Regardez les pépites de mails que je reçois

Je sortais juste de la messe ce matin à saint Nicolas des Champs (après une super soirée pyjama avec 3 amis hier soir). Et j’ai ouvert ce mail envoyé par une personne homosexuelle – rebaptisons-la Marc – qui m’a écrit après avoir reçu le lien vidéo des « Folles de Dieu ». Ça m’a transpercé le coeur. C’est ce genre de trésors que je reçois ! (et bien sûr, aux personnes homos qui pensent que leur vie n’a pas de sens, je leur réponds que celle-ci donne au moins sens à la mienne et que ce genre de mails m’évitent justement le suicide) :
 

« Bonjour Philippe,
 

Merci de m’avoir envoyé le lien de votre docu sur les catholiques homosexuels.
 

Pendant des années, j’ai cherché des réponses et des conseils concrets qui puissent m’aider à mieux gérer ma situation. C’est peut-être ça que j’espérais recevoir de vous quand je vous ai écrit il y a quelque temps. Je pense avoir atteint un point où je constate qu’il n’y a pas de vraies réponses ni de vrais conseils. Il me paraît que le fait de se sentir homosexuel et croyant à la fois constitue un énigme, une souffrance durable qui ne se résoud jamais. Ou pas vraiment. Il faut juste apprendre à l’accepter, et chacun doit trouver son propre chemin. La formule magique n’existe pas. Mais ça m’aide quand-même de pouvoir écouter les expériences des autres.
 

Dans mon cas, ce que je trouve extrêmement difficile à accepter, c’est le fait de ne jamais avoir des enfants, de ne jamais avoir une petite famille, après avoir souffert déjà énormément à cause de mon enfance, qui est caractérisée par un manque de bonheur familiale. Je suis convaincu à 100% que cela a sinon causé mon orientation homosexuelle, au moins ça y a contribué. C’est comme si j’étais puni deux fois sans avoir rien fait pour mériter une telle punition. C’est aussi une injustice, car pourquoi les uns ont le droit d’avoir des enfants et de se reproduire et les autres n’ont pas ce droit? Est-ce que mes gènes valent moins que ceux des autres alors? Je ne comprends pas.
 

Ajoute à cela mon père, qui ne mérite pas d’avoir des enfants puisqu’il ne sait pas les aimer et les éduquer, mais grâce à son hétérosexualité, il a eu le droit de faire trois enfants quand-même. Personne n’a jamais jugé mon père, justement parce qu’il est hétéro. S’il y avait le moindre doute qu’il puisse être homosexuel, tout le monde l’aurait déjà mis au pilori pour avoir fait des enfants.
 

Mon père est hyper catholique, d’ailleurs, ou il pense l’être, et les autres le voient ainsi. Cela n’est pas un petit détail non plus.
 

Je peux confirmer que l’Eglise est très mal à l’aise quand on aborde le sujet de l’homosexualité. Si vous saviez combien de fois j’ai déjà essayé de demander de l’aide à des prêtres, des théologues ou d’autres représentants de l’Eglise. Mais c’est totalement en vain. Je vous rappelle le diacre qui refuse de me répondre mais en même temps il quitte le séminaire dans sa dernière année de sa formation juste au moment il vient de recevoir mes lettres. L’explication officielle pour son abandon est qu’il est tombé amoureux d’une femme, mais est-ce la vraie raison? On ne saura jamais.
 

Un autre soi-disant expert m’a conseillé de chercher un équivalent belge de David et Jonathan, qui acceuille les homosexuels chrétiens en France. Je trouve que cela est un très mauvais conseil parce que ce groupe dit à ses membres que c’est oké de vivre dans le péché et de s’appeler catholique en même temps. Il me semble que David et Jonathan est la solution idéale pour les gens qui ne savent pas faire un choix et qui veulent jouer un double jeu sans se sentir coupables. Ou est-ce que je me trompe?
 

Celui qui m’a donné ce conseil, c’est un prêtre Français très connu, écrivain de plus, et figure médiatique. Mais pour lui, c’est très facile de parler comme ça, car il est devenu prêtre assez tard dans sa vie, après avoir eu des relations amoureuses et sexuelles avec des femmes sans être marié. Lui aussi a donc profité des avantages des deux, sauf qu’il ne l’a pas fait en même temps mais il a fait l’un dans la première partie de sa vie, et l’autre dans la deuxième. Ça aussi c’est l’opportunisme à mes yeux.
 

Je veux juste faire ce que Dieu veut que je fasse, pas plus et pas moins que ça. Et je veux me sentir heureux et avoir l’idée que ma vie n’est pas insignifiante. En ce moment, je me sens comme si j’avais raté ma vie entièrement.
 

Cordialement,
 

Marc »