillos como la paloma.

17. ¡Cuídense de los hombres! A ustedes los arrastrarán ante sus consejos, y los azotarán en sus sinagogas.

18. Ustedes incluso serán llevados ante gobernantes y reyes por causa mía, y tendrán que dar testimonio ante ellos y los pueblos paganos.

19. Cuando sean arrestados, no se preocupen por lo que van a decir, ni cómo han de hablar. Llegado ese momento, se les comunicará lo que tengan que decir.

20. Pues no serán ustedes los que hablarán, sino el Espíritu de su Padre el que hablará en ustedes.

21. Un hermano denunciará a su hermano para que lo maten, y el padre a su hijo, y los hijos se sublevarán contra sus padres y los matarán.

22. Ustedes serán odiados por todos por causa mía, pero el que se mantenga firme hasta el fin, ése se salvará.

23. Cuando los persigan en una ciudad, huyan a otra. En verdad les digo: no terminarán de recorrer todas las ciudades de Israel antes de que venga el Hijo del Hombre.

24. El discípulo no está por encima de su maestro, ni el sirviente por encima de su patrón.

25. Ya es mucho si el discípulo llega a ser como su maestro y el sirviente como su patrón. Si al dueño de casa lo han llamado demonio, ¡qué no dirán de los demás de la familia!

26. Pero no les tengan miedo. Nada hay oculto que no llegue a ser descubierto, ni nada secreto que no llegue a saberse.

27. Lo que yo les digo en la oscuridad, repítanlo ustedes a la luz, y lo que les digo en privado, proclámenlo desde las azoteas.

28. No teman a los que sólo pueden matar el cuerpo, pero no el alma; teman más bien al que puede destruir alma y cuerpo en el infierno.

29. ¿Acaso un par de pajaritos no se venden por unos centavos? Pero ni uno de ellos cae en tierra sin que lo permita vuestro Padre.

30. En cuanto a ustedes, hasta sus cabellos están todos contados.

31. ¿No valen ustedes más que muchos pajaritos? Por lo tanto no tengan miedo.

32. Al que se ponga de mi parte ante los hombres, yo me pondré de su parte ante mi Padre de los Cielos.

33. Y al que me niegue ante los hombres, yo también lo negaré ante mi Padre que está en los Cielos.

34. No piensen que he venido a traer paz a la tierra; no he venido a traer paz, sino espada.

35. Pues he venido a enfrentar al hombre contra su padre, a la hija contra su madre, y a la nuera contra su suegra.

36. Cada cual verá a sus familiares volverse enemigos.

37. El que ama a su padre o a su madre más que a mí, no es digno de mí; y el que ama a su hijo o a su hija más que a mí, no es digno de mí.

38. El que no carga con su cruz y viene detrás de mí, no es digno de mí.

39. El que vive su vida para sí la perderá, y el que sacrifique su vida por mi causa, la hallará.

40. El que los recibe a ustedes, a mí me recibe, y el que me recibe a mí, recibe a Aquel que me ha enviado. El que recibe a un profeta porque es profeta, recibirá recompensa digna de un profeta.

41. El que recibe a un hombre justo por ser justo, recibirá la recompensa que corresponde a un justo.

42. Asimismo, el que dé un vaso de agua fresca a uno de estos pequeños, porque es discípulo, no quedará sin recompensa: soy yo quien se lo digo.»

 
 
 

Para seguir la reflexión : mi libro La Homosexualidad en verdad.

Film « Vice-Versa » : le transhumanisme M&M’s (ne pas avaler)

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Je suis de plus en plus frappé de l’amnésie sociale dans laquelle nous baignons : virtualisation des rapports humains, sentimentalisation des objets que nous consommons pour ne pas reconnaître que nous nous y soumettons, promotion du ressenti au détriment de l’intelligence et de la foi en la Vérité unique, aimante et universelle, rupture avec l’Incarnation divine et humaine, sacralisation de l’être bionique auto-créé, déprime généralisée et isolement misanthrope croissants. Les mensonges matérialistes qu’on nous balance à longueur de films, les paradis artificiels et les stades progressifs de déshumanisation avancée vers lesquels nos mass medias et nos politiques nous orientent, ne suscitent plus l’indignation de grand monde. Pire : ils amusent, émeuvent et divertissent en masse. Celui qui verrait du mal dans les derniers films d’animation Pixar est traîné en procès de pessimisme, de folie et de mauvaise foi. Il devient un ennemi du progrès et de l’optimisme. Il a « perdu son âme d’enfant ». Ben tiens donc ! Et la cible la plus facile pour l’ingestion des doses homéopathiques de la pensée unique libertaire relativiste robotisante, c’est bien sûr nos chères têtes blondes, de plus en plus traitées comme les imbéciles qu’elles ne sont pas. Les objets et l’imaginaire sont nos amis, il faut les aimer aussi (cf. « Monstres & Cie », « Les Nouveaux Héros », « Avatar », « Moi moche et méchant », « Toy Story », « Wall-E », et j’en passe.). Tiens, bouffe tes M&M’s qui s’amusent en toi !
 
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Dans la veine des films d’animation récents qui mine de rien tendent à nous imposer leur vision transhumaniste de l’Homme (pour le coup, un homme augmenté, maître de sa vie et de sa mort, capable de discerner tout seul le bien du mal, un homme à mi-chemin entre le gosse et le super-héros) et à nous faire croire que tout être humain est « un peu, quelque part » un robot capable d’aimer et de s’émouvoir et d’être aimé « comme tout le monde », le film d’animation « Inside Out » (« Vice-Versa », 2015) de Peter Docter pourrait occuper une place de choix. Il est sorti il y a deux semaines sur nos écrans français, et partout dans le monde, façon dégueuli multicolore.
 
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Non seulement il ne fait pas rire (je ne parle pas que pour moi, mais aussi du large public de la grande salle où je l’ai visionné : je crois que bébé commence à en avoir sérieusement ras-le-bol de cet humour pas drôle des adultes qui essaient de projeter sur les enfants fictionnels – et malheureusement sur lui, par voie de conséquence – leurs immaturités adulescentes, leur rejet des hommes, des pères et des ancêtres, leur mépris du monde réel), mais en plus, il diffuse des idées qui sont dangereuses et inquiétantes pour notre planète. L’obscénité n’est pas que pornographique ou verbale : elle peut aussi être matérialiste et techniciste.
 

Colère, Dégoût, Joie, Peur et Tristesse

Colère, Dégoût, Joie, Peur et Tristesse


 

En effet, dans ce film, le message, en gros, c’est que l’être humain est la marionnette de son cerveau, de son centre rationalo-émotionnel, de ses sentiments. Poncif de l’hédonisme bouddhisant consumériste s’il en est. Ce sont cinq émotions – Joie, Tristesse, Colère, Dégoût et Peur – qui, tel un jury de The Voice ou de X-Factor, mènent la barque de l’existence humaine, activent les manettes, jugent du bien et du mal, et interfèrent dans les expériences vécues par la jeune héroïne de 12 ans, Riley, adolescente rebelle vivant mal le déménagement de ses parents à San Francisco (pourtant, c’est la ville gay, je ne comprends pas…). D’ailleurs – et c’est cela qui devrait suffire à nous faire flipper –, dans « Vice-Versa », émotion et action sont constamment confondues, comme si notre perception était le réel, nos désirs et sensations l’exact reflet du monde extérieur, l’onirique et le cérébral plus vrais que la Réalité même. « Les faits et les opinions, je les mélange tout le temps. » remarque le personnage de Big-Bang, amusé. Là, on est en plein règne totalitaire de la subjectivité humaine, en plein individualisme sentimentaliste et matérialiste post-moderne. Bienvenue à L(’)ego-Land !
 

Après s’être attaqué au monde extérieur, c’est l’espace psychique et intérieur que maintenant les films d’animation tentent d’aspirer, de vampiriser, de transformer en immense parc d’attractions ou en ville intergalactique de science-fiction, d’arracher au Réel et à l’Amour. Il est question, dans « Vice-Versa », du « Quartier cérébral ». L’Humain devient un centre névralgique insoupçonné, un amas de cellules intelligentes et vibrantes, une grande organisation hiérarchiquement supérieure à l’Homme lui-même. On reconnaît bien là la prétention de certaines neurosciences à enfanter et commander les Hommes par eux-mêmes. Dans ce film, la responsabilité et la liberté humaines sont presque totalement évacuées, rangées au rayon « accidents » ou « catastrophes » ou « réactions ». Le cerveau humain est figuré comme une immense et complexe tour de contrôle, une industrie, une entreprise dont l’être humain ne serait plus le maître mais un vague employé, une marionnette, sa propre souris de laboratoire, l’objet de traits de caractères en perpétuel conflit entre eux.
 

Qu'est-ce qui sont cons, ces mecs (ces "pères"?), quand même...

Qu’est-ce qui sont cons, ces mecs (ces « pères »?), quand même…


 

Par exemple, les seuls personnages qui agissent vraiment dans « Vice-Versa », ce sont les émotions. Les humains réagissent en fonction d’elles… mais ne sont pas acteurs de leur propre vie. On nous fait croire que la réaction est action, le tout en travestissant les concepts psychanalytiques courants pour nous proposer un mix de psychanalyse pour les nuls. Freud doit se retourner dans sa tombe de voir l’interprétation grotesque (l’excuse de la « parodie » !) qui est faite du Moi, du Surmoi, du subconscient, des rêves, des « déjà-vu », etc., dans « Vice-Versa » ! À aucun moment les souvenirs ne sont liés à l’amour, ni à un don, et encore moins à l’éternité du Christ, cette dernière étant tournée aussi bien vers le passé que vers le présent et le futur. Non. Les souvenirs dans le film sont réduits à des boules de bowling que le cerveau consomme, emmagasine ou jette, selon le degré de plaisir ou d’intérêt individuel qu’elles représentent. Et ce mépris des souvenirs s’accompagne paradoxalement de leur surévaluation : ce sont en effet eux (ou plutôt la nostalgie) qui sont le moteur du présent, de la vie.
 

Tout ce qui, dans le vécu humain, relève un peu plus de la liberté, de la surprise, de l’altérité, de la charité, de l’activité et de la responsabilité, est isolé, figé et suspendu sous forme d’îles d’Épinal abstraites, d’empires fragiles (« l’Île du délire », « l’Île de l’Honnêteté », « l’Île de l’Amitié », « l’Île du hockey », « l’Île de la famille », « l’Île des rêves », « l’Île de l’imaginaire », « l’Île romantique », « l’Île des fashion victims », « l’Île des Boys Band », etc.). C’est bien clair. L’actif devient passif. Ce qui est nécessairement castrateur se ramollit (d’ailleurs, la seule fois où le père de Riley joue son rôle de poseur de limites, il le fait maladroitement, et surtout il finit par renier son autorité de « méchant pédagogue » ; idem à la fin du film quand la gamine, après sa fugue, ne se fait même pas engueuler…). Pascal Bruckner, dans son essai La Tentation de l’innocence (1995), nous avait prévenus : « Notre époque privilégie un seul rapport entre les âges : le pastiche réciproque. Nous singeons nos enfants qui nous copient. » (p. 95)
 
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Ce n’est pas innocent que sur la palette des cinq émotions qui ont été retenues pour symboliser l’Humain, et qui téléguident l’héroïne féminine Riley à distance, seule l’une d’elles est positive (la Joie), tandis que les quatre autres sont négatives et surtout négativisées : Colère, Dégoût, Peur et Tristesse. Ça montre tout à fait la basse conception de l’Homme qui est défendue par les concepteurs du film : un être capricieux, sanguin, cyclothymique, lâche, lunatique, nabillesque.
 
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Et il est particulièrement signifiant que ce soit le binôme de la Joie et de la Tristesse qui ait été retenu au casting pour vivre le gros de l’aventure de « Vice-Versa » : Joie et Tristesse, c’est l’exacte réplique de la bipolarité « Jean-qui-rit Jean-qui-pleure » de notre société maniaco-dépressive qui passe du « Je vais bien tout va bien » au « Rien ne va » en une fraction de seconde, pour sauver la face, pour changer de face surtout (comme si l’être humain n’était qu’une carte réversible… vice-versa, quoi), bipolarité censée nous faire rire (ouaich) et qui en réalité dévoile une absence de gestion de ses émotions (ça s’appelle l’hystérie ou la schizophrénie), une démission et un refus de rencontrer le Réel.
 
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L’héroïne appelée Joie est ras-des-pâquerettes. Dans ce film, la joie est spectaculairement réduite à l’optimisme (l’optimisme étant bien loin de la joie profonde, liée à la Croix du Christ, au Réel dépassé et donné par le pardon). Elle devient un slogan Carrefour « J’optimisme ! », le cri du consommateur de bonnes ondes et de bonnes émotions : « Sois positive ! », s’écrit Joie, « Joie, POSITIVE ! » se répète-t-elle à elle-même. Le personnage de Joie, c’est juste la positive attitude de Lorie, c’est l’allégorie de l’euphorie, de l’allégresse excitée, visuelle, extériorisée, bloquée au paraître, au sourire et à la bonne intention. C’est une parodie de la Joie. Car il y a des joies intérieures, graves, pas nécessairement souriantes ni extatiques, parfois même couronnées de larmes et de silence. L’Espérance, contrairement à l’optimisme, prend en compte le Réel, le pardon, la mort, la souffrance humaine, n’est pas simplement un volontarisme qui souhaiterait voir le monde avec des lunettes roses et éradiquer le moindre frein à sa boulimie de toute-puissance.
 
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Dans son réductionnisme binaire, « Vice-Versa », bien évidemment, choisit de représenter l’émotion de la Tristesse par le personnage de la femme intello. Histoire de nous faire comprendre que c’est la raison, l’intelligence, la culture, qui rendraient triste… Faut pas trop réfléchir et « se prendre la tête » dans la vie. La pensée est livrée à l’imagination, même pire, à l’imaginaire (l’autre nom du mal) : « Train de la pensée, gare de l’imaginaire ! » ; « J’adore le Monde de l’Imaginaire ! » s’exclame le personnage de Joie, excitée comme une puce.
 

Dans tout le film, la tristesse est (sauf à la fin, quand il s’agit d’apitoyer et de se décharger de sa juste culpabilité) la bête à abattre… car « c’est pas bien de pleurer, faut pas être triste, faut pas montrer que ça va mal, faut pas être défaitiste, faut pas se servir du mal ». La lutte contre toute marque de tristesse, ce refus des limites, manifestent une approche scolaire, immature, manichéenne et dénégatrice du Réel. C’est un binarisme capricieux, qui ne tient pas compte que l’Humain est un tout, que le chemin de la Vie passe aussi par la mort et les déceptions. En cela, « Vice-Versa » n’est pas du tout un film pédagogique.
 

La tristesse se substitue grotesquement au remord, au regret, à la reconnaissance de la faute. Le grand oublié de ces cartoons « freudiens », c’est à l’évidence le pardon. Le « Je suis triste de t’avoir fait du mal » s’évanouit en pathétique « Je suis triste parce que je ne suis pas joyeux » ou en narcissique « Je suis triste parce que je suis triste d’être triste. » Aucun des personnages de « Vice-Versa » ne demande pardon pour le mal qu’il a fait à l’autre. Ils demandent pardon parce qu’ils ont « fait de la peine ». Ça s’arrête là…
 

Je vous présente les nouvelles "Princesses" Disney

Je vous présente les nouvelles « Princesses » Disney


 

Jour/Nuit. Joie/Peine. Colère/Peur. Dégoût/Plaisir. Ce film est l’illustration d’une schizophrénie mondiale tantôt introvertie, tantôt extravertie, d’un caprice d’Humanité qui résout mal la tension entre monde virtuel et monde réel. Avec Walt Disney Pixar (je pense aussi à « Raiponce », « Rebelle », « la Reine des Neiges », et maintenant « Vice-Versa »), on commence à avoir l’habitude de tomber sur des héroïnes féminines adultisées dans leurs attitudes, à l’humour cynique et cassant, des fillettes qui font la gueule et sont d’une humeur exécrable les trois-quarts du film. La résurgence quasi automatique de l’Effrontée, cette femme-enfant blasée qui traîne les hommes et les pères en procès d’immaturité, de faiblesse, qui rentre dans une compétition incestuelle avec sa mère, et qui leur vole à tous les deux la vedette, est à ce titre très symptomatique de l’égocentrisme de beaucoup de nos contemporains athées : mon père n’existe pas, ma mère est ma meilleure rivale, les enfants sont tous des petits cons, la famille et le mariage c’est trop relou, je me suis créé moi-même et je n’en ai rien à foutre de ce monde qui court à sa perte.
 

La prochaine étape des héroïnes féminines en culottes courtes, c'est le coup de boule (OK?)

La prochaine étape des héroïnes féminines Disney, c’est le coup de boule (OK?)


 

Soit dit en passant, dans « Vice-Versa », l’enfance est complètement innocentée, en même temps que lissée, affadie, mise sous verre et désincarnée. Par exemple, le personnage de Dégoût demande à un moment donné au personnage de Joie « C’est quoi la puberté ? » ; et Joie lui répond : « Je sais pas. Ça doit pas être très important. ». En gros, l’évolution, le grandissement et la métamorphose concrète des enfants sont squeezés en même temps qu’entravés. Et la phrase de conclusion du film, prononcée par la mère de l’héroïne, n’est pas pour nous rassurer : « Riley a douze ans. J’vois pas ce qui pourrait arriver… » C’est vrai. L’adolescence et l’enfance, c’est période « off » négligeable dans une existence, ça compte pour du beurre et c’est « vachement cool »…
 

L’ironie du sort, c’est que juste avant d’aller voir « Vice/Versa », le matin même, je me suis rendu à la projection d’un autre film, cette fois italien, « Mezzanotte », de Sebastiano Riso, où la même scène du portable du héros signalant l’appel entrant de son père ou de sa mère biologique qu’il rejette (Davide, dans « Mezzanotte », abandonne carrément son téléphone dans la rue) est jouée. Non seulement le lien du sang est technologisé, mais en plus, il est ensuite coupé par le « lien du son » qui le travestit. Cette coïncidence entre deux films radicalement différents m’a rappelé combien la tentation est grande chez nos contemporains de prendre la Technique – et les progrès visuellement impressionnants qu’elle nous dévoile – pour notre mère de substitution, pour notre propre reflet narcissique, pour un humain plus intéressant que les Humains réels parce qu’il en épouse la forme, les attitudes, la réaction, le cerveau, l’émotion, les sentiments, et qu’il se présente sous la forme d’un dessin-animé jeunesse. Moi, je trouve des films tels que « Vice-Versa » gravissimes car ils nous vendent du rêve désincarné, de l’amour (inexistant) des objets et surtout de la haine du Réel. Cette manœuvre peut nous passer complètement au-dessus, nous sembler anecdotique. Mais je constate les tentatives de plus en plus sincères et récurrentes des réalisateurs actuels de nous faire pleurer la mort des robots (cf. la scène violoneuse de la mort de Big Bang dans « Vice-Versa », du sacrifice de Bay-Max dans « Les Nouveaux Héros », etc.), et ne peux que m’attrister de comprendre que de plus en plus de personnes préfèrent la compagnie des robots (et juste avant, des animaux) que la compagnie des humains, je ne peux que me révolter de voir que cette propagande transhumaniste soit massive et relativement efficace.
 

Film « Un Français » de Diastème : la naïveté prétentieuse

Unfrançais affiche
 

Je reviens d’aller voir avec une amie le film « Un Français » de Diastème, particulièrement décrié dès sa sortie française mercredi dernier. Et pour cause : il mérite objectivement notre indignation. C’est un scandale qu’un film donneur de leçons aussi fausses et mensonger pareil existe. Nous ne devons pas nous habituer ni nous résigner à cette propagande, ni la mépriser, mais au contraire essayer d’expliquer comment elle fonctionne pour mieux l’enrayer. Notre indifférence et notre offuscation muette lui feraient trop d’honneurs !

 

« Un Français », racontant en gros le parcours d’un gros beauf néo-nazi du Front National (déjà, on se marre du raccourci) qui se convertit à la « tolérance black-blanc-beur », est frappant de naïveté et, à l’extrême inverse, de prétention (c’est d’ailleurs ce mélange qui le rend si inintéressant et si insupportable…) :
 

1 – Je dis « naïveté » car le réalisateur semble croire au soi-disant « réalisme » des situations pourtant la plupart du temps fantasmées et irréalistes qu’il dépeint. J’en sais quelque chose : les gens FN ou néo-nazis que j’ai eu l’occasion de rencontrer ne réagissent absolument pas comme ça, ni aussi bêtement, bien que je ne leur donne pas raison. Ce film est une pure projection haineuse de fantasmes personnels. Les personnages du film passent d’ailleurs leur temps devant la télé, et n’appréhendent le Réel qu’à travers cette petite lorgnette médiatique. On comprend pourquoi ils soient si déconnectés de ce qu’ils dénoncent. Les dialogues voulus « beaux » sont d’une pauvreté sidérante : « Ils sont gentils, les gens, tu sais. » (le pharmacien bobo = le « Sage » du film) La conversion du héros à « l’Esprit Charlie » n’a ni queue ni tête : elle est réduite à l’ingestion d’un médicament (sainte Science, priez pour nous : sans déconner) et à l’écoute d’une chanson « Fais-moi une place » (saint Julien Clerc, priez aussi pour nous). Diastème fait croire au spectateur qu’il suffit pour un « méchant intégriste » de mettre de la beauté, de la musique classique, de la Nature, du divertissement, du sport (la Coupe du Monde 98), de la diversité multiculturelle, et de la science dans sa vie, pour guérir, aimer correctement la France, donner du prix à sa Marseillaise, et « devenir gentil ». Sérieusement, qui sont les adolescents attardés révoltés qui nous dressent, là ?
 

2 – Je dis « prétention puante » car le film est bourré de jugements moralistes complètement manichéens, de clichés, d’amalgames (ex : La Manif Pour Tous = FN) et de caricatures qui ne renvoient pas à des situations crédibles ni réelles. La scène du bus, le meeting politique, la scène du bar, l’entrevue et le discours de Grand-Guy au parloir, l’histoire d’amour entre Marc et Corinne, etc. : tout est parfaitement invraisemblable.
 
Unfrançais barbus
 

Ce mélange de sincérité et de fantasmes est inquiétant. Car il alimente des conflits (imaginaires) bien plus qu’il n’apaise les tensions sociales. C’est un vrai film de propagande, de la guerre civile en barres si on peut dire (le contraire du but affiché de son réalisateur et du titre « patriotique » qu’il s’est choisi, en fait !) Ce film est dangereux pour cela : il défend mal les victimes et couvre les vrais bourreaux par la caricature. En effet, on ne règle les problèmes qu’en étant capable déjà de les représenter humblement et avec réalisme, sans bêtifier ni diaboliser l’Ennemi. Ce n’est pas du tout le cas d’« Un Français », qui rajoute aux vrais problèmes nationaux beaucoup de confusions, de quiproquos, d’amalgames réducteurs qui reposent sur des situations totalement fantasmées (mais crues vraies par le réalisateur) et risquent d’encore plus radicaliser les groupes culturels infidèlement dépeints. Ce film n’aime même pas la France et n’en dégage pas du tout la quintessence, le sens : c’est un ramassis de violence et de clichés sur des gens qui précisément n’aiment pas notre pays. « Un Français » est une daube qui ne se contente pas d’être irréaliste et inoffensive : elle est arrogante et condamnante, donc elle est en plus dangereuse. Les comédiens bobos Canal + qui jouent aux « racistes » et aux « fascistes », en croyant en la vérité de leurs mimes ratés, alors que dans les faits les groupes néo-nazis sont bien moins bourrins, idiots et illogiques qu’ils ne l’imaginent, et les opposants au « mariage pour tous » bien moins inhumains et homophobes qu’eux, prouvent à la face du monde que les véritables « fachos » idéologisés, se sont d’abord eux. Si vous voulez, c’est un peu la caricature grossière et inconsciente d’elle-même qui, par son simplisme prétentieux, se retourne en auto-caricature et en aveu de fascisme. Les barbus hipsters bobos « ni de droite ni de gauche, ni hétéros ni homos », mine de rien très pères-la-morale derrière leur posture d’observateurs « neutres » indignés devant leur poste de télévision, nous ont pondu une bonne grosse merde de bien-pensance anti-fasciste, dans la plus pure tradition du moralisme socialiste totalitaire. Et c’est moi, un gars de tendance gauche, qui écris cela ! donc je m’y autorise encore plus : ce film n’a rien d’un film « de gauche », en fait. C’est un film socialiste. Alors tous aux abris…
 
Unfrançais croix
 

Enfin, je rajouterai que, oui, on voit que « Un Français » est un film très idéologique à un « détail » près extrêmement signifiant : il est encerclé par la défense de l’homosexualité, même si, en apparence, ce thème y est absent ou anecdotique. En effet, les premières images montrent un « cassage de pédé », et les dernières images le défilé de La Manif Pour Tous. En réalité, bien plus que la thèse de l’anti-« racisme » et de l’anti-fascisme, la justification de l’homosexualité est le pivot de « Un Français », parallèlement à un rejet de la foi catholique, présentée uniquement comme une connerie de jeunesse ou un intégrisme. Que d’amalgames – asexués et anticléricaux ! – produisent en chaîne les promoteurs gauchistes du #pasdamalgames, c’est fou…

Article du Nouvelliste en l’honneur de la Gay Pride à Sion (Suisse), ainsi que ma réponse censurée

 

En réponse à la tribune du 9 juin 2015 « L’homosexualité n’a pas besoin d’être guérie » sur le Journal suisse Le Nouvelliste, déroulant le tapis rouge à la première Gay Pride de Sion (Suisse) où j’aurais dû intervenir le 10 juin (demain), j’ai écrit cet article. Celui-ci est une commande de ceux qui m’avait initialement invité à la table ronde qui, à cause de la censure médiatique et du refus des associations LGBT locales de s’entretenir avec moi, n’a pas eu lieu. Finalement, j’avais bien deviné que cette réponse ne serait pas publiée vu l’attitude gay friendly du journal en question. Je la publie dès maintenant dans sa version tronquée par mes hôtes, puis dans sa version complète. Vous constaterez par vous-mêmes qu’elle est hyper subversive et que je dis des horreurs pour mériter une telle censure.
 
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Ma réponse (tronquée à mon insu) :
 

L’homosexualité, une maladie?

 

Les personnes homosexuelles pratiquant leur homosexualité, ou les personnes homophobes croyant en une « espèce homosexuelle à soigner », sont bien les seules à le penser ! Une peur, que je sache, n’est pas une maladie. Et le désir homosexuel est bien une peur et un éloignement de la différence des sexes, la différence des sexes étant le socle de notre existence. Cette peur, et parfois ce rejet, de la différence des sexes n’ont pas à être applaudis ni banalisés. Ils expriment un manque de confiance et une haine inconsciente de soi, des autres, de la sexualité (la différence des sexes étant par essence la sexualité). Ils peuvent venir soit d’expériences traumatiques au niveau de la sexualité – je connais à ce jour plus de 90 amis homos qui m’ont révélé avoir été violés, même s’il ne faut pas en faire une règle – soit d’un doute et d’une panne d’identité à un moment de construction hésitante de soi.
 

Ce n’est pas parce que l’attraction homo est ressentie physiologiquement et corporellement que l’homosexualité serait une maladie ou au contraire une nature, une espèce. Personne ne se réduit à ses sentiments ni à ses pulsions ni à ce qui le fait jouir génitalement. Le discours essentialiste et naturaliste de l’homosexualité ne respectent pas les personnes homosexuelles telles qu’elles sont, même s’il semble vouloir leur bien et prône une indifférence relativiste ressemblant à du respect. Il n’en est rien. Le désir homo est bien une peur et une blessure psycho-sexuelle. Le reconnaître ne nous fait que mieux prendre soin des personnes. Ne banalisons pas, ne sacralisons pas et ne diabolisons pas l’homosexualité : reconnaissons-la plutôt telle qu’elle, sans la justifier, pour mieux accueillir et connaître les personnes qui la ressentent, et comprendre ce qu’elles vivent.
 
Philippe Ariño

 

blogueur homosexuel, araigneedudesert.fr

 
 

Texte initial :
 

Homosexualité : une maladie ?? Les personnes homosexuelles pratiquant leur homosexualité, ou les personnes homophobes croyant en une « espèce homosexuelle à soigner », sont bien les seules à le penser ! Une peur, que je sache, n’est pas une maladie. Et le désir homosexuel est bien une peur et un éloignement de la différence des sexes en amour, différence des sexes étant le socle de notre existence, identité et amour sur terre. Cette peur, et parfois ce rejet, de la différence des sexes n’ont pas à être applaudis ni banalisés. Ils expriment un manque de confiance et une haine inconsciente de soi, des autres, de la sexualité (la différence des sexes étant par essence la sexualité), de Dieu. Ils peuvent venir soit d’expériences traumatiques au niveau de la sexualité et de la spiritualité – je connais à ce jour plus de 90 amis homos qui m’ont révélé avoir été violés, même s’il ne faut pas en faire une règle et que moi-même je n’ai pas été violé – soit d’un doute et d’une panne d’identité à un moment de construction hésitante de soi.
 

Oui, il faut le dire pour être au plus près de l’amour des personnes homos : le désir homosexuel est bien une peur et une blessure vis-à-vis de la différence des sexes. Vous pourrez aller consulter les codes « Désir désordonné », « Moitié », « Appel déguisé », « Viol », « Milieu psychiatrique » de mon Dictionnaire des Codes homosexuels sur mon blog araigneedudesert.fr. Vous verrez que nous, personnes homosexuelles, faisons explicitement mention de cette blessure identitaire et amoureuse que nous expérimentons dans notre corps, dans notre famille, en amitié, en « amour », en société. Ce ne sont pas que les autres qui créent notre malheur ou une maladie qui nous serait spécifique : c’est aussi notre propre pratique et nos propres fantasmes.
 

Ce n’est pas parce que l’homosexualité n’est pas un choix, donc pas un péché (le péché présuppose une liberté), qu’elle n’est pas un signe de péché. Même Jésus, qui n’était pas pécheur, a porté sur lui la totalité des signes de péché du monde et a hérité du péché d’Adam de se croire affranchi de la différence des sexes et de sa divinité. Ce n’est pas parce que l’attraction homo est ressentie physiologiquement et corporellement que l’homosexualité serait une maladie ou au contraire une nature, une espèce. Personne ne se réduit à ses sentiments ni à ses pulsions ni à ce qui le fait jouir génitalement : nous ne sommes ni des anges, ni des bêtes ! Nous sommes homme ou femme, et Enfants de Dieu. Point. Le discours essentialiste et naturaliste de l’homosexualité ne respectent pas les personnes homosexuelles telles qu’elles sont, même s’il semble vouloir leur bien et prône une indifférence relativiste ressemblant à du respect. Il n’en est rien. Le désir homo est bien une peur et une blessure psycho-sexuelle. Et alors ? Le reconnaître ne nous fait que mieux prendre soin des personnes et dénoncer les désastres de l’hétérosexualité. Ne banalisons pas, ne sacralisons pas et ne diabolisons pas l’homosexualité : reconnaissons-la plutôt telle qu’elle, sans la justifier, pour mieux accueillir et connaître les personnes qui la ressentent, et comprendre ce qu’elles vivent.

DIRE « 33 » (33 CONSIGLI PER GLI ITALIANI PER EVITARE GLI ERRORI DELLA MANIF POUR TOUS FRANCIA)

Union civil en Europe
 

Con la mia esperienza attivista francese contro le leggi pro-gay e forte dei miei sei viaggi in Italia per conferenze sull’omosessualità (Torino, Mestre, Milano, Padova, Treviso, Forlì, Roma, Verona), vorrei darvi, amici italiani, alcuni consigli per condurre al meglio la vostra lotta contro il « matrimonio per tutti ». Senza una chiave strategica potreste rischiare di disperdervi, scoraggiarvi, radicalizzarvi, e non riuscire nella vostra battaglia contro la banalizzazione mondiale della differenza tra i sessi.
 

Inoltre, questi 33 consigli si applicano (purtroppo!) anche in Francia, mio bel paese che non ha davvero iniziato la sua lotta contro il « matrimonio per tutti » e per tutte le nazioni del mondo che non hanno ancora adottato il « matrimonio per tutti » legge, ma che vedono avvicinarsi le prime nuvole del temporale. Le mie raccomandazioni potrebbero anche tornare utili per conferenze o una incontri che potreste dover condurre. Non siate timidi soprattutto di leggerle pubblicamente!
 
 

DI COSA PARLARE?

 

CONSIGLIO n° 1 : Si prega di non cercare di imitare la Francia

Si prega di non cercare di imitare la Francia. Amici italiani, rimanete voi stessi. Tanto più che la Francia, nonostante le apparizioni sui media, non è un modello di successo in questa lotta (negazione della fede, cattivi slogan, rifiuto di parlare di omosessualità e eterosessualità, etc.), e che ha subito la stessa sconfitta degli altri paesi che hanno lasciato passare il « matrimonio per tutti ». Ha appena fatto un po ‘più di resistenza di altri. Ma questo è tutto.
 

CONSIGLIO n° 2 : Il coraggio di parlare di omosessualità

Il coraggio di parlare di omosessualità. Questo è il dibattito chiave. La Legge di Unione Civile e il « matrimonio per tutti » legge passano sotto il nome « l’amore omosessuale » (quasi per un allineamento con una presunta « eterosessualità »). Dovete capire che l’omosessualità non è un problema tra i tanti, ma deve invece essere la nostra priorità e la dose di veleno indispensabile contro per un vaccino mondiale contro la distruzione « legale » del patto di amore tra uomo e donna. Il tema dell’omosessualità è inevitabile. In alcune città italiane, è stato adottato come consegna assoluta il divieto di parlare del tema (l’ho sentito in modo esplicito a Bologna un seminario sulle questioni di Gender, all’inizio del 2014). Solo a Milano l’omosessualità ha cominciato a trovare una priorità nei discorsi. Ma è stato ancora troppo poco e questo è il vostro più grande errore. Finite in quella omofobia che vi si rimprovera. Così, inoltre, rifiutate la possibilità di far ragionare i vostri politici generalmente preoccupati e sottomessi al ricatto emotivo sull’omosessualità.
 

CONSIGLIO n° 3 : Abbiate il coraggio di parlare d’amore

Abbiate il coraggio di parlare d’amore. In caso contrario, lasciamo il tema a quelli che ne parlano male in modo irrealistico, angelicato, asessuato, ideologizzato. La definizione di amore è al centro del dibattito. In generale, noi la disprezziamo perché crediamo che sia pericolosa o fuori tema o sdolcinata. Ma il nostro mondo ha sete di capire cosa sia il vero amore, quali siano le sue leggi. Non è realistico credere che il matrimonio (anche civile) non sia una storia d’amore. Sulla carta, in effetti, il matrimonio civile è una questione di amore. Ma di solito lo è nei fatti e negli intenti. Ne dobbiamo tener conto, piuttosto che rimanere a fissare il muro.

 

CONSIGLIO n° 4 : E ‘fondamentale non far diventare il figlio, la differenza sessuale, la famiglia degli idoli

E ‘importante non far diventare il figlio un idolo. Non far diventare la differenza sessuale un idolo. Non far diventare la famiglia un idolo. No: non tutte le coppie pur integrando le differenze di genere hanno successo. No: la differenza tra i sessi non è una garanzia di amore, né una garanzia di « complementarità ». E no, l’amore nelle coppie uomo-donna non si riduce solo alla capacità di generare, alla sola presenza del figlio. Se si considera la differenza tra i sessi come un idolo, e la famiglia come un sostituto del matrimonio o un assoluto per il matrimonio, è in ultima analisi non considerare l’amicizia, le coppie sterili, i single, le coppie sposate mal assortite o separate, i vedovi, gli adolescenti, le persone che hanno avuto aborti, le coppie che usano contraccettivi, le persone omosessuali… insomma, una grande parte della popolazione! Dopo di che, non dovrebbe sorprenderci che le nostre manifestazioni contro il “matrimonio gay” dividono la nostra società e feriscono la maggior parte della popolazione nazionale.
 

CONSIGLIO n° 5 : smettere di credere che noi stessi non siamo definiti dalla nostra sessualità

Smettere di credere che noi non definiamo noi stessi la nostra sessualità. Questo è falso. Spesso i Cattolici, per evitare di dover parlare di omosessualità e eterosessualità, diciamo che « l’essere umano non è definito dalla sua sessualità. » Questo è falso. Noi non definiamo noi stessi per i nostri organi genitali o i nostri sentimenti, certo, ma ci definiamo si per la nostra sessualità! (sessuazione, rapporto con il mondo come esseri sessuali, in parte genitalità e in parte emozioni). Sostenendo che noi non siamo definiti dalla nostra sessualità, sosteniamo la crescente privatizzazione della sessualità nella sfera dell’intimità (che è una separazione sbagliata: la sessualità è una realtà sociale, aperta alla vita, e quindi lo Stato e la Chiesa hanno la loro voce in capitolo!), sosteniamo il mix di politiche tra sfera pubblica e privata, e infine la sentimentalizzazione delle leggi statali.
 
 

CONSIGLIO n° 6 : Smettere di credere che l’omosessualità diventa un problema solo se è riconosciuta, legalizzata, politicizzata, mediatizzata, esibita, pubblicizzata, istituzionalizzata

Smettere di credere che l’omosessualità diventa un problema solo se è riconosciuta, legalizzata, politicizzata, mediatizzata, esibita, pubblicizzata, istituzionalizzata. Ad esempio, molti dei cattolici tagliano la vita omosessuale in due: il Gay Pride, e poi la vita gay che sarebbe discreta, casta, spirituale, rispettabile e pura. Questo è falso. L’omosessualità è già un problema nel settore privato, per la persona e la « coppia ». Già in quanto desiderio, è una paura (della differenza sessuale), un segno del peccato, quindi non deve essere giustificata, e non è facile da vivere. Altri cattolici, più radicali, immaginano invece che la « lobby homo » vuole omosessualizzare l’intero pianeta. Ancora una volta, questo è falso. E’ solo la « lobby etero » e che vuole bissessualizzare e asessualizzare l’intero pianeta. La maggior parte delle persone gay aspirano invece alla discrezione e l’indifferenza sociale per le proprie pratiche.

 

CONSIGLIO n° 7 : Smettere di credere che « il matrimonio gay » è una legge tra le altre

Smettere di credere che « il matrimonio gay » è una legge, come le altre, e che la lotta contro il , l’eutanasia, il transumanesimo, GPA, ecc, la soppianterà. No. Il matrimonio E’ la differenza tra i sessi. Così colpisce tutte le dimensioni della nostra vita (persona + amore di coppia + famiglia). E l’omosessualità E’ il sassolino nella scarpa del mondo perchè va a banalizzare e ad cancellare questa differenza tra i sessi che fonda l’Umanità e l’amore umano. E ‘incredibile, ma in Francia, abbiamo sperimentato un record di mobilitazione contro il « matrimonio per tutti » mobilitazione che non si sarebbe mai visto contro l’aborto, per esempio, mentre a prima vista è più grave per uccidere un bambino con l’aborto piuttosto che vedere due uomini davanti al sindaco. Vediamo dunque che il matrimonio è fondamentale. L’omosessualità è anche un tema cruciale per il nostro mondo, perché riguarda il rifiuto della differenza sessuale. Purtroppo, in Francia, abbiamo sottovalutato il matrimonio e omosessualità. Abbiamo loro preferito la famiglia, i figli. Abbiamo preferito difendere i rami a discapito del tronco, se si preferisce. Ad esempio, la Manif Pour Tous francese poco dopo il voto del « matrimonio per tutti » è stato ingenuamente immaginato che la lotta contro il Gender sarebbe stato il secondo tempo della lotta contro la legge Taubira. È stata costretta a fare marcia indietro e tornare al matrimonio. Ancora oggi, la Manif Pour Tous Francia pensa che la lotta contro GPA debba soppiantare la lotta contro il « matrimonio per tutti » e mobilitare altrettanto. E ‘sbagliato, perché ancora non ha capito l’importanza a livello di civiltà dell’omosessualità né di quella del matrimonio nell’esistenza umana.

 

CONSIGLIO n° 8 : Smettere di pensare che l’Unione civile sia diversa dal “matrimonio per tutti”

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Smettere di immaginare che le Unioni civili siano diverse dal “matrimonio per tutti”. E’ esattamente lo stesso riconoscimento. Tutti i paesi che hanno adottato le Unioni civili o le partnership hanno, senza alcuna esclusione, prima o poi, finito per trasformare la legge delle Unioni civili in “matrimonio”. Sostenendo le Unioni civili (e quindi l’eterosessualità), ci si comporta esattamente come quelli che vogliono il “matrimonio per tutti” senza le conseguenze che esso implica. Ovvero, allo stesso modo, noi imitiamo coloro che separano l’amore dalla filiazione: dire sì alle Unioni civili e no al “matrimonio per tutti” o dire sì al matrimonio civile per dire no al matrimonio religioso, significa adottare lo stesso approccio dei nostri oppositori nei confronti del “matrimonio per tutti” e del matrimonio tradizionale.
 

Non crediate che le vie legali vadano magicamente a regolare la questione del “matrimonio per tutti” o della sua abrogazione. Alcuni paesi come la Croazia o la Slovenia, che erano anche riusciti attraverso un referendum nazionale (nel marzo del 2012, gli sloveni avevano respinto con il 55% il matrimonio gay; e nel dicembre del 2013, il 64,84% dei croati aveva anch’esso votato contro) a inserire la differenza dei sessi nella definizione di matrimonio in Costituzione, si sono visti, con l’avvento di un governo socialista o di destra ma gay friendly, imporre il matrimonio omosessuale attraverso il mezzo indiretto delle Unioni civili. A questo proposito, mi faccio poche illusioni riguardo il referendum in Irlanda del 22 Maggio 2015. Finché le Unioni civili e l’eterosessualità non sono affrontate frontalmente, si potranno fare tutti i referendum che si vogliono, si potranno adottare tutte le strategie giuridiche possibili, l’ideologia libertaria continuerà indisturbata la sua corsa senza freni verso i diritti.

 

CONSIGLIO n° 9 : Smettere di credere che l’amore omosessuale e l’identità omosessuale esitano

Smettere di credere che l’amore omosessuale e l’identità omosessuale esitano. Nessuno ha messo pubblicamente in discussione questa convinzione in Francia (tranne me!). Questo è increscioso poiché è precisamente la base su cui le leggi che noi combattiamo principalmente si appoggiano. Compresa l’eutanasia, l’aborto, le manipolazioni genetiche, le leggi transumaniste, la riforma della scuola, etc. Che cosa meglio della promozione dell’omosessualità può dare all’essere umano l’illusione e la legittimazione a sbarazzarsi della differenza dei sessi, cioè del più grande limite della sua condizione umana, freno al suo desidero di essere tutto? Finché non si dimostra che l’omosessualità non è la chiave che apre tutte le porte (identitarie, amorose, umane), perché non è né un’identità né amore né una realtà piena, la maggioranza della popolazione sarà tentata di farne un lasciapassare che legittima tutte le pratiche/leggi umane cosiddette “amorose”.

 

CONSIGLIO n° 10 : Riconoscere che ancor più dei bambini, le vere vittime delle Unioni civili, del “matrimonio per tutti” e dell’utero in affitto, sono le persone omosessuali

Riconoscere che ancor più dei bambini, le vere vittime delle Unioni civili, del “matrimonio per tutti” e dell’utero in affitto, sono le persone omosessuali. Queste sono considerate da queste leggi fuori della realtà come delle specie (“gli” omosessuali), sono negati nella loro realtà specifica e nella loro umanità, uniformate sul modello eterosessuale, negate nelle loro sofferenze, trasformate “legalmente” in trafficanti di bambini, travestite da sposi posticci, o in famiglie da carnevale. Le Unioni civili, il “matrimonio per tutti” e l’utero in affitto, preparano un terreno fertile per l’omofobia e ciò è molto preoccupante per le persone omosessuali. Molta gente nutre un crescente rancore verso di loro. Vengono visti come despoti, una pericolosa massoneria, dei disadattati occidentali che portano la civiltà verso la rovina. Si immagina per esempio che le persone omosessuali hanno voluto questa legge del “matrimonio per tutti”, e che esse hanno pianificato di distruggere la famiglia, il bambino, la tradizione, la realtà… sebbene sia falso: la maggior parte di loro ha solo voluto il diritto al matrimonio, senza rendersi conto delle conseguenze. Le leggi gay friendly si ritorceranno contro la comunità omosessuale in breve tempo. Non dobbiamo perderle di vista questo aspetto, e prendere le contromisure prima che si giunga alla catastrofe.

 

CONSIGLIO n° 11: Smettere di credere che la lobby LGBT sia la lobby omosessuale.

Smettere di credere che la lobby LGBT sia la lobby omosessuale. La “lobby LGBT” non è altro che la lobby etero gay friendly. Ne è la prova il fatto che, in Francia, i più accaniti difensori del “matrimonio per tutti” si presentino come “etero” (François Hollande, Christiane Taubira, Najat Vallaud-Belkacem, etc.) e si vendicano della loro sofferente esperienza della diversità dei sessi e matrimoniale sostenendo il matrimonio gay. Ne è la prova anche l’esistenza in Europa di gruppi come Gay Straight Alliance, o anche il pubblico dichiaratamente etero, che compone la grande maggioranza dei Gay Pride. Credere che siano le persone omosessuali che compongono le lobby LGBT rappresenta un errore molto grave che dimostra una totale non conoscenza dell’ambiente omosessuale (un ambiente estremamente frammentato e continuamente in contraddizione), che alimenta per di più un’omofobia fra le nostre fila che allontana dalla nostra battaglia molte persone omosessuali che non sarebbero lontane dall’unirsi a noi.

 

CONSIGLIO n° 12: Accogliere le persone omosessuali che sono dalla nostra parte e lasciar loro il PRIMO posto

Accogliere le persone omosessuali che sono dalla nostra parte e lasciar loro il PRIMO posto. La loro semplice presenza e la loro persona rassicura e al tempo stesso impressiona coloro che sono pro e contro il matrimonio per tutti. “E’ il povero che evangelizza i poveri.” (San Vincenzo de’Paoli) Mentre gli attivisti LGBT, Femen, o altri Antifas, talvolta non si preoccupano di interrompere simposi contro il matrimonio per tutti, non hanno mai avuto il coraggio per esempio di interrompere direttamente una delle mie conferenze sull’omosessualità (per paura di farmi pubblicità o di dimostrare pubblicamente e concretamente la loro omofobia). Non posso farci nulla e faccio solo una costatazione empirica: le persone omosessuali sono le più legittimate e le più potenti nei dibattiti sul « matrimonio per tutti » se e solo se sono continenti, se e solo se in realtà parlano di atti omosessuali, se e solo se spiegano le trappole dell’eterosessualità, se e solo se non si pongono alla ribalta per arrivismo, per raccontare di sé nella testimonianza emotiva o per sfondare nella “lobby LGBT” e nei mass media. I testimoni gay opposti al « matrimonio per tutti », che si limitano a parlare solo di filiazione, ma promuovono in privato l' »amore homo » fanno un discorso alla « Dolce & Gabbana » sterile e contraddittorio: “Siamo omo, ma non gay.” ; “Non tutti gli omosessuali sono d’accordo sul matrimonio per tutti e non vogliono piegarsi al totalitarismo della lobby omosessuale che non ci rappresenta!” ; “L’unione civile, perché no, ma non il matrimonio : è questo ‘non’ che io non voglio attraversare, a causa delle conseguenze sul bambino.” ; “La mia sessualità appartiene alla sfera privata. Non deve né politicizzarsi né legalizzarsi.” ; eccetera. Questo bla-bla soddisfa solo i più lamentosi anti-matrimonio gay e pedomaniaci della nostra sponda e per di più nutre una omofobia popolare che divide in due il mondo omosessuale in modo caricaturale: la comunità gay politicizzata, depravata, militante, superficiale e spregevole da un lato… e la comunità gay privata, « casta », « che non disturba nessuno, » dall’altra. Questo argomentare alla « Dolce & Gabbana » non smuove le cose. Oltre a far prendere rischi monumentali e inutili a chi sarà presto bollato come « pederasta collaborazionista e vergognoso », fa dire davanti alle telecamere delle fandonie contraddittorie, “Sono omo. Ma io non sono omo come quelli di quell’ambiente” oppure “Non è perché si è omo che si è per forza pro-matrimonio-per-tutti !”. Questa opposizione morbida consiste in due frasi che si ritorcono contro sé stesse. “E va bene, il matrimonio per tutti non è condiviso all’unanimità nelle fila degli omo. E allora? Non è un motiovo per impedire agli omo che lo desiderano di sposarsi. Anche se fossero una minoranza tra gli omo! Questo non vi toglie nulla!”. In ogni caso, ritengo che la fede nell’amore omosessuale, anche nel privato È il « matrimonio per tutti ». Elton John e Dolce & Gabbana, nonostante le apparenze, stesso caso! Frigide Barjot e Ludovine de la Rochère, stesso caso (in questo caso a proposito dell’Unione civile in Francia)!

 

CONSIGLIO n° 13: Nei dibattiti pubblici sul « matrimonio per tutti » cercare prima di tutto degli oratori omosessuali che realmente analizzano l’omosessualità

Nei dibattiti pubblici sul « matrimonio per tutti » cercare prima di tutto degli oratori omosessuali che realmente analizzano l’omosessualità. In Francia, abbiamo commesso l’errore di usare oratori saggi, morbidi, che sono esperti in alcuni combattimenti, ma non specificamente in quello dell’omosessualità. In effetti, nei dibattiti televisivi e nelle tavole rotonde sono stati serviti mattina, pomeriggio e sera un sacco di « primi della classe » per parlare di famiglia, del bambino, del Gender dell’utero in affitto. Ma questi conferenzieri, inadatti ad un pubblico che non sposa a priori le loro idee e le loro credenze religiose nascoste, alla fine fanno perdere l’interesse a molte persone, anche se espongono bene e sono loro che vengono retwittati massicciamente nella catto-sfera dei social networks (Tugdual Derville, François-Xavier Bellamy, Fabrice Hadjadj, Thibaud Collin, tutti questi intellettuali che per molti versi ammiro molto), perché godono della loro reputazione di « padri di famiglia » di « sociologi » , di « filosofi », di « politici » e di « difensori della Vita. » Hanno una forza d’attacco molto molto piccola se paragonati alle persone omosessuali.
 

Quello che è stato abbastanza insopportabile in Francia (e d’altra parte continua ad esserlo …), è che abbiamo cercato di fare annegare il pesce dell’omosessualità, immaginandoci, durante i dibattiti e le manifestazioni pubbliche, che saremmo riusciti a sostituirlo sia col numero sia con la competenza. In sostanza, abbiamo pensato che la quantità avrebbe fatto la qualità e che la prima avrebbe preso il posto della seconda. Mentre invece senza qualità, senza le idee giuste e le persone giuste per la nostra lotta, i nostri numeri sono un fuoco di paglia, sono spazzati via e distorti dai nostri avversari (che sono la maggioranza nei media, va detto). Abbiamo creduto che il numero di manifestanti avrebbe riempito la nostra mancanza di argomenti e nascosto la nostra paura dell’omosessualità. Non è accaduto. Una folla per quanto grande sia, senza alcun messaggio diverso da « la famiglia è importante » e « il bambino non è una merce », è nuda. Urla messaggi vuoti e isterici, espone inconsciamente la propria omofobia. E idem per il dibattito pubblico. Abbiamo creduto che il numero avrebbe diluito la nostra mancanza di contenuti sull’omosessualità. Invece di comprendere il primato dello studio dell’ omosessualità, dell’eterosessualità e dell’omofobia in occasione di conferenze, abbiamo infilato uno spiedino di « specialisti » (tutti altrettanto noiosi da ascoltare un po ‘d’altro: l’avvocato / il politico / lo storico / il filosofo … e in rare occasioni, per esotismo, l’adottato / il musulmano / il socialista / l’omo di servizio che non ha nulla da dire sull’omosessualità e che picchia sul tema omo-ambientalista integrale, ecc. Ovviamente, sono stati accuratamente « black-listati » il sacerdote o l’omo-continente …). O abbiamo organizzato dibattiti « per » o « contro » la legge del « matrimonio per tutti » (in tv, nell’Assemblea Nazionale), come se dibattere fosse necessariamente opporsi, o sbattersi in faccia parole, o invitare gli estremi o chi non è d’accordo. La verità sarebbe SOLO il conflitto. Io vi dico in verità, non c’era dibattito in Francia sul « matrimonio per tutti ». Tutto resta ancora da fare.
 

CONSIGLIO n° 14: Smettere di credere che vi sia una volontà chiaramente malvagia da parte dei pro-matrimonio-per-tutti di distruggere la famiglia, la differenza uomo-donna, dei bambini

Smettere di credere che vi sia una volontà chiaramente malvagia da parte deI pro-matrimonio-per-tutti di distruggere la famiglia, la differenza uomo-donna, i bambini. Pochissime persone vogliono opporsi al matrimonio tradizionale, alla vita, ai bambini, alla famiglia, alle differenze tra i sessi: i pro-matrimonio-per-tutti sono pieni di buone intenzioni, e l’unico modo per rassicurarli, è per prima cosa credere nell’esistenza della loro sincerità (senza credere nella verità della loro sincerità), di vedere che stanno distruggendo la civiltà con l' »amore ». Rari sono coloro che scientemente hanno intenzione di distruggere il matrimonio distribuendolo a tutti e banalizzando il proprio divorzio. “Per abolire il matrimonio, bisogna prima che tutti possano trarne beneficio.” (Caroline Mécary, avvocata del foro di Parigi, donna molto attiva quando il « matrimonio per tutti  » è stato imposto alla Francia nel maggio 2013). L’inferno è lastricato di buone intenzioni. Ed è solo su queste buone intenzioni che conviene far ragionare i nostri avversari. Non è negando la bellezza delle loro buone intenzioni che noi li aiuteremo a non sentirsi giudicati da noi.
 

CONSIGLIO n° 15 : Non prendere le persone omosessuali pro matrimonio-per-tutti per degli imbecilli

Non prendere le persone omosessuali pro matrimonio-per-tutti per degli imbecilli. Pensi davvero che non sanno ciò che è un uomo, ciò che è una donna? Che non sanno che ci vuole un uomo e una donna per fare un bambino? Credi davvero che si oppongono al matrimonio tradizionale e che vogliono distruggere il matrimonio o la procreazione naturale tra uomini e donne? Credi davvero che vogliono evitare che le famiglie di sangue vivano? No. Hanno messo in discussione solo il primato dell’amore tra uomo e donna, e rinunciano a che questo primato venga protetto dal diritto nazionale. Non è una questione prima di tutto intellettuale, ma una è una questione di fede, cuore, emozionale. « Noi, omosessuali, non abbiamo una nocciolina al posto del cervello. Non caricaturate le nostre rivendicazioni o le rivendicazioni che ci fanno portare avanti ».
 

In Francia, abbiamo sbagliato a disprezzare la « neolingua » LGBT (« omosessualità », « omofobia », « transfobia », « Gender« , « Queer« , « eterosessuali », « intersessuali » e perfino l’acronimo « LGBT » stesso) semplicemente perché è nuova e neologica, invece di adattarci ad essa, di capirla, di riconoscerne una logica / sincerità / sottigliezza, per contrastarla meglio . Che lo si ammetta o no, abbiamo dimostrato omofobia. Chiaramente.
 

CONSIGLIO n° 16: Non cadere nella nostra stessa trappola della focalizzazione del matrimonio sulla filiazione

Non cadere nella nostra stessa trappola della focalizzazione del matrimonio sulla filiazione. Molto spesso i difensori del « matrimonio per tutti », piuttosto che parlare di matrimonio o di omosessualità, si rinchiudono dentro la tematica dell’adozione. Parlano quasi solo di questo. E ciò fin dall’inizio della discussione. E’ il loro scudo argomentativo preferito. Siamo noi che gli abbiamo dato il bastone con il quale ci colpiscono. Ricordo, per esempio, che mi feci intrappolare da un gruppo di una trentina di studenti spagnoli in visita a Parigi e scettici di fronte a una veglia di sentinelle che stavamo facendo alla fontana Saint Michel. Con questi giovani impossibile parlare di omosessualità e di « coppia » omo, perché esibivano un’evidenza indiscutibile: ogni essere umano è in grado di sperimentare la bellezza della paternità adottiva, « dare amore a un bambino ». Quindi per quanto riguarda i dibattiti sul « matrimonio gay », è molto importante tornare all’essenziale: la definizione dell’amore, e in particolare dell’omosessualità, della coppia. L’adozione, sulla questione del « matrimonio per tutti » è una paraculata, un parassita e un argomento secondario. In Francia, gli anti-matrimonio-per-tutti, non hanno ancora capito che il matrimonio è soprattutto l’unione di due sposi, di un marito e una moglie, e non fondamentalmente l’unione di un padre e una madre. Non hanno parlato del matrimonio in sé stesso. Dobbiamo davvero tornare alla differenza tra i sessi per ridargli la sua corona di amore universale.

 

CONSIGLIO n° 17 : Parlare della legge del matrimonio-per-tutti in sé, e non unicamente delle sue conseguenze.

Parlare della legge del matrimonio-per-tutti in sé, e non unicamente delle sue conseguenze. Bisogna smettere immediatamente, per quanto riguarda « matrimonio per tutti » di aprire la discussione con l’adozione per le coppie dello stesso sesso, la PMA (procreazione medicalmente assistita e la GPA (gestazione per altrui), e di focalizzarci sulla filiazione. Certo, se la questione dei bambini arriva, questa sarà la ciliegina sulla torta del nostro ragionamento. Ma non dobbiamo mettere il carro davanti ai buoi. In testa delle persone, per quanto riguarda il « matrimonio gay », il ricatto emotivo non fa perno sul bambino, soprattutto in un’epoca in cui il matrimonio è disconnesso dalla filiazione, dove i bambini sono sempre più disprezzati e rivendicati come oggetti di diritto. Si fa perno sull’amicizia, sull’omosessualità, sull’amore, sulla nozione di libertà (diritto) e sull’ingiustizia (discriminazione, interdizione), sulla ricerca di ciò che è permesso e proibito. In Francia, parlando solo del bambino e le conseguenze della legge Taubira sulla famiglia, abbiamo rovinato tutto: non solo abbiamo giustificato l’Unione civile, ma in aggiunta, abbiamo incoraggiato i nostri politici a tagliare « matrimonio per tutti » in due e quindi a farlo passare tutto, ma a pezzi, con dosi omeopatiche.
 

CONSIGLIO n° 18 : Parlare il linguaggio dei nostri detrattori, che si limita a 4 parole – « omosessualità », « eterosessualità », « omofobia » e « amore »

Parlare il linguaggio dei nostri detrattori, che si limita a 4 parole – « omosessualità », « eterosessualità », « omofobia » e « amore ». Se cerchiamo di convincerli a capire i nostri concetti-casa (« Gender« , « transumanesimo », « abrogazione », « GPA« , « ecologia », etc.), noi li perdiamo, non ci mettiamo alla loro portata e diventiamo inascoltabili.

 

CONSIGLIO n° 19 : Non disprezzare la parola « omofobia »

Non disprezzare la parola « omofobia » e provare a vederla in altro modo che un insulto gratuito o una trappola semantica. Il trattare questo tema è un’incredibile opportunità per portare i nostri avversari alla nostra causa e parlare di fatti. Omofobia, intesa in altro modo che un processo senza fondamento, è la nostra occasione per parlare proprio di quello che è veramente l’omosessualità (una ferita e una violenza se la lesione viene praticata). Dobbiamo chinarci a guardare i meccanismi dell’omofobia, intimamente legati alla giustificazione sociale dell' »identità omosessuale » e dell’ « amore » omosessuale.

 

CONSIGLIO n° 20 : Denunciare il mito dell’eterosessualità

Denunciare il mito dell’eterosessualità, questa parodia della differenza sessuale (differenza tra i sessi, lo ricordo, che è solo compresa nella parola « sessualità » e non nella parola « etero » che riguarda ogni alterità) senza peraltro rinunciare a spiegarne il termine. E’ a causa della nostra muta giustificazione dell’eterosessualità che si entra nel gioco dei nostri avversari (è l’unica parola che sigilla il nostro patto comune con loro), che sosteniamo tutte le leggi pro-gay costruite sulla credenza dell’eterosessualità, che crediamo nell’esistenza di una « lobby gay » – in realtà divisa e quasi inesistente – e che non obbediamo alla Chiesa (la Chiesa non ha mai difeso né creduto nell’esistenza dell’eterosessualità). Nei fatti, solo la lobby etero esiste e tira le fila delle poche persone omosessuali che accettano per 5 minuti di recitare il ruolo che i pretesi « etero » hanno pre-scritto per loro. L’omosessualità è solo la vetrina della « Bottega Eterosessualità« . Pertanto, nella lotta contro il « matrimonio per tutti », consiglio: mettete l’eterosessualità in un pacchetto ben chiuso. Sembra pazzesco, ma non vi mento: per fare bene, e idealmente (anche se ci vorrà un tempo considerevole e un presa di coscienza gigantesca all’interno del nostro campo) bisognerebbe che tutto il nostro movimento cambi completamente direzione e si concentri sull’eradicazione della eterosessualità e di tutte le leggi che questa ha instaurato (aborto, contraccezione, divorzio, pornografia, leggi pro-gays, ecc.). Organizzate gli Stati Generali dell’eterosessualità o dell’omofobia o del bipolarismo omosessualità / eterosessualità. E poi farete il Botto del Secolo e vincerete il jackpot contro il « matrimonio per tutti ». Ma ancora dovete osare fare dell’eterosessualità il vostro cavallo di battaglia, piuttosto che il vostro bambino. Non è ancora vinta … ma è ancora possibile.

 

CONSIGLIO n° 21: Identificare il nostro nemico principale: la bipolarità oppositiva eterosessualità/omosessualità

Occorre identificare il nostro principale nemico: la bipolarità oppositiva eterosessualità/omosessualità, cioè l’ideologia della bisessualità sessualizzante che ha come scopo quello di ridurre l’Uomo, da una parte, a suoi sentimenti ed emozioni (secondo questa teoria saremmo tutti dei puri spiriti, degli angeli “amanti”, dei soggetti dotati di ragione e sensibilità, ma disincarnati) e, dall’altra, alle sue pulsioni e alla sessualità (saremmo dunque degli animali, dei genitali su due gambe, dei corpi fatti per godere). L’imposizione della bipolarità tra eterosessualità e omosessualità costituisce una grave violazione dei Diritti dell’Uomo, che negli ultimi vent’anni sono stati trasformati in “diritti degli omo e degli etero”. Questa bipolarità viene attualmente imposta in Europa da gruppi come Gay Straight Alliance o ILGA Europe. Di fatto, però, essa è ormai diffusa in tutti gli strati della popolazione poiché si è ben radicata nel linguaggio comune a livello mondiale e nella mentalità dei meno preparati culturalmente. Presentandosi dunque sotto la forma della possibilità o della scelta individuale “opzionale”, questa ideologia cerca di presentare gli Uomini sotto le vesti di angeli che possono accoppiarsi indifferentemente gli uni con gli altri. È un prodotto puro e semplice del liberismo economico.
 

Tuttavia, attenzione! Per agire correttamente, una volta individuato il nemico, non si deve, per reazione, negare l’eterosessualità e l’omosessualità in quanto tali. Se si demonizza il termine “eterosessualità” e si protesta non appena lo si sente, poiché lo si ritiene un’etichetta non realistica o un’ideologia falsante, non si svela nessun inganno e si rientra nello schema dell’eterosessualità che nega se stessa (del resto il pensiero borghese-bohémien bisessuale tende oggi all’indifferenziazione dei desideri e degli atti umani sostenendo che “etero, omo, bisex, non sono che etichette commerciali e inesistenti”). Ovviamente, quando si parla del vero nemico (la bipolarità oppositiva eterosessualità/omosessualità), grande è la tentazione di prendere le distanze, di proibire il termine “eterosessualità”, di affermare che “esistono solo l’uomo e la donna”, che “prima di tutto viene la persona umana” e che nei dibattiti con i nostri detrattori non è il caso di “creare o di discutere di fallaci etichette identitarie” che riducono l’identità umana alle sue pulsioni e ai suoi sentimenti. Tuttavia è comunque necessario parlare di eterosessualità! Il desiderio omosessuale esiste e l’eterosessualità, in quanto ideologia dei due sessi, merita di essere approfondita. Il paradosso risiede nel fatto che per spiegare per quale motivo non si deve parlare di eterosessualità e di omosessualità è necessario tollerare l’uso moderno di questi termini e perfino usarli un po’, pur riadattandoli. Sono la dose di veleno necessaria per il vaccino. Se malauguratamente ci mettessimo a demonizzarli e ne proibissimo l’uso, in realtà ne giustificheremmo in pieno l’esistenza e rientreremmo appieno nella logica di quel mondo che crea delle etichette per l’identità sessuale al fine di meglio negare la realtà dei desideri e per giustificare qualunque atto, nel momento in cui viene fatto in nome dell’ “amore universale”. Rendere banale il male con il pretesto di averlo ormai identificato oppure di condannarlo e … avrà vinto. Non è questo lo scopo. Occorre quindi parlare correttamente di eterosessualità e interessarsi ad essa.

 

CONSIGLIO n° 22: Identificare il Gender (o transumanesimo) per ciò che è realmente

Identificare il Gender (o transumanesimo) per ciò che è, cioè sostegno della bipolarità oppositiva tra eterosessualità e omosessualità (bipolarità che molti degli oppositori al matrimonio per tutti contestano) e non semplicemente un’ideologia che vorrebbe annullare le differenze tra i sessi e pervertire scientemente i giovani (questa è solo una caricatura del nemico e in realtà lo avvantaggia). In Francia il Gender è stato reso una caricatura e demonizzato con il solo risultato di incensarlo e lasciarcene vincere. I leaders della Manif non hanno avuto sufficienti capacità di previsione a questo riguardo, focalizzandosi sul termine “Gender”, senza rendersi conto che, nella pratica quotidiana, coloro che sostengono il Gender non solo non hanno realmente coscienza di cosa si tratti (per loro è sinonimo di “amore”, “rispetto”, “tolleranza”, “affermazione di sé”, “lotta contro l’omofobia e la discriminazione”, “diversità”, “scelta”, “libertà”, “queer” per gli artisti, ecc.), ma in più affermano esplicitamente di essere contro il Gender (in alcuni fascicoli pro-Gender si leggono frasi come “siamo contro il genere”) oppure affermano che questa ideologia non esiste. Il nocciolo del problema è che chi si è focalizzato sul temine per combatterlo non ha ben compreso il valore che esso aveva assunto nel cuore e nella testa delle persone. Il Gender è stato interpretato da chi si oppone al matrimonio per tutti come un’ideologia che voleva attaccare la differenza tra i sessi, un’ideologia, quindi, dell’indifferenziazione sessuale: è sbagliato. Da parte dei pro-Gender l’attacco alla differenza tra i sessi non è aperto e neppure cosciente, anzi essi sostengono proprio di valorizzare la differenza tra i sessi e promuoverne l’uguaglianza in termini di valore e quindi positivamente. Il Gender non mira apertamente all’annullamento delle differenze tra i sessi; al contrario i pro-Gender chiedono il rispetto di questa differenza (che essi confondono con l’eterosessualità). Non dicono che uomo e donna non esistono, non negano che servono un uomo e una donna per fare un bambino, non negano che la realtà biologica sia sessuata, non pretendono di imporre il cambio obbligatorio di sesso né di vestire i bimbi di rosa e le bimbe di azzurro. Essi vogliono lottare contro gli stereotipi che ingabbiano le differenze tra i sessi e non contro la differenza tra i sessi in quanto tale. Vogliono combattere il determinismo biologico, i miti machisti e misogini dell’Eterno Mascolino e dell’Eterno Femminino del cinema per affermare (e in parte hanno ragione) che ci sono mille e più modi di essere uomo o donna. Non vogliono impedire ai ragazzi e alle ragazze di amarsi: vogliono soltanto che coloro che non rientrano nel quadro affettivo dato dalla differenza di sesso – cioè le persone omo e bisessuali – possano anch’esse parlare di “amore” ed essere comunque rispettate. In Francia chi si oppone al Gender non ha ancora capito che il Gender non è l’attacco alla differenza tra i sessi, ma solamente l’ideologia che contrappone in modo negativo eterosessualità e omosessualità, che si continua a contestare e non viene mai denunciata per quello che è.
 

In pratica i Francesi hanno reso il Gender un concetto onnicomprensivo e onnipotente, intendendolo come uno strumento di Stato nascosto, una sorta di mafia franco-massona avida di potere e denaro, un “pensiero unico”, un “terrorismo intellettuale”, una piovra tentacolare di cui hanno man mano descritto tutte le ramificazioni che andavano scoprendo. Invece di estirpare la sua radice – che è la convinzione che non ci siano eterosessualità e omosessualità in quanto tali ma un “amore universale non eterosessuale e non omosessuale” (poiché gli stessi che creano queste etichette immediatamente le rinnegano in nome dell’uguaglianza dell’amore) –, essi sono rimasti immobili davanti alla montagna che avevano creato e hanno visto il Gender come una legione. Poi hanno giustificato la loro impotenza e la loro mancanza di realismo con la demonizzazione da parte dei media e dei politici, con la demonizzazione del “Sistema” della sinistra libertaria relativista al fine di mostrarsi come vittime e di esimersi dal parlare di omosessualità. Desolante.
 
 

COME AGIRE IN CONCRETO

 

CONSIGLIO n° 23 : Smettere di credere che i media o gli uomini politici siano nostri nemici e si oppongano a noi

È falso che i media e gli uomini politici siano nostri nemici e si oppongano a noi d’ufficio. La maggior parte dei giornalisti, oggi, è neutrale, ignorante, generalmente non cattiva e facile da convincere nel momento in cui non la si disprezza. (In Italia è favorevole il fatto che la religione e l’elemento trascendente abbiano ancora uno spazio un po’ più vasto nella cultura nazionale rispetto alla Francia). Anche gli uomini di governo che sostengono il progetto del “matrimonio per tutti” sono spesso combattuti tra le loro buone intenzioni e le conseguenze concrete delle loro bugie (per esempio Erwann Binet, portavoce ufficiale del “matrimonio per tutti”, non conosce nulla dell’omosessualità e non era particolarmente convinto dal suo progetto di legge; la signora Taubira, d’altra parte, non voleva che il matrimonio fosse “per tutti” , come François Hollande). I politici socialisti ha un’opinione edulcorata del dossier che presenta al Paese semplicemente perché la legge che vuole imporre a tutti sotto forma di proposta è essa stessa contraddittoria: pretende di trasformare la differenza tra i sessi in bisessualità asessuata e amorosa. Detto altrimenti, vuol far credere che una coppia uomo-donna, grazie all’ “amore” (coniugale prima e parentale dopo) e ad una legge, possa trasformarsi magicamente in una coppia composta da due uomini o da due donne e poi da genitori dello stesso sesso. Semplicemente delirante. Si capisce quindi perché gli uomini politici gays friendly stessi esitino e possano essere abbastanza facilmente messi di fronte alle loro proprie contraddizioni. Ma per fare questo occorre far prendere loro coscienza della violenza dell’opposizione eterosessualità/omosessualità e concedere loro fiducia. La palla passa quindi a noi, perché non abbiamo ancora cercato in nessun modo di metterci al livello dei nostri politici e dei nostri giornalisti.

 

CONSIGLIO n° 24 : Sostituite la mancanza di esempi concreti e la scarsa conoscenza dell’omosessualità con una formazione solida e incontrando persone omosessuali.

Sostituite la mancanza di esempi concreti e la scarsa conoscenza dell’omosessualità con una formazione solida e incontrando persone omosessuali. Non tutti hanno, come me, più di 90 amici omosessuali violentati o intorno tantissimi esempi di “coppie” omo che lo rendono molto freddo rispetto alla fiducia nell’ “amore” omo o, ancora, una buona cultura cinematografica e teatrale su questo argomento così da poter discutere con competenza dei disastri dell’Unione civile. Da ciò derivano il senso di impotenza e la fobia per il gay friendly che dominano la maggior parte di coloro che si oppongono oggi al “matrimonio per tutti”. Più conoscerete il mondo omosessuale, il suo linguaggio, le sue realtà, i suoi codici e più sarete sereni e convincenti nei confronti. Noi omosessuali abbiamo bisogno di essere ascoltati e abbiamo tantissime cose da dire!

 

CONSIGLIO n° 25: Non buttarsi subito nello scontro tra le opinioni.

Nei confronti con i detrattori non si deve subito arrivare allo scontro tra le opinioni, all’esposizione dei propri argomenti, ma piuttosto cominciare accogliendo la persona. Bisogna riflettere prima di agire e costruire prima le basi. In Francia abbiamo fatto l’errore di fossilizzare le nostre opinioni nella muta fissità (le Sentinelles) o in manifestazioni di piazza tanto impressionanti quanto inefficaci (la Manif Pour Tous). Prima di AMARE, abbiamo cercato di AVERE RAGIONE, di IMPORRE IL NOSTRO PUNTO DI VISTA, senza verificare di essere davvero compresi (al punto che ancora oggi la maggior parte dei Francesi gays friendly non capisce perché ci siamo opposti al “matrimonio per tutti”! e si crogiolano nella caricatura per affibbiarci delle spiegazioni). Se ci si butta subito nello scontro tra le opinioni e ci si sforza di rispondere alla domanda “Perché siete contro il matrimonio omosessuale?”, si è già arrivati alla conclusione. Infatti i nostri detrattori, ponendoci questa breve domanda, non fanno che metterci alla prova, per vedere se abbiamo l’umiltà di rinfoderare la spada (e, soprattutto, di chiudere la bocca). Poi ci fermano dopo i primi 15 secondi di esposizione senza permetterci di continuare. Alla domanda “Siete pro o contro il matrimonio omosessuale?” vi consiglio di rispondere “Sono per le persone omosessuali!” oppure di non rispondere per niente e di dire piuttosto, con un sorriso, “Beh, parliamone! Mi piacerebbe conoscere la tua opinione e mi farebbe piacere parlarne con te perché non so bene cosa pensare. Mi potresti essere d’aiuto! Sono davvero contento di poter parlare con te!”.
 

CONSIGLIO n° 26: Non andare nel panico e non perdere la pazienza.

Non andare nel panico e non perdere la pazienza. In questo momento, in Francia sono al culmine la tensione e l’isteria nei confronti di termini come “GPA” e “mercificazione dei corpi” o anche riguardo la parola “abrogazione” (che si ritrova in tutte le salse: “abrogazione mondiale della GPA”, “abrogazione del matrimonio”, ecc.). La cosa peggiore è che le persone che si oppongono poi non sono in grado di proporre delle forme realistiche di questa “abrogazione” che reclamano a squarciagola, dal momento che si rifiutano di parlare di omosessualità e eterosessualità, giustificano l’Unione civile come male minore e, in fondo, non credono veramente nell’ “abrogazione”. Costoro pensano che la violenza, il rumore, l’atteggiamento (muto e “da suicidio sociale”) delle Sentinelles, i loro bambolotti impiccati, le urla e l’incaponimento del ripetere la parola “abrogazione” siano manifestazioni di coraggio. Costoro ritengono che i loro momentanei slanci di omofobia siano in qualche modo legittimati. Per esempio, in Belgio, nel corso di una manifestazione simile a quelle delle Sentinelles, il 3 marzo scorso, durante la conferenza “Man having Babies”, ho visto dei responsabili del Comitato Etico, che dovrebbero essere esperti di comunicazione, scagliarsi alla gola dei nostri detrattori omosessuali come unico argomento di opposizione. Allucinante. E questi stessi rappresentanti omosessuali sono rimasti profondamente feriti da queste manifestazioni puerili di disprezzo, che non fanno procedere il dialogo e rendono meno credibili le nostre posizioni. Dobbiamo dunque calmarci, seriamente. E ciò ha tanto più valore oggi, dopo la promulgazioni delle leggi contro le quali ci battiamo.
 

CONSIGLIO n° 27: Smettere di credere che leggi come l’Unione civile e “il matrimonio per tutti” siano richieste per ciò che rappresentato e propongono.

Non è proprio il caso di credere che queste leggi siano richieste per il loro valore intrinseco. I pro-gays non ne conoscono neppure il contenuto! Un giorno, nel 2002, ho chiesto per gioco alla mia banda di amici omosessuali cosa significasse la sigla “PaCS” (Pacte Civile de Solidarité, Patto Civile di Solidarietà). Nessuno mi ha saputo rispondere. Idem per “matrimonio per tutti”: sfido qualunque gay friendly a dirmi in quale punto del programma elettorale presidenziale François Hollande si sia schierato a favore del “matrimonio gay” (è il 31) o a dirmi chi è Erwann Binet (il portavoce ufficiale della legge Taubira). Si troverebbe molto in imbarazzo.
 

In verità ad essere sostenuta non è la legge in sé e per sé (i benefici fiscali del “PaCS”, ad esempio, avrebbero potuto tranquillamente essere ottenuti, al di fuori di questo contratto, per via testamentaria), ma piuttosto ciò che essa simboleggia (“progresso”, “libertà”, “uguaglianza”, “riconoscimento”, “giustizia”, “amore”, “accoglienza delle persone omosessuali”, “lotta all’omofobia”, ecc.) oppure il diritto che essa rappresenta (ad esempio: le persone pro-gay chiedono il “diritto al matrimonio” piuttosto che il matrimonio, reclamando per dipiù il “diritto a rinunciarvi”). In Francia, invece di discutere con i nostri oppositori del “perché” chiedessero il “matrimonio per tutti”, abbiamo stupidamente discusso del contenuto delle leggi. Che altezzosi causidici siamo! A conti fatti abbiamo fatto attenzione alla carta e non alle persone. Abbiamo negato le reali intenzioni di queste leggi pro-gays. “Quando il primo idiota indica la luna, il secondo idiota guarda il dito …” (proverbio ariño-cinese).
 

CONSIGLIO n° 28: Non correre subito a manifestare. Prima riflettere.

Prima di correre a manifestare bisogna riflettere, bisogna dialogare. Cosa c’è di più costrittivo e confuso di una manifestazione e di una folla? Un combattimento sociale e spirituale si vince soprattutto con le parole e le idee. La manifestazione collettiva non serve che a portare un messaggio, non a sostituirvisi. Amici italiani, organizzate dei veri dibattiti (non delle sciocche chiacchierate), soprattutto con gli oppositori. In Francia, per l’impazienza di due persone (Frigide Barjot da una parte e l’istituto lefebvriano Civitas dall’altra) e a causa delle nostre paure (ebbene sì: chiamiamola “omofobia”!) abbiamo tralasciato la fase di dibattito e riflessione. Siamo subito scesi per le strade, persino senza sapere cosa vi avremmo detto. Abbiamo privilegiato la cassa di risonanza mediatica e politica rispetto al messaggio di fondo. Abbiamo preferito avere visibilità piuttosto che essere veri. Abbiamo preferito lo slogan al pensiero. Abbiamo dato la precedenza al microfono rispetto alla correttezza delle parole. Così abbiamo spaventato i nostri oppositori, abbiamo bloccato il dialogo ed essi si sono arroccati ancora di più. È stato un errore monumentale.
 

Bisogna smettere di agire senza riflettere. Ho smesso di contare le volte in cui, poiché ricordavo ai membri della Manif francese la priorità della discussione sull’omosessualità, i tirapiedi della galassia fascista francese, che sostenevano con pervicacia che bisognava picchiare duro e ottenere risultati immediati (dov’è che picchiamo?), hanno affermato che le mie opinioni erano “inascoltabili” (in realtà lo diventano solo perché non mi si lascia parlare), non erano “strategiche”, “praticabili”, “politiche” oppure mi hanno chiesto “come si traducesse politicamente e concretamente ciò che dicevo”. Di volta in volta criticano la politica (e la Rèpublique), a cui non credono più, oppure non fanno riferimento che a questa e ai media. Si concentrano, come il Front National, sulla “realtà” per mettere da parte la Carità e la Verità e per accampare una scusa al loro essere radicali pur dichiarandosi vittime. Non si adattano né alle reali intenzioni né alle emozioni né all’individualità delle persone che hanno davanti.
 

Tuttavia, quando protesto che si deve riflettere prima di agire, non dico che ci si deve per questo impantanare nella retorica e nella masturbazione intellettuale. Uno dei difetti dei Veilleurs francesi è stato quelli di fissarsi in un atteggiamento esteriore vagamente “attivista”. L’epoca d’oro dei Veilleurs arriva quando la veglia di riflessione continua in un’azione concreta. Credo che questa debba essere la vostra preoccupazione principale in Italia: operare in modo da non riflettere mai senza che questa riflessione si traduca nella donazione integrale della vostra persona ad un’azione reale.

 

CONSIGLIO n° 29: Creare delle cellule di auto-riflessione

Creare delle cellule di auto-riflessione, di verifica collettiva, dove voi vi ritrovate per parlare non solo di quello che volete e delle intenzioni della vostra battaglia, ma anche di come voi vivete gli avvenimenti, di ciò che voi potete migliorare tra di voi, di chi voi siete, delle tensioni e delle divisioni interne. I Veilleurs sono, nella loro base, il movimento ideale per questo. In Francia è mancata questa auto-riflessione, queste “camere di decompressione”, questa auto-critica, questo humour e questo realismo. Noi siamo implosi perché abbiamo simulato un’unità di facciata. Noi siamo fuggiti da noi stessi e siamo scappati dal reale ad un intellettualismo che chi ha esteriorizzati, radicalizzati e vittimizzati. Un movimento che non si mette continuamente in discussione, che non esprime quello che vive, che non ride di sé stesso, è destinato a morire, a dividersi e a riunirsi in maniera effimera intorno ad un simulacro di unità (“Noi combattiamo per la stessa causa e il nostro nemico è terribile!”: ma di chi e di che cosa parliamo esattamente?). Il movimento si trasforma in un “Cerchio di politicanti persi” (Sens Commun, La Manif pour Tous…), “un Cerchio di conferenzieri” (Écologie Humaine, Liberté Politique…), in un “Cerchio di filosofi persi” (i Veilleurs, le Sentinelle,…), o, senza mezzi termini, in un “Cerchio di attivisti di estrema destra”. Tutto questo non è efficace. E molto effimero!.
 

CONSIGLIO n° 30: Non utilizzare un gergo cripto-cattolico per non sviarci dal parlare della nostra fede

Non utilizzare un gergo cripto-cattolico per non sviarci dal parlare della nostra fede. Questo gergo non imbroglia nessuno tranne noi stessi (“la Vita”, “il vivere insieme”, “la speranza”, “la fecondità,” “il bene comune”, “i valori”, “l’ecologia”, “la benevolenza”, “il prendersi cura”, “il rispetto”, “la famiglia”, “il bambino”, “la coscienza”, “i limiti”, “la realtà”, “la dignità umana”, “il senso”,…). Dio, in quanto persona pubblica, non è molto amato in Francia!. Noi lo lodiamo sulla punta delle labbra. Per favore, in Italia, acclamatelo!…
 

CONSIGLIO n° 31: Evitare di parlare direttamente di ecologia, per esempio, per conquistare il pubblico di sinistra o ateo

Evitare di parlare direttamente di ecologia, per esempio, per conquistare il pubblico di sinistra o ateo. Mi spiace, ma trovo ridicola la maniera cattolica di occuparsi dell’ecologia. Anche se, LO SO, è “papal”, quando ne si parla lo si fa in modo profondo e giusto. Le persone smettono di essere ecologiste perché non regolano i loro problemi di sessualità e di affettività. No, quando gli si parla direttamente e unicamente di ecologia. Dunque, l’ecologia non è altro che un epifenomeno dell’affettività. I cattolici francesi non hanno mai detto tante stupidaggini da quando si ammosciano acerbamente, fumano il loro spinello “ecologico” e non si assumono la responsabilità di credere in Dio né di dire ciò che pensano riguardo all’omosessualità.
 

CONSIGLIO n° 32: Evitare il gergo intellettuale con dei concetti complicati

Evitare il gergo intellettuale con dei concetti complicati. In Francia noi siamo i campioni di questa verbosità. Durante tutto il periodo di lotta contro il matrimonio per tutti (2012-2015) siamo stati contenti di imparare nuove parole e abbiamo organizzato conferenze su conferenze su queste parole (Gender, GPA, PMA, abrogazione, transumanesimo, ecologia, eutanasia,….) invece di preoccuparci del significato che queste parole stanno prendendo nel cuore e nella teste della gente di oggi, l’ideologia che noi combattiamo – l’” omosessualità”, “omofobia”, “amore”, eterosessualità” – noi cerchiamo di far entrare gli altri nei nostri ragionamenti e nei nostri concetti che non raggiungono i loro sistemi di pensiero, che non definiscono i loro idoli affettivi. Noi assorbiamo inefficacemente da qui e da là cercano lo slogan del momento: fare questa ha l’aria che sia utile, ma in realtà la nave continua ad affondare. E’ il dialogo di sordi con i nostri oppositori che pensano di difendere le nostre stesse cose (la vita, la famiglia, il bambino, l’opposizione al Gender…..) e non capiscono perché le contraddiciamo. Noi ci allontaniamo dalla reale volontà e emozione dei nostri contemporanei. Noi ci nascondiamo nell’intellettualismo per trovare delle scuse alla nostra paura dell’omosessualità. E nel frattempo i socialisti libertari stanno distruggendo tutto, demolendo tutto, liberalizzando tutto e tutto questo sempre definendolo amore, gay friendly attitude o solidarietà.
 

CONSIGLIO n° 33: Assicurate la copertura argomentativa completa del dibattito contro il matrimonio per tutti attraverso questi tre prismi: politica, Chiesa, omosessualità

Assicurate la copertura argomentativa completa del dibattito contro il matrimonio per tutti attraverso questi tre prismi: politica, Chiesa, omosessualità. E’ il solo mezzo per centrare veramente il soggetto essere noi stessi e essere veri. Non fate come in Francia dove noi non abbiamo che parlato dell’aspetto politico (e in più in ritardo, poiché all’inizio noi abbiamo demonizzato la politica pensando che era propaganda e carrierismo: la Manif pour Tous ha impiegato molto tempo per diventare un partito e in più si politicizza adesso che sta morendo). Non imitate inoltre la Francia dove noi abbiamo rinnegato Gesù (pensando che avrebbe fatto paura alle persone quando invece era a noi che faceva paura!), dove noi abbiamo rinnegato le persone omosessuali (noi le abbiamo utilizzate per fare tappezzeria, come cauzione morale). Per lottare contro il nostro nemico (= l’eterosessualità) e le cerchio perfettamente, bisogna (e l’ho constatato durante il mio viaggio a giugno 2014 in Costa d’Avorio) possedere tre carte vincenti, o punti di attacco costituenti il triangolo vincente: la politica, la Chiesa e l’omosessualità. In Italia, voi avete la fortuna di avere due delle tre caratteristiche: la politica e la Chiesa…anche se vi siete ancora privati del più importante: l’omosessualità. In Francia, noi abbiamo incominciato ad avere due carte vincenti: la politica e l’omosessualità (omosessualità è stata l’eccezione francese l’approccio che ha permesso alla popolazione francese di disinibirsi e di sfilare massivamente in strada…ma purtroppo noi non abbiamo approfittato delle due carte e abbiamo in seguito creduto che l’omosessualità faceva ombra alla strategia politica e all’immagine mediatica del movimento, dunque noi abbiamo tenuto, per arrivismo e per omofobia, la carta della politica lasciando la carta dell’omosessualità che era la più potente e la più temibile per i nostri governanti socialisti. E la carta della “Chiesa”, noi non l’abbiamo assolutamente utilizzata! A causa dell’errore anche della codardia di molti dei nostri vescovi e dei nostri preti che, sotto la copertura della laicità e della neutralità ecclesiastica, hanno sostenuto che l’impegno politico contro il “matrimonio per tutti” doveva restare una iniziativa “cittadina e personale” che la Chiesa non doveva sostenere ufficialmente. Alla fine dei conti, la Francia ha accarezzato la vittoria contro la legge Taubira, ma è caduta d’ancora più in alto. Noi viviamo ancora questa illusione schizofrenica. Nel nostro paese noi abbiamo finalmente un complesso: noi demonizziamo la sessualità, la politica, la fede, i medias come se si trattasse di grosse parole o del diavolo o come se ciascuno di questi terreni dovessero essere ben separati l’uno dall’altro. Tutto ciò perché noi manchiamo di fede nella Chiesa e nell’immagine che Lei dona. Voi, in Italia, voi avete finalmente più carte vincenti che in Francia: politica e fede. Ma senza la terza (omosessualità), gli altri due non pesano abbastanza.
 

Allora amici italiani, siate cattolici. Non abbiate vergogna della Chiesa. Io so che le vostre parrocchie, i vostri sacerdoti, i vostri vescovi non sostengono quasi mai le Sentinelle in piedi, per esempio, e che nella vostra parrocchia voi dovete mantenere il silenzio riguardo il vostro impegno contro il matrimonio per tutti. Come in Francia vi si impedisce di incrociare la fede con la politica o la fede e la sessualità. Non abbiate paura di politicizzarvi. La politica e la religione, anche se non devono fondersi, vanno bene insieme.
 

Non esitate a lungo a essere rigorosi con il Papa. Esigete da lui che si formi con serietà sull’omosessualità (leggendo per es. il mio Dizionario dei Codici omosessuali haha), sui pericoli dell’eterosessualità e che impieghi tre parole nella prossima sessione sinodale sulla questione cruciale che non sono mai state impiegate dalla Chiesa riguardo all’omosessualità: la sofferenza e l’abuso (= ciò che è il desiderio sessuale), la continenza (= come si vive con questo desiderio quando è duraturo) e la santità (= verso dove e quale dono per il mondo il desiderio omosessuale può essere orientato).
 

E soprattutto tenete conto del fallimento del profeta. Se nel nostro combattimento raggiungessimo l’unanimità, noi non vivremmo la radicalità e la pienezza della verità, se il nostro successo si imponesse sulla terra non sarebbe il segno dell’Amore. Difendere la differenza dei sessi o la differenza Creatore-creature (= Chiesa), non gratifica e dal punto di vista umano è perdente. Si tratta di difendere un tesoro d’amore della misura di un granello di senape, un dettaglio. Per conseguenza logica pochi lo colgono e quindi è difficile da difendere. Ma il fatto di conoscere la nostra giusta impotenza ci permette di resistere nella gioia, nel perdono e nella speranza in tutte le circostanze. CORAGGIO!!!
 
 

P.S.: Questo articolo è disponibile anche in francese, spagnolo e inglese.