Les Plumes de l’obscurité, l’ouvrage écrit par des aveugles et qui rend la vue

Je suis en train de lire l’ouvrage collectif Les Plumes de l’obscurité écrit par 20 personnes mal-voyantes ou aveugles, et qui vient de sortir aux éditions Librinova. Au départ, pour être honnête, je l’ai acheté par politesse et pitié, parce que je suis venu à l’inauguration du livre qui s’est tenue dans une petite libraire de Chevilly-Larue. Et parmi la quinzaine de personnes présentes, j’étais un des seuls visiteurs extérieur au monde de la cécité… pour ne pas dire le seul. Je me voyais mal ne pas leur acheter leur bouquin, alors que le Monde les ignore et se désintéresse d’eux. Donc j’ai claqué vingt balles « pour leur faire plaisir »… mais sans conviction que j’allais apprendre grand-chose, ou même que j’allais lire le livre.
 

Eh bien je me suis planté en beauté. Je les avais pris de haut. Très bêtement. Très aveuglément. Car sans le savoir, c’était moi l’aveugle. Et ce livre, paradoxalement, est en train de me rendre, d’une certaine manière, la vue, et un peu du coeur que j’avais perdu. Je ne l’ai pas encore fini, mais voilà mes premières impressions de lecture. Mea culpa. Il m’inspire même une scène de théâtre à écrire et à jouer sur la base de tous ces beaux témoignages. Ça fait réfléchir et voir autrement. Et moi, j’aime bien ce qui fait réfléchir et voir autrement.

Bientôt, nous ne verrons plus les étoiles


 

Hier, j’ai eu un petit réveil de conscience en me rendant à la rencontre-signature avec un romancier, Alain Blottière, qui présentait son roman Le ciel a disparu à la Librairie de Paris, Place de Clichy. Sur la base d’une intrigue politique (préméditant l’assassinat d’Elon Musk), il nous a expliqué une réalité flippante dont nous, Humains voyant plutôt les choses à l’horizontale plutôt qu’à la verticale, n’avons pas conscience : le ciel est en train de devenir l’espace de conquête et de pollution d’une singularité agressive. Beaucoup de puissants magnats d’Internet veulent y laisser leur empreinte, y installer leur propre constellation de satellites (Galileo, OneWeb, Iridium, Beidou, Globalstar…). Le milliardaire (autiste) Elon Musk, par exemple, a prévu d’envoyer grâce à sa base Space X 15 000 satellites d’ici 2030 pour compléter sa constellation Starlink, et compte bien déplacer un million d’Humains sur Mars quand la planète Terre ne sera plus habitable. Cette singularisation satellitaire inquiète beaucoup les astronomes. Il faut savoir qu’entre les orbites basses et le nombre exponentiel de satellites qui gravitent au-dessus de la Terre et détruisent la couche d’ozone (aujourd’hui, on est à 15 000 satellites ; en 2030, probablement entre 30 000 et 100 000 ; et en 2040, on pourrait atteindre le demi-million !), un rideau de plus en plus épais de débris et d’objets volants obstrue le ciel, et bientôt, nous ne verrons plus les étoiles depuis la Terre. Et en demandant à Alain Blottière s’il validait la vision johannique apocalyptique de la chute des étoiles sur la surface terrestre, il m’a répondu que « les étoiles nous survivront, mais qu’en revanche, si les satellites sont les étoiles tombantes vues par saint Jean, il y croit ! »

Frigide Barjot à la messe : ce sera elle ou moi

Ce midi, à la messe des artistes de saint Roch, je suis arrivé comme une fleur, suffisamment à l’avance pour que le prêtre me donne la prière universelle si besoin (je n’en tire aucun orgueil et ne m’estime pas détenteur de ce service hebdomadaire ; je l’assure quand on me le demande, et ne m’en arroge pas l’exclusivité). Et là, bizarrement, tous les lecteurs habituels sont sollicités… sauf moi. Et en voyant celle qui m’a remplacé débarquer au micro, je comprends mieux : Frigide Barjot s’est incrustée et imposée. Gloups…
 

S’il vient à cette énergumène homophobe (qui a éhontément usurpé notre identité et notre rôle à nous homosexuels de France, et qui a fait passer le « mariage » gay en France et a flingué à elle seule le mouvement de résistance à cette loi*) l’idée de revenir à la messe de saint Roch, je changerai de crèmerie. Désolé, mais ce sera cette folle furieuse OU moi !
 

Je me suis barré avant la fin de l’office.
 
 

N.B. Elle n’est cependant pas l’unique fautive : les manifestants et organisateurs de La Manif Pour Tous (Ludovine de la Rochère, Albéric Dumont, Tugdual Derville…) l’ont placée volontairement là pour qu’elle fasse passer la loi. C’était leur idiote utile pour se construire leur carrière.

Humanité ou incarnation de Dieu en Jésus : un mystère difficile à appréhender (Jésus faisait-il caca? LA question centrale !)

Si on demande aux cathos si Jésus était pleinement homme, tout le monde répond unanimement : « OUI, Il est pleinement homme et pleinement Dieu ! Incarnation ! »

 

MAIS…

 

Une fois qu’on sort du paradigme de la souffrance (« Il est humain car il a accepté de souffrir pour nous, et ce, jusqu’à la Croix !! ») et de l’exemption du péché (« Il est homme en tout point comme nous, excepté le péché ! » dit saint Paul), jusqu’où Jésus a embrassé l’humanité ? Nous, catholiques, en général, ne répondons pas. Et ne savons pas répondre. Nous sommes même mis de plus en plus en difficulté par les athées et ennemis de l’Église qui font preuve d’un humanisme intégral poussant actuellement l’humain jusqu’à l’animalité, et qui nous met face aux limites de notre conception de l’incarnation de Jésus.

 

La limite, c’est celle de l’apparent paradoxe de la polarité humanité/divinité condensée en sa personne : Jésus ne savait pas ce qu’il vivait et ce qui l’attendait (comme un Homme) et savait ce qui l’attendait (comme Dieu). Son ignorance, sa limite humaine, était la condition de sa liberté, et la preuve qu’il était aimé du Père. (À noter que pour saint Thomas d’Aquin, Jésus n’avait pas la Foi, puisque Lui voyait/voit Dieu, alors que le propre de la Foi, c’est précisément de croire ce qu’on ne voit pas).

Les gens athées et incrédules connaissent notre difficulté à appréhender le mystère de l’incarnation humaine de Jésus, et n’hésitent pas à verser dans le trivial, l’instinctif, le transgressif, pour nous pousser dans nos retranchements, et aussi dans le but malsain de nous prouver soit que nous ne savons pas de quoi nous parlons, voire que nous n’aimerions ni l’Humain ni Dieu parce que nous nous tromperions sur sa réalité.

 

Et force est de reconnaître que nous ne savons pas répondre à ces questions concrètes : Est-ce que Jésus pouvait pleurer la nuit, faisait des rototos quand il était bébé ? Est-ce qu’il lui arrivait de se couper, de se blesser, d’être maladroit, d’avoir des problèmes d’équilibre, de tomber, de faire des erreurs, de se tromper, d’avoir des trous de mémoire ? Est-ce qu’il déféquait (faire caca), tombait malade ? Est-ce qu’il lui arrivait de se perdre, d’ignorer des choses ? Avait-il des besoins sexuels, était-il attiré par les femmes ? Lui arrivait-il de chanter, de danser, d’être pompette, de rire (on ne le voit jamais rire dans la Bible), de transpirer (et parfois de puer ! … ou sentait-il toujours la rose ?) ? Est-ce qu’il se rasait et se faisait couper les cheveux ? Est-ce qu’il avait besoin de se couper les ongles ? Est-ce qu’il faisait des cauchemars ? Tout ça tout ça.

 

L’humanité de Jésus – ou en tout cas le concept même d’« humanité de Jésus » – fait souvent l’unanimité parmi les cathos. Mais en revanche, sur le « comment ? », tout le monde botte en touche ! Ou pire, nous ne sommes pas d’accord. Et nous sommes vus comme des gens qui déshumanisent, désincarnent, non seulement l’Homme mais Dieu.

 

Quoi qu’il en soit, dans cette affaire, de toute façon, nous sommes piégés. Car il y a une zone grise objective (Par exemple, la Bible nous dit que Jésus pleure, dort, sue, crie, angoisse, se fâche, dessine… mais on ne sait pas s’il rit, fait des blagues, saigne, danse, chante, pète…). Et nous sommes face au mystère d’une humanité divine qui à la fois fonctionne comme nous et ne fonctionne pas comme nous. On sait aussi que Jésus, tout humain qu’il soit, faisait des choses qui défiaient les lois de la nature : marcher sur l’eau, traverser les murs, avoir le don d’ubiquité, ressusciter des morts…

 

Donc voilà, admettons que l’humanité ou l’incarnation de Jésus/Dieu, même si elle existe (et je le crois), ne relève pas de l’évidence, et qu’on est tous unanimement démunis pour en parler, pour appréhender cette réalité.