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Quand arrivera l’Antéchrist et comment le reconnaîtrons-nous ?

Devise de l’Eurovision 2017 : « Celebrate Diversity »


 

Certains me demandent quand arrivera l’Antéchrist et en quoi nous le reconnaîtrons. Je crois que le signal humain le plus facilement reconnaissable que l’Antéchrist et son faux prophète seront arrivés au pouvoir religieux (Vatican puis Jérusalem), c’est soit leur promotion ouverte de l’hétérosexualité (et ses synonymes : « égalité », « respect des différences », « diversité », « amours », « Charité-s », « Miséricorde », « ouverture des sacrements à tous », tolérance pour les Unions Civiles, etc.) – un peu moins la promo franche de l’homosexualité – , soit le lissage-troncage des 4 paragraphes du Catéchisme de l’Église Catholique sur l’homosexualité. Ce n’est pas plus compliqué que ça. L’hétérosexualité est l’empreinte de la Franc-Maçonnerie internationale et du satanisme.
 

Le père James Martin, en voulant déculpabiliser les personnes homos, nous ignore


 

Je pense que ce prêtre – James Martin – se plante (et ça n’a rien à voir avec le fait qu’il soit Jésuite, je tiens à préciser). Non seulement il ne propose rien (« des ponts à construire », ça ne veut rien dire) mais en plus, il nie (pour notre bien) ce que nous personnes homosexuelles vivons et la nature peccamineuse, intrinsèquement désordonnée et douloureuse de notre tendance homosexuelle (soi-disant parce que la reconnaissance de cette réalité désagréable nous culpabiliserait). Il ne nous rend pas service, nous ment et ne reconnaît pas ce que nous vivons. C’est lamentable. « Les responsables catholiques devraient cesser de dire que ces personnes sont ‘affligées par leur sexualité’, et arrêtons de parler de ‘sexualité objectivement désordonnée’. Ce sont des mots extrêmement blessants ! » : C’est lui qui est blessant. J’ai suffisamment étudié la dimension du désordre dans la tendance homosexuelle (qui est une peur de la différence des sexes) et dans la pratique homosexuelle (qui est un rejet de la différence des sexes, donc un rejet d’humanité, malgré l’amitié amoureuse qui peut s’y vivre) pour l’attester. Ce n’est pas uniquement moi qui le dis : c’est quasiment l’ensemble des personnes homosexuelles (cf. les codes « Désir désordonné » et « Moitié » de mon Dictionnaire des Codes homosexuels). « Construire un dialogue entre l’Église et la communauté homosexuelle », je suis d’accord et ça fait longtemps que je le demande. Et en effet, il manque. En revanche, pas le construire n’importe comment. Et rien ne sert de féliciter le Pape parce qu’il emploie un mot moderne (« gay ») : le Pape n’est pas juste parce qu’il est « cool » et « à la mode » ; il est juste quand il est vrai et bon. Point. Qu’est-ce que c’est que ce prêtre soixante-huitard ? L’Église n’a pas besoin de ce genre de discours gay friendly qui ne reconnaît pas ce que nous, personnes homosexuelles, vivons. Je lui conseille de vraiment nous écouter plutôt que de chercher à changer le Catéchisme.

(N.B. : Et La Croix, mais quel journal de merde…)

Ma conférence au Café Youcat de Barcelone sur l’homosexualité : ce qui s’est réellement passé (26 scoops)


 

 

Avant-Propos

 

Ce qui aurait dû logiquement se produire en France (l’effet-bombe de mon analyse et témoignage de l’homosexualité), et qui a été étouffé/remplacé par le feu de paille de La Manif Pour Tous à cause du carriérisme et de l’orgueil des catholiques français (qui n’ont pas voulu s’opposer à l’Union Civile ni à l’hétérosexualité, ni parler d’homosexualité), est arrivé dimanche dernier à Barcelone : un véritable tollé.
 

Pendant 5 jours, tous les médias espagnols se sont excités sur mon compte et sur la conférence du Café Youcat du dimanche 12 février organisée par l’archevêché de Barcelone dans le cloître de l’église Santa Anna. 23 médias – dont 10 télés – ont couvert l’événement ; 60 journalistes étaient présents à la conférence ; j’ai été contacté personnellement par les 4 télés plus importantes du pays ; une cohorte de juristes et d’avocats était sur le pied de guerre ; le Parlement catalan (la Generalitat) et la maire de la ville de Barcelone ont tout fait pour annuler la conférence (notamment en signant massivement une pétition) ; l’archevêque Monseigneur Omella a dû écrire au Parlement pour faire valoir son droit d’organiser au sein de sa maison les événements qu’il voulait ; 3 mouvements de contre-manifestation (avec une centaine de manifestants) ont tenté d’empêcher l’événement ; 16 000 € ont été jetés par les fenêtres pour assurer la sécurité ; 4 activistes LGBT ont essayé d’interrompre ma conférence dès les 10 premières minutes et ont été expulsés calmement ; la plupart des journalistes sont partis après avoir eu leur moment de « confrontation » ; le passage-télé sur TV3 que je devais assurer le lendemain (lundi 13) a été annulé. Voilà le tableau dans les grandes lignes.
 

À présent, je vais revenir plus en détail sur cet événement – unique pour moi car je n’avais jamais vécu une telle pression – pour vous dévoiler quelques « scoops » et surtout pour rétablir des vérités essentielles (j’ai été injustement attaqué et je continue de l’être dans les médias : j’ai donc mon droit de réponse) et remercier la formidable équipe de jeunes catholiques du Youcat. Car OUI, nous avons souffert ensemble pour Jésus, pour sa Justice, et cela nous a fait expérimenter à la fois une montée d’adrénaline dont nous nous serions bien passés, à la fois une amitié en accéléré tout à fait incroyable. Cet article vient compléter celui sur les 14 préjugés. La traduction espagnole se trouve ici.
 

Les 26 « scoops »


 
 

Scoop 1 : Je n’ai jamais vécu une pression pareille, même en France. Personne ne s’attendait à un tel déchaînement médiatique. Pas même moi ! Cette mise en scène d’une guerre qui n’a pas eu lieu – puisque le Café Youcat a été une réussite, tant au niveau du contenu que des relations d’amitié qui en sont nées – a été orchestrée uniquement par les médias. Ni moi, ni le père Bruno Bérchez (délégué à la jeunesse au diocèse de Barcelone), ni le Café Youcat ni l’archevêque Omella, n’avons cherché à se faire remarquer, à faire du buzz, à provoquer, à devenir célèbre, et personne n’a convoqué les médias. Ils sont venus tout seuls, et avaient tout planifié pour que leurs fantasmes paranoïaques deviennent réalité. Manque de pot : les ennemis qu’ils rêvaient de coincer, ce n’étaient pas les autres mais eux-mêmes. Au lieu de nous faire venir sur leurs propres plateaux-télé, ils nous ont imposé d’improviser un studio télé dans les locaux d’Église dans lesquels ils sont venus s’enfermer… pour finalement se rendre compte que les intolérants de l’histoire, c’étaient eux et leurs figurants LGBT. Je dis « leurs » figurants, car les 4 assaillants LGBT qui ont tenté d’interrompre ma conférence ont été totalement instrumentalisés et ont obéi à un scénario écrit d’avance : en effet, les journalistes avaient prévu de rester seulement 10 minutes, de prendre des images de moi pour mettre un visage sur l’« odieux gay homophobe qui joue le prophète » (histoire de donner à manger aux voyeurs télévisuels et de justifier qu’ils ne s’étaient pas inquiétés en masse pour rien : dès mon arrivée, ils m’ont mitraillé de flashs en scandant mon prénom « Philippe, Philippe ! »), de me laisser un peu parler (pour traquer LE dérapage langagier), de faire intervenir leur mouvement de contestation à leur place (les 4 assaillants avec leur banderole au message jugé « timide » par le journaliste Carles Cols : « Plaisir anal, contre votre morale ! » : on n’a pas la même définition de la « timidité »…), et de partir enfin comme des voleurs. Ce scénario était tellement absurde qu’ils se sont ridiculisés. Les journalistes et les militants LGBT ont montré au grand jour que leur soi-disant « lutte contre les discriminations et contre l’homophobie » n’était en réalité qu’une homophobie et qu’un libertinage masqués. Même l’homosexualité n’était pas affichée ni défendue par eux. Le happening était à ce point téléphoné qu’il est arrivé juste au moment où précisément je remerciais les manifestants (que je pensais à l’extérieur) de me rappeler de ne pas dire n’importe quoi sur les sujets très importants et délicats de la sexualité, de l’amour et de la foi. J’ai même dit que j’aurais très bien pu faire partie de ceux qui étaient dehors. Les 4 trouble-fête, embrigadés dans une surprise d’anniversaire qui tombe à plat, sont donc sortis de leur gâteau pile au mauvais moment : celui des remerciements. Ça confinait au grotesque. Ils ont loupé leur coup. Vraiment. Par ailleurs, la tension dans le cloître de Santa Anna était telle qu’il y a eu un malaise (crise d’épilepsie) d’un des spectateurs, qui a dû être évacué.
 

 

Scoop 2 : Le Happening des 4 assaillants LGBT n’avait rien d’un accident : c’était un consentement d’amour. Les catholiques du Café Youcat ont aimé leurs ennemis et ne se sont pas laissés surprendre ni piéger par eux, contrairement à ce qui a été dit. En effet, les médias malveillants essaient de faire passer les croyants pour d’affreux censeurs fondamentalistes, qui n’accueilleraient que ceux qui pensent comme eux. En réalité, j’ai été moi-même surpris de la diversité du public : les croyants et les non-croyants se sont retrouvés dans un même lieu, ont bu à la même table, se sont mélangés ; et même entre catholiques, toutes les sensibilités étaient représentées. C’était magique à voir. Par ailleurs, certains journalistes ont prétendu que les 4 manifestants qui ont interrompu le début de mon témoignage s’étaient infiltrés secrètement et avaient héroïquement déjoué/bravé le barrage de contrôle des organisateurs. C’est absolument faux. Le staff de surveillance les avait clairement identifiés, et les avait malgré tout laissé rentrer en connaissance de cause. L’attaque des quatre trouble-fête n’a pas été accidentelle ni imprévue : certes, elle n’était ni désirée ni justifiée, mais elle a été consentie. Et ça, c’est fort ! Elle a été un consentement d’amour. Je tenais à le préciser, pour rétablir la Vérité et honorer la grandeur du groupe Youcat. Le fait que le happening ait pu avoir lieu est la preuve de l’immense amour des catholiques pour leurs ennemis… même s’il ressemble à une défaite et à une naïveté de leur côté.
 

J’ai montré ma « Photo de la Honte »


 

Scoop 3 : Je comptais montrer Jésus. Même si on ne l’a finalement pas vu, je portais un tee-shirt de Jesus loves Paris. J’en ai discuté au préalable avec le père Bruno qui, pour éviter l’effet « beauf » ou « provoc’ », a préféré, sans rien m’imposer, que je ne tente pas le diable, et que je cache mon tee-shirt. Mais Jésus était là, présent quand même. Et finalement, je crois que j’aurais pu le montrer.
 

 

Scoop 4 : Mes persécuteurs, au nom de l’homophobie, ont été homophobes. Je pourrais les traîner en procès, si je voulais. Comme je l’explique dans mon livre L’homophobie en Vérité mais également dans mon code « Homosexuel homophobe » de mon Dictionnaire des Codes homosexuels, l’homophobie est la peur puis l’attaque du même (« homo » en grec signifie « même », puis a fini par signifier « les homos » ou « l’homosexualité : on garde les deux acceptions). L’homophobie n’est pas, comme le laisse entendre les médias, une insulte et un bout de scotch qu’on met sur la bouche d’une personne qu’on veut faire taire (elle est plus grave qu’une étiquette ou qu’une réputation ou qu’une insulte – y compris le mot « discrimination ») ; elle n’est pas non plus toute opposition à une loi qui passe au nom des personnes homosexuelles (celles-ci ne sont pas une loi ni un bout de papier) ; elle n’est pas toute image négative attribuée à l’homosexualité (les personnes homosexuelles, comme tout Homme, peuvent souffrir ou mal agir : elles ne sont pas des anges affranchis du mal). En fait, l’homophobie est une attaque réelle (suicides, harcèlement, violence verbale et physique, viols, meurtres, vols, crimes de guerre…) que les personnes homosexuelles – refoulées ou au contraire trop assumées homosexuellement – se font entre elles (l’agresseur homophobe attaque toujours sa victime homosexuelle parce qu’il ne supporte pas de voir reflété en elle son propre désir homo, sa propre blessure de sexualité, sa propre action homo). J’écris – et je le prouve sans exception – que l’homophobie est l’« identité homo » (la caricature du coming out), est l’« amour homo » (à chaque fois qu’une personne pose un acte homo, elle rejette la différence des sexes, socle de son humanité et de son identité, et donc se rejette elle-même en même temps qu’elle rejette la personne avec qui elle pratique l’homosexualité). Tous les actes homophobes que je connais ont d’ailleurs lieu dans des cadres de pratique homosexuelle : la sphère amoureuse homosexuelle ou bien la sphère prostitutive. Les faits démontrent que les personnes homosexuelles – y compris celles qui se déguisent en « hétéros » – s’attaquent entre elles.

C’est exactement ce qui m’est arrivé à Barcelone : j’ai été attaqué uniquement par des personnes qui se disent « hétéros » (et timidement homos) et qui sont mes semblables. Pour clore également ce chapitre sur l’homophobie, j’ai vraiment eu l’impression, surtout au tout début de ma conférence au Café Youcat, que je rentrais dans un tribunal. J’étais entouré de caméras et de juristes qui feignaient l’« objectivité du rapporteur », qui enregistraient tout ce que je pouvais dire, guettaient la moindre fausse note ou le moindre dérapage linguistique pour vérifier si ce que je disais pouvait tomber sous le coup de la loi. Soit dit en passant, quand bien même j’aurais sorti des propos clairement homophobes, la loi sur l’homophobie en Catalogne n’a pas été votée et donc n’aurait même pas pu faire l’objet d’une plainte pour « homophobie » ou « incitation à la violence ».
 

 

Scoop 5 : Je n’ai jamais été condamné pour homophobie en France : Les manifestants LGBT catalans ont fait courir le bruit qu’en France j’aurais été déjà jugé pour homophobie pénalement. C’est faux et c’est de la pure calomnie. Précisément dans mon pays, les collectifs de lutte contre l’homophobie (Yagg, l’Éducation Nationale, S.O.S. Homophobie, etc.), étant homophobes (le même paradoxe s’observe chez les groupes anti-racistes qui deviennent racistes et sectaires, ou encore chez les commandos « écologistes » ou féministes qui deviennent totalitaires et sexistes…), et n’ayant rien pour prouver mon homophobie (parce que concrètement je n’ai jamais attaqué une personne homosexuelle, je n’ai jamais provoqué de « vague de suicides de jeunes », et que je suis le seul au monde à avoir décrit les réels mécanismes de l’homophobie), n’ont jamais pu m’arrêter ni me traîner en procès, malgré leurs tentatives et les nombreuses plaintes qu’ils ont reçues à mon sujet. Dans ce que j’écris ou dit sur l’homophobie, il n’y a pas d’angle mort. Je peux même démontrer que ceux qui m’attaqueraient pour homophobie sont en réalité homophobes.
 

 

Scoop 6 : La salle du Café Youcat était pleine de personnes homosexuelles. Peut-être même un bon quart des gens présents. Les médias, une fois les perturbateurs sortis, se sont sans doute crus tout seuls à être pro-gays face à ces jeunes catholiques endoctrinés. Mais ceux qui sont restés ont pu constater au contraire que mon discours avait un écho chez plus d’une personne homosexuelle parmi les auditeurs. L’une d’elle, un jeune homme qui a eu le courage de prendre le micro pour faire son coming out, a dit qu’il était d’accord avec ce que j’ai exprimé et qu’il m’appuyait. Ça m’a vraiment fait chaud au cœur, ce soutien fraternel ! D’autant plus qu’il parlait à la première personne du pluriel (le « nous »), ce qui signifiait qu’il représentait un certain groupe de personnes homosexuelles catholiques désireuses de vivre la continence. C’était très important pour moi. Non seulement parce que je cessais aux yeux de tous de passer pour un extra-terrestre isolé, mais parce qu’en plus, mon chemin universel répond concrètement à une aspiration profonde partagée par beaucoup plus de personnes homosexuelles qu’on ne croit.
 

Scoop 7 : Les journalistes sont tombés dans leur propre piège et sont les vrais perdants de l’histoire Je suis plus connu à l’étranger qu’en France désormais. Alors que mes opposants en France ont eu la subtilité de ne pas m’attaquer frontalement pour ne pas me faire de publicité (parce qu’ils ne le pouvaient pas, n’avaient pas les moyens intellectuels ni légaux pour cela), les journalistes espagnols m’ont rêvé con, dangereux, homophobe, méchant, sans me connaître, et ont contribué ainsi à offrir une belle tribune à mes idées, mes écrits, à l’Église. Et le tout, sans que nous les ayons convoqués. La censure d’État qu’ils ont mis en place est manifeste et s’est fait connaître y compris dans toute l’Amérique Latine. Ils ont montré à la face du monde leur intolérance. Ils ont été homophobes au nom de la lutte contre l’homophobie. Ils m’ont discriminé au nom de la lutte contre la discrimination. Les parlementaires du Parlement catalan ont prouvé leur immaturité en signant massivement une pétition « contre les discriminations » que tout le monde aurait pu signer (même moi ! Qui est contre la discrimination ? En théorie, personne) et qui aurait pu être écrite par un adolescent. En plus, ils ne dévoilent jamais quels faits et quels mécanismes se cachent derrière le mot « discrimination » qu’ils arborent hystériquement. Car en réalité, ils sont complices de cette discrimination. Leur attaque à mon encontre était tellement infondée que, pendant le Café Youcat, l’un de mes amis de No Temo a surpris une conversation entre deux journalistes qui, tout en pliant bagage, se sont dits « On a perdu notre après-midi…. ».
 

 

Scoop 8 : La majorité des journalistes espagnols servent le diable et la franc-maçonnerie Ça, je l’ai découvert en tombant sur un article de presse (ici le pdf : Barcelona El Periodico) qui relatait le Café Youcat de dimanche, celui du Periódico écrit par le journaliste Carles Coles. Dans cet article – le seul que j’ai lu car mon père l’a acheté et me l’a mis sous le nez -, on retrouve tout ce que j’écris à propos du boboïsme (cf. le vernis de culturalité, la diabolisation de l’Église mais avec un jargon pseudo religieux, les références bobos à David Lynch et les citations soi-disant érudites, etc.), tout ce que j’ai écrit à propos du diable (je prouve dans tous mes livres que l’hétérosexualité est le diable déguisé en différence des sexes… Eh bien Carles Cols, en plus de faire semblant de me citer alors qu’il déforme complètement mes mots, me fait défendre « les couples hétérosexuels » alors que précisément ce sont eux contre lesquels je combats le plus : ce mensonge qui se fait passer pour la réalité, ça, c’est diabolique) et tout ce que j’ai écrit à propos de la franc-maçonnerie (cf. la référence à l’Islam au début de l’article et à la mythologie grecque à la fin : les francs-macs, bien qu’athées autoproclamés, sont très fans des récits mythologiques et des « héros »). Tous les scribes présents au Café n’étaient pas des menteurs si des agents de la franc-maçonnerie comme Carles Cols. J’en ai même vus qui étaient touchés par mon témoignage (et notamment un journaliste du PAÍS, très mignon d’ailleurs ^^), qui sont restés jusqu’à la fin, et qui semblaient être au service de la Vérité… mais ils étaient peu nombreux et plus discrets. Carles Cols, lui, fait partie de la frange journalistique sataniste, cynique et bobo, qui essaie de créer une Église « laïque » et athée, non pas tant pour détruire frontalement l’Église Catholique que pour La singer (il est comme par hasard du côté du père Charamsa)
 

Scoop 9 : Charamsa est en ce moment même en train de jouer aux fléchettes avec mon portrait. : Charamsa, c’est le prêtre polonais qui avait fait parler de lui lors du Synode sur la famille en 2015, qui maintenant vit à Barcelone avec son « mari », qui vient de publier son nouveau livre (ouvrage qui soutient que l’« amour homosexuel » est divin et que la plupart des curés de l’Église catholique sont homos…) et qui est parfois invité dans certaines églises espagnoles. Apparemment, comme je suis un peu son antithèse au niveau du message, Charamsa n’est pas tendre en ce moment avec moi. C’est ce que m’a rapporté mon papa, qui a l’énergie qu’il me manque pour lire toute la presse et les articles qui sortent sur moi actuellement en Espagne. Et j’avoue, concernant le prêtre polonais défroqué, que si je peux tacler son discours de la désobéissance à l’Église, qu’il développe dans son nouveau livre, j’en serais très heureux !
 

Scoop 10 : Je pouvais me faire casser la gueule dans la rue : Pour la première fois de ma vie, suite à cette conférence de dimanche, je pouvais être reconnu dans la rue, et vu l’image faussée diffusée, ça aurait pu m’attirer des ennuis. Je n’ai pas connu cette peur en France. Ça ne m’a pas empêché de prendre le métro et de déambuler gaiement dans Barcelone. Le plus rigolo, c’est que pour ne pas me faire prendre de risques ni m’exposer à des gens malveillants qui m’insultent dans la rue, le père Bruno m’emmenait toujours dans des endroits où il était sûr que ce n’était pas LGBT : soit des bars à grands-mères, soit des kebabs ! On se rendait fréquemment prendre un thé entourés de papys et de mamies espagnols ! ^^
 

Père Bruno, Ramón et moi


 

Scoop 11 : Mon père est d’un calme olympien. J’ai retrouvé mon papa en Catalogne à partir de la journée du lundi. Je croyais qu’il pourrait assister à la conférence Café Youcat du dimanche mais il est arrivé le lendemain, bien que pendant toute la semaine, il a suivi tout le battage médiatique de près. Moi, ça m’aurait déprimé autant qu’angoissé. Lui, il est resté imperturbable. On traîne son fils dans la boue, mais comme c’est pour le Christ, tout va bien ! Il a vraiment la foi chevillée au corps. Je ne vois pas d’autre explication.
 

Scoop 12 : Est-ce qu’une telle médiatisation peut se reproduire ? Je ne sais pas. Soit l’Espagne décide d’imiter la France, choisit de m’ignorer et comprend que rien ne sert de me faire de la publicité en me médiatisant vu que mes recherches sont imparables, soit Elle choisit par orgueil – maintenant que le mal est fait – de salir mon nom et d’assumer la médiatisation qu’Elle a enclenchée. Je maintiens cependant que le buzz qui s’est produit en Espagne ne vient pas du thème en soi de l’homosexualité, ni même que celui-ci soit couplé avec la foi catholique. Il vient du fait que moi, personne homosexuelle en chair et en os, propose à tous mes semblables la virginité comme meilleur chemin de bonheur et de Salut, vient du fait que j’obéisse à l’Église Catholique.
 

Scoop 13 : J’ai eu à Barcelone des confirmations sur le lien entre viol et homosexualité. Mes déclarations sur les liens non-causaux entre désir homosexuel et viol avaient provoqué un tapage juste avant mon arrivée en Espagne. Et pourtant, rien qu’en échangeant en vrai avec des personnes homosexuelles de Barcelone, j’en ai rencontrées trois qui, en privé, m’ont avoué qu’elles avaient vraiment été violées.
 

Scoop 14 : Le scandale est venu de la Vierge et de Jésus À l’origine du tollé de dimanche dernier, il semblerait que ce soit un activiste catalan connu, avec des boucles d’oreilles, qui aurait pété son câble et déclenché l’intifada. Il semblerait aussi que ce soit l’article de PRISMA qui ait mis le feu aux poudres. Possiblement aussi, le Café Youcat est le rejeton de la soirée No Temo qui a eu lieu en janvier 2015 à l’église de la Medalla milagrosa (Médaille miraculeuse, à Barcelone). Mais en réalité, je crois qu’il faut trouver à la bombe une raison beaucoup plus noble et divine que les simples contextes humains. De manière plus fondamentale et surnaturelle, comme je l’ai expliqué au tout début du Café Youcat, je ne crois pas que ce soit le thème et donc l’homophobie du « lobby gay » la principale cause de l’excitation des médias (même si, bien sûr, il y avait de l’homophobie : m’empêcher, à moi, homosexuel, de parler d’homosexualité, c’est bien de l’homophobie). Je ne crois pas non plus que ce soit d’abord la liberté d’expression (religieuse) qui ait été menacée et qui a soulevé les foules (car j’aurais fait un témoignage sur « Comment être homo et catho », ça ne m’aurait pas attiré tous les journalistes). C’est bien le célibat et son universalité, c’est bien la virginité et l’Église, qui ont été réellement visés. Pour notre monde qui méprise le célibat et le renoncement à certains plaisirs, la continence universelle est une provocation dangereuse, une terrible menace à leur libéralisme copulatoire/hédoniste.
 

L’ex-père Charamsa


 

Scoop 15 : Sainte Eulalie défendait la virginité en moi. Le « Jour J » de la conférence, le dimanche 12 février, les trois textes de la messe ont été adaptés à la fête de la patronne de Barcelone, sainte Eulalie, une vierge courageuse. Et c’était marrant comme tout était centré sur la virginité et la persécution. Ce fut providentiel et très beau. À l’église Santa Eulalia, le dimanche matin, le père Bruno a fait une homélie sur la parabole des vierges prudentes et des vierges imprudentes (Matthieu 25) tout à fait remarquable : il a expliqué que l’huile des vierges était la prière. Je n’avais jamais compris ce texte comme ça auparavant. Ça a complètement bouleversé la lecture matérialiste et égoïste du Salut offert par Dieu. Cette messe m’a donné la paix que j’attendais.
 

 

Scoop 16 : Le chantier et l’écartèlement sont aussi dans l’Église. La position de l’Église sur l’homosexualité – la proposition du célibat continent pour les personnes durablement homosexuelles – n’est pas source de conflit qu’à l’extérieur de l’Église. Elle divise et est incomprise à l’intérieur aussi. Elle est loin de faire l’unanimité. C’est bien pour ça qu’il serait caricatural de ne voir l’ennemi qu’à l’extérieur. Par exemple, lors de mon arrivée à la paroisse Santa Eulalia, une adorable paroissienne, une mamie avec les cheveux teints en rose, m’a gentiment sorti, pour m’encourager, qu’elle vivait dans un immeuble avec trois couples homos différents et que « ça ne lui posait aucun problème et qu’elle adorait les homos » : « Mes voisins homos sont très gentils ! » (Oui, ai-je pensé, mais c’est pas le problème…). En discutant plus tard avec un responsable de la logistique au sein de la paroisse, il me disait, pour paraître ouvert et gay friendly, qu’il ne voyait pas pourquoi interdire à un « couple » homo catho qu’il connaît et qu’il trouve équilibré de communier. Bref. Le chemin vers la prise de conscience à l’intérieur de l’Église est long.
 

Scoop 17 : Je suis catalan. … quelque part… C’est drôle comme dans les médias, dans la bouche de mes opposants comme de mes amis barcelonais, très naturellement, en énonçant mon nom, ils le prononçaient « à la catalane » : « Phillip Ariñó ». Avec l’accent tonique sur le « o ». Ils auraient pu le dire en espagnol classique. Mais non. Ils l’ont catalanisé. C’est que j’ai été adopté, vraisemblablement.
 

Scoop 18 : L’Église m’a vraiment fait aveuglément confiance Cette conférence dominicale n’a pas été préparée. Lorsque, l’avant-veille du Café Youcat (vendredi 10) j’ai dîné à l’archevêché avec Monseigneur Omella, et que ce dernier m’a demandé entre la poire et le fromage si j’avais pensé à un plan pour mon topo, je lui ai répondu que je n’avais rien prévu. Lui, au lieu de me conseiller de penser quand même à écrire quelque chose, au lieu carrément de me dicter le contenu ou d’éviter telle ou telle chose à dire, s’est contenté de montrer son étonnement (« Ah ok ») et de passer à autre chose (Quasiment « Passe-moi le sel. »). Par ailleurs, le père Bruno m’a avoué après le succès de la conférence, qu’il avait parié sur moi sans trop savoir exactement ce que j’allais dire et si ce que j’allais exprimer tenait vraiment la route. Il ne m’avait entendu qu’une fois, en janvier 2015 à No Temo, et c’est tout. Je suis frappé par la confiance qui m’a été faite. Monseigneur Omella est un grand homme, un vrai père : ferme et confiant. Barcelone a de la chance de l’avoir pour archevêque.
 

Mgr Omella et le Pape François, comme deux larrons en foire


 
 

Scoop 19 : Je m’évanouis quand je me sens coupable. Il y en a qui vomissent quand ils sont contents. Eh bien moi j’ai découvert à Barcelone que, lorsque je suis pris en faute pour un acte personnel posé dans la sphère sociale, un acte que je croyais juste et qui se révèle accidentellement injuste et lourd de conséquences publiques, je fais un choc émotionnel et tombe dans les pommes ! haha. Ça m’est arrivé seulement trois fois dans ma vie : quand j’ai parlé de la dépression de ma mère lors d’une de mes premières conférences en France et que ça l’avait blessée ; lorsque j’ai reçu un mail d’un ami blessé par la première bouture de ma pièce Vous m’avez beaucoup pédé où j’avais dénoncé toutes les personnes de La Manif Pour Tous de manière un peu bourrine ; et enfin, lorsque j’ai cru – suite à un malentendu – que les signataires du Parlement catalan qui voulaient empêcher ma conférence de Barcelone étaient majoritairement du PP et que je les ai dénoncés sur Facebook… alors qu’en réalité les membres du Partido Popular (équivalent des Républicains en France) se sont abstenus. Lors de la veillée de prière du samedi soir avec le groupe de jeunes de Youcat, qui m’avait pourtant beaucoup apaisé, j’ai commencé à m’évanouir parce que j’ai entendu un des gars du groupe me dire que j’avais sans doute été mal informé en écrivant sur Facebook cette publication sur le PP. Rien de grave finalement : je me suis excusé immédiatement de ce « post » accidentel et finalement sans conséquence (après tout, il a été, malgré lui, l’occasion de faire découvrir à mes opposants que j’étais bien de gauche). Tous mes amis catalans présents ont cru que je m’étais évanoui à cause de la fatigue ou du stress. Mais moi, j’ai compris pourquoi. C’est la culpabilité qui me fait chuter. Cette manière de réagir indique combien je me sens responsable de ce que je fais publiquement, et le point d’honneur que je mets à conformer ma vie privée et ma vie publique à la Vérité de Jésus. Bref, le scoop, c’est que je ne peux pas physiquement être schizophrène et que je ne peux pas mentir/mal agir publiquement longtemps : ça me rend malade ! Je ne tiens pas debout ! lol
 

 

 

Scoop 20 : Cottolengo a remplacé la télé, et franchement, heureusement ! Ma visite à Cottolengo Padre Alegre, immense centre religieux accueillant des personnes fortement handicapées, a remplacé la télé le lundi matin. En effet, TV3 (une des télés les plus importantes de Catalogne) avait prévu de m’inviter. Mais les programmateurs ont décommandé mon intervention la veille, prétextant mon « mauvais niveau de langue ». J’ai su ensuite que, par le passé, ils ont reçu des gens qui avaient un espagnol largement moins bon que le mien, et que la vraie raison, c’est qu’ils n’avaient plus rien à attaquer dans mon discours. J’ai donc rejoint le centre de Cottolengo où m’avait donné rendez-vous le père Bruno. Et franchement, c’était largement mieux que la télé ! Un bain d’amour de la part de tous les habitants. Et paradoxalement aussi, l’impression que cet amour était plus facile à cueillir que l’amour des ennemis… d’où ma découverte que, plus encore que l’amour, plus que la tendresse dans la vulnérabilité, les amis de Cottolengo, rarement capables d’être méchants tant ils sont diminués, m’ont fait l’immense cadeau de me faire connaître mon péché : c’est-à-dire « Je ne pardonne pas assez ceux qui me font du mal ».

En arrivant sur le site, j’ai été frappé de la sainteté de la jeune religieuse voilée qui assurait l’accueil à la réception, et qui prenait tout sur elle, même les petites contrariétés ou remarques désagréables que lui faisaient ses collègues, au point de ne rien laisser paraître et de tout accepter avec paix et douceur. Je crois qu’elle s’appelle sœur Margarita. Ensuite, j’ai été accueilli par le père Bruno et aussi une part de l’équipe soignante. Nous avons commenté le remue-ménage de la veille au Café Youcat. Et tout à notre enthousiasme, je n’ai pas osé dire à la directrice et religieuse en chef le contenu du message obscène de la banderole déroulée par les 4 fauteurs de troubles, pour ne pas heurter ses oreilles chastes.

Après, la visite des lieux a démarré. D’abord la section des plus jeunes, ensuite celle des femmes, et enfin celle des hommes. Je suis rentré dans des salles de classe où les élèves avaient une physionomie parfois improbable (des personnes avec une toute petite tête, par exemple : ce qu’on ne pense voir que dans les films de science-fiction). Je me mettais à fixer – sans voyeurisme aucun mais au contraire très intrigué – des enfants au regard apparemment absent, qui bavaient abondamment, mais qui semblaient m’entendre et cacher le Christ. Le cas d’Hillary, un jeune enfant noir très diminué, m’a saisi. J’ai aussi aimé ces personnes handicapées qui m’ont chanté une chanson, ces personnes trisomiques qui m’ont immédiatement adopté : María par exemple, m’a fait toute une fête ; Sassouan, maghrébine habituellement très joviale, a face à moi été très profonde (à propos de la méchanceté des hommes et l’urgence d’être bon) et m’a fait son coup de blues parce qu’elle se révoltait de sa propre situation de jeune femme prisonnière qui rêve de voir un jour Paris en vrai et qui comprend que son rêve est fortement compromis ; Juan, qui avait perdu son frère jumeau, qui porte le nom de mon vrai frère jumeau, et qui passait son temps à me traiter de « Feo » (« laid » en espagnol) pour me dire qu’il me trouvait beau ; etc. Un grand moment de paix au milieu de la tourmente.
 

Scoop 21 : À Barcelone, j’ai donné ma conférence la plus complète à l’Université Abad Oliva. C’était le mardi 14 février au matin, devant les psychologues catholiques. Si, lors du Café Youcat je me suis contenté d’une présentation, en revanche, toute l’analyse et le contenu (sur l’homosexualité-l’hétérosexualité-l’homophobie), je l’ai laissé à l’Université. Cette explication en espagnol a été enregistrée, et j’espère qu’elle figurera un jour sur YouTube. Car je n’aime pas partir sans laisser de quoi manger. Et les Espagnols, après avoir vu ma tronche, ont besoin de se former sérieusement sur l’homosexualité et l’hétérosexualité.
 

Scoop 22 : Le père Bruno n’est pas gay. Je n’ai même pas eu à tester lol ! J’ai su très vite qu’il était attiré par les femmes… et encore plus par l’Église ! Je précise cela car évidemment, comme il a été lui aussi sous les feux de la rampe à cause de l’homosexualité et de l’organisation du « Café Youcat », il a été accusé très vite d’être homosexuel (en même temps qu’homophobe). Par ailleurs, Bruno a dit tant de belles choses devant les médias, des choses tellement justes, et avec une pureté et une paix désarmantes, que je lui suis très reconnaissant de son courage et de son obéissance exemplaires à l’Église. Je suis un peu désolé pour lui – et en même temps nous en avons ri ensemble – de la maladresse démagogique finale qu’il a sortie devant les caméras à la fin de ma conférence, maladresse qui trahissait sa pensée (d’habitude très droite), et qui n’est absolument pas à l’image de l’ensemble de son parcours et de la Vérité de ses propos : en effet, il a donné à croire à la toute fin de mon topo (erreur sans doute liée au stress et au relâchement de la pression) que mon témoignage de continence homosexuelle était « une expérience singulière de l’homosexualité, parallèle aux catholiques homosexuels qui vivaient en couple »… et devant tout le monde (pauvre Bruno !), j’ai dû le corriger en lui disant que mon choix de continence n’avait rien d’« UNE expérience », rien d’un « choix parmi d’autres » mais qu’il était au contraire le meilleur chemin indiqué par l’Église dans le Catéchisme de l’Église Catholique. Ce faux pas, qui pourrait faire passer le père Bruno pour un prêtre mou, relativiste, progressiste, libéral (alors qu’il est tout le contraire !), est un dérapage qui nous a permis de rigoler ensemble (un peu comme le coureur qui était en tête de la course et qui se casse la figure à deux mètres de la ligne d’arrivée !), de montrer devant tout le monde que les catholiques ne sont pas tous d’accord entre eux (notamment avec le sujet de l’homosexualité) et que l’Église est composée de pécheurs, nous a permis de corriger publiquement une tentation et une croyance en « l’amour homosexuel » bien ancrées parmi les catholiques (progressistes ou traditionalistes) aussi, et également de devenir humbles face au succès. Belle leçon que nous a offert le père Bruno malgré lui. Merci à lui. C’est un saint prêtre.
 

Scoop 23 : Saint Antoine de Padoue est le patron des… amoureux ! C’est nouveau. Ça vient de sortir ! Le samedi 11 après-midi, alors que je cherchais saint Antoine de Padoue pour passer un moment avec lui en prière (et il y avait bien une statue dans l’église de Santa Eulalia à son effigie), un des paroissiens – qui avait entendu mon topo improvisé sur l’homosexualité – a voulu m’aider, mais ne savait pas où se situait la statue, ni ne visualisait qui était vraiment saint Antoine. Il m’a fait rire : « Saint Antoine de Padoue… C’est le patron des amoureux, c’est ça ? » Moi j’aurais plutôt dit le saint qui aide à retrouver les objets perdus… mais bon. Va pour les amoureux !^^
 

Scoop 24 : J’ai failli devenir hétéro à Barcelone. Je plaisante, évidemment ^^. Mais cela dit, j’ai rencontré dans l’équipe Youcat trois jeunes femmes – Patricia, Marta et María – d’une maturité incroyable et qui ont été mes coups de cœur amicaux du séjour. Patricia, c’était la douceur et la bienveillance incarnées. Marta, c’était mon soutien psychologique et spirituel (en plus d’être mon soutien linguistique !). María, c’était l’humour. Un vrai bonheur de les connaître. Par ailleurs, l’équipe de Youcat dépote : Francesc m’a permis de me refaire un lifting linguistique (Je prenais en note toutes ses expressions idiomatiques ! Il était mon dictionnaire de poche !) ; Ramón et Óscar m’ont offert un media training drôle, efficace et paradoxalement relaxant ; la petite équipe paroissiale de l’église Santa Eulalia qui m’a fait faire une conférence improvisée le samedi après-midi m’a donné une grande confiance en moi (et en mon niveau de langue pour expliquer l’homosexualité) ; les retrouvailles lundi soir avec l’équipe de No Temo pilotée par Mosén Javier, qui m’avait reçu deux ans plus tôt, ont été belles et nécessaires (J’ai expliqué pourquoi que le Gender n’était autre que l’hétérosexualité). J’ai découvert avec beaucoup d’émotion que le couple latino-américain de No Temo qui attendait un enfant il y a deux ans et qui avait été impressionné par mon témoignage, ont donné la vie à un magnifique enfant qu’il a baptisé « Felipe » (Philippe en espagnol). Que de cadeaux vivants ! Le fait d’avoir enduré avec le groupe de jeunes du Café Youcat une semaine de souffrance pour Jésus nous a fait vivre une amitié en accéléré. Et comme en plus, sans le faire exprès, l’homosexualité vécue dans la continence agit comme une sorte de filtre et de lunettes pour connaître le cœur et la sexualité des gens, certains amis catalans pensent que je sais lire en eux : « Toi, tu es un peu sorcier, non ? » m’ont sorti plusieurs d’entre eux, intrigués. En fait, je n’ai aucun mérite. L’homosexualité, c’est mon baromètre, ma boule de cristal ! Il faut bien qu’elle serve à quelque chose ^^.
 

Mgr Brouwet et moi


 

Scoop 25 : Les catholiques espagnols aiment particulièrement Lourdes. J’ai été frappé par l’étroite relation qui unit les Espagnols à Lourdes. Déjà parce que j’ai rencontré beaucoup d’entre eux qui se sont rendus là-bas. Et d’autre part parce que certains ont lu que l’évêque de Lourdes, Mgr Brouwet, avait été le seul évêque français à m’avoir soutenu publiquement… et j’ai senti que symboliquement, il leur était aussi très cher. Par ailleurs, en donnant ma dernière conférence à 50 prêtres du diocèse de Barcelone, en présence de l’archevêque, le mardi 14 février à la Delegación, j’entendais les mouches voler : j’ai expliqué aux curés que l’homosexualité était un sujet capital pour l’avenir de l’Église Catholique et pour la sauvegarde des sacrements.

D’un point de vue objectif et numérique (même si c’est un cache-misère), l’Église en Espagne est nettement plus puissante et organisée qu’en France : plus de prêtres et de vocations, plus d’argent, plus de reconnaissance sociale, plus d’influence (Il n’y a qu’à comparer deux diocèses équivalents entre la France et l’Espagne – le diocèse de Toulon et celui de Tolède – : c’est le jour et la nuit !). Au moins, en Espagne, même si l’Église est très attaquée, Elle a encore un statut d’Interlocuteur (En France, l’Église a à peine voix au chapitre et est traitée comme une sous-merde : il n’y a qu’à voir comment Mgr Vingt-Trois a été aligné aux autres responsables du culte lors des auditions honteuses d’Erwann Binet au Sénat pendant le « mariage pour tous »…). Cela dit, malgré cette différence marquante entre l’Église espagnole et l’Église française, j’ai été frappé, à Barcelone, de voir combien spirituellement les prêtres espagnols plaçaient beaucoup d’Espérance en la France et qu’ils la percevaient vraiment comme la Fille aînée de l’Église, en étant capables d’aller au-delà des apparences. J’ai trouvé le clergé catalan très lucide, visionnaire et prophétique. Un bonheur de rencontrer des prêtres réellement serviteurs.
 

Scoop 26 : Je suis arrivé sain et sauf en France. Pourtant, mercredi 15 février, j’ai failli louper mon avion : à deux minutes près, les portes du jet se refermaient ! Je redécouvre l’anonymat et l’indifférence des catholiques français. Mais je m’en fous : j’ai mon mug CAFÉ YOUCAT qui me tient chaud et qui me rappelle mes chers amis catalans ! Et pour mes prochaines actualités, je répondrai dimanche 19 février à 23h en direct à l’interview de Radio María España intitulée « Pourquoi Philippe Ariño gêne-t-il tellement le lobby LGBT ? ». Par ailleurs, l’interview improvisée du journaliste Jordy Solomon, enregistrée le mardi 14 février au soir à l’Hôtel Metropolitan de Barcelone, continue de bien tourner sur le web. Tchin tchin!
 

Traduction française de l’interview polonaise pour la revue Christianitas


 

Philippe Ariño a été interviewé par la journaliste polonaise Monika Holvoote pour le journal Christianitas, très connu en Pologne. Et comme les Polonais ne font pas les choses à moitié, l’entrevue fait 16 pages et a respecté à la lettre l’esprit et les mots de l’auteur. Elle a été publiée le 3 janvier 2017 et risque de faire l’effet d’une bombe. Elle vient compléter l’interview radio de Nathalie Cardon à Lourdes, ainsi que la sortie du dernier livre de Philippe Ariño, Homosexualité, la Priorité niée. Voici en intégralité la traduction originale ci-dessous. Vous pouvez également souscrire à la page Facebook de Christianitas. Bonne lecture.
 
 

 
 

– Philippe Ariño, la lecture de tes « codes homosexuels » donne une image triste de l’homosexualité. Notamment, tu parles de la violence qui fonde le couple homosexuel. En quoi consiste cette violence ?
 

Triste lecture dans un premier temps peut-être. Car elle brise des illusions. Mais elle finit bien, rassurez-vous! Car tout lecteur, homo ou pas, est heureux de se reconnaître ou de découvrir dans mon Dictionnaire un reflet de soi inédit, un nouveau monde qu’il croyait fermé, une connivence nouvelle avec l’homosexualité, une proximité insoupçonnée avec les personnes homosexuelles. Au fond, la violence de l’homosexualité vient du fait qu’elle est, en amour et en identité, le rejet de la différence des sexes. La différence des sexes est le socle de notre existence, la condition de l’amour humain. Quand on accueille la différence des sexes, on s’accueille soi-même parce qu’on porte une partie de cette différence des sexes par notre sexuation. Grâce à elle, on accueille également l’autre tel qu’il est, et on peut se donner à lui pleinement. C’est le miracle permis par la sexualité. L’homosexualité, encore au stade de désir, est une peur de la différence des sexes, de l’Humanité… et quand elle s’actualise, cette peur se transforme inconsciemment en violence et en rejet de l’autre/de soi, de la sexualité et de l’Humanité. En violation de l’amitié, finalement.
 

– La peur ? À la surface, on ne voit aucune peur ou rejet de la différence des sexes chez les personnes homosexuelles.
 

Si. Vous la voyez quand vous regardez de plus près notre passé. Avant même de sentir un désir homosexuel, nous, personnes homosexuelles, avons eu peur de ne pas être « un vrai mec », de ne pas être « une vraie fille ». Dès le départ, nous avons eu peur de notre sexuation, donc de la part de différence des sexes qu’intègrent notre identité, notre corps. Bien avant que la différence des sexes soit reliée à la relation aux autres, à une conjugalité, au mariage ou à la procréation, notre peur était déjà existentielle, identitaire, personnelle. Nous avons eu peur d’être ce que nous sommes, et après, forcément, peur d’intégrer l’altérité sexuelle des autres, avec les autres. Quand j’interroge mes amis durablement homosexuels, ils me disent tous qu’à l’origine, ils ont cru qu’ils n’étaient pas comme les autres. Ils ont fait de leur sentiment de différence une raison de se séparer des autres, et un élan érotique pour les rejoindre plus tard à l’âge adulte dans la fusion narcissique.
 

– Elle vient d’où, cette peur ?
 

En général, elle vient d’un mauvais rapport à notre propre corps, à nos semblables sexués, à nos parents, à notre existence, bref, d’une relation blessée. Même si, avec le temps, nous jouons la carte de la fierté, surjouons même une masculinité que nous pensions avant étrangère à nous, faisons de la musculation ou adoptons une attitude cinématographique, c’est une carapace, un vernis. En fait, nous avons une vision très violente des hommes et une vision très violente des femmes. Ou bien, très esthétique, très extérieure. La femme fragile, limitée, nous ne l’aimons pas beaucoup. Chez les femmes, nous adorons la surféminité et chez les hommes – l’éternel masculin, « l’homme tout puissant ». Je pense que nous avons eu peur de cette force et de cette fragilité, alors qu’à mon avis, la « douceur de la force », la « force fragile » est l’essence même de la masculinité, comme d’ailleurs de la féminité.
 

– Philippe, tu t’es fait connaître lors de la Manif pour tous* en tant qu’opposant homosexuel au projet de loi ouvrant le droit au mariage à des personnes homosexuelles. Tu as donc une bonne vision de l’impact social de l’homosexualité. Est-ce que l’homosexualité est un enjeu politique?
 

Assurément oui. Même si beaucoup ne veulent pas lui voir donner trop d’importance et trouvent qu’on en entend trop parler avant même d’en avoir parlé. Quand elle reste à l’état de désir ou d’attraction, elle est quelque chose d’anodin. En revanche, quand elle est actée, et après, justifiée légalement, nationalement, internationalement, médiatiquement, politiquement, tout d’un coup, elle prend une place démesurée. Pourquoi? Parce que la différence des sexes est humaine et universelle, et le rejet de celle-ci – par l’homosexualité active – par conséquent aussi. Ceux qui me disent qu’il faut cesser de voir de l’homosexualité là où elle ne serait pas, qu’il y a des choses bien plus graves telles que le chômage, les guerres, le terrorisme, le clonage, la crise migratoire, l’Islam, sont vite rattrapés et contredits par les événements : je pense notamment à l’homosexualité inattendue du djihadiste d’Orlando aux États-Unis (Omar Mateen), ou bien encore à la bisexualité du tueur islamiste au camion à Nice (Mohamed Bouhlel), dont les médias ont très peu parlées. Comme l’homosexualité est le seul mal au monde qui n’est pas identifié comme tel parce qu’il est appelé « nature » ou « amour », c’est logique qu’elle serve d’alibi et de rideau rose pour justifier et cacher tous les maux, les violences et les lois humanistes homicides de la terre. Par exemple, lors des récents débats sur l’euthanasie en France, on retrouvait partout Jean-Luc Romero*, homme politique qui justifie à la fois l’euthanasie et sa pratique homosexuelle. Sur la scène politique internationale, l’homosexualité sert fréquemment d’instrument de chantage affectif pour imposer n’importe quelle loi ou idée, y compris sur des thématiques qui n’ont rien à voir avec elle : le mariage, l’écologie, l’éducation, la religion, etc.
 

– Mais pourquoi l’homosexualité serait un instrument de chantage ? Qu’y a-t-il derrière ?
 

Il y a des choses qui font peur : la souffrance, la peur et parfois même la violence, accentuées par une quasi totale ignorance de celles-ci et un fort déni social autour de celles-ci… ce qui donne à l’homosexualité un pouvoir encore plus fort de dissuasion et de censure. Ainsi, comme un tabou violent qu’on rêve anodin, elle attire autant qu’elle dégoûte et indiffère. En plus, avec elle, il est facile d’exciter ou d’émouvoir les foules et de s’en servir comme épouvantail. En effet, l’homosexualité est un terme flou qui amalgame fantasme, acte et personne, trois réalités liées mais pourtant distinctes pour des raisons de liberté. Et c’est cette confusion qui la rend si imposante et troublante à la fois. On se dit qu’en dénonçant la violence et/ou l’irréalité des actes homos, on va commettre le crime irréparable de « juger des personnes », de « juger l’amour », qu’on va vivre la mort sociale de la présomption d’homophobie, voire même la présomption d’homosexualité latente/refoulée ! L’homosexualité, de part son statut de « nature » – alors qu’elle n’est pas une nature –, et d’« amour » – alors qu’elle n’est pas de l’amour –, en impose. Et comme il y a beaucoup d’ignorance autour, elle devient un instrument de chantage extrêmement puissant. Actuellement en Occident, nous, personnes homosexuelles, avons un pouvoir phénoménal. Nous gagnons les concours de téléréalité, nous sommes dans les médias, nous avons une place confortable en politique. Personne n’ose nous contredire ou nous dire malheureux. Nous sommes les rois du pétrole !
 

– Et ça passe par le lit?
 

Il y a le lit, mais aussi le copinage. À part cela, comme les gens sentent qu’il y a un lourd secret derrière notre coming out, nous, personnes homosexuelles bénéficions d’un capital sympathie et d’un capital solidarité. Déjà le SIDA a créé une empathie et a renforcé l’omerta. L’homosexualité s’est drapée de misérabilisme. Elle suscite des émotions de compassion très fortes mais aussi très refoulées. Les gens veulent en rire ou s’en foutre, et ils ne savent pas comment.
 

– Qui sont les militants LGBT ? les « homos » ?
 

Il y en a, bien sûr, des personnes « homosexuelles » déclarées qui sont d’accord pour servir de caution morale, de potiches ou de reines de carnaval. Mais en général, nous sommes très peu nombreuses à nous engager politiquement et à nous montrer. Quasiment toutes se disent « hors milieu », se désintéressent de leur reconnaissance sociale et politique. Par exemple peu savent que le président de l’inter-LGBT en France est Nicolas Gougain*. Aussi incroyable que ça paraisse, le lobby LGBT est avant tout hétérosexuel, et porté par les gens qui se disent « hétéros » et qui veulent notre bonheur dans l’« amour » homo à notre place (et pour se venger de leur mariage raté et douloureux) !
 

– Tu penses à des membres de la classe politique ?
 

Oui, à François Hollande, Najat Vallaud-Belkacem, Christiane Taubira, Dominique Bertinotti*, à tous ces gens qui se prévalent de leur « hétérosexualité » pour prouver qu’ils sont bons, et que s’ils s’occupent d’homosexualité, c’est par pure gratuité, innocence, solidarité, altruisme, ouverture à un monde qui n’est pas le leur mais un peu quand même.
 

– Ce qui est faux.
 

Oui, c’est faux, car ils nous aiment davantage pour l’image que nous leur donnons que pour résoudre vraiment nos problèmes. Ils gagnent énormément en pouvoir, en carrière. Par exemple, Erwann Binet* était un député qui sortait de nulle part, mais vraiment, de nulle part! Et tout d’un coup, il s’est vu porter le projet de loi en faisant croire, en plus, que c’est juste un acte citoyen.
 

– Et Pierre Bergé*, est-il un personnage-phare du mouvement gay?
 

Certains voudraient voir en lui le chef caché d’un terrible Empire totalitaire, le parrain d’une mafia souterraine extrêmement puissante infiltrée dans les médias et la politique. C’est sûr que pour avoir autant d’influence dans les médias, il faut des sous, mais ça ne vient pas de Pierre Bergé exclusivement. Pierre Bergé lui-même reçoit son argent d’un lobby hétéro gay-friendly, autrement dit, du lobby libertaire. Ce lobby veut banaliser la différence des sexes avant de la neutraliser et surtout veut faire de la volonté/sensibilité individuelle le constructeur et le gestionnaire du monde. L’individualisme libertaire dit : J’ai le droit d’aimer qui je veux, j’ai le droit de décider qui je suis. Du moment où je ne dérange personne, j’ai le droit. Hétérosexualité : culte de l’altérité absolue ! Tout est possible si on le veut et on le sent vraiment !
 

– Le mouvement pro-gay ce sont donc, d’une part, des militants homosexuels locaux et, d’autre part, de gros joueurs politiques hétéros?
 

C’est surtout eux. Ayant fait partie de beaucoup d’associations homosexuelles, que ce soit étudiantes, chrétiennes, politiques ou festives, je trouve qu’il n’y a pas de forte promotion de la culture gay par les personnes homosexuelles. Par exemple le centre LGBT à Paris n’est pas très fréquenté. Ils ont du mal à rameuter du monde parce que les droits pour lesquels on lutte sont des abstractions; et les slogans des gay-pride, franchement, font suer tout le monde. Je ne dis pas qu’il n’y a pas une visibilité homosexuelle qui va crescendo dans les médias et dans la rue. Je constate juste que plus elle se généralise, s’exhibe, et plus elle se dilue, ne s’assume pas, et lutte contre elle-même et pour son invisibilité, son « droit à l’indifférence »…
 

– Oui, mais il y a des parades gay. L’image d’un « homosexuel » est celle d’un pervers qui, en plus, détourne des symboles religieux.
 

C’est vrai. C’est une image qui marque l’imaginaire collectif. Mais les gens comprennent de plus en plus son caractère isolé et homosexuellement anormatif. Ceux qui s’affichent – les drag-queens, les soeurs de la perpétuelle indulgence* ou les gars qui sont torse-nu –sont une extrême minorité. Il n’y a pas beaucoup de personnes homosexuelles qui défilent. La plupart des personnes homosexuelles ne s’identifient pas aux « homos visibles ». Les gens qui vont aux gay prides sont majoritairement des hétéros. Je le sais parce que j’étais enseignant au lycée et j’ai constaté qu’aux rares Marches des Fiertés où je suis allé, s’y trouvaient énormément de mes élèves (pas du tout homos) ! Ce qui est difficile à comprendre c’est que la communauté homosexuelle a été créée par ceux qui se présentent comme hétéros pour cacher leurs angoisses, leur libertinage, leurs divorces, leurs adultères, leur mépris de l’Église. L’activisme homosexuel, pour moi, vient de toutes les personnes qui veulent régler des comptes avec le mariage, avec la différence Créateur/créature, avec la relation homme/femme telle qu’elle est conçue par l’Église. Le lobby LGBT n’est pas un lobby homosexuel. C’est le lobby hétéro gay-friendly.
 

– C’est complètement l’inverse de ce qu’on pense !
 

Bien sûr. Ce qui est affreux c’est que les gens s’imaginent encore que nous, personnes homosexuelles, réclamons les droits qu’on nous fait porter. Alors que « le mariage pour tous » c’est un cadeau imposé. À part un ou deux couples qu’on a vus à la télé, aucune personne homosexuelle ne l’a demandé. Nous avons eu juste peur de le refuser. Et on nous a utilisées comme faire-valoir de « démocratie ».
 

– Et comment se présente la situation du « bon » côté de la barricade? En 2012, tu as rejoint le collectif « La Manif Pour Tous », mais depuis la promulgation de la loi sur le « mariage-gay », tu t’en es détaché, et même, devenu très critique.
 

Je m’en suis détaché dès le départ. Dès que j’ai compris que les leaders du mouvement ne voulaient pas revenir sur l’Union Civile et ne voulaient pas parler de la Loi Taubira en elle-même (sinon, ils auraient été obligés de parler d’homosexualité et donc de me céder leur place), mais uniquement de ses conséquences sur la filiation une fois la loi votée. Ils partaient d’office perdants, en tolérant que la loi passe dans sa version amoureuse, sentimentale, romantique, cérémoniale à la mairie. Ils avaient déjà tout lâché bien avant la création de LMPT. Paradoxal pour un mouvement qui s’est choisi comme slogan « On ne lâche rien ! ». Et ils se sont servis de l’enfant comme d’un objet… exactement comme les promoteurs de la GPA (Gestation Pour Autrui), finalement.
 

– Ils se sont opposés à la loi sans l’analyser?
 

Effectivement. Par peur de l’accusation d’homophobie, et au fond parce qu’ils ne connaissent pas la réalité amoureuse des personnes homosexuelles et ne croient plus en la véracité du jugement que pose l’Église sur celle-ci, ils ont préféré ne traiter que des ramifications de la loi pour ne pas s’attaquer à sa racine idéologique et affective : l’homosexualité, et la justification sociale de « l’amour homosexuel » en tant qu’amour universel. Ils n’ont pas osé dénoncer la loi !

C’est extrêmement étonnant parce qu’ils se sont donnés l’impression du contraire. Ils annoncent victoire sur victoire, alors que concrètement, nous enchaînons les défaites. Ils font croire au réveil d’un grand mouvement de consciences, alors qu’en fait, la mobilisation reste très intuitive, instinctive, peu réfléchie et dénuée d’arguments qui peuvent tenir tête au rouleau compresseur de « l’amour et de l’homosexualité » en face. Déjà, rien que le nom du mouvement – la « Manif pour tous » – indique une soumission mimétique et bête au « Mariage pour tous »*. Beaucoup de gens au sein de la Manif et au sein de l’Eglise ne se sont pas reconnus dans le message qui était très centré sur la filiation, alors que le mariage concerne tout le monde : les époux avec ou sans enfants, des veufs, des célibataires, des divorcés, des personnes homosexuelles, etc. Beaucoup se sont sentis mal à l’aise aussi de devoir cacher leur foi. Pour ma part, j’ai été éjecté de la Manif parce ce que j’étais le seul en France à parler publiquement de l’homosexualité mais également en lien avec Jésus et la continence (abstinence pour Jésus). La Manif pour tous a travesti énormément de désirs de réflexion sur l’amour humain. Les leaders ont eu peur de parler de sexualité. Ils disent encore aujourd’hui que la sexualité relève du privé…
 

– Et elle ne relève pas du privé?
 

Non, puisqu’elle est ouverte à la Vie et elle est don. Elle n’existe qu’en partage et tournée vers autrui. La sexualité n’est pas réductible uniquement à la génitalité, à la sentimentalité, à la conjugalité et à la procréation. C’est aussi la sexuation, donc la personne et tout son rapport au monde. On est en sexualité quand on fait de l’art, de la politique, quand on s’engage pour les autres, en tant qu’homme ou femme. En fait, LMPT est rentrée complètement dans le discours des pro-Mariage pour tous, parce qu’eux aussi sont pour la vie (« la vie » en tant qu’« énergie et volonté de faire ce qu’on veut »), eux aussi sont pour la famille (car ils prônent toutes les formes de « familles »), ils sont même contre le Gender et le disent ouvertement (« Nous voulons casser les stéréotypes du genre ») ! Tous ça parce que nos leaders n’ont pas voulu parler de l’homosexualité, de l’hétérosexualité et de l’homophobie.
 

– Il paraît que la Pologne est encore loin de l’institution du mariage pour les personnes du même sexe. Dans la logique du mouvement qui milite pour cette loi, on passe d’abord par la légalisation de l’Union Civile. Tu peux dire brièvement en quoi consiste le mal de l’Union Civile?
 

L’Union Civile est la première loi qui mondialement a remplacé l’être humain par une orientation sexuelle, donc qui l’a réduit à ses sentiments (comme s’il était un ange), à ses actes (comme s’il était un robot asexué ou/et un animal) et à ses possessions matérielles (comme s’il n’était que ce qu’il veut/fait/a). Elle a violé les Droits de l’Homme en les travestissant en « droits des homos et des hétéros » puis en « droits du ressenti amoureux individuel vécu comme universel ». En résumé, l’Union Civile est antéchristique. C’est l’Homme qui se prend pour Dieu. Cette alliance, qui remplace le mariage et la différence des sexes par le partenariat asexué, est extrêmement grave. Elle a fait de tout lien humain un contrat commercial sans engagement réel et a déshumanisé les personnes homosexuelles en se servant de leur fragilité et leur orgueil. Elle est non seulement le « mariage gay » déguisé (ce fut particulièrement manifeste en Italie) mais aussi la première loi homophobe au monde, qui a entériné le remplacement dramatique de la différence des sexes par l’hétérosexualité.
 

– Philippe, pourquoi, dans tes livres L’homosexualité en Vérité, L’homophobie en Vérité et, sur ton blog, développes-tu l’idée que l’homosexualité n’est pas de l’amour? Dans un couple homo, il y a l’amitié, les sentiments, le respect, parfois l’engagement ou la fidélité – toutes ces valeurs qui sont mises en avant par des sympathisants des couples homosexuels. Même dans certains milieux catholiques on dit que les unions homosexuelles peuvent évoluer vers agapè. Dans un document synodal, il est dit qu’il existe des cas [d’unions homosexuelles] où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires*.
 

L’attribution du mot « amour » à toute union de personnes voulue amoureuse ou idyllique ne suffit pas à rendre cette relation aimante. Par exemple, une mère possessive soutient qu’elle aime vraiment son enfant ; en revanche, concrètement, elle l’étouffe. L’amour vrai est avant tout un don et a ses lois. On ne se l’attribue pas et on ne l’invente pas à deux, même entre personnes adultes et consentantes. Une de ses lois, c’est l’accueil de la différence, et surtout de la différence des sexes qui est le socle de notre humanité et de l’ouverture à la vie. En effet, dans notre vie, dès que nous n’accueillons pas la différence, c’est que nous n’aimons pas. Moi, j’ai vécu des relations homosexuelles et je peux dire qu’elles contiennent leur part de satisfaction et d’amitié (même si elles deviennent une amitié ambiguë parce qu’amoureuse, donc compliquée, dénaturée) mais qu’elles n’étaient pas de l’amour vrai. Et je fais le même constat avec des « couples » homos de mon entourage, y compris les plus durables et les plus respectables. Dans la relation homosexuelle, la part de plaisir, de sincérité et de bonheur liée à l’amitié, est présente. Il y a apparemment tout ce qui fait partie du couple. En revanche, il n’y a pas la sexualité. L’homosexualité est une sexualité sans sexualité, c’est-à-dire sans différence des sexes. C’est pour cela qu’elle fait vivre des amours complexes, inabouties, fragiles. La sexualité c’est ce qui permet de se donner pleinement et d’être complété, pleinement donné et reçu, comblé et parfois fécond. Les unions homosexuelles ont leur part de satisfaction, mais ne sont ni les meilleures ni aussi comblantes et complémentaires que certaines relations femme-homme dans le mariage et que certains célibats consacrés dans la vie religieuse.
 

– Et pour l’identité: on dit « un homosexuel ». Toi, tu ne le dis jamais…
 

Je préfère dire « une personne homosexuelle ». Dire « un homosexuel », ça essentialise le désir homosexuel. « Les homosexuels » en tant qu’espèce n’existent pas. L’idéal, ce serait de dire « un homme, une femme habité(e) par une attraction plus ou moins durable envers la personne du même sexe ». Néanmoins, pour des raisons pratiques de compréhension et de discrétion, et pour éviter l’adjectivation sèche « un homosexuel »/« une lesbienne », la périphrase « personne homosexuelle » constitue un bon compromis. Actuellement, il y a un sigle reconnu internationalement, venu des milieux évangélistes américains : SSASame Sex Attraction, mais il peut être stigmatisant du fait de remplacer un être humain par des lettres. Le terme « personne homosexuelle » est incomplet, mais il a au moins le mérite de dissocier la personne de la tendance.
 

– Quels sentiments traversent une personne homosexuelle croyante dans son quotidien d’Eglise?
 

C’est compliqué. Car nous pouvons vivre de grands moments de dépression, de tristesse, de révolte, de dégoût, de découragement, couplés à de grands moments de libération et de jubilation. Étant souvent très sensibles, à fleur de peau, exigeants, intelligents, fins analystes, nous vivons très mal nos chutes ou rechutes, nos fragilités, notre condition homosexuelle. Nous avons du mal à nous pardonner d’être « comme ça ». Et comme nous ne comprenons pas toujours pourquoi notre corps, notre cœur – et même notre foi ! – nous entraînent vers ceux que nous ne pourrons jamais aimer vraiment, nous sommes tentés de rentrer en révolte envers nous-mêmes, envers l’assemblée dominicale, envers l’Église toute entière, un peu comme un célibataire qui crise de se sentir seul au milieu d’une foule apparemment « heureuse » et familiale. C’est ce genre de décalages vertigineux ! Même si nous pouvons connaître de longues phases de repos (parfois trois-quatre ans sans la moindre tentation), nous vivons extrêmement mal les turbulences de notre désir, les « intermittences du cœur » dont parle Marcel Proust. Ça peut devenir physique, viscéral, très violent. Au tréfonds de nous-mêmes, nous ressentons un grand besoin d’amour et d’engagement, mais aussi l’impossibilité de le voir exaucé.
 

– Quels sont les inconvénients d’être la personne homosexuelle et fidèle catholique ?
 

C’est plus qu’un inconvénient. C’est une Croix ! C’est une contradiction existentielle quasi imposée. Dans l’homosexualité, l’appel ecclésial à l’indigence est une douleur vive et lancinante qui ressemble parfois à un sadisme divin, à un supplice, à une folie, à un problème insoluble, à une maladie. À toi homosexuel, on t’annonce que, si tu veux vivre en conformité avec ce que te demande l’Église, tu dois abandonner un des cinq sens humains les plus importants pour être heureux : le goût. Tu dois manger sans sentir la joie de ce que tu ingères. Tu dois renoncer à la jouissance, à la chair, et même aux sentiments amoureux. En gros, tu aimes et vis sans plaisir ! On t’annonce que, pour être pleinement heureux, tu dois passer à côté de ces bonheurs simples et souvent intenses que sont la tendresse et le couple. Et démerde-toi avec ça pour aimer quand même ! En réalité, en étant homo et catho, tu es attiré par ce que tu ne peux pas aimer ; et tu es révulsé par ce qui seul pourra te permettre d’aimer (= le mariage femme-homme aimant ou le célibat consacré). Pareil : démerde-toi avec ça pour trouver la sortie !
 

– Et quels en sont les avantages?
 

D’abord c’est la grande liberté. Après, ce sont les rencontres rares, drôles, fulgurantes, solides et improbables : sans rire, j’ai remarqué qu’être homo et catho nous ouvre la porte de quasiment tous les cœurs. Y compris des gens qui ne veulent pas le donner à des ministres de l’Église officielle. Et enfin, le grand avantage de l’assortiment homosexualité/catholicisme, il me semble que c’est l’humilité. L’homosexualité n’est forte que d’être faible et au service de la foi. Vécue dans la foi, elle contient sa puissance et sa propre mort.
 

– Comment on vit la continence au quotidien et qu’est-ce qui aide à la maintenir?
 

Xavier Thévenot désignait la continence comme la « Voie Royale ». La continence, c’est pourtant le début des vraies tentations: c’est au moment où tu parviens à être vraiment continent que tout d’un coup, sans que tu n’aies rien calculé, les opportunités amoureuses sérieuses se présentent ! En voyant ça, on a comme une envie de se tourner vers Jésus en lui demandant s’il le fait exprès ! Il n’y a pas de vrai bonheur sans la Croix, sans combat, sans renoncement à soi. Ainsi l’a voulu Dieu pour que nous aimions. Elle a une saveur unique, intense, amère, indépassable et divine, cette beauté fraternelle qui n’apparaît que dans la limite fixée par la Croix de Vérité du Christ.

Ce qui peut aider à être continent, c’est la douleur de la perspective de se priver de l’Eucharistie. Je sais qu’en vivant l’adultère/le concubinage, je n’aurais plus accès à l’Eucharistie et je ne le supporterais pas. En 2010, c’est ma non-conformité avec l’état de réception de la Communion qui m’a fait quitter successivement mes amants. Aujourd’hui, l’Eucharistie, c’est la seule Personne qui me retient. Son absence est mon cauchemar autant que sa consommation – que mon état de vie autorise – est ma Joie et mon plus puissant garde-fou.
 

– Quel est l’enjeu de parler ouvertement de son homosexualité? Certes, il est déjà difficile de déclarer publiquement qu’on est « homo » et qu’on vit en couple. Mais celui qui dévoile juste son attraction homosexuelle doit se mettre à dos même les gens d’Eglise.
 

C’est sûr. On se met à dos, d’une part, ceux dans l’Eglise qui sont trop rigides et qui pensent que parler du sujet c’est justifier les actes, et, d’autre part, on se met à dos ceux dans l’Eglise qui pensent qu’on peut tout à fait être pratiquant catholique et pratiquant homosexuel tout en restant « chaste ».
 

– Raconte un peu la réaction de l’ensemble des fidèles catholiques face à l’homosexualité.
 

En discutant avec des catholiques tradis assumés et éclairés, ils en conviennent eux-mêmes de l’homophobie (peur de l’homosexualité et des personnes homosexuelles) globalement observable chez leurs rangs, sans que j’aie besoin d’insister. Ils la trouvent d’autant plus dommageable qu’ils me connaissent en vrai et savent combien je suis plus proche des tradis que des progressistes : « C’est trop bête. N’y aurait-il vraiment pas moyens qu’ils t’écoutent ? » Cela dit, pour rassurer les catholiques tradis qui m’écoutent et me respectent, la pression des milieux catholiques progressistes à l’égard des personnes homosexuelles est autrement plus violente. Car eux, ils nous détestent en croyant nous aimer. Donc ils ne s’en rendent même pas compte.

Les catholiques, dans leur ensemble, font de l’homosexualité un tabou, un « non-sujet », un danger, voire même, par relativisme « charitable », un amour dont il ne faudrait surtout jamais parler. Ils confondent acte homo et personne homosexuelle, ou bien péché et signe de péché. Ils sont tétanisés à l’idée de seulement prononcer les mots « homosexualité » et « homophobie ». À leur décharge, et pour rendre à César ce qui est à César, les personnes homosexuelles, dans l’Église catholique, sont un peu moins mal reçues qu’ailleurs. Car les cathos sont davantage préparés à ne pas juger les personnes selon leurs actes ou blessures. Mais même chez eux, il y a encore de sérieux progrès à faire pour se détendre sur l’homosexualité !
 

– Tu parles du rejet de la part des communautés ecclésiales. Quelle en est la cause ?
 

L’ignorance comme explication principale ; la peur, la bêtise, l’orgueil et la méchanceté, comme explications annexes. Et souvent, le soutien voile ou affiché d’une pratique homosexuelle, voire même une pratique homosexuelle cachée en leur sein.
 

– Quelle est l’attitude des prêtres vis-à-vis des personnes homosexuelles?
 

On est en général très bien accueillis car il y a de plus en plus de prêtres qualifiés. Mais ça arrive encore trop souvent qu’on soit rejetés, malheureusement. Soit parce qu’on tombe sur un prêtre rigide qui confond Vérité et Charité, ou homosexualité et personne homosexuelle. Soit parce qu’on tombe sur un prêtre trouillard qui prend la chose au tragique, qui en fait une affaire d’État, qui sort systématiquement la carte joker « Va voir un psy ». Soit parce qu’on tombe sur un prêtre qui nous accueille trop bien, qui est trop complaisant vis à vis de la pratique homosexuelle. Alors qu’ils avaient une grande soif de Vérité-Charité, beaucoup de mes amis catholiques homosexuels ont été éjectés par certains clercs du fait que ces derniers voulaient trop bien les accueillir par une indifférence gay friendly relativiste. Ils passaient alors de confessionnal en confessionnal, et leur mal-être s’accentuait, au point de quitter parfois définitivement l’Église. Il n’y a que la Vérité qui est attirante, que voulez-vous.
 

– L’homosexualité menace-t-il l’Église?
 

C’est un sujet qui la divise énormément. Je le vois dans les paroisses, les établissements scolaires privés catholiques, les médias chrétiens, les séminaires, le clergé séculier et les monastères… Je pense qu’au moins la moitié des fidèles catholiques croient en l’« amour » homosexuel et sont favorables à l’Union Civile. Et ceux qui n’y croient pas ne savent pas expliquer pourquoi ils s’y opposent ! Il faudrait à mon avis que l’Église fasse mieux que ce qui a été déjà très bien dit dans le Catéchisme. Il ne suffit pas de nous assurer accueil, accompagnement et non-jugement, ni de nous conseiller de gérer comme nous pouvons notre désir homosexuel dans le self control. Il s’agit plutôt de nous donner un vrai chemin de vie, une vocation. Il s’agit de nous proposer quelque chose de grand, de joyeux et de tout donné, en y incluant notre homosexualité : la sainteté dans un apostolat et une oblature consacrés, quoi ! Le haut clergé ne s’est toujours pas risquer à parler de la continence. Ils préfèrent nous proposer timidement la chasteté* qui est une vertu universelle et qui peut être comprise comme un contournement du célibat et une validation tacite de certains « couples » homos. Mais les personnes durablement homosexuelles ne peuvent pas vivre la chasteté dans le couple. Pour elles, la chasteté passe nécessairement par la continence. Malheureusement les gens de l’Eglise ont très peur de le dire. Oser proposer la continence comme meilleur chemin d’homosexualité durable, c’est ouvrir la voie concrète à la sainteté aux personnes homosexuelles. Quelle bombe pour les pharisiens d’aujourd’hui !
 

– Oui, mais pour faire ça, il faut avoir des moyens…
 

Les gens d’Eglise n’ont surtout pas les moyens humains, c’est-à-dire les personnes qui pourraient témoigner de leur foi en tant que personnes homosexuelles continentes. En tout cas, ils n’ont pas fait appel à des gens comme nous. Tant que nous ne sommes pas appelés, nous ne répondons pas.
 

– Oui, mais en parlant des moyens, je pense à la crise dans laquelle est tombée l’Église. Les fidèles, comme tu as dit, croient que l’homosexualité est l’amour et pensent que la pratique homosexuelle sous forme de couple est compatible avec la foi. Le clergé est, pour ainsi dire, inconscient du pouvoir de sanctification que sont les sacrements de réconciliation et d’Eucharistie. Une grande partie du clergé semble oublier que le christianisme est un passage par le trou d’une aiguille, que le Christ nous demande de passer par la porte étroite. Devant l’énormité du problème lié à la décomposition de la famille, devant le besoin d’aller chercher des brebis perdues, l’Église ne montre pas suffisamment que l’issue est le passage par le Christ (la Porte) agissant à travers ses sacrements et par sa Croix.
 

Ce que tu dis rejoint mes réflexions sur la question de la pastorale spécifique. J’ai écrit un texte à ce propos que j’ai envoyé à des évêques. La question n’est pas tellement : Faut-il accueillir ou pas les personnes homosexuelles ? C’est un faux débat puisque l’Eglise accueille/doit accueillir les personnes homosexuelles en tant qu’hommes, femmes et Enfants de Dieu. La question est plus profonde : elle concerne la forme de cet accueil, elle ne concerne pas tant l’accompagnement ponctuelle que la vocation et la responsabilisation. Elle touche donc d’une part au Salut de l’âme après la mort et à l’avertissement du risque de damnation éternelle de la personne homosexuelle en état de péché mortel (ce qui n’est pas une mince affaire à annoncer !), et d’autre part elle touche à l’accompagnement sacramentel des personnes homosexuelles en vue du Royaume et à leur vocation ecclésiale. Il existe d’ailleurs des congrégations religieuses formées par des ex-prostituées, des ex-drogués auxquels l’Eglise fait appel et qui, de par leur abandon de leur pratique désordonnée, peuvent évangéliser. Il ne s’agit pas de proposer une Troisième Voie, comme l’a fait l’association Courage dans le reportage The Third Way, qui enfermerait les personnes homosexuelles dans leur tendance sexuelle, même sous couvert de continence. La personne durablement homosexuelle n’est pas appelée à contourner les deux seules vocations d’amour entier indiquées l’Église, à savoir le mariage et le célibat consacré, mais au contraire, à rejoindre le mariage que les prêtres et les religieux accomplissent sous forme spirituelle et oblative.
 

– Revenons aux trois « H » – Homosexualité, Hétéosexualité, Homophobie – qui reviennent comme un leitmotiv dans tes écrits. Qu’est-ce que c’est l’hétérosexualité…?
 

Le terme « hétérosexuel » est apparu en 1869, un an après « homosexuel ». Avant de désigner une sexualité « bourgeoise », orientée vers la procréation, l’hétérosexualité était au contraire classée au rang des perversions sexuelles et désignait les personnes libertines qui voulaient une sexualité sans règles et sans limites, non encadrée par l’Eglise ou l’Etat. Elles prônaient l’hétérosexualité au sens propre du terme : toute les altérités au niveau de la sexualité, y compris, par conséquent, l’homosexualité, l’asexualité et l’abstinence. Aujourd’hui, on qualifierait volontiers les premiers « hétérosexuels » de « bisexuels ». L’hétérosexualité est née au moment de l’apogée du cinéma, de la psychanalyse et de la médecine légale. C’était une l’époque où l’Homme imitait l’homme et la femme-objet de la fiction littéraire et cinématographique, prétendait se créer lui-même, inventer l’amour par lui-même. Le terme « hétérosexuel » est non seulement hybride comme « homosexuel » (puisqu’il associe du grec et du latin), mais il est aussi redondant, car on y dit deux fois « autre », puisque le mot « sexualité » désigne déjà la différence des sexes. Cela prouve donc que l’hétérosexualité n’est qu’une différence des sexes forcée et caricaturée.
 

– Tu penses que l’hétérosexualité est une construction idéologique, une invention récente?
 

Totalement. Aujourd’hui on essaie de nous faire croire que le monde se divise entre « les homos » – dits minoritaires – d’un côté et « les hétéros » – dits majoritaires – de l’autre… plus les sous-catégories (bisexuels, transsexuels, transgenres, intersexes, queer, et plus largement « les amoureux libres ») parce qu’il faut bien s’ouvrir aux minorités de « genres ». Or ce découpage est un mensonge. La seule division réelle de l’Humanité, celle qui de surcroît donne la vie, c’est la différence femme-homme. Personne n’est hétérosexuel ni homosexuel. Car personne ne se définit selon sa génitalité ni ses pulsions ni ses sentiments ni les personnes qui l’attirent sexuellement. L’unique réalité qui nous définit humainement, sans nous ôter notre liberté, c’est notre identité d’homme ou de femme. Néanmoins, il ne faut pas croire que, du fait que l’hétérosexualité soit une caricature de la différence des sexes, elle n’existerait pas. Au contraire. Elle existe en tant que système idéologique et croyance qui pèse lourdement sur l’identité, les lois, les médias et la politique mondiale. Beaucoup de catholiques font l’erreur de mépriser le mot hétérosexualité sous prétexte qu’il est trompeur. Ils doivent oser nommer le mal. Sinon, ils continueront eux aussi à laisser la différence des sexes être travestie. Je dis maintenant franco que l’hétérosexualité est le diable déguisé en différence des sexes. D’ailleurs, les gens qui croient en l’hétérosexualité en tant que différence des sexes, sont particulièrement anticléricaux, permissifs en matière de sexualité ou, à l’inverse, extrêmement rigides. Et même quand ils sont en couple femme-homme, ou bien attirés sexuellement par le sexe complémentaire, ils ont en général un rapport méprisant, obsessionnel et tourmenté à la différence des sexes et à l’Église.
 

– Et pour ce qui y est de l’homophobie?
 

Contrairement à l’homosexualité et à l’hétérosexualité, c’est un mot où les deux composantes sont grecques. À proprement parler, il veut dire peur du même, voire peur du semblable. Avec le temps, l’homophobie est devenue aussi la peur de l’homosexualité ou peur de la personne homosexuelle, et donc souvent attaque de celle-ci. Les deux étymologies sont signifiantes et bonnes à garder car elles sont confirmées par les faits. Les médias d’aujourd’hui, qui refusent de les prendre en considération, s’arrangent pour réduire l’homophobie à tout lien qui est fait entre l’homosexualité et la violence, ou bien à tout ce qui donne une image négative de l’homosexualité. Actuellement, on nous fait croire que l’homophobie c’est aussi tout frein à une loi portée par des personnes homosexuelles ou plutôt qu’on leur fait porter. Elle serait donc le fait de s’opposer par exemple à « l’égalité des droits ». Les gens qui utilisent ces définitions ne parlent plus du tout des violences faites à l’encontre des personnes homosexuelles, et encore moins de la haine venant des personnes homosexuelles, ni de la haine de soi.
 

– Qu’est-ce que c’est que l’homophobie concrètement?
 

C’est une attaque contre une personne homosexuelle à cause de son homosexualité, faite par une personne homosexuelle ou par celle qui a un problème avec la différence des sexes, avec sa sexualité, y compris dans son mariage. Je ne connais pas de personne qui est bien dans sa sexualité et qui se soit sentie mise en danger par une personne homosexuelle au point de l’attaquer. L’agression homophobe fonctionne presque toujours en miroir : elle ne survient que lorsque l’agresseur ne supporte pas de voir reflétée chez sa victime sa propre blessure de sexualité, sa propre pratique hétéro-bisexuelle ou son désir de pratique homosexuelle. C’est donc bien la peur du même.

Pour expliquer généralement la violence de cet effet-miroir paradoxal, les rares fois où les gens admettent que les personnes homos s’attaquent entre elles, on nous fait souvent croire que la personne homophobe a refoulé son attraction homosexuelle. L’acte homophobe est transformé en alibi pour renforcer les coming out et la pratique homo, et pour nier les viols ! Alors que je prouve que la plus redoutable des homophobies, c’est précisément le coming out (qui est une caricature de soi), la pratique homo (qui est un rejet de soi et de l’autre car elle est un rejet de la différence des sexes), et donc les viols entre personnes homos ! D’accord, il y a une part de refoulement dans l’homophobie. Sauf que le pire homophobe est la personne qui essentialise son désir homosexuel sous forme d’identité ou qui vit son homosexualité sous forme de couple. Il se sert du couple ou de son pseudo militantisme pro-gays comme d’un masque pour ne pas montrer sa haine de soi et sa peur du semblable. Le pire, ce sont les personnes homosexuelles soi-disant assumées qui banalisent et justifient l’homosexualité. Ce sont elles qui ne supportent pas le « milieu », ne supportent pas les mecs un peu effeminés, les filles un peu masculines, les personnes médiatiques homosexuelles, ne supportent pas d’entendre parler du sujet, se vengent de leurs amants, s’en prennent hyper violemment aux rares analystes de l’homosexualité. Moi, par exemple, je ne suis attaqué que par des personnes homos ou hétéro-gay-friendly ! Et quand je vois quelqu’un qui agresse une personne homosexuelle ou qui m’agresse, je suis tenté de lui dire : « Bienvenue au Club, mon vieux ! Tu viens de faire ton coming out à ton insu ! » L’homophobie ce n’est pas seulement la non-acceptation sociale de l’homosexualité, mais bien sa promotion, sa justification et son essentialisation sous forme d’« amour ». Tous les cas d’homophobie que je connais ont lieu dans des cadres de pratique homosexuelle, donc dans les sphères amoureuses ou prostitutives. Il n’y a pas plus homophobe que la gay friendly attitude.
 

– D’où cette violence au sein des couples dont tu parles ? Libertinisme, fétichisme, sadomasochisme, porno…
 

Oui. Sans aller jusque-là, et plus banalement, insidieusement, mielleusement : matérialisme, consumérisme, excès de tendresse puis ennui et infidélité, utilisation de l’autre ou sentiment d’être utilisé, infantilisation, rapport de forces (domination-soumission, possession, en particulier chez les « couples » de femmes), fusion, jalousie, manque d’espace et de compréhension mutuelle, frustration, insatisfaction, règlement de comptes, humiliation, humour cynique, agacement… J’observe souvent, dans la vie quotidienne, les amants homos se prier de se laisser respirer, et souffrir de ne pas se sentir pleinement compris ou à leur place, malgré la sincérité et les quelques plaisirs partagés.
 

– En ce qui concerne les clichés – la pédophilie et l’inceste – est-ce vrai que le milieu homosexuel pratique la pédophilie plus que les autres?
 

Disons qu’il y a autant de pédophilie et d’inceste dans l’homosexualité que dans l’hétérosexualité, puisque l’hétérosexualité englobe toutes les altérités au niveau de la sexualité. La pédophilie et l’inceste ne sont pas des particularités homosexuelles, mais comme le désir homosexuel s’éloigne de la différence des sexes, il s’éloigne aussi de la différence des générations… donc il expose à l’inceste et à la pédophilie. J’ai beaucoup traité des liens non-causaux entre homosexualité et pédophilie, ou entre homosexualité et viol/inceste dans mon Dictionnaire des Codes homosexuels.
 

– Dans ton Dictionnaire des Codes homosexuels, tu cites énormément d’exemples cinématographiques qui présentent l’acte homosexuel comme brutal. Que pourras-tu dire de la pratique homosexuelle – du coït, de la strangulation, du sado-masochisme ?
 

Au niveau de la fiction, il faut dire que les artistes homosexuels aiment nourrir l’inconscient collectif en amplifiant iconographiquement la violence homosexuelle, à la fois pour l’exagérer et pour la nier. Cette vision des coïts homosexuels est souvent très éloignée de la réalité, car bien des accouplements entre amants homosexuels se déroulent pacifiquement, avec beaucoup de respect et de tendresse, sans forcément passer par la pénétration anale par exemple. Dans les faits, la sodomie n’est pas tellement monnaie courante, du fait aussi de sa brutalité : selon une étude, elle serait pratiquée par près de 25% des hommes homo–bisexuels*. Dans l’accouplement homosexuel, la violence se situe plus dans l’envahissement du mythe sur la réalité concrète qu’en actes désignés socialement comme violents. C’est ce qui motive l’acte homosexuel qui fait violence : la jalousie, la fascination narcissique, le rejet de réalité et d’humanité qu’est l’expulsion de la différence des sexes, l’exclusion de l’amitié, la grande part de fantasmes, etc. Déjà, l’homo-génitalité est davantage une simulation d’orgasme qu’une communion réelle vécue à deux. Moins il y a de face-à-face entre deux personnes, plus nous nous éloignons du relationnel. Cette approche du sexe dans la pratique homosexuelle est en partie désincarnée, déséquilibrée, et donc potentiellement sadomasochiste.
 

– Quels sont les moyens pour un non-croyant de rompre avec la pratique homosexuelle ?
 

Quand quelqu’un se rend compte que la pratique homosexuelle n’est pas comblante, différents moyens rationnels lui sont proposés, comme le retour au bons sens, la pratique de l’amitié, une psychothérapie. Ces derniers peuvent l’aider un peu à prendre de la distance par rapport à sa tendance, à voir qu’il « n’est pas que ça », à canaliser sa compulsivité et à sa « boulimie d’affection ». C’est ce qui lui est proposé pour ne pas se réduire à la génitalité. Mais ça reste très clinique. Et puis, ça peut centrer la personne sur elle-même ou focaliser l’insatisfaction sur son ex-partenaire de sorte qu’elle se dise : « Si ça n’a pas marché avec cette personne, je vais réessayer avec la prochaine. » Plus solide et plus positif est ce que propose l’Eglise, qui affirme non seulement que le chemin homosexuel n’est pas comblant, mais que la blessure homosexuelle peut faire passer la lumière du Christ, peut être recyclée dans la continence, l’amitié désintéressée et l’apostolat. Elle explique que ce n’est pas la personne homosexuelle qui ne sait pas aimer, mais que c’est la pratique homosexuelle qui l’empêche d’aimer pleinement telle qu’elle est, y compris avec sa tendance homosexuelle.
 

– Et qu’est-ce qui peut justifier ton discours sur l’homosexualité ? Est-ce le témoignage de ta continence?
 

Non. Car mon témoignage personnel, à lui seul, peut sembler minoritaire, subjectif et isolé. Donc peu crédible. La continence m’aide surtout personnellement à avoir la force de le porter publiquement et à supporter les attaques. En revanche, ce qui justifie mon discours, c’est le Christ, c’est la Vierge Marie, et ce sont aussi tous mes amis et toutes les personnes homosexuelles. Les idées seules, même très pures, ne démontrent rien. Il n’y a que les personnes qui prouvent la Vérité. Et l’humanité de ce que j’écris, le vécu, car mon Dictionnaire n’est fait que de vies humaines. Les personnes homosexuelles et ma propre vie m’ont tout apporté. Si le Christ, à travers ma personne et mes écrits, n’était pas là, si je n’avais pas entendu parler de Lui de mes propres oreilles par les personnes homosexuelles qui Le rejettent dans leur pratique, j’aurais beau avoir raison, tous mes mots sonneraient faux. Dieu s’est incarné dans le pécheur que nous sommes tous pour le racheter.
 

– À la fin, je voudrais te demander de commenter la campagne publicitaire « Donnons-nous un signe de paix » qui a eu lieu récemment en Pologne. Dans les interviews on voit les personnes homosexuelles vivant « en couple », qui se présentent comme parfaitement « comme les autres », équilibrées, heureuses. Ce qu’on ne nous montre pas, ce sont les profits promotionnels et peut-être matériels dont elles étaient bénéficiaires, puisque la campagne a été sponsorisée par Open Society Foundations de Georges Soros*. Je veux dire par là qu’au tout début, il y a bien une faute de ceux qui utilisent leur homosexualité à des fins qui ne sont pas des plus nobles. Ce qui est particulièrement offensant, c’est cet air de demander le respect auprès des catholiques, de les inciter à se sentir coupables, tout en cachant ces motifs. Qu’est-ce que tu en penses?
 

Oui. Le même chantage affectif sur fond d’accueil et d’amour des personnes homosexuelles soi-disant « victimes de l’Église » se produit actuellement en France, en particulier avec le collectif Homovox, et maintenant avec l’instrumentalisation du Synode sur la famille de 2015, mais également les tentatives de mise en application du Dicastère et d’obéissance scolaire à l’appel du Pape François à instaurer une pastorale d’accompagnement des personnes en périphérie de l’Église. Beaucoup de personnes homosexuelles « catholiques » ont compris tout l’intérêt narcissique, médiatique, émotionnel de se raconter, de s’épancher sur leur double identité « homosexuelle-catholique », de faire leurs intéressantes et d’avoir leur minute de gloire télévisuelle, politique et surtout ecclésiale, en pleurant finalement sous les jupons des évêques leur désobéissance à ce que demande l’Église, à savoir la continence. En ce moment, les « groupes de parole » diocésains poussent comme des champignons partout en France, pour culpabiliser… pardon… « sensibiliser » les fidèles catholiques à la réalité homosexuelle. Et c’est une mini-catastrophe, car beaucoup de personnes – des prêtres mais aussi des catholiques homosexuels – prennent le micro pour ne rien dire, pour censurer la réalité homosexuelle et l’analyse de l’homosexualité, et pour demander au final carrément une révision du Catéchisme de l’Église Catholique. Alors je comprends ta crainte. En quelque sorte, on nous méprise, nous catholiques fidèles à la sainte doctrine (et parfois homosexuels continents). Et le pire, c’est qu’on nous méprise dans notre propre famille, et avec le sourire ou bien avec des larmes dans les yeux, pour nous aider à sortir de notre soi-disant « conservatisme » et notre soi-disant « manquement à la charité chrétienne ». C’est le monde à l’envers ! Ce que ces chrétiens démagos oublient, c’est qu’il n’y a pas de respect sans Vérité et dans le relativisme de « l’amooour » (un relativisme qui n’est au fond qu’une indifférence déguisée en bonté). Il n’y a pas de Paix sans Croix et sans obéissance. Il n’y a pas d’Amour vrai sans accueil de la différence des sexes et sans accueil de la différence Créateur-créatures (Jésus et l’Église). Bref, en ce moment, à travers l’homosexualité, on peut voir que l’Église se prépare à vivre un sacré bordel, un véritable schisme, sans même les voir venir. Il va falloir tenir bon. Et il est urgent de se former sur l’homosexualité et de ne mépriser ni le mot ni l’étude du sujet.
 
 
 
 

*La Manif Pour Tous (LMPT), collectif d’associations à l’origine des grandes manifestations d’opposition au projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Même avant la promulgation de la loi en mai 2013, les revendications du collectif se sont centrées sur le rejet de « l’homoparentalité » (adoption, PMA, GPA = in vitro ; surogacja) et sur la protection de l’enfant. Pas du tout sur l’homosexualité, qui était pourtant le principal alibi de la loi.
 

*Le premier homme politique français qui a révélé sa séropositivité au VIH. À part ses nombreuses responsabilités dans la lutte contre le sida, il agit pour la légalisation de l’euthanasie, entre autres au sein de World Federation of Right to Die Societies.
 

*Porte-parole de la fédération Inter-LGBT (2010-2013). Actuellement il milite pour la cause LGBT au sein de la Commission nationale consultative des droits de l’homme où il a été nommé par le premier ministre du gouvernement Hollande Jean-Marc Ayrault.
 

*Respectivement: président de la République, ministre de l’Education nationale, ministre de la Justice, ministre délégué à la Famille – tous partisans de la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles au mariage dont aucun n’est homosexuel.
 

*Le rapporteur du projet de Loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Né en 1972 et père de cinq enfants, il était premier secrétaire du Parti Socialiste en Isère (2008) et député du PS (2012).
 

*Né en 1930, il était entrepreneur en confection de luxe et compagnon d’Yves Saint-Laurent. Propriétaire du magazine gay Têtu, actionnaire majoritaire du quotidien Le Monde et mécène, il soutient financièrement et médiatiquement le Parti socialiste de François Hollande.
 

*Groupe de militants homosexuels créé à San Francisco en 1979 qui utilise dans ses happenings la tenue les religieuses catholiques de façon détournée et théâtralisée.
 

La Manif Pour Tous » est « la réponse » au « Mariage Pour Tous », tout comme phonétiquement le sigle LMPT fonctionne en homophonie avec le sigle LGBT.
 

*Le rapport du débat de l’Assemblée des évêques réunis au Synode pour la famille intitulé Relatio post disceptationem, 13.10.2013, n° 52. (istnieją przypadki [związków homoseksualnych], w których wzajemna pomoc, posuwająca się aż do poświęcenia, staje się cennym wsparciem dla życia partnerów.)
 

*Philippe Ariño fait une distinction entre la chasteté, l’abstinence et la continence : La chasteté, c’est la vertu universelle à laquelle tout le monde est appelé dans ses relations, quel que soit l’état de vie. […] L’abstinence […] n’est pas toujours liée à un choix, donc elle n’est pas à prôner comme un chemin de vie et de don entier de sa personne épanouissant […] . La continence, c’est une abstinence choisie et vécue uniquement par les célibataires consacrés, c’est une abstinence non-frustrante car donnée à Dieu et aux autres. Les couples femme-homme mariés ne sont pas appelés à la continence […] contrairement à la continence des célibataires consacrés (dans le sacerdoce ou par des vœux non-sacramentaux). La continence est donc en effet l’état transitoire de toute personne qui vit hors mariage […] , un don entier de toute notre personne unique. (www.araigneedudesert.fr, 26.10.2015)
 

Quant aux hommes homo-bisexuels, […] la pénétration anale est souvent pratiquée par près de 25% d’entre eux (24,9% pénétration insertive et 24,1% pénétration réceptive) contre 2,5% chez les hétérosexuels. » (Enquête sur la Sexualité en France (2008) de Nathalie Bajos et Michel Bozon, p. 253).
 

*Dont fait partie la Fondation Batory polonaise, créée en 1988 par Georges Soros.
 
 
 

 

Les « couples » homos progressivement assimilés à l’assistance paroissiale : je me tais ou j’en dis quelque chose ?

Mains
 

Je remarque dans certaines paroisses catholiques parisiennes que je fréquente (et dont certaines sont excellentes) la présence – discrète mais suffisamment visible pour ne pas passer inaperçue – d’un ou deux « couples » d’hommes homosexuels, inséparables tout en se tenant savamment à distance. La mise en scène est très étudiée. Ils ne font pas étalage de leur statut de concubins. Cependant, ils ne s’en cachent pas non plus. L’œil un minimum averti les repère très bien dans l’assistance. Ils sont d’une discrétion et d’une « exemplarité » millimétriques : ils ne se tiennent même pas la main ; ils ne s’attardent pas en messes basses soufflées à l’oreille pendant l’office ni en regards appuyés et mielleux pendant le baiser de paix ; ils sont encore moins chaleureux entre eux que ne le seraient deux frères de sang. On comprend bien qu’ils ont compris que « malheur par qui le scandale arrive » et « malheur à celui qui choquerait un de ces petits qui sont les Enfants de Dieu ». En général, l’un des deux partenaires du duo, plus extraverti que l’autre, assure les relations publiques avec le reste des fidèles : il fait même quelquefois partie de l’EAP (Équipe d’Animation Paroissiale), sert d’enfant de chœur, lit les lectures, est sacristain ou organiste, fait la conversation ou des blagues aux petits vieux de la paroisse (qui l’« adorent »), jouit d’un capital sympathie et d’une place confortable dans la vie de la communauté.
 

Le plus étonnant, c’est de constater la complaisance des paroissiens à leur égard (parmi ceux qui comprennent… car beaucoup n’y voient que du feu : plus c’est gros, plus des fois ça passe). Elle ne me gênerait absolument pas si elle traduisait une amitié véritable et individuelle, si elle était le reflet d’un attachement à la Vérité et d’un courageux élan de Charité. Or, ce n’est pas le cas : en réalité, il y a beaucoup de mondanité, de non-dit, de peurs, d’hypocrisie et d’indifférence, derrière cet accueil gay friendly et cette intégration.
 

Les prêtres de la paroisse ont leur part de responsabilité dans l’intromission bien attentionnée de l’homosexualité actée dans l’Église. Pris entre deux feux, ils veulent accueillir tout le monde et considèrent que Jésus invite tout spécialement les pécheurs à sa table… donc ils croient bien faire en fermant les yeux. Mais ils oublient que Jésus condamne fermement le péché et qu’Il corrige les pécheurs. Il suffit de une ou deux unions homosexuelles dans une communauté ecclésiale, qui plus est investies et tenant des postes-clé dans les équipes paroissiales, pour que l’esprit de Vérité et de cohésion avec l’Église s’effrite, pour que 80% des paroissiens défendent l’Union Civile comme une nécessité et « l’amour homo » comme une « couple béni discrètement par Dieu ».
 

J’ai entendu pas mal de prêtres catholiques m’avouer que, sous la pression affective des « couples » homosexuels fréquentant leur assemblée et qu’ils n’osaient pas dénoncés, ils se sont retrouvés à taire leur opposition au « mariage gay », voire même à défendre ce « mariage ». Pour éviter, à leurs yeux, « la guerre civile » parmi leurs paroissiens, ils ont préféré ne pas me faire venir témoigner, alors même qu’ils étaient d’accord avec mes idées. Il était plus facile pour eux de me faire passer pour un cas isolé extrémiste que de prendre le risque de se mettre à dos les trois-quarts de leurs ouailles. « Tu sais, quand tu te retrouves, le jour de la rentrée paroissiale, devant cinq couples homos bien intégrés et engagés dans ta nouvelle communauté, tu changes de stratégie, tu rabats ton caquet, et tu caches ta présence aux Manif Pour Tous… ». Je comprends ces curés-là, mais je ne les justifie pas et ça me fait de la peine pour eux. Où se trouve leur courage de surmonter la mondanité et de défendre le discours de Jésus sur l’adultère, le concubinage et même l’homosexualité ? Où se trouve leur courage de défendre leur Église et Sa Vérité ?
 

Ce midi, je me suis retrouvé précisément dans une église parisienne où le parfait petit couple homo de la communauté siégeait au premier rang, toujours à la même place. Ces deux dandys bénéficient manifestement d’un passe-droit, d’un statut tacite de privilégiés dont la condition de vie est tolérée. Et ce privilège part toujours d’excellentes intentions : « Ce sont des exceptions. C’est la diversité du Peuple de Dieu. » ; « Du moment qu’ils ne s’affichent pas comme modèles… » ; « Ils sont très serviables et font du bien à la paroisse. » ; « La vie privée et sexuelle de mes paroissiens ne me regarde pas ! Je dois rester à ma place. » ; « C’est important de ne pas arrêter les gens à leur sexualité, à ce qu’ils font au lit. Seul Dieu sonde les cœurs. » ; « Ils ont accès à l’Amour de Dieu. De quel droit je les condamnerais et leur interdirais l’accès à l’église, aux messes, aux services liturgiques, à la présence de Jésus ? N’y a-t-il pas dans l’assemblée des personnes bien plus pécheresses qu’eux ? » ; « Qui suis-je pour juger ? » ; « Soyons discrets : l’amour de Dieu pour les Hommes est inconditionnel. » ; etc. C’est la sempiternelle confusion entre le jugement des personnes (indéfendable) et le jugement des actes (nécessaire et indispensable pour que la véritable Charité s’exerce), ou bien entre l’amour inconditionnel de Dieu pour les personnes et les conditions d’amour non-négociables que Dieu pose sur les actes humains.
 

Je disais donc que pendant la messe, je me trouvais juste derrière ce duo quarantenaire tiré à 4 épingles. Je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir de la tristesse à leur distant contact. Ce n’était pas de la jalousie chez moi, ni de la nostalgie enfouie, ni de la projection homophobe (même si, évidemment, c’est la première hypothèse, la plus criante, qui se présentera à nos esprits). Vraiment, c’était une tristesse saine et sainte. Tristesse pour l’Église catholique toute entière, tristesse pour ces deux hommes, tristesse pour les personnes homosexuelles, tristesse pour leur communauté paroissiale, tristesse pour ce non-dit et ce mensonge qui entourent ces deux hommes et l’homosexualité en général. Ce sont mes frères, et individuellement, je prie pour eux, sans bénir leur acte et leur « couple ». Mais je me suis fait la réflexion que de leur binôme se dégageait une plus grande tristesse, austérité, comédie, stérilité sociale et spirituelle, que la solitude d’une personne homosexuelle célibataire et catholique pratiquante. C’est mystérieux, cette distinction de rayonnements que je vois et que je n’invente pas. Mais elle est là et je ne peux pas faire comme si de rien n’était. L’union homosexuelle, même spiritualisée, même non-tactile, même intégrée culturellement, même bénéficiant d’une aura communautaire et solidaire, même serviable, même tacitement tamponnée et bénie par le curé de la paroisse, comporte son indélébile violence, tristesse, vacuité. Elle dit quelque chose de la corruption morale d’une paroisse.

Le véritable drame que dévoile à son insu le film « Spotlight », ce n’est pas le déni ecclésial des viols pédophiles : c’est que l’Église catholique n’a quasiment plus d’appareil critique ni de garde-fous sacerdotaux, intellectuels et journalistiques

Spotlight affiche
 

Je viens de voir le film « Spotlight » de Tom McCarthy, primé il y a dix jours aux Oscars en tant que « Meilleur Film ». Le thème : la dénonciation par des journalistes d’un quotidien nord-américain le Boston Globe des scandales de pédophilie cachés par la hiérarchie de l’Église catholique, dans les années 2000, aux États-Unis.
 

Les Experts à Boston

Les Experts à Boston


 

Bon, je confirme ce que j’avais pressenti : en plus d’être une merde bobo, c’est bien un film anticlérical et cathophobe, contrairement à ce que prétendent certains catholiques et prêtres démagos. Et je vais essayer de vous le prouver.
 
Spotlight prêtre témoignant
 

Car le scandale de ce film n’est pas qu’il obtienne la consécration oscarienne alors qu’il est nul et ennuyeux, ni même dans le fait qu’il traite du déni institutionnel des viols pédophiles opérés par des prêtres. Ça n’est pas un scoop (= que des films merdiques soient auréolés, ni qu’il existe dans l’Église catholique des horreurs étouffées par l’Institution ecclésiale). Mais la nouvelle moins réjouissante, et dont personne ne parle (parce que personne ne s’en rend compte), c’est la grande démission critique des prêtres et des journalistes catholiques, dans leur quasi majorité. C’est la corruption ecclésiale inconsciente au boboïsme. Aujourd’hui et dans les années à venir, qui va avoir la force de défendre l’Église ? Surtout quand Elle est objectivement, excessivement et injustement attaquée, comme c’est le cas dans « Spotlight » ? Pas grand monde, en fait. Où sont nos penseurs et nos critiques catholiques ? Pour la sortie d’un film anticlérical comme « Spotlight », nulle part ! Anesthésie générale.
 
 

a) Boboland :

Spotlight bobo
 

Quand je vous parle d’invasion de boboïsme y compris dans la maison catholique, je n’exagère pas. Mais comme maintenant, presque tout le monde a les pieds dans cette merde tiède verte et que celle-ci leur tient chaud, il est plus facile de la relativiser. Alors rapidement, je vais faire maintenant l’inventaire des nombreux échos que j’ai trouvés dans le film « Spotlight » avec mes 60 codes bobos de mon livre Les Bobos en Vérité, sachant que je suis certainement passé à côté de répliques importantes car la prise de notes pendant la projection du film était trop rapide :
 
Spotlight Désobéissance
 

CODE N°1 – PETITS-FILS DE 68 : Le boboïsme se caractérise par le culte de l’autonomie et de la désobéissance, l’affirmation de soi par l’anticonformisme et l’opposition à toute règle dite « institutionnelle ». On retrouve tout à fait cette rebellitude décontract’ dans le film « Spotlight ». Aucun des héros n’assume de tenir son poste à responsabilité… même les chefs ! Par exemple, Robby, le rédac-chef du Boston Globe joue le pote et le partenaire de ses employés : « Je suis plutôt coach que rédacteur en chef. » ; « Techniquement, je suis rédacteur en chef. ‘Techniquement’… » Quant au Grand Manitou, Marty Baron, c’est vraiment l’incarnation du chef qui ne veut pas avoir l’air d’être chef. Face aux juges, il joue les hors-la-loi : « J’ignore les lois ici. » ; « Je veux contester… » Tous les personnages du film croient que la Vérité s’achète à l’audace anticonformiste, au bagout : « Culoté pour un premier jour » (Robby). Et dès qu’ils se voient recadrés par une interdiction (« Il faut que tu arrêtes. » conseille par exemple Jim à son ami Robby), ils l’entendent comme une injonction à dépasser les limites. Selon eux, la véritable liberté est l’absence de limites, l’opposition, la désobéissance, l’entêtement individualiste, la transgression des règles. « Vous ferez ce que vous voudrez. Comme toujours. » (Phil s’adressant à Sacha Pfeiffer) Ils affichent leur haine des institutions, et en particulier celles de la justice : « Ça dépend du juge… » (Robby) Les avocats et les juges seraient tous véreux et corrompus par la moralité et la mafia ecclésiales. Le credo soixante-huitard du boboïsme repose intégralement sur la désobéissance. Et dans le film « Spotlight », tous les héros bobos désobéissent à un moment donné (et toujours soi-disant « pour le bien et la justice »). Le membre de l’équippe bobo le plus « révolutionnaire » (c’est d’ailleurs lui qui trouve dans les archives les preuves les plus accablantes contre le clergé), c’est le personnage de Mike. Il brise tous les codes de bienséance (il désobéit à la secrétaire de Garabedian et force la porte de son bureau), les codes professionnels (il vient en short au bureau ou interrompt ses collègues), les codes alimentaires (il mange de la mal-bouffe), il répond à son patron Robby et lui gueule dessus, etc. Le film montre l’obéissance uniquement comme une soumission et une collaboration avec l’ennemi. Les cas d’obéissance positive sont totalement évincés. Histoire de faire comprendre que l’obéissance est toujours suspecte, infructueuse et dangereuse. Et on arrive au paradoxe suivant que les promoteurs de la transgression font la morale aux ecclésiastiques par rapport à leur transgression de la différence des générations (= pédophilie). Cherchez l’erreur. Ceux qui désobéissent font la morale de l’obéissance à ceux qui ont désobéi : en effet, les pédophiles sont également anti-institutions (même si parfois ils s’en servent comme camouflage)… exactement comme les bobos. Marty Baron met un point d’honneur à « être indépendant » et à casser toutes les conventions. Les désobéissants se font miroir en croyant s’opposer.

CODE N°2 – « JE SUIS ORIGINAL ! » : Le bobo se rêve sans cesse marginal et absolument unique… sans les autres. On retrouve cette idolâtrie pour l’originalité dans le film « Spotlight » : « T’es hors limites. » (Jim s’adressant à Robby) L’inversion est absolutisée et vue comme la révolution qu’elle n’est pas : « Si on procédait à l’envers ? » (Robby)

CODE N°3 – HAINE DE LA MATIÈRE, DE L’ARGENT ET DES RICHESSES : Le bobo se la joue pauvre de gauche, alors qu’en réalité il est pété de tune et très matérialiste. On en trouve un bel exemple avec le personnage de Marty, le snob gauchiste, qui au gala de charité catholique, feint la sobriété et le dégoût des mondanités : « Pour être honnête, les soirées ne sont pas mon fort. » Bobby et lui refusent même les petits fours. Eux ne mangent pas de ce pain-là, enfin !

CODE N°4 – LE CONSOMMATEUR MASQUÉ : Derrière sa comédie du refus du matériel, le bobo a du mal finalement à se détacher de son petit confort, de ses ordinateurs et de ses affaires. C’est marquant dans le film « Spotlight ». Par exemple, Robby et Jim jouent au golf et viennent de milieux bourgeois. Les héros gravitent dans les médias, dans des bureaux et des open space où le téléphone sonne sans arrêt (comme dans les mauvaises séries nord-américaines, avec l’ambiance survoltée des commissariats de police télévisuels, des hôpitaux, pour singer la suractivité). Ils vivent au milieu des papiers, des ordis, des fichiers informatiques, au crochet de la télé et des nouvelles du JT, même s’ils prétendent faire partie des médias « alternatifs »

CODE N°5 – LA SOLIDARITÉ D’APPARAT : Le bobo se moque du charity business des bourgeois… mais lui ne fait pas mieux ! Il donne son émotion aux pauvres pour ne pas se donner lui-même. C’est exactement le cas des personnages de « Spotlight ». Ils ricanent des galas de charité catholiques (qui d’ailleurs n’existent pas dans la réalité tels qu’ils sont dépeints dans le film, mais bon…), mais eux ne font guère mieux. Leur élan vers les victimes de viol pédophile est très immature, intéressé, purement émotionnel (dans le registre hystérico-fusionnel), mercantile et voyeuriste : il répond aux exigences du business de la victimisation et du buzz éditorial. Les héros-journalistes s’accaparent LEURS victimes, en n’ayant rien à faire de leur personne (leur témoignage et la quantité d’abord !) : « On va chercher d’autres victimes. » (Mike) ; « Restons concentrés sur les victimes. » (Robby) ; « On ne tiendra compte de personne dans cette histoire. » (Robby) Cette focalisation victimiaire vire à l’hystérie identificatoire, à la transposition narcissique et égocentrique : par exemple, Mike désobéit théâtralement à son chef Robby en lui gueulant dessus, dans une crise de rébellion (voulue émouvante et poignante par les réalisateurs du film), alors qu’elle n’est qu’un transfert excessif sur les victimes : « Ça aurait pu être toi, moi, nous !!! » Est-ce que tu te rends compte, Jack ?!? On se croirait dans un mauvais soap opera. Par ailleurs, tout dans le boboïsme est centré sur l’agir (au détriment de l’être), ainsi que sur le savoir-faire, la technique, le rationalisme, la simulation d’action (solidaire), l’esprit d’équipe des executive men et des working girls. Les Experts à Manhattan qui mènent l’enquête. Comme dans les publicités pourries de ManPower, de déodorants ou de dentifrice simulant l’expertise professionnelle. On retrouve ce naturalisme professionnaliste dans le film « Spotlight » : les héros se la jouent entreprenants, hommes et femmes de terrain agissant et réfléchissant dur, sur la base d’un travail exigeant et irréfutable, esthétisant le travail d’équipe « plus fort que tout » : ils font semblant de travailler pour prouver le sérieux de leurs études et le réalisme de leurs articles affectifs. C’est de la vitrine, du simulacre de travail… mais le pire, c’est que la plupart des Nord-Américains y croient à fond, à cet esprit d’entreprise Hollywood Chewing-Gum.

De l'ACTION (comme dans Derrick...)

De l’ACTION (comme dans Derrick…)

CODE N°6 – PLUS BOURGEOIS QUE BOURGEOIS : L’ÉLITE DU BON « MAUVAIS GOÛT » : Même quand il joue au bourgeois ou au beauf, le bobo se persuade qu’il fait exception parce qu’il en aurait conscience. On voit dans « Spotlight » cette présomption d’exceptionnalité chez bon nombre des héros. Surtout avec Marty Baron (avec un nom de famille qui parle de lui-même !), qui joue à ne pas être patron : « Dis-moi où se trouve le bureau du patron. » Quant à Mike et Ben, ils se la jouent gars relax, capables de s’organiser une soirée pizza-bière tout en gardant la classe !

CODE N°7 – JARGON VULGOS-PÉDANT : Le bobo adopte en général un langage tantôt châtié, tantôt charretier, pour prouver qu’il n’est ni un beauf ni un aristo. On constate dans « Spotlight » que les personnages bobos jurent tout le temps, sortent des gros mots, et cette vulgarité confine à l’hystérie : « Je sais pas pourquoi j’ai explosé. » (Mike, l’impulsif) Le bobo simule souvent le débordement irrépressible d’émotions afin de s’excuser de ne pas les contrôler, ou bien pour « faire cool et excédé ».

CODE N°8 – PARLER ANGLAIS : Avec « Spotlight », au pays des « Ricains », travaillant en plus dans les médias, sur des postes qui louvoient entre information et publicité, on ne pouvait être mieux servi de boboïtude !

CODE N°9 – OPTIMISTE ET ESPOIR : Le boboïsme repose sur l’optimisme. Et on en trouve un bel échantillon dans « Spotlight » avec la taquinerie que le journaliste Joe, un collègue barbu de Mike, lance à ce dernier sur les bancs du tribunal : « Il n’a pas l’air optimiste. »

CODE N°12 – GLOBE-TROTTER : Rien que le titre du journal Boston Globe évoque cette mondialisation métonymique dont fait l’objet la ville de Boston, qui serait à l’image de toute l’Église catholique : il y aurait eu 249 prêtres impliqués dans des abus auprès de mineurs à Boston… donc 6% des prêtres dans le monde seraient pédophiles. C’est global ! Par ailleurs, le personnage de Mike, ainsi que Matt et Sacha, ont vraiment la bougeotte et représentent cet électron « libre » qu’est le bobo.

CODE N°13 – CANAPÉ : On retrouve quelques vieux fauteuils vintage et canapés dans le film « Spotlight ». Et plus globalement, le dilettantisme qu’il représente. Le bobo est l’ambassadeur de la cool attitude et le partisan du moindre effort : « On n’aime pas se précipiter. » (Robby) « Va voir ailleurs, j’ai du boulot. » (un collègue refoulant Mike qui vient le troubler dans son travail à l’agence de presse) ; « Tu cours au travail, toi ? » (Robby raillant son collègue essoufflé Mike, qui vient au boulot comme il fait du jogging) Aux yeux du bobo, le patron, c’est le facho et le sadomaso : « Il épuise tout le monde. » (Ben parlant de son boss travaillant tard dans les bureaux de son entreprise) Le personnage de Garabedian est une dilettante qui cache sa paresse par l’activisme laboral.

CODE N°18 – « VIVE LE VIEUX ! » : Le bobo rejette les vieux mais célèbre le style « vieux », le rétro. Et dans le film « Spotlight », la journaliste Sacha vit en effet dans un appart bohème… mais laisse tomber sa grand-mère et ne se rend plus à la messe avec elle.

CODE N°20 – CLOPE : Comme le bobo se veut cool et décomplexé, il consomme de l’« interdit » (pour cacher ses angoisses dans le paraître). On retrouve des fumeurs et des buveurs chez certains des personnages de « Spotlight ».

CODE N°21 – VILLE : Le bobo vit en général en ville, ou bien comme un citadin quand il est à la campagne. Tout le film « Spotlight » montre ce paradoxe mal résolu du « citadin qui ne s’assume pas comme tel ».
Spotlight Ville

CODE N°24 – « JE NE CROIS PAS EN DIEU MAIS JE FAIS COMME SI » : Le bobo se croit catholique pratiquant même quand il ne va plus à la messe… parce que pour lui, la foi est une question d’adhésion personnelle à Dieu, mais certainement pas une question d’Institution humaine. On en trouve plein, des cathos schizos et individualistes, dans « Spotlight » : « Je ne vais plus à l’église, sauf avec ma grand-mère. » (Sacha) ; « On ne pratique plus. On est catholiques d’éducation. » (Mike et ses collègues) ; « Je ne vais plus à la messe… mais je me sens catholique. » (Richard) ; etc.

CODE N°25 – NOSTALGIE DE LA MESSE DU DIMANCHE ET DE LA VIE COMMUNAUTAIRE : L’église/Église est désertée par le bobo, qui en garde tout de même la nostalgie (« En fait, j’adorais aller à l’église quand j’étais petit. » avoue Mike dans « Spotlight »). Elle est remplacée par l’aide humanitaire et psychologique : à la fin du film, c’est le bureau qui fait office d’église. Et les cloches sont remplacées par les sonneries incessantes des téléphones annonçant de nouveaux témoignages poignants de victimes de viol.

CODE N°27 – NEW AGE ET PSYCHOLOGIE : Au lieu d’aimer, le bobo ressent et raisonne, psychologise. C’est exactement la perversion compassionnelle qu’on observe chez les héros de « Spotlight » : avec une fausse distance et une fausse objectivité journalistique (je dis « fausse » car elle est orientée idéologiquement), ils grappillent la moindre anecdote scabreuse, épient et écrivent soi-disant « tout », écoutent comme de bonnes mères attentionnées : « Ça ne vous dérange pas si je prends quelques notes ? » (Sacha s’adressant à Joe, un homme homosexuel obèse, très anxieux et efféminé, qui a été violé par un prêtre à l’adolescence) Leurs sophismes langagiers confinent à l’infantilisation : « ‘Abuser’ ne suffit pas. » (Sacha voulant lutter contre l’autocensure des victimes qui n’oseraient pas appeler un chat « un chat » ni employer le verbe « violer ») Psychologie Magazine, j’écoute. Les personnages de « Spotlight » ne sont pas que journalistes : ils enfilent leur masque d’enquêteurs-psys, de reporters-psys. Standard téléphonique « S.O.S. Viol » j’écoute. En réalité, ils exploitent. À l’instar de Jacques Pradel. Pour dorloter leur propre misère libertine.

CODE N°28 – NI REMORDS NI PÉCHÉ : Le bobo, en général, ne sait dire ni « pardon », ni « s’il te plaît », ni « merci » (les trois mots de l’Homme priant). Il désire juste « ne rien regretter » et fuit la culpabilité (= donc la responsabilité de ses actes et l’humilité) comme la peste. C’est ce qui arrive avec les personnages de « Spotlight » : « Ne me remerciez pas ! » (Patrick) Le pardon n’a pas du tout sa place dans le film. Il faut punir, un point c’est tout ! Même quand Mike s’emporte excessivement contre son patron Robby, il ne lui formule aucune demande de pardon et n’affiche aucun remord. « Spotlight », ton univers impitoyable. Et après, ses réalisateurs osent nous parler d’acte de justice et de réparation grâce à leur film ??

CODE N°30 – CROISADE ICONOCLASTE CONTRE LES « CLICHÉS » : Comme dans tout régime totalitaire qui évacue le corps et la pensée qu’il méprise sous l’appellation d’« images », de « clichés » et de « préjugés », le boboïsme se lance dans la lutte iconoclaste. Et le film « Spotlight » joue sur cette corde du dévoilement des clichés pour mieux les détruire. Il dévoile certains stéréotypes « interdits » pour mieux en censurer/caricaturer/renforcer d’autres. L’iconoclastie se veut d’ailleurs un gage d’objectivité et de répartition des fautes. Par exemple, le rédac-chef Robby incarne la caution anti-manichéiste du film, parce que lui aussi a pris sa part de responsabilité dans le déni de la pédophilie ecclésiale (il a refusé de couvrir médiatiquement une affaire de pédophilie à ses débuts dans le journalisme). « Tous responsables ! » nous dit le film… pour occulter l’inégalité de l’attribution des fautes. Car Robby reste une exception de collabo dans son propre camp, contrairement aux prêtres qui sont tous mis dans le même panier.

CODE N°31 – SUPER-ZÉRO : Dans « Spotlight », le personnage de Mike a tout du « Super-héros raté » héroïsé. Au départ, il ne paye pas de mine : mains dans les poches, l’air de rien, cool et un peu paresseux. Mais au final, c’est lui qui est présenté comme le vrai héros. Il arrive toujours à ses fins, même quand il se mage des portes closes et des fermetures administratives. Il contourne les règles et soudoie le gardien des archives pour faire des photocopies de documents confidentiels supposément autorisés au public. Il feinte en transgressant la loi du secret, et en remplaçant celle-ci par la loi (non moins enviable) du Talion (= œil pour œil, dent pour dent).

"Spotlight" lave plus blanc que blanc

« Spotlight » lave plus blanc que blanc

CODE N°32 – LA FOLIE POUR LE BLANC : Le bobo aime bien simuler la pureté virginale en mettant tout en blanc (quitte, après, à le salir). On observe dans « Spotlight » cette monochromie aseptisée rien que dans le design seventies de l’affiche.
Spotlight barbu Baron

CODE N°33 – BARBU : Pour cultiver son style un peu wild et christique, le bobo a tendance à négliger son rasage. On retrouve dans « Spotlight » des beaux archétypes de barbus : Joe le collègue hipster de Mike, Matt le moustachu eighties, Marty Baron le cliché bobo vivant (barbu + lunettes), sans oublier dans la vraie vie Joe Crowley.

CODE N°34 – SILENCE ET PUDEUR SACRÉS : Le bobo, pour s’acheter esthétiquement une humilité et une sobriété de façade, aime bien faire l’éloge du silence ou de la pudeur, même si ces derniers sont en réalité l’expression de sa censure, de sa lâcheté, de sa timidité et de ses complexes. Dans le film « Spotlight », la promotion du silence vise effectivement le voyeurisme, la stratégie, ou l’alibi sensibleriste pour ensuite accuser et briser d’autant plus violemment le silence tant soi-disant « préalablement contenu » : « Il va falloir être encore plus discret que d’habitude. » (Robby) ; « Je devrais me taire. » (Mike) L’argument de la pudeur est également la béquille rhétorique poétisante dont raffolent en général les critiques de cinéma bobos qui n’ont à dire d’un film qu’ils veulent à tous prix célébrer quand même. Cela m’étonnera quasiment personne que le journal La Croix, top bobo chrétien, saute à pieds joints dedans : « Un film fait de finesse et de pudeur. »

CODE N°35 – LA VOIX-OFF INSUPPORTABLE : Comme dans les films à prétention réaliste et antifasciste moralisante (tels que « Imitation Game » par exemple), le film « Spotlight » est encadré, dans le générique du début et celui de fin, par une voix-off ou quelques lignes de commentaires (en général voulues « factuelles » et « choquantes »), rappelant le but et le procès d’intentions de l’œuvre : prouver que l’Église-Institution continue encore et toujours à protéger les pédophiles parmi ses prêtres et à les laisser sans impunité.

CODE N°36 – BOUGIES : Le boboïsme est fana des lumières déchristianisées et esthétisées (c’est normal : il célèbre Lucifer, l’ange de lumière). On retrouve les bougies Nature et Découvertes dans les restaurants du film « Spotlight ». Et bien sûr, le titre même du film renvoie à la lumière (« spotlight » signifie « projecteur » en anglais), une lumière pour le coup sélective, discriminante, jugeante, éphémère, puissante mais éphémère, mercantile et hollywoodienne. On est loin de la lumière d’amour qu’est Jésus.

CODE N°38 – LE BLOGUEUR CATHO (… ET SA BIÈRE !) : Le bobo, en particulier chrétien, a coutume de s’acheter une coolitude rebelle en utilisant la bière. Ça ne loupe pas avec les héros chrétiens (et plus du tout cathos) de « Spotlight » ! « Tu veux une bière ? » propose Mike à Ben ; Sacha et Phil Saviano sirotent également leur « binouze » dans un bar. Huhuhu. C’est humaniste.

CODE N°40 – DANDY QUEER & CAMP : Dans « Spotlight », le dandy négligé, la synthèse du boboïsme, c’est bien le Baron : Marty Baron ! Flegmatique et discrètement insolent

CODE N°42 – PAS D’HUMOUR : Ce qui caractérise le boboïsme, c’est qu’il se prend tellement au sérieux (même quand il prétend être drôle) qu’il perd tout son humour. Et en l’occurrence dans le film « Spotlight », on ne se pisse pas dessus. Il y a même des prêtres qui ont réussi à trouver cet électroencéphalogramme émotionnel plat « émouvant à en pleurer »… « Tu peux être chiant aussi. » (Robby s’adressant à Mike) = seule blague du film. Donc je vous préviens : faut surtout pas la louper ni dormir à ce moment-là !

CODE N°45 – PROMENADE CHORÉGRAPHIQUE : Le boboïsme a tendance à esthétiser l’errance, et en général l’errance urbaine, pour prouver de manière belle, ralentie et nostalgique, la vacuité des comportements humains. Dans le film « Spotlight », les héros bobos sont montrés justement en train d’arpenter la ville de Boston, à la découverte de « l’horreur cachée ».

CODE N°46 – SIFFLOTEMENTS, XYLOPHONES, BANJO ET PIANO : Le bobo accompagne presque systématiquement ses actions mensongères de la même bande-son. Quand c’est un « drame psychologique » qu’il souhaite illustrer, il nous ressort toujours le piano (sur tapis de violons) à la Twin Peaks ou X-Files (les séries nord-américaines pourries des années 1990). Malheureusement, entre-temps, sont arrivées les chanteuses dépressives bobos Adèle, Amy Winehouse et Lana del Rey. Et croyez-moi qu’on nous les ressert à tous les plateaux-repas cinéma, matin midi et soir ! Le film psychololo « Spotlight » n’échappe pas à la règle.

CODE N°47 – LE MONDE ENFANTIN DÉSENCHANTÉ : Le boboïsme s’affaire à dresser le portrait-hommage d’une jeunesse en général détruite par l’ignominie des adultes. C’est exactement le cas dans « Spotlight », où sont juxtaposées la féérie des chants de Noël avec la réalité du viol pédophile, le discours béat du prêtre au micro avec l’abus sexuel. Les quelques enfants montrés dans le film ne parlent jamais, sont des icônes muettes (à part quand ils sont joués par des adultes). On les observe dans la rue. Ils sont enfermés dans des cabinets d’écoute de psys.

CODE N°49 – « L’AMOUR N’EXISTE PAS. LES AMOURS ÉPHÉMÈRES, OUI. » : Bizarre pour un film qui se propose de parler de sexualité… Dans « Spotlight », il n’y a aucune histoire d’amour représentée. Juste, Sacha vit avec son compagnon. Mais sinon, la conjugalité et la différence des sexes ne sont absolument pas célébrées. Or le boboïsme repose précisément sur le rejet de la différence des sexes et de la différence Créateur-créatures (= l’Église).

CODE N°50 – « JE SUIS VIVANT » OU « J’AI AIMÉ » : Voilà le genre d’expressions hédonistes creuses que le bobo sort avec magnanimité pour se justifier de gâcher sa vie en amour. Dans « Spotlight », on en retrouve une belle dans la bouche de Sacha Pfeiffer, quand l’un de ses témoins violés lui demande pourquoi elle tient tant à dévoiler à la face de la terre les scandales pédophiles dans l’Église. Et là, Sacha-Scully nous déclame une réplique (déjà culte !) censée nous émouvoir par sa profondeur et nous convaincre par sa concision laconique : « Je suis là parce que ça m’importe. » Ça mérite la standing ovation, une phrase pareille…

CODE N°54 – « JE NE DRAGUE PAS. ET C’EST PAS SEXUEL. » Le boboïsme a coutume de réduire la génitalité à une asexualité, par hypocrisie (lui dira « par pudeur ») et sentimentalisme. C’est exactement ce qui se passe dans le film « Spotlight ». Et les bobos trouvent ça « très fort », ce côté « violence sexuelle encore plus dure et plus vraie parce que suggérée ». Épate-bourgeois cinématographique que la mise en abîme et la suggestion.

CODE N°57 – LE MARIAGE (OU PAS) : Dans « Spotlight », aucun des héros n’est montré marié. Et certains même revendiquent leur rejet du mariage, comme par exemple Mitch Garabedian, qui a décidé de ne pas s’embarrasser d’une femme, d’enfants et qui ne vit que pour son travail.

CODE N°58 – « FAMILLE, TU ME SAOULES ! » : Non seulement le boboïsme n’aime pas la différence des sexes, mais il expulse également la différence des générations (= rapports adulte-enfant ou père-fils). « Spotlight » en est la parfaite illustration : Marty dénigre le Cardinal Law, Mike insulte son supérieur Robby, Robby bafoue l’autorité paternelle de son ami Jim (confortablement installé dans sa résidence pavillonnaire éclairée pour Noël), etc. Et les mots à l’égard de la famille ne sont pas tendres : « Mon père, c’était un vrai enfoiré ! » (Patrick) Même la famille locale et sociale est présentée comme une veuve noire : « S’il faut un village pour élever un enfant, il faut aussi un village pour l’agresser. » (Garabedian)

CODE N°59 – « L’ENFANT, MON OBJET ET MON POTE » : Dans « Spotlight », les héros bobos sont quasiment tous célibataires et sans enfants. L’enfant est regardé à distance, comme un pote muet (quand il reste physiquement avec son corps d’enfant), comme un alter ego dont on exploite médiatiquement le précieux témoignage (quand il a atteint l’âge adulte après son viol). Les véritables enfants passent à la trappe. Y compris dans la fiche technique du film et la distribution des rôles principaux… alors que c’est quand même un film en hommage aux enfants, à la base…

CODE N°60 – BOBO HOMO : Le boboïsme, par son vœu d’un monde sans limite, « libre » et affranchi de la différence des sexes, se fait régulièrement le promoteur d’une bisexualité que, par ailleurs, il ne voudra jamais nommer ni étiqueter. On observe cette gay friendly (et cette asexual/libertine !) attitude dans le film « Spotlight », qui prend clairement la défense de l’homosexualité tout en la censurant. Les héros et les réalisateurs du film mettent à l’abri leurs amis homos de la présomption de complicité pédophile en brandissant l’épouvantail dissuasif du « #pasdamalgame entre homosexualité et pédophilie » : « La crise n’a rien à voir avec le fait d’être homosexuel. » ; « Rien à voir avec le fait d’être gay. Ces prêtres ont violé des enfants. » (Phil Saviano) Ah bon ? D’où tirent-ils cela ? Moi qui ai étudié les liens non-causaux (mais pourtant bien réels !) entre homosexualité et pédophilie, j’enterrerais un peu moins vite qu’eux le dossier ! Les bobos tapent sur l’Église qui n’aurait rien dit sur la pédophilie, alors qu’ils font de même en taisant la violence pédophile de certains actes homosexuels. En effet, un certain nombre de violeurs pédophiles se prétendent souvent « homosexuels » alors qu’ils sont concrètement pédophiles, pour ne pas être identifiés/arrêtés. Les bobos accusent l’Église d’avoir fermé les yeux sur les viols pédophiles venant des prêtres tout pendant qu’ils couvrent les viols perpétrés dans l’hétérosexualité et l’homosexualité, en promouvant/banalisant l’homosexualité, en censurant toute réflexion sur l’homophobie, et en confondant l’hétérosexualité avec la différence des sexes. Bonjour l’hypocrisie !
 
 

b) Un film clairement anticlérical :

Spotlight méchant prêtre
 

Pour faire « open » et « pas coincé », et surtout pour temporiser la vague de nouvelles contestations et de nouveaux scandales que pourrait réveiller un film pareil, un certain nombre de catholiques ont décidé de la jouer fine, lèche-cul et mielleuse, en affichant sur Internet et dans tous les réseaux sociaux le drapeau blanc du « Ce film n’est pas anticlérical ». C’est bien gentil (comme dirait le chanteur)… mais ils se foutent de la gueule de qui ?
 

Je veux bien relever au hasard certaines expressions employées dans « Spotlight » et vous allez me dire si elles ne sont pas anticléricales ! « un clergé dégénéré » (Robby) ; « un putain de Pape » (Mike) ; « Je pense que nous avons les moyens de nous attaquer à l’Église. » (Mike) ; « Toi aussi, tu en veux à l’Église ? » (Ben s’adressant à Mike) ; etc.
 

Regardons les choses en face. L’enquête de la brigade anti-prêtres-pédophiles n’est pas humaniste ni altruiste : elle est purement idéologique. Les protagonistes du film veulent carrément éradiquer un « Système » : « On ne tiendra compte de personne dans cette histoire. » (Robby s’adressant à son collègue Mike) ; « C’est ce qui est prévu par le système. » (Eric Macleish parlant de l’Église)
 

Avec le discours des héros de « Spotlight » et les intentions affichées des réalisateurs, on se trouve bien face à une idéologie. L’idéologie de l’accusation compassionnelle. Le propre de toute idéologie, c’est qu’elle met un thème ou une vérité au-dessus de la personne qu’il/elle est censé(e) servir. « Ces sujets sont la raison d’être de notre travail. » (Marty) L’Église catholique et ses fidèles sont complètement déshumanisés.
 

Marty Baron, le grand chef de l’équipe journalistique, ironise sur l’autorité dont s’arroge l’Église vaticane, et ne nomme même pas le Pape et ses cardinaux. Pour lui, la gouvernance du catholicisme s’appelle « En-haut » : « C’est venu d’en-haut. » Il fait fi de la rencontre avec les ministres du Christ et avec le Christ. Il veut juste couper la tête de l’Église. Il ne voit pas l’humanité de l’Église, mais uniquement un appareil, une machine infernale, une pyramide indéboulonable : « On doit se concentrer sur l’Institution. Pas les individus. » Il dépersonnifie/déshumanise complètement l’Église pour la diaboliser et justifier son éradication complète : « On s’attaque au système. » Car non : il ne s’agit pas, pour la bande de reporters, d’aider l’Église à faire son nettoyage d’hommerie. Au nom d’un nécessaire nettoyage ecclésial (qui, je le rappelle, ne peut passer que par la reconnaissance des fautes, mais aussi le pardon et la miséricorde), ils veulent carrément passer l’Institution au karcher !
 

Il ne s’agit pas, dans le film « Spotlight », de démontrer qu’il y a des cas avérés de pédophilie, ni même de s’intéresser véritablement aux victimes. Il s’agit (et là, c’est beaucoup grave) de généraliser l’accusation et la condamnation pour pédophilie à TOUT le système religieux. Par exemple, Robby passe son temps à appliquer à TOUS les prêtres ce qui n’est le fait que de certains (même si émotionnellement, nous sommes tous concernés par le viol pédophile, aussi minoritaire soit-il) : « Toi et tous les autres » (Robby s’adressant à son ami Jim) ; « Ce prêtre pédophile n’est pas un cas isolé : C’est tout le système. » (Robby) Avec « Spotlight », on atteint un degré de paranoïa anticléricale qui saute aux yeux, quand même.
 

L’ensemble des héros du film encouragent à désobéir à Dieu et à ses ministres, rien qu’en montrant l’horreur pédophile qui se cachent derrière ceux qui prétextent l’obéissance à l’Église pour justifier l’injustifiable (= le viol) : « Comment dire non à Dieu ? » (Phil) La plupart des protagonistes de « Spotlight » expriment leur dégoût haineux de l’Église-Institution : « J’ai arrêté d’aller à l’église avec ma grand-mère. C’était trop dur. J’étais assise là et je me suis mise à penser à Joe Crowley ou à un autre et je… Je me suis mise en colère. » (Sacha) Les prêtres sont même rendus responsables d’avoir odieusement brisé la belle relation naissante entre les bobos et Dieu, d’avoir massacré un rêve de gosse. « En fait, j’adorais aller à l’église quand j’étais petit. » avoue Mike en pleurs.
 
Spotlight bobo barbu
 

L’anticléricalisme du film se dégage particulièrement du leader du groupe de journalistes, Marty Baron. Roi du cynisme, il ironise sur « la soi-disant ‘Puissance de Dieu’ ». Il regarde de haut les clercs… même quand il est accueilli dans leur salon ou à leurs galas de charité. Il tourne en dérision le cadeau du Cardinal Law : « Le Cardinal m’a offert un Catéchisme de l’Église catholique. » souffle-t-il cyniquement à l’oreille de Robby. Il refuse ce qu’il juge comme « la grande mascarade de la mondanité catholique ». En fait, il n’a rien compris de l’Église véritable, qui est les pauvres et que Jésus a toujours défendue.
 

Les héros bobos libertins/frustrés sexuels du film n’ont pas accès à la compréhension de la beauté de la chasteté sacerdotale, du célibat continent. Selon Richard, par exemple, « l’obligation d’abstinence » créerait les abus sexuels dans l’Église. Et Maureen, la vieille « bonne du curé » qui sert le thé au Cardinal Law dans son salon rutilant et cosy, est vraiment filmée comme la concubine cachée.
 

Le message de « Spotlight » n’est pas du tout bienveillant ni adjuvant vis à vis de l’Église. Tout le contraire. Celle-ci serait la Grande Méchante : « L’Église continue de s’en prendre à moi. » (Richard) D’ailleurs, les bobos chrétiens nord-américains nous font bien comprendre, en traçant une ligne manichéenne entre le « camp du Bien » (c’est-à-dire eux) et le « camp du mal » (c’est-à-dire les catholiques), qu’il va falloir faire le bon choix : « Sois du bon côté. » (Robby menaçant son ami Jim)
 

À les entendre, l’Église serait une mafia qui broie les personnes et les âmes, qui serait infiltrée partout, qui feraient disparaître les documents et les preuves qui pourraient La compromettre : « Ils contrôlent tout. » (Garabedian) ; « L’Église va tout enterrer. » (Mike)
 

Ils atteignent le Point Godwin avec Mike qui fait l’amalgame entre la collaboration de l’Église catholique aux côtés des pédophiles avec la soi-disant collaboration de l’Église catholique aux côtés des « bons Allemands ». Aaaah… l’Allemagne nazie… je me disais que ça faisait longtemps qu’on n’en avait pas entendu parler, tiens…
 

Quoi qu’en disent les commentateurs cathos qui voient dans « Spotlight » un acte de charité et une occasion de questionnement ecclésial exceptionnels (rien que ça !), les personnages du film, eux, sont beaucoup moins charitables et dans la démarche du dialogue/du pardon. Non. Eux, ce sont les Justiciers qui veulent venger légalement les victimes ! Pas de pitié pour les croissants ! Zéro amour des bourreaux ou des ennemis. « Ne remerciez pas. Coincez ces enfoirés. » (Patrick, victime d’un viol par un prêtre à l’adolescence) Au lieu de permettre la rencontre entre les agressés et les agresseurs, au lieu d’être une main tendue, « Spotlight » innocente totalement les victimes, diabolise totalement les bourreaux, pour qu’ils ne se rencontrent qu’au tribunal ou entre les barreaux d’une prison : « Ces types sont des prédateurs. » (Mike)
 

Nos héros bobos s’expriment comme des méchants de dessins animés : « On les tient. » (Mike) Et personne ne semble entendre cette voix vengeresse de Gargamel, bien moins drôle que celle de Gargamel d’ailleurs, puisqu’elle est dite sincèrement.
 

Selon les réalisateurs, l’Église mentirait, minorerait l’horreur voire la justifierait. Elle aurait abusé de « sa clause de confidentialité » (gage de la confiance, de la confidentialité, du secret). Et le travail de reconnaissance, d’humilité, et de nettoyage qu’ont fait Jean-Paul II, Benoît XVI, et maintenant François, que dalle ! Les bobos n’écoutent pas et préfèrent s’hystériser sur le peu qu’ils savent des victimes du passé. « L’Église a discrédité le phénomène. » (Mike) ; « C’est officiel. » (Matt) Le commentaire du générique final laisse entendre que le Cardinal Law, qui n’a pas dénoncé les prêtres pédophiles de son diocèse à temps, coulerait des jours heureux à Rome, sous le giron du Vatican, en toute impunité. Ça aussi, ce n’est pas du tout de l’anticléricalisme, peut-être ?
 
Spotlight Cardinal Law
 

Sans parler des scènes totalement improbables de semi aveu inconscient de pédophilie (cf. l’interrogatoire insensé et cousu de fils blancs entre la journaliste Sacha Pfeiffer et le père Ronald Paquin)
 

Comme l’écrit très justement un ami : « La pédophilie est une triste et scandaleuse réalité dans l’Église. Pas moins (mais pas plus non plus, merci de nous en faire le crédit…) que dans d’autres institutions. Mais plus scandaleuse car elle est le fait de certains hommes qui ont revêtu le Christ. Maintenant, la question est de savoir quelle est la finalité d’un tel film. A-t-il pour but d’éviter que de tels scandales se reproduisent, avec un regard bienveillant sur l’Église ou est-ce une énième tentative pour discréditer l’Église… ? » Je lui réponds avec assurance que non. Ce n’est pas parce qu’un film dénonce à juste titre la pédophilie de certains prêtres qu’il en devient bon et « excellent » comme l’affirment certains cathos du web. Ce n’est pas parce qu’un film dénonce les crimes de pédophilie qu’il les dénonce bien, pour les bonnes raisons, et qu’il devient juste et vrai. La qualité d’un film ne se mesure pas à ses « bonnes » intentions mais dans ce qu’il dit et fait. Et en l’occurrence, ce que « Spotlight » dit et fait, même s’il se base sur un substrat de réel (à dénoncer), est faux, exagéré voire carrément violent et irrespectueux.
 

« Spotlight » fait beaucoup plus de mal à l’Église que de bien. D’une part parce qu’il caricature l’Institution de manière vraisemblable (mais pas du tout réaliste), façon « docu-fiction d’investigation scientifique » (Compléments d’enquête ou Faites entrer l’accusé), si bien que les non-catholiques seront tentés de croire tout ce qu’il avance, sans le recul nécessaire. D’autre part parce qu’on a de quoi douter qu’une personne éloignée de l’Église ait envie de se rapprocher de Celle-ci après avoir vu ce film. Si on veut « dés-évangéliser », c’est sans doute un excellent moyen. C’est peut-être aussi un « bon » film pour faire prendre conscience à des séminaristes de la gravité de tels faits dans les fonctions qu’ils auront à occuper. Pour le reste, « Spotlight » décourage les gens de faire confiance au Vatican, et menace le reste des croyants qui Lui font encore confiance, mais qui seraient des « collabos qui s’ignorent ».
 
 

c) Certains prêtres A-DO-RENT visiblement l’anticléricalisme (No problem) :

Putain, c'est trop cool d'être anticlérical

Putain, c’est trop cool d’être anticlérical


 

C’est déjà ahurissant qu’un film qui est, dans son contenu et dans sa forme, aussi maigre qu’un épisode télé des Experts à Manhattan, arrive à gagner l’Oscar du Meilleur Film à Hollywood. On voit bien que cette récompense est idéologique : à l’instar de la Palme d’Or de Cannes décernée à la « Vie d’Adèle » (une daube sans nom), le monde journalistique et cinématographique applaudit l’intention, le parfum de scandale, les idées, prêtés au film, mais ne récompense pas du tout le film en lui-même, en soi très banal, sans réelle profondeur, et bourré de caricatures.
 

Mais ce qui est encore plus ahurissant, c’est que ceux qui se font gifler par le film rentrent dans la danse de leurs bourreaux, les remercient avec des étoiles dans les yeux, voire pleurent même avec eux. Là, on a de quoi halluciner. Y a-t-il quelqu’un de sensé dans la salle ? Y a-t-il un journaliste de la presse chrétienne qui sait regarder un film et l’analyser ? Quand je vois l’absence d’esprit critique d’Aleteia, de La Vie, de Famille Chrétienne, de France Catholique, du Figaro, du Padre Blog (frôlant l’hystérie de la pleureuse), du Suisse Romain, du Beta ECDQ, de Aleteia le Retour (ils récidivent dans l’auto-flagellation !), de Radio Vaticana, d’Église catholique, de Radio Notre-Drame, et même d’Égalité et Réconciliation (qui pompe sur France Catholique). Seul Causeur sort timidement du lot.
 

Oui, Cardinal O’Malley, « Spotlight » est un film « important », comme vous dites. Mais pas pour la raison que vous croyez. La nouvelle la plus inquiétante, à mon avis, que nous apprend à son insu « Spotlight » concernant les médias et la Curie cathos, c’est que nous n’avons plus d’appareil critique. Nos journalistes et nos critiques catholiques dignes de ce nom n’existent plus, ne savent plus commenter ni analyser une œuvre, sont corrompus à l’esprit du monde et au boboïsme.

 

Plus que la qualité du film « Spotlight » en elle-même (s’il ne s’agissait que du film, je n’aurais sans doute pas pris la peine d’en faire un article), j’avoue que c’est surtout la réaction démagogique, bourgeoise épatée, et pas du tout courageuse, de toute une partie du clergé français qui a motivé mon billet. À un moment donné, je me suis même demandé quand s’arrêterait le cortège dithyrambique des cyber-curés snobs. Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’anticléricalisme fait les choux gras de certains prêtres médiatiques. Le crime profite même à ceux qui sont visés par lui ! Il ne vient pas que de l’extérieur : l’anticléricalisme provient surtout de l’intérieur de l’Église car il est applaudi en qualité de « claque qui fait du bien à l’Institution ». C’est très étonnant de constater ces élans sadomasochistes internes. Au lieu de dénoncer les attaques objectives qui sont faites à leur Église à travers un film de mauvaise qualité, les prêtres médiatiques collaborent avec leurs ennemis, feignent le débordement d’émotions, félicitent les haineux, s’arrangent pour trouver le film « excellent » et « salutaire », jouent les convertis qui « soudain comprennent/réalisent » et qui battent leur coulpe à la place de leurs collègues, parlent de toute autre chose (du thème du film et non du film en lui-même ; ou bien de la polémique autour du film et non du film). Mon Dieu, kyrie eleison. Ces prêtres savent-ils réfléchir et interpréter une œuvre au-delà de son décorum médiatique ? Savent-ils faire abstraction du qu’en dira-t-on ? Savent-ils qu’on peut faire de très mauvais films avec d’excellentes thématiques et bonnes intentions ? Savent-ils que la dénonciation du mal ne tue pas ? Sont-ils attachés à la Vérité et aiment-ils vraiment l’Église ? Je leur pose sérieusement la question. Car en soutenant un film pareil, j’en doute.
 

Acteur jouant Mike

Acteur jouant Mike


 

Ceux qui devraient défendre l’Église baissent leur culotte devant le boboïsme et rentrent dans son chantage à la culpabilité. Eh bien moi, en regardant « Spotlight », je suis autant attristé pour les victimes des actes pédophiles que je suis triste devant un certain clergé boboïsant et une certaine presse dite « catholique ». J’attends de vrais prêtres ! J’attends de vrais journalistes catholiques ! Et force est de reconnaître qu’ils se font rares. Alors on va arrêter de jouer aux cons ou aux polis qui remercient ceux qui les attaquent, les calomnient, les culpabilisent, les caricaturent. Le chantage aux sentiments et aux actes isolés, l’exploitation de la souffrance et de la violence de certains, l’utilisation de la compassion pour se venger de toute l’Église, ça suffit ! Catholiques, réveillez-vous !

 

Enfin, je suis navré de devoir le dire : même si je ne me réjouis absolument pas de ce qui arrive en ce moment au Cardinal Barbarin concernant le scandale de pédophilie dans son diocèse de Lyon, ni de ce qui arrive à Mgr Aillet par rapport à ses prises de position contre l’avortement, je ne peux que constater que ça n’arrive pas par hasard. De même, si le Pape François se fait récupérer aussi facilement par Virginie Tellenne (alias « Frigide Barjot ») à propos de l’Union Civile, c’est bien qu’il y a une brèche et un manque de clarté dans le discours ecclésial par rapport à l’homosexualité, l’hétérosexualité, et la sexualité en général. Les attaques contre l’Église sont permises par Dieu et par un contexte. Si ce n’est déjà largement fait, l’Église catholique va très prochainement se faire tacler sur les points de sexualité (pédophilie, adultère, célibat continent, et homosexualité en première ligne) parce que ses pasteurs n’ont pas osé en parler en Vérité, et que beaucoup ne gèrent pas leur propre sexualité. Je ne fais que prévenir d’une évidence.

Ènième preuve de l’homophobie au sein de l’Église catholique (Tribune de l’Observatoire sociopolitique de Fréjus-Toulon)

Capture d'écran 2016-01-28 11.06.40
 

Je tombe sur un compte-rendu d’avertissement contre la campagne gouvernementale contre l’homophobie qui arrive dans les établissements scolaires français, compte-rendu rédigé par « l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon ». Vous n’avez pas voulu m’écouter. L’homophobie est le dossier qui, s’il n’est éclairci et affronté, causera la perte de beaucoup de pays en Europe et dans le monde.
 

Désespérant.
 
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Pas tant la campagne en elle-même que la réponse des catholiques.
Vous faites comme d’habitude face aux mots et aux réalités qui vous font peur : vous ne vous y confrontez pas, les montez en épingle (cf. la diabolisation du mot « Gender », sans le reconnaître comme l’hétérosexualité, en plus !), vous vous drapez dans la victimisation et l’accusation généraliste du nominalisme (« La novlangue, c’est nul et ça n’a pas de sens ! » ; « La déformation du Réel par les mots, c’est pas bien : revenons au sens des mots ! » ; « L’homosexualité et l’homophobie, c’est pas le sujet de fond »), vous vous fermez au dialogue, vous forcez ceux qui n’ont pas vos moyens intellectuels de rentrer dans VOS définitions au lieu de comprendre que c’est vous qui devez vous mettre à la hauteur de compréhension des autres sur leurs mots à eux, vous imposez une censure sur les grands enjeux de société et les néologismes actuels (« hétérosexualité », « homosexualité », « homophobie ») en disant que ce sont des « non-sujets » et que le problème est ailleurs. Vous êtes pitoyables, mes frères « intellectuels » catholiques. C’est aussi à cause de vous (et pas seulement des libertaires) et de vos incohérences que la France va si mal en ce moment !
 
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Vous n’avez pas lu un traître mot de L’homophobie en Vérité, mon livre que vous avez méprisé comme vous méprisez la réalité (violente) des personnes homosexuelles. Vous n’avez que mépris pour le mot « homophobie » alors qu’il pourrait vous sauver ! (j’explique d’ailleurs dans L’homophobie en Vérité que le mot « homophobie » est parfait, et dans ses deux acceptions : « phobie de soi-même ou du semblable » et « phobie/attaque de l’homosexualité et des personnes homosexuelles »). Vous vous contentez de faire du mot « homophobie » un piège sémantique, une insulte infondée, une diversion, un non-sujet, une fausse piste. Vous n’avez rien compris. Au passage, je me permets de vous rappeler que la phobie du mot « homophobie » est la première des homophobies, puisque l’homophobie EST l’homosexualité (= l’identité et la pratique homosexuelles). Et de surcroît, en décrétant que l’homophobie est un non-sens et une irréalité, vous passez à côté de LA solution pour lutter contre le « mariage pour tous », la GPA, et beaucoup de violences sociales de la sexualité, car c’est en regardant ce qu’est vraiment l’homophobie (en actes, et dans ses mécanismes) qu’on reviendra vraiment aux PERSONNES homosexuelles et à la beauté de la différence des sexes.
 

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Lamentables journalistes catholiques qui méprisez mon livre L’homophobie en Vérité (vous devriez pourtant bien vous rendre compte qu’aux manettes de l’Europe, et au niveau politique, c’est sur ce mot que réside le chantage et l’efficacité de la propagande pro-gay le plus redoutable !). Lamentables sont les gens d’Église qui décrètent, comme le Cardinal Sarah que l’homosexualité est un hors-sujet (au nom d’un humanisme intégral et spirituel de bon aloi, en plus ! : « La personne n’est pas que sa tendance sexuelle : ce qui compte, c’est l’identité femme-homme, c’est la sexuation, c’est l’identité d’Enfant de Dieu. » ; « L’emploi et le traitement des mots et des réalités contemporaines est une corruption au monde occidental et au libéralisme économique. » Cf. la navrante tribune de Mgr Aupetit dans Paris-Match). Lamentables êtes-vous, gens d’Église qui décrétez que l’hétérosexualité ne doit pas être nommée ni dénoncée en tant que système (du fait – et c’est vrai ! – qu’elle travestit la différence des sexes et donc la sexualité… mais si on en fait un non-sujet ou un mot tabou, on rentre dans le jeu du boboïsme libertin qui ne verbalise pas le mal pour mieux le relativiser !), que l’homophobie est à la fois un non-sujet et une pieuvre rhétorique de la « dictature LGBT » (cf. le discours insipide de Ludovine de la Rochère et de Jean-Pier Delaume-Myard, qui étouffent l’analyse de l’homosexualité parce qu’ils défendent secrètement « l’amour homo »). Lamentables intellectuels cathos qui ne saisissez pas la chance qu’est l’étude et l’explication des termes qui sont dans la bouche de beaucoup de nos contemporains. Lamentables chercheurs « chrétiens » qui vous fermez sur vos petits concepts humanistes étriqués, qui méprisez l’époque moderne (en épinglant, comme des papys, le « relativisme » et la « perte du sens des mots »… alors que c’est vous qui fuyez le sens des mots !), qui déclarez forfait, qui jouez le jeu de la censure dont vous faites l’objet, qui fermez la porte aux vrais témoins des sujets tabous pour lesquels vous êtes moins légitimes à parler. On n’est pas prêt d’entendre dans l’Église une conférence sur l’homophobie ! On n’est pas prêts de voir dans l’Église catholique des gens courageux et capables de penser ce qu’ils dénoncent ! Surtout en matière d’homosexualité. Déjà, bien rares sont les penseurs de qualité de la sexualité (à part Michel Boyancé, Marguerite Peeters, Inès Pélissié du Rausas, Valérie Ternynck, Victor Larger, pour ne citer qu’eux) dans le monde catholique…
 

Parce qu’en réalité, il y a tellement d’homophobie dans l’Église (= peur de l’homosexualité et des personnes homosexuelles… sans compter les attaques directes et indirectes à l’encontre des personnes homosexuelles), tellement de refus d’écouter et de dialoguer sur le sujet, tellement de peur de la sexualité en général, tellement de peur de verbaliser les maux de notre temps, que le chemin est pour l’instant bloqué. Le comble, c’est que les chirurgiens qui traitent vraiment de l’homosexualité, de l’hétérosexualité, de l’homophobie, et qui connaissent les solutions, sont jugés dangereux, extrémistes, voire homophobes et méprisables. C’est le monde à l’envers ! Le boboïsme tantôt désespéré et victimisant, tantôt relativiste, tantôt agressif et méprisant, a gagné quasiment tous les rangs de l’Église. Tu me parles d’homosexualité ? C’est pas le sujet ! Tu me parles d’homophobie ? C’est pas le sujet ! Tu me parles d’hétérosexualité ? C’est pas le sujet ! Tu me parles de boboïsme ? C’est pas le sujet. Tu me parles des fins dernières et de l’Antéchrist ? C’est pas le sujet et tu y vas trop fort ! Tu me parles d’Union Civile ? Non, c’est que le mot « mariage » qui pose problème, et les conséquences sur les enfants. Restons dans notre petit jargon pourri mais qui fait bien et catho (mais pas trop catho non plus, pour rester « ouvert » et « stratégique ») et qui ne fait pas avancer les débats : Bienveillance, Engagement, Chasteté, Miséricorde, Espérance, Sexualité, Unité, Charité, Sainteté, Écologie, Valeurs, Bien Commun, Racines, Abrogation, Identité, Mariage, Vie, Famille, Transmission, Humain. Bla bla bla bla des censeurs pharisiens. Où est le dialogue dans l’Église ? Qui va oser sortir de l’homophobie catholique ordinaire et du confort de l’intellectualisme victimisant ?

 

P.S. : En bonus, la réaction de l’auteur (Sabine Lefaivre) de l’article que j’ai dénoncé ce matin, et qui ne comprend toujours pas où est le problème dans sa censure homophobe sur l’homophobie : il y a de quoi tomber des nues devant l’étroitesse rhétorique des VigiGender! Zéro remise en question.

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Code n°41 – Curé gay

curé gay

Curé gay

 

NOTICE EXPLICATIVE :

 

Montgomery Clift dans le film "La Loi du silence" d'Alfred Hitchcock

Montgomery Clift dans le film « La Loi du silence » d’Alfred Hitchcock


 

Les Oiseaux qui se cachent pour vomir, version gay… Avant que certains cathos se choquent ou que certains anti-cathos sautent de joie, je tiens à préciser que ce code va traiter du cliché du prêtre ou de la religieuse représenté(e) dans les fictions traitant d’homosexualité, comme « gay » (ou « lesbienne »). Je parle bien des clichés de l’homosexualité, pas d’abord de la réalité improbable de ces clichés (merci de bien comprendre le fonctionnement de mon Dictionnaire en lisant le mode d’emploi, avant de me faire dire ce que je ne dis pas ou de prendre au pied de la lettre les codes).

 

J’ai pour habitude de dire qu’il n’y a pas de cliché sans feu… et que, donc, s’il y a dans les fictions parlant d’homosexualité autant de prêtres homosexuels refoulés, pervers et pédophiles, et de bonnes sœurs lesbiennes frustrées, c’est qu’il y a un fond de vérité. Et pourtant… le cliché du « curé gay » fait presque exception à la règle !

 

Jésus porte le péché du monde sans être pour autant pêcheur. Il est donc logique que nos prêtres, qui ont revêtu le Christ, subissent le même sort que Lui. Ça ne veut pas dire que l’accusation d’homosexualité soit avérée pour eux, mais bien qu’ils sont habités par le Christ… et pour le coup, plus attaqués par le démon !

 

La délirante présomption d’homosexualité des prêtres (ou, ce qui revient au même, d’homophobie intériorisée) était déjà une accusation et une manœuvre courante des Nazis pour discréditer l’Église et ses serviteurs : « J’estime qu’il y a dans les couvents 90 ou 95 ou 100% d’homosexuels. […] Nous prouverons que l’Église, tant au niveau de ses dirigeants que de ses prêtres, constitue dans sa majeure partie une association érotique d’hommes, qui terrorise l’humanité depuis mille huit cents ans. » (Heinrich Himmler dans son discours du 18 février 1937, cité dans l’essai Le Triangle rose (1988) de Jean Boisson, p. 73)

 

Photomontage "Benetton" du Pape Benoit XVI collé aux lèvres de l'imam Mohamed Ahmed al-Tayeb

Photomontage « Benetton » du Pape Benoit XVI collé aux lèvres de l’imam Mohamed Ahmed al-Tayeb


 

J’en ai rencontrés, des prêtres homosexuels. Et même un nombre plus important que je n’aurais pu imaginer, j’avoue. Cependant, ma vision du phénomène n’est d’une part pas très représentative de l’ensemble du Clergé (car mon statut médiatique de « Catho homo » m’expose évidemment plus à recevoir prioritairement les confidences des curés touchés par l’homosexualité), et d’autre part, les prêtres homos restent une minorité (et de toute façon, la question de leur orientation sexuelle se pose à peine une fois passée leur ordination puisqu’ils font vœu de continence, qu’ils se sentent homos ou attirés par l’autre sexe ; ce qui pose uniquement problème, c’est quand ils passent à l’acte).

 

CURÉ GAY Panorama

 

Seule la réalité de terrain nous permet de comprendre que, de par leur recherche de pureté (recherche souvent fructueuse et épanouissante, quoi qu’en disent les médias qui prennent leurs mythes pornographiques pour des réalités), les célibataires consacrés attisent les sarcasmes et les jalousies, et que le clergé n’est pas – même au tiers, comme on l’entend parfois, comme qu’il s’agissait d’une statistique avérée – un « repère d’homosexuels ». En revanche, à l’extérieur de l’Église, on observe beaucoup de fascination mêlée de rancœur, de la part des personnes homos qui se rêvent « religieuses à la place des religieux », car les prêtres, par leur choix de vie radical, les renvoient forcément à leur inconstance et à leur détournement de l’Idéal d’Amour. Par conséquent, elles projettent souvent sur eux leurs propres fantasmes libertins de saints ratés.

 
 

N.B. : Je vous également aux codes « Attraction pour la « foi » », « Se prendre pour Dieu », « Putain béatifiée », « Pédophilie », « Viol », « Homosexuels psychorigides », « Homosexuel homophobe » et « Blasphème », dans le Dictionnaire des Codes homosexuels.

 

Pour accéder au menu de tous les codes, cliquer ici.

 
 
 

FICTION

 

Le personnage homosexuel est un prêtre ou une religieuse :

 

Toile de Fernando Botero

Toile de Fernando Botero


 

Les curés gays ou les nonnes lesbiennes sont très nombreux dans les œuvres artistiques homosexuelles. J’ai dressé une liste non-exhaustive : cf. le film « Entre Tinieblas » (« Dans les ténèbres », 1983) de Pedro Almodóvar (avec la Mère supérieure lesbienne), la pièce La Belle et la Bière (2010) d’Emmanuel Pallas, le film « La Mala Educación » (« La mauvaise éducation », 2003) de Pedro Almodóvar, la B.D. Muchacho (2006) d’Emmanuel Lepage (avec Gabriel de la Serna, séminariste homo), le film « Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot » (1965) de Jacques Rivette, le film « Lilies, les Feluettes » (1996) de John Greyson (avec l’évêque homosexuel), la pièce Dépression très nerveuse (2008) d’Augustin d’Ollone (avec le prêtre gay et pédophile), le film « La Vie est un long fleuve tranquille » (1988) d’Étienne Chatiliez (avec Patrick Bouchitey en curé efféminé chantant « Jésus revient »), le film « The Devil’s Playground » (1976) de Fred Schepisi, le film « Les Loups de Kromer » (2003) de Will Gould (avec les dernières images du film montrant la queue de loup – signe d’homosexualité dans l’histoire – dépassant de la soutane du prêtre homophobe qui s’éloigne sur le chemin…), le film « Au nom du Père » (1972) de Marco Bellocchio, le roman L’Agneau carnivore (1975) d’Agustín Gómez Arcos, le film « The Boys Of St Vincent » (1992) de John N. Smith (avec les frères de l’orphelinat St Vincent), le film « Another Gay Movie » (2006) de Todd Stephens, le film « In The House Of Brede » (1975) de George Schaefer, le roman Riches, cruels et fardés (2002) d’Hervé Claude (avec le pasteur Elvström), le film « La Cage aux Folles II » (1981) d’Édouard Molinaro, le film « La Nonne et les sept Pécheresses » (1972) de Sergio Garrone, le film « C.R.A.Z.Y. » (2005) de Jean-Marc Vallée, la pièce Les deux pieds dans le bonheur (2008) de Géraldine Therre et Erwin Zirmi (avec le vicaire homo), le roman inachevé La Religieuse (1780) de Denis Diderot (avec les prêtres homosexuels chez le Comte de Mirabeau), le film « La Pire de toutes » (1990) de Maria Luisa Bemerg, le film « Mais ne nous délivrez pas du mal » (1970) de Joël Séria, la pièce Jeffrey (1993) de Paul Rudnick, le roman Ser Gay No Es Un Pecado (1994) d’Óscar Hermes Villordo, la pièce Les Longues Vacances de Salazar (1997) de Manuel Martínez Medeiro (avec le cardinal Cerise, homosexuel frustré voulant revivre ses premiers homosexuels de pensionnat avec le dictateur Salazar), le film « Les jours et les nuits de China Blue » (1984) de Ken Russell, le film « Les Amitiés particulières » (1964) de Jean Delannoy (avec le père de Trennes, homosexuel refoulé), le film « Pianese Nunzio, 14 Anni A Maggio » (1996) d’Antonio Capuano (avec le père Alonso), le roman El Ángel descuidado (1965) d’Eduardo Mendicutti, le roman Los Nietos De San Ignacio (1916) de Joaquín Belda, le film « Le Nom de la Rose » (1986) de Jean-Jacques Annaud, le film « Conan le Barbare » (1981) de John Milius, le roman A.M.D.G. (1910) de Pérez de Ayala, le film « Butterfly » (2004) de Yan Yan Mak, le film « Couvent de la Bête sacrée » (1974) de Norifumi Suzuki (Mayumi, jeune femme libérée, décide de rentrer dans les ordres), le film « Extramuros » (1985) de Miguel Picazo, le film « Manuel Y Clemente » (1985) de Javier Palmero, le roman Pasión Y Muerte Del Cura Deusto (1924) d’Augusto d’Halmar, le film « Le Canardeur » (1974) de Michael Cimino, le roman Extramuros (1978) de Jesús Fernández, le film « Le Narcisse noir » (1947) de Michael Powell-Emeric Pressburger, le film « If… » (1968) de Lindsay Anderson, le film « Fantasmes » (1967) de Stanley Donen, le film « Jeunes filles au couvent » (1972) d’Eberhard Schroeder, le film « Storia Di Una Monaca Di Clausura » (1973) de Domenico Paolella, le film « Les Religieuses du Saint Archange » (1973) de Domenico Paolella, le film « Flavia la Défroquée » (1974) de Gianfranco Mingozzi, le film « Intérieur d’un couvent » (1976) de Walerian Borowczyk, le film « Lettres d’amour d’une Nonne portugaise » (1976) de Jess Franco, le film « Le Confessionnal » (1995) de Robert Lepage, le film « Wet And Rope » (1979) de Koyu Ohara, le film « Prêtre » (1994) d’Antonia Bird (avec le père Greg), le film « Un Printemps sous la neige » (1983) de Daniel Petrie, le film « Lilies » (1996) de John Greyson, le film « Het Sacrament » (1989) d’Hugo Claus, le film « Sister Emmanuelle » (1981) de Joseph Warren, le film « Quam Mirabilis » (1994) d’Alberto Rondalli, le film « Dominique Suor Sorriso » (2001) de Roger Deutsch, le film « Pecata Minuta » (1998) de Ramón Barea, le film « Les Destinées sentimentales » (1999) d’Olivier Assayas, le film « Split Wide Open » (1999) de Dev Benegal, la pièce Homosexualité (2008) de Jean-Luc Jeener (avec Pierre le jeune prêtre homosexuel, en couple avec Pierre), la chanson « Ils en sont tous » (1949) de Robert Rocca, le one-man-show Cet homme va trop loin (2011) de Jérémy Ferrari (avec le Père Vert), la pièce Le Gai Mariage (2010) de Gérard Bitton et Michel Munz, la chanson « Jesus Is Gay » de Gaël, le film « Une Chose très naturelle » (2010) de Christophe Larkin (avec David, l’ancien séminariste), le film « Homme au bain » (2010) de Christophe Honoré, la publicité étrangère « Love For All » pour la marque de vêtements Björn Borg (avec les deux prêtres mariés à l’Église par une femme pasteur), la comédie musicale Peep Musical Show (2009) de Franck Jeuffroy (avec le père François), le film « Souffle au cœur » (1971) de Louis Malle (avec le jésuite pédéraste), le film « Toto qui vécut deux fois » (1998) de Daniele Cipri et Francesco Maresto (avec Fefe, le curé gay), le film « Il y a des jours… et des lunes » (1989) de Claude Lelouch (où Francis Huster joue le rôle d’un prêtre en couple avec un antiquaire), la série Ainsi soient-ils de la chaîne Arte (2012) de David Elkaïm (avec des portraits de cinq séminaristes, très romancés et caricaturaux ; et l’un d’entre eux est évidemment homo), le roman Deux garçons, la mer (2013) de Jamie O’Neill (Jim, l’un des héros homos, se destine à la prêtrise), le film « In The Name Of » (2012) de Malgoska Szumokska (avec Adam, un jeune prêtre engagé et populaire, qui finit par se découvrir homo), la pièce L’Émule du Pape (2013) de Michel Heim (avec Tazzio, l’amant du Pape), le film « No Se Lo Digas A Nadie » (1998) de Francisco Lombardi (avec le prêtre montré comme homosexuel refoulé), l’opéra King Arthur (2009) d’Hervé Niquet (avec les deux moinillons homosexuels), le film « Children Of God » (« Enfants de Dieu », 2011) de Kareem J. Mortimer (avec le pasteur Ralph, homophobe et secrètement homosexuel), la pièce Les Feluettes (2015) de Michel Marc Bouchard (avec Monseigneur Bilodeau), etc.

 

Séminaristes « nouvelle génération »

 

Les allusions à l’homosexualité latente des prêtres sont plus ou moins directes : « Un ecclésiastique, un abbé pédalait. Mon Dieu, qu’il pédalait, pédalait bien l’abbé. » (cf. la chanson « L’Abbé à l’harmonium » de Charles Trénet) ; « Les curés, ce sont des hommes comme les autres : des obsédés. » (Nana dans son one-woman-show Nana vend la mèche, 2009) ; « Drag-queen avec moins de paillettes = un curé. » (une réplique du one-man-show Jérôme Commandeur se fait discret (2008) de Jérôme Commandeur) ; « Le pays a été sodomisé par la religion. » (Nasser dans le film « My Beautiful Laundrette » (1985) de Stephen Frears) ; « Je payais en toute hâte, empochai mon ticket et me jetai sur les portes du théâtre sans regarder vers la queue où, j’en étais convaincu, une dizaine d’homosexuels – dont un prêtre –, plus méchants les uns que les autres, riaient de ma déconvenue. » (le narrateur homosexuel à l’opéra, dans le roman La Nuit des princes charmants (1995) de Michel Tremblay, p. 35) ; « J’préfère encore me faire tripoter par un prêtre comme mes copains cathos quand ils vont au caté. » (Laurent Spielvogel à propos du rabbin à qui il va rendre visite, dans son one-man-show Les Bijoux de famille, 2015) ; etc.
 

Par exemple, dans le roman At Swim, Two Boys (Deux garçons, la mer, 2001) de Jamie O’Neill, Jim, le jeune adolescent homosexuel, s’est fait attouché par un prêtre, le frère Pocycarpe (ce dernier lui a déboutonné sa chemise et caressé le torse). Cet abus donne raison aux suspicions anticléricales émises par Doyler, l’amant de Jim : « Ces curetons, c’est tous des pervers et des frustrés. Attention aux curés de tous les côtés ! ». Dans la pièce L’Héritage était-il sous la jupe de papa ? (2015) de Laurence Briata et Nicolas Ronceux, Géraldine, la femme de Nicolas le héros homosexuel, sort des propos hyper homophobes, et soupçonne Mgr Lanu le prêtre qui doit présider l’enterrement du père de Nicolas, d’être homosexuel : « Je pense qu’il est un peu huhuhu. C’est un pédé, quoi ! » Nicolas fait des jeux de mots salaces entre le nom de famille Lanu et l’anus, bien entendu. Dans son one-man-show Bon à marier (2015), Jérémy Lorca hallucine, avec l’application I-phone GrindR, de découvrir des homos partout autour de lui : « J’étais pas habitué, moi ! Je viens du Nord-pas-de-calais. À part le curé, y’avait personne ! » Dans le film « Tout mais pas ça » (« Se Dio vuole », 2015) d’Edoardo Falcone, Andrea, veut devenir prêtre, mais n’ose pas encore le dire à ses parents. Tommaso, son père anticlérical, voit Andrea partir en mobylette avec son pote Furio, et s’imagine déjà qu’ils couchent ensemble… alors qu’ils ne font que se rendre à des réunions d’enseignement chrétien animées par un prêtre. La prêtrise est mise sur le même plan que le coming out.

 

Cette réputation est parfois confirmée par le personnage homosexuel lui-même. « Ton père est différent des autres pères. » (le père travesti M to F, ancien curé et ancien évêque de Bruxelles, faisant son coming out à son fils Peter et parlant de lui à la troisième personne, dans le spectacle musical Bénureau en best-of avec des cochons (2012) de Didier Bénureau ; il veut fonder l’Association des Travestis Évêques Belges, l’ATEB) On retrouve quelques héros homosexuels religieux vivant en couple homo, ou bien fréquentant les lieux de drague homosexuelle tels que les saunas ou les parcs. Par exemple, dans la biopic « Yves Saint-Laurent » (2014) de Jalil Lespert, lors d’un de leurs premiers dîners, Pierre Bergé compare son futur amant Yves Saint-Laurent à un prêtre pour le dragouiller : « Quand vous êtes venus saluer [à la fin du défilé Dior], vous aviez l’air d’un séminariste. »… ce à quoi Yves lui fait cet aveu : « Je suis passé chez les curés, oui. » Dans le roman Par d’autres chemins (2009) d’Hugues Pouyé, Adrien, séminariste, se voit dans une situation et dans des actions qui ne lui ressemblent pas : « Et Adrien était là aussi [sur la Place Dauphine, lieu de prostitution]. Adrien faisait comme eux. Il était l’un d’eux. Il en éprouvait de la honte. Comment lui, le prêtre, pouvait-il être impliqué dans ce vil commerce des corps, côtoyer ces êtres en manque de chair, se mettre en chasse comme eux ? » (p. 27) Le personnage homosexuel fige l’acte schizophrénique en question esthétique pour ne pas agir selon sa conscience. Dans la pièce Le Gai Mariage (2010) de Gérard Bitton et Michel Munz, le père d’Henri est prêtre. Et à la fin de la pièce, Edmond se marie avec le père Gilbert.

 

Dessin "Klostertraum" (1952) de Clovis Trouille (le bien nommé...)

Dessin « Klostertraum » (1952) de Clovis Trouille (le bien nommé…)


 

L’homosexualité de l’ecclésiastique est parfois une projection fantasmatique du héros/de l’auteur gay. « Le président se faisait sodomiser par le pape de l’Argentine. » (la voix narrative du roman L’Uruguayen (1972) de Copi, p. 56) ; « Un prêtre sur trois en est. » (Julien dans la pièce Homosexualité (2008) de Jean-Luc Jeener) ; « Si les jeunes imitaient leurs profs homos, il y aurait davantage de bonnes sœurs. » (Harvey Milk dans le film « Harvey Milk » (2009) de Gus Van Sant) ; « Mais entrez donc Monseigneur. Toujours toujours, tu t’y frottes… typique. » (cf. la chanson « Bouchon rue de Liège » du Beau Claude) ; « Y’a deux semaines, j’ai postulé pour rentrer dans les ordres. » (Jarry dans son one-man-show Atypique, 2017); etc. Par exemple, dans la pièce Le Bossu de Notre-Dame (2010) d’Olivier Solivérès, le méchant Frollo est homosexualisé et comparé à Blanche-Neige. Dans le film « Madre Amadísima » (2010) de Pilar Tavora, l’un des personnages s’adresse à la photo du pape Benoît XVI en le suspectant d’être affilié à plein d’homos dans ses proches collaborateurs. Dans la comédie musicale Encore un tour de pédalos (2011) d’Alain Marcel, les papes sont tous féminisés : les comédiens nous parlent de « la Jean-Paul II, la Pie XII, la Paul VI, la Benoît XVI ». Dans la pièce Bang, Bang (2009) des Lascars Gays, le pape Benoît XVI est transformé en gay. Dans son one-man-show Anthony Kavanagh fait son coming out (2010), Kavanagh compare le pape à une « vieille drag-queen ». Dans le one-woman-show Mâle Matériau (2014) d’Isabelle Côte Willems, lorsque la narratrice transgenre F to M se travestit en moine ermite, « un samedi soir, la veille de Pâques » ; et elle évoque « la Papesse Jeanne ». Dans les fictions traitant d’homosexualité, même Jésus est transformé en pédale : « Oh je n’ai fait que prendre exemple sur Jésus… mais si vous voyez… Jésus (elle mime une folle sur la croix – mime les clous, la couronne, la chaleur) » (Lise dans la pièce La Fesse cachée (2011) de Jérémy Patinier) ; « Plus tard, Jésus-Christ est crucifié. Il aimait beaucoup les hommes. » (une phrase de la B.D. de Cuneo, dans la revue Triangul’Ère1 (1999) de Christophe Gendron, p. 130).

 

Dans le film « Pédale douce » (1996) de Gabriel Aghion, dans la boîte gay Chez Eva, Adrien, le héros homo, pour se débarrasser d’Alexandre (l’hétérosexuel), fait croire à son pote sadomasochiste Bibiche que ce dernier est un « ex-séminariste grand amateur de flagellation » pour qu’il le maltraite physiquement… ce qui excite Bibiche encore plus. Et un peu plus tard, Fripounet, l’un des serveurs homos de la boîte, se montre aussi très entreprenant avec un prêtre puisqu’il n’hésite pas à le toucher. Il fantasme également sur le Christ : « Qu’il est beau, ce Jésus… ».
 

Parfois même, le personnage homosexuel est à l’origine de l’acte homosexuel du prêtre. Dans le roman Vincent Garbo (2010) de Quentin Lamotta, par exemple, c’est le héros gay lui-même qui, juste pour braver l’interdit de la profanation, va pervertir un curé et le faire basculer dans l’homosexualité, en attribuant ensuite son acte aux séminaires : « Qu’est-ce qu’on leur apprend, bon Dieu, dans les écoles à curés ? […] Ce pauvre type s’est défroqué ! » (p. 134) On voit bien, à travers ce roman, que les curés en question sont en réalité des hommes homosexuels déguisés en curés pour s’amuser/faire scandale, et porter à confusion sur la véritable identité des prêtres. D’ailleurs, Vincent Garbot, une fois son infamie opérée, vole sa soutane au pauvre curé rongé de culpabilité, et la porte avec complaisance et narcissisme, comme un trophée : « Il faut dire que le noir de l’habit boutonné jusqu’au col me va comme un gant. » (idem, p. 135) Autre exemple : dans le film « Marguerite » (2015) de Xavier Giannoli, deux hommes barbus déguisés en nonnes fréquentent le cabaret anar de Kyril. Dans le docu-fiction « Christine de Suède : une reine libre » (2013) de Wilfried Hauke, la Reine Christine, pseudo « lesbienne », a une liaison avec le cardinal Azzolino.

 

Film "Les Amitiés particulières" de Jean Delannoy

Film « Les Amitiés particulières » de Jean Delannoy


 

L’image caricaturale du curé pédé peut répondre à un fantasme (d’amour ou/et de viol) projeté : « Moi, c’que je veux, c’est violer le curé ! » (Camille dans la chanson finale du one-woman-show Vierge et rebelle (2008) de Camille Broquet) ; « Voilà la bonne sœur… ! » (Emory, homosexuel très efféminé, se moquant d’Alan, le héros homosexuel refoulé, dans le film « Les Garçons de la bande » (1970) de William Friedkin) ; « La religieuse était pleine de vie et, bien qu’elle ne fût pas jolie, je fus attirée par elle. […] J’étais insensiblement attirée et sous le charme de la sœur. […] Je concentrai mon esprit sur les pensées choquantes qui me traversaient l’esprit. Je l’imaginais déshabillée et en situation de me donner ce que j’aurais voulu d’elle sur l’instant. […] J’avais souvent pensé que dans les couvents, parmi ces femmes enfermées, certaines devaient entre elles trouver un peu de satisfaction… » (Alexandra, la narratrice lesbienne du roman Les Carnets d’Alexandra (2010) de Dominique Simon, pp. 221-223) ; « Était-elle en train de flirter ? […] Ils remontèrent le chemin blottis l’un contre l’autre comme des jeunes mariés hésitants. » (Jane, l’héroïne lesbienne à propos du jeune père Walter, dans le roman The Girl On The Stairs, La Fille dans l’escalier (2012) de Louise Welsh, p. 48) ; etc. Dans le film « Le Cavalier noir » (1960) de Roy Baker, un prêtre s’oppose aux agissements d’un bandit de grand chemin qui sème la terreur sur son passage… et ce bandit tombe justement amoureux de son bienfaiteur en habit.

 

L’homosexualisation de l’homme clérical qui est en chemin de pureté est souvent le fruit d’une vexation féminine ou d’une jalousie homosexuelle de ne pas parvenir à le séduire ou à l’égaler. Pour faire fléchir un prêtre, certains personnages homosexuels vont prêcher le faux pour savoir le vrai : « Peut-être que t’es pédé d’ailleurs… » Par exemple, dans le film « La Mante religieuse » (2014) de Natalie Saracco, Jézabel, l’héroïne bisexuelle, traite de « pédé » le beau père David dont elle est amoureuse, par jalousie et test, parce qu’il se refuse à elle.

 

En général, le sacerdoce n’est pas considéré par le héros homosexuel comme une vie, un engagement, une intériorité ouverte sur l’extérieur, mais uniquement comme un déguisement, une apparence, une extériorité tournée vers un égocentrisme, un bout de tissu : « Wanda passa son bras autour de la taille de Mary et elles s’éloignèrent en glissant, couple incongru, l’une vêtue aussi sombrement qu’un prêtre, l’autre dans sa robe de soirée de flou chiffon bleu. » (Marguerite Radclyffe Hall, The Well Of Loneliness, Le Puits de solitude (1928), p. 489) Dans la pièce La Mort vous remercie d’avoir choisi sa compagnie (2010) de Philippe Cassand, Omar se surnomme « Sœur Omar de la Perpétuelle Indulgence ». La parodie de religion, ce ne sont pas les prêtres réels, mais les personnages homosexuels eux-mêmes. Par exemple, dans la pièce L’Opération du Saint-Esprit (2007) de Michel Heim, Dieu est un bourgeois aristo homosexuel, Jésus une grande folle, Marie un travesti, et l’Esprit Saint le désir homosexuel.

 

On lit souvent chez le personnage homosexuel se prenant pour un curé un fantasme de sainteté inversé. Il cherche le salut et la pureté dans la perdition. L’homosexualité pratiquée lui apparaît comme une forme de sainteté inédite, originelle. Il rentre au bordel comme il rentrerait au couvent. « Pietro s’est décidé à changer définitivement de sexe, il veut devenir carmélite. » (la voix narrative dans le roman Le Bal des Folles (1977) de Copi, p. 146) Par exemple, dans la pièce Hétéro-Kit (2011) de Yann Mercanton, l’une des salles du sauna où se rend le protagoniste homo est appelée « la Chapelle Fistine » (jeu de mots entre le fist-fucking et la fameuse Chapelle Sixtine au Vatican). Dans le roman La Cité des Rats (1979) de Copi, les ecclésiastiques sont en réalité des imposteurs homosexuels déguisés en curés, « les folles habillées en abbesses » (p. 113) : « Mimile se souleva la soutane et nous montra son postérieur. » (p. 115) ; « Mimile vint nous rejoindre dans le lit de l’archevêque pour coucher avec nous. » (Gouri, p. 95) Tout cela sont des mises en scène libertines volontairement blasphématoires, peu réalistes, mais voulues authentiques, y compris dans la dérision et le sarcasme. « Je veux faire le prêtre. Je veux être une traînée ! » (Paul, héros homo chantant dans le film « The Big Gay Musical » (2010) de Casper Andreas et Fred M. Caruso)

 

Le personnage homosexuel, vexé d’avoir mal répondu à sa vocation à la sainteté, se venge sur les prêtres réels de son entourage. Pourtant, il se sentait originellement « appelé ». « Savais-tu qu’avant de devenir médecin, j’avais résolu d’entrer dans les ordres ? » (Randall dans le roman La Synthèse du camphre (2010) d’Arthur Dreyfus, p. 235) Dans son one-man-show Ali au pays des merveilles (2011), Mr Folaste, qui voulait initialement devenir jésuite, « a fini pédophile, comme tous ces pédérastes ». Dans le one-man-show Jefferey Jordan s’affole (2015) de Jefferey Jordan, le héros homosexuel commence son spectacle par une blague sur les prêtres pédophiles qui, dans les magasins de vêtements Kiabi, « rentrent dans du 8 ans »… même si au départ, il annonce qu’il ne le fera pas : « Je ne ferai pas de vannes vulgaires sur les prêtres. »

 
 

FRONTIÈRE À FRANCHIR AVEC PRÉCAUTION

 

PARFOIS RÉALITÉ

 

La fiction peut renvoyer à une certaine réalité, même si ce n’est pas automatique :

 
 

Autobiographie "Confidences dérangeantes d'un homme d'Église" de William Nasarre

Autobiographie de William Nasarre


 

Dans les faits, les prêtres « homosexuels pratiquants » ne manquent pas. Parmi les cas les plus connus, on retrouve André Baudry (ancien séminariste et fondateur d’Arcadie dans les années 1950 en France), Salvador Guasch, Antonio Roig, Ernesto Jiménez, Antonio Rocco, Vitaliano Della Sala, Franco Barbero (cf. le documentaire Les Règles du Vatican (2007) d’Alessandro Avellis), José Mantero, Hugues Pouyé (prêtre pendant 13 ans), Jean-Michel Dunand, etc. Dans le documentaire « Católicos Gays » de l’émission Conexión Samanta sur Play Cuatro, (2011), une sœur « défroquée », María-José Casillo, témoigne de sa souffrance d’être partie du couvent – et plus largement de l’Église catholique – parce qu’elle a connu l’amour lesbien avec une autre religieuse, et qu’elle a rompu ses vœux. Dans le documentaire « Les Invisibles » (2012) de Sébastien Lifshitz, Christian, le dandy quinquagénaire homosexuel, dit avoir aimé toucher (chez les Jésuites) le sexe des hommes plus âgés que lui. Dans son autobiographie Le Flamant noir (2004), Bertrand N’Guyen Matoko raconte comment il s’est fait violer, adolescent, par son confesseur le père Basile.

 

Je vous renvoie également à l’autobiographie Confidences dérangeantes d’un homme d’Église (2006) de William Nasarre, au blog du père Jonathan sur Facebook (itinéraire d’un prêtre qui se dit ouvertement homosexuel, mais qui parle à visage caché), à tous ces films de « nunsploitation » (dont parle l’essayiste Didier Roth-Bettoni) dans lesquels des œuvres cinématographiques lient homosexualité et ordres religieux, au documentaire « Axel von Auerperg » (1973) de Rosa von Praunheim, au documentaire croate « Nuns in your Business ! » (2020) d’Ivana Marinić Kragić, etc.

 

Comme le reconnaît très honnêtement le prêtre catholique Xavier Thévenot, maintenant décédé, mais pionnier de la réflexion ecclésiale en matière d’homosexualité, dans son essai Homosexualités masculines et morale chrétienne (1985), « il n’est pas rare, quoique cela ne soit pas systématique (comme on l’a parfois affirmé), que l’homosexualité soit une des composantes de la prêtrise. » (p. 181) Par ailleurs, dans son essai Je vous appelle amis (2010), le maître de l’Ordre des dominicains Timothy Radcliffe explique qu’il y a parmi ses frères ordonnés un certain nombre d’individus homosexuels, mais que cela ne pose pas de problème ni de distinction fondamentale entre eux étant donné que l’exigence de la continence dans le célibat s’applique à tous, qu’ils soient homos ou non. Et on retrouve un certains nombres de religieux liés de près ou de loin aux associations et aux communautés comme la Fraternité Aelred, l’association David et Jonathan (D&J), le mouvement Devenir Un En Christ (DUEC), la Communion Béthanie, l’association Courage international, etc.

 

le Franciscain Father Mychal F. Judge

le Franciscain Father Mychal F. Judge


 

Certains prêtres ou séminaristes, en vivant une double vie parce qu’ils refusent de concilier leur obéissance à l’Église avec leurs penchants homosexuels, racontent parfois le rêve éveillé (un cauchemar schizophrénique) qu’ils vivent quand ils fréquentent les lieux de drague homosexuelle et qu’ils ne pratiquent pas ce qu’ils savent vrai : « En raison de mes horaires, différents de ceux des frères, j’avais les clés de la porte d’entrée du carmel. Je n’étais pas supposé disparaître le soir après le dîner. Mais je m’en arrogeais discrètement le droit et filais vers les lieux de rendez-vous homosexuels. » (Jean-Michel Dunand, Libre : De la honte à la lumière (2011), p. 49) ; « J’avais solutionné le problème en divisant ma vie en deux parties. Studieux et chaste au séminaire, je me dissipais pendant les vacances scolaires. J’avais découvert que les saunas servaient de lieux de rencontre et je les fréquentais de manière totalement compulsive. » (idem, p. 71)

 

Il est certain que la pratique homosexuelle guette tous les regroupements humains où la différence des sexes est absente ou méprisée/sacralisée, où la tentation de se prendre pour Dieu est fatalement plus forte (cf. je vous renvoie au code « Se prendre pour Dieu » dans mon Dictionnaire des Codes homosexuels), les ordres religieux ne faisant pas exception à la règle. Ce fut le cas des Templiers au XIIe et XIIIe siècles : « Quelque opinion que l’on adopte sur la règle des Templiers et l’innocence primitive de l’Ordre, il n’est pas difficile d’arrêter un jugement sur les désordres de son dernier âge – désordres analogues à ceux des ordres religieux. Les Templiers, jugés, avouèrent leurs mœurs. L’Ordre du Temple fut, sur ordre de Philippe le Bel et du Pape Boniface VIII, anathémisé, aboli et ses membres suppliciés. » (l’historien Jules Michelet, cité dans l’essai Histoire et anthologie de l’homosexualité (1970) de Jean-Louis Chardans, p. 130) L’histoire humaine regorge d’anecdotes démontrant une pratique réelle de l’homosexualité aux séminaires, au sein des couvents et des abbayes. « Dans les couvents [pendant la Renaissance française], on croit trouver des vierges, on tombe sur des lesbiennes. » (Louis-Georges Tin, L’Invention de la Culture hétérosexuelle (2008), p. 115) ; « Le Vatican compte une forte majorité d’homosexuels. Et je vais vous expliquer pourquoi. Dès ses débuts, le christianisme a exclu et fustigé les femmes, condamné la société et milité pour le célibat. » (Uta Ranke-Heinemann dans le documentaire « Du Sollst Nicht Schwul Sein », « Tu ne seras pas gay » (2015) de Marco Giacopuzzi) ; « Au début, je croyais que ce n’était que des ragots, ces histoires d’orgies dans les locaux du séminaire. Mais la rumeur s’est confirmée. Le sexe était partout. On nous encourageait presque. On nous disait : ‘Si vous êtes homos, de nos jours, ce n’est plus un obstacle pour devenir prêtre’. Je ne m’attendais pas du tout à ça. Les homosexuels étaient sur-représentés. Je dirais qu’ils formaient la moitié des séminaristes, voire un peu plus. » (Daniel Bühling, jeune prêtre défroqué, idem) ; etc.

 

Jean de Prévallier, professeur à l’Académie de Médecine de Paris (1715-1792), a écrit en 1780 des mots fatalistes sur la prêtrise, qui se présentent pourtant sous un jour « objectif » et « scientifique » : « Si l’on examine le chiffre brut des sodomistes que donnent les dossiers de la police, quant à la qualité de l’individu, on est frappé de la prédominance du clergé et de la domesticité. Toutefois, à notre époque, si l’on fait la comparaison entre la quantité des sodomistes de chaque catégorie, et la totalité des individus appartenant à cette catégorie, le clergé prend la première place. Quant à la continence que les moines, les prêtres, les religieux et les religieuses observent soi-disant, en vertu du privilège spécial conféré par les ordres sacrés, il y a longtemps que l’on sait positivement à quoi s’en tenir à cet égard par les désordres scandaleux d’un certain nombre d’entre eux. Il n’y a plus d’illusion possible, car il est avéré et reconnu par les casuistes mêmes que les plus chastes, ne résistant souvent le jour qu’au prix des plus violentes luttes de la chair, sont tourmentés la nuit par des hallucinations lubriques, des rêves libidineux, des images érotiques qui les amènent à des pollutions ou à la masturbation. Leur célibat n’est plus qu’un grossier trompe-l’œil pour les simples et les ignorants, cachant une nécessité indispensable au maintien de sa hiérarchie et de son autorité. Que peuvent faire ces jeunes hommes de vingt à vingt-cinq ans, souvent vigoureux et pleins de vie ? Un jour ou l’autre, contre leur gré dans la plupart des cas, la chair triomphe et le vice de Sodome s’installe en eux, malgré leur désir de rester purs… »

 

Dans son roman-documentaire La Maison battue par les vents (1996), le père Malachi Martin, qui a été un proche du Pape Jean XXIII puis de Paul VI, ouvre la Boîte de Pandore du Vatican et du clergé international : « La Maison des Saints Anges – nom de ce monastère – avait la réputation d’être un havre pour plusieurs membres de l’Ordre ayant une orientation homosexuelle. » (pp. 448-449); « La propagation de l’homosexualité active dans les séminaires d’Amérique du Nord comme dans l’ensemble du clergé. » (Pape Jean-Paul II, p. 370) ; « une homosexualité et une pédophilie cléricales apparemment devenues frénétiques ; les contours d’une profonde crise morale. » (p. 384) ; « Il existe un système de protection mutuelle qui va de la Chancellerie d’O’Cleary jusqu’au Collège des Cardinaux. Et beaucoup de types qui voudraient en sortir n’en ont pas le cran. Un groupe de prêtres homosexuels, vœux rompus, de vocations avortées et de trahison abyssale de la confiance que leurs congrégations avaient placée en eux. Ce club ecclésiastique pratiquant l’homosexualité et la pédophilie comprenait aussi le clergé de haut rang, jusqu’à des évêques auxiliaires et titulaires. Cela fonctionnait comme une mafia cléricale.[…] Innocent ou non, quiconque vendait la mèche était sûr de finir comme lui, isolé et enterré sous une avalanche de contre-accusations. » (Père Michael O’Reilly, p. 466 à 481) ; « Des évêques mutaient continuellement leurs jeunes amants de paroisse en paroisse » (p. 481) ; « nombre croissant d’ecclésiastiques activement homosexuels, de la complicité de certains évêques avec les pratiques en question et de la connivence que montraient vis-à-vis d’elles ceux qui n’y étaient pas directement impliqués. » (p. 484) ; « un réseau plus vaste qu’aucun de nous s’y attendait. » (p. 498) ; « l’homosexualité était un mode de vie ‘parfaitement acceptable’ » (p. 580) ; « Ce qui lui meurtrissait l’âme, c’était la malignité des Dominicains entre eux. D’une manière troublante, ses frères religieux de la Maison des Saints Anges constituaient un groupe d’hommes ayant choisi de vivre ensemble et excluant tout esprit qui leur était étranger. » (p. 472) ; « La documentation montrait que l’activité homosexuelle et le satanisme rituel avaient atteint un niveau organisationnel au sein du clergé américain, mais parce que les mêmes noms et les mêmes lieux revenaient dans chacune des deux séries de données. » (p. 532) ; « connexion de fait entre l’homosexualité pédophile et le satanisme ritualiste au sein du clergé » (p. 533) ; « Il apparaissait tout à coup comme incontestable que l’organisation catholique romaine comprenait désormais – pendant le pontificat de Jean-Paul II en cours – un contingent permanent de clercs qui adoraient Satan et qui aimaient ça, d’évêques et de prêtres qui sodomisaient des jeunes garçons et se sodomisaient entre eux, ainsi que des religieuses qui accomplissaient des ‘Rites noirs’ de la Wicca et qui entretenaient des relations lesbiennes à l’intérieur comme à l’extérieur de la vie conventuelle. […] Non seulement il s’accomplissait des rites et des actions sacrilèges aux Autels du Christ, mais cela se faisait avec la connivence ou, du moins, la permission tacite de certains Cardinaux, archevêques et évêques. La liste des prélats et des prêtres concernés avait de quoi causer un énorme choc à quiconque la découvrait. Au total, ces hommes ne formaient qu’une minorité comprise entre un et dix pour cent du clergé total. Mais parmi cette minorité, nombreux étaient ceux qui occupaient des positions incroyablement élevées par le rang et l’autorité au sein des chancelleries, séminaires et universités. De ces deux faits, le plus crucifiant pour le Pape slave était le pouvoir d’un tel réseau, si disproportionné eu égard au statut minoritaire de la mouvance en question dans les rangs de l’Église. L’influence prépondérante du réseau tenait d’une part aux alliances de ce dernier avec des groupes laïcs extérieurs à la sphère catholique romaine, d’autre part au nombre écrasant de professeurs des séminaires, des universités et des écoles catholiques affichant une opposition ouverte et comme allant de soi aux dogmes et enseignements moraux de l’Église. Mais il existait un troisième fait : C’était ce Souverain Pontife qui avait rendu une telle influence possible. Il avait vu la corruption. Mais sa décision avait été de ne pas excommunier les hérétiques. » (pp. 583-584)
 

Suite à la publication du document de 2005 du pape Benoît XVI (appelant à la prudence concernant les séminaristes qui présentaient des tendances homosexuelles profondément enracinées), j’ai su par exemple qu’aux Philippines, le frère prieur et supérieur d’une communauté religieuse que je connais a vu la moitié des séminaristes faire leur valise ! Et à force de m’entretenir avec certains prêtres et religieux, je sais que dans telle ou telle congrégation religieuse (Frères de saint Jean, Jésuites, Dominicains, etc.), dans tel ou tel média catho (revue, radio… Dans certaines radios en France, 40 % du personnel « en est », je peux l’attester !), dans tel ou tel diocèse, et même au Vatican (où il existe une petite « mafia rose » enserrant le Pape : véridique), la proportion des frères à avoir des tendances homosexuelles se retrouverait, à la louche, dans une fourchette de 1/3 à ½. Cette homosexualité dans le Clergé n’est pas à ignorer, car elle est croissante… même si elle est peu quantifiable et peu révélatrice d’une soi-disant « frustration ou homophobie ou homosexualité refoulée » qui serait générée par le célibat consacré.

 

Si on veut prouver que les prêtres sont aussi des hommes comme les autres, on y arrivera toujours ! Car ils le sont. Tous les Hommes sont pécheurs (… sauf Jésus et Marie). Le plus gênant dans ce discours de l’évidence, c’est que ceux qui se focalisent sur les défaillances des prêtres oublient pour le coup que la majorité d’entre eux sont non seulement humains mais surtout divinisés par le sacrement du sacerdoce, remplis par la grâce et la liberté du don entier de sa personne à Jésus et à son Église. Et là, en effet, c’est la question de la foi en Dieu qui rentre en ligne de compte, et qui fait que les incrédules (emprisonnés par leurs pulsions et jaloux de voir que les prêtres les contrôlent avec succès et joie) s’arrêtent en route, et les confiants continuent le chemin.

 

La mauvaise foi génère des caricatures de curés gays, provenant bien souvent de pseudo « catholiques pratiquants », ou même de prêtres défroqués, froissés de ne pas avoir suivi jusqu’au bout leurs idéaux, ou blessés par des gens d’Église peu charitables : « Le conflit entre Amour et Église, ce sont les évêques et les cardinaux qui l’ont causé, parce qu’ils sont tous des homosexuels refoulés. » (le père Franco Barbero dans le documentaire Les Règles du Vatican (2007) d’Alessandro Avellis) ; « Il y a bien des pédés asociaux, mais souvent ceux-là sont prêtres. » (cf. le blog du chanteur Nicolas Bacchus) ; « Si on faisait des statistiques dans le clergé catholique espagnol, certains diocèses présenteraient un pourcentage élevé d’homosexuels. » (José Mantero, ex-prêtre catholique, cité dans l’essai El Látigo Y La Pluma (2004) de Fernando Olmeda, p. 151) ; « C’est clair : ce sont des concubines notoires. » (Gustav, homosexuel, décrivant cyniquement deux religieuses italiennes qui ont répondu négativement à sa défense du DICO – le PaCS local – lors d’un micro-trottoir, dans le documentaire « Homophobie à l’italienne » (2007) de Gustav Hofer et Luca Ragazzi) ; etc.

 

Certains vont tellement vite à homosexualiser tout le clergé qu’ils en arrivent, parfois avec une sincérité incroyable, à proposer des théories abracadabrantes sur l’homosexualité du Christ (en lien par exemple avec saint Jean, le disciple que Jésus « aimait », ou bien avec l’iconographie ambiguë du baiser de Judas). Par exemple, lors d’une interview publiée le 19 février 2010 dans le magazine Parade, le chanteur homosexuel Elton John affirme que « Jésus était un gay compatissant, super-intelligent ».

 

Il semblerait que beaucoup de personnes homosexuelles, croyantes mais non pratiquantes, et tellement persuadées qu’elles sont des fidèles plus authentiques que les vrais catholiques pratiquants parce qu’elles n’obéiraient pas « bêtement/scolairement » à l’Église comme des grenouilles de bénitier, se soient prises pour leurs propres caricatures : les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence (ces hommes excessivement grimés en nonnes provocatrices lors des Gay Pride) en fournissent un bel exemple. Elles voient leur détournement des préceptes de l’Église comme une inversion révolutionnairement sainte. Parfois, ce sont les hommes homosexuels qui, en se déguisant en prêtres fréquentant les lieux de drague gay, alimentent eux-mêmes l’amalgame entre homosexualité et prêtrise : rappelons par exemple que le philosophe français Roland Barthes allait au club parisien Le Rocambole déguisé en ecclésiastique, juste pour porter préjudice à l’institution vaticane et mal agir en toute impunité. La parodie homosexuelle d’Église peut être très sérieuse, comme nous le constatons avec les hordes de FEMEN (seins nus, affichant des messages anticléricaux, portant le voile) lancée par Caroline Fourest, oubien dans le documentaire « Mamá No Me Lo Dijo » (2003) de Maria Galindo, où l’on voit des femmes lesbiennes déguisées en prêtres, célébrant des messes en plein air sur la place publique, et réclamant le mariage des prêtres ou l’ordination des femmes prêtres pour combattre le supposé « sexisme » de l’Institution vaticane.

 
CURÉ GAY Queen of homophobia
 

C’est par leurs provocations anticléricales collégiennes, ou leurs pastiches sincères de rites cultuels catholiques, qu’une grande majorité des personnes homosexuelles prouve que la perversion et l’obsession sexuelle ne viennent pas d’abord des prêtres mais de ceux qui les jalousent/ignorent/détruisent : « Dans ma prochaine nouvelle, j’me tape des curés dans la grotte de Lourdes ! » (l’écrivain Ron l’Infirmier dans l’émission Homo Micro de la radio RFPP, le 12 février 2007) ; « Évidemment, je ne vois pas le prêtre en charge de ma paroisse venir m’embrasser sur la bouche. Mais alors, qu’il laisse cela à celui qui en aurait envie parce que cela monterait naturellement de son être accordé à cet embrassement. » (Henry Creyx, Propos décousus, propos à coudre et propos à découdre d’un chrétien homosexuel (2005), p. 32) ; etc.

 

Est-il besoin de rappeler que l’idée des prêtres catholiques gays ou du séminaire comme « repaire d’homosexuels » étaient un des arguments fréquemment employés par les Nazis pour pourchasser les personnes homosexuelles et l’Église ? « J’estime qu’il y a dans les couvents 90 ou 95 ou 100% d’homosexuels. […] Nous prouverons que l’Église, tant au niveau de ses dirigeants que de ses prêtres, constitue dans sa majeure partie une association érotique d’hommes, qui terrorise l’humanité depuis mille huit cents ans. » (Heinrich Himmler dans son discours du 18 février 1937, cité dans l’essai Le Triangle rose (1988) de Jean Boisson, p. 73)

 

L’homosexualité attribuée aux curés prouve justement par défaut la ténacité, l’intégrité et la force exceptionnelles de la grande majorité des vrais prêtres. Plus on est dans la Vérité, plus on est attaqués. Et l’homosexualisation de ceux qui sont en chemin de pureté (homosexualisation prenant au départ la forme de la revendication du mariage des prêtres, de la cessation de leur voeu de célibat, ou du sacerdoce des femmes) est souvent le fruit d’une vexation féminine ou d’une jalousie homosexuelle de ne pas parvenir à les séduire ou à les égaler. Pour faire fléchir un prêtre, on va prêcher le faux pour savoir le vrai : « Peut-être que t’es pédé d’ailleurs… »

 

Cela ne veut pas pour autant dire que les hommes d’Église sont parfaits, n’ont pas leurs défaillances, et qu’ils ont tous une sexualité équilibrée. Cependant, ils doivent tendre à la perfection et être exemplaires, car ils sont davantage responsables que des laïcs du salut des autres âmes, ayant été ordonnés pour habiter le Christ. Les prêtres et religieuses, parce qu’ils sont sanctifiés et ont reçus des grâces en abondance, ont moins d’excuses de mal agir. Et il est urgent pour eux, s’ils se sont écartés en actes de leur engagement religieux (en pratiquant des actes homosexuels par exemple), de revenir à la Vérité. Car ils risquent gros : la Vie éternelle. Certains – et j’en connais beaucoup – sont en grand danger, je le dis honnêtement. En danger de mort. L’enfer est peuplé précisément de ces gens-là qui savent mais qui ne font pas, de ces croyants non pratiquants. D’ailleurs, le seul véritable croyant non pratiquant, c’est/c’était le diable.

 

"Coming out" de José Mantero en Espagne

« Coming out » de José Mantero en Espagne


 

Soyons lucides. Depuis ma récente visibilité médiatique en tant que catho homo continent, beaucoup de prêtres, de séminaristes, viennent se confier à moi, me parler de leurs pratiques homosexuelles clandestines (parfois, il arrive aussi qu’ils me draguent !). J’ai même entendu des témoignages d’amis séminaristes, vivant leur homosexualité dans le plus grand secret, alternant les phases de continence avec des moments d’orgie sexuelle sur les lieux de drague, qui m’avouaient qu’à l’intérieur de leur séminaire, certains de leurs camarades sortaient ensemble. Je sais qu’ils ne me mentent pas, car ils m’ont vidé leur sac avec une grande transparence, un véritable attachement à leur Église, et sans volonté de scandale. Tout cela sont des faits. Je n’invente rien de ce que je vous raconte, même si je suis tenu au secret de la « confession », et qu’au-delà de ces révélations, je n’en aime que davantage mon Église et son incarnation humaine. Je sais que malgré leur nombre important, ces prêtres « homos pratiquants » restent une MINORITÉ dans l’Église catholique (en revanche, ce que j’observe de plus en plus, c’est que ce sont les frères de sang des prêtres catholiques qui ont tendance à faire des coming out ! C’est mon cas puisque mon grand frère est prêtre, mais j’ai eu l’occasion de le constater dans la famille de beaucoup de jeunes prêtres ; dans les cas connus, le frère jumeau du cardinal Jean Daniélou). Parfois une minorité puissante, qui exerce des chantages dignes d’une mafia gay (je pense à l’inadmissible groupuscule d’ecclésiastiques homosexuels qui exerce actuellement un petit pouvoir à la Curie romaine). Mais cette réalité d’Église n’enlève rien à la force et l’authenticité du célibat continent de l’ensemble des consacrés. Tout le contraire. L’Église catholique, parce qu’Elle est grande et belle, et qu’Elle est globalement conduite par des hommes et de femmes droits qui font ce qu’ils disent, ne souffrira pas excessivement de ces croyants non pratiquants qui La trahissent. Cependant, c’est pour ces prêtres égarés (et parfois blessés dans leur affectivité, voire malades : eh oui, appelons un chat un chat !) que j’écris ce code : s’ils me lisent, qu’ils se convertissent au plus vite, qu’ils se purifient, qu’ils reviennent en actes à ce qu’ils savent. Calmement, fermement, rapidement, et dans la joie. Le fardeau de la continence concrètement vécue est plus léger que celui de l’intuition non-actée de la vérité de la continence.

 

Lors de son passage à l’émission On n’est pas couché de Laurent Ruquier sur la chaîne France 2 le 1er octobre 2011, la religieuse-sexologue québécoise Marie-Paul Ross disait que ce qui l’a poussée à écrire son essai Je voudrais vous parler d’amour et de sexe (2011), c’était la grande détresse dans le domaine de la sexualité qu’elle avait entrevue au contact de ses compagnons prêtres et moniales. Je me situe dans la même démarche, cette fois sur le sujet spécifique de l’homosexualité. C’est de l’intérieur que l’Église doit se sanctifier et devenir ce qu’Elle est. C’est par les actes – non pas qu’on est sauvés (car l’Amour n’est pas une question de mérite) mais – qu’on trouve le vrai bonheur.

 

Je finirai en proposant une porte de sortie à tous ces prêtres gays « pratiquants » qui se reconnaissent dans la lecture de ce code, qui savent très bien intellectuellement tout ce que j’écris, mais qui n’ont pas de lieu pour en parler. Un ami prêtre catholique solide, d’une discrétion absolue, et d’une profonde écoute, en tombant sur mes lignes, s’est spontanément proposé pour créer une sorte de « Conversion Info Service », et pour accueillir tout prêtre qui aurait besoin de parler avec un véritablement « frère de ministère » (que je ne suis pas ^^). Une seule adresse : jeveuxaimer@live.fr

 
 

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