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Le jour où Vallaud-Belkacem s’est rendue compte de son immaturité…

Photo par Jean-Baptiste Bonavia (Paris, la Défense, janvier 2014)

Photo par Jean-Baptiste Bonavia (Paris, la Défense, janvier 2014)

 

Je ne sais pas si vous avez remarqué ces derniers temps le changement d’attitude de notre Ministre des Droits des Femmes en France, Madame Najat Vallaud-Belkacem. Elle commence tout doucement à se rendre compte de l’hypocrisie de ses combats, de la vanité des orientations sentimentalo-politiques qu’elle a prises avec ses comparses socialistes (non moins immatures qu’elle : Erwann Binet, Christiane Taubira, Dominique Bertinotti, Jean-Pierre Michel, Esther Benbassa, pour ne citer que les meilleurs cancres mielleux de la classe politique française) qui essaient de nous gouverner et de nous imposer leur conception sucrée et irréaliste de l’Humanité, reposant sur des mots-slogans qui font joli sur le papier (« égalité », « lutte contre les discriminations », « droits », « amour », « liberté », etc.) mais qui n’ont pas d’assise sur le Réel ni sur la réalité des personnes, et qui n’ont rien à voir avec la vraie gauche sociale.

 

Elle ne sourit plus comme avant, Najat…


 
 

Et on comprend pourquoi. Elle aurait tout pour se cacher de honte ! :

1) Soi-disant elle défend les femmes… mais en attaquant ceux qui sont censés les défendre (les hommes), et en prouvant que la différence des sexes (qui définit ontologiquement l’identité de la femme) n’existe pas et que celle-ci est un système genré aléatoire et stéréotypé à détruire puisqu’il assiérait la « domination masculine ». En outre, Madame le Ministre contribue à faire passer toutes les lois qui concrètement transforment encore plus les femmes en objet : PMA (ventres à louer), GPA (= mères porteuses), « mariage pour tous », propagande contraceptive, Gender, contractualisation du mariage et facilitation des divorces, encouragement des femmes à rentrer de gré ou de force sur le marché du travail, etc. Pour une Ministre des Droits des Femmes, il fallait le faire, quand même !

2) Soi-disant Madame Belkacem défend les personnes homosexuelles… mais en leur attribuant le mariage, non seulement elle nie les réelles souffrances et violences que la pratique homosexuelle engendre (est-il utile de rappeler qu’à ce jour, je connais plus d’une centaine de personnes homosexuelles qui ont été violées – et ce, non par des « méchants homophobes extérieurs à la communauté LGBT », comme le croit naïvement notre ministre car en réalité elle n’y connaît rien à l’homophobie, mais uniquement par des personnes homosexuelles elles-mêmes ?). Mais en plus, elle remplace mine de rien les Droits de l’Homme par « les Droits des hétéros et des homos ». Autrement dit, elle nous retire, à nous personnes homosexuelles, notre humanité. Et elle réduit les êtres humains à leurs pulsions et orientation sexuelle : bref, à des animaux. Belle violation des Droits de l’Homme et du Citoyen républicain ! Elle met en place ce qu’on pourrait appeler une homophobie « gay friendly », c’est-à-dire une homophobie qui veut le bien des personnes homosexuelles sans le faire et sans reconnaître les souffrances qu’elles vivent, homophobie couplée à un transhumanisme qui convertit les êtres humains en des machines asexuées guidées uniquement par leurs sensations, leurs sentiments et leurs « droits », et dont les parents ne sont plus que les « bons éducateurs ». La politique de Belkacem est une parfaite application de l’adage populaire expliquant que « L’enfer est pavé de bonnes intentions ».

3) Soi-disant Mme Belkacem défend la vie… mais une vie irréelle puisque ce ministre ne considère pas les personnes avec leur corps sexué (elle ne défend que des anges asexués, que des « constructions culturelles censées s’affranchir de leur culture de naissance »), et qu’elle promeut la banalisation de l’avortement – autrement dit le droit au meurtre d’enfants – ainsi que le libre accès à l’euthanasie. Des actes purement scandaleux et à dénoncer, tout en aidant et aimant concrètement les personnes qui les posent par désespoir.

 

Pour conclure, toutes les réformes, clairement homicides, que Vallaud-Belkacem (et sa clique) fait passer et qui sont objectivement gravissimes tant elles portent atteinte à l’identité profonde et à l’existence des êtres humains, elle tente d’en atténuer l’ignominie par des combats d’arrière-garde dignes des plus classiques manuels scolaires de langues qu’on trouve à foison dans l’Éducation nazie-onale actuelle. Exemples de combats-accessoires belkacémiens hautement moins importants que la défense de la vie, que la lutte contre le chômage et la crise, que la lutte contre le suicide assisté, que la lutte contre les violences et les souffrances réelles des gens : la répartition des tâches ménagères entre homme et femme, l’égalité de salaires, la parité et la mixité des sexes, le « mariage pour tous », la lutte contre les « stéréotypes de genres », la lutte contre « l’homophobie » et le sexisme, le combat contre les jouets pour enfants « roses ou bleus », etc. Et le pire, c’est que Najat est sérieuse et sincère ! Mais la sincérité, ce n’est pas nécessairement la vérité.

 

 

La politique de cette femme, en plus d’être ridicule, est tout simplement criminelle. Ce ne sont pas des grands mots. Ce sont des faits. Pour l’instant, Madame Belkacem ne fait que deviner la gravité de ce qu’elle met en place à l’échelle de la nation française, en affichant une mine mi-souriante, mi-piteuse… mais je crois qu’elle n’a pas encore compris avec son cœur et sa tête en quoi ses sincérités irréalistes étaient vraiment graves. Alors on ne la lâchera pas tant qu’elle ne corrigera pas le tir.

 
 

Le jour où Belkacem s’est rendue compte de l’hypocrisie de sa sincérité, le jour où elle s’est rendue compte de son immaturité destructrice…

… n’est pas encore arrivé.

 

 

MIROIR FIDÈLE DE NOTRE ÉPOQUE DÉPRIMÉE – Décryptage de la propagande bisexuelle bobo actuelle (50 codes)

50 CODES BOBOS

 

… ou les conséquences de la fuite de la différence des sexes (sexuation) et de la différence entre Créateur et créatures (Dieu et Église catholique) : la déprime, la bisexualité (nommée « hétérosexualité ») et la mise en place d’une religion profane imposant la dictature des sensations/des pulsions individualistes.

 

« Chez le bobo, tout est rituel ; rien n’est sacré. » (Marie Pinsard)

 

Dans l’univers bobo, tous les rituels sacrés (repas, sexualité, enterrement, processions à la bougie, fêtes, vie communautaire) sont là… vidés de sens, d’incarnation, de Dieu.

 

Autrement dit, chez le bobo (que nous sommes tous quand on ne va pas bien), l’intention (esthétique, politique, sentimentale, écologique) est là : pas les faits. La culture bobo se sert de nos bonnes intentions pour nous transformer :

–        en bébés

–        en athées

–        en bisexuels (homosexuels)

–        en consommateurs (anti-société de consommation !)

–        en rebelles anti-conformistes qui n’existent qu’en s’opposant, qui dénoncent sans rien faire

–        en dandys qui cachent leur argent et qui dépriment comme la pin-up suicidaire.

 

La culture bobo, extrêmement positive en théorie (« positive attitude » du dépressif), mais déshumanisante et déprimante dans les faits, veut nous arracher aux deux trésors qui fondent notre existence et l’Amour : la différence des sexes et l’Église catholique.

 

Ce n’est pas un mythe. C’est un programme gouvernemental planifié. Notre ministre de l’Éducation nationale actuel, Vincent Peillon, dans son ouvrage récent  Une religion pour la République (Seuil, 2010, p. 277) est très clair : 

« ( il faut ) arracher l’élève à tous les déterminismes : familial, ethnique, social, intellectuel » ( afin de ) « s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités ».

« Car toute l’opération consiste bien, avec la foi laïque, à changer la nature même de la religion, de Dieu, du Christ, et à terrasser définitivement l’Eglise. »

 
 
 
CHAPITRE I – La déprime sincèrement politique : (Recherche de la Révolution sans le pouvoir et sans les autres)

1 – Baba-cool libertaire/ petits enfants des hippies 68

2 – Haine du banquier, du « commercial », des médias et du « politique »

3 – Optimisme (« Crois en toi » quelque part, « Fais-toi du bien », « Bats-toi et réalise-toi ! » ; « Sois ce que tu es de toute éternité » ; « La vie est belle. », « Tu es génial »)… sans l’Espérance.

4 – « La Nature me domine et prouve la méchanceté de l’Humain »

5 – Objets, paysages et animaux parlants (animisme ; les fleurs ; héroïc fantasy) Prêter des intentions aux passants

6 – « Ces petits rien qui font ces petits tout »

7 – Scooter (cheval ou vélo)

8 – Globe-trotteur

9 – Mosaïques (multiculturalisme de supermarché / éclatement de l’identité)

10 – Ville européenne exotique (et la ville tout court)

11 – Vent

12 – Mer (espace de l’infini où se dilue mon désir)

13 – Parler étranger (Anglais)

14 – Fanfare jazzy (ou tsigane)

15 – Vieux marin breton

16 – « Vive le vieux ! » (brocante)

17 – Chapeau Charlie Winston (bonnet)

18 – Clope (drogues)

19 – Jargon vulgos-pédant (poussif, logorrhée, jubilatoire, lumineux, …)

20 – Canapé (dilettante)
 
 
 

CHAPITRE II – La déprime sincèrement religieuse : (Recherche de la Divinité sans Jésus ni son Église)

21 – Habits blancs (Nuisette)

22 – Voix-off anesthésiante insupportable (Voix androgyne)

23 – Bougies (lampions et guirlandes électriques)

24 – Marché le dimanche / Brunch / Chanson du Dimanche

25 – Barbu

26 – Le bloggeur catho

27 – Bouddhisme / Psychologie magazine / Laïcisme

28 – Terrasse d’un building à ciel ouvert

29 – Fête profane hédoniste (« alors on danse » ; concert où on « s’éclate »). Cf. Philippe Muray Festivus

30 – Silence / pudeur sacrés

31 – Guerre iconoclaste (anti-préjugés/anti-clichés) : protestantisme
 
 
 

CHAPITRE III – La déprime sincèrement artistique : (Recherche de la Beauté sans le Réel, dans l’anti-conformisme misanthrope) Queer & Camp

32 – Promenade chorégraphique urbaine nocturne, « Je suis dans mon clip minimaliste »

33 – Ralenti (avec rotation à la Matrix) ou nonchalance

34 – Spectateur oisif à sa fenêtre / balcon

35 – Photographe (Peintre / Réalisateur / Critique d’art Télérama ou Inrock) ;  Loft d’artistes

36 – Piano (guitare)

37 – « J’aime / J’aime pas » (le bobo pense « philosopher » en disant ce qu’il aime et ce qu’il ressent) ; – Bal de sensations

38 – Effet listes (Zapping)

39 – Sifflotements et xylophones qu’on entend dans toutes les pubs actuelles (banjo / décontraction travaillée)

40 – Nostalgie seventies

41 – « Je prends en photo ce que je mange » (table de travail cuisine Herta) « Je prends en photo ma bibliothèque / ce que je lis » (je rédige mon journal intime)

42 – Pas d’humour ou rire crispé (artistes contemporains un chouilla déjanté)
 
 
 

CHAPITRE IV – La déprime sincèrement amoureuse : (Recherche de l’Amour sans la différence des sexes, sans l’Église et sans mon désir)

43 – « L’Amour s’impose à moi/Je le construis par mon ressenti »

44 – Trio bisexuel (en plein déménagement)

45 – Mademoiselle (Mam’zelle, « théorie de la Jeune Fille » de Tiqqun)

46 – « Je t’embrasse / Prends soin de toi »

47 – « Je ne drague pas. C’est pas sexuel. »

48 – « Je suis vivant » ou « J’ai aimé »

49 – Tatouage

50 – Pro-Homosexualité mais anti-milieu gay, pro-méthodes naturelles mais pro-homoparentalité, pro-avortement, PMA, préservatif. Hétérosexuels.

 

Montée de l’homophobie en France… mais pas du côté qu’on croit !

Photo par Jean-Baptiste Bonavia (Paris, République, novembre 2013)

Photo par Jean-Baptiste Bonavia (Paris, République, novembre 2013)

 

Ce matin (jeudi 28 novembre 2013), à 9h, en l’espace d’une demie heure, j’ai reçu trois coups de fil anonymes de jeunes hommes homosexuels qui, à tour de rôle au téléphone, m’ont insulté, invité à des « plans cul » ou à la masturbation, conseiller de me faire violer. Avant la loi Taubira, je n’étais pas attaqué comme ça.

 

Non seulement les militants pour le « mariage gay » se rendent compte qu’ils ne le voulaient pas et qu’il ne change rien à leur situation (frustration et déception inconscientes qui demandent à être résolues), mais en plus, cette loi les orientent vers la seule conquête accessible qu’ils leur restent (maintenant qu’ils ont quasiment obtenu tous les droits sociaux qu’ils pouvaient demander à l’État) pour se prouver qu’ils ne souffrent pas de la pratique homo et qu’ils sont de grands justiciers : la traque contre l’homophobie. Autrement dit, l’auto-destruction ou la destruction de leurs jumeaux d’orientation sexuelle, puisque, lorsqu’on découvre la véritable identité des agresseurs homophobes, on constate que les personnes homosexuelles pratiquant des actes homosexuels sont leurs propres agresseurs.

 

La justification banalisatrice de la pratique homo – sous forme d’espèce humaine, sous forme d’amour ou sous forme de droit législatif universel – est un encouragement à l’homophobie. C’est tout à fait logique : la pratique homosexuelle EST l’homophobie, étant donné qu’elle repose sur une discrimination (l’exclusion de la différence des sexes) ; donc à chaque fois qu’elle se pose, cette pratique se retourne contre les personnes homosexuelles (qui, elles aussi, comme tout être humain, sont issues de la différence des sexes).

 

Je vous demande donc d’être extrêmement attentifs sur l’identité et les méthodes de mes agresseurs. Elles vous indiquent le véritable visage de l’homophobie : la pratique homosexuelle et hétérosexuelle, et sa justification/balanalisation sociale. Et surtout, je vous invite – même si ce n’est pas facile, car les apparences et les intentions sont trompeuses –  à voir l’homophobie chez ces personnes qui se présentent comme « hétérosexuelles » (Madame Christiane Taubira, Mr Erwann Binet, Madame Virginie Télennes alias Frigide Barjot, entre autres : toutes ces passionarias médiatiques qui veulent le bien des personnes homosexuelles sans le faire et sans chercher à dénoncer leurs véritables souffrances – liées prioritairement au couple homo et à la croyance en sa beauté), à identifier l’hypocrisie et la violence de leurs bonnes intentions gay friendly. Car ce sont ces imposteurs qui mériteraient un procès pour crime contre l’Humanité, et aussi, de surcroît, un procès pour homophobie (involontaire ?). Ils sont responsables, par leur ignorance couplée avec de l’orgueil narcissique, de la montée des actes homophobes en France. On ne peut pas, comme ils l’ont fait, bâillonner l’opinion publique, le bon sens commun, et imposer de manière totalement illégale et anti-démocratique, une loi comme le « mariage pour tous » (qui profère un discours aussi contradictoire et aussi homophobe que « Il faut accueillir toutes les différences » et « Les différences n’existent pas, nous sommes tous égaux ») ou bien comme l’union civile (qui justifie l’union homosexuelle comme « couple » et comme modèle social à part entière à justifier et « protéger » sans discussion), sans que cet acte soit sévèrement puni. Les véritables victimes d’homophobie, quand elles auront l’audace de parler, pointent déjà du doigt l’homophobie de leur soi-disant défenseurs.

Décryptage symbolique du film « La Vie (narcissique) d’Adèle »

Décryptage symbolique du film « La Vie (narcissique) d’Adèle »

 

LE FILM « LA VIE D’ADÈLE », PASSÉ AU CRIBLE DU « DICTIONNAIRE DES CODES HOMOS »

 

La vie d'Adèle eau

 

Plutôt que de blablater sans fin sur la valeur de « La Vie d’Adèle », le 5ème film d’Abdelatif Kechiche qui a reçu en mai dernier la Palme d’or au Festival de Cannes et qui est sorti hier au cinéma en France, plutôt que de jouer les offusqués d’un tel scandale (car OUI c’est une honte qu’une « palmette » bobo d’aussi mauvaise qualité et avec un message aussi pauvre soit applaudie, OUI c’est très inquiétant qu’une « œuvre de crise » comme celle-là, où le viol et la maltraitance sont à tous les étages – y compris lors du tournage et pour les actrices qui avouent « s’être senties filmées comme des prostituées » – soit encouragée), plutôt que de rentrer dans le concert stérile des opinions de goûts « Méritée/Pas méritée/J’ai aimé/J’ai pas aimé/Ça m’a choqué/Ça ne m’a pas choqué » qui fait écran à l’analyse et qui finalement donne raison à la démarche narcissique et puérile de beaucoup de nos cinéastes pseudo « sulfureux et avant-gardistes » actuels (pour eux, en effet, ce qui compte n’est pas la qualité d’un film mais juste qu’on « en parle » ; ce n’est pas l’œuvre en elle-même mais ce qu’elle symbolise et comment elle est reçue ; ce n’est pas l’action mais ses « bonnes » et ses « mauvaises » intentions), je me suis dit qu’il serait plus constructif de passer directement à la phase de la description. Ben voui. Avant de dire « J’ai détesté » ou « J’ai adoré » ou « J’ai ressenti », c’est vraiment tellement plus intéressant de se demander « Qu’est-ce que j’ai vu et qu’est-ce que ça signifie ? ». Et même avec une daube comme « La Vie d’Adèle », il y a énormément de choses à voir, à analyser, au-delà de la qualité et des intentions de l’auteur et des comédiens (il suffit de les écouter pour comprendre qu’ils n’ont rien à dire et qu’ils n’ont pas compris ce qu’ils ont fait). On va maintenant les aider, non pas à dire que leur création est géniale parce qu’elle est truffée de symboles, mais juste qu’elle est signifiante et non-libre/non-libérante de regorger précisément d’autant d’inconscient !

 

La vie d'Adèle affiche bleue

 
 

Je vais dresser froidement la liste de ce que j’ai vu hier lors de la projection de « La Vie (narcissique) d’Adèle » (comme je l’appelle ironiquement), en passant le film au tamis de mon Dictionnaire des Codes homosexuels, pour vous montrer combien même la merde a sa logique, combien le retour du refoulé humain a sa lisibilité et sa part de génie, combien ma grille d’analyse est géniale (car je doute que l’égocentrique et imbuvable Abdelatif Kechiche ait pris connaissance de mes écrits et ait décidé de plein gré de coller aussi précisément aux codes symboliques de mon Dictionnaire).

 

Code « Eau » ou « Amant narcissique » ou « Miroir » ou « Fusion » :

– Tout le film est mis sous le signe de la couleur bleue et de l’eau (Adèle à la mer et qui fait la planche, Adèle sous la douche, les cheveux bleus d’Emma, les vêtements bleus, etc.).

– Pendant 3 heures de film, on n’a quasiment que des gros plans très resserrés sur les visages… quand ce ne sont pas des plans carrément flous d’être trop proches, ni des scènes filmées en caméra subjective (avec les tremblements qui vont avec, et qui font « trop naturalistes »). Il n’y a pas d’espace : ni entre les personnages (qui passent leur temps à s’embrasser), ni entre le réalisateur et ce/ceux qu’il filme. Cela montre bien que « La Vie d’Adèle », même dans sa forme, est un film égocentrique, narcissique, fusionnel et oppressant.

– Adèle se masturbe.

– L’importance des miroirs dans le film.

– « J’adore la couleur bleue ! » (une amie bobo beaux-ardeuse d’Emma)

– Lors d’un cours de français sur la pesanteur, il est question d’« un vice intrinsèque à l’eau ».

– Dans un musée, Emma et Adèle s’extasient devant des toiles représentant des baigneuses nues dans des bains, ou bien sur des Ophélie aquatiques et inanimées dans l’eau.

– « Tout ce qui vient de la mer, c’est vrai que j’ai un peu de mal. » (Adèle)

– À la fin du film, Adèle est le Narcisse qui s’est noyé : elle pleure dans le resto au décor bleu.

 

La-vie-d-Adele-chapitre-1-2

la vie d'adèle double miroir

la vie d'adèle fusion

La vie d'adèle herbes

Blue Is the Warmest Colour (La Vie d'Adele) film still

la-vie-d-adele-moquette

 

Code « Éternelle jeunesse » :

– Les deux amantes vivent une idylle d’adolescence. L’une d’elle, Adèle, est en classe de première au lycée.

 

Code « Liaisons dangereuses » ou « Violeur homosexuel » ou le sous-code « Mélodrame » du code « Emma Bovary « J’ai un amant ! » » :

– Dans le discours des personnages, il est très souvent question de la défense de la « prédestination » dans les rencontres amoureuses. Celles-ci seraient déjà écrites d’avance, ne se choisiraient pas, et devraient obligatoirement se vivre. Ce film offre une vision de l’amour comme un destin tragique.

– Le premier regard lesbien que Adèle porte à Emma (quand elle se croise dans la rue) est teinté de peur, pire encore, de terreur.

– Thomas, le copain furtif de Adèle, dit que le seul roman qu’il a lu et aimé de sa vie, ce sont Les Liaisons dangereuses de Laclos.

– « La tragédie, ça touche à l’essence même de l’être humain. On ne peut y échapper. » (un des profs de littérature d’Adèle)

– « Il n’y a pas de hasards. » (Emma à Adèle)

 

Sous-code « Regards » dans le code « Amant diabolique » :

– Le regard désirant est désigné comme déterminant et est impérieux.

 

Code « Viol » ou « Poids des mots et des regards » :

– Le lesbianisme d’Adèle naît de la pression sociale à « niquer », à « faire couple » obligatoirement (les amies d’Adèle la poussent dans les bras de Thomas).

 

Sous-code « Descentes aux enfers » du code « Milieu homosexuel infernal » :

– Pendant le jeu télévisé Questions pour un champion, Julien Lepers pose la question suivante : « Quel est le nom de la femme d’Orphée qui descend aux enfers ? » (réponse : Eurydice)

 

Code « Milieu homosexuel infernal » :

– Le milieu lesbien est montré comme un milieu hostile, moqueur, narquois, grippe-fesses, puéril.

 

Code « Déni » :

– Pendant le jeu télévisé Questions pour un champion, Julien Lepers pose la question de la définition de l’« omerta », la fameuse « Loi du silence ».

– « De toutes façons, tu le sais. » (une amie lycéenne, parlant à Adèle de l’amour alors que cette dernière croit qu’il s’agit de son homosexualité : vieux quiproquo)

 

Code « Sommeil » ou « Femme allongée » :

– Les personnages du film sont souvent filmés endormis ou ensommeillés.

– L’un des tableaux que fait Emma de son amante Adèle est justement une femme allongée.

 

Code « Voyage » :

– On voit tout le temps Adèle dans les transports en commun, pile au moment où elle « se lesbianise ».

– « C’est bien de voyager : ça ouvre l’esprit. » (la phrase « profonde » de Samir)

 

Code « Amant triste » :

– Adèle et Emma sourient très rarement, et pendant tout le film, ce sont des pleureuses qui sont montrées, parce qu’elles se font énormément souffrir ensemble (après s’être bien consommées et après avoir esthétisée leur « idylle »).

 

Code « Bovarysme » ou « Poids des mots et des regards » ou « Élève/Prof » :

– Adèle est en classe de 1ère L (Littéraire) et vit à travers les livres. Elle dira elle-même qu’elle « les adore ». Elle croit quasiment tout ce que ses profs de lettres lui disent, et essaie de transposer ce qu’elle entend ou lit sur sa vie réelle et sentimentale.

– Adèle lit La Vie de Marianne, le roman à l’eau de rose de Marivaux.

– Depuis qu’Adèle sort avec Emma, elle aurait fait des progrès spectaculaires en classe.

– Ce n’est pas un hasard qu’Emma s’appelle Emma (comme Bovary).

 

Code « Faux révolutionnaires » :

– Adèle défile avec la CGT contre la privatisation de l’enseignement public, et chante « On lâche rien ». Puis, une fois en couple, elle s’excite à la Gay Pride parisienne.

– Dans l’histoire, Emma incarne la lesbienne assumée et qui a assurée alors qu’Adèle est celle qui a trahi par sa bisexualité (cf. le sous-code « L’homo combatif face à l’homo lâche »).

 

Code « Faux intellectuels » :

– Adèle, qui est en filière littéraire (waou !), qui écrit un peu et qui prétend adorer les grands chefs-d’œuvre de la littérature, se révèle être pourtant une lycéenne très passive et nonchalante en cours, une fille visiblement sans conversation (l’actrice Adèle Exarchopoulos ne semble pas faire mieux que son personnage…), une piètre institutrice.

– Adèle à la fenêtre, en train d’écrire (cf. le code « Femme au balcon »).

– Dialogues du film absolument nuls, uniquement centrés sur les goûts et sur le ressenti des héros. Aucune poésie ou philosophie là-dedans.

– Mention à l’existentialisme de Jean-Paul Sartre, montré comme le fin du fin de la pensée contemporaine… alors qu’il est juste instrumentalisé pour justifier un discours ET relativiste ET volontariste sur l’amour (le « pro-choix » déterministe et individualiste d’une Caroline Fourest, par exemple) : « On peut décider soi-même de sa vie. » dit Emma la « peintre-philosophe ».

– Adèle considère Bob Marley et Sartre comme le summum de l’engagement existentiel, comme des « prophètes » (au moins ça, oui…).

– Soi-disant Adèle aurait fait des progrès pharamineux en cours de philo grâce à ses discussions amoureuses avec Emma : en réalité, on voit que la philo dont parlent les deux filles suit l’arithmétique du plaisir sexuel (elles se moquent d’ailleurs d’elles-mêmes, en se donnant des « notes de philo » au lit et en enchaînant les métaphores filées : « Je jouis du savoir ! » s’esclaffent-elles à poil).

– Vincent (le beau-père d’Emma) confond la culture avec le simple hédonisme épicurien, puisqu’il se définit comme un « amateur de bonne chair, de bons vins… et de culture ! ».

 

Sous-code « Amant miniature » du code « Amant comme modèle photographique » :

– L’insistance sur la place de l’adjectif « petit » dans la pièce classique Antigone.

 

Code « Fan de feuilletons » ou « Jeu » :

– Les parents d’Adèle passent leur temps devant la télé à comater devant des jeux.

 

Code « Parricide la bonne soupe » :

– L’image des hommes dans ce film est pathétique : ils sont montrés comme des bourrus qui n’ont que la réussite financière en tête (exemple avec le père d’Adèle), de gentils beaufs ignorants et incultes (Thomas), des ennuyeux ou des terre à terre, des profiteurs et des tentateurs (le collègue instit). Les seuls qui trouvent grâce aux yeux du réalisateurs sont soit homos (Valentin), soit « artistes » bisexuels (Joachim), soit rebeux et volontairement instables (Samir).

 

Code « Lune » :

– Lorsque Adèle s’homosexualise, elle perd tellement pied avec le réel que sa mère, à table, lui fait gentiment remarquer qu’elle est dans la lune : « Dans la lune, Adèle… »

 

Code « Amant narcissique » ou « Bobo » ou « Plus que naturel » :

– Tous les bruitages (l’eau des canalisations dans les toilettes, le chant des oiseaux, les effleurements de peau, la salive des baisers échangés) sont décuplés… pour emprisonner le spectateur dans la sensation ou l’émotion, et donc finalement pour prouver de manière naturaliste et « sobre » à la fois, que l’amour homo est « naturel ». Il n’y a d’ailleurs pas de musique de fond dans le film (sauf pour les moments officiels de chansons, où là le réalisateur se fait plaisir en transformant son film en grand vidéo-clip).

– On joue sur le quotidien, le côté « ressenti », « tranche de vie » prise sur le vif.

– Le couple lesbien est toujours filmé dans des cadres bucoliques (parcs, jardins, mer, etc.).

– « C’est ce qu’il y a de meilleur, la texture. » (Emma la « peintre-philosophe »)

– Ce film se veut un bal de sensations « Nature et Découverte » : Je me ressens fumer. Je me masturbe verbalement, sensiblement. Je touche les peaux. J’écoute la Nature, le vent dans les arbres. Je raconte mon bien-être, carpe diem et hédonisme de bas étage : « On est bien, là, hein ? » dit Emma étendu dans l’herbe. « Un peu trop, même… » lui répond Adèle.

– Confusion (typiquement bobo) entre les goûts et l’amour, entre la simplicité et l’amour : « Elles sont délicieuses, vos pâtes, en tous cas. C’est simple mais c’est très bon. » (Emma au père d’Adèle) (Pour moi, la plus belle réplique du film. LOL)

– « Tu veux toucher ? » (Liz, la femme lesbienne enceinte avec son ventre rond, et présentant la maternité comme une sensation)

 

Code « Bobo » :

– Adèle et son bonnet péruvien (premières images du film) ou ses cours de professeur des écoles « cools Africa » (elle fait danser ses petits de maternelle sur une chorégraphie de danse africaine pour la kermesse de l’école).

– Les effets de caméra vacillante.

– Adèle est filmée en train de cuisiner.

 

Code « Duo totalitaire lesbienne/gay » :

– Valentin, le meilleur ami d’Adèle, est homo lui aussi. Ils vont dans les bars gays ensemble, mais finissent par draguer chacun de leur côté.

– Quand, au lycée, la relation amoureuse entre Adèle et Emma est devinée, Adèle engueule Valentin d’avoir cafté qu’ils étaient allés dans des établissements LGBT, le traite de traître.

 

Sous-code « Cousin » du code « Inceste entre frères » :

– Lors de leur première rencontre, dans le bar lesbien, Emma fait passer Adèle pour sa « cousine » auprès de ses camarades lesbiennes, pour mieux lui mettre le grappin dessus et se la réserver.

 

Sous-code « Lesbienne alcoolique » du code « Drogues » :

– Emma boit beaucoup de bières, et elle dit qu’elle les « adore ».

– En boutade, Emma rebaptise la bière Gulden : « Gulden : la Bière des goudous ! »

 

Code « L’homosexuel = L’hétérosexuel » :

– Emma qualifie Adèle comme l’archétype de « l’hétéro qui serait plutôt curieuse [de l’homosexualité] », de l’extérieur.

 

Code « Icare » :

– Pour draguer poétiquement et faire semblant de « se la péter » humoristiquement, Emma veut traduire le prénom « Adèle », et le premier mot qui lui sort, c’est « Soleil ».

– L’un des baisers lesbiens entre Emma et Adèle se fait sur fond solaire.

 

Code « Peinture » :

– Emma est en 4e année de Beaux-Arts, et exerce le métier de peintre (…révoltée par le « système » capitaliste qui transforme l’art en business).

– Joachim (bisexuel) est galleriste.

– On a droit, pour la fin du film, au vernissage de l’expo d’Emma avec son cercle d’artistes bobos.

 

Sous-code « Coiffeur homo » du code « Pygmalion », ou bien le code « Maquillage » :

– Adèle, pour déconner, soupçonne Emma d’être « coiffeuse » à cause de sa teinture de cheveux de celle-ci, qui est bleue.

 

Code « Pédophilie » :

– Emma sort avec Adèle, qui est mineure (au fur et à mesure de l’intrigue, cette dernière passera le cap des 18 ans : ‘ttention, c’est une film vachement moral…).

 

Code « Tout » :

– « Avec toi, c’est tout ou rien. » (Emma parlant à Adèle)

 

Code « Cannibalisme » ou « Vampirisme » :

– Dans ce film, la conception de l’amour repose uniquement sur les goûts. Elle est gustative et sensitive.

– « Je mange toutes les peaux. » (Adèle à Emma)

– « À quel âge t’as goûté une fille ? » demande Adèle à Emma. Cette dernière la corrige pour atténuer le lapsus consumériste : « Goûter une fille’ ou ‘embrasser’ ? »)

– Au lit, Emma mord vraiment Adèle, et celle-ci se laisse faire… ce qui étonne Emma : « Tu m’as fait peur. J’ai cru que tu allais crier. » Adèle lui répond avec malice : « Heureusement que tu t’es arrêtée. »

 

Sous-code « Caméléon » du code « Homme invisible » :

– « La peau du caméléon, c’est pour se cacher des autres animaux. » (Prune, en lecture de classe à l’école primaire)

 

Code « Frère, fils, père, amant, maître, Dieu » :

– « J’ai une infinie tendresse pour toi. Qui durera toute la vie. » (Emma à Adèle) La relation amoureuse sans forme…

 

Sous-code « Amant-objet » du code « Pygmalion » ou code « Amant comme modèle photographique » :

– Emma tire le portrait d’Adèle dès leur deuxième rencontre.

– « Je touche du bois ! » dit, en boutade, Emma, en claquant les fesses d’Adèle au lit.

 

Sous-code « Paradoxes du libertin » du code « Liaisons dangereuses », ou bien code « Bobo » :

– Le réalisateur du film nous fait croire qu’Emma et Adèle sont patientes, ont la sagesse de ne pas s’embrasser sur la bouche dès la deuxième rencontre, et que cette mesure prouverait la force de leur « amour ».

 

Sous-codes « Fatigue d’aimer », « Ennui » et « Infidélité » du code « Manège » :

– Tout le message du film consiste à laisser croire que « l’amour vrai ne dure pas » et que ça ce serait magnifique.

– Emma est déçue que Adèle soit une amante sans ambition, sans créativité. On voit très vite le manque de communication dans leur « couple ». D’ailleurs, elles finissent chacune par aller voir ailleurs.

 

Code « Désir désordonné » :

– Emma se qualifie « d’un peu bizarre » comme fille.

 

Code « Homosexuel homophobe » :

– La lycéenne et « pote » d’Adèle, pro-gay et indifférente à la pratique homosexuelle, insulte Adèle de « sale goudou » et l’imagine en train de se faire mater/tripoter salement par elle.

– Adèle dément qu’elle est lesbienne : « Puisque je vous dis que je ne suis pas lesbienne ! » (cf. le code « Déni »)

 

Code « Milieu homosexuel paradisiaque » ou « Mère gay friendly » ou « FAP la « fille à pédé(s) » » :

– Les amies d’Adèle la harcèlent pour qu’elle fasse son « coming out » (« Juste assume ! »), pour ensuite lui reprocher qu’elle n’obtempère pas et se retourner contre elle.

 

Code « Blasphème » :

– Pendant le cours de français, les catholiques sont associés à la bien-pensance et à une censure de la pensée. (gros LOL)

 

Code « Obèses anorexiques » ou « Drogues » :

– Tous les personnages du film sont filmés en train de manger.

– « Je mange de tout. Je pourrais manger en continu toute la journée. » (Adèle)

– Tout le monde est filmé en train de manger, en train de consommer (des pâtes et des spaghettis plusieurs fois, de la boisson alcoolisée, du tabac, du sexe, de la sensation naturelle, etc.). C’est un film sur la consommation et destiné à des consommateurs bobos.

 

Code « Humour-poignard » :

– La blague (la seule du film) potache sur les huîtres (symboles saphiques cousus de fil blanc et graveleux. Adèle, qui n’aimait pas les huîtres, finit par les aimer : ha ha ha, qu’est-ce qu’on rigole… Les bobos se payent le luxe d’être triviaux, et ça ne fait rire qu’eux.)

 

Code « Putain béatifiée » ou « Coït homo = viol » :

– Le réalisateur veut, au final, prouver l’Orgasme entre femmes, l’Orgasme sans l’homme, l’Orgasme au féminin exclusif. Il filme la jouissance, avec la crudité du porno mais sans les techniques et les cadrages caméras propres au porno (belle hypocrisie, là encore…). On voit tout. Quelle humiliation pour les actrices, qui sont à la fois obligées (et libres, pourtant) de dévoiler leur intimité profonde, sommées de jouer les putes en orgasme ou se masturbant pendant tout le film (il y a au moins 4 scènes de « pur » cul… sans compter la scène de masturbation du début, et le commencement de la scène de cul dans le restaurant). Les deux actrices soi-disant « consentantes » sont instrumentalisées comme des preuves vivantes et vibrantes que « l’orgasme est possible entre deux femmes » (au cas où le spectateur l’ignorerait ou n’aurait pas compris… C’est sûr, nous sommes d’éternels « gros prudes » judéo-chrétiens qui nous offusquons d’un rien). On a droit à assister au coït pendant près de 10 longues minutes, et malheur à celui qui trouverait ça insoutenable et avilissant. C’est de la provocation et de l’esthétisme à deux balles, d’accord, mais n’oublions pas que c’est surtout une violence faite à tout le monde.

– Emma et Adèle, pendant l’« amour », se donnent des fessées. Le spectateur a honte pour elle (ou bien rit pour masquer sa honte).

– Emma insulte Adèle de « sale pute », de « traînée », de « prostituée ».

– On voit s’instaurer entre les deux protagonistes une relation de prostitution (même si la monnaie d’échange est le sexe et les sentiments) : quand Adèle dit qu’elle veut acheter une toile à Emma, elle lui propose sérieusement de « la payer en nature ».

 

Sous-code « Princesse orientale » du code « Femme étrangère » :

– Sur un char de Gay Pride, un homme homosexuel est filmé déguisée en danseuse orientale voilée.

 

Sous-code « Parents divorcés » du code « Orphelins », ou bien code « Mère gay friendly » :

– Emma, dont les parents sont divorcés, a une mère très « open ».

 

Code « Appel déguisé » ou « Manège » :

– Lorsque Emma trinque avec sa mère, son beau-père et Adèle, « à l’Amour ! », Vincent (le beau-père) rajoute spontanément « Tout de suite les grands mots… », réaction spontanée qui fait rire jaune tout le monde.

 

Code « Haine de la famille » ou « Parodies de mômes » :

– Adèle fuit ses collègues de travail et prétexte qu’elle a des « dîners de famille » pour cacher qu’elle passe toutes ses soirées avec sa compagne.

– « Ça fait deux enfants à la maison. Ça fait beaucoup. C’est la famille. » (Emma disant qu’elle s’entend très bien avec la gamine de sa compagne Liz, et qu’elles font des conneries ensemble).

 

Code « Petits Morveux » :

– L’enfant est considéré comme un objet. « Vous jouez avec le bébé ? » (Joachim s’approchant du couple Emma/Adèle qui touche le ventre arrondi de Liz)

 

Code « Artiste raté » ou « Bobo » ou « Faux intellectuels » :

– Guirlande d’ampoules dans le jardin, et projection d’un film des années 1920 en noir et blanc (avec Louise Brooks et sa coupe au carré) en pleine nature, avec le cercle de bobos « artistes » amis d’Emma, qui s’écoutent parler de ce qu’ils ressentent et de ce qu’ils aiment esthétiquement. Une amie beaux-ardeuse d’Emma fait une thèse sur « la morbidité chez le peintre Egon Schiele ». Joachim, le galeriste bisexuel, tient un discours soi-disant érudit (il fait référence à la bisexualité « artistique » de Tirésias, le personnage mythologique grec) et prône « l’orgasme au féminin » (qui n’aurait rrrrien à voir avec la présence des mâles : « Je suis persuadé que l’orgasme féminin est mystique » ; selon lui et les autres invités bobos-bis-féministes, l’extase sexuelle serait réservé aux femmes). Emma dit qu’elle aime chez Egon Schiele la « noirceur », le côté « artiste écorché ». Discussions pseudo « intellectuelles » et pseudo « expertes » sur la différence entre Schiele et Klimt (quel haut niveau !), qui reposent sur un échange de goûts et de sensations, et qui finissent par une conclusion complètement plate et relativiste : « Des goûts et des couleurs, ça ne se discute pas : tout est une affaire de points de vue ! ». Merci. C’est hyper profond. Adèle se sent inculte devant tant d’esbroufe. Ça veut dire que même le réalisateur du film pense nous proposer de la culture de haute volée. Nan mais allô quoi ! 😉

– La scène finale : le vernissage de l’expo d’Emma (avec les interprétations psychologisantes nullissimes des Beaux-ardeux).

 

Code « Emma Bovary « Oh mon Dieu ! » » :

– L’arrêt sur image du visage expressionniste et inquiet de Louise Brooks dans le film des années 1920.

 

Sous-code « Solitude à deux » du code « Île » :

– « J’me sentais toute seule [‘avec toi’, ou ‘dans notre couple’]. » Phrase que répète plusieurs fois, éplorée, Adèle à Emma, pour se justifier de lui avoir été infidèle.

 

N’oublions pas le « Mariage pour Tous » : Il doit rester notre point non-négociable

LA DÉFENSE DU MARIAGE FEMME-HOMME EST PRIORITAIRE PAR RAPPORT À LA DÉFENSE DE LA FILIATION. Cela peut paraître provocateur de le dire mais 1) c’est une réalité ; 2) cela permet de couper court aux arguties sur les couples stériles, sur les couples trop âgés pour avoir des enfants, ou sur les célibataires consacrés.

 

Dans notre mouvement contre les lois gouvernementales prises dernièrement par les ministres de François Hollande, certains me reprochent de me fixer sur le « mariage pour tous ». Pour eux, le combat pour l’abrogation de la Loi Taubira est d’arrière-garde, vu que la loi a été promulguée, qu’il n’est pas plus important que d’autres lois à venir qui concernent la filiation.

 

Alors pourquoi on ne doit pas passer à autre chose que le mariage (c’est-à-dire les luttes pour la filiation, contre le Gender, l’euthanasie, les manipulations sur embryon, la PMA, la GPA, la Syrie, etc.) et pourquoi doit-on encore continuer à faire de notre demande d’abrogation du « mariage pour tous » notre principale revendication ? À on sens, pour trois raisons :

 

1) Parce que la défense du mariage est plus centrale que la filiation (tout comme la différence des sexes prime sur la différence des générations). Je n’y peux rien : c’est un constat. D’ailleurs, on s’en est rendu compte tout au long de l’année dernière : les Français se sont davantage mobilisés contre le « mariage pour tous » que contre l’avortement ou les « Marches pour la Vie » qui l’ont précédé. Pourquoi cela ? Parce que, comme l’expliquent par exemple Vincent Rouyer ou Guillaume Bernard, autant la pratique des avortements a de tous temps existé (malheureusement), autant jamais, comme c’est le cas aujourd’hui, des civilisations n’avaient remis en cause la différence des sexes, et donc le mariage. C’est une grande première dans l’histoire de l’Humanité que l’identité femme/homme des êtres humains soit banalisée ou détruite par une loi qui régit, à travers le mariage, la structuration de toute société humaine. Aussi bizarre que cela puisse paraître (car les deux sont liés), en touchant au mariage, on nie davantage l’Humanité qu’en touchant à la filiation, qui découle du mariage.

 

2) Parce que si nous ne choisissons pas un grand cap prioritaire (celui qui d’ailleurs a donné naissance aux Veilleurs, si on y réfléchit bien), nous risquons de transformer notre mouvement des Veilleurs en grand zapping, en fourre-tout, en grande salade qui traite de plein de sujets éthiques ratissant très large (sujets tous importants, tous indirectement liés, mais au service d’idées très abstraites : « l’éveil des conscience », « la défense de la Vie et de l’Espérance », « la lutte contre une culture de mort », etc., toutes ces idées qui démobiliseront très vite les gens). Il y a bien une hiérarchie de priorités dans notre combat. Le « mariage pour tous » n’est pas une loi comme une autre, qui vient s’ajouter à plein d’autres lois tout aussi graves (avortement, divorce, contraception, PaCS…). Elle est plus grave que les autres.

 

3) Parce que le seul facteur déstabilisant et qui fera véritablement suer nos gouvernants, c’est qu’on s’attache encore à la loi du « mariage pour tous ». Ils n’attendent qu’une chose : qu’on lâche le morceau, qu’on passe à autre chose, qu’on s’éparpille sur plein d’autres sujets qui découlent du mariage, et qui leur fera oublier leur acte honteux. Rien ne les embêtera plus que notre demande réitérée et ferme d’abrogation du « mariage pour tous ». C’est notre persévérance à réclamer toujours la même chose qui les questionnera et les déstabilisera le plus. Et si je dis cela, ce n’est pas pour prôner l’entêtement volontariste en soi (on peut s’entêter sur des bêtises), mais parce que le combat pour la différence des sexes et du mariage en vaut la chandelle.

 

Ne perdons pas la mémoire de notre combat : le MARIAGE d’amour FEMME-HOMME. N’opposons pas la défense de la filiation avec la défense du mariage femme-homme, mais gardons en tête que la défense du mariage est plus importante. Idéalement (c’est une suggestion), il faudrait qu’à chaque début de Veillées des Veilleurs, nous rappelions ce fondement de notre lutte.

 

Avec la loi Taubira, la France a touché le fond. Car le mariage fonde tout : l’identité (ou la différence des sexes corporelle) + l’amour (le couple ou la différence des sexes relationnelle) + la filiation (la famille ou la différence des sexes procréative/filiative)… là où le Gender n’aborde pas tous ces aspects (l’identité, oui ; la filiation, oui ; mais pas l’amour), là où la PMA et la GPA et l’adoption n’abordent qu’un seul de ces aspects (la filiation).

 

Ne l’oublions pas !

Sortie du livre « L’homophobie en vérité » (article du site « Le Rouge et le Noir »)

Homophobie : Le mot interdit très (mal) utilisé !

 

(Cet article provient du site-partenaire et ami Le Rouge & le Noir. Merci à eux !)

 

 

En parler bien. Sinon, ne pas en parler du tout. C’est tout le problème et l’enjeu de l’homophobie !

 

Couverture 9

 
 

Pourquoi dites-vous que c’est un mot génial et catastrophique à la fois ?

 

Aussi bizarre que cela puisse paraître, le terme « homophobie » est génial et très signifiant si et seulement s’il est pris au pied de la lettre[1] et s’il est laissé à l’état d’acte : en effet, l’homophobie est l’acte du viol porté sur une personne homosexuelle, au nom de son orientation sexuelle et – ce qu’on nous dit moins – uniquement exercé par une personne homosexuelle, soit parce qu’elle refoule excessivement son homosexualité[2], soit parce qu’au contraire elle la célèbre trop sous forme d’identité fondamentale ou d’amour merveilleux, et qu’elle la pratique[3]. L’homophobie, comme je l’ai écrit textuellement dans mes livres L’homosexualité en vérité (octobre 2012) et L’homophobie en vérité (septembre 2012), c’est la pratique homosexuelle.

Mais le mot « homophobie » devient catastrophique une fois qu’on ne parle plus de sa réalité donc de l’acte homophobe en lui-même ni en tant que relation. Il devient violent et affligeant dès qu’il se fige en insulte, en accusation de personnes, en instrument de censure (de l’homophobie même !), en scotch qu’on met sur la bouche de tout opposant qui nous gêne ou qui fait un lien jugé « douteux et effrayant » entre homosexualité et souffrance, homosexualité et violence. Bref, ce terme est dangereux à partir du moment où il se personnifie… sous forme de méchants diables immatériels et sans passé ou sous forme de gentilles victimes qui ne seraient plus libres de reproduire ou non le viol qu’elles ont subi du simple fait d’avoir été attaquées… alors qu’on sait très bien que les agresseurs homophobes sont d’anciennes victimes d’homophobie, et qu’une victime d’un viol est toujours libre de ne pas subir ! Pris dans son sens de « haine des homosexuels », le vocable « homophobie » est même en soi homophobe puisqu’il s’est discrètement choisi pour préfixe le mot « homosexualité », concept flou qui réduit les personnes homosexuelles à leurs tendances sexuelles, à leurs pratiques sexuelles, à leurs fantasmes, à une espèce à part de l’Humanité.

 
 

Comment pouvez-vous dire qu’une personne homophobe est uniquement homosexuelle ?

 

La plus grande violence à l’égard des personnes homos, je ne l’ai vue que chez les personnes homos pratiquantes et qui, après leur coming out, se disent toutes « hors milieu » et détestent leurs frères de communauté. Maintenant, concernant l’homophobie en tant que refoulement d’homosexualité, elle est très surprenante, car les agresseurs cachent bien leur jeu. Mais elle existe quand même ! Beaucoup d’anciens agresseurs font des coming out (= révèlent leur homosexualité) à la surprise générale et à quelques années d’intervalle avec leurs actes homophobes, comme le traduisent ces quelques citations de personnes homosexuelles que j’ai relevées à travers mes rencontres avec un grand nombre de personnes homosexuelles-homophobes : « Quand j’avais 16 ans, je cassais du pédé dans les parcs : à 20 ans, je couchais avec. » (Jacques Nolot dans son film autobiographique « La Chatte à deux têtes ») ; « La violence traduit la peur d’être séduit. » (Rennie Yotova, Écrire le viol (2007), p. 111) ; « Quand je vois un beau gars qui me plaît dans la rue, il faut que je change de trottoir. Je connais trop ma sensibilité. » (un témoin homosexuel refoulé, ancien violeur, cité dans l’essai Ça arrive aussi aux garçons (1997) de Michel Dorais, p. 198) ; « Bruno, malgré un discours carrément homophobe, a vraisemblablement davantage de relations homosexuelles que de relations hétérosexuelles. Il en va de même pour Éric, qui se prostitue exclusivement avec des hommes ; quoiqu’il s’affirme plus volontiers hétérosexuel qu’homosexuel, il n’a presque jamais eu de rapports hétérosexuels. » (idem, p. 241) ; « Dans leur ambivalence, certains semblent ‘jouer avec le feu’ : ils sont à la fois attirés et dégoûtés par l’homosexualité. Une grande anxiété mais aussi une curiosité certaine en amènent plusieurs à entretenir à la fois des préoccupations homosexuelles et homophobes. Le cas de Bruno, 25 ans, est à ce titre éloquent. Il dit détester les homosexuels mais hésite, au cours de promenades nocturnes, entre deux possibilités : les pourchasser ou les inviter à faire l’amour avec lui… » (idem, p. 198) ; « François, 17 ans, sympathisant des skinheads, et abusé dans son enfance, participe activement à des expéditions de ‘tabassage de tapettes’ dans le village gay de Montréal : ‘J’ai de la misère avec les homos. L’an passé, avec des amis, on allait dans le quartier gay à Montréal, le soir. J’en attirais un dans une ruelle en lui parlant puis, avec les chums [chum = mec en Québec] qui m’attendaient cachés, on lui faisait les poches, on lui râpait la face sur l’asphalte si on pouvait. C’était comme une vengeance.’ » (idem, p. 171) L’attaque homophobe est un aveu d’homosexualité trop mal/bien vécue !

 

 

Pourquoi c’est grave de ne pas parler d’homophobie, même si l’interprétation actuelle de ce mot est, vous disiez, catastrophique ? Pourquoi c’est grave de mépriser le mot ?

 
À mon sens, c’est inquiétant et choquant pour deux raisons :
 

– Parce que ceux qui réduisent l’homophobie à une accusation de personnes ou à une insulte (soit pour la sacraliser sous forme de victimes innocentes, soit pour la tourner en dérision, soit pour s’en débarrasser à tout prix) sont précisément ceux qui la pratiquent. Pensez à la majeure partie des personnes homosexuelles pratiquantes, qui ont fait de l’homophobie un monstre extérieur à elles-mêmes ; pensez aux militants de Civitas, qui se donnent le droit d’être homophobes dans leurs mots ou dans leurs actes pour donner raison à l’insulte d’« homophobie » qui pèse sur eux ; pensez à Frigide Barjot, qui cherche à tout prix à se dédouaner de la réputation d’homophobie, précisément pour cacher qu’elle se sert des personnes homosexuelles et qu’elle entretient l’homophobie sociale en encourageant et en banalisant la pratique homo, alors que c’est justement cette pratique qui est violente, homophobe et qui discrimine les autres et les différences.

 

– Parce qu’il y a de vrais actes homophobes, qui s’appellent « viols » et qui doivent plus que jamais être dénoncés, non en tant que violence appartenant spécifiquement aux personnes homos mais en tant que violence universelle, car ils font beaucoup de victimes[4]… et de plus en plus depuis que des nations entières parlent d’« homophobie » pour ne surtout jamais l’expliquer et la regarder en face. En n’analysant pas explicitement les mécanismes de la violence à l’encontre des personnes homosexuelles, nous ne les désamorçons pas. Au contraire, nous laissons s’accroître l’homophobie et la haine de soi que l’homophobie traduit dans nos sociétés. En banalisant la pratique homosexuelle, alors que celle-ci est l’homophobie, on observe une recrudescence des actes homophobes, y compris dans des pays qui se croyaient très gay friendly et à l’abris de l’homophobie (cf. je pense à la Suède, par exemple, qui possède une des plus longues traditions de mariages homos qui existe dans le monde, et qui pourtant connaît actuellement une recrudescence spectaculaire des crimes homophobes : 4 à 5 fois plus qu’au démarrage de l’application de ces lois pro-gay). C’est la promotion sociale de l’homosexualité qui encourage paradoxalement à l’homophobie puisque le désir homosexuel procède d’une haine de soi et appelle à un rejet des différences, notamment de la différence des sexes qui, elle seule, nous permet, quand elle est vraiment respectée, d’exister, d’aimer et de s’ouvrir à la vie.



[1] Il signifie étymologiquement « peur du même », avant d’avoir pris en 30 ans un tout autre sens : « peur et haine des homos ». Et c’est tout à fait ça : l’homophobie est une peur et une haine de soi.

[2] Dans les cas d’agressions homophobe, l’agresseur attaque toujours une personne homosexuelle parce qu’il ne supporte de voir reflétée en elle sa propre blessure de sexualité. Une personne qui est bien dans sa sexualité – dans sa féminité/maternité ou dans sa virilité/paternité – ne peut pas se sentir mise en danger par une personne homosexuelle au point de l’attaquer. L’homophobie a toujours lieu uniquement dans des cadres de pratiques homosexuelles, donc dans des sphères homosexualo-amoureuses ou prostitutives, quand le désir homosexuel s’actualise en acte ou bien est cru vrai (en tant qu’identité ou amour).

[3] Vous lirez les codes « milieu homosexuel infernal », « prostitution », « coït homo = viol », « viol », « témoin silencieux d’un crime », « déni », « violeur homosexuel », « couple criminel », « homosexuels psychorigides », « Hitler gay », dans mon Dictionnaire des Codes homosexuels mis en ligne sur mon blog www.araigneedudesert.fr. Et spécialement le code « homosexuel homophobe », avec toute la question de l’homosexualité des agresseurs homophobes, y compris ceux qui forcent leur virilité, ceux qui sont en couple avec une femme, ceux qui jouent les grandes folles, ceux qui rentrent dans la peau des « racailles » des cités et des skinheads. Par exemple, dans son autobiographie Un Homo dans la cité (2009), Brahim Naït-Balk confirme que ses agresseurs, même s’ils feignaient d’être les parfaits hétéros et qu’ils se retrouvent actuellement en prison pour des affaires de drogues, sont homosexuels eux aussi !

[4] À ce jour, 70 amis homosexuels m’ont avoué avoir été violés (soit avant leur coming out, soit après, et en général les deux !).

Comment envisager la suite de notre mouvement ?

COMMENT ENVISAGER LA SUITE DE NOTRE MOUVEMENT ?

État des lieux

 


Notre mouvement est beau, prometteur, historique, entend-on. C’est totalement vrai. J’y souscris complètement. Et dans la joie. Mais a-t-on vraiment mesuré en quoi ? Je ne le pense pas. Du coup, le constat optimiste se fige en auto-contentement, en esthétisme révolutionnaire… et en angoisse pour l’avenir. Il ne suffit pas de vanter l’ « Unité dans la pluralité » pour donner corps à cette assertion.

 

Alors d’emblée, je vous dis : N’ayons pas peur. Notre mouvement est déjà génial, et ne doit pas en rester à l’intuition de ce qu’il est.

 

D’où vient le flottement actuel de notre mouvement, que ce soit aux Veilleurs ou à la Manif Pour Tous et autres groupes d’opposition aux politiques du gouvernement de François Hollande ? Du fait que nous n’ayons pas encore nommé ni identifié notre ennemi : la BIPOLARITÉ HÉTÉROSEXUALITÉ-HOMOSEXUALITÉ, qui définit arbitrairement l’Humanité (depuis les Lumières et surtout depuis 1869, date de création des termes « homosexualité » et « hétérosexualité »), bipolarité qui a anesthésié les esprits de nos contemporains et qui a fait la pluie et le beau temps sur nos pratiques sexuelles depuis un siècle et demi. La majorité d’entre nous s’est habituée à celle-ci, l’a cautionnée, et s’en sent même responsable et fière ! Et pour ce qui est de notre contexte national depuis un an, la majorité d’entre nous s’est déjà résignée à enterrer le « mariage pour tous » (loi Taubira) et pense que l’urgence et le « réalisme » de notre situation nous conduit à parer au plus pressé, au plus actuel, à lutter contre l’ennemi le plus évident et le plus proche : l’idéologie du Gender (c’est l’orientation qu’ont choisi des groupes comme Civitas ou comme la Manif Pour Tous). Nous nous tournons logiquement vers les conséquences directes de la loi Taubira : la famille, la PMA, la GPA, le Gender, l’adoption, le statut de l’embryon, etc. Et bizarrement, ceux qui disaient « On ne lâche rien ! » ont déjà lâché joyeusement leur demande d’abrogation du « mariage pour tous ». Paradoxe qui m’hallucine…

 

Quand certains voient l’ennemi super proche, d’autres au contraire (et ce n’est pas mieux) voient l’ennemi super loin : Frigide Barjot dit se battre contre le fascisme, les « ultras », « pour les homos » et « contre l’homophobie » (sans chercher à définir ni à comprendre aucun de ces concepts) via l’Union Civile et la constitutionnalisation du mariage femme-homme ; l’Écologie humaine se bat contre le transhumanisme en proposant une réflexion utile sur toutes les lois de bio-éthique qui concernent la vie (vaste programme ; peut-être trop vaste et trop abstrait pour les gens de notre époque) ; les groupes plus radicaux et politisés (Printemps Français, Hommen, Prisonniers politiques, etc.) voient l’ennemi dans l’État français ou la République, et pensent que le bien-fondé de leurs actions reposera sur le fait que leurs buts deviennent leurs moyens, sur leur force de frappe et leur visibilité ponctuelle. Certains (Civitas par exemple), enfin, spiritualisent le combat en termes d’affrontement des « forces du bien » contre les « forces du mal ».

 

Si nous savions comme la pierre d’achoppement qui tient tout l’édifice idéologique de nos gouvernants c’est la bipolarité hétérosexualité/homosexualité (appelée « Amour »), si nous comprenions que notre point commun avec nos opposants c’est notre croyance aveugle en l’hétérosexualité, nous n’hésiterions pas à la dénoncer et à dire que si nous nous sommes levés contre le mariage gay, ce n’était pas seulement contre la pratique homo mais contre toutes les lois hétérosexuelles (abortives, contraceptives, infanticides, parricides, identicides et familicides) qui l’avaient précédé ! que nous nous sommes levés en réalité contre l’hétérosexualité ! Tant que nous ne nommons pas notre ennemi, jamais nous n’avancerons. Cette bipolarité hétérosexualité-homosexualité touche aux deux réalités que nos mouvements essaient de caresser timidement : l’identité humaine (à travers la lutte contre le Gender, contre le transhumanisme, contre l’euthanasie) et la parenté humaine (à travers la lutte contre l’exclusion de l’altérité des sexes dans le cas des adoptions, PMA, GPA).

 

Contrairement à ce que nous essayons de nous faire croire, ce ne sont pas « la défense de la Vie » ni « l’Espérance » (notions très belles mais qui peuvent vite devenir de grandes abstractions) qui vont nous tirer d’affaire. C’est la lutte contre l’hétérosexualité. Si nous défendons l’amour, les enfants, la vie, la filiation, la famille, figurons-nous bien que les promoteurs de l’adoption, du mariage homo, de la PMA, de la GPA pour tous, font de même ! Beaucoup, d’ailleurs, ne comprennent pas pourquoi nous nous opposons à leurs revendications car ils nous entendent soutenir les mêmes choses qu’eux : la beauté des familles, les droits de l’enfant, l’importance de l’adoption, le respect de l’amour et des identités, la grandeur des différences, etc. En revanche, eux défendent le binôme homosexualité-hétérosexualité pour ensuite rapidement l’asexualiser sous le vocable d’« Amour ». Toutes les lois inhumaines que notre gouvernement socialiste propose avec sincérité sont passées au nom de « l’amour » homosexuel, qui a d’abord été opposé à l’amour « hétérosexuel » puis universalisé et rendu neutre par le terme « Amour », et au nom du fait qu’il fallait respecter l’égalité de traitement entre « homos et hétéros ». Par exemple, il y a pile un an, le 10 septembre 2012 dans le journal la Croix, Mme Taubira justifiait qu’il fallait donner le « droit à l’adoption » aux couples de même sexe sous prétexte qu’il aurait soi-disant déjà été donné aux couples « hétérosexuels » (alors que, dans le meilleur des cas, ce droit ne doit être donné qu’aux couples femme-homme aimants, et non à tous les couples femme-homme ni encore moins aux « couples hétéros ») !

 

Nous devons donc clairement nous opposer à l’hétérosexualité, qui consolide par défaut les mythes homosexuels, et qui évacue les corps et les cœurs. Car quand on remplace la réalité des couples femme-homme aimants ou des célibataires consacrés par le mot « hétérosexualité », on gomme ET la différence des sexes, ET l’amour dans cette différence. On glisse des « Droits de l’Homme » aux « Droits des hétéros puis des homos… puis ni des homos ni des hétéros mais des Amoureux asexués », en zappant l’Humanité et la différence des sexes. On remplace un monde partagé entre hommes et femme, et entre Créateur et créature, par un monde individualiste défini selon les fantasmes identitaires, les pulsions et les tendances érotiques, les pratiques sexuelles, et non plus sur l’alliance entre sexuation et Amour. C’est très grave.

 

Alors j’ai conscience que nous partons de loin en remettant en cause cette bipolarité hétérosexualité-homosexualité sur laquelle le monde s’est assoupi maintenant à échelle mondiale et dans la sphère politico-médiatique. Je mesure que les CUCH (Cathos Unis Contre l’Hétérosexualité) et moi vous lançons dans une lutte digne d’un match entre David et Goliath. Je sais que la piste de l’hétérosexualité a tout l’air de LA fausse piste ou du sophisme. Je sais que le combat contre l’hétérosexualité paraît fou, risible, fragile, inaudible, difficile à expliquer, moins concret et sécurisant que la lutte contre le Gender ou le statut de l’embryon. Mais c’est notre seule issue. Toutes les lois gouvernementales anti-Vie et anti-Amour reposent socialement sur le consensus mou globalisé de l’hétérosexualité. La bipolarité hétérosexualité-homosexualité est la mère du Gender, du PaCS, du mariage pour tous, et sera la mère de la PMA, de la GPA, des suicides assistés, des manipulations sur embryon, etc. Tant que nous nous laissons étiqueter « hétéros », nous nous auto-désignerons tacitement comme « non-homosexuels » donc « homophobes », « fascistes », « masculinistes » ; nous défendrons sans le vouloir toutes actions se valant de l’accueil des personnes homosexuelles pour s’acheter une bonne conscience ; nous validerons tous les couples femme-homme qui ne sont pas des modèles d’amour, et nous serons toujours accusés de cautionner une structure d’identité et d’amour – l’hétérosexualité – qui n’en est effectivement pas une !

 
 

Concrètement, ça donne quoi ?

 

Maintenant que j’ai parlé du but et de notre ennemi (après, qu’on les assume ou pas, c’est un autre problème : moi, je suis juste chargé de vous les dire, et de vous montrer que sans leur dénonciation, nous n’avancerons pas et nous accrocherons aux branches fragiles du Gender ou de l’écologie), quelles méthodes concrètes pour avancer ?

 

Vous savez, je commence à côtoyer suffisamment d’Université d’été et de groupes d’opposition à la loi Taubira pour humer les ambiances, comparer les différentes conceptions d’actions et de stratégies. Tous pensent efficacité (parce qu’ils paniquent) avant durée et vérité.

 

Tous ? Non ! Les seuls qui échappent à cette règle, je trouve que ce sont les Veilleurs. Les Veilleurs sont le seul lieu humain où fond et forme, Charité et Vérité, cherchent à s’épouser. À mon sens, ce sont les Veilleurs qui peuvent le mieux nous apporter la solution à notre mouvement, tant sur le plan des idées que des méthodes.

 

Quand je dis les Veilleurs, pas n’importe lesquels. Des Veilleurs qui ne font pas que philosopher sur des abstractions (la nécessité de l’engagement, l’importance de la liberté de penser, le pouvoir de la résistance, etc.), qui ne font pas qu’organiser des kermesses entourées de CRS. Mais des Veilleurs qui pensent au sens et aux applications concrètes de notre engagement pour le contexte réel et mouvant qui est le nôtre. Des Veilleurs qui dépotent et qui commencent/continuent, sur les places publiques, en politique (syndicats, partis) et dans les médias, à dénoncer, PAR LA CULTURE ET PAR LA PAIX, les incohérences du système hétérosexuel (un système inconsciemment bisexuel et asexuel). Des Veilleurs dont les responsables doivent être mieux identifiés et mieux formés pour parler et discerner des actions à venir (le mouvement des Veilleurs n’a pas encore assumer de se choisir des « chefs » : c’est une grave erreur et son talon d’Achille, car il en a besoin. Et le pire, c’est que des chefs au service, intelligents, posés, qui ont des choses à dire, qui ne font pas potiche, les Veilleurs en ont : Axel Rokvam, Madeleine Bazin, Marianne de Lyon, Gaultier Bes, moi s’il y a besoin, etc.).

 

Vous vouliez d’une rentrée corsée ? Et bien nous y sommes ! Voilà comment je vois concrètement les choses : impliquons-nous intellectuellement, artistiquement, politiquement contre l’hétérosexualité et à travers les Veilleurs. Et ma remontrance sur la Veillée de la Concorde n’était qu’un encouragement à tout miser sur les Veilleurs.

 

J’ai dit ce que j’avais à dire.

 

Philippe Ariño, 2 septembre 2013

L’homophobie en vérité : manuel pour vraiment lutter contre l’homophobie (septembre 2013)

Description : Le livre L’homophobie en vérité sort en septembre 2013, avec les Éditions Frédéric Aimard. C’est le deuxième volet d’une trilogie qui se terminera par un livre sur l’hétérosexualité et la bobo-attitude. Il est rapide à lire (96 pages), pas cher (10.53 euro) et très accessible. Il revient sur les derniers événements du « mariage pour tous » qui ont eu lieu en France depuis l’automne 2012. Il est d’ores-et-déjà en vente dans toutes les bonnes librairies et sur le site de France Catholique.

 

Points forts : Il n’aura pas été compliqué pour nos États socialistes post-modernes soi-disant « démocratiques » d’imposer en moins de 10 ans leur hégémonie « anti-fasciste ». Il leur aura suffi d’installer confortablement leur terrorisme médiatico-sentimentalo-techniciste sur le coussin d’une étiquette toute bête et que personne n’explique : « HOMOPHOBIE ». Si vous les gêner, ils vous la collent sur le bouche pour vous empêcher de parler et de rappeler que l’homophobie est autre chose qu’une simple accusation, qu’un slogan publicitaire qui « fait bien » ou que le diable en personne : elle est un acte, porté contre une personne homosexuelle et uniquement par une personne homosexuelle.

 

Argumentaire : Le livre décrit ce qu’est véritablement l’homophobie (formes d’actualisation, moyens d’action, mécanismes, etc.) et d’où elle vient. Mais il va plus loin : il explique comment le mot « homophobie » est interprété socialement de telle manière que l’acte homophobe et l’identité des agresseurs ne soient pas identifiés. Par conséquent, un ouvrage capital pour démystifier les fausses légendes urbaines autour de ce mot, et pour lutter efficacement contre la véritable homophobie, dans un contexte national où elle est invoquée à tort et à travers lors des débats.

Diverses contributions

 

Philippe Ariño a signé la post-face du livre du père Daniel Ange Mai 2013 : Rébellion!, et a donné sa contribution à l’ouvrage collectif Tous unis pour le mariage (2013) avec Christian Flavigny, Cédric Burgun, Jean-Frédéric Poisson et bien d’autres.

 

L’homosexualité en vérité : briser enfin le tabou (octobre 2012)

 

 

 

Description : Le livre L’homosexualité en vérité est sorti le 13 octobre 2012 sous la houlette des Éditions Frédéric Aimard. Il s’est déjà écoulé à plus de 10 000 exemplaires et est décrit comme un « succès éditorial« . Il a été salué par 10 évêques et 2 cardinaux. Il est rapide à lire (96 pages), pas cher (10.53 euro) et très accessible. Il est en vente dans toutes les bonnes librairies et sur le site de France Catholique.

 

Points forts : L’actualité du futur « mariage pour tous » amène chacun à s’interroger sur le sens social de l’homosexualité. Ce langage de vérité aidera à s’y repérer, pour soi et pour ses relations avec les autres. Un langage qui peut être facilement compris par les jeunes et qui rend accessibles aux autres les codes de la culture la plus branchée. Pour les personnes qui se sentent directement concernées par le désir homosexuel, il s’agit d’un véritable guide pour orienter sa vie.

 

Argumentaire : Le livre parle de ce qu’est le désir homosexuel, et ensuite du comment « vivre avec » et comment en parler; enfin, le troisième chapitre, le plus original sans doute, concerne le discours de l’Église catholique sur l’homosexualité. Loin de toute condamnation.

 

Auteur : Jeune intellectuel, il revendique son appartenance à la culture homosexuelle dont il est un des meilleurs spécialistes, auteur notamment d’un Dictionnaire des codes homosexuels en deux volumes et d’un site Internet extrêmement fréquenté: https://www.araigneedudesert.fr/ Étant donné le franc succès de ses conférences, Philippe Ariño, habituellement professeur d’espagnol, prend une disponibilité toute l’année scolaire 2012-2013, pour sillonner la France à la rencontre de ses lecteurs.