Je reviens de la messe de 9h30 à l’église Saint Médard, à Paris. J’y allais pourtant avec les pieds de plomb. Et finalement, quel dimanche (consacré à la Sainte Famille : Joseph, Marie et Jésus) ! J’ai 3 choses à vous partager :
 

Tout d’abord, mon cœur a été cueilli, saisi, par la beauté des textes du jour. Notamment la première lecture, qui dépote : « Celui qui honore son père obtient le pardon de ses péchés. […] Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse, ne le chagrine pas pendant sa vie. Même si son esprit l’abandonne, sois indulgent, ne le méprise pas, toi qui es en pleine force. Car ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée, et elle relèvera ta maison si elle est ruinée par le péché. » (Ben Sirac le Sage 3, 2-6. 12-14). Et par ailleurs, j’ai écrit il y a 2 jours un texte (« Messieurs, aimer votre femme n’est pas une option ») sans me douter une seule seconde que le texte de saint Paul (la deuxième lecture : Col 3, 12-21) allait tomber pile là-dessus. Concours de circonstances ? Je ne crois pas. Merci Jésus !
 

Deuxième point : en lisant l’« édito » de la feuille de messe, pourtant écrit par le prêtre le plus « Vieille France » de l’équipe de prêtres de la paroisse Saint Médard (le père Bernard Bommelaer), je suis dépité. Même si le texte souffle le chaud et le froid en focalisant sur la Sainte Famille parce que ça fait bien, il reconnaît, au nom du « respect », de la « rencontre », de la « diversité » et du « non-jugement » des situations particulières, les « familles homoparentales » comme des « familles »… alors que concrètement, ce ne sont pas des familles. La famille, c’est la différence des sexes couronnée par l’Amour et parfois par la procréation quand c’est possible. Ce genre de compromissions verbales illustre le glissement moral d’un certain nombre de clercs, même très tradis, dans le nominalisme et l’esprit du Monde. C’est vraiment navrant. Et tant pis si je passe pour un vieux réac’ en le disant.
 

 

Troisième et dernier point : En fin de messe, un événement (que j’avais vu il y a 5 ans au Sacré-Cœur lors d’une messe) m’a serré le cœur. Pendant la distribution de la Communion, un type d’à peu près 50 ans, barbu, avec une veste noire qui a attiré mon regard car à son coude était brodé un écusson triangulaire qui avait l’air maçonnique, s’est pointé au bout de la file, a pris Jésus-hostie dans la main, puis est reparti sans assister à l’issue de la messe. J’ai bien regardé : il n’a pas semblé mâchouiller le Corps du Christ. Et je l’ai vu repartir avec le poing de sa main gauche serré. En moi-même, je me suis dit : « Tu dois aller vérifier s’il a bien communier. » J’ai laissé passer quelques secondes, et je suis allé le rattraper pendant le chant de Communion, justement. Il avait feint la piété en s’arrêtant une demi-seconde devant la crèche de l’église. Et j’ai vérifié : il n’a pas assisté à la messe et n’est pas resté dans l’église. Sans faire le parano qui psychote, je suis quasiment sûr qu’il n’a pas communié et qu’il s’est barré avec l’Hostie, même si je n’ai rien pour le prouver. Je me suis juste permis de lui demander : « Excusez-moi monsieur. Avez-vous communié ? » Et il m’a répondu avec un flegme glaçant, un léger rictus, un aplomb et un calme olympien : « Oui. » Puis il a quitté le bâtiment. Je n’ai pas eu le culot ni l’autorité de lui demander de fouiller ses poches. Mais s’il avait vraiment communié et s’il avait été un fervent croyant, il aurait été choqué de ma question et l’aurait prise pour une insulte à sa Foi, un immense affront. Or, pas du tout. Je ne suis pas allé plus loin dans ma perquisition, trouvant déjà que mon audace et ma suspicion pouvaient paraître pathologiques et insultantes. Simplement, je vous raconte cette « anecdote » pour :
 

1) Rappeler que le trafic d’Hosties existe et qu’il est bien plus fréquent que les fidèles catholiques ne le pensent, car il alimente des messes noires satanistes où le Corps mystique de Jésus est torturé (les démons et leurs suiveurs, eux, connaissent parfois bien mieux la Présence Réelle vivante de Jésus dans le Pain eucharistique que des fidèles catholiques réguliers, malheureusement…).
 

2) Avertir les prêtres de l’existence de ces vols ou de ce trafic, et leur demander expressément de former leurs distribuants, les appeler à la vigilance et au contrôle de l’ingestion effective de l’Eucharistie, et de privilégier la communion dans la bouche. Ça ne me pose aucun problème théologique que ces distribuants soient des laïcs, ni que l’Hostie soit posée au creux de la main et non obligatoirement dans la bouche : je me refuse à rentrer dans le purisme paranoïaque et le cléricalisme des néo-pharisiens actuels qui estiment que la Communion n’est « valide » que si elle est distribuée par les mains sacrées du prêtre et que si elle est reçue directement dans la bouche du fidèle. Néanmoins, la seule raison pour laquelle j’exprime une nette préférence pour la Communion dans la bouche, c’est l’évitement de ce trafic d’Hosties qui, je suis sûr, est en pleine expansion. Donner la Communion dans la bouche, c’est la garantie que la personne ne se barre pas avec.