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Code n°152 – Putain béatifiée (sous-codes : Prostituée lesbienne / Pute de luxe)

Putain béatifiée

Putain béatifiée

 

 

NOTICE EXPLICATIVE :

 
 

La jouissance d’être un « piège à hommes », une « arme de séduction massive »

 

Énormément de personnes homosexuelles abordent le thème de la prostitution, féminine comme masculine, parce que celle-ci correspond chez elles à un fantasme esthétisé de viol plus ou moins avoué, parfois actualisé dans leur propre mode de vie, ou projeté à tort sur les femmes réelles.

 

Pour beaucoup d’entre elles, la première des putains, c’est d’abord leur maman (plus symbolique que biologique) : d’une part, si on rentre dans leur système de pensée incestuel, leur mère biologique a bien dû « fauter » au moins une fois avec leur père pour les avoir ! ; d’une part, leur mère cinématographique a bien été obligée de se vendre scandaleusement pour réaliser de beaux films ! Sur pellicule, l’insulte « pute » s’étendra à toutes les femmes que les personnages homosexuels rêvent vierges et qui ne leur ont pas consacré leur virginité.

 

La putain est la reine de la communauté homo. Mais attention, quand je dis ça, je parle surtout de la péripatéticienne scénique. La majorité des personnes homosexuelles ne s’intéressent pas tant à la prostituée réelle qu’à l’icône de la bad girl. Si elles étaient réellement sensibilisées aux conditions difficiles dans lesquelles vivent les vraies prostituées (précarité financière, exposition aux maladies, alcoolisme, drogue, suicide, solitude, mort prématurée, persécution policière, exil, absence d’amour, mépris du corps, etc.), elles ne les idéaliseraient ni ne les mépriseraient pas autant. Leur prostituée adorée, c’est plutôt une actrice bourgeoise volontairement vulgaire et peste : elle peut être aussi bien la femme de chambre au-dessus de tout soupçon que la pute de luxe fière de l’être. Nous observons par exemple ce duo à travers les personnages de Pierrette (Fanny Ardant) et Louise (Emmanuelle Béart) dans le film « Huit Femmes » de François Ozon ; ou bien les deux prostituées jumelles (la riche et la pauvre) du vidéo-clip de la chanson « California » de Mylène Farmer.

 

Cette sacralisation de la prostituée cinématographique, de la pute de luxe, n’est pas propre à l’homosexualité masculine, comme se plaisent à le croire certaines femmes lesbiennes qui pensent que la femme-objet est précisément l’anti-modèle de la communauté lesbienne. Elle est aussi typiquement lesbienne, sauf que le désir de fusion s’est érotisé dans le cas lesbien. La seule différence entre les hommes gays et les femmes lesbiennes, c’est que les hommes homos ne désirent pas génitalement l’icône prostitutive à laquelle ils s’identifient esthétiquement de manière plus démonstrative et assumée que les femmes lesbiennes ; alors que les femmes lesbiennes désirent génitalement l’icône de la femme prostituées à laquelle elles s’identifient esthétiquement dans l’attraction-répulsion, à la sauce bisexuelle et machiste : elles rejettent sa sur-féminité pour l’échanger contre une sur-masculinité, tout aussi artificielle et asexuée, finalement.

 
 

N.B. 1 : Ce code est indissociable du code « Prostitution » de mon Dictionnaire des Codes homosexuels.

 

N.B. 2 : Je vous renvoie également aux codes « Mariée », « S’homosexualiser par le matriarcat », « Talons aiguilles », « Reine », « Cour des miracles homosexuelle », « Regard féminin », « Attraction pour la foi », « Blasphème », « Femme étrangère », « Tante-objet ou Maman-objet », « Défense du tyran », « Actrice-Traîtresse », « Carmen », « Femme allongée », « Vierge », « Bergère », « Femme vierge se faisant violer un soir de carnaval ou d’été à l’orée des bois », « Femme-Araignée », « Femme fellinienne géante et le pantin », « Don Juan », « Inceste », à la partie « Femme-pute » dans le code « Destruction des femmes », à la partie « Bourgeoise-prostituée pénétrant dans une église » du code « Bourgeoise », à la partie « Prostituée noire » du code « Noir », à la partie « Maman-putain » du code « Matricide », à la partie sur le « Transsexuel divin » dans le code « Se prendre pour Dieu », et à la partie sur les marins dans le code « Eau », dans mon Dictionnaire des Codes homosexuels.

 
 

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FICTION

 
 

a) Passion pour la prostituée de luxe :

Film "Prenez garde à la sainte putain" de Rainer Werner Fassbinder

Film « Prenez garde à la sainte putain » de Rainer Werner Fassbinder


 

Dans les œuvres homo-érotiques, il est plutôt question de la prostituée et de la prostitution féminine que de la prostitution masculine : cf. l’album Putain de Jean Guidoni, le film « Girls Will Be Girls » (2004) de Richard Day, le film « Les Dames du bois de Boulogne » (1945) de Jean Cocteau, le roman Les Dames du bois de Boulogne (1949) de Robert Bresson, le vidéo-clip « Roxanne » de George Michael, la chanson « Ojos Verdes » de Nazario, la pièce L’Ombre de Venceslao (1999) de Copi, la comédie musicale Peep Musical Show (2009) de Franck Jeuffroy, le concert Le Cirque des Mirages (2009) de Yanowski et Fred Parker, le roman El Último Pecado De Una Hija del Siglo (1914) d’Álvaro Retana, le film « Les Compagnes de nuit » (1953) de Ralph Habib, le spectacle-cabaret Dietrich Hotel (2008) de Michel Hermon, la chanson « Fille du soleil » de Kristel Adams dans la comédie musicale Cindy (2002) de Luc Plamondon, la comédie musicale Se Dice De Mí En Buenos Aires (2010) de Stéphane Druet (avec Yolanda), le film « Chéri » (2009) de Stephen Frears, le film « Piano Forest » (2009) de Masayuki Kojima, la chanson « La Garce » de Elodie Frégé, la pièce On vous rappellera (2010) de François Rimbau (avec Lucie, qui se prostitue), le concert Le Cirque des Mirages (2009) de Yanowski et Fred Parker, le film « Pasajero » (2010) de Miguel Gabaldón, le film « Jeune et Jolie » (2013) de François Ozon, etc.

 

En général, le personnage homosexuel voue une passion idolâtre pour la prostituée ou la femme scandaleuse. Il la trouve magnifique et hyper glamour : « Et quand revient l’aube des hommes, je vous assure je reste belle. » (Scarlett, la prostituée-louve de la comédie musicale La Nuit d’Elliot Fall (2010) de Vincent Daenen) ; « Mourad déclara que Varia était sans doute une pétasse, mais qu’il adorait les pétasses. » (Mourad, l’un des deux héros homosexuels du roman L’Hystéricon (2010) de Christophe Bigot, p. 67) ; « Je n’ai aimé que les catins. » (Lacenaire dans la pièce Lacenaire (2014) de Franck Desmedt et Yvon Martin) ; etc. Par exemple, la pièce L’Amant (1962) d’Harold Pinter s’achève par la « déclaration d’amour » que Richard formule à sa femme Sarah en la traitant de « merveilleuse putain ». Dans son one-man-show Bon à marier (2015), Jérémy Lorca dit sa fascination pour Déborah, un piège-à-hommes : « C’était mon idole. »

 

Dans le film « Rosa la Rose : Fille publique » (1985) de Paul Vecchiali, Rosa la prostituée est carrément virginisée et sacralisée par ses camarades prostituées nommées « Trente-cinq » et « Quarante » : « Pire : elle est saine. » (Quarante) ; « Rosa, c’est sacré pour nous. » Lors du repas où sa bande de crapules se réunit pour une fête, elle se retrouve à la place du Christ, au milieu de la Cène.
 

La prostituée qu’aime le héros homosexuel peut même être une reine, une princesse, une femme d’affaires politiques, ou une bourgeoise : cf. la chanson « Queen Bitch » de David Bowie, la B.D La Verdadera Historia Del Superguerrero Del Antifaz, La Superpura